Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Mensuelles: juillet 2011

BENIN : Boni Yayi, le valet de la France

Fin de mission pour le Proconsul de France

Les images du dîner d’adieu offert par Boni Yayi à l’ambassadeur de France en fin de mission largement diffusées par la télévision nationale de service public (l’Ortb) sont parlantes. Nassirou Arifari Bako, le nouveau chef de notre diplomatie qui n’arrive pas encore à rentrer dans le rôle qu’avait magistralement campé Jean-Marie Ehouzou, son prédécesseur, était perdu dans la salle du banquet tout comme le Premier ministre en bras de chemise, style Mandela, pendant que l’ambassadeur et son épouse trônaient à la table d’honneur du chef de l’Etat.

En d’autres temps et, pour d’autres diplomates, c’est Arifari Bako,  entouré de quelques collègues du gouvernement qui aurait dû sacrifier à ce rite. Visiblement sur le cas Besancenot, le chef de l’Etat a voulu lui-même prendre les choses en main. «Hervé», comme il l‘appelait affectueusement est son «ami» et il tenait à le faire savoir «à la  face du monde», comme on le disait à une certaine époque. Justement en parlant d’époque, qu’elle est loin celle où l’on considérait que «la caractéristique fondamentale et la source première de l’arriération de notre pays est la domination étrangère», époque  où les ambassadeurs de France visés par ce bout de phrase du Discours Programme de l’homme du 26 octobre 1972, faisaient profil bas! Il est vrai  que l’anti-impérialisme n’est plus ce qu’il était ! La pseudo révolution est passée par-là et les héros sont fatigués!

A vrai dire, il n’y avait rien de nouveau dans le spectacle gracieusement offert aux téléspectateurs par l’Ortb. Le ton était donné, la veille, 14 juillet, quand Besancenot a été élevé au grade de commandeur -rien moins que cela- de l’ordre national du Bénin. Les relations très cordiales que Boni Yayi entretenait avec Hervé Besancenot sont en effet un secret de polichinelle. Le chef de l’Etat ne s’en est d’ailleurs jamais caché. Tout le monde sait qu’il ne se passe pas de jour ni de semaine où l’ambassadeur n’était pas consulté au téléphone ou reçu en audience  officielle sur tel ou tel sujet de l’actualité politique nationale. Sa silhouette longiligne et son visage de type extrême-oriental étaient plus que familières à la présidence de la République. Là n’est pas le problème. Le chef de l’Etat est libre d’avoir des amis y compris dans le monde diplomatique. Mais ce qui gêne dans le cas Besancenot, c’est le rôle central qu’il semble jouer dans les dossiers d’intérêt national. On sait la part importante qu’il a prise tout au long du processus controversé de l’élaboration de la fameuse Lepi. C’est Besancenot reconduit pour la cause, alors qu’il était en fin de mission qui a œuvré en sous main de concert avec ses autres collègues dont le truculent et affable ambassadeur d’Allemagne pour que la Lepi devienne réalité. Ensemble ils ont encouragé Yayi à tenir bon contre la bourrasque. Ils n’avaient de cesse de dénoncer en privé, comme en public ce qu’ils ont appelé «la surenchère de l’opposition». Cette dernière empêtrée dans ses contradictions a accumulé des erreurs, comme celle d’avoir déserté la Cps-Lepi avec les conséquences que l’on sait. Très malin, le diplomate français s’est bien gardé de se mettre en première ligne. Ce rôle était dévolu à la représentante résidente des Nations Unies qui, au nom de ce qu’on appelle pudiquement « la communauté internationale»,  poussait à la réalisation à pas forcés de la Lepi. Le prétexte était que les fonds débloqués par les fameux Ptf (Partenaires techniques et financiers) ne devraient  pas être dépensés pour rien. L’opposition et la société civile ont beau dénoncer une «Lepi bâclée», rien n’y fit. Besancenot et ses pairs ont choisi leur camp. Il l’a redit ouvertement l’autre soir, avant de féliciter Boni Yayi pour sa «brillante réélection». Lui et ses congénères avaient vu d’un mauvais œil l’alliance éphémère nouée, à l’occasion, par l’ensemble des partis politiques et la société civile pour protester contre les atteintes flagrantes à la démocratie. Ils ont accusé alors la société civile de rouler pour l’opposition. Ce faisant, ils ont semé le doute dans les esprits.  Ce qui n’a pas été pour peu dans l’échec de cette alliance qui aurait pu déboucher, avant la lettre, sur une résistance à la sénégalaise. On a vu pourtant Besancenot et ses collègues défenseurs de la neutralité aux premières loges, lors de l’entrée en fonction de l’ex-superviseur de la Cps Lépi, récompensé pour ses «bons et loyaux services» à la tête de cette structure controversée. Et on s’est brusquement souvenu de ce 4X4 rutilant à l’immatriculation diplomatique qui, le soir de la proclamation des grandes tendances de l’élection présidentielle à la Commission électorale nationale autonome (Cena) est reparti en trombe après y être venu chercher, on ne sait trop quoi.

Au total, Besancenot a  parfaitement joué son rôle, celui de  défenseur  des quelques intérêts français existant encore dans un pays considéré comme marginal –pas de pétrole, ni d’uranium…- dans la sphère d’influence de la France en Afrique et dans le monde. L’impérialisme français a fait sa mue depuis de nombreuses années et les nouveaux représentants de la France ont beau proclamer la fin de la «colonisation de papa», ils ne réussissent pas à  nous convaincre de ce que la France veuille véritablement lâcher l’Afrique ou que le Bénin –suprême outrage à notre peuple- ne représente rien pour la France. Sarkozy qui prétendait lors de son passage à Cotonou, peu avant son élection, ne rien craindre de l’influence grandissante de la Chine, a depuis fait son chemin de Damas. Son intervention musclée en Côte d‘Ivoire et les frappes aériennes en Libye en font foi. La toute fraîche mini-tournée en Afrique du Premier ministre Fillon est symptomatique du léger changement de cap de la diplomatie française. Mais rien n’a changé fondamentalement,  si ce n’est dans le style et la forme. Car aujourd’hui, c’est le pouvoir central français qui s’occupe directement des pays importants de l’ex-pré carré (Côte d’Ivoire, Gabon…). Les diplomates accrédités dans les autres pays et, parfois des ministres importants en visite, se chargent de renforcer les relations privilégiées avec la France y compris en nouant des relations personnelles avec les  dirigeants politiques au plus haut niveau, les acteurs de la classe politique, les médias -pour ne soigner que l’image de la France- et surtout la société civile. Certains pays comme la Côte d’Ivoire sous Gbagbo, le Mali, de Konaré à ATT, refusent le deal. Mais les pays comme le nôtre, dirigés par des présidents sans passé politique, se prêtent de bonne grâce au jeu et quémandent un traitement de faveur à coup de gestes peu patriotiques comme la délivrance de passeport diplomatique de notre pays à… Hortefeux au plus fort de la controverse sur l’immigration dite choisie. C’est de ce point de vue qu’on peut dire que l’ambassadeur Besancenot a parfaitement joué son rôle de… Proconsul. Celui, entre autres, de faire du Bénin –depuis toujours insaisissable- un pays dit  de «démocratie apaisée» comme le Tchad, le Togo, la Centrafrique ou le Congo, où les résultats des élections sont connus, longtemps à l’avance.

Vincent FOLY pour la Nouvelle Tribune

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La République béninoise des mécontents

Heureux pays dont tous les habitants seraient des gens heureux, égrenant, à longueur de temps, leur bonheur. Un tel pays existe dans les envolées lyriques des poètes. Un tel pays existe dans l’imaginaire de ceux qui se laissent aller à bâtir des châteaux en Espagne.

Sinon, tous les pays sur la terre sont aux normes de l’humaine condition. A savoir que la vie est faite des hauts et des bas, que le bonheur et le malheur s’alternent, se relaient voire se confondent. Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front, dit la Bible, sur la terre appréhendée comme « la vallée des larmes ».

Le Bénin n’est ni le paradis ni l’enfer sur terre. Le Bénin, en ce moment, est atteint de sinistrose. Le dictionnaire définit ce mal comme un pessimisme excessif, une disposition à croire que les événements prendront une tournure défavorable. C’est à croire que le Bénin se mue subitement en la République des mécontents.

