Le Blog de Aymard

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Archives Mensuelles: juin 2011

Mahmoud Ahmadinejad: l’Iran et Cuba combattent l’impérialisme

Le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que l’Iran et Cuba combattent plus que tout autre pays l’impérialisme international et les puissances de l’Arrogance des puissances d’intimidation.

Le président Ahmadinejad a tenu ses propos lors d’une rencontre dimanche à Téhéran avec le vice-président du Conseil d’Etat, Esteban Lazo Hernandez.

«L’Iran et Cuba mais aussi d’autres pays indépendants en quête de liberté souhaitent défendre les droits des nations face à l’impérialisme international et à l’Arrogance mondiale», a t-il ajouté.

Le président Ahmadinejad a insisté sur la nécessité d’une plus étroite coopération entre Téhéran et La Havane dans les domaines culturel, économique, politique et scientifique.

«La République Islamique d’Iran résistera aux côtés des nations indépendantes éprises de justice jusqu’à obtenir la victoire ultime. Nous sommes prêts à partager notre expérience dans différents domaines avec ces pays « , a t-il assuré.

Soulignant la coopération croissante entre l’Iran et Cuba, le président Ahmadinejad noté que l’Iran et Cuba peuvent jouer un rôle clé dans les relations et rectifier l’oppression du monde au profit de la paix et la justice.

Le vice-président cubain Esteban Lazo Hernandez, pour sa part, a déclaré que l’Iran jouerait un rôle très important dans l’avenir de l’Amérique latine.

«La Havane ne craint pas les menaces de Washington à cet égard » a assuré pour sa part Esteban Lazo Hernandez.

Il a noté que l’Iran est un des principaux partenaires commerciaux de Cuba, tout en soulignant que son pays souhaite renforcer ses relations avec l’Iran dans différents domaines, en particulier dans les domaines économique et commercial.

VIA

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BENIN : Non assistance à classe politique en danger ???

La classe politique béninoise et son exécrable réputation : pitoyable ! Encore plus lamentable après deux retentissants K.O. électoraux consécutifs. Une mouvance présidentielle désespérément accrochée à un vocable (encore très flou au sein de l’opinion) à savoir la refondation, et une opposition revenue à ces vieux démons. En gros, les gestionnaires présumés de la cité offrent d’eux-mêmes une image désastreuse, presque apocalyptique. Pendant que les défis du citoyen s’amoncellent. Des régions entières sans électricité, sans eau potable ; des pistes rurales hors d’usage ; des axes routiers complètement défoncés ; hôpitaux, écoles, services publics délabrés ; jeunes au chômage ; opérateurs économiques aux abois ; étudiants en perte de confiance en l’avenir. Bref, le classique de la mal gouvernance régente toute la vie sociopolitique du pays depuis des décennies. La faute à qui ? Aux politiciens ! Répondrait en chœur la grande majorité des Béninois.

Ce diagnostic n’est pas seulement trop facile, il est proprement inutile et n’apporte aucune solution à la grisaille collective. La réflexion devrait se poursuivre à propos de ce qui a été fait pour sortir cette classe politique du trou noir. En clair, 7 millions d’individus, conscients du fait que leur devenir dépend en grande partie de la poignée de décideurs aux commandes du navire commun ne se posent même pas la question de savoir ce qu’il faut faire pour obliger ces gens à améliorer leurs performances. Le Bénin n’est certainement pas un Canton Suisse où les décisions se prennent en assemblées générales des populations. Il n’y a donc que les politiciens eux-mêmes qui puissent se sortir d’affaire. Mais le problème c’est que rien n’est fait et la situation s’aggrave de jour en jour. L’évidence est qu’ils sont médiocres. On compte pourtant parmi eux de remarquables diplômés en toute matière : ingénieur, enseignant, douaniers, gendarmes, militaires, journalistes, économistes de renom, banquiers, experts comptables, hommes d’affaires et bien sûr quelques faux diplômés, escrocs en tout genre. Du brut, tout cela, sans valeur ajoutée, politiquement parlant.

Je cherche un seul canal, dans ce Bénin (20 ans de démocratie), destiné à faire acquérir à ce beau monde ne serait-ce qu’un brin d’aptitude à l’exercice de la politique, en vain. Un centre de formation, une école de parti, des séances de remise à niveau, des bourses de perfectionnement à l’intention des gens qui gèrent la cité commune. Quelqu’un peut sortir directement d’un projet agricole de l’administration publique pour se retrouver, du jour au lendemain, Secrétaire parlementaire ; et ce n’est pas le cas le plus anecdotique. La politique au Bénin est la seule profession sans norme où n’importe qui peut faire n’importe quoi. La seule activité sensible que l’Etat se refuse de protéger et de réglementer. Ne parlons surtout pas du ridicule de la charte des partis, obsolète, d’un autre siècle.

Ce dont les partis ont besoin ce ne sont pas des noms de militants répartis sur toute l’étendue du territoire national en vue du remplissage des formulaires de déclaration au ministère de l’Intérieur. Il leur faut de l’argent public pour animer leurs écoles de parti, leurs manifestes, leurs administrations, leurs permanences, leurs radiodiffusions, leurs chaines de télévision, et donner l’instruction nécessaire à leurs cadres promis à la gestion des affaires d’Etat. On exige de l’Union fait la nation de survivre aux K.O. électoraux sans se préoccuper de comment payer le loyer de leur siège, les salaires du personnel, les activités de ses dirigeants et l’animation de la vie publique. Fcbe est beaucoup plus un mirage qu’un appareil véritable, doté de siège, de personnel, de structures et de plan de travail. Sa trajectoire demeure intimement liée à celle de son mentor, le docteur-président-refondateur. C’est cela la classe politique béninoise. Elle a besoin d’argent, d’argent public ; sans détournement, sans corruption, sans gré à gré, sans surfacturation !!!

Le plus légalement du monde !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Indésirable HAÏTI !

« Car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. » (Mat 10 :26)

« Haïti est le produit net du colonialisme et de l’impérialisme, de plus d’un siècle d’emploi de ses ressources humaines dans les travaux les plus durs, des interventions militaires et d’extraction de ses richesses ».

Cette phrase a été prononcée par Fidel Castro et reprise en 2010 par le Président vénézuélien Hugo Chavez au lendemain de l’effroyable séisme en Haïti de janvier 2010 (voir vidéo ici).

Nous ne reviendrons pas en détail sur cette catastrophe majeure et ses causes supposées ou réelles, qui a pour ainsi dire dévasté ce pays déjà en proie à une misère chronique et malheureusement aussi, à une convoitise effrénée de la part de certaines nations, notamment des États-Unis, qui, sous le couvert d’une aide humanitaire vont chercher en réalité à s’emparer d’Haïti et de ses richesses.

Si l’on ne peut cautionner raisonnablement un gouvernement comme celui de M. Fidel Castro, pour autant on ne peut qu’approuver son analyse de la situation-connaissant la « haine » qu’il voue à l’Amérique et à l’impérialisme « capitaliste » (mais le communisme n’est-il pas aussi une autre forme d’impérialisme ?…)

Haïti fut la première colonie, à s’émanciper de la domination française en 1804, grâce à l’acte d’indépendance signé par Boisrond-Tonnerre et à s’affranchir de l’esclavage au prix de bien des souffrances et de meurtres. Mais est-ce cela qui l’a rendue véritablement libre ? Depuis, ce territoire de 27500 kilomètres carrés, qui a connu depuis 1564 une quantité incroyable de tremblements de terre, cyclones, inondations et ouragans n’a jamais connu ni paix ni prospérité.

Aujourd’hui c’est le choléra qui achève l’œuvre de destruction de la population haïtienne. Curieusement, ce fléau, que l’on associe à la pauvreté et à la misère sociale et sanitaire, n’a jamais sévi en Haïti, « le plus pauvre parmi les pays les plus pauvres ». On peut toujours expliquer, et c’est ce à quoi s’emploient scientifiques et journalistes, qu’il existe un lien entre le séisme et cette épidémie foudroyante, mais les véritables raisons sont ailleurs.

Un précédent fâcheux : l’atoll de Diego Garcia

Depuis 1965, Diego Garcia ainsi que le reste de l’archipel des Chagos fait partie du territoire britannique de l’Océan Indien. En 1971, les Chagossiens de Diego Garcia seront déportés massivement par les autorités américaines vers les Seychelles et Maurice dans le cadre du développement des activités militaires dans l’atoll. Depuis, Diego Garcia ne compte plus aucune population indigène, et l’atoll sert maintenant de base militaire anglo-américaine, car il occupe une position stratégique d’importance, étant situé à 2000 kilomètres de l’Inde, 3500 des côtes orientales africaines et indonésiennes, 4500 du Golfe persique et 5000 de l’Australie.

Les Britanniques ont accordé aux Américains un bail de 50 ans en 1966 puis de vingt années supplémentaires(expiration en 2016) pour l’exploitation de cette base militaire, très utilisée depuis la fin de la guerre froide lors de la Guerre du Golfe en 1991, les opérations anti-Talibans en Afghanistan en 2001 et la guerre contre l’Irak en 2003.

Une récente enquête du journal écossais Sunday Herald (mars 2010), révèle que les États-Unis seraient en train de préparer une attaque contre l’Iran, au cas où les discussions diplomatiques ne convaincraient pas ce dernier d’abandonner ses projets d’armement nucléaire…pour cela, les États-Unis ont fait transporter plusieurs centaines de bombes « Bunker Busters »depuis la Californie, ainsi que des bombes de type « Blu » destinées à détruire des infrastructures bétonnées souterraines.

En même temps, afin d’éliminer tous soupçons sur les intentions de son allié, le gouvernement britannique de M. Gordon Brown parle d’un projet de création d’un parc marin dans les Chagos qui se révèlerait être un cheval de Troie permettant aux Américains de poursuivre en toute discrétion leurs préparatifs contre l’Iran…

Mais point n’est besoin d’une épidémie de choléra pour écarter la population comme pour Haïti ; il faut dire que la totalité des indigènes déplacés de Diego-Garcia ne dépassait pas 3000, tandis que vivent près de 10 millions d’âme en Haïti ce qui pose un réel problème pour une émigration forcée !

Des richesses considérables…à exploiter.

Durant les années 70 ont été entrepris en Haïti d’importants travaux de prospection du sous-sol. Des forages multipliés ont révélé l’existence d’huile et de gaz signant par-là la présence de pétrole. Des réservoirs pétrolifères ont été localisés dans les sédiments marins, dans des profondeurs de 6000 à 7000 mètres, particulièrement dans le canal de la Gonâve et dans la Baie de Rochelois dans l’Île de la Gonâve. Un rapport du Bureau des Mines d’Haïti conclut que : « L’état actuel des connaissances accumulées sur le potentiel pétrolier haïtien est suffisamment satisfaisant pour attirer des investissements. ».

