Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: juin 29, 2011

Ahmet Khalifa Niasse : « Après son voyage à Benghazi, Wade a reçu un message de Kadhafi »

A cheval entre la Libye et le Sénégal, le président du Front des Alliances Patriotiques (FAP) est à la fois l’ami de Wade et du guide libyen Mouammar Kadhafi, aujourd’hui en guerre contre l’OTAN. Alors, pour parler utile avec Ahmet Khalifa Niasse, il faut d’abord évoquer cette brûlante actualité Africaine. Dans un horizon le plus large possible. Niasse, « originaire » de ce pays, s’est donc prêté à nos questions dans un long entretien dont nous vous livrons ici la première partie. Il convoque l’histoire et fait état d’une autre conférence de Yalta pour tenter d’expliquer les fondements de la guerre en Libye. Entretien.

L’Office : M. Niasse, l’actualité africaine est marquée par la tension en libyenne. Pour qui vous connaît, vous ne manquez pas de connections avec cet Etat. Comment appréciez-vous la situation qui y prévaut ?

Ahmet Khalifa Niasse : Vous ne pourrez pas comprendre la situation qui prévaut en Libye si vous ne connaissez pas l’histoire de la conférence de Yalta au lendemain de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, il y a eu un partage du monde énergétique et minier avec l’avènement des chinois, grands consommateurs, sur le marché.

Qui a initié cette conférence ?

Je ne saurais le dire ; je parle d’un postulat. Il y a eu une sorte de conférence de Yalta au cours de laquelle, le pétrole du Moyen-Orient est réservé aux Américains, avec une part laissée aux chinois et aux Japonais. Dans ce cadre toujours, le pétrole africain doit revenir aux Européens. Cela s’explique par des raisons géographiques, l’Afrique étant plus proche de l’Europe. Aussi, le pétrole africain est d’une meilleure qualité. Le pétrole libyen, nigérian, angolais ou encore congolais est meilleur sur le plan qualitatif. Il est quasiment possible de l’utiliser sans le raffiner. Donc les Européens doivent s’approprier « leur » pétrole. Les Américains leurs ont fait comprendre qu’ils ont fait la guerre en Irak pour récupérer le pétrole qu’ils ont rajouté sur ce qu’ils avaient déjà en Arabie Saoudite et au Koweït. Maintenant, parce qu’ils ont perdu celui de l’Iran qu’ils ne contrôlent plus et parce que la Chine a jeté son dévolu sur le pétrole soudanais tout en étant trop proche du pétrole libyen, il ne fallait pas la laisser arriver. Il fallait lui barrer la route et permettre aux Européens de récupérer le pétrole libyen. C’est ce qui est en train de se passer en Libye. Donc, cette guerre est menée pour la garde du pétrole et non pour l’humanité comme ils le prétendent. Si c’était une guerre pour l’humanité, pourquoi n’ont-ils pas attaqué la Syrie. Ils ne meurent pas moins de civils en Syrie qu’en Libye. L’aviation et les hélicoptères tirent sur les populations en Syrie.

Comparé à d’autres dirigeants arabes, pensez-vous que Kadhafi résistera à ces assauts ?

Dans une guerre, celui qui ne perd pas, gagne. Jusqu’à présent, Kadhafi n’a pas perdu la guerre. Il n’a pas abdiqué. Quand les gens avaient attaqué l’Irak, il y a eu des accords de cessez-le-feu à Safouane avec le général américain en son temps. Mais, jusqu’à présent, Kadhafi et ses généraux n’ont pas signé leur défaite ; ils continuent d’être là. Or, les attaques été planifiées pour durer entre deux et trois semaines. Aujourd’hui, on a bouclé les trois mois. Ils ont encore rallongé pour trois autres mois mais, c’est dans le vide. Car, l’argent ne suit pas. La guerre a un coût et l’économie de l’Europe est malade. Regardez ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne et ce sera la même chose en Italie.

