Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Libye : La France en quête d’une sortie honorable du bourbier libyen

Le gouvernement français, appelé à s’expliquer jeudi sur l’engagement sans l’aval parlementaire des forces militaires françaises en Libye, entreprend de se frayer une sortie honorable pour éviter l’injonction par les députés de mettre fin à son aventure militaire dans ce pays d’Afrique du Nord.

Et pour cela, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, l’artisan de l’adoption et de la manipulation de la Résolution 1973 des Nations Unies contre le régime de Mouammar Kadhafi, retrouve comme par enchantement le chemin qui mène à Addis Abeba, siège de l’Union africaine, pour un entretien à l’issue duquel il affirme que « les positions de l’Union africaine et de l’OTAN se sont rapprochées ». En fait, c’est bien la position de la France qui s’est rapprochée de celle de l’Union africaine à laquelle, depuis presque quatre mois, la France et ses alliés ont fait la sourde oreille et tenu l’Afrique à l’écart de l’Histoire, surtout de celle que d’anciens colonisateurs tels  que la France, la Grande Bretagne et l’Italie, appuyés par d’anciens esclavagistes, à l’image de l’Espagne, des Etats-Unis, et même de certains émirats du Golfe, se proposent d’écrire à l’encre de l’expansionnisme et de la prédation économique.

Leur position a changé et leur langage aussi, à entendre le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, parler désormais de « retrait politique de Kadhafi » ou « renoncement à un rôle politique » ou encore « Kadhafi pourrait rester à Tripoli après un début de dialogue »….

Des termes qui ne sont pas bien proches du « Dégage ! » proféré par le philosophe belliciste français, Bernard Henri Levy, ou du « Kadhafi doit partir » entonné par les Champs-Elysées et la Maison Blanche, et repris en chœur à Londres, à Rome et à Madrid.

Kadhafi ne partirait donc plus. Ou du moins son départ ne serait plus la condition sine qua non à toute velléité de négociation, comme si la France et ses alliés se seraient soudainement rendu compte que le guide libyen n’est pas aussi facilement déboulonnable que le dictateur tunisien et le Raïs égyptien.

Les experts militaires occidentaux se seraient également trompés dans leurs calculs trop millimétrés pour percer le présage selon lequel « une solution par la force est impossible », comme se plaît à le dire aujourd’hui Gérard Longuet qui, il y a dix jours, prophétisait la prise imminente de Tripoli à la faveur des armes sophistiquées larguées par la France pour renforcer l’artillerie des rebelles libyens.

Pendant qu’on y est, le délai fatidique au-delà duquel l’engagement des forces françaises en Libye serait considéré comme un acte antidémocratique, voire anticonstitutionnel,  n‘a plus que 48 heures pour expirer. Tout comme les rebelles libyens, contraints de faire aboutir d’ici jeudi leur solution militaire, sous peine de devoir revoir la liste des conditions auxquelles ils accrochent l’éventualité d’un dialogue avec Tripoli.

Pana

Publicités

Comments are closed.

%d blogueurs aiment cette page :