Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juin 23, 2011

BENIN : De l’UN à la mouvance, Lehady Soglo ravale ses vomissures et descend pieds joints dans la turpitude

Hier voilé aujourd’hui mis à nu, le ralliement du parti la Renaissance du Bénin (RB) à la mouvance présidentielle est déjà officiel depuis le week-end dernier. Une option prise par le président Léhady Soglo président de cette formation politique qui fragilise davantage ses chances de se voir assis un jour dans le plus prestigieux fauteuil du palais de la Marina.

Avec les derniers développements de l’actualité politique au Bénin, on se rend bien compte de l’incontinence et du manque de conviction de certains hommes politiques. Pour ces derniers, rien ne compte plus que leurs intérêts personnels mêmes les plus minables. Dans le rang de ces « politicards », on retrouve malheureusement le président Léhady Soglo de la Renaissance du Bénin aux premières loges. En effet, depuis plusieurs années ce dernier s’est engagé dans la course pour la Marina avec des résultats encourageants qui donnaient encore d’espoir à la jeunesse béninoise, aux militants et sympathisants de son parti. La mise en place de l’alliance politique dénommée « Union fait la nation » sous ses hospices était bien un grand pas pour son élection à la tête du pays s’il travaillait réellement pour cela. Mais contre toute attente, le fils bien aimé de l’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo a décidé, au nom de la réponse à une prétendue main tendue de renoncer à ce fondement qu’il a pris des années pour poser.

Les vraies raisons de l’échec de Me Houngbédji

Au lendemain de l’échec du candidat unique de l’Union fait la nation, Me Adrien Houngbédji à la dernière élection présidentielle, nombre de voix s’étaient élevées pour pointer d’un doigt accusateur son directeur de campagne, actuel président de la Renaissance du Bénin, Léhady Vinangnon Miton Soglo. Pour les uns, ce dernier n’a pas fait la campagne électorale comme cela se doit aux fins de permettre au candidat unique de l’UN de franchir la barre du premier tour du scrutin. Pour d’autres, les renaissants ont contribué activement à son camouflet pour deux raisons. La première est que le siège de Vidolé qui a servi de direction de campagne pour l’union a été loué à coût de plusieurs millions au candidat Houngbédji. La deuxième estiment-ils, reste la bagatelle somme de 150 millions que le premier adjoint au maire de Cotonou aurait pris chez le candidat malheureux lors des derniers jours de la campagne électorale. Des allégations qui ne sont peut-être pas totalement fausses. Car, lorsqu’on analyse à fond et avec sérieux les agissements de la Renaissance du Bénin et de son président, on se rend compte qu’en réalité il n’ya avait pas de sincérité entre les responsables de l’UN à commencer par ceux de la RB.

Un marché de dupe ?

Si la Renaissance du Bénin rejoint ainsi la mouvance présidentielle, que se passera-t-il en 2013 au cours des élections municipales et communales ? Et en 2016 ? Léhady Soglo aura-t-il toujours le courage de se présenter à l’élection présidentielle ? Si c’était le cas, sous quelles couleurs ? Ces interrogations qui font la préoccupation des populations et observateurs de la vie politique du Bénin doivent également faire réfléchir les responsables de la RB et surtout son président Léhady Soglo. En effet, en s’alliant au régime en place, certains d’entre eux estiment que le chef de l’Etat va garantir la mairie aux Soglo puis soutenir leur président au cours de la prochaine élection présidentielle. Un véritable leurre. Les Houézèhouè doivent commencer par se détromper avant qu’il ne soit trop tard.

En fait, ces types de contrats que le président Boni Yayi a conclu avec les politiciens ont toujours fini mal et même parfois très mal. Les députés G13 de la 5e législature et même certains de leurs homologues des Fcbe en savent quelques choses. Cela est clair que même si le président Yayi donnait son soutien à Léhady Soglo, les cauris au niveau de la base ne l’accepteront jamais. Les injures, les critiques acerbes, les affrontements verbaux et même physiques entre les militants et parfois entre responsables de ces deux partis ne seront pas totalement digérés. Par ailleurs, il a tout été vrai que la mairie de Cotonou intéresse les Cauris. Or, l’entrée des renaissants dans les arcanes du pouvoir crée du coup une fosse entre eux et leurs anciens alliés de l’UN. C’est vraiment dans une situation très compliquée que Léhady Soglo et la RB viennent de se mettre. Aussi vrai que cela puisse paraître, le président de la RB a simplement ravalé ses vomissures.