On pourrait légitimement penser que l’exploitation de ce pétrole par Haïti elle-même suffirait à sortir pour bien longtemps le pays de la misère –des ingénieurs estiment que la quantité du pétrole haïtien est cinq fois supérieure à celle du Venezuela voisin-, mais hélas les États-Unis n’entendent pas laisser Haïti exploiter ses propres ressources mais s’arrogent le droit de les utiliser à leurs fins. Ce sont des réserves stratégiques exploitables en cas de pénurie mondiale causée soit par la guerre soit par l’épuisement de cette ressource non renouvelable sur les autres continents.

Dans le passé, le gouvernement haïtien, dans l’espoir d’exploiter ses gisements avait fait appel à des sociétés américaines telles l’ « Atlantic Reffining Compagny » (ATRECO) mais le gouvernement américain avait aussitôt mis un terme à ces velléités en ordonnant à ladite société de cesser ses travaux.

Le sous-sol haïtien contient également de l’Uranium 238 et 235, très utilisés dans les réacteurs nucléaires, de l’or en assez grande quantité, ainsi que du Zyconium.

Enfin Haïti posséderait de l’Iridium, servant à la construction de navettes spatiales ou de missiles tactiques, dont l’importance surpasserait celle de l’Afrique du sud, première pourvoyeuse mondiale jusqu’à ce jour.

On serait donc en présence d’une conspiration alimentée par les multinationales (agents du Nouvel Ordre Mondial) qui chercheraient à enlever à Haïti ses richesses naturelles pour le compte des États-Unis et de son allié la Grande-Bretagne.

L’ex-président de la Raffinerie Dominicaine, la REFIDOMSA, assure même que des fonctionnaires d’Etat, secondés par des holdings pro-USA s’emploient à entretenir la misère et l’indigence du pays, moyennant quelques faveurs politiques et financières, ce que l’on nomme couramment CORRUPTION.

Il faut en finir avec Haïti !

« Le docteur français Gérard Chevallier travaille avec les autorités haïtiennes pour lutter contre le choléra. Il juge que l’épidémie est inhabituelle et sévère (souligné par nous) .Le choléra a fait au total 1.186 morts et provoqué l’hospitalisation de 19.646 personnes en Haïti depuis le début de l’épidémie à la mi-octobre, selon le bilan officiel communiqué par les autorités haïtiennes hier. » (AFP 20/11/2010)

L’ONU accusé d’avoir introduit le choléra

« Les efforts déployés pour lutter contre la virulente épidémie de choléra en Haïti, qui a d’ores et déjà tué plus de 1.000 personnes, ont été entravés par la multiplication d’émeutes anti-ONU dans le nord du pays. Ces émeutes ont poussé l’ONU et d’autres ONG à suspendre la livraison de matériel médical d’urgence et de fournitures d’assainissement. Cette violence semble en partie provoquée par une animosité de longue date de la population haïtienne à l’endroit des 12.000 soldats de la paix présents en Haïti, mais a aussi été causée par l’idée répandue voulant que les casques bleus soient responsables de l’arrivée de la maladie. Est-ce possible ?

Peut-être, mais c’est loin d’être certain. Haïti n’a pas connu de vague de choléra depuis plusieurs décennies, ce qui n’est pas le cas du Népal d’où sont originaires plusieurs soldats de la paix, et où sévit actuellement une telle épidémie. L’attention des médias s’est tournée vers un camp de l’ONU, près de la ville septentrionale du Cap-Haïtien, épicentre de l’épidémie, qui possède des installations sanitaires vétustes et s’est installé près d’une rivière. De plus, les premiers tests faits par le Centre américain de prévention et de contrôle des maladies (CDC), indiquent que la souche de choléra touchant actuellement Haïti correspond à celle trouvée en Asie du Sud. Mais en dépit de ces indices, il y a toujours de grandes chances que le choléra ait été présent en Haïti bien avant l’arrivée des troupes népalaises.

Une telle épidémie de choléra, touchant soudainement une région sans signes avant-coureurs, n’est pas un fait unique dans l’histoire. Une épidémie de choléra s’est ainsi déclarée au Pérou en 1991, après que la maladie a été absente du continent sud-américain pendant plus d’un siècle. Des tests ont ensuite montré que la bactérie était présente dans les canalisations depuis déjà un certain temps auparavant. Et s’il existe des centaines de sérovars –ou variétés– de choléra, seuls quelques-uns sont assez virulents pour causer une épidémie. Au fil du temps, néanmoins, les souches virulentes et bénignes de la maladie se sont croisées entre elles et ont créé de nouvelles configurations génétiques, accroissant aussi le risque que quelqu’un les ingère. » (Joshua E. Keating-rédacteur en chef adjoint de Foreign Policy- Slate.fr 22/11/2010)

Ce que l’article ci-dessus ne mentionne pas, c’est que la bactérie responsable du Choléra, le vibrio cholerae, quel que soit sa souche d’origine(1), est inoffensif à l’état « naturel ». Il est nécessaire, pour que le germe devienne pathogène, donc offensif, qu’il soit infecté au préalable par un bactériophage de type CTX, ou virus infectant, qui lui injecte son ADN. Par conséquent, il est normal que des bactéries non infectées puissent séjourner même pendant des années dans des cours d’eau, canalisations ou autres sans le moins du monde déclencher d’épidémie. Ce qui peut nous amener à nous poser la question : pourrait-on collecter ou même fabriquer en laboratoire des virus infectants CTX et les insérer ensuite dans des vibrio cholerae ?

La réponse est OUI !

Ces virus infectants-bactériophages- sont utilisés, modifiés, en génie génétique comme vecteurs de clonage pour insérer de l’ADN dans des bactéries et les rendre agressives, donc hautement pathogènes…il suffit de « récolter » des vibrio ch. et leur injecter ce qu’il faut, quand il faut. Ainsi le choléra, à l’instar d’autres maladies ayant déjà sévi notamment Afrique, tels Ebola, entre dans l’arsenal des armes bactériologiques destinées à éradiquer le plus grand nombre d’indésirables sur la terre, les pauvres, les malades, les handicapés et les personnes âgées, inutiles pour la société de demain mûrement préparée par les élites mondialistes.

Haïti serait donc la cible des alliés anglo-américains qui chercheraient, par l’entremise de l’ONU, à se débarrasser de sa population indigente pour s’emparer de son territoire depuis si longtemps convoité pour ses richesses naturelles, et pour asseoir leur position géostratégique dans les Caraïbes.

« Ils veulent ignorer, en effet, que des cieux existèrent autrefois par la Parole de Dieu, ainsi qu’une terre tirée de l’eau et formée au moyen de l’eau, et que par ces choses le monde d’alors périt, submergé par l’eau ; mais, par la même parole, les cieux et la terre d’à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies. »(2Pi 3 :5-7)

« Puisque tout cela est en voie de dissolution, combien votre conduite et votre piété doivent être saintes. Attendez et hâtez l’avènement du jour de Dieu, jour à cause duquel les cieux enflammés se dissoudront et les éléments embrasés se fondront ! Mais nous attendons, selon la promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera. » (2Pi 3 :11-13)

Soyez bénis !

(1)Jusqu’en 1992, le vibrio cholerae 01 était le seul agent pathogène connu. Depuis cette date, est apparue une nouvelle souche 0139 qui fut responsable d’épidémies en Asie, surtout en Inde, au Bengladesh et au Népal. De plus, cette « nouvelle » souche est résistante aux vaccins.

« Le vibrion cholérique est la bactérie responsable du choléra. Tous les Vibrio cholerae ne sont pas pathogènes. Pour devenir pathogène, le vibrion doit notamment acquérir la capacité à produire la toxine cholérique, qui est responsable des diarrhées mortelles du choléra. La capacité à produire cette toxine est transmise à la bactérie par un parasite astucieux, le bactériophage CTX. Les bactériophages sont des virus qui infectent les bactéries. Pour parasiter le vibrion cholérique, le bactériophage CTX intègre l’ensemble de son génome dans celui de la bactérie, ce qui lui permet de profiter de la multiplication de son hôte pour se propager. En « échange », le vibrion acquiert la capacité à produire la toxine cholérique qui est encodée dans le génome du phage. » (Communiqué de presse de l’Institut Pasteur-06/09/2005).

Chronique de Michel-André

SENEGAL : Le ticket de la honte

Qui a dit qu’en Afrique, il n’y a pas de vieux magiciens ?

Abdoulaye Wade, le magicien

Le Président sénégalais n’en finit pas d’étonner et de décevoir. Il aura tellement joué de tours et procédé à de renversants retournements de veste en cette année 2011 que ceux qui, avaient vue en son accession au pouvoir en 2000 une aubaine et un espoir pour l’Afrique sub saharienne ont fini par déchanter.

On n’a pas besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour comprendre que notre vieux sénégalais n’a pas et vraiment pas l’intention de quitter le pouvoir sans avoir l’assurance qu’après lui, ce sera son fils. Le patriarche sénégalais qui, il y a quelques semaines jouait les donneurs de leçon en traitant  Kadhafi de dictateur, voit la carrière politique de son fils s’écrire en pointillés ; les sénégalais le lui ont déjà démontré en refusant l’accession de Karim Wade à la mairie de Dakar en mars 2009. S’arc-boutant et contre vents et marées, le lièvre de Kébémer comme aimait l’appeler Senghor tient à faire de son fils un Chef d’Etat  alors que les sénégalais ont refusé de le faire maire. Ce que le peuple rejette, on peut l’obtenir par la loi. La constitution peut être torturée, charcutée pourvu qu’on parvienne à y insérer le ticket présidentiel et surtout cette fameuse clause visant à l’organisation d’un scrutin à un tour au lieu de deux comme dans les actuelles dispositions de la loi fondamentale sénégalaise.

Sur ce point précis, Wade comptait emboîter le pas à Joseph Kabila qui, pour faciliter sa réélection aux élections présidentielles de Novembre 2011 avait exprimé en Janvier 2011 le  vœu de modifier la constitution afin que l’élection présidentielle ait lieu en un seul tour. Comme quoi, les hommes politiques Africains rivalisent d’ardeur et d’imagination quand il faut s’accrocher au pouvoir.

Avec le ticket présidentiel, le vieux sénégalais pourra choisir aisément son dauphin et l’imposer à la tête du pays en cas d’invalidité pour assurer la continuité de la françafrique. Laisser toute latitude à Wade de choisir son propre successeur est un coup d’état constitutionnel comme l’a dénoncé Alioune Tine, le président de la Rencontre Africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) et, il va le payer cher puisque le gouvernement sénégalais a décidé d’entrer en guerre contre toutes les organisations non gouvernementales qui sont montés au créneau pour dénoncer le projet de loi. A cet effet, il sera mis fin aux exonérations fiscales accordées aux Ong.