Les travailleurs de l’administration publique sont mécontents. Ils ont engagé un bras de fer avec le gouvernement, ponctué d’une grève qui paralyse la quasi totalité de nos ministères, au grand dam des usagers qui n’en peuvent mais. Dans le psychodrame qui se joue, les forces de sécurité publique et de défense nationale sont appelées à la rescousse. Qui veut troubler la quiétude des Béninois ? Qui a intérêt à faire couler le sang des Béninois ? Qui prépare des lendemains de deuil et de ruine pour notre pays ?

Tous les partenaires de notre système scolaire sont mécontents, au vu des résultats des examens de fin d’année. Des résultats plutôt catastrophiques. Les parents d’élèves qui se saignent aux quatre veines pour faire face aux frais de scolarité de leurs enfants sont inconsolables. Les enseignants, les autorités académiques qui doivent jauger et juger leur utilité sociale à l’aune de ces piètres résultats, sont dans la gêne. Ceux de nos élèves encore conscients des enjeux de l’heure, soucieux de leur avenir, n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. On dit que « Celui qui ouvre une école ferme une prison ». Mais qu’arrive-t-il quand l’école ouverte devient le refuge des cancres ?

Les cotonculteurs sont mécontents. Ils craignent, à juste raison, que le régime des pluies, cette année, ne fasse pas leur affaire. Or, le coton est au carrefour d’une multitude d’activités. Et l’argent du coton a un effet dopant, dynamisant sur divers petits secteurs qui risquent de s’anémier. Si l’effet levier du coton venait à faire défaut, de nombreux circuits vitaux de développement cesseraient d’être irrigués. De milliers de bouches crieraient alors famine.

Et que dire du marché international de Dantokpa, l’un des pôles névralgiques de l’économie nationale ? La morosité qui y règne commence à durer. On a invoqué, pour expliquer ce passage à vide, les élections au Bénin et au Nigeria, la guerre civile en Côte d’Ivoire. Tous ces événements sont, aujourd’hui, derrière nous. Mais, pour autant, nous ne voyons toujours pas clair devant nous. Des jours vides à l’image des étals et des étagères ; l’espoir en un lendemain meilleur qui tourne à vide, voilà, aujourd’hui, le visage du plus grand marché de notre pays. Et Dieu sait que quand Dantokpa s’enrhume, c’est tout le Bénin qui prend froid.

Des communiqués officiels diffusés sur tous les médias, font état de retard probable dans le paiement des salaires du mois de juillet. Il n’en faut pas plus pour qu’un vent de panique balaie le pays tout entier. Dans ce méli-mélo où Dieu reconnaîtra les siens, les plus pessimistes se sont déjà fait leur religion. Ils soutiennent, avec la foi du charbonnier, que les caisses de l’Etat son vides ; que nous sommes en cessation de paiement ; que l’Etat mettra sous peu, sous le paillasson, la clé du coffre-fort national. Il n’en faut pas plus pour que la peur s’empare des étrangers qui ont déjà choisi la destination Bénin. Il n’en faut pas plus pour décourager d’autres étrangers, investisseurs potentiels. Ils ont tôt fait de corriger leur trajectoire. Ils promettent d’aller voir ailleurs. Voilà ce que nous faisons de notre pays. Un pays accueillant, pacifique et paisible par tradition. Un pays poussé à devenir une République de mécontents par manque de vision et d’ambition.

Jerome Carlos

Libye: la Russie refuse de reconnaître le Conseil National de Transition, l’organe politique des rebelles

La Russie refuse de reconnaître le Conseil national de transition (CNT), instance dirigeante de la rébellion libyenne, comme autorité de ce pays à l’instar des Etats-Unis, a déclaré lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

« S’il s’agit de reconnaître le CNT comme seul représentant du peuple libyen, nous ne partageons pas cette position’, a déclaré M. Lavrov au cours d’un point de presse.

Pour la Russie, cette reconnaissance équivaut à « prendre le parti d’une partie en conflit dans la guerre civile », a estimé le chef de la diplomatie russe.

« Nous entretenons des contacts avec Tripoli et avec Benghazi pour qu’ils fassent preuve d’une position constructive et se mettent à la table des négociations », a dit le ministre russe.

Les Etats Unis ont reconnu vendredi le CNT comme « l’autorité gouvernementale légitime » de la Libye, à l’instar de l’ensemble du groupe de contact sur la Lybie réuni à Istanbul sans la Russie et la Chine qui, bien qu’invitées ont préférer décliner l’offre.

En Libye, s’adressant à des dizaines de milliers de ses partisans réunis à Zlitan, le Guide de la révolution libyenne, le Colonel Mouammar Kadhafi a rejeté la reconnaissance internationale du CNT et a invité la foule à « se mettre cette reconnaissance sous les pieds ».

Avenir sombre pour la Libye : la responsabilité de BHL « le tintin des démocrates »

BHL : « Mes amis de l’OTAN vous offrent ceci. Vous enfournez une dictature par là et de l’autre côté sortira une démocratie. »

« On ne s’impose qu’en s’opposant »

Il est des feuilletons dont on connaît à l’avance l’issue, il en est d’autres qui nous tiennent en haleine. En l’occurrence, le feuilleton libyen a battu tous les records par son imprévisibilité. Voilà un potentat qu’on croyait facilement indéboulonnable après 41 ans de règne sans partage et qui fait contre toute attente de la résistance avec son fameux cri de résistance (zenga zenga, dar dar) ; (Rue par rue, maison par maison) , qui arrive encore à mobiliser plus d’un million de personnes pour aller bouter les insurgés de Benghazi. Pour l’histoire, la résolution 1973 -votée avec la félonie de la Ligue arabe de Amr Moussa qui voulait être dans les bons papiers de l’Occident attendant un retour d’ascenseur pour une éventuelle succession du pharaon aux pieds d’argile qu’était Moubarek – était censée protéger les civils qui sont morts par centaines !!!

Comment a commencé la croisade avec BHL « le tintin chez les diplomates » ?

Christopher Caldwell, rédacteur en chef du Weekly Standard, n’est pas tendre avec Bernard-Henry Levy qui s’avère être l’âme du complot contre la Libye. Nous l’écoutons : « Le philosophe BHL a beaucoup pesé pour que Paris s’engage contre Kadhafi. De grands principes et un opportunisme teinté d’amateurisme qui pourrait faire des dégâts. L’Occident espère désormais, que Lévy ne s’est pas trompé sur la Libye. C’est en effet grâce à lui – ou à cause de lui – que l’Otan est intervenue. Fin février, Lévy a pris un avion pour se rendre à la frontière entre l’Egypte et la Libye, où il est entré en contact avec le Conseil national de transition (CNT) , un groupe d’insurgés de Benghazi. (..) Il a alors téléphoné à Nicolas Sarkozy (son ami depuis trente ans) pour l’engager à soutenir les rebelles par des frappes aériennes. Le philosophe a ensuite organisé à Paris une rencontre entre les rebelles et Nicolas Sarkozy, le 10 mars, et Hillary Clinton a rencontré leur dirigeant officiel, Mahmoud Jibril, quelques jours plus tard dans la capitale française. Le 17 mars, dix membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont voté la résolution 1973, et l’aviation française est entrée en action pour empêcher les chars de Kadhafi d’entrer dans Benghazi ». (1)

« Plus le temps passe, moins ces initiatives semblent judicieuses. (…) L’avenir de Sarkozy dépend désormais de cette question : est-ce Bernard-Henri Lévy ou bien BHL qui l’a poussé à agir ? Lancer un pays dans la guerre après avoir consulté un philosophe d’une haute autorité morale est une chose ; mais le faire sous la pression d’un ami très riche et très influent en est une autre. (…) Il est vrai que l’humanitarisme militarisé de Lévy, contrairement à celui de Bush, suppose l’obsolescence de l’Etat-nation. D’après Lévy, que la Ligue arabe demande de l’aide à l’ONU pour renverser Kadhafi est un fait historique d’une importance capitale. Pourtant, son engagement au nom de la communauté internationale reste flou. (…) La France a beau dire qu’elle occupe une place privilégiée en Afrique du Nord, les soulèvements démocratiques dans la région ont été autant d’humiliations pour elle. Lévy a surtout joué un grand rôle dans la manière dont la France s’est engagée dans la guerre. (…) La France a ensuite rapidement reconnu le CNT comme seul gouvernement légitime de la Libye, suivie par l’Italie et le Qatar. Ce n’était apparemment pas une sage décision. (…) Voilà un homme riche qui assure au reste du monde que la Libye compte d’innombrables démocrates, mais qui agit ensuite en secret pour s’assurer que le contrôle des milliards du pétrole libyen revienne bien à la poignée de démocrates qu’il connaît personnellement. C’est hélas, le genre de démocratie qui fait le lit des dictateurs ». (1)

Le trophée de l’Otan

Au fil des mois, l’Otan s’est illustré surtout dans la morts des civils en toute impunité, notamment les équipages français qui ont tiré les premiers pour avoir la priorité des contrats pétroliers auprès du CNT ont fait une dizaine de morts parmi les civils en juin. L’Otan promet une enquête, on est rassuré…Par ailleurs, on apprend que le « Center for Research on Globalisation », (CRG) , a révélé l’usage, par l’Otan, d’uranium appauvri, en Libye. Mahdi Darius Nazemroaya, chercheur associé au centre, a dit, lors d’un entretien avec Press TV, que l’Otan a commis des crimes de guerre, en ayant recours à l’uranium appauvri. Nazemroaya, qui se trouve à Tripoli, affirme que les chasseurs-bombardiers de l’Alliance bombardent et détruisent les hôpitaux, les maisons et les hôtels.