Prince BOCO, L’autre fraternité

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Sidiki Bakaba raconte les derniers instants à la résidence de GBAGBO

Il a failli mourir, ciblé par un hélicoptère de Licorne puis battu à coups de crosse par les soldats d’Alassane Ouattara. Mais il a été jusqu’au bout de sa destinée de témoin des chocs de l’Histoire nationale. Il ne regrette rien. De son lieu de rééducation en France, il se souvient…

On dit que ce qui échappe à la conscience nous revient sous forme de destin». Dans le «refuge» où il s’est retiré, au coeur de la France profonde, pour panser ses plaies,  Sidiki Bakaba, présent à la Résidence présidentielle de Cocody au moment du kidnapping de  Laurent Gbagbo et de sa suite, soigne son âme à coups d’introspection philosophique.

Il en est persuadé : son destin et sa vocation d’artiste engagé l’ont toujours amené à  être le témoin privilégié d’événements importants pour son pays et son continent. Une  fois de plus, il a donc été jeté au coeur de la fournaise ardente. Comme dans d’autres pays africains, au Burkina Faso durant la période «révolutionnaire», ou en Guinée lors de  la première purge du règne de Lansana Conté, en 1985. Comme en novembre 2004, lors du  premier «épisode» de la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire. Une page tragique de l’histoire de la Côte d’Ivoire qu’il a «offerte» aux générations futures sous la forme d’un documentaire au nom évocateur : «La Victoire aux Mains Nues».

Témoin d’une résistance héroïque

«Je n’avais pas forcément l’intention de faire un film sur la crise postélectorale. Contrairement à ce qu’une légende bien orientée prétend, je ne suis pas allé sur le front  avec l’intention de me battre arme au poing. C’est le front qui est venu vers moi! Ma maison se trouve dans le pourtour présidentiel, à quelques minutes à pied de la Résidence présidentielle.

Progressivement,les bruits de guerre se sont rapprochés. Un jour, je me réveille, et je vois devant mon domicile quelques centaines de jeunes combattants loyalistes. Ils m’expliquent qu’Abidjan est divisée, et que seuls les combattants sont dans la rue. Ils se reconnaissent par des noms de code bien spéciaux. Les uns, c’est «ami ami», les autres c’est «miaou miaou».

Bref, ils m’expliquent que je ne peux pas sortir seul même pour acheter du pain. Et ils me proposent de m’escorter, de me protéger d’une certaine manière. J’écoute ces jeunes soldats, qui sont mes compagnons par la force des choses. Et il me semble que je retrouve dans leur bouche les mêmes mots que ceux des jeunes qui, les mains nues, ont affronté les chars français en novembre 2004. Sauf que là, ils sont armés. Ils disent qu’ils sont prêts à mourir… Ils répètent : «Nous voulons libérer la Côte d’Ivoire, nous voulons libérer l’Afrique. L’indépendance que vous, nos oncles, avez eue, elle n’est pas réelle. Nous avons la mémoire de 2004. Cette fois, cela ne se pas sera pas comme ça, ils ne nous trouveront pas les mains nues». La phrase «il faut libérer l’Afrique » crée une résonance en moi. Nous l’avions prononcée il y a longtemps, quand j’étais jeune, quand nous commencions à remettre en cause les indépendances dans nos pays. Je suis donc allé voir, sentir, et pourquoi pas témoigner de ce qui apparaissait déjà comme un remake de novembre 2004».

Sidiki Bakaba ne pense pas forcément à un documentaire. Mais dans sa tête trotte l’idée d’un film de fiction  reconstituant l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il se dit : «Dans ce cas, il me faut du matériau». Et ajoute : «Je ne voulais pas travailler à partir de ce qui a été écrit ou raconté par d’autres, mais vivre cette histoire-là, à l’endroit où je me trouvais». Du côté où il se trouvait aussi, peut-on ajouter. Comme les équipes de la chaîne de télévision franco-allemande Arte ont filmé la descente sanglante des FRCI à Abidjan, lui, il filmait ce qui est très vite apparue comme une résistance «héroïque».

