Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: juillet 15, 2011

BENIN: Boni Yayi aux abois appelle l’armée à des crimes de guerre contre les travailleurs

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. : 21 35 02 95/97 68 88 73 – Site : http://www.la-flamme.info

Le mardi 12 juillet 2011, Boni YAYI a réuni au Palais de la Présidence de la République le Haut Commandement Militaire et des forces de sécurité et de défense. Dans un discours de guerre ouverte contre les travailleurs grévistes pris comme ennemis, Boni YAYI a demandé au Haut Commandement Militaire de l’aider à sévir. «A partir de lundi 18 juillet…, nous allons procéder à des défalcations systématiques sur salaire pour fait de grève. Celui qui ne va pas travailler sera radié purement et simplement de la fonction publique»… «Je prendrai mes responsabilités, mais avec vous; et je vous demande de prendre vous aussi, vos responsabilités à mes côtés pour mettre fin au désordre, à l’irresponsabilité, à l’irrespect de l’autorité et des institutions de l’Etat». (Cf. le journal «LA NATION» n° 5282 du 13 juillet 2011) dira-t-il à l’adresse du haut commandement militaire. Dans son discours, Boni YAYI présente encore une fois les grèves comme illégales, lancées «sans préavis».

Tout démocrate qui a suivi le déroulement des événements en cours et qui a écouté ce discours ne peut qu’être pris d’effroi et de fureur contre un président qui œuvre avec tant de mensonge, d’irresponsabilité, de volonté despotique à la régression politique, économique et sociale de notre pays.

1.- Boni YAYI ment en disant que les grèves sont lancées sans préavis. A supposer même qu’il en soit ainsi, ce n’est pas l’armée qui est chargée de régler les problèmes de grève! L’objectif de Boni YAYI est donc ailleurs.

2.- C’est Boni YAYI et son gouvernement qui font preuve d’irresponsabilité notoire. Un accord a été signé en avril 2011 entre les centrales syndicales et le gouvernement sous la responsabilité de KOUPAKI. Ce texte a servi de base au décret signé par Boni YAYI accordant le coefficient 1,25 aux travailleurs des finances. L’accord prévoit la mise en place sans délai d’un comité pour décider de la date d’extension aux autres secteurs. C’est dire que l’accord n’a pas fait de discrimination, mais au contraire, s’est donné pour but d’harmoniser les salaires de base. Si Boni YAYI, son Premier Ministre KOUPAKI et son gouvernement étaient sérieux et responsables, après la décision de la Cour Constitutionnelle proclamant le décret contraire à la Constitution, ils devraient d’abord chercher à corriger le décret querellé au regard du texte de l’accord ou au pire rappeler les responsables syndicaux. Mais, Boni YAYI et KOUPAKI ont dès le lendemain de la décision de la Cour de Robert DOSSOU, abrogé le décret pour chercher ensuite à «négocier».

3.- En rappelant les responsables syndicaux le 1er juillet 2011, KOUPAKI savait donc très bien, dès le départ, qu’il ne s’agissait pas de négociation, mais de faire diversion. Ainsi, alors que les responsables syndicaux ont fait dès ce 1er juillet 2011 des propositions de conversion des primes dont la prime de rendement (qui, à elle seule, fait 18% du salaire), KOUPAKI s’est mis à jouer au dilatoire, à inventer des chiffres qui sont passés de 14 milliards à 22,5 milliards afin de conclure à l’impossibilité de satisfaction des revendications. Comment donc peut-il être impossible de convertir 18% et des primes spécifiques (allant de 100.000 à 180.000 par semestre) en 25% ? Seuls KOUPAKI et son ministre Adidja MATHYS en ont le secret !!! Et l’irresponsabilité de ce gouvernement est allé jusqu’à demander aux responsables syndicaux d’aller écouter les experts étrangers du FMI et de la Banque Mondiale. Avons-nous alors encore un gouvernement au Bénin ou un gouvernement sous tutelle ?

C’est avec une telle irresponsabilité que Boni YAYI et son gouvernement détruisent systématiquement le travail et l’envie de travailler pour le pays. Le jour du bilan viendra, mais il suffit de voir l’agitation et les improvisations incessantes de Boni YAYI pour se rendre compte que c’est lui qui est à la source de l’accroissement de «la paresse, du désordre, de l’anarchie, de l’impunité» dans le pays. Qui a achevé la dégringolade de la culture du coton ? Pendant que le Bénin produit et exporte du coton, les usines (SITEX dans le Mono, IBETEX à Parakou, SHB à Bohicon, etc.) et des milliers d’ouvriers sont en chômage technique faute de coton et de graines de coton.

Qui en est responsable ? Qui a achevé la ruine de Bénin Telecom ? N’est-ce pas Boni YAYI et son DG Patrick BENON ? Qui a permis l’escroquerie des populations avec l’affaire ICC-Services, asséché leur épargne et compromis leurs activités ? Boni YAYI et ses ministres des finances et d’Etat d’alors KOUPAKI et KOGUI N’DOURO.

5.- L’appel à l’armée contre les travailleurs constitue une incitation aux crimes de guerre. Boni YAYI s’était déjà ridiculisé avec son discours anticonstitutionnel du 13 juin 2011 contre le droit de grève. Maintenant, en appelant ouvertement un mois plus tard l’armée dont la mission est de défendre le territoire contre les agressions extérieures, à l’aider à sévir contre la population civile intérieure et notamment les travailleurs grévistes, Boni YAYI passe à l’incitation à un crime flagrant aujourd’hui réprouvé par l’opinion internationale: le crime de guerre. Ses ministres KOUPAKI et de SOUZA qui jouent au dilatoire sont complices de ces incitations aux crimes de guerre et passibles du T.P.I. dont le Bénin est signataire.

6.- Au total, le PCB réprouve et dénonce la proclamation de guerre ouverte de Boni YAYI contre les travailleurs et le peuple. Il appelle les travailleurs et le peuple à puiser dans leurs expériences pour faire face au despote criminel et continuer les combats jusqu’à l’émancipation complète du pays.

Quant aux militaires, il est déjà établi qu’ils sont responsables à titre individuel des actes qu’ils auront commis. Le PCB les appelle à ne pas répondre aux incitations criminelles du despote apatride aux abois, mais à cultiver les liens d’action avec les travailleurs et le peuple pour l’émancipation et l’indépendance de notre pays.

Cotonou, le 14 juillet 2011

Le Parti Communiste du Bénin

La refondation par les armes

Il est pressé Boni Yayi, très pressé même. La refondation ne peut attendre les mouvements de débrayage des fonctionnaires qui peinent à suivre la voie toute bénie du prophète du changement reconverti en refondateur. Il faut dire que Boni Yayi ne s’attendait pas à récolter de sitôt les fruits de sa mauvaise gestion du quinquennat 2006 – 2011. Et puisqu’il ne s’y attendait pas, le bonhomme s’agite et ça part dans tous les sens.

Conséquence : les militaires devront reprendre du service ; eux qui, appelés la grande muette et qui, autrefois s’étaient jurés de se terrer dans leurs casernes.

L’épopée du changement les avait fait sortir pour asperger d’une eau bien douce les deux retentissants  K.O. proclamés par Dossou de la cour constitutionnelle ; le premier plus dévastateur que le second. Dispersion musclée de scènes de liesse, matraquage de population, arrestations puis déploiement militaire exceptionnel avaient suivi le fameux K.O du 13 Mars 2011 ; élections organisées avec des critères très exceptionnels : sans liste électorale,  sans la liste des bureaux de vote, des bulletins de vote héliportés de manière unilatérale vers Tchaourou et autres par Boni Yayi, une énorme quantité industrielle de bulletins pré-estampillés Yayi,  des centaines de bureaux de vote fictifs, le vote massif de très nombreux mineurs…et j’en passe.

Après avoir dissuadé toute tentative de révolte face à ce hold-up électoral en matant les premières poches de contestation, les militaires seront dorénavant les partenaires privilégiés de Boni Yayi dans la refondation. Pour commencer, les intendants militaires feront office d’auditeurs internes dans les sociétés et agences publiques et semi-publiques ; ils seront les gendarmes de l’Etat pour mettre aux pas les indélicats qui voudront saboter le processus de refondation du docteur président.

