Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: juillet 8, 2011

BENIN : Elévation d’Idriss Deby Itno à l’UAC, Boni Yayi élève un DICTATEUR au grade de Dr Honoris Causa

Les mercredi 6 et jeudi 7 juillet  2011, le président tchadien, Idriss Deby Itno était en visite d’amitié et de travail au Bénin. Après les usages protocolaires et diplomatiques, l’hôte du Bénin s’est rendu au Port autonome de Cotonou pour une visite guidée. Il s’est agi en effet de faire découvrir à l’illustre président, ce poumon de l’économie béninoise qui dessert le Tchad, pays de l’hinterland.

Toujours au cours de son séjour de 48 heures en terre béninoise, le président tchadien, Idriss Deby a été fait grand croix dans l’ordre national du Bénin. Ceci en présence de son homologue béninois, Boni Yayi. Mieux en visite sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi, le numéro 1 tchadien a été élevé au grade de Docteur Honoris Causa de l’Université d’Abomey-Calavi par le conseil scientifique avant son départ dans l’après-midi d’hier 7 juillet 2011. Décoration qui n’a pas laissé indifférent les intellectuels. En effet, après cette cérémonie, ils sont plusieurs, les intellectuels qui n’ont pas caché leur amertume de voir les distinctions galvaudées comme cela se passe actuellement sous le régime Yayi. Tout le monde connait le parcours du général Idriss Deby Itno. Ancien rebelle, il a accédé au pouvoir par les armes après un coup d’Etat. Mieux, la démocratie n’est pas la chose la mieux partagée au Tchad. Tout le monde a encore en mémoire la disparition mystérieuse de l’opposant tchadien, Ibni Oumar Mahamat Saleh depuis le 2 février 2008 dont on est sans nouvelle jusqu’à ce jour. Rien qu’avec ce palmarès peu glorieux, Deby ne mérite pas d’être fait Docteur Honoris Causa dans un pays surnommé quartier latin d’Afrique. Il se raconte que c’est parce qu’il a offert des tentes d’une capacité de 1200 places  pour servir d’amphithéâtre aux étudiants béninois que cet honneur lui a été fait. Cela a même été dit lors de l’élévation de ce dernier. Toutefois cette raison souffre de pertinence. Ce n’est pas parce que quelqu’un offre une tente ou toute autre chose à une Université qu’il faut l’élever au grade de Docteur Honoris Causa. Les dizaines d’années passées à la tête de son pays n’effacent pas ses actes peu glorieux dans le domaine du respect des libertés individuelles, de la démocratie et des droits de l’homme. Le chef de l’Etat, Boni Yayi l’a si bien compris au point où il n’a pas voulu embrasser l’heureux du jour une fois que les attributs de ce grade lui ont été décernés. Il a fallu l’intervention du chef du protocole d’Etat pour qu’il se tourne vers lui pour procéder à cette pratique de civilité. En effet, Boni Yayi sait très bien que la démocratie et le respect des droits de l’homme ne sont pas les choses les mieux pratiquées au Tchad et que le général Idriss Deby qui est un président qui se fait élire dans des conditions que tout le monde connait. Au regard de cela, il ne mérite pas de recevoir cette distinction hautement intellectuelle. On se rappelle que même Mathieu Kérékou n’a pas vu son nom attribué à l’Université d’Abomey-Calavi. En effet, à quelques mois de son départ du pouvoir, des personnes ont souhaité que l’Université d’Abomey-Calavi porte le nom de Mathieu Kérékou pour service rendu à la Nation. A l’époque des intellectuels s’étaient opposés à un tel projet estimant qu’on ne saurait donner le nom d’un général de l’armée à un haut lieu de savoir qu’est l’Uac. C’est dire donc que c’est une farce inopportune organisée par le conseil scientifique de l’Université d’Abomey-Calavi avec à sa tête Norbert Awanou hier.

E.N. L’autre Fraternité

Un pyromane quitte le Bénin

Hervé Besancenot

Hervé Besancenot quitte enfin le Bénin. Sale temps en vue pour les citoyens du pays qui l’accueillera en tant qu’ambassadeur.

En attendant peut-être sa décoration puisqu’au Bénin, les décorations sont comme des cacahuètes et se donnent à n’importe quel égaré, Besancenot pourrait nous dire avant de partir en quoi sa venue au Bénin a amélioré le quotidien des béninois, apporté paix et prospérité au Bénin ; bref, en quoi sa coopération avec le Bénin aura été fructueuse pour le pays.

De Khartoum au Bénin en passant par Casablanca et le Caire, cet homme aurait fait un parcours exemplaire si l’on veut bien fermer les yeux sur ses excentricités et ennuyeux discours du 14 juillet dont le premier qui m’aura marqué tant le contraste était saisissant est celui prononcé le 14 juillet 2007 à l’occasion de la célébration du 218ème anniversaire de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Notre ami y invitait les nations démocratiques au perfectionnement de leurs institutions en omettant d’ajouter que son pays est et a toujours été contre la démocratie et le bon fonctionnement des institutions en Afrique.

Cet homme aura laissé une mauvaise image de lui dans toute la jeunesse béninoise pour qui il a été un pion essentiel de Sarkozy, les yeux de la France dans la politique béninoise et l’acteur principal avec ses autres collègues Françoise COLLET de l’Union européenne et Nardos BEKELE-THOMAS, de la réélection ambigüe de Boni Yayi.