En 2001, c’était Joseph Kabila qui succéda à son père Laurent Désiré Kabila qui venait d’être assassiné. En 2005, alors que le général Gnassingbé Eyadéma venait de rendre l’âme, le 5 février après 38 ans de règne sans partage, son fils, Faure Gnassingbé se voit confier par l’armée les rênes du pouvoir puis organisa des élections « globalement démocratiques » selon Sarkozy pour légitimer son pouvoir. En 2009,  Ali Ben Bongo, fils d’Omar Bongo, succéda à son père à la présidence du Gabon lors de l’élection du 30 août 2009, malgré la contestation de Pierre Mamboundou, candidat de l’Union du peuple gabonais (UPG) et de l’ancien ministre de l’Intérieur André Mba Obame. Cela fait déjà assez d’exemple ; Wade voulait bien s’en servir pour faire de son fils l’héritier de la famille Wade compte tenu de l’impopularité de ce dernier mais, c’était sans compter avec l’hostitilité de la classe politique et du peuple sénégalais. Notre vieil homme a dû reculer en retirant tout le projet de loi qui, prévoyait l’élection simultanée au suffrage universel direct d’un président et d’un vice-président.

Une bouffée d’oxygène pour l’opposition qui,  consolidée avec la société civile sénégalaise a su à l’unisson, se lever contre ce toilettage de leur constitution. Après le débat sur le ticket présidentiel, doit se poser celui de la constitutionnalité de la candidature de Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle de Février 2012 puisqu’il clôture son second mandat à la tête du pays.

aymard

Côte d’Ivoire : Comment l’ONUCI a participé aux tueries des civils à Duékoué

Voyageur en transit au moment des faits,  j’ai décidé de rendre ce témoignage sur les tueries massives à Duékoué (450 kilomètres d’Abidjan-ouest de la Côte d’Ivoire). Je le fais pour deux raisons fondamentales. Eclairer la lanterne de l’opinion et tout individu qui voudrait en savoir plus sur cette bêtise humaine inexplicable. Mais surtout,  en tant que sachant, ne pas rendre ce témoignage serait synonyme de complicité devant Dieu face à ses crimes contre l’humanité.

Comme le métier d’opérateur économique l’exige, je voyage bien souvent. C’est ainsi que ce dimanche 27 mars 2011, j’ai été emmené, à bord de mon véhicule personnel, à partir d’Abidjan en compagnie de deux amis. Direction Man. N’ayant pas vite pris le départ d’Abidjan, nous pointons au corridor de sécurité de Duékoué à 20 heures 30 minutes. Là, nous découvrons une situation bien inhabituelle, bizarre même. Le corridor était fermé à la circulation ! Comme témoigne la herse qui traverse entièrement la chaussée. Nos nombreux Klaxons pour amener les maîtres des lieux à dégager la herse restent sans écho favorable. Le corridor présentait un calme de cimetière. Il n’y a aucune âme qui vit. On finit par comprendre que les agents de sécurité sont tapis dans l’ombre. Mais on comprendra le pourquoi un peu plus tard. Toujours est-il qu’on a rebroussé chemin pour replier sur le carrefour de Guessabo (40 kilomètres), attendant le jour pour repartir. Juste le temps de voir plus clair dans la situation. «Il y a couvre feu à Duékoué, mais habituellement, c’est à 21heures. Cette fois, ils ont fait 19 heures, ils n’ont pas dit qu’ils son forts, demain ils vont voir», explique un jeune chasseur traditionnel Dozo, à Tobly-Bangolo, où on avait marqué un arrêt pour s’informer. A Guessabo, nous passons la nuit dans le véhicule tout comme de nombreux véhicules de transport en commun avec leurs passagers. Man, Duékoué, Guiglo, Zagné, Taï, Bloléquin et Toulépleu sont les destinations des voyageurs rassemblés pour la circonstance à Guessabo carrefour. 6heures, nous revoilà au corridor de l’entrée de la ville de Duékoué, ce lundi 28 mars 2011.Si la herse est dégagée de la voie cette fois-ci, certains soldats loyalistes, armes au poing,  sortent brusquement du fourré pour nous intimer l’ordre de faire demi-tour. Une manœuvre que nous n’avons pas fini de faire quand la réponse est donnée à  toutes nos interrogations de la veille. C’est que Duékoué est le théâtre de violents combats entre les forces loyalistes et les forces pro-Ouattara.  Crépitements, détonations et explosions les plus assourdissants se faisaient entendre dans la ville située à 500 mètres de ce corridor de sécurité.

Dans le village de Niambly déserté où on a trouvé refuge dans la précipitation, la sécurité, évidemment, est loin d’être garanti. Surtout que les forces pro-Ouattara, venues du coté de Guessabo, avaient coupé toute cette zone du fleuve Sassandra. Pris entre deux feux, tous les automobilistes dont certains essuyaient des tirs déjà ne pouvaient trouver d’autres solutions que de faire irruption dans le camp onusien, un contingent marocain de l’ONUCI situé à l’entrée de Duékoué. A leur corps défendant, les militaires onusiens font le ménage  en nous installant sur une aire vague en pleine plantation de cacaoyer, à proximité de leur camp. Femmes, enfants, bébé, vieillards, jeunes et adultes, tous des voyageurs et ne se connaissant pas du tout, vont partager leur destin là, à même le sol, au pied d’une vieille bâtisse  tenue par un vieux gardien. «Notre rôle ne consiste pas à héberger, à recueillir les gens dans nos camps, c’est exceptionnel, votre présence est acceptée momentanément», explique avec un brin de fermeté, un soldat marocain à ses visiteurs du moment à qui des nattes sont distribuées. Dans le même temps, les soldats dressent un corridor autour de leurs visiteurs inattendus.
Pendant ce temps, les combats entre forces loyalistes et pro-Ouattara font rage dans la ville. Des informations persistantes  font état de ce que les forces pro- Ouattara mènent le bal sur le terrain, c’est-à-dire contrôlent la quasi-totalité de la ville. Certains automobilistes retranchés  comme nous avaient perpétuellement le téléphone collé à l’oreille et dissimulaient mal leur enthousiasme. 14 h. Il se passe quelque chose. Les FDS loyalistes ont-elles du renfort ?

Toujours est-il qu’une hystérie s’est emparée du contingent marocain. Qui fait sortir de son camp d’importants engins militaires. Ordre est donné pour que les visiteurs hommes suivent les femmes et les enfants dans le camp où auparavant, seuls les derniers cités avaient été admis. Pourquoi tout ce ménage ? La réponse ne se fait pas attendre pour les fugitifs qui s’activaient à installer leurs nattes au sein du camp. Parce que la terre tremble. Car les armes lourdes postées ça et là dans le camp et hors du camp ont été actionnées et vrombissent. On saura un peu plus tard que l’ONUCI réagissait pour mettre sous l’éteignoir les FDS qui reprenaient du poil de  la bête en reprenant le contrôle de la ville.  Les forces pro-Ouattara étaient donc en difficulté. Cet état de fait est  plausible d’autant qu’un des leurs en treillis qui a abandonné son arme s’est présenté au camp pour indiquer de façon précise les positions de leurs ennemis (FDS). Surtout du côté de la zone carrefour, un quartier des autochtones guéré, fief des groupes d’auto-défense locaux depuis 2002, date de l’éclatement de la rébellion armée en Côte d’Ivoire.

L’ONUCI dont les chars sont déjà  présents dans la ville pendant les combats intensifie ses frappes dans le quartier général des autochtones Wê où tous les civils se sont enfermés dans leurs habitations. 18 heures, les combats ont baissé en intensité. Le ciel de  Duékoué est noir de fumée comme si l’on venait de brûler des champs pendant les travaux champêtres.  Cette fumée traduisait l’âpreté des combats au cours de la journée. Autour de 18 heures 30, un hélicoptère de l’ONUCI survole la ville. «Condoléances et courage à vous dont les parents sont tombés aujourd’hui à Duékoué, parce qu’il y en a eu», concède de façon pathétique un soldat onusien qui s’est approché de ses hôtes, terriblement désabusés. A la suite des frappes de l’ONUCI, les FDS perdent la ville. Seule poche de résistance, le quartier carrefour en cette fin de la journée du lundi  28 mars 2011. Toute la nuit, avec l’accalmie, les populations civiles, dans le dénuement total, fuyant la mort, prennent  d’assaut le camp onusien.

La journée du mardi 29 mars 2011, même scénario. Ah cette journée du pire cauchemar pour les populations de Carrefour qui,  passé pour la fois sous le contrôle des forces pro-Ouattara aux premières heures du jour (mardi 29 mars 2011), va subir les violences les plus extrêmes. Au quartier carrefour, les conquérants ne se sont pas posés de question. Toutes les maisons dont les portes sont closes sont détruites et les occupants tués. Ou encore celui  qui tente de s’échapper à la vue des assaillants est fusillé sans autre forme de procès. Que ce soit avant ou après les combats, ce scénario a été mis en scène à la lettre par les forces pro-Ouattara à Duékoué et particulièrement au quartier carrefour. En tous cas, dans le camp onusien où nous étions, les témoignages des fuyards reçus heure après heure étaient invariables.  D’ailleurs, un des soldats onusiens ne peut s’empêcher, devant de telles horreurs et atrocités. «J’ai fait le Congo. J’y étais pendant la guerre mais ce que j’ai vu à Duékoué ici n’a rien à voir avec ce que j’ai vu au Congo. Au quartier carrefour, la scène est insupportable. Nous les soldats de l’ONUCI nous serons obligés d’aller ramasser les corps pour éviter les épidémies. On n’attendra pas les ordres de nos chefs ou toute autre action», raconte-t-il avec émotion.  Il montre encore plus qu’il est un digne fils de l’Afrique.

