Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juillet 6, 2011

Le journaliste italien Giulietto Chiesa fixe la date du début de la Troisième guerre mondiale

Le monde est témoin de provocations et mises en scène orchestrées par les Etats-Unis, intéressés à déchaîner un conflit global, a indiqué à Komsomolskaïa pravda le journaliste italien Giulietto Chiesa.

L’annonce de l’assassinat de Ben Laden témoigne, selon lui, du fait que Barack Obama suit la voie de George W. Bush, qui avait commencé la guerre au Proche-Orient sous des prétextes fallacieux. Le président cherche également à détourner l’attention de l’opinion publique des problèmes réels de l’économie américaine en déclin, estime Chiesa.

Les derniers événements (Fukushima, troubles arabes) surviennent dans le contexte de la crise qui s’annonce, selon lui. Le monde  va affronter une crise énergétique, liée à l’épuisement des hydrocarbures fossiles, et une crise financière, en raison du fait que le secteur industriel est englouti par le secteur financier, pense l’expert.

Une guerre pour les ressources peut commencer d’ici cinq ans, estime-t-il. Ce pronostic s’explique par la croissance de la Chine, le boom démographique dans le monde et l’épuisement des ressources naturelles.

Le journaliste compare la situation actuelle en Europe à celle de l’époque de la Grande Dépression, qui avait engendré une série de régimes d’ultra-droite dans la région. Aujourd’hui, le gouvernement italien comporte déjà des fascistes, et la Constitution de ce pays subit une pression de plus en plus forte, avertit-il. Les nationalistes sont au pouvoir en Finlande et le parti xénophobe a remporté les élections aux Pays-Bas.

« En 1929, il y avait également une crise, et dix ans après, c’était la Seconde guerre mondiale. Nous nous retrouvons dans une situation beaucoup pire et beaucoup plus dramatique », dit Giulietto Chiesa.

Giulietto Chiesa, communiste italien et ancien député européen, est journaliste professionnel, ancien correspondant de L’Unità et de La Stampa à Moscou.

VIA

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Pour un autre paradigme des relations France-Afrique, ou la fin du modèle françafricain

Analyse par le quotidien ivoirien d’investigation « Le Nouveau Courrier » des relations France-Afrique.

Nicolas Sarkozy, dans une de ses déclarations emplie de démagogie, où il fit une nouvelle fois l’illustration de sa piètre connaissance de l’Afrique et de l’histoire, avait affirmé que la France n’avait pas besoin de l’Afrique (1).

Voilà en une phrase résumé le paradigme (modèle) des relations France-Afrique. Au-delà de la saillie blessante et injurieuse pour ses hôtes maliens, elle mettait en évidence le cadre flou, teinté de paternalisme et de condescendance, dans lequel s’est inscrite la politique initiée par le Général de Gaulle au lendemain de la libération.

Les effets de cette « vision », le nègre d’Afrique francophone n’a cessé depuis lors de les observer et de les subir. Le nègre de Côte d’Ivoire les observe et les subit aujourd’hui même, dans les rues d’une Abidjan dévastée et livrée à des chefs de guerre.  Plaçant la question de la relation entre la France et ses ex-dépendances dans le cadre étroit et unilatéral de ses besoins supposés et évidents, le propos escamotait la véritable nature du lien vassalique et spoliateur unissant l’État français et ses ex-colonies. Ceci est compréhensible, car comment expliquer aux français que la devise de leur pays en Afrique n’est pas Liberté-Égalité-Fraternité mais bien Pillage-Violence-Mensonge ?

Une exception culturelle bien française

Pour ceux des commentateurs politiques français  qui se complaisent dans l’usage immodéré de la symbolique et qui substituent à une véritable analyse une catégorisation simpliste et erronée de l’action du politique, Nicolas Sarkozy n’est pas un gaulliste. Si la politique de classe, favorable aux milieux aisés et fortunés, qu’il a imposée aux français depuis son accession au pouvoir en 2007 renforce cette lecture, sa politique africaine, cristallisée par la guerre coloniale qu’il a menée en  Côte d’Ivoire, le place comme héritier de ce que nous appellerons, le Gaullisme africain et qui n’est autre que l’institutionnalisation du vol, de la corruption et de la violence la plus abjecte sur le continent noir.