La Coalition des organisations syndicales de l’administration publique (Cosynap) qui regroupe 24 ministères et qui, réclame la généralisation à tous les agents de la fonction publique de l’augmentation salariale de 25% obtenue par les fonctionnaires du ministère des finances devra elle patienter car Boni Yayi n’est pas prêt pour le dialogue. Les syndicalistes grévistes se feront purement et simplement radiés de l’administration publique. Cela, Boni Yayi y tient et il l’a dit devant le haut commandement militaire.

« A parti du lundi 18 juillet prochain, je prendrai mes responsabilités mais avec vous, et je vous demande de prendre, vous aussi, vos responsabilités à mes côtés pour mettre fin au désordre, à l’irresponsabilité, à l’irrespect de l’autorité et des institutions de l’Etat…Car, j’ai besoin de vous pour instaurer la paix et la sécurité dans le pays… Nous allons procéder à des défalcations systématiques sur salaire pour fait de grève. Celui qui ne va pas travailler, sera radié purement et simplement de la fonction publique ».

Limpide cet argumentaire ; tous ceux qui ne seront pas à leur poste de travail seront radiés et remplacés par les militaires qui devront comme au bon vieux temps, remplir les administrations publiques. Refondation oblige, Boni Yayi ne peut attendre les traînards. La refondation se fera sans les fonctionnaires mais avec les militaires.

Après avoir disséqué la classe politique, Boni Yayi veut disséquer le syndicalisme béninois et supprimer le droit constitutionnel de grève ; dernière étape pour s’offrir le régime dictatorial auquel il a toujours rêvé.

Boni Yayi a donné le feu vert. Les militaires seront partout pour bastonner tous ceux qui oseront descendre dans les rues pour quelque manifestation de revendication que ce soit. En attendant la venue des appelés du service militaire dans les administrations et le déploiement des militaires dans toutes les rues de Cotonou, Yayi peut se réjouir d’avoir un peuple pour l’instant pacifique.

Après le changement par le verbe, la refondation par les armes !!!

aymard

Libye : Sarkozy rêvait d’une guerre éclair

Sarkozy rêvait d’une guerre éclair. Mais rien ne s’est passé comme prévu. A la veille du vote du Parlement pour ou contre la poursuite de l’intervention, de hauts responsables ont raconté à Vincent Jauvert la véritable histoire de cette opération.

Cela devait durer quelques jours, quelques semaines tout au plus. « Sûrement pas des mois », disait Alain Juppé. Les services de renseignements français assuraient que, dès les premières frappes, des milliers de soldats de Kadhafi feraient défection. Ils prédisaient aussi que les rebelles avanceraient rapidement jusqu’à Syrte, la ville natale du Guide, et que tout cela contraindrait Kadhafi à partir très vite. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

De surprises en déconvenues

Quatre mois et des milliers de frappes plus tard, Kadhafi est toujours là. Certes, Benghazi, la capitale des rebelles, est sous protection. Mais la guerre voulue par Nicolas Sarkozy s’enlise. Cette opération devait restaurer le prestige de sa politique étrangère, ternie par les frasques de « MAM » et son accueil glacial du « printemps arabe ». Mais, malgré ses Rafale, malgré l’Otan dont elle a réintégré le commandement en fanfare, la France apparaît impuissante face au dictateur d’un pays mal armé et dix fois moins peuplé. Cette guerre devait être un passeport pour la gloire. On se contenterait aujourd’hui d’un sauf-conduit pour en sortir.

Que s’est-il passé ? A quelques jours du premier vote parlementaire sur cette guerre, plusieurs responsables français – officiers supérieurs, diplomates et hommes politiques – racontent l’histoire secrète de cette opération : les bévues des services de renseignements, les déchirements au sein de l’Alliance atlantique. Et le jeu ambigu des Etats-Unis…

L’état-major demande à l’Elysée de changer de cible…

La guerre commence par un coup d’éclat, non planifié, des forces aériennes françaises. « Le premier jour, samedi 19 mars, nos pilotes devaient seulement préparer le terrain, dit un haut responsable. Leur mission était de détruire des batteries anti-aériennes libyennes. Mais, le matin, les forces de Kadhafi ont avancé beaucoup plus vite que prévu vers Benghazi. Si nous ne faisions rien, la deuxième ville libyenne allait être massacrée. » En catastrophe, l’état-major demande à l’Elysée l’autorisation de changer de cible et de viser les blindés plutôt que les défenses anti-aériennes. Malgré les risques pour les Rafale, qui se feront repérer par les radars ennemis,Nicolas Sarkozy donne son feu vert. « Les pilotes sont partis de la base de Saint-Dizier comme ça, au pif, avec une nouvelle mission : trouver les chars et les détruire, en évitant de se faire abattre… Par chance, ils revenaient d’Afghanistan, ils étaient très entraînés. » Ils repèrent la colonne de blindés, la « tapent » et sauvent Benghazi.

Une déroute pour les services de renseignements

Une victoire éclatante pour l’aviation française. Mais une déroute pour les services de renseignements. « Nous nous sommes rendu compte que leurs informations étaient de mauvaise qualité, dit un haut responsable. Ils s’étaient procuré un rapport de l’armée algérienne qui venait de faire des manoeuvres avec les Libyens. Il y était écrit que les chars de Kadhafi étaient tous rouillés et ne pourraient pas être mis en état de marche en moins de deux mois. Pourtant, ces blindés ont attaqué Benghazi ! »

Un officier ajoute : « Plusieurs semaines avant les frappes, nous avons déployé sur zone des moyens de renseignement importants : trois satellites espions passent chaque jour au-dessus de la Libye, un sous-marin au large de Tripoli intercepte des communications. Des forces spéciales ont été dépêchées et, plus tard, la DGSE a ouvert une antenne à Benghazi. Mais nous avons raté l’essentiel : nous avons sous-estimé Kadhafi, qui se préparait depuis quarante et un ans à une invasion. Nous n’avons pas imaginé qu’il s’adapterait aussi vite. » Personne ne prévoit, par exemple, que, pour transporter ses troupes et ses batteries de missiles, le Guide va aller acheter des centaines de pick-up Toyota au Niger et au Mali. C’est un coup de génie : ces camions sont identiques à ceux utilisés par les rebelles. L’Otan est paralysée. Elle retarde ses frappes. Avant de bombarder ces véhicules, les pilotes doivent avoir la certitude qu’ils sont bien ceux des forces de Kadhafi. « Nous avons demandé aux rebelles de mettre un signal particulier sur le toit de leurs pick-up, dit un militaire, mais nous n’étions jamais sûrs. Ils sont tellement désorganisés… »

Des rebelles totalement incompétents

Personne n’a prévu, non plus, le degré d’impréparation militaire de l’opposition. Pour le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, les rebelles sont « pathétiques ». Non seulement ils sont totalement incompétents, mais, pendant plusieurs semaines, ils sèment la panique dans les grandes capitales. « Au moindre bruit suspect, raconte un officiel français, moqueur, ils appelaient BHL, l’Elysée ou Downing Street. Ils juraient que des centaines de chars se précipitaient vers eux, que l’Otan devait agir sur-le-champ. On envoyait en catastrophe des avions de reconnaissance et des bombardiers, mais la plupart du temps c’étaient de fausses alertes. » Au bout d’un mois et demi, la coalition, excédée, décide de dépêcher des officiers de liaison sur place, à Benghazi. Leur rôle : « Trier les informations des rebelles et ne transmettre que les plus plausibles au QG de l’Otan, à Naples. »

La volte-face des Anglais

Autre terrible déconvenue : la volte-face des Anglais sur le commandement de l’opération. La veille des premières frappes, l’Elysée croit encore que la guerre en Libye sera conduite par Paris et Londres, et non par l’Otan. Sarkozy et Cameron ont évoqué plusieurs fois ce commandement conjoint, conçu comme un prolongement naturel de l’accord militaire franco -britannique signé en novembre. En secret, les chefs se sont mis d’accord sur la répartition des tâches : la guerre sera gérée de Montverdun, près de Lyon, où la France dispose d’un QG d’opérations aériennes flambant neuf ; et de Northwood, dans la banlieue de Londres, siège d’un QG stratégique performant. Tout est donc en place pour une grande première militaire européenne c’est du moins ce que l’on croit à Paris…