«Tout ce qui arrive est la faute des Africains qui ne sont pas unis. Le jour où ils parleront le même langage, les Occidentaux seront déphasés et on ne verra plus ce genre de scène», poursuit-il face à ses deux interlocuteurs (moi-même et un autre ami) un peu détaché du groupe des «pensionnaires» dont le nombre grossissant avait pratiquement submergé le camp onusien. Nous sommes mercredi 30 mars 2011. Ce jour marque le départ d’une autre vague des visiteurs du camp après celle du mardi après-midi, à destination de Man et de Duékoué ville. Après notre départ, les nombreux pensionnaires restés dans le camp ont été expulsés.  La mission catholique leur a été recommandée. Sur le motif de cette expulsion, les voyageurs partis du côté de Taï racontent que l’ONUCI suspecte certains fuyards enregistrés dans le camp d’être des miliciens. Un tel motif, on s’en doute, exposait encore plus les expulsés au massacre. Toutes ces situations combinées justifient-elles  les tueries massives et ciblées des civils à Duékoué que dénoncent les organisations de défense des droits humains ? Tout porte à le croire.

correspondance particulière de Kambire Sitafa, Notre voie

Pourquoi les Nations Unies privilégient-elles les anciennes puissances coloniales sur notre continent, s’interroge Thabo MBeki

«Pourquoi les Nations Unies privilégient-elles les anciennes puissances coloniales sur notre continent ? », interroge l’ancien président Sud-africain Thabo Mbeki dans le présent article qu’il a à l’origine rédigé pour le Magazine Américain, Foreign Policy. Il affirme que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies a pris l’étrange décision d’outrepasser son mandat en Côte d’Ivoire en se permettant de déclarer le vainqueur de l’élection présidentielle contrairement à sa mission telle que détaillée par le Conseil de Sécurité. Ce fait place l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) au rang de ‘’faction’’ partisane dans le conflit Ivoirien contrairement à la neutralité pacificatrice dont elle était censée faire preuve. Les africains eux-mêmes peuvent et doivent s’engager résolument dans la résolution des crises sur le sol africain.

L’erreur du monde en Côte d’Ivoire

Le second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d’Ivoire a opposé deux opposants historiques, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Pour cette raison et pour l’importance stratégique de l’élection, cette bataille électorale allait inévitablement sceller le sort à long terme du pays.

Toutes les parties concernées auraient dû réfléchir profondément à cette inexorable question critique : les élections de 2010 créeraient-elles les conditions qui établiraient la base du meilleur avenir possible pour le peuple ivoirien ? Hélas ! Cela n’a pas été le cas. Bien au contraire, il y a une communauté internationale qui martelait que seule la tenue d’élections démocratiques en Côte d’Ivoire serait le gage de la résolution de la crise que le pays traversait quand bien même les conditions minimales requises en vue de la bonne tenue d’un tel exercice étaient inexistantes. Alors même qu’ils savaient cette proposition intrinsèquement illégitime, les Ivoiriens n’ont pas pu résister à cette pression internationale et ont organisé lesdites élections. Toutefois, la réalité objective était que les élections présidentielles telles que tenues en Côte d’Ivoire n’auraient jamais dû se tenir dans les conditions dans lesquelles elles se sont tenues. En réalité, elles portaient en elles les germes d’une exacerbation du conflit qu’elles étaient censées résoudre.

Pour mémoire, la Côte d’Ivoire a été déchirée en 2002 par une rébellion qui a coupé le pays en deux parties : une partie nord contrôlée par les forces rebelles regroupés au sein des Forces Nouvelles acquises à la cause de Alassane Ouattara et une partie sud aux mains du gouvernement dirigé par Laurent Gbagbo. Depuis lors, la Cote d’Ivoire s’est retrouvée avec deux gouvernements, deux administrations, deux armées, et deux leaders ‘’nationaux’’.

Toute élection tenue dans des circonstances similaires ne peut qu’envenimer inévitablement la division de la société et aiguiser les tensions sociales nées et exacerbées du fait de la rébellion de 2002.

Les causes structurelles de la rébellion de 2002 trouvent leur fondement dans des questions sensibles dont des tensions transnationales affectant particulièrement la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, des antagonismes ethniques et religieuses en Côte d’Ivoire, le partage du pouvoir politique ainsi que l’accès au pouvoir et aux opportunités économiques et sociales.

Les griefs

La communauté internationale n’a pas su, dans un tel contexte, apprécié à leur juste valeur des critiques portant sur plusieurs allégations explosives qui, à tort ou à raison, ont alimenté et continuent d’alimenter les opinions forgées par les populations en faveur de Gbagbo dans le sud de la Côte d’Ivoire ainsi que par une forte majorité de l’Afrique francophone. Il s’agit en l’occurrence d’assertions selon lesquelles Ouattara est un étranger né au Burkina Faso ; qu’il est avec le président Burkinabé Blaise Compaoré responsable de la rébellion de 2002 ; que son accession au pouvoir aboutirait à une prise d’assaut du pays particulièrement par les étrangers Burkinabé ; et que historiquement, à ce jour, il s’est toujours disposé à faire la part belle aux intérêts français en Côte d’Ivoire.

Ayant mis tous ces éléments dans la balance, l’Union Africaine (UA) a bien compris qu’un accord négocié entre les deux factions ivoiriennes belligérantes s’avérait nécessaire pour une solution durable à la crise ivoirienne sur la base des questions interdépendantes de démocratie, de paix, d’unité et de réconciliation nationale.

Ainsi, de négociations en négociations depuis 2002, les ivoiriens se sont résolus à assujettir la tenue de l’élection présidentielle aux conditions fixées. Au nombre desdites conditions figurent en toile de fond la question de la réunification du pays, le redéploiement de l’administration nationale sur toute l’étendue du territoire ivoirien ainsi que le désarmement des rebelles et de toutes les milices, suivi de leur intégration dans le creuset sécuritaire national dont le dernier processus devrait être achevé au moins deux mois avant la tenue de ladite élection présidentielle.

Malgré le fait que la moindre de ces conditions n’ait été réunie, les élections présidentielles se sont tenues. Finalement, Alassane Ouattara a été installé président de la Côte d’Ivoire. Gbagbo et son épouse Simone en sont sortis prisonniers humiliés.

Cette crise s’est surtout soldée par la mort de beaucoup d’ivoiriens ; les plus chanceux ont été déplacés, la plupart des infrastructures détruites et les animosités historiques exacerbées.

Ce qui a provoqué le désastre

Il faut attribuer à une telle fin à de nombreux non événements. Les accords relatifs à ce qui devrait se faire en vue de créer les conditions d’élections libres et justes ont été volontairement et dédaigneusement ignorées.

Le Conseil Constitutionnel Ivoirien (CC) est constitutionnellement le seul organe habilité à valider le résultat et donc à proclamer le vainqueur de toute élection et à installer le président, la Commission Electorale Indépendante (CEI) n’ayant pour mandat que de faire suivre les résultats provisoires au Conseil Constitutionnel.

Cependant, ceux-là mêmes qui insistent sur l’inviolabilité des lois en tant que fondamental à toute pratique démocratique ont été illégalement choisis pour certifier les résultats provisoires annoncés à titre personnel par le président de la CEI comme résultats authentiques et définitifs de l’élection présidentielle.

Comme le lui permettait la loi, Gbagbo a contesté la transparence des élections dans certains endroits en particulier dans le nord du pays. Le CC a, à tort ou à raison, admis la majorité des plaintes formulées par Gbagbo, identifié d’autres ‘’irrégularités’’, annulé le vote dans certaines régions et déclaré Gbagbo vainqueur.

Le président de la CEI n’a pas tenu compte des irrégularités relevées et a décidé de manière unilatérale que le véritable vainqueur était Ouattara.

L’envoyé du Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon, son compatriote Sud-coréen Young-jin Choi, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies (RSSGNU) a également annoncé publiquement la victoire de Ouattara, mais sur la base d’un nombre de voix moindre que celui annoncé par la CEI, après avoir jugé recevables certaines des plaintes formulées par Gbagbo.

Concernant les voix obtenues par les deux candidats, la CEI, le CC et le RSSGNU ont fait trois déterminations différentes.

Selon Gbagbo, en vue de la résolution de cette crise qui conditionne la légitimation de l’expression de la volonté des ivoiriens, il fallait mettre en place une commission internationale en vue de vérifier les résultats des élections avec cette condition sine qua non préalable que aussi bien lui que Ouattara accepterait les conclusions de ladite commission. Cette proposition a été rejetée par la communauté internationale en dépit du fait qu’elle aurait résolu ce litige électoral sans qu’il ait été nécessaire de recourir à la guerre et en dépit du fait que certains observateurs internationaux ont émis des doutes quant à la transparence des élections en particulier dans la partie nord de la Côte d’Ivoire.

A titre d’exemple, en se prononçant sur l’organisation des élections dans le nord du pays, la mission d’observation de l’UA conduite par l’ancien premier ministre togolais Joseph Kokou Kofigoh, la Société civile africaine pour la démocratie et l’assistance sociale conduite par la sénégalaise Seynabou Indieguene et la Coordination des Experts Africains en Election (CAEE) du Cameroun, du Sénégal, du Bénin, du Mali, du Maroc, du Gabon et du Togo conduite par le Camerounais Jean Marie Ongjibangte ont tous tiré la sonnette d’alarme au sujet des élections telles qu’elles se sont tenues dans le nord de la Côte d’Ivoire. La CAEE s’est par exemple exprimée en ces termes : ‘’Après avoir échangé des informations avec d’autres observateurs nationaux et internationaux, nous affirmons par la présente que le second tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire a été émaillé de problèmes graves dans certaines régions, en particulier celles du nord…

‘’Ces problèmes sont relatifs à des vols d’urnes, à l’arrestation des représentants des candidats, à des votes multiples, au refus d’accepter la supervision du décompte des voix par les observateurs internationaux et à l’assassinat des représentants des candidats. Eu égard à tous ces faits, nous déclarons par la présente que le second tour des élections n’a été ni libre, ni juste encore moins transparente dans ces localités du nord.’’

Le rapport de la Cedeao non rendu !

La mission d’observation de l’élection pour le compte de la Cedeao n’a pas, pour sa part, à ce jour, publié son rapport sur le second tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire ! Pourquoi ? La commission internationale indépendante proposée par Laurent Gbagbo aurait dû être mise en place et habilitée à l’effet de prendre une mesure définitive et contraignante sur ce qui s’était passé. Le temps nous dira pourquoi cela n’a pas été fait !

Qui plus est, le RSSGNU a pris la résolution pour le moins étrange d’outrepasser son mandat en déclarant le vainqueur de l’élection, à contrario de ses attributions telles que fixées par le Conseil de Sécurité. Ce fait, au risque de nous répéter, place l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) au rang de ‘’faction’’ partisane dans le conflit Ivoirien contrairement à la neutralité pacificatrice dont elle était censée faire preuve à équidistance des parties en situation de belligérance. Dès lors, l’ONUCI n’avait plus d’autre choix que d’œuvrer activement à l’installation de Ouattara comme président du pays et partant, au départ de Gbagbo.

C’est cela qui, en dernier ressort, justifie l’usage éhonté par l’ONUCI de son potentiel militaire pour ouvrir la voie aux Forces Nouvelles qui ont ainsi vaincu les forces de Gbagbo et ont réussi à le capturer sous l’impudique prétexte qu’elles agissaient dans le sens de la protection des civils.