Il filme quelques centaines de combattants qui font face aux assauts répétés d’adversaires soutenus logistiquement par l’armée française et par l’ONUCI. Mais qui, systématiquement, battent en retraite, perdent des hommes en masse, s’enfuient en laissant des liasses de faux billets offerts par leurs commanditaires politiques – un mensonge fondamental qui explique sans doute aujourd’hui les actes de sabotage économique et de pillage forcené des FRCI.

Sidiki Bakaba, qui ne peut plus dormir chez lui dans ce contexte explosif, filme également le petit monde qui s’est aggloméré autour de Laurent Gbagbo à la Résidence, préparé à partager une destinée tragique. Il voit arriver là les généraux Philippe Mangou (chef d’état-major des Armées) et Edouard Tiapé Kassaraté (patron de la gendarmerie). Des généraux que la rumeur accuse déjà de trahison. Très vite, Laurent Gbagbo les éconduit,
le cameraman de la RTI et lui. «Nous avons à nous dire des choses qui ne se disent pas devant les caméras», explique le chef de l’Etat. Bakaba pressent une atmosphère houleuse…

Le bureau de Gbagbo mitraillé alors qu’il s’y trouve. Progressivement, la pression des coalisés se renforce. Un autre témoin présent à la Résidence, dont nous taisons le nom pour des raisons de sécurité évidentes, raconte. «A partir du 7 avril, les attaques des hélicos se sont intensifiées. On était obligés de se réfugier au sous-sol. Le 9 avril, la dégradation s’est accélérée. La bibliothèque de la Résidence a pris feu, contaminée en quelque sorte par des voitures qui se trouvaient dans la cour et qui, bombardées, avaient explosé littéralement». Ce témoin là fait une révélation troublante. «Le vendredi, le bureau du président a été mitraillé au moment où il venait d’y entrer pour travailler un peu, comme si ses ennemis maîtrisaient ses mouvements.» Miraculeusement, Gbagbo s’en sort, et retourne au sous-sol. L’atmosphère est apocalyptique dans ce que les médias occidentaux appellent «le bunker».

Les veillées de prière se succèdent. «On n’espérait qu’en Dieu seul», se souvient ce témoin. Le dimanche 10 avril, en milieu d’après-midi, l’amiral Vagba Faussignaux annonce que les forces internationales vont venir chercher l’ambassadeur d’Israël, et demande aux soldats de ne pas tirer sur leurs hélicos. Il est 16h40. Très rapidement, une intense campagne de bombardements – la plus terrible! – est engagée. Et Sidiki Bakaba, qui se trouve dans la cour, au niveau de la guérite, à l’entrée de la Résidence, est pris pour  cible, contrairement à un canon bitube, qui ne se trouve pas trop loin. Et est provisoirement épargné. Une caméra accusatrice est sans doute une arme lourde bien plus menaçante…

«Je sens quelque chose d’animal. Je me dis: «Cet hélico va me tirer dessus». Je rentre dans le poste de contrôle. Je me couche par terre, et le mur s’effondre. Je suis comme projeté en l’air. Je retombe par terre. Je psalmodie. «Il n’y a de Dieu que Dieu». Trois fois. Je me lève : une de mes jambes ne répond plus. Je sautille. Je me traîne jusqu’à l’infirmerie. Mon sang gicle de partout. Ils essaient de me soigner. Mais mon instinct de survie me pousse à ramper jusqu’au bâtiment principal.

Je veux aller y mourir dignement. Là-bas, les médecins commencent à m’inciser avec des rasoirs, sans anesthésie. Ils sortent des éclats d’obus tout noirs de mon corps. C’est atroce. J’ai des moments de perte de connaissance. Et des fois je reprends connaissance. Je dis des choses, je les chante. Je répète que cette indépendance réelle, dont ces jeunes qui sacrifient leurs vies rêvent, deviendra réalité un jour. A titre personnel, je suis persuadé que je vais mourir. Des rideaux brûlent. Les personnes les plus religieuses parmi nous semblent partagées entre transe et peur. Je sens que c’est fini, avec la force des explosions. J’accepte le principe de ma mort. Je me dis que j’ai atteint plus de 60 ans, sur un continent où l’espérance de vie est de moins de 50 ans. Je n’ai ni le  sentiment d’être un héros ni celui d’être un lâche, mais un homme qui meurt dignement».

