Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juillet 5, 2011

BENIN : Quatre décès mystérieux chez le journaliste Jean Christophe Houngbo

Jean-Jules Jaurès Houngbo (moins de 2 ans), Félicité (34 ans) et Jeanne d’Arc Kodja (14 ans) deux sœurs. Respectivement fils, épouse en état de grossesse et belle-sœur de Jean-Christophe Houngbo, chef bureau régional Ouémé-Plateau du quotidien Le Matinal, ils ont été retrouvés morts dans leur concession dans l’après-midi du vendredi 29 juin 2011, à Danto Sohomé, commune d’Akpro-Missérété. Quant à notre confrère évacué d’urgence à l’hôpital, il lutte actuellement pour rester en vie.

Ah ! La vie. Elle ne vaut pas grand-chose. Elle est parfois effroyable. Elle peut tourner d’un rien du tout au cauchemar. Elle est une histoire stupéfaite et terrifiante. En ce moment, elle est abominable. Nous sommes tous saisis d’effroi. Imaginez. Un proche, ami, parent ou collègue qui après plusieurs années passées en location décide de rejoindre sa propre maison où, après avoir enchaîné seul deux nuits, il passe la 3ème, accompagné de sa petite famille. C’était sans savoir que cette dernière avait rendez-vous avec le destin. C’était sans savoir que cette première nuit sera la dernière pour sa famille. Elle a tout simplement tourné au drame. 48 heures après, elle a été retrouvée dans la nouvelle concession sise au quartier Danto Sohomé, commune d’Akpro-Missérété, enfermée sur elle-même et entièrement décimée par une mort collective jusque-là inexplicable. 48 heures durant lesquelles, Jean-Christophe Houngbo connu pour sa témérité et son endurance a dû lutter contre la mort, puisqu’il a été retrouvé vivant mais quasi anéanti et impuissant à côté de sa famille. Il a été aussitôt évacué à l’hôpital par les sapeurs-pompiers. Seul rescapé d’une tragédie dans la laquelle, il a perdu sa belle-sœur, son enfant et sa femme portant un fœtus, il est placé sous soins intensifs depuis le vendredi jour de la découverte macabre. Tout le monde garde espoir qu’il sera récupéré par une équipe médicale composée de professionnels qui s’affairent à son chevet. A côté de l’espoir, c’est un drame sans précédent. Qu’est-ce qui s’est passé ? En attendant d’élucider ce drame, trois hypothèses sont évoquées. Un empoisonnement, une intoxication alimentaire ou une intoxication par inhalation. La gendarmerie arrivée sur les lieux, a découvert à la cuisine du riz préparé et de la sauce à la tomate. Selon un proche de Jean-Christophe Houngbo, c’est ce menu qu’ils auraient pris dans la soirée de mercredi 27 juin 2011, probablement le jour où le malheur s’est invité dans le foyer. C’était aussi la date où sa famille passait la première nuit à ses côtés. Autre élément, c’est qu’il a fallu défoncer le portail, puis la porte d’accès à la concession avant de les sortir, tous dans une même chambre, l’enfant courbé sur sa maman à côté du père dans le lit et la belle sœur sur une natte. Selon plusieurs déclarations des proches du couple, une série de faits ont précédé ce drame. En attendant d’y revenir avec précision pour comprendre les circonstances du drame, le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Porto-Novo a exigé l’autopsie des dépouilles qui reposent à la morgue du Centre hospitalier départemental de l’Ouémé-Plateau.

Un drame sans précédent ?