Selon toute vraisemblance, écrit Nabila Ramdani, c’est un missile français qui aurait par accident tué neuf civils libyens, dont deux enfants, le 19 juin à Tripoli. (…) Il y a à peine plus de trois mois, Nicolas Sarkozy conviait la presse mondiale à l’Elysée pour annoncer le début de son offensive aérienne contre la Libye. Entrant fièrement par une double porte dans un des salons grandioses de l’Elysée, le président français avait déclaré aux journalistes, avec un rictus déterminé, qu’en « ce moment-même » (voix forte, torse bombé et menton levé) , les as français pulvérisaient les chars et les soldats de Kadhafi sur une vague route perdue à l’ouest de Benghazi. Peut-être les Rafale qui s’acquittaient de la tâche étaient ceux-là mêmes que Sarkozy avait tenté de vendre à Kadhafi lors de sa visite d’Etat à Paris, seulement quatre ans plus tôt, mais qu’importe : l’heure était à la célébration d’une initiative martiale bleu-blanc-rouge, non au souvenir d’échecs commerciaux. A écouter Sarkozy, on aurait pu croire qu’il parlait du général Philippe Leclerc et de sa 2e DB, fer de lance de la libération de Paris en 1944. (…) Aujourd’hui, cette même presse hexagonale se fait étrangement silencieuse alors que, selon toute hypothèse, ce serait un missile français qui aurait frappé un pâté de maisons à Tripoli, tuant au moins 9 civils, dont de jeunes enfants, et en blessant des dizaines d’autres. (2)

C’est dire que l’Otan veut sauver des civils en tuant d’autres !!!. En toute impunité, car nous n’avons pas vu une résolution contre l’Otan. Pour l’histoire, cette résolution arrachée par la France et l’Angleterre s’est faite en menaçant la Chine par Arabie Saoudite interposée d’un tarissement du ravitaillement en pétrole et en promettant à la Russie la vente des bateaux de guerre.

Comment expliquer que Kadhafi tienne encore ? « Dans la plupart des pays arabes, écrit Franklin Lamb, le vendredi est un jour de colère contre le gouvernement en place, mais en Libye les prières du vendredi sont suivies par des manifestations massives pro-Kadhafi auxquelles ont participé il y a deux semaines près de 65% de la population de Tripoli. (…) Depuis le début des opérations de l’Otan (le 31 mars 2011) , l’alliance a effectué 15.000 sorties, dont près de 6000 opérations de bombardement – selon les chiffres officiels du bureau de Naples de l’Otan. Les chiffres annoncés pour la journée du 9 juillet sont de 112 sorties et 48 bombardements ou attaques par missiles, ce qui correspond à la moyenne. (…) Les dirigeants russes et chinois sont de plus de plus critiques des actions de l’Otan et exigent à présent un cessez-le-feu immédiat et définitif. (…) » (3)

« Des sources de l’Otan, diplomatiques et du Congrès (US) confirment que l’administration Obama s’est lourdement trompée en pensant que le régime libyen s’effondrerait « en quelques semaines sinon en quelques jours », comme l’avait affirmé Obama au peuple américain qui devra mettre la main à la poche à la hauteur de 5 milliards [chiffre corrigé 16/7 – NdR] de dollars au 31 juillet pour couvrir les coûts de l’opération. L’erreur de calcul d’Obama pourrait lui coûter la présidence, si ce n’est pas la situation économique. (…) Le dimanche 10 juillet, la France semblait se ranger aux côtés des Russes et des Chinois en appelant à l’arrêt immédiat des bombardements inutiles et contre-productifs, alors que de plus en plus de pays connaissent des manifestations contre les actions de l’Otan en Libye. Le ministre de la Défense français, Gérard Longuet a déclaré à Paris qu’il était temps pour les loyalistes à Kadhafi, dont la France reconnaît que leur nombre est en croissance rapide, et les rebelles libyens de « s’asseoir à une table pour trouver un compromis » parce que, a-t-il dit, « il n’y avait pas de solution par le recours à la force ». Le ministre français de la Défense s’était à peine exprimé, en accord avec l’opinion des militaires britanniques et italiens, que le département d’Etat des Etats-Unis publiait une déclaration confirmant que « les Etats-Unis poursuivront leurs efforts en tant que membres de l’Otan pour faire respecter la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU destinée à protéger les civils libyens de toute attaque ». (3)

Amar Djerrad abonde dans le même sens et analyse le rôle des médias aux ordres et qui ont joué les boutefeux, en vain. Khadafi est toujours aussi populaire. « Quelle déchéance ont atteint la plupart des médias occidentaux et leurs alliés arabes comme surtout Al Jazeera de l’émir du Qatar, Alarabia la Saoudienne – que singent idiotement certains autres médias arabes – lorsqu’ils débitent en continu des infos ridicules qui frisent la débilité ! Après 4 mois d’intenses matraquages médiatiques, elles ont épuisé tous les sujets de mensonges. (…) Les articles, images, reportages et témoins « oculaires » de ces chaînes se sont avérés, avec le temps, qu’un tissu de mensonges, y compris les accusations de « bombardements de civils par Kadhafi » qui avaient « justifié » l’agression, comme l’affirment des journalistes, analystes et observateurs sur les lieux. (…) La réalité est que l’Otan avec ses « révolutionnaires » de pacotille – composés de voyous, de truands, de prisonniers libérés de Benghazi et de Guantanamo, d’islamistes graciés, d’éléments de l’Aqmi, de jeunes désoeuvrés et de sots, de félons de dissidence récente, de renégats, d’opposants inconnus de dernière minute- montre des signes d’échec, voire de déroute face à un petit pays (qui n’a jamais agressé quiconque) de 7 millions d’habitants qui vivaient correctement, mieux que beaucoup de pays européens, y compris la France. (…) Faire croire que Kadhafi est trahi de tous côtés ou qu’il n’a plus de « légitimité populaire » est de la désinformation de bas niveau ». (4)

« De plus, il est difficile de faire admettre que toute la population s’était liguée contre lui et du même souffle expliquer pourquoi des centaines de milliers lui manifestent leur soutien, pourquoi il ne craint pas d’armer la population, pourquoi il se permet des tours – en cortège et en voiture découverte – dans les rues et ruelles de la capitale sous les applaudissements de milliers de citoyens dont beaucoup sont armés, pourquoi les habitants de plusieurs agglomérations ont violemment répondu par les armes aux rebelles qui avaient tenté de conquérir leur localité, pourquoi Benghazi et récemment Tobrouk, mais aussi Derna – du tueur « Gambo » que soutient l’Otan – se révoltent. (…) Cette aventure en Libye a mis à l’épreuve les règles internationales de l’ONU qui s’avèrent n’être érigées que pour mettre au pas, par la menace ou la force, les pays qui n’entrent pas dans le giron occidental – c’est-à-dire dans les fondements euro-atlantistes et mondialistes en les obligeant à adopter leurs principes politico-philosophiques – et non pour plus de justice dans le monde après l’effroi de la Seconde Guerre mondiale. (…) L’avenir proche nous le dira. (4)