Que ces pratiques aient été mises en place au lendemain de la libération  pour permettre à une France exsangue et marquée du sceau de l’infamie, du fait de son rapprochement avec le Reich, de retrouver son rang de puissance planétaire, importent peu aux citoyens français honnêtes ou aux africains qui en sont les victimes.

La fin ne justifie pas toujours les moyens, notamment lorsque l’équation intègre dans ses paramètres  la vie et la liberté d’hommes et de femmes qui n’eurent pour seul tort que de naître sur un continent immensément riche, balkanisé en 1884 à la Conférence de Berlin de sinistre mémoire …

Le double langage de l’hypocrite et criminel personnel politique français  a, depuis MM. De Gaulle et Foccart, empêché le peuple français de s’approprier et d’appréhender correctement la question de la relation de son pays avec  l’Afrique. La duplicité qui a été instituée depuis lors dans l’exposé des politiques à destination du continent noir brouille toute compréhension ou analyses correctes.

Et heureusement! Il ne fait aucun doute que le peuple français ne tolèrerait pas les pratiques empruntées à la criminalité organisée, qui régissent là-bas les comportements des officiels français.

On nous objectera avec naïveté ou mauvaise foi que rien n’est tout blanc ou tout noir, que la France n’a point d’amis, seulement des intérêts. Ecartons-nous pourtant de ces évidences de Lapalisse, car lorsque le paradigme dans lequel se développent les relations entre la France et ses ex-colonies se définit par l’absence absolue de moralité, fille d’un cynisme sans frein, par la corruption du cœur et de l’esprit de ses agents et une opacité totale, il ne faut point espérer qu’il en ressorte quelque bien, même symbolique.

Le droit de désinformer

A cela, ajoutons l’incompétence et la mauvaise foi caractérisée des grands médias et de la majorité des intellectuels, en charge d’éclairer les français sur la complexité du monde africain.
Prenons pour exemple édifiant M. Pascal Boniface, géopolitologue, qui se plu lors d’une émission télévisée à évoquer l’hypothèse d’un troisième homme susceptible de ramener la paix et favoriser une transition politique dans le calme en Côte d’Ivoire (2).
Au regard de la situation prévalant entre MM. Gbagbo et Ouattara, le nom de l’homme providentiel souhaité par M. Boniface, le footballeur Didier Drogba, s’il peut prêter à sourire, démontre la légèreté avec laquelle sont traitées les questions africaines dans les médias, lorsque ce n’est pas une propagande éhontée et fallacieuse qui abrutit et aveugle le citoyen français.

BFM TV, qui est à la déontologie journalistique ce qu’Eric Besson est à la fidélité en politique, ou l’excité Robert Ménard, ignorant tout des sujets dont il parle selon lui «Sans interdit», en furent les meilleurs exemples, lors de la guerre coloniale menée par la France contre la Côte d’Ivoire. Ils se plaçaient ainsi dans la perpétuation de la tradition de  cécité du journaliste, voire de sa malhonnêteté face aux réalités des méfaits de la politique africaine de la France, instaurée par André Blanchet journaliste au Monde lors de la «pacification » du Cameroun (1955-1962).

Alors que les troupes françaises secondées par des supplétifs africains à la solde du sanguinaire et pro-français Ahmadou Ahidjo massacraient populations et maquisards upécistes, cette figure du journalisme d’alors n’y voyait qu’œuvre bienfaitrice, n’hésitant pas à escamoter une vérité sanglante, désinformant sciemment ses lecteurs, qui n’avaient d’autres sources d’informations (3).

Tout a donc été mis en œuvre pour que le citoyen, floué par les politiques, désinformé par les médias lorsqu’il n’est pas intoxiqué par leurs mensonges, ne puisse se forger une opinion sur ce que le gouvernement français peut accomplir en son nom sur le continent africain.

Un jeu de dupes.