Kadhafi également ne serait pas loin de cette situation de ruine. Il aurait déjà épuisé ses fonds…

Soit ! Mais quand on vit sous les bombes, on a un alibi. Les bombardements permettent beaucoup de choses, contrairement à ce que vous croyez.

Beaucoup de choses comme quoi ?

A partir du moment où Kadhafi n’a pas perdu, il gagne. Les gens ne peuvent plus continuer la guerre. Car, ils n’en ont pas les moyens. Les Américains se sont retirés. Pour la première fois dans l’histoire, le Congrès a tancé le président, chef de l’Exécutif en lui disant : « Vous n’y allez pas ! Ce n’est pas l’affaire de l’Amérique ». Et, si le Congrès américain ne connaît pas les intérêts de l’Amérique, personne ne les connaît. Cela signifie également que cette guerre ne couvre que l’intérêt de quelques pays européens. C’est la France, l’Angleterre et plus tard, l’Italie et l’Allemagne. Et je crois que ce regroupement hétéroclite va se disloquer. Parce que les Britanniques ont ouvertement dit qu’ils n’ont plus d’argent pour continuer. Les gens de Benghazi ont également déclaré qu’ils n’ont plus d’argent.

Et l’Union Africaine dans tout cela. Elle semble traîner les pieds, non ?

L’Union Africaine est bien impliquée parce qu’elle est la plus grande perdante. Kadhafi a travaillé sur des dossiers qui font mal. N’oubliez pas que c’est grâce à lui que l’Afrique étrenne aujourd’hui son satellite. Cela signifie que les coûts des télécommunications ont été divisés par dix. Si aujourd’hui, la facture de téléphone qui devait coûter cent mille francs par mois revient à dix mille francs, c’est grâce à Kadhafi. Cela signifie également que l’utilisation de l’Internet et de son coût deviennent plus accessibles. Cela a des répercutions positives sur le développement de l’Afrique. Dans la même lancée, on allait vers une monnaie africaine. Kadhafi a poussé pendant des années pour qu’il y ait cette unité africaine, pour qu’il y ait un Etat africain, même si c’est embryonnaire. C’est la seule force pour éviter ce qui s’est passé en Libye ou ailleurs. Et, si la Libye leur réussi, l’Algérie sera le suivant et les autres Etats suivront un à un. Cette guerre n’est pas seulement destinée à la Libye.

Suivant votre logique, vous êtes visiblement pour Tripoli et non pour Benghazi…

Je suis pour la Libye, pour deux raisons. Je suis Niasse, et nous sommes originaires de la zone de Benghazi. Nos ancêtres viennent de la ville d’El Beïda qui est la deuxième ville de l’Est après Benghazi. Nous avons nos racines là-bas et nous les respectons. D’autre part, entre 1979 et 1982, nous étions réfugiés en Libye, ma famille et moi. Et, nous devons moralement quelque chose à cette Libye. C’est la raison de mon acharnement. C’est une raison morale, mais, il y a l’amitié aussi.

Vous vous acharnez pour … ?

(Il coupe) Oui je m’acharne pour la Libye, et ce n’est pas pour de l’argent. Je puis vous dire que Kadhafi et la Libye ne contribuent pas pour 1% dans ma fortune. Je l’ai bâtie pendant vingt ans, durant lesquels je n’ai pas mis les pays en Libye. Donc, je n’ai pas fait fortune dans ce pays. Je voudrais le préciser ; car, au Sénégal, quand vous parlez de pareilles choses, les gens pensent à l’argent.

S’il n’a pas contribué à votre fortune, il l’a quand même fait pour vos proches, non ?

Un de mes fils a travaillé avec la Libye. Mais l’argent de mon fils n’est pas le mien. Mes enfants sont des hommes comme moi qui ont leurs biens et ils réussissent ailleurs. Ils ne traitent pas seulement avec la Libye. Parmi eux, il y en a qui sont ministres ou conseillers spéciaux de tel ou tel autre chef d’Etat. Quelquefois même, je passe par l’un d’eux pour m’introduire auprès d’un chef d’Etat.