Sa mission au Bénin arrivée à terme depuis plusieurs mois, l’agité de l’Elysée n’a pas trouvé mieux à faire que de prolonger son mandat d’un an ; tout ce qui comptait en ce moment pour Sarkozy étant la réélection de Boni Yayi à qui il s’est empressé aux lendemains de son fameux chaos électoral d’adresser une lettre de félicitation.

Au moment où l’opposition demandait un arrêt du processus de réalisation forcée de la liste électorale permanente informatisée (Lepi) pour évaluer la fiabilité de la liste (réalisée de la manière dont on sait), un communiqué de l’Union Européenne en date du 06 avril 2010 bien paraphé par lui, disait ceci : « L’Union européenne ne préconise pas l’interruption du processus de réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi)… et confirme son appui technique et financier dans le cadre du projet Parel géré par le PNUD en soutien aux opérations de la MIRENA et de la CPS ».

Le retrait des représentants de l’opposition de la commission politique de supervision de la Lepi, les révoltes bruyantes et intempestives au sein des agents recenseurs qui  se sont rebellés maintes fois à cause des conditions exécrables de travail, la logistique des opérations qui laissaient à désirer avec des kits qui tombaient régulièrement en panne, la cartographie censitaire mal effectuée, le recensement porte-à-porte bâclé, la crue qui a englouti des dizaines et dizaines de villages, les énormes perturbations de chacune des phases exécutées ; rien de tout cela n’avait ému notre ami Besancenot et sa clique.

Pendant que le Hcr criait à l’aide pour soulager la peine de tous ces pauvres béninois pris entre les eaux, l’Union européenne et le Pnud finançaient tête baissée à coup de milliards la marche forcée de la réalisation de la Lépi dans l’espoir de faire gagner les élections à Boni Yayi par des manipulations électroniques. Le défaut de la Lépi pour les élections de 2011 serait pire catastrophe que ces villages engloutis par les eaux et ces milliers de béninois devenus batraciens de circonstance ou encore ce million de béninois qui devra attendre une décennie avant de pouvoir user de son droit de vote parce que exclu du processus. Tous les moyens sont bons pour se faire réélire et faire réélire le fidèle serviteur qu’est Boni Yayi.

La liste a été réalisée, les élections organisées ; elles se sont aussi déroulées de la manière dont on sait avec des bulletins de vote héliportés de manière unilatérale le jour du scrutin, des cantines parvenues à la Cena hors délai et non scellées et les résultats, proclamés : Boni Yayi aurait été réélu au premier tour. Mission effectuée : Besancenot peut maintenant revenir à la maison. Sa famille peut mettre des bâches pour fêter son retour. Il a bien rempli sa mission. Les ambassadeurs occidentaux en Afrique, c’est de la neutralité à l’ingérence.

aymard

Libye : Sarkozy exige une victoire d’ici le 14 juillet

C’est un film western des temps modernes. Hier encore l’apache Kadhafi était venu planter son tipi dans la Cour du palais du petit visage pâle Sarkozy. Ce dernier, sans doute déçu par les vaines promesses du premier d’acheter des avions de chasse français (le Rafale, jamais vendu à ce jour à l’étranger) a deterré la hache de guerre et exécute à présent la danse du scalp…

A L’ÉTAT-MAJOR des armées, généraux et officiers affirment, en privé, que cet ordre du Président tient « du jamais vu ». Réaction similaire au Centre de planification et de conduite des opérations, là où d’autres officiers maintiennent, sous le contrôle de l’état-major, des contacts permanents avec les aviateurs, marins et membres des Forces spéciales engagées dans cette guerre. Si leur condition de militaires disciplinés les contraint à obéir sans renâcler, certains se disent cependant stupéfaits d’être ainsi harcelés par un président qui veut pouvoir proclamer la victoire et la chute de Kadhafi lors du 14 Juillet. « Sa victoire », ironise un diplomate que ce comportement ne surprend guère. « Il nous faut maintenant gagner la guerre en un peu plus d’une semaine », constate, excédé, un général. Alors que lui et ses collègues se plaignent d’être « en limite » d’effectifs, de matériels, voire de munitions.

Cette exigence présidentielle permet de comprendre pourquoi les raids des hélicoptères français Tigre et Gazelle se sont récemment multipliés. Et, depuis plusieurs semaines, Sarko a décidé de livrer à nouveau des armes aux insurgés, notamment dans la région du djebel Nafousa, au sud-ouest de Tripoli, comme l’a révélé « Le Figaro », le 29 juin. Et ce sans en avertir l’Otan ni les Britanniques.

Au siège de l’Alliance, l’amiral US Stavridis, commandant en chef des forces en Europe, mécontent d’avoir été tenu à l’écart de cette initiative, a demandé aux Français d’expliquer sur quelle base « juridiquement légale » ils avaient décidé d’agir ainsi. Seule réponse officielle connue, celle d’Alain Juppé, qui, à Moscou, le 30 juin, a entendu les mêmes reproches des dirigeants russes. A en croire le patron du Quai d’Orsay, ces parachutages d’armes étaient destinés à protéger des populations « placées dans une situation précaire (…) et sauvagement réprimées ». Difficile de convaincre Américains et Russes avec un tel langage, quand on ne veut pas admettre que les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU n’autorisent aucune livraison d’armes, ni de participer à une guerre civile.