Par ailleurs, le ressentiment légitime qui peut lui être signifié par les africains et les afro-français en réponse à cette politique criminelle, il ne peut le comprendre. Lui qui a été bercé depuis des temps immémoriaux par des comptines à dormir debout, idéalisant la bonté de la France à l’endroit de ces pauvres nègres qui se massacrent par tradition, ou meurent de faim  par inclinaison, ne peut saisir que l’on puisse mettre en doute la politique « humaniste » de son pays. Il est en fait, et dans une moindre mesure, une victime de cette politique du mensonge qui en moins de vingt ans a permis à notre pays d’être complice de génocide au Rwanda et (potentiellement ?) de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire.

En France on n’a pas de pétrole, mais on a des groupes pétroliers.

En France on n’a pas d’uranium, mais on fabrique des centrales nucléaires.

En France on n’a pas de cacao, mais on produit du chocolat.

Ce qui est à toi est à moi, ce qui est à moi n’est plus à toi

Le citoyen français  est  en droit de savoir quel prix paie l’homme africain pour qu’il puisse se gargariser d’être le ressortissant d’une grande puissance. Pourtant tout est fait pour qu’il ne se questionne pas.

Le décryptage des véritables ressorts de la politique africaine de la France est laissé aux militants associatifs, à quelques politiques renégats ou calculateurs, et à une intelligentsia noire qui, tous ensemble, ont perdu le pari de la vulgarisation de cette thématique, essentielle à une prise de conscience par la société française des enjeux s’y rapportant.

Un Front National

L’omerta demeure la règle, et la vision fortement teintée de darwinisme qui imprègne la classe politique française quant à sa lecture des relations France-Afrique, n’aide pas à la popularisation de ce débat nécessaire. En France, on s’émouvra de la situation dans le monde arabe, d’une simple phrase naîtra un déchaînement des passions politiques et journalistiques (la proposition maladroite de notre regrettée Michelle Alliot-Marie devant la Représentation Nationale). Mais en France, on restera coi devant l’agression coloniale du gouvernement Sarkozy, mise en musique par le spécialiste de l’Afrique et des africains, le droit dans ses bottes Alain Juppé qui semble préférer l’africain, non pas droit dans ses sandales, mais raide et allongé dans sa tombe …

Le Parti Socialiste, lui, ne s’est pas trompé en soutenant la guerre coloniale de Sarkozy-Lyautey, il a renoué en cela avec son glorieux passé, celui de la gauche coloniale qui au nom des Lumières importât les ténèbres en Afrique. La boucle est ainsi bouclée …
Après avoir démontré le peu de cas, hormis bien sûr en  période électorale, qu’il peut faire des problématiques auxquelles font face les afro-français (son nègre de service Ali Soumaré en est un exemple saisissant), le Parti Hypocrite affiche sans honte son peu de soucis des répercussions des politiques françaises en Afrique.

Il apparaît clairement que cette question, pourtant centrale, ne préoccupe ni les politiques dans leur majorité, pour raison de complicité avec le système mafieux hérité du gaullisme, ni les médias ignorants de l’Afrique ou des africains ou tout simplement aux ordres, et encore moins la société civile, désinformée et lobotomisée par une pensée dominante aux relents paternalistes.

Pornographie et démocratie

Le bouleversement de ces pratiques ne viendra que de la partie de la population française qui est sensible à ces problématiques, parce qu’elle est originaire d’Afrique et que bien souvent elle y maintient des attaches. Il n’y a pas grand-chose à attendre ni des politiques, ni des médias. Ils ne peuvent initier une réflexion qui peut faire ressortir leurs insuffisances ou leurs mensonges. D’autant plus que le débat débouchera, sans nul doute possible, sur la mise en lumière de leur trahison des principes républicains et humanistes (principes plus souvent observables dans les propos que dans les actes des responsables en charge de mener les politiques en direction de l’Afrique).