L’impasse occidentale en Libye

« Pour le capitaine Martin, la guerre en Libye est en train de devenir un problème. Ce n’est pas la guerre-éclair que beaucoup attendaient. A presque quatre mois du début du soulèvement de la « coalition des volontaires », la situation sur le champ de bataille ne connaît pas de changements notables. Bien au contraire, les pays qui promouvaient l’intervention et les résolutions de l’ONU qui lui font lieu de paravent connaissent une agitation symptomatique. En France, l’amiral Pierre-François Forissier, chef d’état-major de la Marine nationale, a exprimé le 10 juin devant l’AJD (Association des journalistes de défense) de sérieuses préoccupations sur l’effet des opérations libyennes sur les ressources techniques et humaines de la marine de guerre. En Italie, le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni a invité son gouvernement à « ne plus gaspiller de l’argent en jetant des bombes ». En Grande-Bretagne, l’armée de Sa Majesté entrevoit la possibilité de ne pas poursuivre trop longtemps la mission à cause des coupes sombres faites à la défense. Les États-Unis ne sont pas en reste et le conflit libyen y provoque une certaine agitation. Le président américain a été accusé par le Congrès d’avoir violé la loi parce qu’avant de donner le top à l’intervention en République libyenne, il aurait dû avoir l’approbation du Parlement (loi sur les pouvoirs de guerre de 1973) . Pour le moment, les opérations militaires en Libye ont coûté aux Etats-Unis la bagatelle de 716 millions de dollars, et devraient atteindre le somme d’1,1 milliard de dollars fin septembre, La France n’aurait quant à elle, déboursé que 160 millions d’euros. (5)

Kadhafi reste… « dans une pièce à côté »

L’heure n’est donc plus au départ de Kadhafi qui renaît peu à peu de ses cendres, mais au dialogue pour un éventuel partage des richesses pétrolières de la Libye, au grand dam du Conseil national de transition, (branche politique de la rébellion) sacrifié sur l’autel des intérêts en plein désert. (…) La détermination de l’adversaire à aller jusqu’au bout est une donnée qu’il ne faut jamais négliger quand on veut prendre de force au nom d’une démocratie dont on n’a que faire, les richesses des autres. S’asseoir donc à la même table que celui contre qui la CPI a lancé un mandat d’arrêt international, pour finir par faire ce qu’on ne voulait pas envisager. (6)

Pour le quotidien conservateur italien, l’aventure libyenne du président français est un échec patent. Même si le Parlement a choisi de reconduire les opérations menées contre le régime Kadhafi, la façon dont elle a été menée n’a pas permis d’atteindre l’objectif fixé. « Kadhafi peut rester, dans une autre pièce de son palais, avec un autre titre. » L’auteur de cette déclaration – aussi surprenant que cela puisse paraître – Gérard Longuet, le ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy. (…) Ainsi conclut le ministre français : « Nous avons demandé aux deux camps de se parler, parce que, selon nous, le moment est arrivé de s’asseoir autour d’une table. » (7)

Il ne faut pas pour autant croire que l’Occident a renoncé à la force en négociant. Les frappes sont toujours là et un forcing est fait pour que le CNT arrive à s’emparer de Tripoli avant le début du Ramadhan qui risque d’être problématique pour la coalition : faire la guerre pendant le Ramadhan est difficilement gérable auprès des opinions publiques. De plus, la réunion d’Istanbul du 14 juillet n’apportera pas la sérénité au peuple libyen , une fois de plus la position modérée de l’Union africaine –C’est un problème libyo-libyen, qui doit être réglé par les Libyens eux même, après un cessez le feu- est marginalisée. Le CNT a arraché une reconnaissance des participants occidentaux , notamment des Etats-Unis. Ce qui est sûr c’est que Khadafi passera la main, par contre des jours sombres se profilent pour une Libye démolie et que l’Occident qui l’a détruite compte reconstruire avec les dollars du pétrole. De plus, la fracture intertribale est plus que jamais d’actualité. Le prochain gouvernement devra choisir entre la légitimité populaire ou l’adoubement de l’Occident, jetant une fois de plus le doute concernant la sincérité occidentale quant au vœu pour l’émergence de sociétés arabes démocrates fascinées par l’avenir. Il n’en sera rien, la démocratie ne peut et ne doit être qu’endogène et tous les satrapes qui cherchent une légitimité à la pointe des canons occidentaux n’ont aucune chance de mener leur pays à bon port.

Chems Eddine CHITOUR sur legrandsoir

Côte d’Ivoire : Mamadou Koulibaly, le 3e homme de la France

Depuis le mardi 11 Juillet 2011 dernier  ce qui était un secret de polichinelle pour les initiés est devenu réalité pour le commun des ivoiriens. Le Professeur Mamadou Koulibaly claque la porte du FPI qu’il a insidieusement voulu faire disparaître de la carte alors que son mentor politique le Président Laurent GBAGBO croupit dans les geôles du sieur dramane ouattara sous préfet fasciste d’Abidjan. Un parricide aurait voulu être commis qu’il n’y en aurait pas meilleure manière.  Le plus amusant ce sont les militants du rdr qui crient victoire croyant que ce qui se passe va affaiblir le Front Populaire Ivoirien dont  l’illustre fondateur Koudou Laurent GBAGBO est devenu un véritable produit marketing panafricain.

Le FPI n’existe plus de fait dans l’inconscient collectif de la grande majorité des ivoiriens tant la renommée du Président GBAGBO lui fait ombrage. Aujourd’hui on parle de pros GBAGBO et non de pros FPI. Le seul nom de GBAGBO suffit à déclencher des hystéries collectives y compris même parmi ses détracteurs les plus irréductibles donc pour des observateurs avisés l’acte de Mamadou Koulibaly devrait être passé pour perte et profit.

A part les aficionados de dramane ouattara qui veulent croire des inepties tout le monde sait que Mamadou Koulibaly joue pour lui depuis plusieurs mois. Si l’ambition du brillant Professeur d’économie est un acte louable en différents points ce qui pose problème c’est le timing et les fallacieuses raisons subjectives évoquées pour justifier ce qui s’apparente à un véritable acte de trahison doublé d’une lâcheté inouïe que seuls les fourbes peuvent justifier.  Non le Professeur Mamadou Koulibaly ne part pas pour les raisons qu’il évoque sinon il serait déjà parti depuis fort longtemps c’est-à-dire avant même les élections de 2010 et le monde entier lui aurait reconnu son courage, son honnêteté et sa probité morale tant exposée.  Non, non et non l’homme politique (numéro 3 de surcroit jusqu’au 11 avril du FPI, ensuite il est devenu numéro 1 par intérim jusqu’au 11 Juillet 2011)  qui est revenu à Abidjan avec l’aide des français, sous escorte française et qui a regagné son domicile comme si de rien n’était alors que ses camarades du parti étaient pourchassés, traqués et assassinés  à travers le pays ne dit pas toute la vérité au peuple ivoirien. Vérité que peu savent et que beaucoup ignorent. Mamadou l’intrépide universitaire et Président de l’assemblée nationale ivoirienne qui a héroïquement claqué la porte au nez et à la barbe du colon lors des assises de Marcoussis en janvier 2003 est mort depuis le mois de Janvier 2011 date de la première approche franche et directe de ses partenaires qui le portent aujourd’hui.  Mamadou est mort vive Koulibaly le 3è homme. Paris tente d’emprunter la voie du milieu pour préparer l’avenir mais hélas on l’a déjà découvert. Elle sera obstruée intellectuellement par la mise à nu de cet autre complot en cours. Comme dramane tout ceux qui seront soutenus par le colon seront frappés du sceau de la suspicion et  automatiquement combattus pour le seul bien être de notre peuple.

Paris prépare déjà l’après  Ouattara

Depuis fort longtemps dans sa guerre contre le Président Laurent GBAGBO, Sarkozy s’est rendu compte de l’impopularité de dramane ouattara mais a décidé de lui créer une adhésion artificielle afin de justifier le braquage électoral à venir sous l’égide de l’ONU comme cela s’est passé en Afghanistan pour Karzaï. Il fallait donc pour cela compter sur des erreurs du camp présidentiel comme l’acceptation de la répartition insensée des commissaires de la commission électorale mais surtout le principe des élections avant le désarmement réel des rebelles pros ouattara. Erreurs qui furent allègrement commises avec délectation et enthousiasme (c’est à se demander comment cela a pu être possible !!!) par le camp du Président GBAGBO. Malgré cela les français ont prévu un 3è homme qu’ils ont trouvé en la personne du Professeur Mamadou Koulibaly.  Vu l’état d’esprit du type il fallait trouver une méthode d’approche intelligente. Là aussi les français qui ont apprivoisé l’entourage du Président GBAGBO mieux que lui-même n’ont pas eu trop longtemps à attendre tant Mamadou Koulibaly a été maltraité et marginalisé par ses camarades du parti. Le cocktail explosif prêt il fallait maintenant le moment et la période post électorale fut donc mise à profit pour porter le coup fatal à la liaison GBAGBO-Koulibaly.