Qualité France

L’hypocrisie en cette matière n’est pas l’apanage des Français. Depuis le début de la rébellion, les Etats-Unis, l’Egypte et l’émirat du Qatar, notamment, ont fourni aux insurgés ce qui leur manquait pour mener quelques offensives. Mais Sarko peut se flatter, lui, de s’être montré plus généreux que ses alliés. Au début mars, le Service action de la DGSE avait déjà discrètement livré au port de Benghazi, noyé dans un fret humanitaire, des canons de 105 et des batteries antiaériennes, instructeurs compris.

Avec la bénédiction de Paris, le Qatar a ensuite fourni des missiles antichars français Milan. Puis une importante opération a été montée aux frontières du Niger avec la Libye, baptisée ironiquement « Pont des sables » au ministère de la Défense. Des camions prêtés par le Niger, et chargés d’armes françaises, ont alimenté la rébellion.

Cette noria de camions ne pouvait échapper aux caméras des satellites américains. Une fois encore, les chefs de l’Otan ont, images à l’appui, demandé des explications à leurs collègues français. L’inquiétude des Américains et des Européens se comprend. Beaucoup trop d’armes circulent désormais en Libye, et pas toujours entre des mains très propres. Mieux : un grand nombre d’arsenaux de Kadhafi ont été pillés, et pas toujours par des rebelles bien intentionnés.

Le Canard Enchaîné

Vol à main armée à Tripoli

Que feriez-vous si une banque, à laquelle vous avez confié 100 000 euros pour les faire fructifier, vous communiquait qu’en une année ils se sont réduits à moins de 2 000 euros ?

C’est ce qui est arrivé à la Libye, d’après une enquête du Wall Street Journal [1]. Après que les USA et l’Union européenne aient révoqué l’embargo en 2004, affluèrent en Libye des dizaines de banques et sociétés financières étasuniennes et européennes. Parmi lesquelles Goldman Sachs, une des plus grandes banques d’investissement du monde, dont le siège principal est à New York. Dans la première moitié de l’année 2008, l’Autorité libyenne d’investissement lui confia 1 milliard et 300 millions de fonds souverains (capitaux de l’État investis à l’étranger).

La banque Goldman Sachs les investit dans un panier de valeurs et en actions de six sociétés : l’étasunienne Citigroup Inc., la banque italienne Unicredit et l’espagnole Santander, la compagnie allemande d’assurances Allianz, la compagnie énergétique française Électricité de France et l’italienne Eni. Un an après, Goldman Sachs communiqua à l’Autorité libyenne qu’à cause de la crise financière, le fonds libyen avait perdu 98 % de sa valeur, les 1 milliard et 300 millions se réduisant à 25 millions de dollars. Les responsables de l’Autorité libyenne, furieux, convoquèrent à Tripoli le responsable de Goldman Sachs pour l’Afrique du Nord.

La rencontre fut turbulente, si bien que Goldman Sachs évacua précipitamment ses employés de Tripoli, craignant qu’ils ne fussent arrêtés. Comme la Libye menaçait d’intenter un procès, qui aurait compromis la réputation de la banque aux yeux d’autres investisseurs institutionnels, Goldman Sachs lui offrit en dédommagement des actions privilégiées de la banque elle-même. Mais les Libyens étant à juste titre soupçonneux, l’accord ne fut pas signé. Restait ainsi ouverte la possibilité, redoutée par Goldman Sachs, que l’Autorité libyenne n’entreprit un procès international.

Des cas analogues de « mauvaise administration de l’argent libyen » sont rapportés par une enquête publiée par le New York Times [2]. Par exemple, la société Permal —unité de Legg Mason, une des principales sociétés de gestion d’investissements, dont le siège est à Baltimore— a administré 300 millions de dollars de fonds souverains libyens, qui ont perdu 40 % de leur valeur entre janvier 2009 et septembre 2010. En compensation, Permal a perçu 27 millions de dollars pour ses prestations. Même chose pour d’autres banques et sociétés financières, comme la hollandaise Palladyne, la française BNP Paribas, la britannique HSBC et le Crédit Suisse.

L’Autorité libyenne menaçait d’entreprendre contre elles des actions judiciaires internationales, qui auraient endommagé l’image de ces « prestigieux » organismes financiers. Le tout s’est résolu de façon heureuse quand, en février dernier, États-Unis et Union européenne ont « gelé » les fonds souverains libyens. Leur « surveillance » a été confiée à ces mêmes banques et sociétés financières qui les avaient si bien gérés.

Et, du vol, on est passé à la rapine à main armée quand la guerre a commencé, en mars. À l’abri des chasseurs-bombardiers de l’OTAN, HSBC et d’autres banques d’investissement ont débarqué à Benghazi pour créer une nouvelle « Central Bank of Libya », qui leur permettra de gérer les fonds souverains libyens « gelés » et les nouveaux qu’ils tireront de l’exportation des hydrocarbures. Cette fois, sans aucun doute, en obtenant de forts rendements.

Manlio Dinucci pour le Réseau Voltaire

Senegal : Le difficile statut de «fils du Président»

Il est quand même de chair, fait. Il souffre, et cela se sent. La lettre de Karim Wade à ses compatriotes d’abord, à l’opinion internationale ensuite, est un aveu d’une souffrance contenue. « Pendant ces dernières années », dit-il dans sa déclaration envoyée à la presse, pendant « ces derniers mois, ces dernières semaines et ces derniers jours », Karim aura « tout vu, tout lu et tout entendu ».