Alors même qu’elle avait obligation de faire prévaloir son mandat de pacificateur qui consistait en un maintien à égales distances des forces belligérantes, l’ONUCI n’a engagé aucune action pour stopper l’avancée des Forces Nouvelles depuis le nord du pays jusqu’au sud à Abidjan.

Ni l’ONUCI encore moins la Force française Licorne, conformément au mandat à elles fixées par les Nations Unies, n’ont aucunement protégé les populations civiles dans la région de Duékoué, où, à l’évidence, le plus grand massacre de civils a eu lieu !

Cela n’est pas sans rappeler l’échec des Nations Unies à mettre fin aux meurtres et abus les plus catastrophiques qui ont été perpétrés dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Des conclusions indiscutables

La réalité ivoirienne soulève un certain nombre de conclusions indiscutables. Les conditions convenues en vue de la tenue d’élections démocratiques en Côte d’Ivoire n’ont en aucune mesure été mises en place.

La communauté internationale a refusé de procéder à la vérification du processus électoral et a proclamé les résultats, ce, en dépit des fortes allégations de fraude électorale. Une telle attitude laisse sans réponse la question cruciale du véritable vainqueur des élections, ce que Ouattara aurait dû faire.

Usant de sa place de choix au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la France a réussi à s’assigner un important rôle dans la détermination de l’avenir de la Côte d’Ivoire, son ancienne colonie au sein de laquelle elle détient, entre autres, de prestigieux intérêts économiques. Elle s’est jointe aux Nations Unies en vue de s’assurer que Ouattara sorte victorieux du conflit Ivoirien. Cela ne fait que justifier les intérêts nationalistes de la France en rapport avec sa politique de Françafrique dont l’objectif est de perpétuer une relation particulière avec ses colonies africaines. L’ancien président français François Mitterrand ne disait pas autre chose, lui qui affirmait : « La France n’aura pas d’histoire au 21e siècle sans l’Afrique », toute chose qu’a confirmé l’ancien ministre français Jacques Godfrain lorsqu’il affirmait « Un petit pays (la France) avec juste un peu de force, nous pouvons faire bouger toute une planète grâce à nos relations avec 15 ou 20 pays africains…’’

L’UA n’est pas non plus sans reproche dans la mesure où elle a failli dans son objectif de persuasion de tous les acteurs à œuvrer en faveur de la réconciliation et partant, d’une paix durable entre ivoiriens.

Aussi tragique qu’ils ont été, les événements survenus en Côte d’Ivoire creusent davantage le fossé béant du conflit endémique qui sévit dans le pays. Cela se doit au fait que le pays a fait confiance à la rébellion manquée de 2002 en lui confiant le pouvoir de décider du futur du pays alors que la situation objective imposait et impose que le peuple ivoirien, dans toutes ses composantes, s’engage dans la détermination de leur destin commun.

Gbagbo, au cours de la décennie durant laquelle il a dirigé la Côte d’Ivoire en tant que président, n’avait eu aucune possibilité d’agir comme de raison pour réunifier le pays et le réconcilier à travers toutes ses composantes en dépit de l’existence d’accords négociés dans ce sens. En dirigeant lui aussi la Côte d’Ivoire en tant que président, Ouattara ne pourra point atteindre ces objectifs, comme de raison, en dehors du cadre d’un accord honnête, sérieux, conclu avec les sections de la population ivoirienne représentée par Gbagbo.
Ce qui devait arriver a été prédit par l’ambassadeur des Etats Unis en Côte d’Ivoire d’alors, Wanda L. Nesbit qui en juillet 2009 conseillait le gouvernement américain en ces termes :

«Il ressort à présent que l’accord de Ouaga IV, (le quatrième accord appelé Accord Politique de Ouagadougou qui prescrivait que le désarmement doit précéder les élections) est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré (Président du Burkina Faso) et Laurent Gbagbo en vue de partager le contrôle du nord jusqu’au lendemain de l’élection présidentielle en dépit du fait que le texte en appelle aux Forces Nouvelles de restituer le contrôle du nord du pays au gouvernement et d’achever le désarmement deux mois avant la tenue des élections…

« Mais en attendant la création d’une nouvelle armée nationale, les 5 000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être ‘’désarmés’’ et regroupés dans des casernes dans quatre villes clés du nord et de l’ouest du pays représentent une sérieuse force militaire que les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) ont l’intention de maintenir bien formée et en réserve jusqu’au lendemain de l’élection. La cession du pouvoir administratif des FAFN aux autorités du gouvernement civil est une condition sine qua non pour les élections, mais comme le confirment des voyageurs dans le nord (y compris le personnel de l’ambassade), les FAFN maintiennent un contrôle absolu de la région en particulier en ce qui concerne les finances.»

Les victimes

Le fait que les ‘’conditions préalables à l’organisation des élections’’ n’aient pas pu être mises en place augurait de sa finalité. Le ‘’contrôle’’ du nord par les forces rebelles dont a fait mention l’ambassadeur Nesbitt préfigurait l’issue des élections présidentielles de 2010.
Similairement, il a été fait usage de la ‘’puissance militaire’’ de la rébellion, que l’ambassadeur Nesbitt a mentionnée, pour asseoir la victoire de Ouattara en tant que président de la Côte d’Ivoire. C’est donc à juste titre qu’au plus fort de la crise postélectorale, Laurent Gbagbo s’est écrié : «On m’a trahi!» En fin de compte, cette crise a fait un grand nombre de victimes. Il y a en premier chef l’Union Africaine. Les événements tragiques survenus en Côte d’Ivoire ont confirmé la marginalisation de cette Union quant à son aptitude à venir à bout des plus grands défis auxquels l’Afrique se trouve aujourd’hui confrontée. Bien au contraire, l’UA a ainsi plutôt légitimé l’intervention et l’aptitude de ces grandes puissances à relever lesdits défis en faisant usage de leurs différentes forces militaires pour légitimer leurs actions de persuasion des Nations Unies à autoriser leurs propres interventions égoïstes en Afrique.

L’Organisation des Nations Unies est également une autre victime. Elle a irrémédiablement sapé son autorité en tant que force neutre dans la résolution des conflits internes tels que celui qui vient de se dérouler en Côte d’Ivoire. Il est à présent difficile pour l’ONU de convaincre l’Afrique et le reste du monde en développement qu’elle n’est pas un simple instrument à la solde des grandes puissances du monde. Cela a confirmé l’urgence de la nécessité d’une restructuration de cette organisation sur la base du point de vue selon lequel dans sa structuration actuelle, l’ONU n’a aucun pouvoir pour agir en tant que véritable représentant démocratique de ses états membres.

Ainsi, les événements survenus en Côte d’Ivoire pourraient, de plusieurs manières, servir de base pour ce qui est de l’urgente nécessité de redéfinition du système des relations internationales.

Par leurs agissements, les grandes puissances ont mis à nue la triste réalité de l’équilibre et de l’abus de pouvoir en période post-Guerre froide et ont fait leur la thèse fictive selon laquelle elles respectent l’autorité de la loi dans la conduite des relations internationales, même telles que définies par la charte des Nations Unies, et que, en tant que démocrates, elles respectent les points de vue des peuples du monde.

Il faut seulement espérer que Laurent Gbagbo et le peuple ivoirien ne continuent pas de payer le lourd tribut d’abusés et de victimes d’un système global qui, dans la quête de ses intérêts, tout en criant haut et fort les droits universels de l’homme, ne cherche en réalité qu’à perpétuer la domination de la masse par un groupuscule qui a à disposition la prépondérance du pouvoir politique, économique, militaire ainsi que le pouvoir des média.

Les événements pervers et venimeux qui ont affligé la Côte d’Ivoire posent là cette question pressante: Combien de cas flagrants d’abus de pouvoir l’Afrique et les autres pays en développement du monde devront-ils encore subir avant l’avènement d’un véritable système démocratique de gouvernance globale ?

In Magazine NewAfrican

Jacob Zuma Critiqué par son parti sur sa politique en Libye

Zuma as-tu oublie l’histoire ?

De Bobby Clarke de Clément Payne Mouvement, et Party People Empowerment de la Barbade

La critique du président Zuma sur sa prise de position aux Nations Unies par rapport à la Résolution 1973 sur la Libye est bien appuyée par notre organisation à la Barbade et je suis sûr que par les autres organisations dans les Caraïbes par rapport à la position de Zuma soutenant la résolution 1973.

Le Congrès national africain avec des dirigeants comme Albert Lithuli, Nelson Mandela, Winnie Mandela, Govan Embeki, Walter Sisulu, Mama Albertina Sisulu, Steve Biko etc qui ont combattu pour la libération du continent africain et soutenu financièrement et moralement par Muammar Kadhafi et Fidel Castro … etc doivent être abattus par les attitudes honteuses du président Jacob Zuma.

Jacob Zuma doit reconnaître sa hâte indécente soutien des Nations Unies dans la Résolution 1973 qui a été élaboré avec la collaboration de l’Organisation des Nations impérialistes des États-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

Comment un dirigeant Africain, qui connait l’histoire de l’esclavage des peuples africains, la criminalité des pays européens peut être d’accord avec l’Organisation des Nations Unies pour appuyer l’invasion de l’Afrique par l’Europe meurtrière et de plus contre Mouammar Kadhafi ?

La vérité sur le soutien de Mouammar pour la lutte pour l’indépendance des pays africains avec particulière référence à l’Afrique du Sud avec un fort soutien militaire de Cuba devrait avoir créé dans l’esprit de Jacob Zuma la nécessité de s’assurer que les pays impérialistes ne puissent  plus terroriser et contrôler nos pays africains.

Quand le président Zuma a informé son représentant des Nations Unies à voter pour une zone d’exclusion aérienne en Libye « Résolution 1973 », il aurait dû et aurait du savoir  avec la Chine que la résolution était corrompu et baisée.

Le Président Zuma  doit savoir comprendre ce qu’est une zone d’exclusion aérienne signifiait? A-t-il regardé les résolutions des Nations Unies contre l’Irak pour une zone d’exclusion aérienne? A-t-il compris une zone d’exclusion aérienne signifiait qu’aucun avion ne doit survoler la Libye ou venir attaquer le  peuple libyen?

Zuma  a-t-il discuté de ce principe avec les président Barack Obama, Sarkozy, et le Premier ministre Cameron et arriver à une conclusion avec eux qu’ils veillent à ce qu’aucun des avions même non libyens la face?

Notre frère Julius Mulema,  président de ANC Youth Leader doit être salué pour avoir cette position avant toutes les nations africaines et les forces progressistes du monde.

Bien que le gouvernement Chinois tente maintenant de mettre les forces de la Libye ensemble pour essayer de résoudre le problème, il faut bien comprendre que seule l’Union africaine sous la direction de l’Afrique digne, sans l’influence de l’Europe et de l’Amérique du Nord doivent s’asseoir ensemble et faire face aux positions actuelles.