Vendredi 18 mars, au lendemain du vote de la résolution autorisant les frappes, c’est la douche froide. Le patron des forces aériennes françaises, le général Hendel, se rend à Northwood pour prendre le commandement en second de l’opération qui doit commencer le lendemain. Il s’attend à être accueilli en grande pompe. Mais, humiliation, on le fait attendre plusieurs heures avant de lui dire la vérité : les officiers britanniques qu’il devait commander sont partis la veille. Où ? A Ramstein, QG des forces américaines en Europe. Et le général anglais qui devait s’installer à Montverdun ne viendra pas. Bref, Londres a renoncé à son duo avec Paris et se tourne vers l’Otan. Perfide Albion…

Nicolas Sarkozy se méfie de Berlin

Si certains militaires français, qui redoutaient d’être dépassés par la tâche, poussent un « ouf » de soulagement, d’autres sont furieux, les aviateurs surtout. Patron de l’armée de l’air, le général Paloméros déplore que l’opération n’ait pu être menée « en franco-britannique ». Pendant plusieurs jours, la diplomatie française tente de sauver la face. Elle fait le forcing pour qu’au moins l’embargo maritime de la Libye soit assuré par l’Union européenne et non par l’Otan. Mais la Turquie et l’Allemagne refusent : l’Alliance se chargera de tout ou de rien. La France, qui a besoin d’alliés, est coincée et contrainte d’accepter. A une condition : Nicolas Sarkozy exige de mettre sur la touche les officiers turcs et allemands présents dans la structure de commandement de l’Otan, au motif qu’ils pourraient saboter cette guerre à laquelle Berlin et Ankara sont hostiles. Un détail ? Quand le chef suprême de l’Otan, un général américain, et son n° 2, un Britannique, sont en congé, c’est le n° 3, un Allemand, qui assure le commandement militaire de l’Alliance. Trop risqué pourNicolas Sarkozy, qui se méfie de Berlin et obtient que, pendant toute la durée de la guerre contre Kadhafi, ce roulement soit discrètement suspendu…

Brutales, les bagarres au sein de l’Otan continueront pendant des semaines. A Bruxelles, des portes claquent, des noms d’oiseaux fusent. Premier sujet de discorde : les règles d’engagement de cette guerre. L’intervention est destinée à protéger la vie des civils. Il faut donc limiter au maximum les bavures. Jusqu’où ? « Au début, nous appliquions les mêmes normes de prudence qu’en Afghanistan », raconte un officier. Mais les moins va-t-en-guerre exigent qu’en Libye les règles soient « trois fois plus strictes », précise un militaire. « Souvent nos pilotes repèrent une cible mouvante, demandent l’autorisation de frapper et l’Otan refuse. » De ce fait, les « dommages collatéraux » seront peu nombreux. Mais l’opération est ralentie. Au fil des semaines, loin des réunions enflammées, le représentant français au QG des opérations, à Naples, obtiendra discrètement des dérogations pour ses pilotes…

« Des plans de frappes sans queue ni tête »

En fait, la machinerie de l’Otan – cet Otan que Sarkozy avait tellement tenu à réintégrer – exaspère les Français. « Cette bureaucratie sort des plans de frappes sans queue ni tête, dit un responsable français. Pour les officiers de l’Otan, il s’agit de faire exécuter un certain nombre de sorties aériennes. Il n’y a aucun objectif stratégique cohérent, seulement des cases à cocher. La guerre comme à la Sécu ! » Un autre officiel est plus indulgent. « Le commandant de l’opération contre la Libye, le général canadien Bouchard, fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. Très peu d’alliés de l’Otan ont accepté de participer à l’opération. C’est un grand échec des diplomaties françaises et britanniques. Alors, c’est vrai, vu le manque d’avions à sa disposition, Bouchard est obligé de bricoler. »

Les Américains se retirent…

La pénurie est d’autant plus grande que, autre déconvenue magistrale, l’Amérique a retiré très tôt ses dizaines de chasseurs-bombardiers, en particulier les A10 « tueurs de chars » que l’US Air Force est la seule à posséder. « Obama avait prévenu Sarkozy dès le début que les Etats-Unis ne resteraient pas en première ligne, dit un responsable français. Le Congrès était très hostile à cette opération. Et le Pentagone ne voulait pas d’une nouvelle guerre de l’Amérique contre des Arabes. Mais on n’avait pas compris que ce retrait interviendrait au bout de dix jours. » Paris et Londres ont bien réussi à convaincre Washington d’envoyer des moyens de frappe plus discrets, des drones armés, et de laisser leurs avions antiradars. Mais pour le reste, c’était : « Débrouillez-vous ! »

Français et Britanniques décident de pallier ce manque par leurs propres moyens. Début mai, quand l’enlisement devient évident, ils entreprennent d’envoyer des renforts : une vingtaine d’hélicoptères. C’est tout ce qu’ils peuvent fournir. Et encore faudra-t-il un mois pour que le porte-hélicoptères « Tonnerre », une des fertés de l’armée française, arrive sur zone. « Dire que, dans les hangars de l’Otan, il y a 150 hélicoptères américains que Washington refuse d’envoyer en Libye ! », relève un oficier français.

… mais restent indispensables sur le terrain

« C’est l’une des grandes leçons de cette guerre à laquelle on ne s’attendait pas, dit un responsable français : Washington a vraiment commencé son repli stratégique. » Seulement voilà : sur le terrain, les Américains sont toujours indispensables. « Rien ne serait possible sans leur soutien. Ils nous tiennent par la barbichette. Ce sont toujours eux les patrons. » Certes, l’armée français fait bonne figure. Elle assure plus du tiers des frappes, certains jours près de la moitié. Ses avions sont les plus nombreux dans le ciel libyen – entre 15 et 20. Elle est la seule à disposer d’unporte-avions nucléaire. La technologie militaire made in France demeure l’une des meilleures. La guerre a permis de tester avec succès le dernier cri de ses productions : le Rafale 3, le missile modulaire AASM, l’hélicoptère Tigre…

Mais la supériorité américaine est écrasante : 33 des 41 avions ravitailleurs utilisés dans l’opération sont américains, la plupart des Awacs aussi, tous les drones également, comme 100% des missiles antiradars et des kits de guidage laser des bombes. Et ce n’est pas tout. « L’essentiel des moyens de commandement et de contrôle de l’Otan comme la gigantesque bande passante qui permet de transmettre toutes les données sont américains », dit le spécialiste François Heisbourg. « Quand les pilotes français arrivent au-dessus de la Libye, explique un officier, ce sont des avions américains dotés de radars spéciaux, des JStar, qui les guident jusqu’à leurs cibles. Les Américains ont des moyens de renseignement colossaux : des U2, des capteurs dont nous ne disposerons jamais, des dizaines de satellites… »

Les Américains dirigent les opérations en coulisse

Un chiffre résume tout : devant la délégation parlementaire sur le renseignement, le directeur du renseignement militaire, le général Didier Bolelli, a révélé que plus de 80% des cibles affectées aux pilotes français en Libye étaient désignées par les services américains ! Autrement dit, si Français et Britanniques réalisent la majorité des frappes, les Américains dirigent les opérations en coulisses « from behind », dit le grand magazine « New Yorker ». « Ils nous donnent juste ce qu’il faut pour que nous ne nous cassions pas la figure », assure un diplomate.

Comment terminer cette guerre sans un coup de pouce de Washington ? Pour l’armée française, le temps presse. « En mer depuis huit mois, le «Charles-de-Gaulle» est à bout, dit un officier. Certaines réparations ne peuvent pas être faites à bord. Le nombre de sorties du porte-avions chute. » Le « Charles-de-Gaulle » devait rentrer le 30 juin, mais les marins devront attendre. Pour le remplacer, on cherche des bases aériennes proches du théâtre des opérations. On voudrait aussi envoyer un drone français au-dessus du ciel libyen. Mais les négociations avec les pays qui pourraient accueillir ces aéronefs traînent.