Les événements des 23 et 27 juin 2011 auront donc été la goutte de trop. Ils ont le mérite d’avoir pu le sortir de sa réserve. Moins que les premières phrases, c’est la conclusion de sa déclaration, qu’il serait intéressant de relever. « Chez nous, il n’y a qu’un seul et unique chemin pour accéder au pouvoir : celui des urnes. Au Sénégal, en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et dans toutes les démocraties, le pouvoir ne s’hérite pas, il se conquiert par la voix des urnes ». Une répétition, presque mot pour mot, de ce qu’a toujours affirmé le Président de la République. Il n’est pas dit, cependant, que cela suffira à convaincre ceux qui ont fait de la lutte contre la « dévolution monarchique du Pouvoir », un thème contre le Pouvoir. Si Wade fils est aussi sincère que convaincu de ce qu’il dit dans sa déclaration, ce devrait être pris pour appel à plus d’imagination adressé à ceux qui n’auraient d’autres idées de campagne à proposer aux Sénégalais.

Karim le reconnaît implicitement ; il a beaucoup trop tardé à édifier ses compatriotes sur ses rapports à la dévolution du Pouvoir. Maintenant, il se dévoile : « l’heure est venue pour moi de m’exprimer. Le temps est venu de délivrer, du fond du cœur, un message de vérité, de fraternité et de sincérité. Je me dois d’autant plus de le faire, que tout un chacun sait que je suis la cible d’attaques profondément injustes ». « Impitoyablement, dit-il, je suis sanctionné sans être entendu, jugé dans des procès sans défense, condamné  sans recours possible. De ma présomption d’innocence, on se passe automatiquement. On me prête beaucoup trop ».

Ses détracteurs lui rétorqueront que c’est plutôt son Président de père, qui lui a « trop donné », l’exposant ainsi à la vindicte, dans un contexte de crispation politique, où il n’y a que très peu de place pour le débat d’idées et la confrontation des projets de société. Quatre ministères, considère-t-on, c’est « énorme pour un seul homme ». Cela l’est surtout lorsqu’on est le fils du Président de la République. Encore plus lorsque pour le commun des Sénégalais édifiés par l’expérience, la fonction ministérielle est davantage un moyen de se servir, que celui de se rendre utile à la collectivité nationale.

C’est donc Me Abdoulaye Wade lui-même, qui a attiré l’attention sur Karim Wade. Ce dernier n’est pas attaqué sur ses compétences personnelles. C’est l’énorme champ des attributions ministérielles qui ne passe pas. Encore que les attaques contre sa personne ne datent guère de son entrée dans le gouvernement de son père. Karim a été toujours été une cible facile. Il paie pour avoir choisi – comme il disait lui-même – « le parti de l’action », face à celui de la parole.

Il s’aménage maintenant un moment de riposte, pour s’en prendre aux  « magiciens de la désinformation, aux adeptes de la propagande politique, aux manipulateurs de l’opinion publique nationale et internationale ». C’était pour dire qu’au Sénégal, « le sentiment démocratique est très fort ». La preuve s’il lui arrivait de n’être pas lui-même convaincu de ce qu’il affirme, la manière dont ses compatriotes accueillent le moindre signe susceptible de fausser les règles du jeu démocratique.

La Lettre de Karim Wade arrive sur l’espace public en même temps qu’une déclaration des Administrateurs Civils (la énième), qui en sont encore à demander « plus de considération » pour leur corps, naguère à la pointe du suivi des grands dossiers de l’Etat.

Les causes de frustration sont légion, il faut l’avouer, en ce qui concerne Karim Wade. De n’avoir pas participé aux luttes sans merci ayant permis à son père d’accéder au pouvoir, ne lui est pas pardonné par les compagnons, militants ou alliés du Parti démocratique sénégalais (Pds). Encore que d’autres qui s’illustraient dans leurs attaques contre l’ex Opposant, sont aujourd’hui mieux servis que des « pestiférés » d’avant alternance. Il ferait par ailleurs fausse route, de prendre les journalistes pour responsables des campagnes contre lui. La Communication d’Image obéit à des critères autres, que ceux généralement mis en œuvre par le Ministre d’Etat.

Le Sénégal ne peut se permettre l’aberration d’une succession de père en fils, quelle que soit la famille. C’est en cela qu’une dévolution peut être qualifiée de « dynastique ». Quant à, la « monarchie » si souvent convoquée par les détracteurs de Karim, elle prend racine  dans l’hyper présidentialisme, tel qu’il est exercé actuellement. Certes, il ne devrait être nullement question de refuser à qui que soit, le droit d’avoir des « ambitions pour (son) pays » (sic).

C’est dans la manière de réaliser ces ambitions que résident les points de gêne. Karim Wade, « militant du Pds » (exit la Génération du Concret ?), candidat à la présidentielle de son pays, ne peut souffrir d’ostracisme, lorsque cette candidature n’est portée par aucune institution de la République.

A égalité de chances au départ, les Sénégalais décideront seuls, à l’issue d’un scrutin honnête et transparent,  celui qui aura leur confiance pour présider à aux destinées de ce qu’ils ont en partage, pour la durée constitutionnellement déterminée. Voila le meilleur moyen pour se débarrasser de l’étiquette « fils du Président ».

sudonline

Vénézuela : Message du Président Hugo CHAVEZ à la Nation

Fidel Castro et Hugo Chavez le 28 juin 2011


« J’attends beaucoup du temps, son immense ventre contient plus d’espérances que de faits passés et les événements futurs doivent être supérieurs à ceux du passé ». Simon Bolivar.