Des incendies provoqués délibérément Les incendies, méticuleusement provoqués par les frappes françaises pour faire sortir les «rats» de leur tanière, se multiplient dans le sous-sol. Héroïquement, les ultimes compagnons de Laurent Gbagbo luttent pour éteindre le feu qui menace de les dévorer. Prient. Et se remettent à l’ouvrage. Bakaba est hors jeu. Sa caméra n’a pas survécu. Lors de ses moments de conscience, il sent l’affection forte d’un homme qu’il ne connait pas vraiment, mais dont les paroles affectueuses tentent de le maintenir en vie : il s’agit  de Désiré Tagro (photo), qui ne sait pas qu’il vit lui-même ses dernières heures.

Notre témoin raconte. «Le lundi 11, les bombardements ont repris avec une force inédite. Trente chars français et six hélicos. Ce sont les chars qui détruisent le portail d’entrée à la résidence. Les hélicos crachent leur déluge de flammes… et le sous-sol prend feu à nouveau. On veut remonter par la buanderie. Mais un commandant de l’armée nous dit que si on le fait, ils vont nous canarder. Nous sommes coincés dans un tunnel. Avec le chef de l’Etat, son épouse, les ministres. Il n’y a pas d’issue de secours. Le portail de secours est bloqué. Celui qui en avait les clés a disparu.

Avec les clés. Notre seul choix : mourir canardés ou asphyxiés. Pendant près de trente minutes, le commandant mitraille ce portail. Il réussit à le défoncer.Nous cachons le chef de l’Etat dans un endroit pas loin de la bibliothèque. C’est à ce moment-là que Désiré Tagro appelle les Français pour demander l’arrêt des tirs. On lui remet un drapeau blanc pour qu’il sorte négocier. Quand il sort, on lui tire dessus. Il revient pour dire au chef de l’Etat : «ils vont nous tuer». Cinq minutes après, des rebelles pénètrent dans la Résidence.»

Le carnaval de violence commence, malgré le fait qu’Hervé Touré dit «Vétcho», s’oppose à l’assassinat des civils. Des personnes ont été tuées au rez-de-chaussée. Des coups de kalach, des coups de couteau, des balles dans les fesses… Les nouveaux «prisonniers», y compris les religieux, mis entièrement nus,sans le moindre cache-sexe, doivent chanter, sous la menace des armes, «on va installer ADO». Certaines personnes sont mitraillées dans la cour. Et tombent. Mortes ? Très probablement. Les autres n’ont pas le temps de voir s’ils sont récupérables. Un homme filme sans relâche ce spectacle macabre. C’est un militaire français, un Blanc, le seul qui est franchement visible aux côtés des FRCI, qui est descendu des chars avec eux. Ce sont ses images à lui qui seront présentées par le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, comme ayant été prises par la troupe d’Alassane Ouattara.

Sauvé par Paul Madys et un militaire français Quand Sidiki Bakaba reprend conscience  -avant de s’évanouir à nouveau quelques temps après –, il est face à trois personnes, habillées en treillis. Chacune est coiffée d’un bonnet et d’une plume sur la tête. L’un d’entre eux dit, comme dans une scène de western : «Ah ! Sidiki Bakaba, toujours fidèle !  Fidèle jusqu’au bout ! Moi, j’aime les gens fidèles !» Il a un drôle de sourire aux lèvres. Il informe une personne, par téléphone et par talkie walkie, de la présence du premier directeur général du Palais de la Culture d’Abidjan. «Au moins, il me connaît», se dit Bakaba. Le plus jeune des trois hommes en treillis dévisage le «kôrô» mal en point, incapable de se défendre, à l’article de la mort.

«Il m’insulte en malinké, soulève la crosse de sa kalach, me donne un coup violent sur la tête,puis en plein dans l’arcade sourcilière, me promettant de me bousiller un œil. Malgré mon état, je sens une agression terrible. Il me prend ma montre et un talisman en argent. Il ne me reste que le chapelet de ma mère», raconte Bakaba. Qui retombe dans les pommes. Après avoir entendu dire : «On l’a attrapé, on le tient maintenant, Gbagbo».