Et pourtant, le  changement du  modèle qui définit les rapports France-Afrique, ce que nous appelons le paradigme gaullien françafricain, est un impératif. La France et les français ne peuvent plus maintenir leurs avantages et leur rang en usant du triptyque, Pillage-Mensonge-Violence mis en place par Foccart à la demande de De Gaulle et perpétué par tous les présidents de la Vème République. Triptyque auquel Nicolas Sarkozy a rajouté une touche de vulgarité et d’obscénité. La pornographie de la politique que nous pouvions déceler dans les propos qu’il avait tenus à Bamako, il l’a revendiquée dans son discours tenu à Dakar, annonciateur de son interventionnisme colonial.  Il l’a magnifiée en se rendant à Yamoussoukro pour l’investiture du nouveau David Dacko, Alassane Ouattara, dernier préfet-sident en date installé au pouvoir par l’armée française.

Dans un discours qui n’a véritablement été commenté par aucun média français, qui n’a été condamné par aucun responsable politique, il a affirmé que l’armée française restera toujours en Côte d’Ivoire.

Quand nous expliquera-t-il que la Force Licorne coûte 500 millions d’euros par an, lui qui se veut le champion de la diminution des dépenses publiques ?

Expliquera-t-il à ses concitoyens pourquoi l’état français, qui n’a nul besoin de l’Afrique, y va gaillardement bombarder des civils et se salir les mains en soutenant des criminels de guerre ?

Expliquera-t-il que c’est simplement parce que la France pille l’Afrique ?

Rendra-t-il intelligible que les immigrés qu’il poursuit de sa vindicte et qu’il veut à tout prix renvoyer chez eux ne sont en France que parce que cette dernière leur ôte, pour bonne part, le pain de la bouche ?  Que la France soutient et arme les dictateurs qui briment ces mêmes africains ?

Qu’elle soutient et arme les rebelles qui vont chasser du pouvoir ces dictateurs qu’elle hier a soutenus et qui aujourd’hui ne lui plaisent plus ? Va-t-il expliquer aux français que ce sont ses amis qui bénéficient de façon éhontée de cette politique de rapine, de violence et de dissimulation ?

Que c’est ainsi depuis De Gaulle, et que c’est le prix de la « grandeur » de la France ? 

Nous en doutons fortement…

Comme une évidence…

Pourtant la fin du paradigme gaullien françafricain doit, et sera évoqué lors de la campagne présidentielle et par tous les candidats, ce n’est pas une question de forme mais de fond. La France aujourd’hui est différente, elle ne peut donc plus, au nom de principes nobles mais dévoyés par des hommes sans moralité, continuer de se bâtir sur des monceaux de cadavres et au prix du retard de tout un continent. La fin du paradigme gaullien françafricain ne découlera pas d’une volonté politique, mais bien d’une volonté populaire. La demande d’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur l’intervention de la force Licorne est une des étapes de la volonté citoyenne tendant à cet objectif (4).
En parallèle seront prises initiatives similaires visant à faire figurer cette problématique en bonne place lors du débat politique qui s’annonce.

Nul modèle n’est immuable, comme tout cadre intellectuel, il peut être amené à évoluer, voire disparaître. Tout porte à croire que le paradigme gaullien françafricain vit ses derniers moments. Nous devons et allons nous mobiliser pour l’accompagner dans la tombe, mais au préalable doit être défini le cadre dans lequel évolueront les relations futures de la France et de l’Afrique. Un cadre diamétralement opposé à cette vision gaullienne faisant la part belle à une hégémonie et à un lien vassalique à l’avantage exclusif de la France.
Pour ce faire, les États et Peuples d’Afrique, secondés en cela par leurs diasporas, doivent œuvrer de concert pour abattre ce que nous nommons les murs de la honte et de la soumission.
Ils sont au nombre de trois :

– Les accords de défense, nés des indépendances de principe octroyées par la France, conçus pour maîtriser les populations autochtones et garantir la sécurité de despotes nègres, laquais de l’ancienne métropole.

– L’abandon de cette monnaie de singe que constitue le franc CFA. La France n’a pas vocation à être  la tutrice des économies africaines ! La mauvaise tenue de ses comptes publics devrait amener les décideurs africains à se désolidariser de ce bateau ivre …

– La cession sans réelle contrepartie des richesses du sol et sous-sol des États d’Afrique noire doit impérativement être revue. Nationalisation est un gros mot uniquement pour le spoliateur, c’est au contraire une déclaration d’amour impérative que doit faire à son peuple tout responsable politique africain qui se respecte.