Le temps et ses rythmes, le temps et ses ordres, le temps et ses desseins comme il est dit dans l’Ecclésiaste, m’amènent aujourd’hui à lire ce communiqué à la Nation vénézuélienne et à l’opinion publique internationale très en attente, comme elles l’ont été de l’évolution de ma santé depuis que, voilà plusieurs semaines, j’ai commencé à donner des signes évidents de détérioration.

Après l’excellent voyage que nous fîmes au Brésil et en Equateur entre le 5 et le 7 juin dernier, nous sommes arrivés à Cuba, solidaire de toujours, pour conclure le voyage avec la révision et la signature de nouveaux accords de coopération. Je confesse que, du point de vue de ma santé, j’avais seulement prévu un bilan du genou gauche déjà pratiquement remis de cette lésion du début de mai.

Tout au long de ma vie, j’ai commis des erreurs du genre de celle qui pourrait parfaitement se trouver dans cette catégorie qu’un philosophe a appelées « erreurs fondamentales » : ne pas me préoccuper de ma santé et, en outre, d’être réticent aux bilans et aux traitements médicaux. Sans doute, c’est une erreur fondamentale. Et surtout chez un révolutionnaire avec quelques modestes responsabilités comme celles que la Révolution m’imposa voilà plus de 30 ans.

Cependant, déjà à La Havane, alors que s’achevait la journée du mercredi 8 juin, nous étions à nouveau avec Fidel, avec ce géant supérieur à tous les temps et à tous les lieux. Sûrement, il ne fut pas difficile à Fidel de se rendre compte des quelques malaises que au-delà de mon genou gauche, j’avais essayé de dissimuler depuis plusieurs semaines. Il m’interrogea comme un médecin, je me confessai comme un patient et cette même nuit, tout l’immense progrès médical que la Révolution Cubaine a obtenu pour son peuple et une bonne partie du monde fut mis à notre entière disposition et un ensemble d’examens et de diagnostics commença.

C’est ainsi que fut détectée une formation étrangère dans la région pelvienne qui amena une intervention chirurgicale d’urgence devant le risque imminent d’une infection généralisée. Ce fut le samedi 11 juin, très tôt dans la matinée, quelques heures avant l’annonce lue au pays et au monde et qui a provoqué tant de manifestations de solidarité qui ne cessent de m’émouvoir à chaque instant.

Après cette opération qui, en principe, réussit à drainer l’abcès, commença un traitement antibiotique intensif avec évolution positive qui amena une amélioration notable. Cependant et malgré l’évolution générale favorable tout au long du drainage et des soins, apparurent quelques soupçons de présence d’autres formations cellulaires non détectées jusqu’alors. Commença alors immédiatement une série d’examens cytochimiques, cytologiques, microbiologiques et d’anatomie pathologique qui confirmèrent l’existence d’une tumeur avec présence de cellules cancérigènes qui rendit nécessaire une seconde intervention chirurgicale pour extraire la totalité de ladite tumeur. Une intervention majeure réalisée sans complications, après laquelle mon état a continué à évoluer de façon satisfaisante tandis que je recevais les traitements complémentaires pour combattre les divers types de cellules rencontrés et continuer ainsi sur le chemin de la guérison complète.

Pendant ce temps, je me suis tenu et je me tiens informé et à la tête des actions du Gouvernement Bolivarien, en communication permanente avec le vice-président, le camarade Elias Jaua et avec toute mon équipe gouvernementale.

Je remercie infiniment pour les nombreuses et enthousiastes démonstrations de solidarité que j’ai reçues du peuple vénézuélien et des autres peuples frères, de même que des chefs d’Etat et de Gouvernement de nombreux pays du monde, avec la conviction que tout cet amour, toute cette solidarité, constitue la plus sublime énergie qui pousse et poussera ma volonté à vaincre dans cette nouvelle bataille que la vie nous a imposée et je remercie de manière très spéciale le peuple cubain et la nation cubaine, Fidel, Raùl, et toute cette légion médicale qui s’est mobilisée dans cette bataille, de manière véritablement sublime.

Cependant, j’ai été aussi très conscient d’un certain degré d’angoisse et d’incertitude qui a parcouru, tout au long de ces jours, de ces nuits, l’âme et le corps de la nation vénézuélienne. Je crois qu’au-delà des tentatives de manipulation de certains secteurs bien connus, ces sentiments étaient et sont inévitables et font partie de la nature humaine, celle-ci entourée en outre, par les circonstances qui l’encadrent et souvent la secouent, comme il arrive en cette occasion.

Depuis le début, j’ai assumé toutes les responsabilités avec grand

soin, quant à la véracité des informations devant être transmises, me fondant sur un double ensemble de raisons : la raison médico-scientifique d’abord et en second lieu et avec le plus grand soin, depuis le plus profond de mon âme et de ma conscience, la raison humaine, la raison amoureuse, pour être précis, la raison amoureuse.