Il est bien connu que la Libye a le plus haut niveau de vie en Afrique, dans la plupart de l’Asie, dans certaines parties de l’Europe, dans certaines parties de l’Amérique du Sud, et par conséquent  il n’était pas nécessaire de tenter  le renversement du gouvernement de la Libye.

Dans les années 1990 le gouvernement américain a produit un document rédigé par John Negroponte, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et Karl Rove, appelé le siècle américain, dans lequel il disaient qu’il fallait poursuivre la domination américaine. Le complexe militaro-industriel des Etats-Unis d’Amérique devait  pour atteindre cet objectif, renverser les  gouvernements de l’Irak, l’Iran, Syrie, Liban, Libye, Somalie, et Soudan.

Il faut bien comprendre que, en 2009, après les discussions avec Kadhafi et  le Premier ministre d’Angleterre, Tony Blair, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi, le président de la France, Nicolas Sarkozy, le secrétaire d’État des États-Unis, Hilary Clinton, a reconnu explicitement que la Libye et le colonel Kadhafi n’ont jamais été un état terroriste.
Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, un projet de loi a même été voté à l’unanimité par les deux chambres du Congrès des États-Unis pour fournir à la Libye de la technologie. Néanmoins au début de 2011, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont quand même décidé que la Libye, le colonel Mouammar Kadhafi était  un mauvais pays et la direction de la Libye devraient être changée.

Nous avons soutenons donc Julius Mulema dans son attaque du président Jacob Zuma, qui a omis de reconnaître l’histoire du peuple noir et de son pays l’Afrique du Sud.

Nous exigeons que l’Union africaine présente une résolution aux Nations Unies  pour :

a) arrêter toutes les attaques de l’OTAN sur la Libye

b) la suppression de l’embargo sur la Libye et le rétablissement du survol de son espace aérien.

c) la libération de milliards de dollars saisis par les Etats-Unis et l’Europe afin qu’ils reviennent au peuple libyen.

d) respecter les droits des peuples africains afin qu’ils déterminent leur destin.

Traduction de l’anglais par Afrohistorama

Perou : Humala Président : Les yeux retrouvés de l’indien – Alliance antiaméricaine envisageable, avec la Bolivie ou le Venezuela ?

Nous l’avions prévu. Ollanta Humala, chef de l’ancien Parti National Péruvien, qui va avoir 49 ans le 27 juin, a été élu à la Présidence du Pérou, sous l’étiquette d’un nationalisme de gauche, faite d’une coalition hétéroclite de petits partis extrémistes et modérés, intitulée Gana Peru. Il sera officiellement investi le 28 juillet, date de la célébration de la fête nationale.

Ollanta Humala succèdera, ainsi, à Alan Garcia, l’ancien ami et élève de François Mitterrand à la Sorbonne qui, après un premier mandat « révolutionnaire » (1985-1990), où il s’était opposé aux diktats du FMI sur le recouvrement de la dette en nationalisant les banques et en créant une hyper inflation à quatre chiffres, avait fomenté le terrorisme du Sentier Lumineux et plongé le pays dans la violence de la guerre civile pendant plus d’une décennie. Alan Garcia, pourtant impopulaire, avait été réélu en 2006, comme un moindre mal devant le saut dans le vide que représentait, déjà à l’époque, le candidat nationaliste, Humala.

Le Pérou, qu’il laisse à son ancien rival, est un Pérou en pleine croissance (+7% depuis le début de l’année avec une moyenne durant son mandat de +5%), porte d’entrée, depuis Fujimori, des investissements asiatiques en Amérique du Sud, mais aussi, points négatifs, un pays qui figure parmi les cancres de l’Amérique du Sud pour la piètre qualité de son système éducatif, ses bas salaires ou l’étendue de son secteur informel de l’emploi (73%), pourtant véritable soupape de sécurité de la misère et de la pauvreté dans les zones urbaines périphériques de la capitale.

A propos d’Alan Garcia, Wikileaks, la voix officieuse de l’Amérique des renseignements, avait parlé d’un « ego colossal », nous rappelant celui démesuré du délinquant sexuel, Dominique Strauss-Kahn. Pendant la campagne électorale, la rhétorique triomphaliste de l’ancien président péruvien avait insisté sur ses résultats économiques productivistes, les grands travaux publics entrepris sous le slogan d’El Peru Avanza. Reconnaissons, quand même, qu’Alan Garcia réussit, dans son second mandat, à diminuer la pauvreté, en faisant passer les chiffres de 49% en 2005 à 30% en 2011.

Or, Ollanta Humala a été élu par les pauvres et il aura pour priorité de redistribuer les fruits de la croissance (8,7 % en 2010), dans un des pays qui reste l’un des plus inégalitaires du monde. Curieusement, dès la proclamation des résultats officiels, comme d’ailleurs tous les outsiders péruviens parvenus au pouvoir ces dernières années (Fujimori, Toledo), le nouveau Président péruvien s’est empressé de rassurer Washington, ambassade incontournable à Lima, les investisseurs étrangers (israéliens et asiatiques), très présents dans le pays, et les élites financières et bancaires.

Pourtant, ses militants ne souhaitaient-ils pas, dans des meetings très enflammés, nationaliser les entreprises étrangères, « tuer les homosexuels », « exproprier les riches » et « expulser les étrangers » en prenant modèle sur la révolution bolivarienne ?

une possible alliance Perou, Bolivie et Venezuela

Elu par le Pérou amérindien, spectaculairement sous-développé

Distribuer les fruits de la richesse aux pauvres et aux démunis, c’est sur cette promesse quelque peu démagogique qu’Ollanta Humala a été clairement élu ! Il l’a, d’ailleurs, été plutôt bien (51,4% des suffrages), preuve qu’il a forcément reçu l’appui des classes moyennes, c’est-à-dire d’un vote modéré qui lui manquait entre les deux tours. Les classes moyennes sont restées en réalité sceptiques jusqu’au bout sur le retour au pouvoir du clan Fujimori, représenté au second tour par sa fille aînée, Keiko.

Ces classes moyennes ont sans doute été rassurées par les derniers discours, modérés et moins révolutionnaires du candidat de Gana Peru. Comme qui dirait, le nationaliste enflammé a su mettre de l’eau dans son vin ! Même le prix Nobel de littérature 2010, le libéral Mario Vargas Llosa, semblait avoir pris acte du second tour du 5 juillet (il avait soutenu l’ancien président, Alejandro Toledo, au premier tour), en déclarant « tout sauf Keiko Fujimori, qui serait une véritable catastrophe pour le pays ! ».

Et il ajouta que, « sans joie et avec beaucoup d’inquiétudes, je vais voter pour Humala ». Le père de Keiko Fujimori, Alberto Fujimori croupit, quant à lui, dans une prison péruvienne où il purge une peine de vingt cinq ans d’incarcération, pour violation des droits de l’homme et délits de corruption.

Le soir de l’élection, devant quelques milliers de supporters, venus célébrer sa victoire sur la place Dos de Mayo de Lima, Humala déclara : « La tâche sera difficile, mais je travaillerai à unir le peuple péruvien sans aucun type de discrimination », formule anodine mais destinée à calmer les peurs et les rancœurs nationales. Ollanta Humala a été élu par le Pérou de l’intérieur, celui des Andes ou de l’Amazonie, le Pérou amérindien, spectaculairement sous-développé (60% de pauvreté dans les zones andines avec de gros problèmes de malnutrition infantile et de désenclavement).

Le vote Humala représente le vote des exclus, le vote des gens de la montagne et de la forêt, des gens « cuivrés », le vote cholo comme, péjorativement, on l’appelle là-bas. Mais il nous faut, contrairement à la plupart des commentateurs français, nuancer et relativiser ce vote car, en réalité, le vote cholo, le vote indien a toujours marqué les élections péruviennes depuis l’échec de Mario Vargas Llosa contre Alberto Fujimori en 1990.

En fait, les cholos constituent la nouvelle classe économique péruvienne, les nouveaux riches, les « rois de la papa » (de la pomme de terre). Et eux non plus, ne sont pas près à partager leurs richesses ou à payer leurs impôts, petit sport national ! Si le vote « indien » a, depuis les années 1990, porté à chaque fois des candidats atypiques au pouvoir, les outsiders des partis politiques traditionnels devenus quasi inexistants, il n’a vraiment rien changé dans la répartition des richesses. Le pouvoir reste, par exemple, indirectement dans les mains des militaires dont, d’ailleurs, la famille Humala est issue. un leader de l’identité indienne.

Ollanta Humala : personnalité de gauche nationaliste

En effet, Ollanta Humala est un ancien militaire, formé à l’école de Chorillos de Lima. Il s’était rebellé, à la tête de son unité d’artillerie, contre l’ex-président Alberto Fujimori et fut même accusé d’exactions sanguinaires (exécutions, enlèvements, torture) contre les populations civiles dans la lutte antiterroriste  dans la zone chaude de Madre Dia, zone « rouge » de la Selva Baja, repère du narcoterrorisme et des maoïstes. A un moment du second tour, Wikileaks tenta de déstabiliser, sans succès, la campagne, en ressortant cet épisode connu du soldat Ollanta par son câble n°51973 du 26 mai 2011, où il était écrit que « le capitaine Carlos Ollanta Humala a, « probablement », commis des crimes contre l’humanité en 1992 dans la zone de Madre Mia ».

Plus précisément, Humala est issu d’une famille moyenne d’Ayacucho, une ville andine du centre du pays, qui fut l’un des foyers du Sentier Lumineux et du Mrta, adeptes de l’impôt révolutionnaire et de la production de cocaïne. Par cette famille, engagée politiquement, il fréquenta très tôt les milieux anti-terroristes, c’est-à-dire les paramilitaires. Parler alors de « personnalité de gauche », comme on le fait, souvent en France, pour caractériser Humala, nous semble donc excessif.

Sous nos latitudes, horror horribilis, il serait considéré plutôt comme un fasciste, issu de la révolution nationale (le Président Velasco des années 70) et de l’ethnocacérisme. L’ethnocacérisme est une idéologie nationaliste provenant d’une interprétation de la figure patriotique d’Andres Avelino Caceres, général péruvien du siècle passé, héros de la guerre de résistance nationale contre le Chili.

