Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Pourquoi les quatre à la fois chez Obama ???

Le Bénin, honoré de voir son président-refondateur, en audience officielle à la Maison Blanche. Le graal de la reconnaissance du monde libre et démocratique. Seul coin d’ombre, l’obligation de partager ce bonheur avec d’autres chefs d’Etat : l’Ivoirien, le Nigérien et le Guinéen. Le Gabonais y est bien allé tout seul ; de même que le Camerounais, le Nigérian et bien d’autres. Pourquoi alors ces quatre en une seule fois ? S’agit-il d’un sommet, d’une réunion statutaire, d’un sujet d’intérêt commun ou d’un conclave entre vieux amis. Ce n’est pas à la prestigieuse diplomatie américaine qu’on apprendrait qu’il existe de profonds abysses entre les défis respectifs des différents invités de Washington : reconstruction en Côte d’Ivoire, restauration de la démocratie au Niger, démocratisation en Guinée et « refondation » au Bénin. Tous ces programmes, divergents, à tout point de vue, par leur genèse, leurs applications, leurs objectifs et leurs motivations.

En l’absence de tout agenda crédible de la « diplomatie de mendicité », la moindre condescendance de la super puissance mondiale apparait comme une félicité. Qu’on « convoque » le chef d’Etat béninois à la Maison Blanche au même moment que 3 autres de ses collègues francophones de l’Afrique de l’Ouest serait donc un honneur. Un honneur si Georges Walker Bush vient passer quelques heures à l’aéroport de Cotonou. Avis que ne partagerait certainement pas le journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi qui avait estimé que le seul moyen de faire honneur à son pays c’est d’envoyer ses chaussures à la figure de ce Bush-là. Ce qu’il a d’ailleurs fait avec fougue en décembre 2008 quand bien même le plus puissant des chefs d’Etat de la planète ne s’était pas contenté d’un pied de nez à tout un peuple depuis l’aéroport mais s’était rendu au quartier général du gouvernement pour y tenir une conférence de presse en compagnie du chef du gouvernement irakien de l’époque, Nouri El Maliki.

Yayi brûle d’envie de rencontrer Obama, très certainement. Mais il n’a pas forcément envie d’évoquer, devant les autres invités, comment il se débat face à la grève des fonctionnaires, aux victimes des faux placeurs d’argent, à la corruption rampante, au trafic de drogue en pleine expansion, aux difficultés dans la mise en œuvre de la politique de « doigt tendu », à la refondation, etc… On se demande si le président-refondateur est vraiment intéressé par les déboires de son homologue guinéen face au désordre, à l’indiscipline, à la conspiration et à la combine en vogue au sein de son armée depuis des décennies. Pas évident que les récits de Ouattarra sur sa stratégie de restauration de la démocratie par maquisards interposés puisse être d’une quelconque utilité pour le locataire de la Marina. Ce dernier n’a pas la même trajectoire que son voisin de Niamey sorti des urnes après une transition précédé d’un coup d’Etat. Et puis, les perspectives de Mahamadou Issifou s’identifient à de nouveaux gisements d’uranium voire de pétrole. De quoi faire pâlir d’envie les refondateurs dont le sous-sol demeure étrangement muet malgré tous les efforts. Bref, plutôt que de faire partir d’un groupe de vedette, chacun aurait voulu être la vedette tout court. Surtout que l’opportunité d’être reçu en ces lieux ne se présente pas beaucoup pour un africain francophone en un mandat de 5 ans.

Peut-il arriver qu’un président des Etats-Unis d’Amérique accorde, simultanément, une audience conjointe à des chefs de gouvernement français, allemand, italien ou russe ? Je veux bien voir le président chinois en compagnie des premiers ministres japonais, indien et pakistanais dans la posture des 4 africains de la Cedeao se congratulant au sortir d’une audience commune à la Maison Blanche. Peut-être une atténuation du sentiment de frustration du fait des origines de l’hôte de luxe à savoir Obama, fils d’un émigré africain.

Frustration quand même…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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