Pouvez-vous affirmer solennellement que jamais la Libye n’a bâti fortune pour un de vos proches ?

Non ! L’un d’eux avait reçu près de 4 milliards pour un investissement qui a été retracé. Aussi, il y a une banque libyenne au Sénégal qui finance bien des sociétés sénégalaises. Alors, mon fils a été financé par le propriétaire de cette même banque. C’est vous dire qu’il n’y a rien de particulier dans cette affaire.

Alors, c’est peu dire que vous soutenez Kadhafi…

Oui je soutiens Kadhafi !

Quand l’avez-vous rencontré pour la dernière fois ?

C’était en février dernier. Mais, on se parle souvent au téléphone, même si c’est moins fréquent. Aujourd’hui, visé par l’OTAN, il évite le téléphone pour ne pas être localisé. Néanmoins, je vais vous faire une révélation. Après son voyage à Benghazi, Wade a reçu un message de Kadhafi. C’est un message amical dans lequel il lui a parlé en tant ces termes : « Frère que j’aime bien ». C’est ce qui est bien écrit sur une partie du message.

Et sur l’autre partie ?

Cela concerne le destinataire.

Alors, pourquoi avez-vous révélé le contenu de l’autre partie ?

Quelqu’un qui fait de la diplomatie ne dit pas tout ce qu’il sait.

Quand a-t-il reçu ce message ?

Il y a trois jours de cela. Néanmoins, je n’en ai pas été le porteur. D’ailleurs, Wade n’a pas voulu le publier.

Quand comptez-vous vous rendre en Libye ?

Je peux le faire à tout moment. Je peux m’y rendre ce soir même, avant que vous ne publiiez cet entretien. Ne soyez pas surpris de me voir devant les caméras partageant le café ou le thé avec Kadhafi.

S’il ne tombe pas avant… Il est encore là, et il ne tombera pas du jour au lendemain.

Selon vous, il continuera à résister pour combien de temps encore ?

Je ne le sais pas, toute personne n’est là que pour un temps bien déterminé. Ce peut-être une seconde, une minute ou encore plus. Personne ne sait ! Sarkozy est là pour combien de temps ? Et David Cameron ?

Etes-vous du même avis que ceux qui soutiennent que la seule volonté de l’OTAN est de le liquider physiquement ?

C’est évident, et ils l’ont d’ailleurs dit.

Propos recueillis par Mansour NDIAYE pour loffice

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Mandat d’arrêt contre Kadhafi : Un remède pire que le mal ?

Le grand boss de la CPI, l’Argentin Luis Moreno-Ocampo, peut enfin être satisfait : il aura réussi à donner la chasse à un gibier d’une espèce rare : le colonel Kadhafi.

Au moment où le procureur demandait aux juges de la CPI, le 16 mai 2011, un mandat d’arrêt contre le Guide libyen, son fils Séif et Abdallah Al-Senoussi, il était lui-même convaincu que trois possibilités se présentaient à ladite requête : les juges de la CPI pouvaient tout simplement la rejeter ; ils pouvaient l’accepter, en demandant cependant des informations supplémentaires ; ou alors, lesdits hommes de loi pouvaient la juger recevable et accéder à la requête de leur chef.

C’est désormais fait, c’est la dernière possibilité qui a été adoptée, et depuis hier, 27 juin 2011, la CPI, au cours d’une audience publique à la Haye, a annoncé la délivrance d’un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité qui vise Mouammar Kadhafi, son fils Séif ainsi que le chef des renseignements libyens, Abdallah Al-Sénoussi.