Au début de cette douloureuse histoire, on croyait tout simplement à un dysfonctionnement de la ligne téléphonique de Jean-Christophe Houngbo devenu tout d’un coup inaccessible. Imaginez. D’abord, à partir de 01 heure dans la nuit de mercredi à jeudi, vous n’avez plus de ses nouvelles alors qu’il y a 30 mn, vous venez d’échanger avec lui au téléphone pour raison professionnelle. Au cours de la conversation il était pressé de raccrocher, précisant qu’il est sous le coup de la fatigue après un voyage sur Ouidah où il a été pour couvrir le huis-clos des députés de l’Union fait la Nation. Ensuite, il est devenu injoignable dans cette même nuit lorsqu’il était utile de le joindre à nouveau pour des informations complémentaires à propos de son compte rendu de la rencontre de Ouidah. Inutile d’insister lorsqu’on sait qu’il lui arrive de couper son téléphone. Le lendemain, toutes les tentatives entreprises pour le joindre n’ont rien produit. Ses responsables de même que ses confrères du Parlement ont commencé par s’inquiéter. Les nombreuses visites effectuées à son domicile ne laissaient pas apparaître une présence humaine. Alimentée par un groupe électrogène qui n’était plus opérationnel à partir de jeudi, sa nouvelle maison baignait dans le noir. La sonnerie ne fonctionnait pas non plus. Pendant ce temps, sa famille mourait certainement et lui-même réduit à son ombre ne pouvait rien faire pour empêcher le pire de se produire. Seuls à la maison, ils y resteront recroquevillés dans leur chambre jusqu’à vendredi où l’inquiétude a fini par gagner presque tout le monde. Pour deux jours consécutifs, Jean-Christophe Houngbo était injoignable. L’alerte est vraiment partie de là. Dans les esprits, il est porté disparu de même que sa famille. Les forces de sécurité informées ont tout simplement banalisé la nouvelle. Du côté de ses proches, collègues, amis et parents, chacun allait de ses méthodes et moyens pour rechercher les présumés disparus. Pendant ce temps, des parents de sa belle famille ont eu l’inspiration de défoncer le portail un peu avant midi. Ce qui a été fait. Mais ils n’ont pas pu aller plus loin avant de se retourner. Défoncer par exemple la porte de la concession, une fois à l’intérieur de la maison. Ils ne l’ont pas fait par manque d’expérience. Dans l’après-midi, un autre groupe se pointe au domicile et ayant constaté que le portail est ouvert, se rapproche du bâtiment. Un essaim de mouches qui avait envahi l’une des fenêtres attire son attention. Il retient son souffle. La seule porte accédant au salon a été défoncée, puis s’introduisant dans une chambre, il tombe sur une présence humaine. C’est d’abord Jean-Christophe qui a été repéré au moyen d’une lampe torche. Monsieur ! Lui a lancé un jeune du groupe. A peine t-il a ouvert les yeux. Juste à côté son épouse et l’enfant, puis sa belle sœur couchée sur une natte à même le sol. Stupéfaction. Cette histoire est celle qui nous terrifie.

Qui en veut à Jean-Christophe ?

Quelqu’un chercherait-il à se venger de Jean-Christophe Houngbo ? A vrai dire, beaucoup ont pensé que le malheur qui l’a frappé pourrait venir de ceux qui croient avoir subi une offense de sa part pour ses articles jugés par eux comme des attaques à leur encontre. L’intéressé a été plusieurs fois menacé directement ou indirectement par des personnalités au plus haut niveau du pays. Des dignitaires et autorités sociales ont menacé à visage découvert ou non de régler leurs comptes avec lui. C’est pour toutes ces raisons qu’une fois, il a été annoncé injoignable et introuvable par ses proches, les interrogations exprimées tournaient autour d’un enlèvement de l’homme. Ce qui n’est pas le cas et le fait de le retrouver presque inanimé enfermé sur lui-même dans sa chambre à côté de sa famille sans vie, ne doit pas empêcher de voir du côté de ceux qui ont souvent évoqué une vengeance.