L’Elysée décide de livrer du matériel aux rebelles

Alors on compte surtout sur l’avancée des rebelles. Ils doivent faire vite. Les chaleurs torrides et le ramadan arrivent, peu propices à de grandes offensives. Il faut régler le problème avant août. Comment ? L’Elysée a décidé d’interpréter à sa façon les résolutions de l’ONU sur la Libye. Certaines capitales, dont Londres, estiment qu’elles interdisent de fournir des armes aux rebelles. Pas Paris. « Le Figaro » vient de révéler que, début juin, la France a parachuté 40 tonnes de matériel militaire aux forces rebelles. Selon d’autres sources, elle enverrait aussi des armes par voie terrestre via des pays frontaliers. L’Elysée pense qu’une progression des rebelles jusqu’à quelques kilomètres de Tripoli devrait susciter une révolte à l’intérieur de la capitale libyenne. Et Kadhafi serait contraint de partir. Si, pour une fois, tout se passait comme prévu…

Vincent Jauvert-Le Nouvel Observateur

Lire l’intégralité de l’enquête de Vincent Jauvert dans  le Nouvel Observateur du 7 juillet 2011

Libye – ONU : l’échec des visées euro-atlantistes et mondialistes

Durant toute cette guerre contre surtout la Libye, mais aussi la Syrie, les chaînes/ instruments de l’OTAN  ne font que dans la désinformation en manipulant l’image, inventant des faits, créant des évènements et ce, selon des tactiques ordonnées. Ces chaînes sont devenues un élément primordial, pour désinformer, faire diversion, susciter les conflits et les divisions, créer le désordre pour faciliter la  pénétration, la domination ou carrément la colonisation. Elles sont de monstrueuses machines de propagande et d’actions psychologiques de l’alliance  atlanto-sionistes contre les arabes, les musulmans et les pays impénitents qui refusent la vassalité.

Le pays le plus activiste, dans le cas de la Libye, est la France de cet « idiot », de cet écervelé payeur de rançons aux terroristes, de ce scélérat nommé Sarkozy qui s’appuie du soutien de la putréfiée Ligue arabe du sinistre Amr Moussa et des fetwas de certains  cheikhs de service! Quelle déchéance ont atteint la plupart des médias occidentaux et leurs alliés arabes comme  surtout Al jazeera de l’Émir du Qatar, Al arabia la Saoudienne – que singent idiotement certains autres médias arabes – lorsqu’ils débitent en continu des infos ridicules qui frisent la débilité ! Après 4 mois d’intenses matraquages médiatiques, elles ont épuisées tous les sujets de mensonges. Ils ne leur restaient que les cocasseries telle cette dernière de France 24 des «stars du football libyen » qui auraient rejoint le « camp des insurgés » et qu’elle conclue ainsi : « dans un pays où le football est très prisé, les défections de ces sportifs constituent un nouveau camouflet pour le colonel Kadhafi, après celles de militaires et de ministres de haut rang ». N’ont-ils pas de  journalistes de bon niveau et honnêtes, où sont-ils vraiment privés de cette liberté d’expression que l’Occident prétend défendre ?

Le métier de journaliste est souvent perverti pour servir de couverture aux actions d’espionnage. D’ailleurs, plusieurs de ceux qui se déclarent servir l’information, à Tripoli, (ne parlons pas de Benghazi) sont soupçonnés  de faire de l’intelligence au profit de l’Otan. Certains ne font que chercher des infos ‘stratégiques ’ou spéculer sur les endroits ou pourrait ‘se cacher’ Kadhafi. Ils ont été bien sûr repérés, mais bizarrement laissés faire.  C’est la raison pour laquelle ces « journalistes » sont souvent des cibles privilégiées dans les endroits ‘chauds’ de la planète. À ce propos qui sont réellement ces  400 ‘journalistes’  et/ou éléments travaillant pour des sociétés de ‘sécurité’ – dont Black Water- débarqués  à Benghazi ?

Les articles, images, reportages et témoins «oculaires» de ces chaînes se sont avérés, avec le temps, qu’un tissu de mensonges y compris les accusations de «bombardements de civils par Kadhafi» qui avaient «justifié» l’agression comme l’affirment des journalistes, analystes et observateurs sur les lieux. Ce terrible temps, qui donne du recul, qui permet  la réflexion et la bonne mesure. Ce temps qui joue toujours contre l’agresseur en mettant à nu ses visées et ses duperies. Ce temps, enfin, qui annonce souvent l’échec.  Échec  sur le plan financier qui avait prévu ‘quelques jours’ et nous en sommes à plus 3 autres mois ; sur le plan politique et  diplomatique puisque le monde et les libyens savent maintenant les tenants et aboutissants de cette agression – qui sent le pétrole et le gaz, le véritable but de cette guerre- en plus du retrait, de cette aventure, de certains pays de la coalition puisqu’il ne reste que 2, la France et la GB, sur 28 ( Berlusconi s’est même innocenté récemment en déclarant avoir été contraint par le parlement de s’engager) et la France cherche maintenant une issue de sortie à voir la déclaration ‘claire-obscure’ de son ministre de la défense; sur le plan militaire puisque les frappes ne donnent rien de significatif si ce n’est plus de destructions et de morts civils dont les effets sont plus de haine envers l’agresseur et plus de détermination des libyens autour de leur guide. C’est aussi la débandade du côté des  insurgés qui perdent du terrain et du CNT qui s’avère être un ramassis  d’apostats et d’envieux qui ne cherchent qu’à accaparer les avoirs du peuple libyen à l’étranger en plus d’être divisé et sans principes . Tous se sont constitués une fortune en détournant les « aides » et/ou en faisant main-basse sur le trésor de Benghazi laissant la population sans revenus et dans le besoin et ce, avec l’assentiment de l’Occident qui ne cherchent pas, dans ce cas, l’origine de cet argent. Des informations font état d’un projet du CNT d’imprimer une ‘monnaie de singe’ pour contenir la colère grandissante des Benghazis qui réclament « leurs droits ». C’est-à-dire les salaires, entre autres, que le gouvernement libyen affirme, avec preuves à l’appui, avoir versé pour les 6 premiers mois au trésor de Benghazi. Où est donc passé cet argent qui devait permettre aux benghazis, outragés, de vivre décemment ? Malgré cela, les responsables libyens déclarent s’employer à prendre toutes les mesures pour assurer les salaires du 2ème semestre.  L’échec se constate aussi dans cette volonté d’armer les insurgés – en violation des 2 résolutions –  par la France en parachutant des armes aux insurgés du djebel Nefoussa (dont une partie est récupérée par les forces loyalistes) et par le Qatar avec la capture, par l’armée libyenne, d’un bateau – portant pavillon tunisien – bourré d’armes estampillées « armée du Qatar » (en anglais). L’échec  s’observe enfin dans les informations de ces chaînes, battues en brèche  par les chaînes libyennes avec des preuves incontestables, au point où elles sont devenues une référence crédible mais aussi des cibles en empêchant la diffusion des chaînes libyennes sur ‘Arabsat’ (3 chaînes sur les 7 déjà ont des difficultés de diffusion). La vedette médiatique qui  met  à nu quotidiennement le complot, en direct sur Jamahiria sat, est un certain Youssef Amine Chakir, ex-opposant qui avait côtoyé l’opposition pour avoir vécu avec ses membres durant plus de 20 ans aux États-Unis. Il dit les avoir quitté pour leur hypocrisie et leurs accointances avec la NED/CIA et le MI6 ainsi que leur changement de nationalité (le dernier ‘converti’ est le président du CNT, Abdeldjalil, qui vient d’obtenir la nationalité Turc selon la presse de ce pays).  Il ne cesse dans son émission d’expliquer avec détails leurs frasques et leur félonie par l’image et documents à l’appui ! Maîtrisant l’arabe et l’anglais, ses analyses politiques pertinentes et ses commentaires de l’information internationale ont fait de lui le personnage le plus écouté sur la scène intérieure et  internationale et le plus redouté par le CNT et l’Otan, en leur donnant du fil à retordre,  au point où on ne trouve, pour le contrer, que les qualificatifs de « traître (?) » ou de « charlatan » ; à cause du chapelet qu’il porte et les préceptes de l’Islam qu’il cite fréquemment ou bien des mensonges qu’il dévoile ou des déductions et prévisions qui se réalisent ? Les plus visés et fustigés sont Abdeljalil, Bouchena, Hafter, Younes, Tarhouni, Chemmam, Chelgham, Dogha, Djibril,Koussa, Logelli, Fethi et Hassouna. Ces « révolutionnaires », qui sollicitent des frappes destructrices de ce qu’ils disent être leur pays, apparaissent comme de vulgaires renégats, de méprisants traitres aimant le pouvoir, l’argent et la bonne chair.