Exilé volontaire au Ghana dès le lendemain du 2è tour remporté  par le Président GBAGBO contre la volonté intrinsèque de Sarkozy (passage sous silence des exactions commises dans le nord sur les observateurs de l’union européenne pour les besoins de la cause), des approches détournées ont minutieusement préparées Mamadou KOULIBALY à l’idée que son heure est venue de voler par ses propres ailes. Nous éviterons à nos lecteurs les tenants et aboutissants des tractations  mais qu’ils sachent que celles-ci finirent par aboutir à la décision du Professeur d’agir dorénavant pour lui-même avec l’aide de ses nouveaux amis. Voici comment un autre brillant intellectuel africain est tombé dans l’escarcelle des français pour la énième fois de l’histoire.

Le 3è homme cueilli il fallait mettre en place la stratégie d’acceptation de ce qui ne paraissait pas évident aux non avertis. Voilà ce qui explique les errements contradictoires du Professeur KOULIBALY depuis son retour d’accra. Tout ceci n’avait qu’un seul but. C’est-à-dire Mamadou KOULIBALY quitte GBAGBO et crée son parti (alors qu’il criait partout qu’il ne crée pas son parti par manque d’argent, le voici 3 semaines plus tard avec un parti en gestation, apparemment DIEU lui a fait tomber l’argent du ciel!!!). Le parti à venir n’a pour seul objectif que de permettre à KOULIBALY de remplacer ouattara à très court terme à la tête de l’état car les français savent qu’il sera difficile au sous préfet de tenir 5 ans à la tête du département ivoirien.  Tous les dramanistes heureux devraient donc se raviser car tout ce qui brille n’est pas de l’or dit un adage bien connu de tous. Comme disent les anglophones WAIT AND SEE !!!!!!!!

Michel LEFEBVRE

Discours peu sérieux pour personnes peu sérieuses

– Le Nouveau Courrier – Ainsi donc, François Fillon a fini son «tour du propriétaire» en Côte d’Ivoire. Un séjour qu’on devrait qualifier d’historique : la première visite officielle d’un Premier ministre français en Côte d’Ivoire depuis… 1986. A l’époque, Jacques Chirac, chef d’une droite ayant tout juste obtenu la majorité lors des législatives et par conséquent le contrôle du gouvernement dans le cadre de la cohabitation, venait remercier son «papa» Félix Houphouët-Boigny de l’avoir aidé par ses «conseils», mais surtout par son argent, qui se confondait avec celui de son pays, durant la campagne électorale. C’était le temps de l’Afrique de papa, d’un néocolonialisme que pourfendait, à Ouagadougou, Thomas Sankara, avant d’être assassiné avec, disent certains historiens, la bénédiction de Paris et d’Abidjan.

Tout aurait, aujourd’hui, changé de face. Evoquer même encore le terme «Françafrique» reviendrait à se servir d’un «logiciel dépassé», si l’on en croit les propos du Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Ce discours de François Fillon, disons le tout net, est peu sérieux, et ne sera considéré sérieusement que par des personnes peu sérieuses. Mal inspiré au Cameroun en mai 2009, quand il niait les crimes commis par l’armée française durant la guerre d’indépendance, à côté de la plaque quand il a évoqué le faible taux de «francité» d’Eva Joly, et ce – ironie ! – devant Alassane Ouattara, la «victime» de l’ivoirité, Fillon a été naturellement défaillant en essayant de donner un avis pertinent sur l’évolution des relations entre son pays et ses excolonies africaines.

Au fait, quand est-ce que la France officielle a-t-elle admis que le logiciel «Françafrique» était de saison, pour qu’elle puisse affirmer aujourd’hui qu’il est passé de mode ? Depuis que François-Xavier Verschave, ex-président de l’ONG Survie, a passé au tamis critique le néologisme créé par Félix Houphouët et l’a érigé en mot-repoussoir résumant l’ensemble des relations mafieuses et entachées de sang liant la France à son «pré carré», le concept a été contesté, moqué, ridiculisé. Verschave a été accusé de paranoïa complotiste. Aujourd’hui, on aurait parlé de «conspirationnisme »… D’hier à aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé dans le sens de la souveraineté des pays d’Afrique dite francophone? En 1997, Paris soutenait les milices de Denis Sassou N’Guesso contre le président élu Pascal Lissouba dans le cadre de la reconquête de Brazzaville. En 2002, Paris soutenait les milices pro-Ouattara contre le président élu Laurent Gbagbo. En septembre 1979, les parachutistes français renversaient le Centrafricain Jean-Bedel Bokassa. En avril 2011, les forces spéciales françaises détruisaient la Résidence présidentielle ivoirienne afin de livrer Laurent Gbagbo à ses adversaires. Lors de la guerre du Biafra, entre 1967 et 1970, la France, alliée à l’Afrique du Sud raciste, convoyait des armes aux rebelles ibos. Aujourd’hui, la France largue des armes aux rebelles libyens, en partie islamistes. La seule différence entre les aventures militaires néocoloniales d’hier et celles  d’aujourd’hui ? La force de la résistance populaire qui se construit lentement «oblige» légionnaires et hélicoptères à tuer des civils africains. Par centaines. A  Abidjan, François Fillon a demandé que les crimes de tous les camps soient punis. Qui punira la France ? La Françafrique, c’est une relation dans laquelle la France utilise sa présence militaire en Afrique pour y jouer un rôle politique, renverser et installer, soutenir et déstabiliser. C’est ce qui s’est passé et c’est ce qui se passe en Côte d’Ivoire.

La Françafrique, c’est une relation économique du cheval et du cavalier, où Paris est le partenaire économique «de référence», vers qui les contrats se tournent prioritairement… sans que la réciproque soit vraie. On est en plein dedans. La Françafrique, ce sont les conseillers militaires et économiques dépêchés par l’Elysée et qui travaillent, au plus haut niveau de l’Etat africain vassal et de manière très officielle, pour le compte du pays donneur d’ordres. On y est retournés, pieds et poings liés. La Françafrique, c’est le jeu qui consiste pour la France à choisir ses interlocuteurs en Afrique, et à décider toute seule en donnant l’impression d’un dialogue avec «nos partenaires africains».

La manière dont les autorités françaises communiquent sur le maintien – ou le retrait – des troupes hexagonales en Côte d’Ivoire illustre à la perfection le complexe de la marionnette et du ventriloque qui caractérise les relations diplomatiques entre nos pays. Alors que l’investiture d’Alassane Ouattara se tenait encore, Nicolas Sarkozy a affirmé devant ses compatriotes regroupés dans le camp militaire français de Port-Bouët – symbole ravageur ! – que son pays garderait une présence militaire «permanente» en Côte d’Ivoire. Pourtant, les accords de défense doivent être renégociés d’Etat à Etat, et ratifiés par l’Assemblée nationale. Si Sarkozy se risque à une telle affirmation, c’est parce qu’il sait qu’il contrôle le pouvoir exécutif ivoirien et qu’il contrôlera demain notamment grâce à l’opération d’épuration politique en cours, sanctifiée par Paris le pouvoir législatif, au terme des élections qui doivent se dérouler avant la fin de l’année.

François Fillon a raison : le logiciel «Françafrique» est dépassé. Il a été remplacé par un software d’écrasement des peuples africains qui est, paradoxalement, à la fois plus subtil et plus grossier. Et terriblement violent.

La Mort de la Grèce et l’Agonie de l’Europe

« Car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu. » (Mat 10/26)

Avec la (fausse) affaire DSK, l’image de l’économie européenne et mondiale, déjà ternie, est en passe de subir une transformation radicale et définitive.

Le chaos prédit depuis tant d’années aussi bien par les médias alignés que par les autres, (c’est-à-dire ceux que la classe bien-pensante qualifie de « conspirationnistes ») devient une réalité chaque jour de plus en plus tangible.

L’affaire de mœurs de l’ex directeur du FMI , que d’aucuns qualifieraient d’épiphénomène, a été le révélateur de tout un système politico-mafieux, auquel nous sommes hélas bien accoutumés, car basé sur la sempiternelle et universelle trilogie « pouvoir-argent-sexe » qui semble bien dicter la conduite de bon nombre de politiciens.