Cette décision du Tribunal pénal international tombe bien mal à propos pour un Kadhafi qui en avait déjà assez de se démener sur deux fronts :

primo, celui politico-diplomatique, où il est au plus mal. L’Union Africaine ne lui a pas apporté le soutien qu’il attendait. Plus, s’y trouvent des chefs d’Etat qui ont ouvertement demandé son départ de la Libye ; des présidents qui, de longues années durant, ont bénéficié de ses largesses, s’ils ne l’ont pas tous lâché, peinent à trouver les mots pour traduire en public leur sympathie pour lui. Les dirigeants du monde arabe, du moins ceux qui restent encore intacts, ne semblent pas faire du sort du dirigeant libyen leur préoccupation principale. Les autres, malmenés par la tempête du jasmin, ont simplement d’autres chats à fouetter. Les Occidentaux, eux, même sans l’avouer, veulent tout simplement sa peau. Les forces de l’Otan, qui pilonnent inlassablement les forces du Guide, depuis de longues semaines, en réalité, n’ont pas d’autres objectifs à elles assignés ;

secundo : le front militaire. Kadhafi est épuisé ; lui-même l’a reconnu, il y a quelques jours, lorsqu’il affirmait qu’il avait le « dos au mur ». On dit des troupes ennemies du Guide qu’elles seraient, ces jours-ci, à quelques dizaines de kms de Tripoli. Assurément s’il ne s’était agi que d’affronter les rebelles libyens pompeusement gratifiés du qualificatif d’insurgés, on peut le parier, le Guide en aurait fait une bouchée. Mais il y eut cette fameuse résolution 1973 de l’Onu qui contraignit Kadhafi à subir très légalement les foudres d’une coalition bien décidée à lui faire rendre gorge.

Et voilà que la Cpi, elle aussi, s’invite dans la danse et ouvre le front judiciaire, que tous les chefs d’Etat redoutent. Le Guide libyen, d’homme acculé qu’il était devient désormais un homme traqué.

Mais alors, un constat s’impose, que l’on se doit de faire en toute lucidité : l’émission des mandats d’arrêt de la CPI intervient à un moment où Kadhafi semble lâcher du lest : le Guide aurait volontairement renoncé à prendre part aux négociations du comité des chefs d’Etat médiateurs, négociations qui se tiendront dans les prochains jours à Pretoria. A supposer que Kadhafi l’ait décidé ainsi, visiblement l’homme recherche quelque chose : il peut avoir décidé de mettre balle à terre.

Et alors, le mandat de la Cpi tombe bien mal. Un fauve blessé, traqué et auquel on ne laisse aucune issue se révèle hautement plus dangereux que ce qu’il serait en temps normal. Un Kadhafi cerné de toutes parts, comme il l’est, désormais, peut décider de faire tout le mal dont il est capable avant de succomber. S’il cède à la logique du « je suis déjà mort, puisque je dois mourir », il peut faire sienne la philosophie du « cabri mort n’a pas peur de couteau ». Et alors il se peut qu’il se réfugie dans quelque bastion difficilement prenable (du déjà vu ailleurs) et, avant de se faire coincer, ait tout le loisir de faire tout le mal dont il est capable, histoire d’assouvir jusqu’à son désir d’une revanche posthume.

C’est à cela aussi qu’expose une traque acharnée de ce Guide qui ne dédaigne pas de mourir en martyr. Malheureusement, le vin est tiré, il faut le boire. Et au goût, il se peut qu’il s’apparente plus au vinaigre qu’au millésime d’un excellent cru.

Jean Claude Kongo

L’Observateur Paalga

Afrique du Sud : Le président Jacob Zuma refuse de recevoir Michelle Obama

Jacob Zuma, a traité Michelle Obama avec mépris  lors de sa visite en Afrique du Sud,  en envoyant son ministre des prisons pour l’accueillir à l’aéroport et a refusé même de la recevoir pendant son séjour de trois jours dans le pays.

M. Zuma était hors du pays pour la première journée du voyage de Mme Obama en  solo à l’étranger à son retour le lundi soir.

 Le mardi ses aides  de camp ont déclaré qu’il n’était « pas disponible » pour la rencontrer.
A la place, il a envoyé son ministre des prisons  Nosiviwe Mapisa-Nqakula pour l’accueillir  à son arrivée à Pretoria, le lundi soir, et un de ses trois épouses, Nompumelelo Ntuli-Zuma, pour la rencontrer brièvement le mardi.