Il y a aussi et surtout ces manifestations monstre (du 1er juillet) pour la défense de l’unité de la Libye autour du Guide  et anti-Otan, sur la Place verte, rassemblant près de 2 millions  de Libyens exhibant un drapeau vert de 4Km 500 suivie de celle du 08 juillet à Sebha du sud, arborant un drapeau de 6 Km qui a rassemblé au moins 500 000 de personnes – et l’on prévoit 3 autres à Laadjilet  le jeudi, à Zliten le vendredi et à Azzaouiya le samedi – qui ont mis les agresseurs dans un profond désarroi ; car c’est toute la stratégie construite sur le mensonge et le faux qui s’effondre comme un château de carte.  Les réactions de certains, sur ces chaînes, montrent une certaine amertume et d’une certaine façon un sentiment de défaite cuisante. Certains opposants soutiennent, par exemple, toute honte bue, la version débile que la transmission en direct de celle de Tripoli n’était pas « vraie » et les images un « montage » ; certains avancent le chiffre de 5000 à 15000 personnes  et bien d’autres inepties  alors que pour porter ce drapeau il faut déjà au moins 3000 personnes (à raison d’une personne chaque 3 m, des 2 côtés). Ils savent qu’ils sont incapables de mobiliser 2000 personnes à Benghazi devenue ville morte qui s’est vidée d’une grande partie de sa population ; fuyant le ‘nouveau régime’.

La réalité est que l’Otan  avec ses « révolutionnaires » de pacotilles – composés de voyous, de truands, de prisonniers libérés de Benghazi et de Guantanamo, d’islamistes graciés, d’éléments de l’AQMI,  de jeunes désœuvrés et de sots, de félons de dissidence récente, de renégats, d’opposants inconnus de dernières minutes- montre des signes d’échec, voire de déroute face à un petit pays (qui n’a jamais agressé quiconque) de 7 millions d’habitants  qui vivaient correctement, mieux que beaucoup de pays Européens y compris la France.  La réalité est que l’on s’évertue à imputer les méfaits de la coalition, y compris les viols dont sont coupables les insurgés, aux « brigades de Kadhafi » expression fallacieuse visant à discréditer l’armée régulière de la Libye qui reste toujours fidèle. La réalité est que l’Otan s’est retrouvée face à un peuple résistant – qu’encadre moralement de puissantes tribus que ne peut comprendre l’Occident – qu’il bombarde au missile pour le  « protéger » lui dit-il , à un vrai Guide  farouchement soutenu par son peuple et qui n’est pas du tout celui  que l’on veut nous faire croire ; c’est-à-dire ce ‘tyran’, ce ‘despote’, ce ‘fou de Tripoli’, ce ‘dictateur’ qui s’avère plutôt intelligent et bien au fait des manigances impérialo-colonialistes, des tromperies de palais et des corruptions de l’Occident érigées en système et particulièrement fervent défenseur des opprimés, qui a fait de la renaissance de l’Afrique son cheval de bataille . Faire croire que Kadhafi est trahi de tous côtés ou qu’il n’a plus de « légitimité populaire » est de la désinformation de bas niveau. Si cela était vrai, il y a longtemps qu’il aurait été évincé. De plus, il est difficile de faire admettre que toute la population s’était liguée contre lui et du même souffle expliquer pourquoi  des centaines de milliers lui manifestent leur soutien, pourquoi il ne craint pas d’armer la population, pourquoi il se permet  des tours – en cortège et en voiture découverte – dans les rues et ruelles de la capitale sous les applaudissements de milliers de citoyens dont beaucoup sont armés, pourquoi les habitants de plusieurs agglomérations ont violemment répondu par les armes aux  rebelles qui avaient tenté de conquérir leur localité , pourquoi Benghazi et récemment Tobrouk,  mais aussi Derna – du tueur « Gambo » que soutien l’Otan – se révoltent. Mais l’équation insoluble est que l’Otan n’osera jamais prendre le risque d’une opération militaire terrestre avec ses soldats car, les insurgés, encore dans la croyance qu’ils combattent  pour ce qu’on leur a fait croire « juste et légitime » (selon les déclarations des capturés), s’apercevant qu’ils ont été  abusés, se retourneront vite contre leur « employeur » qui, le comble, les aura lui-même armé. Terrible dilemme ! La réalité, enfin, est que la stratégie de l’Otan était construite sur du mensonge et du faux.

Si la Libye était un pays « puissant », le clown  Sarkozy – qui fait le plus de zèle dans cette aventure – n’oserait jamais s’y aventurer. On se croit toujours fort devant les faibles dit-on. Cet apprenti guerrier, que guide par le nez ce « philosophe » sioniste, fait montre dans  cette « aventure libyenne » d’une pseudo force,  en la confondant à la puissance de la France Gaullienne, alors qu’il n’est qu’un myrmidon, un roitelet qui sera vite jeté aux oubliettes sauf pour nous rappeler une autre page sombre de l’Histoire de France. Nous avons bien vu ses mesquineries quand il est devant ses maîtres. Il est regrettable que la crédibilité et l’honneur de la vraie France ait été  engagé dans cette péripétie sans issue et sans intérêts que pour ceux qui lui ont fait sous-traiter cette « opération Libye ». On découvre aussi, en lui, le plus mauvais Président de l’histoire récente de France. Franchement, ce pays ne mérite vraiment pas un tel représentant qui a sali son histoire et compromis son avenir.

Ces médias de service, ne parlent de faits réels que s’ils sont impossibles à dissimiler, mais avec une forme absconse parfois absurde et sous conditionnel.  C’est ainsi que ces chaînes « informent » des 5400 (au 07/07/2011) frappes de missiles qui ont détruit les maisons, touché des hôpitaux, des écoles, des collèges, l’université, des bâtiments administratifs, les commissariats, les services chargés de la corruption, la cité de l’enfance, les infrastructures de bases, des réseaux de communication, les check-point, les dépôts de carburant à Bréga  etc. – tuant et blessant des milliers de personnes civiles parmi eux des femmes  des vieillards, des hommes de religions dans leur lieu de culte, des employés, des enfants, des bébés – des tentatives visant l’assassinat des personnalités politiques en particulier Kadhafi et son vieux compagnon Lakhouildi, mais atteignant leurs enfants et petits-enfants etc. Pour toutes ces cibles, l’Otan donne l’’excuse’ d’« erreurs » ou le prétexte de « lieu de commandement ».

Que reste-t-il du droit international, des conventions quand ils sont foulés du pied ou bafoués par les pays puissants qui les ont érigé et dont-on exige leur respect  aux pays pauvres ou faibles, mais riches en matières premières ? Qui désormais luttera contre le « terrorisme » quand l’Otan  s’en sert ou le suscite à l’ «occasion » pour ses intérêts – dans le cas de la Libye entre autre – ou quand la France le finance en payant des rançons par exemple ? Al Qaïda comme dit un analyste «c’est seulement où et quand ça arrange les États Unis». Qui va désormais faire confiance à ces institutions/organisations internationales dites  des « droits de l’homme », des « libertés », de « justice » et tutti-quanti quand elles sont détournées pour les rendre auxiliaires et faire valoir des lobbyings imposants leur politique, leurs objectifs, leur idéologie par la force souvent,  quand ces ‘instances’ sont devenues des attrape-nigauds pour les pays  africains surtout.

Réitérons ceci : Quand l’agresseur n’a pas de morale ou de règle, il est certain qu’il est moins tenté d’attaquer ou de menacer s’il sent que la victime potentielle peut lui infliger les mêmes dommages en usant des mêmes méthodes avec moins de moyens. L’agresseur s’encourage toujours des règles qu’il n’applique pas dans l’impunité. Mais s’il est certain qu’à chaque action criminelle  la réponse sera du même acabit, le monde serait moins trouble, plus raisonnable. On ne voit  aucune différence entre des États qui tuent des civils  en les bombardant au missile ou font assassiner  des chefs d’ État ou des politiques en usant de gros moyens et des individus ou groupes d’individus qui déposent des bombes dans des endroits public  ou assassinent des personnalités politiques en usant de peu de moyens. La nuance est que les 1er bafouent les règles qu’eux-mêmes ont instauré, destinées en fait à les protéger, alors que les seconds ne font que riposter à une injustice, à un outrage en violant, comme eux,  les mêmes règles afin de leur infliger, par revanche, les mêmes préjudices.