FN, Le Matinal du 04/07/2011

Ruée vers la mouvance présidentielle : Les nouveaux ‘’mouvanciers’’ bientôt déçus

C’est un secret de polichinelle qu’après l’échec des candidats de l’opposition notamment de Adrien Houngbédji et de Bio Tchané au scrutin présidentiel du 13 mars dernier, on assiste à une ruée vers le chef de l’Etat élu, le docteur Boni Yayi. Mais ce que les nouveaux ‘’mouvanciers’’ ne savent pas, c’est que non seulement la bataille pour le partage du gâteau national fait rage entre les ouvriers de la première heure mais aussi il n’y plus grand’ chose à se mettre sous la dent auprès de nouvel élu.

Les premiers à faire le premier pas vers le chef de l’Etat, docteur Boni Yayi, après les élections dernières sont les éléments de la Renaissance du Bénin. Ceci s’est traduit par l’élection de Boniface Yéhouétomé comme vice-président du parlement béninois, l’entrée au gouvernement de Blaise Ahanhanzo Glélé et les propos du président du parti Léhady Soglo à sa sortie d’audience auprès du chef de l’Etat.

Après, ce fut le tour du secrétaire général du Prd, Moukaram Badarou et du directeur de cabinet de Houngbédji,  Joel Aïvo de tourner casaque. Entre temps, dans une interview accordée à un journal de la place, Affo Djobo qui avait œuvré pour l’élection de Abdoulaye Bio Tchané affichait sa disponibilité à travailler avec le nouveau prince du pays. Sur la même lancée, le parti Marche de conseiller communal d’Abomey-Calavi, Dansou Dossa a clairement exprimé sa décision de quitter l’Union fait la Nation pour soutenir désormais le chef le locataire du palais de la Marina.

Aujourd’hui, il se susurre que d’autres candidats seraient dans les startings blocks pour l’ultime saut vers la mangeoire. On cite déjà activement Edmond Agoua, Cyriaque Domingo et autres. En ce qui concerne le cas de la RB, on peut dire que c’est dans l’ordre normal des choses en ce sens qu’alors qu’il était président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo affirmait un jour que la biche ne peut jamais refuser d’aller  à la rivière, au risque de mourir de soif. En son temps, il parlait d’un dissident de la RB qui avait créé son propre parti. C’est dire donc que cette posture est dans l’idéologie du parti.

Mais pour le cas des autres qui ont décidé de se joindre au nouveau pouvoir et ceux qui le mijotent en douce, ils doivent savoir qu’aujourd’hui, le gâteau de Boni Yayi est tellement petit que même les Fcbe bon teint ont du mal à trouver un petit morceau. La guerre de positionnement est rude au point où les anciens fidèles à qui Boni Yayi a enlevé du biberon boudent déjà. Dans le même temps, ils sont nombreux à attendre leur tour dans le partage. On comprend alors la volonté des députés Fcbe et alliés à s’accrocher aux postes dans les institutions nationales et régionales car, selon les informations, c’est le seul lot de consolations qu’ils ont à portée de main.

Apparemment la saturation est au comble au niveau de Boni Yayi, ceux qui ont mouillé le maillot pour sa victoire en mars 2011 sont loin d’être satisfaits. Ceux qui attendent des postes, les marchés publics et autres avantages liés à l’exercice du pouvoir sont si nombreux que le chef de l’Etat, Boni Yayi se rend compte qu’il ne peut les satisfaire tous. Dans le même temps, les ouvriers de la 25e heure et ceux de la 26e heure affichent leur volonté de goutter aux délices du pouvoir. Pouvoir qu’ils ont combattu il y a seulement quelques mois. On ne peut empêcher quelqu’un de vouloir sa réalisation personnelle mais il est à craindre que la déception soit grande quand les ‘’néomouvanciers’’ se rendront compte que non seulement il n’y a rien à se mettre sous la dent du coté du pouvoir de la refondation mais aussi le chef des Cauris tient difficilement ses promesses. Si seulement ils savaient qu’ils sont des centaines, ces Cauris à se mordre déjà les doigts et à regretter, les opposants qui veulent quitter leur position doivent réfléchir par deux fois avant de faire le premier pas vers Boni Yayi.