Mme Obama, ses filles Sasha et Malia et sa mère Marian Robinson, ont également été reçus  par le vétéran de 92-ans, ex-président Nelson Mandela à son domicile de Johannesburg.
C’était la première rencontre de Mme Obama avec l’icône mondiale, bien que son mari Barack Obama l’ai déjà  rencontré lorsqu’il était encore sénateur, lors de sa tournée africaine en 2006. Les Aides de Mme Obama ont révélé qu’une photographie prise par  téléphone mobile de cette réunion est maintenant exposée dans le bureau de M. Mandela.

Lorsque Mme Obama a fait son premier voyage en solo, au Mexique, elle a été l’invité d’honneur à un dîner d’État offert par le président Calderón et son épouse.
Sa visite en Afrique du Sud vise à faire progresser son agenda international,  l’engagement des jeunes ainsi que le soutien de M. Obama pour « la démocratie, le développement et les possibilités économiques en Afrique ». [Mon œil]

Mais elle coïncide avec un refroidissement dans les relations entre l’Afrique du Sud et les États-Unis. La semaine dernière, le président Jacob Zuma a émis une forte riposte à un appel lancé par Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, a appelé les  dirigeants africains pour l’aider à éliminer la Libye de Mouammar Kadhafi.

«Nous croyons fermement que la résolution (du Conseil de sécurité de l’ONU) est maltraité par un changement de régime, les assassinats politiques et de l’occupation militaire étrangère », a déclaré au parlement Mr Zuma,  le jour après le discours de Mme Clinton.

En ce qui concerne madame Obama, les autorités sud-africaines ont insisté tout simplement aur l’agenda chargé de Mr Zuma très  occupé – Une offre a été faite a Mme Obama d’une réunion à 9 heures le mercredi, offre qu’elle a rejetée, car elle faisait un discours à Soweto selon ses aides.

Zizi Kodwa, porte-parole de M. Zuma, a refusé de discuter des nominations du président dans les prochains jours, mais a déclaré que son journal était plein et ne pouvait pas facilement être changé.
« Même quand le président est en Afrique du Sud, il n’est pas en vacances et ne peut rencontrer qui il veut, à tout moment », a-t-il déclaré.. « Clayson Monyela, porte-parole du Foreign Office en Afrique du Sud, a déclaré que puisque Mme Obama n’est pas un chef d’État ou ministre, il n’y avait aucune obligation pour M. Zuma pour la rencontrer.

« C’est totalement faux de suggérer cela comme  un camouflet », a-t-il dit. «Si M. Zuma ou le Ministre des relations extérieurs étaient  dans le pays ils l’auraient rencontré. Nous reconnaissons qu’il s’agit d’une visite historique et c’est la raison pour laquelle elle a été bien accueillie par les principaux ministres.

« Professeur Chris Landsberg, directeur de l’Université de Johannesburg département politique et conférencier invité à l’Académie diplomatique du ministère des affaires étrangères d’Afrique du Sud, a déclaré que même si ce n’est  pas un camouflet, une «occasion  a été manquée».
« Il n’ya aucun doute, il ya eu une certaine irritation des deux côtés sur la Libye et je me serais attendu  qu’il rencontre MmE Obama, s’il était dans le pays », a-t-il dit. «Cela aurait peut-être été une chance pour Mme Obama de  passer certains messages directs de son mari, de clarifier sa position et facilité des tensions. »

By Aislinn Laing, Johannesburg -Telegraph sur Afrohistorama

Maroc : des opposants créent une coalition pour une monarchie parlementaire

Des opposants marocains, proches des jeunes contestataires qui manifestent régulièrement au Maroc, ont annoncé mardi à Rabat la création d’une coalition militant pour la « monarchie parlementaire maintenant ».

Cette coalition non représentés au parlement est formée notamment de cinq petits partis politiques dont trois de la mouvance d’extrême gauche, et deux partis islamistes dissous. Parmi eux figurent le Parti socialiste unifié (PSU), le Parti pour l’action démocratique et social (PADS) et le Congrès national ittihadi (CNI).