Il est logique qu’avec ce qui se déploie en Libye et les tueries programmées de l’Otan qui s’y déroulent que des dizaines de groupes de jeunes des villes et des tribus annoncent leur engagement aux combats ou  jurent leur vengeance sur les responsables (et leur famille) de la tragédie libyenne. Quand on connait la mentalité bédouine en particulier, l’affront ne s’éteindra jamais s’il n’est pas réparé de façon légale et juste. Les familles touchées dans leur chair riposteront tôt ou tard, sans aucun doute. Même Kadhafi, pour le cas de la Libye, n’y pourra rien faire. Cette pratique n’est pas plus sordide que ne l’est  le comportement moyenâgeux et sauvage de ceux qui se prétendent civilisés.  Quand la loi de la force se substitue à la force de la loi, quels moyens légaux laisse-t-on pour se protéger, quand les lois et règles internationales sont bafouées, quand les instances internationales, y compris l’ONU, sont détournées pour servir les pays puissants.

Cette aventure en Libye a mis à l’épreuve les règles internationales de l’ONU qui s’avèrent n’être érigées que pour mettre au pas, par la menace ou la force  les pays qui n’entrent pas dans le giron occidental – c’est-à-dire dans les fondements euro-atlantistes et mondialistes en les obligeant à adopter leurs principes politico-philosophiques – et non pour plus de justice dans le monde après l’effroi de la 2ème guerre mondiale. La SDN qu’Hitler a piétinée a été remplacée par l’ONU. Voilà que la même attitude se renouvelle avec l’Otan. Mais pour quelle autres organisations et regroupements cette fois ? L’avenir  proche nous le dira. Ce qui est sûr c’est que l’ONU, ses instances et ses organisations actuelles répondent plus aux intérêts des États puissants et oligarchies financières en légitimant les agressions, les invasions  pour accaparer les richesses des pays faibles en empêchant leur progrès et leur indépendance économique et sociale qu’à un souci d’équité ou de prévention des conflits pour l’équilibre mondial.

Si la raison humaine arrive au point où elle exige à la victime de financer ou de lui rembourser les dépenses de l’agression c’est qu’il y a matière à se poser des questions graves sur le niveau de déchéance des esprits de ceux qui mènent le monde.

Par DJERRAD Amar

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Voir aussi du même auteur :

La CPI, dernière arme de la coalition et attrape-nigaud des africains

Chronique d’un échec annoncé des coalisés et des insurgés

Le complot et la grande manipulation

Libye : Le complot, l’agression et l’engrenage

Les événements de Libye: La revanche et le complot !

Ce dont aucun média n’a parlé

Le vendredi 01 juillet à Tripoli une marée humaine est descendue dans la rue pour soutenir le Guide de la révolution Libyenne, le colonel Mouammar Kadhafi.

Cela bien évidemment aucun média n’en a fait écho. Ces médias aux ordres de l’impérialisme sont trop occupés à désinformer.

On sait déjà pour les médias français ; leur ligne éditoriale leur est dictée depuis le saint siège de l’Elysée. C’est la liberté de presse sauce Sarkozy.

Senegal : Le Parti socialiste fustige le discours de Wade

Communiqué du Parti socialiste suite au discours de Wade

Notre pays est en crise mais Abdoulaye Wade ne se préoccupe que de la crise de son régime. L’exercice auquel il s’est livré, qui aurait du être un exercice d’humilité et de responsabilité aura été finalement une nouvelle provocation d’un homme d’un parti qui oppose le mépris au Sénégal debout. Abdoulaye Wade n’a pas parlé aux Sénégalais mais à son camp. Il est resté sourd au message que le peuple sénégalais a voulu exprimer le 23 juin 2011.

D’abord, le mépris de la démocratie est à son comble lorsqu’il qualifie la défense de la Constitution et les manifestations contre son projet de loi de tentative de déstabilisation. C’est un discours qui vise à se rétablir mais pas à rétablir le Sénégal dans la trajectoire d’une démocratie majeure qui renoue avec un système électoral transparent et crédible. Le mépris pour le peuple apparaît dans la diversion avec ses propositions hors contexte et ses manœuvres désespérées qui lui permettront de rester au pouvoir contre la volonté des Sénégalais.

Ensuite, et comme à l’accoutumée, la cécité l’a empêché de se hisser à la hauteur de ses charges républicaines et l’a conduit à opposer un puéril déni de réalité. La vraie préoccupation, c’est de voir un homme de son âge et de sa responsabilité qui continue à faire preuve d’immaturité. Aux yeux d’Abdoulaye Wade, les Sénégalais sont aveugles. Mais il se trompe ! Il se trompe énormément. Il n’a pas entendu ceux qui ont exprimé leur désarroi face aux fractures ouvertes qui accablent notre société. Les Sénégalais lui disent qu’ils ne veulent plus de sa gouvernance toxique qui a infesté tous les secteurs de la vie nationale. Ils lui disent qu’ils ne veulent plus de la vie chère. Ils lui disent qu’ils ne veulent plus du gaspillage des ressources publiques qui laisse filer les déficits. Ils lui disent qu’ils ne veulent plus de la délinquance financière. Ils lui disent qu’ils ne veulent plus de l’impunité. Ils lui disent qu’ils trouvent intolérables qu’il abandonne les paysans, les pêcheurs et les pasteurs. Ils lui disent qu’il est suicidaire pour un pays de laisser les secteurs de l’éducation et de la santé s’enliser dans une crise chronique. Ils lui disent qu’ils n’accepteront plus la violation de la Constitution, qu’ils n’accepteront plus la remise en cause des acquis démocratiques, qu’ils n’accepteront plus les atteintes aux droits et libertés.

Enfin, au lieu d’apporter des réponses aux messages que le peuple sénégalais lui a envoyés le 23 juin 2011, Abdoulaye Wade a servi une mise en scène grotesque où malgré les apparences, il a donné l’image d’un homme qui a peur et qui cherche à se rassurer en se réfugiant derrière un camp en débâcle qui ne peut plus rien pour lui. Lorsqu’il muscle son discours et brandit des menaces, il devient pathétique car il sait que les Sénégalais ne lui feront plus aucune concession et que les événements du 23 juin dernier sont le signe d’un mouvement historique irréversible qui conduira à la fin de son régime.

Au total le show médiatique auquel Abdoulaye Wade s’est livré s’apparente à un requiem pour un régime agonisant. Son discours est symptomatique de l’autisme suicidaire d’un homme qui vit dans un univers de l’enfermement en regardant du haut le Sénégal et les Sénégalais. Contre cette surdité, le peuple sénégalais se doit de réagir énergiquement pour l’amener à discerner la gravité des circonstances dans lesquelles se termine son règne et l’incliner à choisir le devenir du pays au lieu de chercher à s’accrocher désespérément au pouvoir. Dans ce sens, il faut organiser et amplifier les manifestations populaires pour l’obliger à comprendre qu’il partira, que les artifices, dont il entend user pour se maintenir au pouvoir, n’y suffiront guère et que la détermination des Sénégalais viendra à bout de sa farouche volonté d’installer notre pays dans le chaos.

Fait à Dakar, le 14 juillet 2011

Pour le Parti socialiste

Le Secrétaire national adjoint à la communication

Abdoulaye WILANE

France : La Fête Nationale du 14 Juillet ou l’oubliée du 24 Juin ? A chacun sa fête

La Fête Nationale du 14 Juillet ou l’oubliée du 24 Juin ? A chacun sa fête

« Ils font la fête au mois d’juillet, en souvenir d’une révolution, qui n’a jamais éliminé la misère et l’exploitation, ils s’abreuvent de bals populaires, d’feux d’artifice et de flonflons, ils pensent oublier dans la bière qu’ils sont gouvernés comme des pions. » (Hexagone, Renaud Séchan).

Voilà, nous y sommes. Mi-juillet. Un grand moment de propagande historique se joue dans la mémoire collective et déjoue l’impartialité de notre culture historique, philosophique, politique et sociale. Voila que la France militariste va se fixer devant les télécrans numériques pour admirer la 132ème parade belliciste, nationaliste et paranoïaque d’une armée agenouillée au chevet des délires sécuritaires d’un gouvernement policier. Et oui, tradition du 14 Juillet oblige. Parbleu ! Rends-toi compte, citoyen français, deux-cent vingt et un ans de liberté ! Et cela s’arrose chaque été depuis 1880 ! Alors commémorons…

Le 14 Juillet célèbre la Fête de la Fédération, qui eût lieu le 14 Juillet 1790 pour l’anniversaire de la prise de la Bastille un an plus tôt. Les ouvriers et les paysans français qui furent chaleureusement conviés à aménager la place du Champ-de-Mars pour la festivité militaire, malgré une Révolution si bien réussie, furent paradoxalement exploités et sous-payés, pendant que les révolutionnaires de la petite bourgeoisie, eux, réfléchissaient aux lois qui allaient verrouiller les appétits populaires pour l’insurrection en réaction à l’oppression. Abolition des privilèges et de la société de castes, disiez-vous, braves gens ?