Quand l’artiste se réveille, il est dans une brousse qu’il ne parvient pas à distinguer. En réalité, il se trouve à proximité de la brigade de gendarmerie en contrebas de la Résidence de Madame Thérèse Houphouët-Boigny avec d’autres blessés considérés comme trop amochés pour arriver à l’hôtel du Golf, où les caméras des journalistes de la presse internationale sont déjà allumées.

Il est donc question, pour l’armée de Ouattara, de les achever là. Mais les FRCI se heurtent au refus des soldats français. «Derrière nous, il y a plusieurs soldats des FRCI avec des kalachs qui nous promettent une mort certaine. En face de moi, je vois trois silhouettes de militaires français, qui semblent s’opposer. A ma gauche, le chanteur Paul Madys. Avec toute son énergie, il est en train de plaider pour nous auprès des soldats français. Il dit : «On vous demande pardon, ne nous laissez pas. Ceux qui sont derrière-là, vont nous tuer».
En désespoir de cause, il offre sa vie pour la mienne. Il me regarde et dit aux soldats français : «Celui-là, vous ne pouvez pas le laisser. Prenez-le et laissez-moi, je vais mourir à sa place». A ces mots, Bakaba, entre la vie et la mort, ressent une sorte de «bouffée», un «élan de foi en l’homme». «C’était le contraire de l’inhumanité, de la violence que m’avait infligée le «blakoro» des FRCI à la Résidence présidentielle. Dans cette Côte d’Ivoire, à ce moment-là, un homme, un frère, qui n’avait rien de mandingue, qui avait au moins vingt ans de moins que moi, donnait sa vie pour moi…»

Alors que ses collègues veulent s’en aller, promettant aux blessés agglutinés là que l’ONUCI viendra les chercher, un militaire français fait le tour de son visage de son doigt, regarde Paul Madys dans les yeux et lui fait le serment de ne pas les abandonner, quand bien même ses collègues le feraient. Il se débrouille pour trouver un char pour conduire les blessés au CHU de Cocody. L’armée française qui, par les airs, a failli ôter la vie à l’acteur
principal de Bako, l’autre rive, lui sauve la vie à travers l’initiative personnelle d’un jeune homme juste. «Pour la première fois depuis longtemps, je ressens de la fraîcheur, je me sens bien, je perds connaissance».

A son réveil, Sidiki Bakaba est dans un tout autre décor. «J’ouvre les yeux, je suis dans un hôpital. Les gens qui Arrivé à l’aéroport dans une ambulance, Sidiki Bakaba se déplace en fauteuil roulant. A sa vue, la petite foule des voyageurs et du personnel en service fond en larmes. «Mon Dieu ! On nous a dit que vous étiez morts !», crient certains. Bakaba s’engouffre dans l’avion, rempli à 70% de militaires français rentrant au pays, leur «mission» accomplie. «Marqué par la haine» selon son expression, il se prépare à de longs mois de soins et de rééducation.

Pourquoi Bakaba ne renie pas Gbagbo

Les Ivoiriens le savent. Sidiki Bakaba entretenait des rapports passionnels et compliqués avec le président Laurent Gbagbo, avec qui il n’a pas toujours été sur la même longueur d’ondes. En conflit avec des ministres qui, estime-t-il, lui ont savonné la planche, il a souvent attendu de nombreux – et douloureux – mois une audience présidentielle. Mais il est hors de question pour lui, hier, aujourd’hui ou demain, de renier le chef de l’Etat renversé. Et il l’explique, avec passion.

«Je retiens qu’aux derniers moments avant son arrestation, il m’aura vu. L’ami est l’ami, dans ma culture. Aujourd’hui qu’il est dans une situation difficile, je ne crache pas sur Gbagbo. Il a certes des défauts, mais il n’est pas le monstre qu’on dépeint.

Je n’aurais pas composé avec un monstre. Il y a une sagesse qui dit chez nous «le fou de quelqu’un ici est le sage de quelqu’un ailleurs». L’homme que je connais est un homme qui m’a respecté, qui a respecté mes créations même s’il n’en a pas toujours fait une promotion à la mesure de ce que j’attendais. Je retiens qu’il m’a respecté, qu’il a respecté mon travail en se refusant à interférer, et c’est très important pour un homme de culture soninkée. Je pense que ces derniers jours là, il a dû penser aux petites anecdotes que je lui rappelais quand on avait l’occasion d’avoir des moments d’intimité.