La crise grecque, (déjà relatée dans une ancienne chronique), est le prétexte rêvé pour les mondialistes d’aggraver la dette souveraine des états, en votant des plans d’austérité successifs basés sur des renflouements aussi inutiles que dangereux. L’argent ainsi injecté n’a plus aucune valeur car il n’est plus indexé sur l’or mais sur du papier(monnaie fiduciaire), assorti de taux d’intérêts aussi absurdes qu’exorbitants. Les états se retrouvent donc dans un cycle infernal de sur-endettement très profitable aux prêteurs, à l’affût des faillites pour s’arroger leurs possessions.

La Grèce a déjà vendu une grande partie de son patrimoine terrien à la Chine. En effet, dès 2010 celle-ci avait proposé son aide financière à la Grèce en achetant les obligations émises par l’État grec. La COSCO (China Ocean Shipping Compagny a remporté la concession d’une partie majeure du Port du Pirée, premier port grec athénien, et ce pour 35 ans, afin de faire de ce port le centre de transit commercial des marchandises chinoises vers l’Europe.

Toutes ces manœuvres ne sont rien d’autre que le pillage des ressources d’un État souverain et de celles du contribuable européen par la même occasion.

« Le conseil d’administration du FMI devrait approuver, vendredi 8 juillet, le déblocage d’une tranche de trois milliards d’euros afin d’aider la Grèce à rembourser la partie de sa dette arrivant à échéance en juillet.Dans le même temps, les Européens vont tenter de s’assurer de la participation du secteur privé dans un second plan de sauvetage de cet État membre de la zone euro.

Ce versement fait partie d’un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros mis au point en accord avec l’Union européenne et le FMI l’an passé. Le risque d’une contagion liée à une aggravation de la crise de la dette grecque devrait peser sur les délibérations du conseil d’administration du FMI.

Le Fonds monétaire redoute que la crise gagne d’autres pays comme les États-Unis par le biais des marchés financiers, en particulier si la contagion se propage aux banques européennes exposées à la dette grecque ». (Le Monde.fr et Reuters 08/07/11)

Une dette publique illégale- une dette privée pernicieuse ?

La question mérite d’être posée. Entre 1967 et 1974, eut lieu la « dictature des colonels » qui a fait quadrupler la dette du pays pour des motifs qui ne servaient pas en réalité les intérêts de l’État, mais plutôt pour « fortifier un régime despotique, réprimer la population. C’est une dette de régime, qui normalement devait tomber en même temps que le pouvoir qui l’avait contractée » (1).

On pourrait aussi évoquer la dette contractée à l’occasion des Jeux Olympiques de 2004. Alors qu’en 1997 le gouvernement grec et le Comité olympique prévoyaient une dépense de 1,3 milliards de dollars, le coût total de l’événement avait en définitive largement dépassé 20 milliards de dollars !…

D’autres « anomalies »comme le scandale des sous-marins allemands, produits par une firme de Thyssen (dont il fut question à l’époque du Reich hitlérien) ou bien de juteux contrats passés avec Siemens à base de commissions occultes et autres pots-de-vin qui ont servi à alimenter les deux principaux partis politiques grecs (2) font partie des dettes illégitimes qui devraient être purement et simplement annulées.

Quant à la dette du secteur privé, elle a été le moteur de l’économie grecque à partir des années 2000. Les banques grecques-auxquelles il faut ajouter les filiales des banques étrangères-grâce à un euro fort, pouvaient étendre leurs activités internationales et financer à moindre coût leurs activités nationales.

Elles ont donc emprunté sans compter….

L’adhésion de la Grèce à la zone euro en 2001 a fortement stimulé les entrées de capitaux financiers correspondant à des prêts ou des investissements de portefeuille. Avec les liquidités conséquentes mises à leur disposition par les banques centrales en 2007-2009, les banques de l’ouest européen-particulièrement françaises et allemandes-mais aussi belges, néerlandaises, britanniques, luxembourgeoises et irlandaises, ont prêté massivement à la Grèce, sans se préoccuper le moins du monde de la solvabilité de ce pays. La Commission européenne, et particulièrement les gouvernements français et allemands, ont apporté un soutien déraisonnable aux banquiers privés d’Europe occidentale, et pour cela, ils ont mis les finances publiques dans un bien piteux état.

Vers la Tiers-mondialisation de l’Europe

ou « vous reprendrez bien un petit morceau de dette ? »

La vieille Europe ressemble étrangement à un couple en situation de sur-endettement chronique à qui l’on proposerait, en guise de remède, de s’endetter encore un peu plus, au lieu de lui proposer un plan d’aménagement et d’étalement de ses créances, avec à la clef, interdiction absolue de contracter le moindre crédit pendant x années. Situation totalement absurde !

L’Union européenne a été depuis l’origine, et de plus en plus, une machine de redistribution et de corruption, prenant l’argent des États membres, pour non seulement le dépenser elle-même, mais pour l’utiliser et inciter de nouveaux pays à adhérer, comme la Turquie, afin de renforcer le pouvoir de Bruxelles, que l’on peut assimiler à un Comité central.

Tous les États membres reçoivent, à divers degrés, des subventions de l’UE, prétendument pour égaliser la prospérité au sein de l’Empire européen. Entre 1976 et 2008, les principaux bénéficiaires ont reçu les subventions suivantes (milliards d’euros) :

Espagne : 157,5

Grèce : 133 ,5

Portugal : 72

Irlande : 67,5

soit un total de 430,5 milliards d’euros.

De 2004 à 2008, les parts des contributeurs ont été réparties ainsi :

Allemagne : 31,4%

France : 16,7%

Grande-Bretagne : 13 ,8%

Italie : 12,1%

Pays-Bas : 10,4%

Au total, vingt années de redistribution n’ont pas réussi à améliorer l’économie des bénéficiaires, mais leur ont permis de s’habituer à cette manne « facile ». Pour autant, cela ne les a pas empêché de continuer à s’endetter, mais au contraire ils n’ont pas hésité à précipiter leurs budgets, déjà lourdement grevés par des dotations en subventions, dans des spirales d’endettement encore bien pires…car ils ne se sont pas contentés des subventions annuelles qui leur étaient allouées mais ont contracté des dettes encore plus importantes que les pays donateurs !

En 2010, l’ensemble de la zone euro présentait un endettement de 85% du PIB, la Grèce se retrouvait à 143%, l’Irlande à 96% et le Portugal à 93%. Le montant « criminel » de la dette grecque s’établissait à 329 milliards, celui de l’Irlande à 148 milliards et celui du Portugal à 161 milliards (3).

L’euro a grandement facilité l’endettement des pays membres de l’UE, tandis que les clauses des traités de l’Union interdisent la prise de responsabilité collective pour les dettes des différents pays. Les banques, toujours avides de profits et sachant bien le danger d’octroyer des prêts aux débiteurs seront toujours gagnantes, grâce au pouvoir démesuré de la haute finance américaine-la FED notamment- sur la finance européenne.

La Commission européenne, aux ordres de Wall Street, n’a eu de cesse d’encourager la création de « plans de sauvetages » successifs, tout d’abord de 440 milliards d’euros passé en 2011 à 700 milliards, pour soi-disant éviter la faillite de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal.

En fait, ces plans n’ont fait que permettre aux banques internationales d’éviter les pertes des crédits accordés à la légère. Les conséquences ne se feront pas attendre, il s’agit d’appauvrir de nombreux citoyens, de porter un coup sévère aux entreprises, aux emplois et aux revenus du travail, de réduire les rentrées fiscales et les charges sociales, ce qui entraînera une diminution des prestations sociales, des pensions et des traitements des fonctionnaires.

Ainsi, la Grèce depuis 2010 enregistre une réduction des salaires du public de 20 à 30%, une réduction des allocations chômage et des aides aux familles nombreuses ; des plans de suppression des conventions collectives pour les remplacer par des contrats individualisés, des coupes drastiques des subventions aux mairies et aux communes avec des licenciements massifs de travailleurs municipaux, une augmentation des impôts directs (TVA à 23%), augmentation de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes, privatisation des ports, aéroports, chemins de fer, distribution d’eau et d’électricité, secteur financier et terres appartenant à l’État.

Les plans d’austérité, comme il est de bon ton de les nommer, ne sont véritablement austères que pour les classes les plus modestes, qui, à leur insu, travaillent et usent leurs dernières forces pour aider les banques à se renflouer, et ne bénéficieront même pas de retraites décentes pour assurer leurs vieux jours…

La seule solution : sortir de l’euro !