Nous avons déjà un peu parlé de la première, c’est à dire la raison médicale. Cela a été un processus lent et soigneux d’approximation et de diagnostics, d’avancées et de découvertes, tout au long des nombreuses étapes d’une procédure scientifique rigoureuse, qui ne supportait ni ne supporte des précipitations ou pressions quelles qu’elles soient. La norme suprême qui soutient cette puissante raison est la pleine vérification scientifique au-delà des indices et des soupçons qui apparaissaient.

En ce qui concerne la raison amoureuse, je suis obligé maintenant de vous parler du plus profond de moi-même. En cet instant, je me souviens du 4 février de cette tumultueuse année 1992. Ce jour-là, je n’eus pas d’autre remède que de parler au Venezuela depuis mon crépuscule, depuis un chemin qui, je le sentais, m’entrainait vers un abîme insondable Comme d’une obscure caverne de mon âme, jaillit le « pour maintenant » et ensuite, je m’enfonçai.

Reviennent aussi à ma mémoire en ce moment ces heures fatidiques du 11 avril 2002. J’envoyais alors aussi à mon peuple vénézuélien bien-aimé, ce message écrit de la Base Navale de Turiamo où j’étais prisonnier, président déchu et prisonnier : ce fut comme un chant douloureux lancé du fond d’un autre abîme qui, je le sentais, m’entrainait dans sa gorge et m’enfonçait, m’enfonçait.

Actuellement, en ce nouveau moment difficile, et surtout depuis que Fidel Castro lui-même, en personne, celui-là même de la Caserne Moncada, celui-là même du Granma, celui-là même de la Sierra Maestra, le géant de toujours, vint m’annoncer la dure nouvelle de la découverte cancérigène, je commençai à demander à mon seigneur Jésus, au Dieu de mes pères, dirait Simon Bolivar, au Manteau de la Vierge, dirait ma mère Helena, aux esprits de la savane, dirait Florentino Coronado, qu’il me laisse la possibilité de leur parler non pas d’un autre sentier de l’abîme, non pas d’une obscure caverne ou d’une nuit sans étoiles : maintenant, je voudrais leur parler de ce chemin escarpé par où je sens que je sors d’un autre abîme, maintenant, je voudrais leur parler au soleil du levant qui m’illumine, je crois que nous avons réussi, merci, mon Dieu !

Et finalement, mes compatriotes aimés et aimées, mes filles et fils adorés, mes chers camarades, jeunes, filles et garçons de mon peuple, mes vaillants soldats de toujours, mes travailleurs et travailleuses aguerris, mes chères femmes patriotes, mon peuple aimé, tous et un seul dans mon coeur, je vous dis que vouloir vous parler aujourd’hui d’une nouvelle étape vers le retour n’a rien à voir avec moi mais avec vous, peuple patriote, peuple bon, avec vous, je ne voulais et je ne veux pour rien au monde que vous m’accompagniez par les sentiers qui s’enfoncent dans un abîme quelconque. Je vous invite à escalader de nouveaux sommets ensemble parce qu’ « il y a du bon vin là-bas, sur le coteau et une belle chanson à chanter », continue à nous dire depuis son éternité, le chanteur populaire, notre cher Ali Primera.

En avant, donc ! En avant avec notre père Bolivar à l’avant-garde pour continuer à escalader la cîme du Chimborazo !

Merci, mon Dieu, merci, mon peuple, merci, ma vie !

Jusqu’à la victoire toujours !

Nous vaincrons !

La Havane, cette chère et héroïque Havane, le 30 juin 2011.

Depuis la Grande Patrie, je vous dis, de tout mon coeur, de toute mon âme, de mon espérance suprême qui est celle d’un peuple, pour maintenant et pour toujours, nous vivrons et nous vaincrons !

Merci beaucoup !

A bientôt !

Presse Présidentielle

(traduction Gaston Lopez)

http://www.editoweb.eu/vive_cuba/

Texte original et video

http://lapupilainsomne.wordpress.com/2011/06/30/viviremos-y-venceremos-dice-chavez-a-su-pueblo/

Allemagne: vive polémique sur une vente de chars à l’Arabie saoudite en plein printemps arabe

Une probable vente de chars à l’Arabie saoudite a déclenché une vive polémique en Allemagne où l’opposition et des membres du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel la considére comme une infraction aux règles d’exportation.

La nouvelle a immédiatement suscité de vives réactions dans l’opposition et parmi les commentateurs allemands qui soulignent que Riyad a récemment aidé à mater le mouvement de protestation populaire à Bahrein.

« Voilà la contribution de Merkel au printemps arabe », s’est indigné un expert en armement du parti Die Linke (ex-communiste).

« Oui, les Américains ou les Français font ce genre de commerce. Mais si la retenue allemande en matière d’exportation d’armes a un sens, alors ce doit être le cas face à l’Arabie Saoudite », estime pour sa part Kurt Kiser, le rédacteur en chef de la Süddeutsche Zeitung.

Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, le Conseil fédéral de sécurité (BSR) a donné son feu vert à la vente de 200 chars de combat Leopard à l’Arabie saoudite, alors qu’il refusait depuis des décennies de vendre des armes lourdes au royaume.

Pour motiver son refus, l’Allemagne a toujours expliqué vouloir préserver la sécurité du régime israélien et respecter les droits de l’Homme.

Mais selon une source proche du gouvernement, citée par le Süddeutsche Zeitung le régime israélien et les Etats-Unis « ont été informés (…) de la transaction et n’ont pas formulé d’objection ».