Comme celle du rapport entre Samory, le dernier empereur résistant face à la pénétration coloniale, avec son ami et aîné Morifindian Diabaté, griot, mémoire vivante du pays et capitaine. Quand Samory a été arrêté à Guélémou en Côte d’Ivoire, Diabaté a proposé d’aller avec lui en prison. Les Français ont dit «non», et sont allés avec Samory au Gabon. Plusieurs mois plus tard, Morifindian est arrivé au  Gabon par ses propres moyens. Ils se sont parlé, se sont rappelé les moments de gloire et les moments tristes. Quand Samory est mort, Diabaté l’a enterré. Les Français lui ont  proposé de le ramener en Côte d’Ivoire. Il a refusé. Il a creusé sa propre tombe à côté de celle de Samory. Et il leur a dit : «Quand je mourrai, vous m’enterrerez ici». Et ses dernières volontés ont été respectées. Ce n’est qu’à la fin de son règne que Sékou Touré a ramené leurs cendres dans leur terroir ancestral mandingue, en Guinée.

Ce n’est pas leurs faits de guerre, leur gloire, qui ont alors été célébrés, mais leur serment d’amitié, la valeur du serment d’amitié. Là où il est, peut-être mon grand-frère se dira que je ne suis pas Louis Sépulvéda, romancier et compagnon de route d’Allende jusqu’à sa fin tragique au palais de la Moneda.

Je ne suis pas Morifindian Diabaté, mais je suis Sidiki Bakaba avec mon histoire. Ceux qui racontent que j’ai combattu les armes à la main doivent savoir que je ne suis pas André Malraux qui s’est engagé et s’est battu dans un avion militaire contre le franquisme en Espagne. Il l’a fait par conviction. Il n’a pas été diabolisé pour autant. De Gaulle en a fait son ministre de la Culture. Moi, Sidiki, j’attends mon De Gaulle

Par le quotidien ivoirien d’investigation Le Nouveau Courrier

Libye : Kadhafi dit que la bataille se poursuivra

Le colonel Mouammar Kadhafi a affirmé mercredi soir qu’il était « dos au mur », qu’il ne craignait pas la mort et que la bataille contre l’Occident « croisé » se poursuivra « jusqu’à l’au-delà », dans un message sonore diffusé par la télévision libyenne.

« Nous résisterons et la bataille se poursuivra jusqu’à l’au-delà, jusqu’à ce que vous soyez achevés. Mais nous ne serons pas finis », a déclaré M. Kadhafi dans un hommage à son compagnon, Khouildi Hmidi, dont plusieurs membres de sa famille ont été tués lundi dans des raids de l’Otan sur sa résidence.

« Il n’y a plus aucun accord entre nous après que vous ayez tué nos enfants et nos petit-enfants (. . .). Nous sommes dos au mur. Vous (l’Occident) pouvez faire marche arrière », a-t-il ajouté.

« Nous n’avons pas peur. Nous ne cherchons pas à vivre ou à nous sauver », a-t-il dit dénonçant une croisade lancée contre un pays musulman, visant des civils et des enfants.

Lundi l’Otan a mené un raid aérien à Sorman, à 70 km à l’ouest de Tripoli, visant une résidence de Khouildi Hmidi, un homme politique influent et vieux compagnon de route du leader Mouammar Kadhafi, tuant 15 personnes, selon les autorités.

Plusieurs membres de la famille Hmidi ont trouvé la mort dans ce raid, dont trois enfants.

L’Otan a admis avoir mené un « raid de précision » visant un « centre de commandement et de contrôle de haut niveau ».

« De quel droit vous visez les hommes politiques et leurs familles ? », a dénoncé le colonel Kadhafi, la voix grave.

Il a affirmé que le bureau de Khouildi Hmidi à Tripoli avait été bombardé à quatre reprises.

« Ils le cherchaient parce que c’est un héros. Quand ils ne l’ont pas trouvé dans son bureau, ils ont voulu le tuer dans sa maison, a-t-il dit.

Il a appelé l’Onu à envoyer des enquêteurs à la résidence bombardée de M. Hmidi pour vérifier qu’il s’agit d’un site civil et non militaire comme le dit l’Otan.