Mais alors qui sont les participants au grand jeu deux siècles plus tard ?

Des chars Dassault, alignés comme on expose les cercueils rapatriés de Libye ou d’Afghanistan, dont le défilé n’est pas sans rappeler des opérations de propagandes soviétiques à la gloire du tyran stalinien (le défilé parisien du 14 juillet est le deuxième plus important du monde après celui de l’armée russe…), des officiers et chefs d’État autoritaires et sanguinaires d’Afrique (dont aucun, de préférence, ne sera plus grand que N. Sarkozy) qui s’accaparent les richesses qu’Areva, Total et Nestlé contribuent à détourner des ménages locaux. Des journalistes formatés et vouant un culte inféodé à la Nation républicaine (sans savoir pourquoi), sans montrer tout ce qu’elle représente de larmes populaires sanguinolentes séchées par la violence du temps qui passe. Et oui, le nationalisme préfère oublier que les institutions républicaines aient toujours été imposées dans le sang et la douleur au service des classes dominantes et dirigeantes pendant qu’ouvriers ou paysans, eux, se tuaient à la tâche pour le seigneur ou pour le patron, pour sa corporation ou la multinationale qui l’exploite. Que l’on soit en république ou en monarchie. Le nationalisme n’a pas d’idéologie : il transcende les clivages politiques, il se fait séduire de gauche ou de droite, et défile en grandes pompes en arborant à la face des caméras ses plus grands crimes de guerre dont il est si fier.

De l’autre côté des barrières, au pied des fusils mitrailleurs, des médailles et du bruit des bottes, des parisiens qui pensent admirer le spectacle des protecteurs de la Nation là où ils acclament des soldats du crime permanent, en oubliant que les agissements de l’armée ont bien trop souvent été penchés vers le côté des intérêts du monarque plutôt que vers ceux de la population. Ceux qui crient liberté et démocratie à Paris, sont les mêmes qui pilonnent les pays anciennement colonisés, tuent femmes, enfants, hommes, vieillards, et détruisent les écosystèmes partout où ils essuient leurs uniformes. Tout ce petit concert bien accordé de trompettes, de coups de semonce et de tocsin sous le bruit assourdissant des bombardiers ayant passé le printemps 2011 sous le soleil maghrébin, est toujours apprécié par la foule notoire des spectateurs quasi décervelés, hypnotisés par la dictature de l’agenda médiatique. Mais l’on pardonnera aisément à ces auditeurs-lecteurs d’avoir été aveuglés par cette société du spectacle, nombre d’antilopes paniquant dans la savane restent encore aujourd’hui vulnérables face aux hyènes affamées qui massacrent en meute. Il parait que c’est la nature, que d’être tiraillé dans une multiplicité permanente des rapports de forces inégaux contre quoi il est difficile de lutter pour les abolir.

Revenons à nos antilopes, pourquoi défile-t-on le 14 Juillet de chaque année ? Est-ce pour célébrer une Révolution manquée qui a été récupérée par l’élite bourgeoise, et dont les héritiers sociaux reproduisent en permanence l’hommage d’un monstrueux coup d’État mené savamment contre la population pour la purger et instaurer un État répressif, policier, criminel et libéral ? Est-ce pour donner le sentiment collectif qu’une révolution républicaine eût lieu en masquant le fait qu’elle fut l’une des pires guerres civiles et génocide (plus de 100 000 morts entre 1792 et 1794, dont 80% d’exactions arbitraires furent commises envers le Tiers-état.) de l’Histoire contemporaine ? Ou bien est-ce l’idolâtrie belliqueuse d’une république néo-impérialiste qui joue son rang de quatrième pays producteur d’armes au classement mondial, jouant de concert avec le complexe militaro-industriel, qui est le plus puissant lobby du pays ? Les trois mon capitaine !

Révolution Française, démocratie et abolition de la féodalité vous disiez ?

Si l’État français maintient un certain culte mythique de la Révolution Française depuis qu’elle est célébrée, c’est qu’il y a une duperie à fouiller quelque part : il n’y a pas eu de jour férié le 18 mars pour que l’Histoire de la Commune de Paris (1871) ne soit pas morte et enterrée, et pour commémorer la tentative de révolution auto-organisée du peuple prolétaire de Paris, résistant contre la bourgeoisie versaillaise. Pas plus qu’il n’y en eût pour se rappeler du 8 février 1962, des meurtres policiers contre les militants antis-guerre d’Algérie du FLN et protestant contre les exactions de l’OAS. Rien non plus pour le 26 avril, lorsque les partis socialistes du Front Populaire (1936) remportèrent les élections législatives, tentant de faire une révolution sociale et « démocratique » par les urnes.

De la dictature montagnarde sous la Terreur à Adolphe Thiers dans sa répression sanglante de la Commune (1871), en passant par Maurice Papon (collaborationniste sous Pétain ayant eu un rôle important dans les rafles nazies contre les juifs français, il ordonne la répression meurtrière de la manifestation du 8 février 1962. Il meurt en 2007 sans jamais avoir été inquiété par la justice.), la France qui aime tant à arpenter « Liberté, égalité, fraternité » sur le perron des mairies, possède son lot de criminalité policière dans les mouvements sociaux de citoyens.

La France célèbre la fin d’une monarchie qui n’a jamais, en essence, été supprimée. L’école fait incorporer aux enfants bien dociles face à l’autorité du savoir républicain, que la royauté ainsi que les privilèges (droits féodaux, vénalité des offices, et inégalités fiscales) ont été supprimés le 4 Août 1789 parce que le peuple du Tiers-état était exaspéré. L’école matraque l’ignorance dans la censure en la faisant passer à l’usure pour de la connaissance collective. De fait, l’usurpation et la falsification de l’Histoire sont primordiales dans une démocratie pour que les gens en acceptent la propagande et consentent à l’ordre établi qui en est l’héritier direct. L’école fait passer la prise de la Bastille pour un mouvement spontané, populaire et républicain (une analogie avec les « Révolutions » de l’Afrique du Nord ? Toujours ces antagonismes médiatiques et réducteurs entre « pro » et « anti »…). Loin de vouloir négliger l’Histoire, la chose fut sans doute plus complexe. Car la prise de la Bastille de 1789 fut sans doute initialement moins lancée par le peuple que par les franges les plus cultivées et riches du Tiers-état (députés, seigneurs de communes, roturiers propriétaires, etc.).

Si l’abolition des Privilèges fut votée par l’Assemblée Constituante, c’est encore une fois dans le but d’étouffer les révoltes populaires, de mettre fin à ce qu’on nomma la Grande Peur. Peur des pillages, des brigandages, des attentats qui suivirent la prise de la Bastille. Alors, riches paysans et grands fermiers du Tiers-état se munirent d’armes pour se défendre d’un mythe fondé sur une rumeur courant dans les champs, qu’il existât des bandes organisées ayant la ferme intention de tout saccager sur leur passage. Comme quoi, la peur des méchants fermiers, des méchantes bactéries dans les aliments, ou la peur des méchants arabes qu’on ghettoïse dans nos banlieues, de tous temps, est un bon instrument électoral au service du pouvoir. Face à ces violences paysannes envers des paysans suspects d’avoir brigandé leurs terres (encore une histoire de guerre de classes sociales, des pauvres n’ayant rien qui se révoltent contre les riches), l’Assemblée vota la fin des privilèges le 4 Août 1789.