Rochereau AVIDOUTE

Libye : Les rebelles ont commencé à livrer le pétrole libyen aux américains

La première cargaison de pétrole libyen est arrivée aux USA le 8 juin suite à un contrat signé pas les USA et le Conseil de transition National, le gouvernement “légitime” autoproclamé de la Libye.

La vente a finalement mis à jour la vraie raison de la campagne libyenne de l’OTAN qui avait tout d’abord été justifiée par la nécessité de protéger les civils libyens. Les civils en question souffrent toujours, les forces de l’OTAN n’arrivent pas à sortir de l’impasse et les USA semblent être le seul protagoniste du conflit à profiter de la soi-disant « opération de sauvetage ».

Pendant ce temps, les représentants arabes et occidentaux se réunissent dans les Emirats Arabes Unis pour parler du futur de la Libye après la fin présumée de Mouammar Kadhafi. Cependant Kadhafi ne semble pas pressé de se rendre comme l’a amplement prouvé l’échec des bombardements de Tripoli par l’OTAN à cet effet.

Un plan « dans le but de prendre tous les mesures nécessaires pour protéger les civils et les lieux peuplés de civils » couvert par une résolution de l’ONU est en train d’échouer lamentablement. Cependant, pendant que les civils libyens souffrent à la fois des actions déclenchées par les rebelles et par les troupes gouvernementales, le pétrole libyen est transporté aux USA en toute sécurité. Comme le département d’état des USA l’a confirmé mercredi dernier, le gouvernement rebelle qui contrôle l’est de la Libye a fait sa première vente. Le contrat a suivi en avril une déclaration du Bureau du contrôle des actifs étrangers du département du Trésor comme quoi une nouvelle politique de licences avec la Libye avait été établie.

Les USA ont dû prendre ces mesures pour faciliter les transactions pétrolières avec le Conseil National de Transition.

D’après une déclaration écrite du Département d’état, Tesoro, un raffineur pétrolier étasunien, a signé un contrat avec le Conseil National de Sécurité de Benghazi en Libye de 1,2 million de barils de pétrole brut. On ne connaît pas encore la valeur de ce contrat en dollars.

Le document affirme que ce contrat avec la CNT a pour unique but d’aider le peuple libyen.

Toutefois il faut être bien naïf pour croire que les Libyens qui sont pris dans le chaos des feux croisés recevront un seul cent de ce contrat.

Pendant que les USA règlent avec brio leur problème de pétrole, les leaders arabes et occidentaux se préparent à décider de l’avenir de la Libye. Les membres du soi-disant groupe de contact -une coalition des différents pays et organisations internationales qui ont officiellement reconnu le CNT comme gouvernement légitime de la Libye- doivent se réunir dans les Emirats Arabes Unis. C’est la troisième fois que ce groupe se réunit pour discuter du développement potentiel du pays après la fin du régime de Kadhafi.

Il est surprenant qu’en dépit du fait qu’ils ont commencé à leur acheter du pétrole, les USA n’aient pas reconnu le nouveau gouvernement de la Libye. « Nous étudions la question mais nous n’avons pas encore pris de décision » a dit un officiel étasunien à propos d’une éventuelle reconnaissance du CNT.

Pendant que les membres du groupe de contact décident de l’avenir de la Libye après Kadhafi, Kadhafi lui-même ne semble pas décidé à abandonner le pouvoir. « Nous ne nous rendrons pas, nous ne renoncerons pas, » a déclaré le leader assiégé en réponse à l’intensification des bombardements de Tripoli par les forces de l’OTAN. L’OTAN doit reconnaître que toutes ses manoeuvres pour mettre fin au conflit restent lettre morte et que pendant ce temps le pays s’enfonce de plus en plus dans le chaos.