L’information du journal bavarois est la première confirmation indirecte de l’existence de ce contrat très controversé.

« Le Conseil fédéral de sécurité se réunit en secret. A ce stade, nous ne pouvons ni commenter ses délibérations, ni ses décisions », avait déclaré lundi à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Andreas Peschke, sans confirmer, ni démentir l’information.

Les chefs de l’opposition réclament pourtant d’ores et déjà un débat au Bundestag (chambre basse du Parlement).

« Le gouvernement doit s’expliquer », selon le leader écologiste Jürgen Trittin.

« Ces décisions ne peuvent pas être prises à un moment où des personnes manifestent en faveur de la démocratie dans le monde arabe », a-t-il déclaré à la première chaîne de télévision publique ARD.

« Que le gouvernement allemand soit prêt à vendre 200 chars modernes en cette période de tension au Proche-Orient et dans la péninsule arabe témoigne d’un manque de jugement terrifiant », estime de son côté le chef des sociaux-démocrates au Parlement, Gernot Erler, dans un entretien à l’édition en ligne du journal Die Welt.

« Vendre des chars à l’Arabie saoudite à un moment où le pays envoie des blindés pour aider à écraser un mouvement pacifique à Bahreïn est un camouflet infligé aux mouvements pour la liberté des pays de toute la région », ajoute-t-il.

Des unités essentiellement saoudiennes de la force commune du Conseil de coopération du Golfe persique (CCGP) ont été envoyées dans cet archipel minuscule mais stratégique pour protéger les installations vitales de ce royaume.

Dans les rangs de la chancelière, des voix critiques se font également entendre. Une telle vente d’armes irait à l’encontre des règles en vigueur sur les exportations d’armes aux pays en proie à l’instabilité, reconnaît le chrétien-démocrate (CDU de Mme Merkel) Ruprecht Polenz qui dirige la commission parlementaire des Affaires étrangères.

La commande de 200 chars Leopard 2A7+, un blindé de 55 à 62 tonnes équipé d’un canon de 160 mm, pourrait rapporter des milliards d’euros à l’industrie allemande de l’armement, notamment aux entreprises allemandes Kraus-Maffei et Rheinmetall, selon l’hebdomadaire Der Spiegel.

Les Saoudiens étaient en contact avancé avec une filiale espagnole de General Dynamics qui fabrique ces chars sous licence, mais une grande partie de cette commande devrait venir d’Allemagne, selon l’hebdomadaire.

DSK ou l’impossible retour…

“C’est encore du parole contre parole et cette fois sans même les constatations médico-légales… », commente-t-on dans les milieux proches du Palais de justice de Paris. La plainte pour tentative de viol contre DSK déposée dans la capitale française par Tristane Banon, huit ans après les faits allégués, est-elle plus crédible que les accusations portées à New York par Nafissatou Diallo ? Rien n’est moins sûr alors que beaucoup s’interrogent sur la personnalité pour le moins « fragile » de cette jeune journaliste et écrivaine qui, après avoir colporté son histoire dans le tout-Paris mondain et jusque sur un plateau de télévision, a tergiversé pendant près d’une décennie avant de saisir la justice. Un rebondissement plus médiatique que judiciaire qui tombe à pic. Il a surtout de forts relents de règlement de compte politique si l’on en juge par les déclarations de la mère de la plaignante, Anne Mansouret, vice-présidente socialiste du Conseil général de l’Eure (un moment candidate à la primaire), mettant en cause François Hollande qui aurait été au courant de faits. La réplique du député de la Corrèze qui dénonce un climat « détestable » a donc été cinglante : « Lorsqu’il se passe un événement, c’est à la victime supposée de porter plainte et le plus tôt est le mieux ! » Or Anne Mansouret avait justement reconnu avoir dissuadé sa fille de porter plainte mais c’était, il est vrai, à une époque où elle nourrissait de grandes ambitions politiques…

Primaire polluée

Une chose est certaine, l’affaire DSK n’en finit plus de polluer la primaire socialiste. Les revers subis par le procureur de New York et l’éventuel abandon des charges contre l’accusé, loin de détendre l’atmosphère au PS, ont relancé les spéculations les plus hasardeuses sur son retour possible dans la course à l’Élysée. Les militants qui croyaient avoir terminé leur deuil se retrouvent avec un fantôme qu’ils ne savent trop comment accueillir. Du coup, la campagne de la primaire qui venait de prendre péniblement son envol s’est mise à tanguer dangereusement. Tous les candidats ont donc dû se positionner par rapport à cette hypothèse d’un retour, même si, comme le dit Benoit Hamon, « c’est la plus faible des probabilités ». C’est, à n’en pas douter, ce qu’espère le porte- parole du PS et il n’est pas le seul même si d’autres préfèrent donner le change. L’agenda politique du PS ne correspond toujours pas avec celui du tribunal de New York dont la prochaine audience (décisive ?) est prévue le 18 juillet, mais la date limite de clôture des candidatures est fixée au 13 juillet. Dilemme. « S’il faut la repousser à la fin de l’été pourquoi pas ? » suggère François Hollande, soucieux de donner une image très fair-play et qui a donc été le premier à ouvrir la porte à cette éventualité. Si l’ex-grand favori des sondages peut et veut revenir, « Personne n’osera lui opposer un quelconque calendrier » lâche Martine Aubry. En réalité, la première dirigeante du parti est de loin la plus pénalisée par les rebondissements imprévisibles de cette affaire. DSK et Aubry étaient liés, on le sait, par ce fameux pacte de non concurrence passé à Marrakech. Or, tant que l’ombre du premier continue de peser sur la primaire, c’est la crédibilité de la seconde qui est entachée. Dans le duel qui l’oppose à François Hollande le rapport de force interne devrait être favorable à la maire de Lille. Sa machine est bien huilée, programmée pour monter en puissance, mais pour l’heure « ça rame » avoue l’un des proches d’Aubry. Sa candidature était trop annoncée à l’avance pour faire le buzz et surtout son plan média a été parasité par la désignation de Christine Lagarde au FMI et surtout par le coup de théâtre de New-York.