« Le projet soumis à référendum (le 1er juillet) consolide le despotisme et n’encourage aucune forme d’interaction positive », estime cette coalition avant d’exprimer dans un communiqué son soutien au mouvement des jeunes contestataires du Mouvement du 20 février.
« La coalition demeure engagée à agir, à travers l’ensemble de ses composantes pour l’aboutissement d’un régime démocratique fondé sur une véritable séparation des pouvoirs », selon la même source.

Dans le projet de réforme constitutionnelle « il y a des avancées dans la forme mais pas d’avancées effectives », a déclaré à l’AFP Fouad Abdelmoumni le coordinateur de la coalition.
« Nous voulons que le Maroc passe à une véritable démocratie dans les faits », a-t-il dit.

La plupart des partis politiques du parlement ont réagi favorablement au projet, qui prévoit un renforcement des pouvoirs du Premier ministre tout en préservant un rôle politique et religieux important du roi.

L’Union socialiste des forces populaires (USFP), partisan du « oui » a répondu indirectement à la coalition, à travers son organe Al Ittihad Al IKchtiraki qui titre lundi en une: « la monarchie parlementaire se construit (progressivement) elle ne s’octroie par toute faite ».

FMI : Christine Lagarde remplace DSK

Christine Lagarde, choisie hier mardi pour diriger le FMI, a déclaré que son objectif premier serait que l’institution continue dans la même voie et a appelé à une entente nationale en Grèce.

La ministre française de l’Economie et des Finances entamera son mandat à la tête du Fonds monétaire international le 5 juillet dans un contexte de crise des dettes publiques en Europe et plus particulièrement en Grèce, où les marchés redoutent un défaut de paiement.

Christine Lagarde, première femme à diriger le FMI après dix hommes, a été soutenue par l’Europe, les Etats-Unis et des pays dits émergents comme la Chine, la Russie et le Brésil.

Elle succède à Dominique Strauss-Kahn, qui a démissionné en mai après avoir été inculpé pour tentative de viol à New York et qui clame son innocence.

« L’action du FMI doit être pertinente, proactive, efficace et légitime, pour assurer une croissance plus forte et durable, la stabilité macroéconomique et un avenir meilleur pour tous », a dit Christine Lagarde dans un communiqué.

« Le FMI a été au service de ses 187 pays membres pendant la crise économique et financière mondiale, ce qui l’a amené à évoluer profondément. Mon objectif premier à la tête de notre institution sera de faire en sorte qu’elle continue dans cette voie avec la même détermination et le même engagement », poursuit-elle.

APPEL À L’UNITÉ EN GRÈCE

Sur TF1, la ministre française a appelé l’opposition grecque à une entente nationale avec le parti au pouvoir pour sortir le pays de la crise.

« Si j’ai un message à faire passer ce soir concernant la Grèce, c’est un appel à l’opposition politique grecque pour qu’elle rejoigne dans une entente nationale le parti qui est actuellement au pouvoir. Il y va vraiment du destin d’un pays, de sa sécurité », a dit la ministre.

Interrogée sur une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, elle a répondu : « C’est le scénario du pire qu’il faut impérativement et par tous les moyens éviter ».

Quant à la situation de l’économie française à l’heure de son départ à Washington, Christine Lagarde a déclaré : « Nous avons tenu le pays face à la crise dans des conditions qui sont probablement les meilleures en Europe actuellement ».

Agustin Carstens, le gouverneur de la banque centrale du Mexique qui était en concurrence avec Christine Lagarde, lui a adressé tous ses voeux de réussite.

« Je salue le choix de Christine Lagarde comme directrice générale du FMI; je lui souhaite le meilleur et elle a tout mon soutien », a-t-il dit dans un communiqué.

