Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

La Guinée sombrera…………….bon débarras

C’est une certitude mathématique, la Guinée sombrera, ce n’est plus qu’une question de temps, en raison non pas de la difficile équation posée aux guinéens, à savoir les défis contre l’injustice et la pauvreté, mais de la façon dont l’autorité en place propose sa résolution.

Ce titre volontairement provocateur, faisant référence au pamphlet d’Yves PACCALET, Ecologiste français et ami de la planète, « la planète disparaîtra…. » n’est ni une prémonition ni une prédication ; mais le constat d’une collision de multiples bêtises, dont l’addition aboutit à un cocktail explosif dont les détonateurs se mettent progressivement en place de façon insidieuse.

Dans l’équation tribale aux arômes suffocants X, Y, Z, et T, l’idée consistant à exclure la « saboteuse » variable Y correspondant aux ressortissants d’une région naturelle désignés par quelques incendiaires en arc comme étant venus d’ailleurs il y a quelques siècles (…), donc « étrangers » en Guinée (!) est un dangereux goulot d’étranglement qui asphyxiera notre nation.

Et comme on a changé de siècle, les hommes résisteront et la guinée sombrera

Dans son délire mathémati(éthni)que, les données politiques modernes d’un monde devenu complexe et globalisé, combinées de cinquante ans de casses économique et sociale ont semblé donner le tournis à Monsieur Alpha CONDE, déjà en déséquilibre, lui révélant des lendemains incertains, en raison du creux de ses compétences en tant qu’hommes d’Etat rassembleur..

Ces nouvelles autorités, face au mur de l’Atlantique, découvrant subitement qu’il ne sert de grimper car la solution n’étant pas de l’autre côté du mur, concèdent leur usurpation du titre de professeur, docteur, expert, honorable, éminence et trempent dans une cynique médiocrité: diviser les guinéens.

Faire croire à certains que les autres sont les ennemis de la nation.

En réalité, Alpha CONDE n’aime personne. Il a entre ses mains un gros jouet au sein duquel croupissent dix millions d’âmes. Il ne maîtrise pas le mode d’emploi. Il l’a su dès janvier 2011 mais il a honte d’avouer ses carences. Alors il accusera les autres camarades de récré de casser son jouet pour l’empêcher de marcher. Il ira jusqu’à tuer s’il le faut.

Et comme on a changé de siècle, les hommes résisteront et la guinée sombrera.

Monsieur Alpha CONDE le sait, la partie est jouée. Il ne laissera pas son nom dans l’Histoire des Grands hommes. Désormais, il s’emploiera à durer. Les réunions de travail, les stratégies, les taxes et impôts des guinéens ne serviront plus qu’à cela.

Et comme on a changé de siècle, les hommes résisteront et la guinée sombrera.

Dès lors, plus facile aura été d’exclure, de calomnier, de manipuler, d’orchestrer, de monter les uns contre les autres, en prônant une solution simpliste du genre X, Z, et T sont symétriques, seul Y est courbé pour ne pas dire tordu, puisqu’ intrus, donc sources de tous les problèmes pour la construction de la maison Guinée : CQFD.

Ainsi, sans résoudre l’équation de façon académique, on nous sert une solution n’obéissant qu’à des principes déviants, qu’à des théorèmes sombres et populistes, qu’à des formules dissoutes dans des discours rappelant l’ambiance qui régnait à Kigali, au début des années « 90 ».

Tiens, parlons de Rwanda. Les Tutsi, d’un teint clair, « beaux » selon les colons Wallons, s’étaient vu propulser au-devant de l’administration en défaveur des Hutus, brave peuple pastoral au teint plus foncé d’origine bantoue, par les colonisateurs qui érigent un système clanique hiérarchisé et discriminatoire.

Quand l’influence des Tutsis (maintenant plus instruits) a grandi, ils revendiquèrent l’indépendance du pays en 1959. Les Belges, mécontents de cette « ingratitude », changent de fusil d’épaule et favorisent dès lors l’émergence d’un président Hutu. La répression contre les Tutsis fut érigée en mode de gouvernance par les extrémistes Hutus. Plusieurs milliers de Tutsis traversèrent la frontière vers l’Ouganda notamment l’élite. C’est à partir de ce pays qu’ils organisèrent leur résistance sous la direction de Paul Kagamé. La suite on la connaît. 800.000 Rwandais massacrés selon l’ONU, 1 million de victimes selon les autorités Rwandaises.

Je ne vais pas faire ici le rappel de la crise Ivoirienne mais l’on doit se poser la question desquels des deux scénarios est plus probable en guinée, car la marmite est bouillante. Les ingrédients d’une guerre civile génocidaire sont réunis. Il ne manque plus que l’élément déclencheur.

Certains de ces éléments déclencheurs se mettent en place peu à peu sans qu’on ne s’en rende compte vraiment :

La « tentative d’assassinat » d’Alpha CONDE :

Tout délit ou crime cache nécessairement un mobile, un but, un objectif. Nous sommes ainsi en droit de se demander quel fut le mobile de cette agression ?

