Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

La refondation par les armes

Il est pressé Boni Yayi, très pressé même. La refondation ne peut attendre les mouvements de débrayage des fonctionnaires qui peinent à suivre la voie toute bénie du prophète du changement reconverti en refondateur. Il faut dire que Boni Yayi ne s’attendait pas à récolter de sitôt les fruits de sa mauvaise gestion du quinquennat 2006 – 2011. Et puisqu’il ne s’y attendait pas, le bonhomme s’agite et ça part dans tous les sens.

Conséquence : les militaires devront reprendre du service ; eux qui, appelés la grande muette et qui, autrefois s’étaient jurés de se terrer dans leurs casernes.

L’épopée du changement les avait fait sortir pour asperger d’une eau bien douce les deux retentissants  K.O. proclamés par Dossou de la cour constitutionnelle ; le premier plus dévastateur que le second. Dispersion musclée de scènes de liesse, matraquage de population, arrestations puis déploiement militaire exceptionnel avaient suivi le fameux K.O du 13 Mars 2011 ; élections organisées avec des critères très exceptionnels : sans liste électorale,  sans la liste des bureaux de vote, des bulletins de vote héliportés de manière unilatérale vers Tchaourou et autres par Boni Yayi, une énorme quantité industrielle de bulletins pré-estampillés Yayi,  des centaines de bureaux de vote fictifs, le vote massif de très nombreux mineurs…et j’en passe.

Après avoir dissuadé toute tentative de révolte face à ce hold-up électoral en matant les premières poches de contestation, les militaires seront dorénavant les partenaires privilégiés de Boni Yayi dans la refondation. Pour commencer, les intendants militaires feront office d’auditeurs internes dans les sociétés et agences publiques et semi-publiques ; ils seront les gendarmes de l’Etat pour mettre aux pas les indélicats qui voudront saboter le processus de refondation du docteur président.

La Coalition des organisations syndicales de l’administration publique (Cosynap) qui regroupe 24 ministères et qui, réclame la généralisation à tous les agents de la fonction publique de l’augmentation salariale de 25% obtenue par les fonctionnaires du ministère des finances devra elle patienter car Boni Yayi n’est pas prêt pour le dialogue. Les syndicalistes grévistes se feront purement et simplement radiés de l’administration publique. Cela, Boni Yayi y tient et il l’a dit devant le haut commandement militaire.

« A parti du lundi 18 juillet prochain, je prendrai mes responsabilités mais avec vous, et je vous demande de prendre, vous aussi, vos responsabilités à mes côtés pour mettre fin au désordre, à l’irresponsabilité, à l’irrespect de l’autorité et des institutions de l’Etat…Car, j’ai besoin de vous pour instaurer la paix et la sécurité dans le pays… Nous allons procéder à des défalcations systématiques sur salaire pour fait de grève. Celui qui ne va pas travailler, sera radié purement et simplement de la fonction publique ».

Limpide cet argumentaire ; tous ceux qui ne seront pas à leur poste de travail seront radiés et remplacés par les militaires qui devront comme au bon vieux temps, remplir les administrations publiques. Refondation oblige, Boni Yayi ne peut attendre les traînards. La refondation se fera sans les fonctionnaires mais avec les militaires.

Après avoir disséqué la classe politique, Boni Yayi veut disséquer le syndicalisme béninois et supprimer le droit constitutionnel de grève ; dernière étape pour s’offrir le régime dictatorial auquel il a toujours rêvé.

Boni Yayi a donné le feu vert. Les militaires seront partout pour bastonner tous ceux qui oseront descendre dans les rues pour quelque manifestation de revendication que ce soit. En attendant la venue des appelés du service militaire dans les administrations et le déploiement des militaires dans toutes les rues de Cotonou, Yayi peut se réjouir d’avoir un peuple pour l’instant pacifique.

Après le changement par le verbe, la refondation par les armes !!!

aymard

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