L’ethnocacerisme postule la suppression du Chili, une identité spécifique et homogène du Pérou, « l’ethnie autochtone des Péruviens ». L’identité péruvienne est, pour eux, forcément indienne. Or, cette identité est forcément fantaisiste dans un pays aussi métissé que le Pérou que, d’ailleurs, le grand écrivain quechua, Jose Maria Arguedas, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance, caractérisait comme un « crisol de razas », un « creuset de races «.
Le  mouvement cacériste a été fondé par le propre père de Humala, Isaac Humala, curieux personnage de formation marxiste-léniniste, à la fois adorateur de Lénine de Staline et de Hitler, lecteur de Spengler, proche des paramilitaires et de la droite racialiste et fondateur d’un Institut des Etudes Ethnogéopolitiques, qui substitue à la lutte des classes le concept de lutte des races.

Un quasi plébiscite ethnique et populiste 

Ce qui est certain c’est qu’Ollanta Humala a été très influencé par ce père autoritaire et charismatique, qui l’obligea, avec son frère, à opter pour la carrière militaire dans la perspective ouvertement affichée et planifiée, par tout le clan familial, de réaliser un coup d’état politique, de prendre, un jour, le pouvoir à Lima. Ainsi, Ollanta Humala aura réussi ce pari, fou, de devenir président de la nation péruvienne, mais finalement, de manière légale et par les discours, en se vantant de n’être « ni de droite ni de gauche mais d’en bas » !

Clairement d’’extrême droite durant sa jeunesse mouvementée, Ollanta Humala s’était proclamé, en 2006, bolivarien et partisan de Chavez contre Alan Garcia, ce qui lui avait valu sa défaite électorale aux élections de 2007. Aujourd’hui, il dit s’être rangé du côté d’une gauche alternative et modérée, celle du brésilien Lula. Bref, un itinéraire assez changeant et modulable à merci, presque pragmatique, pour ne pas trop inquiété les USA.

Le vote pour Humala n’a, donc, rien à voir avec un vote socialiste ou bolivarien, mais représenterait plutôt un vote ethnique et populiste comme celui de Morales en Bolivie, le vote ethnique de l’autre Pérou, le vote populiste du peuple andin et amérindien. Notons que ce vote ethnique a pu s’exprimer, en 2011, grâce à la bénédiction surprenante des intellectuels de gauche, tous inquiets du possible retour avec Keiko Fujimori d’un fujimorisme autoritaire et ultralibéral, pourtant impossible dans le contexte de crise internationale des années 2010. Les Indiens majoritaires représentent 45% de la population péruvienne mais ils sont trop souvent écartés des rouages du pouvoir au profit des métis et des blancs.

Si l’on regarde la répartition du vote Humala, elle est déconcertante : dans les régions d’Arequipa, de Cuzco, de Huancavelica et d’Ayacucho, par exemple, toutes situées dans les montagnes, Humala réalise, au second tour, des scores souvent supérieurs à 75%. A Puno (au sud-est, près de la frontière bolivienne), il totalise même plus de 77%, la ville et toute sa région étant, il est vrai, comme Arequipa au Sud, de tradition rebelle et même séparatiste.

C’est là, selon la tradition, que Manco Capac, le premier Inca, serait sorti du lac Titicaca sur les ordres du dieu Soleil pour fonder l’empire du Tahuantinsuyo, le fameux empire inca, dont la bannière arc en ciel est souvent confondue, par les touristes incultes, avec la bannière gay !

La fin du modèle libéral péruvien ?

Le plus curieux est que les élites économiques du pays feignent la surprise, alors qu’elles auraient du voir venir ce grand retour populiste péruvien, retour du balancier marqué ces derniers mois par d’innombrables conflits sociaux. Elles auraient du comprendre que, après l’affaire inadmissible et très mal gérée du massacre de Bagua en 2009, où Alan Garcia avait donné l’ordre de tirer sur les manifestants indiens en lutte pour leurs terres, toute l’élite blanche et militaire de Lima s’était discréditée, tandis que le pouvoir central s’était coupé définitivement et, pour longtemps, de la province.

Le modèle libéral péruvien, mis en place par les Présidents successifs du Pérou, de Fujimori à Alan Garcia, par la libéralisation des frontières commerciales et les détaxations, les privatisations et les zones franches n’a pas cessé d’être perçu comme le modèle autoritaire d’une oligarchie politico-économique, qui brille par son absence de concertation avec le peuple des campagnes et les déshérités des bidonvilles de la capitale. La décentralisation, pourtant capitale dans un pays à la tradition jacobine bien ancrée n’a été souvent que vains mots ou opportunités de corruptions diverses.

Le Sud, qui avait été frappé par un violent tremblement de terre en août 2007, n’a toujours pas été complètement relogé malgré les aides internationales qui se sont perdues on ne sait où. Or, le libéralisme économique appliqué au Pérou est celui du modèle international en vigueur partout, celui que les Occidentaux cherchent à exporter en Afrique du Nord ou à imposer par la force en Grèce, demain au Portugal et en Espagne.

Ce modèle, il faut le souligner, n’est pas intéressé par les libertés politiques et la redistribution des richesses. Il ne souhaite pas le dialogue avec les secteurs populaires. Ce modèle n’est pas en soi démocratique.

Du coup, cette posture radicale du mondialisme ne peut qu’engendrer et récolter ce qu’elle a semé : le réveil des peuples et le populisme national, le protectionnisme et la fierté patriotique, le nationalisme révolutionnaire ou l’autogestion libertaire, l’élan démocratique populaire.

Rassurer l’oligarchie sans décevoir les pauvres

Ollanta Humala suscite un immense espoir, celui du partage des richesses immenses du pays (tourisme, minier, agricole, pêche), mais son grand défi sera  d’y répondre sincèrement et de mettre en place les politiques concrètes bénéficiant aux pauvres, qui ont largement voté pour lui. Il lui faudra rendre le Pérou plus juste et intégré socialement et pas seulement internationalement, à travers les alliances pro-américaines (l’Alena).

D’ailleurs, le Pérou rejoindra-t-il l’Alba, alliance bolivarienne de l’Amérique latine ? On l’espère peut-être, mais on peut en douter, tant les pressions américaines seront grandes ! Le Pérou dépend, pour la restructuration de sa dette commerciale, du bon vouloir des Etats-Unis et, en particulier, de l’aide conditionnée par ces derniers à la lutte contre l’éradication de la production de cocaïne. Les Etats-Unis disposent de bases militaires, non officielles, dans la forêt amazonienne péruvienne, bases qu’ils envisagent sérieusement de développer, à la fois pour contenir l’Equateur, la Bolivie et le Venezuela, et contrôler les réserves d’eau du poumon vert de la planète.

Dans les premiers jours qui suivirent la victoire d’Ollanta Humala, on a vu ce que cherchait avant tout le nouveau Président : amadouer les investisseurs et les marchés car, depuis des semaines, nombre de Péruviens aisés ont sorti leurs capitaux du pays, vers Miami. La Bourse de Lima a suspendu ses opérations après la proclamation officielle des résultats : elle venait d’enregistrer sa plus forte baisse de l’année (-8,71%). Il s’agit pour Humala, non plus de convaincre simplement le peuple péruvien et ses électeurs, pour disposer d’un appui social (car cet appui populaire, il l’a  incontestablement), mais de garantir au monde économique et à l’élite que l’on ne touchera pas trop à ses intérêts.

L’oligarchie attend d’ailleurs, avec impatience et grande inquiétude, le nom de la future équipe gouvernementale. L’idée serait, apparemment, de reprendre l’ancienne équipe (centriste) d’Alejandro Toledo, Président péruvien de 2001 à 2006, des gens comme l’ancien ministre de l’Economie assez intègre, Fernando Zavalla, l’économiste Kurt Burneo. Ce personnel politique avait d’ailleurs rejoint, entre les deux tours, l’équipe Humala. Elle constitue de vraies garanties pour les élites. Mais, avouons que, pour le peuple, cette équipe ne brilla pas par des initiatives et des réformes hardies, pourtant nécessaires au pays.

Ollanta Moïses Humala signifie, en aymara, « le guerrier qui voit tout » mais, à notre avis, surtout son intérêt immédiat ! Son frère, Antauro Humala, plus  extrémiste et exalté, en serait presque plus honnête. Nous aimerions demain pouvoir nous tromper ! Par sa solide formation dialectique et matérialiste, il saura, sans doute, s’accommoder de nombre de situations tangentes et des liens souvent nécessaires, dans le pays, avec les narcotrafiquants.

Même si le pays n’est pas le premier producteur de cocaïne, il reste le principal exportateur de la poudre blanche dans le monde, en raison du faible niveau de ses saisies. En somme, nous craignons un peu qu’il ne soit, comme l’on dit au Pérou, qu’ « un vivo » (qu’un « profiteur ») ! Enfin, il est à craindre que dans des tensions, toujours présentes avec les voisins équatoriens ou surtout chiliens, Humala ne s’emporte et cherche, s’il est coincé un jour, durant son mandat, par des scandales financiers et politiques toujours récurrents en Amérique latine, l’aventure extérieure.

La France a une carte à jouer

Le couple présidentiel – Humala est marié à Nadine Heredia, ancienne étudiante en sciences politiques qu’il avait rencontrée à la Sorbonne (Paris I) et dont il a trois enfants – est francophile. La France, dont la dette du commerce extérieur a atteint des sommets en avril (7,144 milliards d’euros), saura-t-elle passer outre ses réticences idéologiques ? Saura-t-elle enfin nommer en son ambassade du personnel compétent et non caractériel ? Pourra-t-elle activer son entreprenariat au Pérou, pays si prometteur, en tissant avec lui des liens solides ?

Le programme de Humala promet de lutter contre la corruption, de mieux répartir la richesse, de taxer les produits miniers (or, argent, cuivre, zinc) et les hydrocarbures (gaz et pétrole), d’augmenter les salaires, d’instaurer la retraite à 65 ans, la sécurité sociale pour tous, mais aussi le protectionnisme, une démocratie décentralisée et participative. Il lui faut, avant juillet, forger des alliances au Parlement, où son parti ne dispose que de 47 sièges sur 130.

Avec de telles promesses, le peuple péruvien attend forcément Humala au tournant. Espérons qu’il ne soit pas encore déçu par la « grande transformation » sociale promise ! Il est vrai que si Humala a policé son image médiatique, il ne semble pas être revenu, en effet, sur ses fondamentaux. Une nouvelle alliance antiaméricaine, avec la Bolivie ou le Venezuela, est-elle alors envisageable, alliance qui affaiblirait encore plus les Etats-Unis et servirait indirectement nos intérêts européens ?

Posté par Michel Lhomme sur METAMAG

LIBYE : Les ambigüités de Berlusconi

Contre toute attente, l’Italie de Silvio Berlusconi réclame un cessez-le-feu en Libye. Les Français sont en furie, d’autant que Mouammar Kadhafi est de plus en plus lâché par ses amis. Derniers en date, les Chinois qui viennent de lui infliger un revers diplomatique en recevant à Pékin Mahmoud Djibril, considéré comme le « ministre des Affaires étrangères » du Conseil national de transition (CNT), mis sur pied par les opposants de Benghazi.