Selon le dernier rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, des crimes de guerre continuent d’êtres commis dans le pays au bord de l’anarchie et cela signifie que les citoyens libyens paient de leur sang les ambitions européennes et le pétrole étasunien.
Pour consulter l’original : http://english.ruvr.ru/2011/06/10/5...

Russia Today

Des commandos en Libye pour éliminer Kadhafi

Le Président russe de la Fédération internationale des échecs (Fide) et président de la république russe de Kalmoukie de 1993 à 2010, Kirsan Ilioumjinov  en visite à Tripoli (Libye) depuis dimanche a indiqué à l’agence russe Interfax avoir rencontré Mohamed Kadhafi, le fils aîné du président qui lui a affirmé que « Des pays occidentaux ont envoyé des commandos à Tripoli pour « éliminer physiquement » le colonel Mouammar Kadhafi ».

« Il m’a dit que des commandos envoyés par des pays occidentaux se sont infiltrés à Tripoli pour éliminer physiquement son père Mouammar Kadhafi », a déclaré M. Ilioumjinov par téléphone à Interfax. Selon ces dires,  trois commandos occidentaux se trouvent actuellement à Tripoli.

Lundi, des raids de l’Otan ont visé à l’aube le port de Zouara et des points de contrôle « civils » dans cette ville située à 120 km à l’ouest de Tripoli, a annoncé la télévision d’Etat libyenne, faisant état de morts et de blessés.

« La coalition atlantique croisée colonialiste a bombardé des sites civils, notamment le port de Zouara et des points de contrôle sur la route côtière de cette ville, faisant des martyrs et des blessés », a indiqué la télévision d’Etat libyenne.

De son côté, le deuxième fils de Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam Kadhafi a estimé « impossible » une solution au conflit qui « n’implique pas » son père.

« Mon père ne fait pas partie des négociations. C’est un conflit libyen avec des Libyens et des traîtres, des milices, des terroristes. Vous pensez qu’on peut trouver une solution qui ne l’implique pas ? Non c’est impossible », a-t-il déclaré dans un entretien au journal français Le Monde publié lundi.

Seif Al-Islam  juge également qu' »avec ou sans l’Otan, les rebelles vont perdre » la guerre.

« L’opération de l’Otan est particulièrement stupide, mal préparée (…) Nous, nous avons notre armée. Nous avons plus de munitions, plus d’armes. Le moral est au plus haut », assure-t-il.

Témoignagne : le massacre de Sorman

Pour une fois, Thierry Meyssan ne nous livre pas une analyse froide des évolutions géopolitiques. Il relate les faits dont il est témoin : l’histoire de son ami l’ingénieur Khaled K. Al-Hamedi. Une histoire faite d’horreur et de sang où l’OTAN incarne le retour de la barbarie.

L’International Organization for Peace, Care and Relief (IOPCR) est particulièrement active en Algérie, en Iran, au Soudan et en Palestine. Elle porte secours aux victimes des catastrophes naturelles et des conflits armés. Son action exemplaire à Gaza et en Cisjordanie est saluée par tous. Ici Khaled el-Hamedi reçoit la médaille du courage des mains du Premier ministre Ismail Haniyeh. Il a identiquement été décoré par Mahmoud Abbas.

C’était une fête de famille à la libyenne. Tous étaient venus célébrer le troisième anniversaire du petit Al-Khweldy. Les grands parents, les frères et sœurs, les cousins et cousines se pressaient dans la propriété familiale de Sorman, à 70 kilomètres à l’ouest de la capitale : un vaste parc dans lequel ont été construites les petites villas des uns et des autres, de sobres maisons de plain-pied.

Aucun luxe tapageur, mais la simplicité des gens du désert. Une ambiance paisible et unie. Le grand-père, le maréchal Al-Khweldy Al-Hamedi, y élevait des oiseaux —C’est un héros de la Révolution qui a participé au renversement de la monarchie et à la libération du pays de l’exploitation coloniale. Tous sont fiers de lui—. Le fils, Khaled Al-Hamedi, président de l’IOPCR, une des plus importantes associations humanitaires arabes, y élevait des biches. Une trentaine d’enfants couraient en tous sens au milieu des animaux.