Il est plus qu’évident que ce système qui maintient depuis des décennies tant de femmes et d’hommes dans l’étau et obère toute possibilité de développement et d’épanouissement n’a d’autre vocation que d’être fondamentalement combattu, repensé et bien évidemment remplacé. Cet objectif est aujourd’hui, au regard de la dramatique résolution de la crise ivoirienne, la priorité de tout africain, et par extension, des hommes et des femmes expatriés ou déracinés qui portent en eux l’amour de ce noble continent, berceau de notre humanité et laissé depuis trop longtemps en pâture aux chiens …

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(1) Lors d’un voyage à Bamako en 2006, le candidat Sarkozy avait gratifié ses hôtes maliens de cette déclaration d’une rare élégance et d’une grande diplomatie …

(2) En décembre dernier, sur le plateau de l’émission C dans l’air de M. Yves Calvi (Talk-show politique de la 5), M. Boniface se permit de proposer Didier Drogba comme troisième homme susceptible d’unifier la Côte d’Ivoire. Zidane réglant la contestation née de la réforme du régime des retraites est une idée ne pouvant germer que dans l’esprit d’un fou ou incompétent, à plus forte raison celle d’un homme ne faisant pas l’unanimité dans un vestiaire d’équipe de football, mis à la tête d’un état au bord de la guerre civile … Le souvenir des mines effarées des trois autres intervenants (M.  Keumayou Directeur de l’information de la chaîne Télésud, M. Dogui homme d’affaire ivoirien et M. Glaser fondateur de la Lettre du Continent), ne lasse pas de nous faire sourire…

(3) Se référer,  pour plus de détails, à l’excellente monographie de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tsatsitsa, Kamerun, paru aux éditions La Découverte en novembre 2010. A ce jour, ouvrage le plus abouti portant sur l’histoire de la décolonisation de l’Afrique noire en général et de la guerre d’indépendance du Cameroun en particulier …

(4) Pétition et courriers adressés aux responsables politiques français consultables sur internet à cette adresse :  http://alternativesetcoherence.blogspot.com/2011/05/pour-une-commission-denquete.html

Libye : Interception de cargaisons d’armes destinées aux rebelles

La Libye intercepte au large de ses côtes des cargaisons d’armes destinées aux groupes rebelles – Des gardes-côtes libyens ont réussi à intercepter lundi à l’aube, au large des plages de Janzour (banlieue ouest de Tripoli) deux bateaux transportant des armes destinées aux groupes rebelles, a annoncé une source officielle libyenne à la PANA.

«Cette cargaison d’armes financée par le Qatar a été accompagnée et protégée depuis le littoral tunisien par l’OTAN jusqu’aux côtes libyennes, en vue de leur remise aux groupes rebelles libyens», a indiqué le secrétaire de l’Office général libyen du Foreign Media, Dr Moussa Ibrahim, lors d’une conférence de presse tenue lundi soir à Tripoli.

Dr Moussa Ibrahim a précisé que l’opération d’exfiltration des armes en Libye s’est déroulée au moment où des frégates de l’OTAN bombardaient et tuaient des civils à Zaouia et Zoura (ouest de Tripoli) et dans la capitale libyenne, Tripoli.

Le responsable libyen a affirmé que cette interception prouve que la vérité est du côté « de la position sage et courageuse » de son pays, soulignant qu’il est devenu clair pour tout le monde que les groupes armés et les pays qui les soutiennent œuvrent à détruire la Libye et à y provoquer l’effusion de sang.