Combien de morts en Vendée, dans la chouannerie des métairies, pour imposer le nouveau régime que l’on commémore encore aujourd’hui dans les ouvrages, les discours et les boulevards ? Ni monarchistes, ni républicains, ayant eu l’outrecuidance de refuser de choisir un camp ou un autre, ils durent subir le « populicide » décidé par J.B Carrier sous la Terreur montagnarde en 1794. Plus schématiquement : afin d’imposer par putsch un régime dictatorial et sanguinaire, la Convention Nationale décréta l’extermination de tous les dissidents de la Vendée (52% des condamnations prononcées contre les vendéens), à la vallée du Rhône (les lyonnais et les provençaux s’insurgeaient pour des communautés fédéralistes à l’époque). C’est aussi pour ça que l’on défile le 14 Juillet. La date qui généra l’une des pires guerres civiles de l’Histoire politique et sociale du pays. Le scandale vient du fait que le récit de cette période est outrageusement orienté, voire tronqué.

En effet, la formation institutionnelle des têtes pensantes oublie étrangement par exemple, de s’attarder sur la Constitution de l’An I (24 Juin 1793). Elle ne fut jamais appliquée car elle était vouée à proposer un régime d’assemblée, de démocratie directe et participative (par référendum populaire) et d’inspiration socialiste (souveraineté populaire, travail mutualisé, l’insurrection vue comme droit et devoir quand le gouvernement viole les droits du peuple). Oubliée la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793, l’Histoire républicaine préféra ne retenir que la libérale et individualiste de 1789. La non-application de cette Constitution de l’An I, promulguée par des montagnards de la Convention Nationale (sans doute pas ceux qui mirent en place le régime d’exception et de répression dans La Terreur…) est justifiée par des conflits d’intérêts au sein de l’État. On peut supposer que la vraie nature du refus de ce texte, se trouve dans son contenu : il aurait aboli le pouvoir centralisé, institué un État fédéral, il aurait donné la souveraineté au peuple, et la hiérarchie politique de la société aurait été supprimée, chaque citoyen aurait pu faire de la politique au sens donné par les grecs de la gestion de sa Cité. En définitive, cette Constitution du 24 Juin 1793 aurait institutionnalisé la démocratie participative. Elle n’a pas eu de Fête Nationale ni de jour férié dans l’Histoire. Vu le marasme idéologique et la propagande historique dans lesquels sont plongés les rouages du système politique représentatif et ploutocratique, il est aisé de comprendre qu’il est nécessaire pour le microcosme politico-médiatique de ne pas trop s’étaler sur cette date, des fois qu’elle soit retenue par les citoyens qui la lisent, et que celle-ci leur donne des idées…

Afin de clore cette diatribe pamphlétaire antimilitariste du 14 Juillet telle une missive scellée à la cire à destination du roi, je voulais expliquer qu’au lieu d’applaudir bêtement les cortèges militaires des Champs-Élysées, l’on devrait replonger les yeux dans l’Histoire détaillée de la Révolution Française. Car bon nombre de choses (l’idéologie de l’actuelle Constitution, les traditions, les fêtes nationales, le système électoral, le fonctionnement de l’administration et de la justice, et j’en passe) en découlent dans nos oppressions actuelles, et ont été jetées aux oubliettes de la connaissance.

L’étalage morbide des milliards d’euros publics alloués à la défense d’un territoire dont les agressions se sont déplacées du militaire vers l’économique, devrait en écœurer plus d’un. Surtout à une période où le néolibéralisme marié à l’avidité des institutions de crédit, consolide ses conquêtes européennes. Surtout à une époque où le vent est au démantèlement des services publics, à la réduction des dépenses publiques, sur idéologie voulant que l’État n’a pas d’autres solutions alors qu’il pourrait instaurer une taxe sur les dividendes, les produits importés à haute valeur ajoutée, et les transactions financières (plusieurs dizaines de milliards d’euros seraient ainsi récupérés). Qu’il pourrait aussi refuser de payer les dettes privées des entreprises multinationales françaises et répudier cette partie de la dette devenue publique. Autre alternative, qui supprimerait le discours passéiste monétariste d’austérité qui fait croire qu’un État peut faire faillite, consisterait à rendre délictuelles les politiques de défiscalisation des hauts revenus qui impliquent que nombre d’Hommes d’affaires ne payent que 5% d’impôts sur leurs bénéfices, quand la majorité des petits salaires sont imposés à 15-20% (en aparté, l’État récupérerait plus de cent milliards d’euros s’il imposait de revenir à la législation fiscale de 1995, mais non, payer des impôts, c’est mal). Mais en parallèle, les budgets de la sécurité et de l’armement continuent d’augmenter drastiquement d’années en années. Grâce à cela, le 14 Juillet, le peuple en a plein les yeux.

Résultat, pour notre sécurité, l’État néolibéral démantèle ses entreprises publiques, les confie aux fonds spéculatifs, précarise la population par l’incitation à la baisse des salaires et la lutte obsessionnelle contre le taux d’inflation. (Cf. la célèbre courbe de Phillips en macroéconomie keynésienne, expliquant que la lutte contre la hausse du taux d’inflation, entraîne une hausse significative de la courbe du chômage. En clair, la politique libérale de rigueur aime à lutter contre l’inflation car elle maintient un certain seuil de chômage, et créée des tensions sur le marché du travail. De ce résultat, des malhonnêtes peuvent ainsi détruire le droit du travail, restreindre le droit de grève, l’action syndicale, les salaires, le temps passé aux loisirs, etc.)

Plus, l’État néolibéral et militariste s’arroge le droit de déployer l’armée dans les rues pour contenir tout mouvement de foule dissidente. Et pour la grandeur de la France, il fiche tous les citoyens, il flique le net, renforce les dépenses d’armement et refait de l’Afrique un joujou pour l’armée de l’air.

Nous sommes le 14 Juillet. Moi, ce jour-là, « je reste dans mon lit douillé. La musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas. » (La mauvaise réputation, Georges Brassens.) Ce n’est pas ma fête nationale, je la récuse. Commémorer le 24 Juin me conviendrait plus. Qui m’aime me suive !

Samuel Moleaud

http://sam-articles.over-blog.com

Célébration du 14 Juillet : la Côte d’Ivoire fête son retour dans les DOM TOM « départements français d’outre-mer »

Il ya un an, le 14 juillet 2010, sous une pluie battante, les troupes de 12 pays africains francophones paradant sur les Champs-Elysées. Ce symbole de retour de soldats noirs sur les terres des colons en pleine célébration du cinquantenaire des indépendances  n’a pas manqué d’offusquer les panafricanistes. Autour du Président  français Nicolas Sarkozy, douze (12) des treize (13) chefs d’Etats africains invités ont « chanté la Marseillaise ». Un seul Président a boudé ces retrouvailles entre l’ex-colonisateur et ses représentants dans les territoires africains ; c’est Laurent Gbagbo, le « rebelle » d’une Côte d’Ivoire qui se rebelle. Le Président ivoirien s’était alors fait représenter par son ministre de la défense. Depuis, le roue a tourné et Nicolas Sarkozy a eu le temps de lui faire payer  ce crime de lèse majesté en le faisant arrêter par des forces spéciales dépêchées urgemment à Abidjan. Douze mois après « l’indiscipline » de Laurent Gbagbo, on peut le constater, la revanche de Sarkozy est bien retentissante, puisque le 14 juillet s’est déplacé de Paris à Abidjan avec un officiel français de la trempe d’un premier ministre.
Depuis qu’elle a réussi à imposer par la force des armes son agent à la tête de la Côte d’Ivoire, la France ne manque pas d’actes forts pour se comporter comme en territoire conquis. Le pays d’Houphouët Boigny qui a cinquante années d’indépendance derrière a revêtu son statut de DOM TOM (Département d’outre-mer, Territoire d’outre-mer). Le 21 mai, pendant que Alassane Ouattara faisait son investiture dans la capitale politique, Yamoussoukro, le Président français, lui, signait dans la capitale économique, Abidjan, des décrets  pour maintenir ses troupes en permanence sur les rivages de la lagune Ebrié.
Ce 14 juillet 2011, le premier ministre français et toute la crème d’hommes d’affaires ont décidé de le faire à Abidjan loin des majestueux défilés des Champs-Élysées. Au-delà de la conquête économique que cette visite revêt, la date elle est toute aussi  symbolique.  Si le 14 juillet, c’ est la fête nationale de la France, c’est aussi la célébration de la prise de la bastille. François Fillon est visiblement venu à Abidjan pour célébrer avec Alassane Ouattara la prise de la Côte d’Ivoire qui tentait de s’échapper de l’emprise française. Tous les efforts du Président Gbagbo pour faire de la Côte d’Ivoire un Etat souverain sont tombés à l’eau.

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