Et remettre en place un nouveau système financier inspiré du modèle « Bretton Woods »(4), c’est-à-dire remplacer la monnaie papier(fiduciaire)- sans valeur-par une monnaie indexée sur sa valeur en or.

Mais hélas, la FED et sa planche à billets veillent au grain, et, depuis sa création illégale(et adoptée de force par le Congrès américain) par une bande de banquiers et affairistes gangsters en 1913, n’a qu’un mot à dire pour faire complètement écrouler le système qu’elle a elle-même mis en place.

Ajouter à cela le pouvoir des Agences de notation qui décident qui est solvable et qui ne l’est pas, et l’on obtient toute la panoplie de destruction de la démocratie occidentale.

Heureusement, grâce aux guerres menées de front en Libye, Afghanistan, Irak, et bientôt en Syrie et en Iran, l’occident pourra s’assurer quelques bonnes années de richesses pétrolières et autres diamanteries qui permettront à notre riche et généreuse élite financière internationaliste et euro-atlantiste de survivre sur les cadavres de ceux qu’ils auront très subtilement dépouillés.

« Recommande aux riches du présent siècle de ne pas être orgueilleux et de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu qui nous donne tout avec abondance pour que nous en jouissions. » (1Tim 6:17)

« A vous maintenant, les riches ! Pleurez à grands cris à cause des malheurs qui viendront sur vous ! Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont mités, votre or et votre argent sont rouillés ; et leur rouille s’élèvera en témoignage contre vous et dévorera votre chair comme un feu.

Vous avez amassé des trésors dans ces jours qui sont les derniers ! Voici : le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées.
Vous avez vécu dans les voluptés et dans le luxe, vous avez rassasié vos cœurs au jour du carnage. Vous avez condamné, vous avez tué le juste ; il ne vous résiste pas. » (Jc 5:1-6)

Soyez bénis.

(1) D’après l’économiste Alexander Sack, théoricien de la « dette odieuse » (1927)

Cette doctrine a été formalisé sur le fait qu’en 1883le Mexique avait dénoncé la dette contractée par l’empereur Maximilien en promulguant une loi dite « de règlement de la dette nationale » qui déclare: «Nous ne pouvons pas reconnaitre, et par conséquent ne pourront être converties, les dettes émises par le gouvernement qui prétendait avoir existé au Mexique entre le 17 décembre 1857 et le 24 décembre 1860 et du 1er juin 1863 au 21 juin 1867».
Le second exemple est fourni par les États-Unis, qui ont refusé que Cuba paye les dettes contractée par le régime colonial espagnol et obtenus gain de cause via le Traité de Paris en 1898. (source Wikipédia)

(2) Le principal dirigeant de Siemens-Hellas, à la suite de la découverte du scandale, s’est enfui en Allemagne et n’a pu être extradé en Grèce malgré l’insistance des autorités grecques. Ces scandales incluent la vente par Siemens et ses associés internationaux du système antimissile Patriot (1999 avec 10 millions d’euros en pots-de-vin), la digitalisation des centres téléphoniques de l’OTE (Organisme Grec des Télécommunications-100 millions d’euros de pots-de-vin), la vente de matériel aux chemins de fer grecs (SEK), du système de télécommunications Hermès à l’armée grecque, d’équipements très coûteux aux hôpitaux… les délits incriminés à Siemens par la justice allemande étaient si évidents que pour éviter une condamnation en bonne et due forme, cette entreprise a accepté de verser une amende de 201 millions d’euros en octobre 2007 aux autorités germaniques. (source : Éric Toussaint « Grèce: tout un symbole de dette illégitime » http://www.mondialisation.ca 18/01/2011)

(3) Source : Mécanopolis 23/06/2011

(4) Les Accords de Bretton-Woods, signés en 1944, exigeaient que l’émission de monnaie américaine (dollar), qui avait supplanté la Livre-sterling comme monnaie d’échange, soit strictement couverte par le stock d’or détenu à Fort Knox et à New-York selon l’équivalence 1 once(31,1g)= 35 dollars. Mais la guerre du Vietnam engagée par les États-unis en 1962 créèrent des déficits si importants que ceux-ci dépassaient largement la valeur du stock d’or. Malgré des rappels à l’ordre du Général de Gaulle qui sentait le danger pour l’Europe, le président Nixon, officiellement rompit les accords de B-W en 1971(un an après la mort de Ch. De Gaulle).

 par Michel-André sur michelledastier.com

Allemagne : Manœuvres militaires en vue avec le régime israélien

L’Allemagne a prévu de participer à des manœuvres militaires avec le régime israélien, c’est ce qu’a rapporté jeudi le quotidien Bild.

Des manœuvres conjointes font partie des efforts déployés par Berlin et Tel Aviv pour renforcer leur controversée coopération militaire, poursuit le quotidien allemand.

Le rapport ne précise pas quand et où les exercices militaires auront lieu.

Un extrémiste allemand partisan du régime israélien, est devenu désormais un important fournisseur d’armes de Tel-Aviv, bien que la constitution allemande interdise la vente d’armes destinées à des régions du monde frappée par des mouvements révolutionnaires et citoyens comme au Moyen-Orient.

Le gouvernement allemand, qui parle rarement publiquement des offres militaire avec le régime sioniste, avait déjà livré trois des sous-marins diesel Dolphin en 1999 et 2000, qui sont largement considérés comme des missiles nucléaires.

Les critiques contre Angela Merkel s’étalaient jeudi dans la presse allemande après une offre de patrouilleurs garde-côtes faite la veille à l’Angola par la chancelière en visite dans ce pays.

Le Parti social-démocrate (SPD), les Verts et la gauche radicale Die Linke ont dénoncé une offre inacceptable, totalement incompréhensible et déplacée, en qualifiant Mme Merkel de patronne du lobby de l’armement, au moment où une affaire de livraison de chars à l’Arabie saoudite suscite déjà depuis des jours la polémique en Allemagne.

Mme Merkel, qui effectue depuis lundi une tournée dans trois pays d’Afrique (Kenia, Angola et Nigeria), a proposé mercredi au président angolais José Eduardo dos Santos d’aider les efforts de défense de l’Angola et, concrètement, de livrer des patrouilleurs allemands pour les garde-côtes angolais.

Le patron des chantiers navals Lürssen, Friedrich Lürssen, qui accompagne Mme Merkel dans sa tournée et dont les propos sont cités dans la presse, a indiqué que son entreprise avait proposé 6 à 8 patrouilleurs pour un prix unitaire allant de 10 à 25 millions d’euros.

L’Angola est l’un des pays les plus pauvres du monde et souffre d’une corruption massive.

L’Angola a certes besoin de toute aide et tout soutien, mais certainement pas de patrouilleurs pour la surveillance de ses côtes, a fustigé notamment la coprésidente des Verts, Claudia Roth.

L’Allemagne a également apporté un large soutien aux guerres brutales du régime israélien menée contre le Liban en 2006 et Gaza en 2008.

Les Etats Unis responsable de 225 000 décès depuis 2001

Les conflits militaires dans lesquels les Etats-Unis se sont engagés depuis les attentats du 11 septembre ont causé la mort d’au moins 225.000 personnes

Les conflits militaires dans lesquels les Etats-Unis se sont engagés depuis les attentats du 11 septembre ont causé la mort d’au moins 225.000 personnes et coûté près de 3.700 milliards de dollars au budget américain, lit-on dans un rapport de l’Université Brown cité samedi par les médias occidentaux.

« Les estimations les plus prudentes du bilan des victimes directes se chiffrent à ce moment à 225.000 morts et 365.000 blessés« , indiquent les auteurs du rapport consacré aux guerres en Irak, en Afghanistan ainsi qu’à la campagne antiterroriste menée au Pakistan.

Les civils ont payé le plus lourd tribut à la guerre s’élevant à 172.000 morts, dont 125.000 Irakiens, 35.000 Pakistanais et 12.000 Afghans.

Dans le même temps, le nombre de soldats tués ont atteint 31.741 personnes, selon ce rapport, dont environ 6.000 Américains, 1.200 soldats alliés, 9.900 Irakiens, 8.800 Afghans, 3.500 Pakistanais ainsi que 2.300 membres de sociétés militaires privées.

Les conflits ont également provoqué un flot massif de réfugiés et de déplacés, notamment en Irak et en Afghanistan (plus de 7,8 millions de personnes).