Interview de Saïf Al-Islam Kadhafi : « Abdoulaye Wade a reçu 20 millions d’euros pour son fils »

Révélation du fils de Khadafi: “Abdoulaye Wade a reçu 20 millions d’euros pour son fils (Karim, son possible successeur). C’est le Qatar qui a payé, nos espions nous disent tout

Parmi les enfants de Mouammar Kadhafi, Saïf Al-Islam avait l’ambition d’être le réformateur de la Libye. Le deuxième fils du Guide libyen a vécu et étudié à l’étranger, lancé de grands travaux de transformation des villes libyennes. Lorsqu’a éclaté la contestation armée, en février, l’ingénieur de formation a sidéré la planète par une allocution télévisée où il promettait de continuer la guerre contre les rebelles de l’est libyen, le Conseil national de transition (CNT), “jusqu’au dernier homme, jusqu’à la dernière femme, jusqu’à la dernière balle.”

Quatre mois plus tard, Saïf Al-Islam Kadhafi, l’ex-”jet-setter”, joue un rôle clef à Tripoli. En raison des frappes de l’OTAN, il reste discret sur ses déplacements mais, en cet après-midi, il est allé “nager dans la mer”. Depuis le 20 juin, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), comme son père et le chef des services de renseignements libyens.

Vous sentez-vous visé par les frappes de l’OTAN ?

L’OTAN a bombardé ma propre maison, le bureau de mon père, sa tente et d’autres endroits où ils pensent mon père pourrait se trouver. Ils essayent de le tuer de toutes leurs forces. Ce qui montre que ce sont des gangsters, un groupe de criminels. Je ne crois pas que la résolution (1973) du Conseil de sécurité dise : “Vous devez tuer Monsieur Kadhafi”, ou tuer mon frère (Saïf Al-Arab, le plus jeune des fils de Mouammar Kadhafi, tué par un bombardement de l’OTAN avec sa famille en mai), ou tuer les enfants de Libye.

Comment vivez-vous les poursuites de la CPI ?

Il y a deux mois, on nous appelait de plusieurs pays, en nous disant : “Si vous partez en exil, on fera cesser les poursuites. On réglera ça.” Ça signifie que ce n’est pas un véritable tribunal. C’est un outil pour nous mettre sous pression. Mais on pense plus à la bataille en cours, pour l’instant, qu’à la CPI. Dieu est avec nous, on va se battre, et on gagnera. Ils (le Conseil national de transition (CNT), les rebelles) sont du côté du Mal. Ils commettent des horreurs. Benghazi est comme Mogadiscio, avec des terroristes partout.

Vous dites “ils” pour qualifier le CNT. Vous ne souhaitez pas les qualifier de rebelles ?

Je les appelle plutôt des rats. Ils n’ont aucune chance de prendre le contrôle de la Libye par le biais de l’OTAN et de la France. Les rats sont très fiers d’eux-mêmes. Ils n’étaient personne. Maintenant, ils sont reçus à l’Elysée, au 10 Downing Street, chez Obama. Il y a des avions, des sous-marins qui font la guerre pour eux. C’est comme au cinéma, mais le peuple ne les soutient pas. Un jour, vous vous souviendrez de ce que je vous dis : les rats n’ont strictement aucune chance de contrôler ce pays. Ce sont des traîtres. Ils travaillent avec des Européens, des Américains, d’autres encore pour bombarder leur propre peuple.

Il y a aussi des pays africains qui soutiennent le CNT.

La France a ses valets en Afrique. Ils ne vénèrent pas Dieu, ils vénèrent l’Elysée. Certains ont leurs raisons. Abdoulaye Wade (le président sénégalais) a reçu 20 millions d’euros pour son fils (Karim, son possible successeur). C’est le Qatar qui a payé, nos espions nous disent tout. Mais nous avons de nombreux amis sur le continent.

Il y avait à l’origine de cette crise un mouvement de contestation du pouvoir en Libye.

Les véritables enjeux sont l’argent, l’argent, l’argent et le pétrole. Personne ne soutient les rebelles en Syrie, par exemple. Mais ici, il y a du pétrole. La Libye est un gigantesque gâteau que les pays (étrangers) veulent se partager. Ça suffit, on n’est pas dans un bazar. On fait couler le sang des gens pour pouvoir signer ces contrats.

Nicolas Sarkozy avait reçu Mouammar Kadhafi à Paris en 2007. A présent, la France soutient le CNT. Que s’est-il passé ?