Il a promis par ailleurs de construire un monument, « le plus haut en Afrique du Nord », à la gloire de Khaleda, quatre ans, la petite-fille de M. Hmidi, tuée dans le raid, selon les autorités de Tripoli.

« Nous resterons, nous résisterons et nous n’allons pas nous soumettre. Frappez avec vos missiles, deux, trois, dix ou 100 ans », a martelé le colonel Kadhafi.

« Honneur à la famille Hmidi et à nous la gloire », a-t-il conclu.

| AFP sur Jeuneafrique.com

Pour le peuple Libyen, il n’y a qu’une seule Libye indivisible et un seul Leader

« Environ 2.000.000 Libyens ont reçu une Kalachnikov ainsi qu’une formation pour pouvoir l’utiliser. Ceci prouve que les autorités ne craignent pas leur propre population »

Mission d’observation à Tripoli, Libye

L’Association des Avocats et Juristes de la Méditerranée” a organisé les 12 et 13 juin une mission d’observation à Tripoli en Libye. Le but était de dénoncer l’intervention de l’OTAN. Des délégations de Tunisie, France, Grande-Bretagne, Maroc et Italie ont participé à la mission. En tant que partisan fidèle de l’OTAN, le gouvernement Belge – et par extension tout le parlement – a participé à l’offensive. Il était donc logique que des Belges se rendent également à Tripoli. La délégation était composée de Mohamed Hassan (spécialiste de l’Afrique), Michel Collon (journaliste), Frédéric Dahlmann et Mario Franssen (porte-parole intal). Mario Franssen a interviewé Mohamed Hassan sur la situation en Libye.

Mohamed Hassan suit de près la situation en Afrique et en Libye. Il n’a donc pas hésité lorsqu’il a eu l’occasion de partir à Tripoli. Les trois jours qu’il a pu y passer l’ont éclairé quant à la réalité de la guerre à Tripoli et environs. C’était également une occasion unique pour lui de nouer des contacts avec l’importante communauté Africaine en Libye.
Mohamed Hassan : “Ce que l’on a pu voir à Tripoli m’a étonné. Le calme régnait dans la ville. Il n’y avait pas de militaires en vue, ni de rebelles. Le moral des Libyens était bon et ils comprennent parfaitement ce que désire l’OTAN. Ils nous ont expliqué que les rebelles sont en fait des bandes criminelles qui avec l’OTAN veulent voler les richesses Libyennes.
Ils veulent donc protéger leur pays. Il est clair que Kadhafi a encore beaucoup de soutien parmi la population de Tripoli et des environs. Le représentant de quelques 200 clans a exprimé son soutien au gouvernement tout comme les 17 Soefi-Zawia, comparables avec les ordres religieux avec leurs abbayes dans la chrétienté. Kadhafi a également armé la population. Environ 2.000.000 Libyens ont reçu une Kalachnikov ainsi qu’une formation pour pouvoir l’utiliser. Ceci prouve que les autorités ne craignent pas leur propre population.”

Lors de la conférence sur la guerre et les droits de l’homme, Mohamed Hassan a rencontré le président et le vice-président de l’Organisation Générale Africaine en Libye. Il nous raconte : “Tripoli est une ville très cosmopolite. Il ne faut pas oublier qu’avant la guerre, 1.000.000 Egyptiens, 850.000 Tunisiens, 500.000 Algériens et des centaines de milliers d’Africains noirs demeuraient en Libye. La grande communauté Africaine de Libye condamne l’agression de l’OTAN, et cela n’est pas étonnant.

La Libye est un pays africain et les leaders Libyens ont une vue panafricaine comme la plupart des autres pays Africains. Les Africains du Soudan, Niger, Tchad…..que l’on a rencontré en rue nous ont confirmé ces dires. Ils n’ont pas besoin d’un permis de travail pour se mettre au boulot en Libye. Qu’il s’agisse du privé ou des autorités. Ils profitent de soins de santé gratuits et leurs enfants vont à l’école tout comme les enfants Libyens. Dans l’enseignement supérieur, la plupart des étudiants en dehors des Libyens sont des Soudanais.”