Supposons un moment que ce ne fut pas une pseudo agression. La prise du pouvoir par les assaillants étant exclue vu leur faible nombre, un autre but jusque là non évoqué, pourrait être celui de la déstabilisation du pays afin de déclencher une guerre civile pour exécuter le fantasme de certains extrémistes qui n’arrêtent pas d’inviter une partie des guinéens, étrangers à leurs yeux, dont Monsieur Alassane CONDE, d’aller en Somalie, ou ailleurs….

Dans cette hypothèse, la communauté qui tire le plus de bénéfice du dénouement heureux de Kipé est bien celle des peuls.

Essayons d’imaginer que Monsieur Alpha CONDE mourut dans cette attaque. La chasse aux peuls aurait commencé dès l’aube. Militaires, milice de parti, policiers, militants et sympathisants de CONDE se seraient déployés partout à Conakry ainsi que dans les villes où ils ont une représentation majoritaire, ériger des barrages pour empêcher toute fuite,  investir les maisons, violer, tuer, saccager.

Et comme on a changé de siècle, les hommes résisteront et la guinée sombrera.

Un militaire se serait déclaré président. Vu la configuration actuelle de l’armée, aucun espoir vers un Etat stable et protecteur n’aurait été possible.

On a donc frôlé le pire. Pour cette raison, il serait sage d’arrêter de spéculer sur la participation d’éléments appartenant à une « certaine communauté », mais plutôt de faire la lumière sur la disparition de Monsieur BAH Oury et de tous les autres.

La grandissante injustice :

Nos élites se sont toujours moquées de nous. La vérité est que chacun veut le pouvoir, rien de plus.

Dans le cheminement démocratique qui nous a conduits dans cette impasse, des étapes essentielles ont été bâclées, et cela nous perdra.

Le modèle démocratique occidentale contemporain transplanté en pleine savane africaine ne peut que laisser des dégâts à catastrophe majeure.

Nous devons partir de nos modèles de Société pour concevoir des institutions qui nous ressemblent. La démocratie n’a pas été inventée en Europe. Les anciens empires et Royaumes africains ont connu un mode de gouvernance qui laissait place à l’alternance dans la paix : le Futah théocratique en est l’exemple.

La démocratie n’est pas qu’une affaire d’élection, c’est avant tout un modèle du comment vivre ensemble au quotidien, comment les droits et les obligations des citoyens sont répartis, quels sont les verrous pour empêcher l’arbitraire, quelles institutions fiables pour garantir le principe d’égalité.

Or, le manque de maturité politique de nos dirigeants doublé d’un cadeau institutionnel octroyant tous les pouvoirs au Président de la république, fait que celui-ci fait la pluie et le beau temps, au détriment du principe fondateur de la démocratie : la séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu, et à tout peuple aspirant à la paix.

La présidentialisation à outrance des régimes en Afrique est une tare qu’il faut tarir. Tout le charivari au tour du recensement ou du calendrier électorale n’est qu’une farce. Une perte de temps. Nous préférons professer des mensonges, et cultivons des guinéens malhonnêtes. Cultivons le vent, on récoltera une tempête de sable.

Parlant des leaders politiques, ils n’ont pas pesé de leur poids pour nous offrir les fondements solides d’une nation à guérir de ses démons. En filant du coton moisi, le tissu social ne pouvait que se déchirer.

Sachant que nous avons toujours souffert de l’omnipotence du chef suprême, seul maître à bord, pourquoi n’ont-ils pas modéré ses prérogatives constitutionnelles  en octroyant le véritable pouvoir au peuple exercé par ses représentants ?

– Si la démocratie est le pouvoir du peuple, pourquoi n’ont-il pas plébiscité les législatives avant la présidentielle, afin de parer à toute idée d’un Etat d’exception, comme c’est le cas aujourd’hui en Guinée ?

– Sachant que Hadja Rabiatou avait des lacunes de personnalité doublée d’un déficit technique dans la gestion législative de la transition, pourquoi n’ont-ils pas choisi une femme ou un homme calibré pour ce poste ?  Pourquoi ?

A bien réfléchir, je crois comprendre que la réponse à ces questions se trouve dans un calcul politicien.

Concernant Monsieur DALEIN et Monsieur Sidya TOURE, chacun pensait pouvoir être élu, donc bénéficier de ces largesses institutionnelles, sauf que là, les prévisions ne sont pas tombées. C’est l’autre qui est président.

Bien que je ne soupçonne pas ces deux leaders de couver un dictateur en eux, je me suis permis quand  même de penser qu’ils n’ont pas voulu renoncer à cet éventuel confort. Juste au cas où. Mais je n’accablerai pas longtemps mes frères de l’opposition par ces temps difficiles où la solidarité doit primer. Je dénonce juste le sacrifice de l’intérêt général.

La concentration des pouvoirs aux seules mains du président, décoré d’une Justice fantoche et d’un parlement de troubadour est source d’injustice sociale et génèrera tôt ou tard de frustration. Abdoulaye WADE a été un bon Président, à mon avis, mais il a trop duré. La seule preuve de démocratie réussie réside dans l’alternance, guère dans les discours.

Peuple de Guinée, je suis désolé,   la Guinée sombrera……………je le crains.

Boubacar BARRY

Valence-France

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