On considérait M. Sarkozy comme notre meilleur ami en Europe. La relation qu’il avait avec mon père était tellement spéciale. Nous avions même des liens avec son ex-femme. Nous avions une sorte de relation familiale avec lui. En une nuit, il a changé d’avis. Nous avons entendu qu’il était fâché parce que nous n’avons pas signé beaucoup de contrats avec la France. On n’a pas acheté le Rafale. Le Brésil et Abou Dhabi ne l’ont pas acheté non plus. Est-ce que la France va les bombarder aussi ? Mais il reste une chance pour restaurer cette amitié. Si vous continuez à nous bombarder, vous n’obtiendrez rien. Mais les rebelles ne l’emporteront jamais. Pétrole, Rafale, contrats : fini ! Total ? Fini ! Quant à ces gens (les rebelles), bientôt ils vont disparaître. Si vous voulez faire des affaires en Libye, vous devriez venir à la bonne adresse (Tripoli). Là, vous traitez avec les mauvais interlocuteurs.

On se bat toujours sur les fronts…

Les rebelles ne sont que quelques centaines de combattants, huit cents ou mille à l’échelle du pays. Ils sont relativement forts parce qu’ils ont l’OTAN qui se bat pour eux, avec l’argent, les médias, les armes, les (hélicoptères) Apache. Les Tornado, les Rafale, le Charles-de-Gaulle. La VIe flotte(américaine), les Awacs. Ce n’est pas une plaisanterie, tout ceci. Si vous soutenez Mickey Mouse avec de tels moyens, Mickey Mouse sera quelque chose en Libye ! En dépit de cela, ils perdent du terrain tous les jours.

Que se passerait-il si l’OTAN arrêtait ses frappes ? Vous arrêteriez la guerre ?

Avec l’OTAN ou sans l’OTAN, et même si le diable vient faire la guerre avec les rebelles, ils vont perdre ! Les Américains ont soutenu le Sud Vietnam pendant longtemps, à la fin ils ont dû partir en courant. Aujourd’hui même, les Américains essayent de faire plaisir aux talibans en Afghanistan et négocier avec eux. Les Mirage 2000 sont envoyés depuis la Corse, les Tornado anglais depuis la Sicile. Ils font des missions depuis l’Europe pour bombarder un Land Cruiser (un 4×4) en Libye et ils retournent sur leur base. Vous pensez qu’ils vont contrôler la Libye en s’y prenant de cette manière ? Ce sont les gens sur le terrain qui vont l’emporter.

L’opération de l’OTAN est particulièrement stupide, mal préparée. Tout a été fait dans la hâte. Une campagne fast-food, une campagne McDonald’s. Nous, nous avons notre armée. Nous avons plus de munitions, plus d’armes. Le moral est au plus haut. Les autres sont de plus en plus faibles.

Les possibilités de négociation qui se dégagent peuvent-elles mettre fin au conflit ?

Vous voulez la paix ? On est prêts. Vous voulez la démocratie ? On est prêts. Vous voulez des élections ? On est prêts. Vous voulez que la Libye devienne comme la Suisse ? On est prêts. Vous voulez une nouvelle Constitution ? On est prêts. Vous voulez la guerre ? On est prêts aussi. On est prêts pour toutes les options.

Moi, j’aime la démocratie. Je veux que la Libye soit la Suisse ou l’Autriche du Moyen-Orient. Je veux que nous ayons une économie moderne, une démocratie moderne, avec la liberté, des élections. Mais si vous voulez la guerre, nous adorons nous battre ! Jusqu’à la mort. Laissez les Libyens décider. S’ils veulent une monarchie, une république, ou tout ce qu’on peut imaginer.

Quelles sont les chances de voir aboutir les négociations qui s’annoncent ?

Laissez-nous organiser des élections, avec des observateurs du monde entier, de manière transparente.

Des élections pour quoi exactement ? A quel niveau ?