La nouvelle est très amère pour Kadhafi : le chef de la diplomatie chinoise, Yang Jieshi, a affirmé que désormais, pour Pékin, les insurgés libyens sont des « interlocuteurs importants ». Jusque-là, on considérait les réticences de la Chine à apporter son plein soutien aux efforts déployés par les Occidentaux pour chasser Kadhafi, comme l’un des facteurs du maintien du Guide libyen, en dépit même des raids aériens de l’OTAN.

La position chinoise qui se veut ferme, pourrait signifier que Pékin considère désormais que les jours de Kadhafi sont comptés. Le revirement chinois pourrait aussi inspirer davantage le camp russe, et ouvrir la voie à l’adoption d’une résolution susceptible de pousser la coalition à vouloir en finir totalement avec le leader libyen. La récente réélection de Ban Ki-Moon pourrait même faciliter les choses. Comme il le reconnaît lui-même, Kadhafi a aujourd’hui le dos au mur. A ce jour, une dizaine de gouvernements ont reconnu le CNT comme étant le seul représentant légitime du peuple libyen. Mais le chef de la Jamahiriya libyenne populaire et socialiste, a aussi ses alliés dans le camp occidental.

En effet, s’exprimant devant la Chambre des députés à Rome à propos du dossier libyen, le chef de la diplomatie italienne a souligné, mercredi dernier, qu’un cessez-le-feu constitue la première étape de la négociation politique. Selon lui, un gel de l’activité militaire est aussi « fondamental pour permettre une aide humanitaire immédiate ». Ces propos du camp Berlusconi ont contrarié Français et Britanniques. Au Quai d’Orsay, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a soutenu qu’il faut intensifier la pression sur Kadhafi. Pour Bernard Valéro, « toute pause dans les opérations risquerait de lui permettre de gagner du temps et de se réorganiser ». Un porte-parole de David Cameron, chef du gouvernement britannique, a, lui aussi, soutenu que pour le moment, la bonne approche est « d’accentuer la pression sur Kadhafi ».

Des divergences existent donc au sein des pays membres de la coalition internationale. Elles apparaissent au fur et à mesure que se dessine l’après-Kadhafi. Les tâches de reconstruction et le contrôle des riches puits de pétrole aiguisent les appétits. Or, on le sait : les Occidentaux ne s’engagent pas, et ne s’empressent pas pour rien dans les dossiers internationaux. Certains d’entre eux ont de véritables appétits de Pantagruel. De quoi semer la panique dans les rangs. Sinon, comment expliquer les récentes sorties des ministres du président du conseil italien à propos de la Libye ? Ces derniers temps, une certaine anxiété était perceptible à Rome.

L’Italie, ancienne puissance coloniale, chercherait-elle à préserver son pré carré, à la veille du départ du leader libyen ? Par les temps qui courent, difficile en effet d’ignorer les liens politiques et économiques entre les deux pays, en particulier la présence du clan présidentiel libyen dans les milieux d’affaires italiens. Par le passé, un des fils de Kadhafi ne s’était-il pas illustré dans la prise d’actions au niveau de grands clubs italiens de football ? Quel deal lierait-il Berlusconi à Kadhafi ? Le président du conseil italien aurait-il trouvé un compromis avec le célèbre « Guide » libyen pour mettre fin à la guerre, et par ce biais même redorer son propre blason terni ces derniers temps dans l’actualité italienne ? Dans une telle hypothèse, jusqu’où Berlusconi serait-il prêt à aller ? Offrir l’asile au colonel libyen, ce dirigeant en sursis ? Quelles chances donner aux négociations par cette prise de position ?

Le camp Berlusconi, par sa prise de position, rejoint ainsi l’Union africaine (UA) dans ses incohérences. L’organisation panafricaine a toujours estimé qu’en l’absence de résultats militaires, les puissances occidentales allaient devoir accepter son plan prévoyant également un cessez-le-feu. Parallèlement, l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), qui réunit 57 Etats, a aussi dépêché une mission de médiation en Libye. Elle se rendra à Benghazi et à Tripoli. Quels facteurs ont-ils pu influencer le président du conseil italien dans sa prise de position ? Le pétrole libyen ? La situation nationale en Italie où Berlusconi se trouve dans une mauvaise posture ? L’inconfort de Nicolas Sarkozy dans les sondages à moins d’un an de la présidentielle en France ? Berlusconi voudrait-il régler des comptes à un « partenaire » devenu insatiable et difficile au moment où, l’Italie, acculée, paie au prix fort l’afflux incontrôlable d’immigrants venus de Libye ?

Par son obsession, son acharnement à vouloir demeurer à la tête de son pays, Kadhafi montre qu’après quarante ans de pouvoir, il ne conçoit toujours pas que son pays ait changé. Les jeunes ne se reconnaissant pas en lui, il n’est pas sûr en cas d’élections réellement démocratiques, transparentes, propres et équitables, qu’il obtiendra les faveurs de la majorité de ses compatriotes. Le comble c’est que le roi Idriss 1er ( ?) qu’il a chassé du pouvoir après un coup d’Etat, n’aura pas autant régné que lui. Un vrai monarque des temps modernes.

Parvenu à la tête de la Libye alors qu’il n’avait pas lui-même 30 ans, le voilà qui va se faire chasser comme un malpropre. Ceci, après avoir été gagné par la boulimie du pouvoir comme tant d’autres dirigeants africains. On se demande d’ailleurs pourquoi le leader libyen aime-t-il tant à pinailler alors que tout se désagrège autour de lui ? Pourquoi continuer à clamer « sa » petite vérité, sachant bien que jamais l’OTAN ne renoncera à sa proie, et que lui, n’a plus la force d’antan ? Kadhafi compte peut-être sur les ambigüités du régime Berlusconi pour se sortir du trou. Mais dans ce qui apparaît comme une ruse de guerre entre partenaires ennemis occidentaux, y gagnera-t-il vraiment ? Car, autant la position italienne met à nu les dissensions entre Etats membres de l’Otan engagés militairement en Libye, autant elle traduit les relents d’un certain passé colonial. Les sorties des porte-parole de Berlusconi le confirment bien : elles sonnent comme une forme de rappel à ceux qui auraient oublié que la Libye est avant tout une ancienne possession italienne.

« Le Pays »

BENIN : De l’UN à la mouvance, Lehady Soglo ravale ses vomissures et descend pieds joints dans la turpitude

Hier voilé aujourd’hui mis à nu, le ralliement du parti la Renaissance du Bénin (RB) à la mouvance présidentielle est déjà officiel depuis le week-end dernier. Une option prise par le président Léhady Soglo président de cette formation politique qui fragilise davantage ses chances de se voir assis un jour dans le plus prestigieux fauteuil du palais de la Marina.

Avec les derniers développements de l’actualité politique au Bénin, on se rend bien compte de l’incontinence et du manque de conviction de certains hommes politiques. Pour ces derniers, rien ne compte plus que leurs intérêts personnels mêmes les plus minables. Dans le rang de ces « politicards », on retrouve malheureusement le président Léhady Soglo de la Renaissance du Bénin aux premières loges. En effet, depuis plusieurs années ce dernier s’est engagé dans la course pour la Marina avec des résultats encourageants qui donnaient encore d’espoir à la jeunesse béninoise, aux militants et sympathisants de son parti. La mise en place de l’alliance politique dénommée « Union fait la nation » sous ses hospices était bien un grand pas pour son élection à la tête du pays s’il travaillait réellement pour cela. Mais contre toute attente, le fils bien aimé de l’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo a décidé, au nom de la réponse à une prétendue main tendue de renoncer à ce fondement qu’il a pris des années pour poser.

Les vraies raisons de l’échec de Me Houngbédji

Au lendemain de l’échec du candidat unique de l’Union fait la nation, Me Adrien Houngbédji à la dernière élection présidentielle, nombre de voix s’étaient élevées pour pointer d’un doigt accusateur son directeur de campagne, actuel président de la Renaissance du Bénin, Léhady Vinangnon Miton Soglo. Pour les uns, ce dernier n’a pas fait la campagne électorale comme cela se doit aux fins de permettre au candidat unique de l’UN de franchir la barre du premier tour du scrutin. Pour d’autres, les renaissants ont contribué activement à son camouflet pour deux raisons. La première est que le siège de Vidolé qui a servi de direction de campagne pour l’union a été loué à coût de plusieurs millions au candidat Houngbédji. La deuxième estiment-ils, reste la bagatelle somme de 150 millions que le premier adjoint au maire de Cotonou aurait pris chez le candidat malheureux lors des derniers jours de la campagne électorale. Des allégations qui ne sont peut-être pas totalement fausses. Car, lorsqu’on analyse à fond et avec sérieux les agissements de la Renaissance du Bénin et de son président, on se rend compte qu’en réalité il n’ya avait pas de sincérité entre les responsables de l’UN à commencer par ceux de la RB.

Un marché de dupe ?

Si la Renaissance du Bénin rejoint ainsi la mouvance présidentielle, que se passera-t-il en 2013 au cours des élections municipales et communales ? Et en 2016 ? Léhady Soglo aura-t-il toujours le courage de se présenter à l’élection présidentielle ? Si c’était le cas, sous quelles couleurs ? Ces interrogations qui font la préoccupation des populations et observateurs de la vie politique du Bénin doivent également faire réfléchir les responsables de la RB et surtout son président Léhady Soglo. En effet, en s’alliant au régime en place, certains d’entre eux estiment que le chef de l’Etat va garantir la mairie aux Soglo puis soutenir leur président au cours de la prochaine élection présidentielle. Un véritable leurre. Les Houézèhouè doivent commencer par se détromper avant qu’il ne soit trop tard.

En fait, ces types de contrats que le président Boni Yayi a conclu avec les politiciens ont toujours fini mal et même parfois très mal. Les députés G13 de la 5e législature et même certains de leurs homologues des Fcbe en savent quelques choses. Cela est clair que même si le président Yayi donnait son soutien à Léhady Soglo, les cauris au niveau de la base ne l’accepteront jamais. Les injures, les critiques acerbes, les affrontements verbaux et même physiques entre les militants et parfois entre responsables de ces deux partis ne seront pas totalement digérés. Par ailleurs, il a tout été vrai que la mairie de Cotonou intéresse les Cauris. Or, l’entrée des renaissants dans les arcanes du pouvoir crée du coup une fosse entre eux et leurs anciens alliés de l’UN. C’est vraiment dans une situation très compliquée que Léhady Soglo et la RB viennent de se mettre. Aussi vrai que cela puisse paraître, le président de la RB a simplement ravalé ses vomissures.

Prince BOCO, L’autre fraternité