On préparait aussi le mariage de son frère Mohammed, parti sur le front combattre les mercenaires étrangers encadrés par l’OTAN. La cérémonie devait avoir lieu ici aussi dans quelques jours. Sa fiancée était déjà radieuse.

Personne n’avait remarqué que, parmi les invités un espion s’était infiltré. Il faisait mine d’envoyer des twitters à ses amis. En réalité, il venait de déposer des balises et il les reliait par le réseau social au QG de l’OTAN.

Le lendemain, dans la nuit du 19 au 20 juin 2011, vers 2h30 du matin, Khaled rentre chez lui après avoir visité et secouru des compatriotes qui fuient les bombardements de l’Alliance. Il est assez proche de sa maison pour entendre le sifflement des missiles et leurs explosions.

L’OTAN en tire huit, de 900 kilos chacun. L’espion avait placé les balises dans les différentes villas. Dans les chambres à coucher des enfants. Les missiles sont tombés à quelques secondes d’intervalles. Les grands parents ont eu le temps de sortir de leur maison avant qu’elle ne soit détruite. Il était déjà trop tard pour sauver enfants et petits-enfants. Lorsque le dernier missile a frappé leur villa, le maréchal a eu le réflexe de protéger son épouse de son corps. Ils venaient de franchir la porte et ont été projetés par le souffle de l’explosion une quinzaine de mètres plus loin. Ils ont survécu.

La demeure familiale des Al-Hamedi bombardée par l’OTAN.

© Franklin Lamb / Réseau Voltaire

Quand Khaled arrive, ce n’est que désolation. Sa femme, qu’il avait tant aimée, et l’enfant qu’elle portait ont disparus. Ses enfants pour lesquels il aurait tout donné, ont été broyés par les explosions et l’effondrement des plafonds.

Les villas ne sont que ruines. Douze corps déchiquetés gisent sous les décombres. Des biches touchées par les éclats agonisent dans leur enclos.

Les voisins qui ont accouru cherchent en silence des preuves de vie dans les gravois. Mais il n’y a aucun espoir. Les enfants n’avaient aucune chance d’échapper aux missiles. On extrait le cadavre décapité d’un bébé. Le grand-père récite des versets du Coran. Sa voix est ferme. Il ne pleure pas, la douleur est trop forte.

À Bruxelles, les porte-parole de l’OTAN ont déclaré avoir bombardé le siège d’une milice pro-Kadhafi afin de protéger la population civile du tyran qui la réprime.

Nul ne sait comment la chose avait été planifiée par le Comité des cibles, ni comment l’état-major a suivi le déroulement de l’opération. L’Alliance atlantique, ses généraux tirés à quatre épingles et ses diplomates bien pensants, ont décidé d’assassiner les enfants des familles des leaders libyens pour casser leur résistance psychologique

Khaled Al-Hamedi sur les tombes de ses enfants et de son épouse.

© Franklin Lamb / Réseau Voltaire

Depuis le XIIIe siècle, les théologiens et les juristes européens prohibent l’assassinat des familles. C’est un des fondements même de la civilisation chrétienne. Il n’y a guère que la mafia pour passer outre ce tabou absolu. La mafia, et maintenant l’OTAN.

Le 1er juillet, alors qu’1,7 million de personnes manifestaient à Tripoli pour défendre leur pays contre l’agression étrangère, Khaled est allé sur le front apporter du secours aux réfugiés et aux blessés. Des snipers l’y attendaient. Ils ont tenté de l’abattre. Il a été gravement touché, mais selon les médecins ses jours ne sont pas en danger.

L’OTAN na pas fini sa sale besogne.