A tous les niveaux. Il suffit de demander. On peut mettre en place un gouvernement de transition avec des technocrates de tout le pays, pour la transition, pendant trois ou quatre mois. Ensuite on établit une nouvelle Constitution. Les élections suivent tout de suite et ce sera le retour à la paix. Libye n’est pas l’Irak. Les enfants pourront retourner à l’école, on voyagera, on ira se baigner dans la mer, on fera des affaires, point final. Nous sommes cinq millions, on est riches, on peut s’entendre. Ce n’est compliqué qu’à cause des autres, de l’OTAN, de la France, Royaume-Uni, Italie, Amérique, Turquie et Qatar.

Jugera-t-on les crimes commis ?

A Benghazi, ils font des horreurs, et on les appelle “combattants de la liberté”. On a accusé Kadhafi d’avoir bombardé Tripoli. Il n’y a aucune preuve. Où sont les victimes ? Cette fois, ils viennent avec une nouvelle histoire : les viols. On viole les femmes et on prend du Viagra (distribué aux combattants). C’est un vrai film ! Et là, encore une autre histoire : nous serions prêts à attaquer avec des armes chimiques. Tout ceci pour rendre la situation “sexy”. Comme on l’avait fait pour les armes de destruction massives de Saddam Hussein.

Ce pays a-t-il besoin d’un président (il n’y en a pas dans l’état actuel) ?

Non, ce pays a besoin de pouvoirs locaux très forts, avec un système fédéral.

Quelle peut être dans ce cas la place du Guide, votre père ?

Mon père ne fait pas partie des négociations. C’est un conflit libyen, avec des Libyens et des traîtres, des milices, des terroristes. Vous pensez qu’on peut trouver une solution qui ne l’implique pas ? Non, c’est impossible.

FMI: Le salaire de Christine Lagarde fixé à 551 700 $

La nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a pris ses fonctions mardi, et touchera un salaire annuel de 551 700 $, a annoncé l’institution.

Mme Lagarde est arrivée vers 09H00 au siège du FMI à Washington, ont constaté des journalistes de l’AFP. Elle a été accueillie par son premier adjoint, l’Américain John Lipsky, et le doyen du conseil d’administration, l’Égyptien Abdel Shakour Shaalan.

Le FMI a publié son contrat de travail, qui prévoit un salaire de base de 467 940 $ par an et une allocation pour frais de représentation (sans justificatifs) de 83 760 $ par an, soit un total de 551 700 $. Cette allocation n’est soumise à aucun impôt, grâce au statut de fonctionnaire international des salariés du Fonds.

En 2007, son prédécesseur Dominique Strauss Khan avait eu droit à un salaire annuel de 420 930 $ et une allocation pour frais de représentation (sans justificatifs) de 75 350 $ pour un total de 496 280 $ par an. Le dernier salaire annuel que le FMI ait publié pour M. Strauss-Kahn, était de 521 100 $ pour la troisième année de son mandat, soit la période de novembre 2009 à octobre 2010.

Le reste des termes du contrat de travail de Mme Lagarde est globalement identique à ceux qui prévalaient pour M. Strauss-Kahn, à l’exception d’un paragraphe sur l’éthique beaucoup plus détaillé.

«Il est attendu de vous, en tant que directrice générale, que vous observiez les normes les plus élevées de conduite éthique, conformément aux valeurs d’intégrité, d’impartialité et de discrétion. Vous vous efforcerez d’éviter ne serait-ce que l’apparence d’une inconvenance dans votre comportement», indique le contrat.

«Dans la conduite de vos activités de directrice générale, vous avez un devoir de loyauté exclusive au Fonds et éviterez tout conflit d’intérêt ou l’apparence d’un tel conflit», poursuit-il.

Mme Lagarde devra participer «à la formation sur l’éthique prévue par le conseiller éthique du Fonds qui est exigée pour tous les salariés du Fonds».

Aucune précision supplémentaire n’est donnée sur sur les conditions d’un éventuel licenciement, qui peut toujours être décidé par le conseil d’administration d’une manière qui n’est pas précisée.

Pour en savoir plus Terms of Appointment of Christine Lagarde as Managing Director of the International Monetary Fund