La mère de l’Afrique

Mohamed Hassan : “Lors d’une des promenades à travers Tripoli, nous avons visité un souk. Nous avons bu du café avec quelques Soudanais propriétaires de magasins et ils nous ont raconté la même histoire. Pendant plus de 15 ans ils n’ont connu aucun problème en Libye. Ils font leurs achats en Chine et en Turquie. Le gouvernement ne prélève pratiquement aucune taxe à l’importation et ils n’ont pas non plus d’ennuis avec la bureaucratie. Ils sont mieux traités en Libye que dans leur propre pays. Pour eux la Libye est la mère de l’Afrique.

La guerre a néanmoins changé beaucoup de choses. Par crainte des bombardements de l’OTAN, beaucoup d’Africains ont renvoyés femmes et enfants à la maison. Des 4.000.000 Africains qui travaillaient en Libye, beaucoup sont rentrés chez eux. Avec comme conséquence par exemple l’accumulation des détritus dans les rues de la ville. Les Africains qui restent en Libye sont aussi très critiques vis-à-vis de l’attaque de l’Otan. A cause de cette attaque, le pays est disloqué. L’OTAN soutient Al Qaeda qui fait partie des soi-disant rebelles dans l’est du pays. La Libye risque ainsi de devenir un port d’attache pour les extrémistes musulmans de toute la région. Ils expliquent clairement que, dans ces conditions, l’OTAN peut garder sa démocratie pour elle-même.”

Les trois stratégies de l’OTAN

L’OTAN veut avoir la mainmise sur les richesses de la Libye. Tout sera donc fait pour déstabiliser le pays. Les Libyens en sont parfaitement conscients et distinguent 3 stratégies qui sont appliquées par les Etats-Unis et leurs alliés.

Mohamed Hassan : “Premièrement ils veulent créer un conflit interne entre les tribus. Cela se voit très clairement à Misrata. Les bandes armées y ont fait de l’épuration ethnique. Toutes les personnes non originaires de Misrata ont été terrorisées et ont dû quitter la ville. Cela vaut autant pour les Libyens que pour les étrangers.

Deuxièmement, des attaques sont organisées contre les Libyens noirs et les autres Africains noirs. C’est une autre façon de créer des problèmes internes parmi les Libyens. A Benghazi par exemple, 3 Somaliens ont été tués par les rebelles. Ceci n’est pas sans importance lorsque l’on sait que la région riche en pétrole autour de Brega est l’endroit où habitent principalement des Libyens ‘noirs’. Si l’OTAN arrive à diviser le pays de cette manière, elle peut continuer à le déstabiliser, situation similaire au Darfour.

Pour conclure, l’économie Libyenne est fauchée. Les bombardements autour de Tripoli par exemple visent principalement les infrastructures et les cibles civiles. C’est surtout le développement du pays qui est paralysé. Les projets en cours en Libye se montaient de 70 à 100 milliards de dollars. Toutes les entreprises étrangères ont néanmoins quitté le pays et la main d’œuvre étrangère est également partie.”

Africanindependant

L’Iran élu comme vice-président de l’Assemblée générale des Nations Unies

L’assemblée générale des Nations unies a élu mercredi l’ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU, Mohammad Khazaï en tant que vice-président.

L’assemblée générale élit un président et vingt et un vice-présidents trois mois au moins avant l’ouverture de la session qu’ils doivent présider.

Le Président et les vice-présidents ainsi élus ne prennent leurs fonctions qu’au début de la session pour laquelle ils sont élus et restent en fonctions jusqu’à la clôture de cette session.

Les vice-présidents sont élus après l’élection des présidents des six grandes commissions mentionnées à l’article 98, de façon à assurer le caractère représentatif du Bureau.
Répondant aux questions du correspondant de l’Irna, Mohammad Khazaï a décrit les politiques et objectifs stratégiques de l’Assemblée générale des Nations Unies pour l’année prochaine.

Sur l’élection de l’émissaire qatari en tant que président de l’Assemblée, le représentant de l’Iran auprès des Nations unies a déclaré que le Qatar est un pays frère et ami de la République Islamique d’Iran et que Téhéran a soutenu son élection.

Les vice-présidents sont élus après l’élection des présidents des six grandes commissions mentionnées à l’article 98, de façon à assurer le caractère représentatif du Bureau.

Ainsi élus, le Président et ses Vice-Présidents ne prendront leurs fonctions qu’au début de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale, en septembre prochain.