La présidence française a salué sa désignation. « C’est une victoire pour la France », souligne l’Elysée dans une déclaration. « La présidence française se réjouit qu’une femme accède à cette importante responsabilité internationale. »

Le gouverneur de la banque centrale d’Afghanistan fuit aux Etats-Unis

Abdul Qadir Fitrat

Le gouverneur de la Banque centrale afghane s’est réfugié aux Etats-Unis en se disant menacé à la suite du scandale de détournements massifs dans une banque détenue en partie par des proches du pouvoir, lequel l’accuse d’avoir voulu fuir d’éventuelles poursuites.

Cette affaire jette une nouvelle ombre sur la probité du gouvernement du président Hamid Karzaï et souligne la fragilité de l’Etat afghan au moment où les Occidentaux, emmenés par les Etats-Unis, s’apprêtent à entamer leur retrait du pays, dix ans après avoir chassé les talibans du pouvoir.

Le gouverneur de la banque centrale afghane Abdul Qadir Fitrat a annoncé à la presse sa démission « immédiate » lundi à Washington.

M. Fitrat, qui disposerait d’un permis de résidence permanent aux Etats-Unis selon certains sources, a dénoncé des « interférences répétées de la part de hautes autorités politiques » dans les affaires de la banque centrale.

« Ma vie était vraiment en danger, notamment depuis que j’ai parlé au Parlement et donné le nom de certaines personnes qui sont responsables de la crise de la Kabul Bank », a-t-il également déclaré, cité par la BBC.

La Kabul Bank, première banque privée du pays, a été placée sous le contrôle de la Banque centrale fin 2010 alors qu’elle se trouvait au bord de la faillite, ses dirigeants étant soupçonnés de détournements de fonds massifs, de l’ordre de 900 millions de dollars selon des sources proches du dossier.

Parmi ses propriétaires figurent un frère du président Karzaï, Mahmoud Karzaï, et un frère du vice-président Mohammad Qasim Fahim.

La présidence afghane a de son côté accusé le gouverneur d’avoir fui.

« Il s’agit d’une fuite, non d’une démission », a déclaré mardi à l’AFP le porte-parole de M. Karzaï, Waheed Omer. « Il n’est plus un gouverneur, mais un gouverneur en fuite », a sèchement ajouté M. Omer, en jugeant « infondées » ses déclarations mentionnant des menaces. « Il n’a jamais dit à personne au gouvernement que sa vie était en danger », a ajouté le porte-parole.

Un autre porte-parole de la présidence, Siamak Herawi, a assuré que M. Fitrat était lui-même mis en cause dans l’affaire de la Kabul Bank, et qu’il a ainsi voulu échapper à d’éventuelles poursuites. « Nous pensons que cela a peut-être été la raison de sa fuite », a-t-il ajouté.

L’affaire de la Kabul Bank a jeté une lumière crue sur le chaos et la corruption du système financier national, alors que les troupes américaines s’apprêtent à quitter progressivement ce pays, dix ans après l’éviction des talibans, dont l’insurrection s’intensifie ces dernières années.

Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu que l’attribution d’un programme d’assistance financière à l’Afghanistan était conditionnée à un accord avec Kaboul pour résoudre cette crise.

M. Omer a minimisé le départ de M. Fitrat en estimant qu’il n’aurait « pas un impact majeur » sur la capacité du pays à résoudre la crise de la Kabul Bank.

Le FMI comme les Etats-Unis, premiers bailleurs de fonds de l’Afghanistan, ont eux aussi pris acte de ce départ et indiqué qu’ils continueraient à appeler Kaboul à réformer son système financier, quelle que soit l’identité du gouverneur de la banque centrale.

« Cela va miner encore davantage la réputation du gouvernement aux yeux des donateurs internationaux », a de son côté souligné Gran Hewad, de l’Afghanistan Analysts Network (AAN), un centre de recherche international basé à Kaboul.

Selon certains responsables occidentaux à Kaboul, l’Afghanistan pourrait se trouver à court de liquidités dès le début du mois prochain en raison de ce scandale. Mais au final, note Sayed Massoud, professeur d’économie à l’université de Kaboul, « c’est le peuple afghan qui en souffrira le plus ».