Complot et officines

Difficile de faire du social et de s’occuper des vrais dossiers qui intéressent les Français, comme dirait Martine Aubry, alors qu’une grande partie de l’appareil reste polarisé sur « l’affaire », à la grande satisfaction de la droite. Ainsi, la théorie du complot a refait surface avec la charge du député PS François Loncle qui évoque des « connexions entre le groupe Accor et certaines officines françaises » ainsi que des liens troubles avec l’Élysée. La chaîne hôtelière française propriétaire du SOFITEL de Manhattan s’insurge dans un démenti virulent mais un coup de téléphone qui a suivi l’interpellation de DSK fait polémique. Il a été passé par le directeur de la sécurité du groupe Accor René Georges Querry, par ailleurs ex-patron de l’anti-gang et de l’Unité de coordination pour la lutte anti-terroriste, pour annoncer la nouvelle à son ancien collègue Ange Mancini, coordinateur national du renseignement et bras droit de Roger Squarcini, patron de la sécurité intérieure, un proche de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’État était aussitôt avisé. A noter que le ministre de l’Intérieur Claude Guéant ne conteste pas le fait, mais n’y voit qu’une procédure normale et il dénonce des « insinuations odieuses ».

Sacrilège ?

A cela s’ajoutent d’autres questions sans réponse sur le statut exact de Nassifatou Diallo dans le grand hôtel new-yorkais dont la direction la présentait comme une « employée modèle » ! On se rappelle aussi que, dans la nuit du 14 mai à 22h59 sur Twitter, un internaute envoie le message suivant : « Un pote aux États-Unis vient de me rapporter que DSK aurait été arrêté par la police dans un hôtel à New York il y a une heure ». Personne, en France, n’est alors au courant de cette affaire. La source est un employé du Sofitel et l’auteur du message un certain Jonathan Pinet… est militant UMP. Seuls les naïfs peuvent se voiler la face, ce mélange des genres un peu douteux qui verrait les coulisses d’un grand hôtel servir de couverture à des activités parallèles ou de renseignement n’existe pas que dans les polars. De là a échafauder la thèse d’une manipulation pire d’un « attentat politique », comme l’assène Michèle Saban élue socialiste et passionaria de la cause strauss-kanhienne, il n’y a qu’un pas vite franchi par les inconditionnels, ce qui n’est pas du goût de tous. « Bien évidemment, si l’on s’en tient à cette lecture des événement, DSK n’est qu’une victime et n’est pour rien dans les frasques qui depuis quelques années ont secoué de façon récurrente sa vie privée et sa carrière politique jusqu’au séisme de Manhattan » s’emporte-t-on dans le sillage d’Arnaud Montebourg, le trublion du parti où l’on n’a pas peur d’être sacrilège.

L’autre péché

A droite aussi on semble un peu dépassé par ce scénario. On répète que le problème est chez les socialistes, mais les avis divergent. Intox ou conviction, dans l’entourage de Nicolas Sarkozy on affirme ne plus avoir peur de DSK. « Ceux qui militent pour son retour politique à la faveur d’un non-lieu font un acte de foi, mais ils font aussi l’impasse sur l’essentiel. Il a été happé par la machine judiciaire et médiatique américaine. Son image a été broyée, puis remodelée. Son profil machiste de dragueur impénitent et lourd et ses appétits sexuels resteront collés à sa peau. « Mais en France, il y a péché plus grave encore que le sexe, c’est l’argent » avance un communicant proche de l’Élysée. Il est vrai que l’ancien patron du FMI n’a pas eu le choix. Il lui a fallu mettre en œuvre (grâce à son épouse Anne Sinclair) des ressources financières colossales, des millions de dollars versés en direct devant les caméras de télévision pour payer sa caution, ses avocats, ses enquêteurs, sa propre surveillance et se loger à prix d’or dans le quartier le plus huppé de Manhattan. Les électeurs de gauche qui s’apprêtaient à le plébisciter ont pu mesurer combien est immense le fossé qui les séparait. Si l’on en croit le site du Monde, en ressortant libre de l’audience du Tribunal de Manhattan, l’ex- favori de la présidentielle aurait appelé Martine Aubry, (ce que dément cette dernière), pour l’informer de son renoncement dans la primaire socialiste. Plus lucide que ses proches, mais ce n’est pas une surprise, aurait-il compris que son retour serait un second cadeau, après celui de son arrestation, fait à Nicolas Sarkozy ? Car sur le terrain des valeurs morales, la partie est désormais équilibrée entre la droite et la gauche. La première traine toujours comme un boulet le bling-bling ravageur du président sortant. La seconde aura bien du mal à faire oublier DSK et les mystères de la suite 2806.

Alex PANZANI, VIA