Source : MOSCOU, 2 juillet – RIA Novosti

Complément d’El Watan

Les conflits dans lesquels les Etats-Unis se sont engagés depuis le 11-Septembre ont provoqué la mort d’au moins 225.000 personnes et entraîné un coût d’au moins 3.700 milliards de dollars, selon une étude américaine publiée cette semaine par l’université Brown.

Les chercheurs, dirigés par les Pr Neta Crawford et Catherine Lutz, se sont penchés sur les guerres en Irak, en Afghanistan ainsi que sur la campagne antiterroriste menée au Pakistan.

Selon eux, « une estimation extrêmement prudente du bilan des victimes directes de ces guerres s’élève à ce stade à 225.000 morts et environ 365.000 blessés ».

Le nombre de soldats tués est ainsi de 31.741 selon ce rapport, dont environ 6.000 Américains, 1.200 soldats alliés, 9.900 Irakiens, 8.800 Afghans, 3.500 soldats pakistanais ainsi que 2.300 membres de sociétés militaires privées.

Les civils paient le plus lourd tribut : 172.000 morts (125.000 Irakiens, 35.000 Pakistanais et 12.000 Afghans). Les chercheurs n’évaluent en revanche qu’entre 20.000 et 51.000 le nombre total d’insurgés éliminés.

Quelque 168 journalistes et 266 travailleurs humanitaires ont par ailleurs été tués depuis que les Etats-Unis se sont engagés dans ces pays dans la « guerre contre le terrorisme ».

Ces conflits ont engendré un flot massif de réfugiés et de personnes déplacées de plus de 7,8 millions de personnes, surtout en Irak et en Afghanistan.

Le coût cumulé de ces guerres est faramineux si l’on en croit cette étude : au minimum 3.700 milliards de dollars, ce qui représente le quart de la dette américaine.

Ces coûts représentent aussi bien les budgets consacrés aux opérations par le Pentagone, que les dépenses supplémentaires pour le département de la Sécurité intérieure occasionnées par la lutte antiterroriste et la protection du territoire américain.

Ils comprennent également les prévisions de dépenses fédérales jusqu’en 2051 pour les anciens combattants américains rendus invalides au cours de ces guerres et les budgets du département d’Etat et de l’Agence américaine d’aide au développement (USAID) liés à ces conflits.

BENIN: Boni Yayi aux abois appelle l’armée à des crimes de guerre contre les travailleurs

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

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Le mardi 12 juillet 2011, Boni YAYI a réuni au Palais de la Présidence de la République le Haut Commandement Militaire et des forces de sécurité et de défense. Dans un discours de guerre ouverte contre les travailleurs grévistes pris comme ennemis, Boni YAYI a demandé au Haut Commandement Militaire de l’aider à sévir. «A partir de lundi 18 juillet…, nous allons procéder à des défalcations systématiques sur salaire pour fait de grève. Celui qui ne va pas travailler sera radié purement et simplement de la fonction publique»… «Je prendrai mes responsabilités, mais avec vous; et je vous demande de prendre vous aussi, vos responsabilités à mes côtés pour mettre fin au désordre, à l’irresponsabilité, à l’irrespect de l’autorité et des institutions de l’Etat». (Cf. le journal «LA NATION» n° 5282 du 13 juillet 2011) dira-t-il à l’adresse du haut commandement militaire. Dans son discours, Boni YAYI présente encore une fois les grèves comme illégales, lancées «sans préavis».

Tout démocrate qui a suivi le déroulement des événements en cours et qui a écouté ce discours ne peut qu’être pris d’effroi et de fureur contre un président qui œuvre avec tant de mensonge, d’irresponsabilité, de volonté despotique à la régression politique, économique et sociale de notre pays.

1.- Boni YAYI ment en disant que les grèves sont lancées sans préavis. A supposer même qu’il en soit ainsi, ce n’est pas l’armée qui est chargée de régler les problèmes de grève! L’objectif de Boni YAYI est donc ailleurs.

2.- C’est Boni YAYI et son gouvernement qui font preuve d’irresponsabilité notoire. Un accord a été signé en avril 2011 entre les centrales syndicales et le gouvernement sous la responsabilité de KOUPAKI. Ce texte a servi de base au décret signé par Boni YAYI accordant le coefficient 1,25 aux travailleurs des finances. L’accord prévoit la mise en place sans délai d’un comité pour décider de la date d’extension aux autres secteurs. C’est dire que l’accord n’a pas fait de discrimination, mais au contraire, s’est donné pour but d’harmoniser les salaires de base. Si Boni YAYI, son Premier Ministre KOUPAKI et son gouvernement étaient sérieux et responsables, après la décision de la Cour Constitutionnelle proclamant le décret contraire à la Constitution, ils devraient d’abord chercher à corriger le décret querellé au regard du texte de l’accord ou au pire rappeler les responsables syndicaux. Mais, Boni YAYI et KOUPAKI ont dès le lendemain de la décision de la Cour de Robert DOSSOU, abrogé le décret pour chercher ensuite à «négocier».

3.- En rappelant les responsables syndicaux le 1er juillet 2011, KOUPAKI savait donc très bien, dès le départ, qu’il ne s’agissait pas de négociation, mais de faire diversion. Ainsi, alors que les responsables syndicaux ont fait dès ce 1er juillet 2011 des propositions de conversion des primes dont la prime de rendement (qui, à elle seule, fait 18% du salaire), KOUPAKI s’est mis à jouer au dilatoire, à inventer des chiffres qui sont passés de 14 milliards à 22,5 milliards afin de conclure à l’impossibilité de satisfaction des revendications. Comment donc peut-il être impossible de convertir 18% et des primes spécifiques (allant de 100.000 à 180.000 par semestre) en 25% ? Seuls KOUPAKI et son ministre Adidja MATHYS en ont le secret !!! Et l’irresponsabilité de ce gouvernement est allé jusqu’à demander aux responsables syndicaux d’aller écouter les experts étrangers du FMI et de la Banque Mondiale. Avons-nous alors encore un gouvernement au Bénin ou un gouvernement sous tutelle ?

C’est avec une telle irresponsabilité que Boni YAYI et son gouvernement détruisent systématiquement le travail et l’envie de travailler pour le pays. Le jour du bilan viendra, mais il suffit de voir l’agitation et les improvisations incessantes de Boni YAYI pour se rendre compte que c’est lui qui est à la source de l’accroissement de «la paresse, du désordre, de l’anarchie, de l’impunité» dans le pays. Qui a achevé la dégringolade de la culture du coton ? Pendant que le Bénin produit et exporte du coton, les usines (SITEX dans le Mono, IBETEX à Parakou, SHB à Bohicon, etc.) et des milliers d’ouvriers sont en chômage technique faute de coton et de graines de coton.

Qui en est responsable ? Qui a achevé la ruine de Bénin Telecom ? N’est-ce pas Boni YAYI et son DG Patrick BENON ? Qui a permis l’escroquerie des populations avec l’affaire ICC-Services, asséché leur épargne et compromis leurs activités ? Boni YAYI et ses ministres des finances et d’Etat d’alors KOUPAKI et KOGUI N’DOURO.

5.- L’appel à l’armée contre les travailleurs constitue une incitation aux crimes de guerre. Boni YAYI s’était déjà ridiculisé avec son discours anticonstitutionnel du 13 juin 2011 contre le droit de grève. Maintenant, en appelant ouvertement un mois plus tard l’armée dont la mission est de défendre le territoire contre les agressions extérieures, à l’aider à sévir contre la population civile intérieure et notamment les travailleurs grévistes, Boni YAYI passe à l’incitation à un crime flagrant aujourd’hui réprouvé par l’opinion internationale: le crime de guerre. Ses ministres KOUPAKI et de SOUZA qui jouent au dilatoire sont complices de ces incitations aux crimes de guerre et passibles du T.P.I. dont le Bénin est signataire.

6.- Au total, le PCB réprouve et dénonce la proclamation de guerre ouverte de Boni YAYI contre les travailleurs et le peuple. Il appelle les travailleurs et le peuple à puiser dans leurs expériences pour faire face au despote criminel et continuer les combats jusqu’à l’émancipation complète du pays.

Quant aux militaires, il est déjà établi qu’ils sont responsables à titre individuel des actes qu’ils auront commis. Le PCB les appelle à ne pas répondre aux incitations criminelles du despote apatride aux abois, mais à cultiver les liens d’action avec les travailleurs et le peuple pour l’émancipation et l’indépendance de notre pays.

Cotonou, le 14 juillet 2011

Le Parti Communiste du Bénin