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La Baule + publie un scoop: Et si DSK était victime d’un complot ?

Et si Dominique Strauss-Kahn était finalement victime d’un complot ? Le témoignage exclusif de la femme d’affaires la plus influente d’Afrique.

Pourquoi un entretien avec Chantal Colle dans La Baule+ ?

C’est seulement quelques heures avant de lancer l’impression de ce numéro d’août que nous avons décidé de bouleverser sa mise en page pour publier cet entretien. Je connais Chantal Colle depuis plus de 25 ans. Son parcours l’amène à partager sa vie entre les grandes capitales africaines, les Etats-Unis et Paris. Elle est notamment PDG d’ALO Guinée, elle a créé la Fondation Chantal Colle et elle est la première opératrice de téléphonie mobile en Afrique. Elle est en contact permanent avec la communauté peule américaine. Lors d’un déjeuner à La Baule le 30 juillet, la veille de la mise sous presse de La Baule+, j’apprends qu’elle revient de New-York et qu’elle dispose d’éléments sérieux qui l’interpellent au point de lui donner à penser que Dominique Strauss-Kahn pourrait être finalement innocent. Chantal Colle est une femme connue et respectée, elle est invitée par Nelson Mandela et de nombreux chefs d’Etat. Au cours de cet entretien, nous sommes d’accord sur le fait que si DSK est coupable, il doit être puni. Mais s’il s’agit d’une manipulation, il est ignoble et scandaleux d’infliger cela à un homme pour des raisons politiques. Une manipulation ? Mais émanant de qui ? Dominique Strauss-Kahn, m’explique-t-on de source bien informée, aurait travaillé à la mise en place d’une sorte de monnaie commune avec la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie, ce qui ne faisait évidemment pas plaisir aux Américains… A ce jour, nous n’avons aucun élément de plus et nous savons que de nombreux rebondissements peuvent intervenir. Si ce témoignage peut contribuer à faire avancer la réflexion, nous nous devons de le publier en l’état. Nous n’avons pas eu le temps de réaliser un entretien sonore pour la radio Kernews. Devant reprendre un avion, Chantal est repartie avec mes questions en me promettant de travailler dessus pendant le vol. Nous avons reçu son courriel et nous le publions dans son intégralité, avec quelques retouches de ponctuation destinées à en faciliter la lecture. Il s’agit d’une exclusivité pour La Baule+ car Chantal Colle avait refusé, jusqu’à présent, de  s’exprimer sur ce sujet sensible.

Yannick Urrien.

Chantal Colle

Chantal Colle en bref…

Chantal Colle est souvent présentée comme la femme d’affaires la plus influente d’Afrique : elle a une société de télécommunications, des médias, une école de communication et elle dirige même un club de football ! Elle commence sa carrière comme conseillère en communication pour l’ancien président du Sénégal Adbou Diouf. Forte de cette expérience et repérée par la classe politique guinéenne de l’époque, elle est invitée à travailler pour le président de la République de Guinée, Lansana Conté, ce qui lui donne ainsi l’occasion de rejoindre son pays. Née à Fria d’une mère guinéenne et d’un père français, Chantal Colle a en effet toujours voulu affirmer son identité guinéenne et les richesses que son métissage lui a apportées. Cette collaboration avec feu le président Lansana Conté, qui a duré plus de dix ans, a fait d’elle une experte en communication politique. Parallèlement à cela, Chantal Colle crée son agence de communication et édite de nombreux ouvrages de promotion et de communication sur la Guinée, destinés tous particulièrement aux investisseurs étrangers. En 2006, elle fait venir le premier opérateur privé de téléphonie mobile, Areeba, (appartenant aujourd’hui à la multinationale cotée en bourse MTN), et démocratise ainsi, en un temps record, l’accès des Guinéens au téléphone portable. Créée parallèlement à la venue de l’opérateur privé Areeba, sa propre société, Alo-Guinée, distributeur d’Areeba, est aujourd’hui un exemple de réussite en Guinée. Elle est également vice-présidente du Club guinéen de football de l’AS Kaloum au côté du sportif internationalement connu, Titi Camara.

La Baule+ : Vous êtes une femme, vous êtes métisse guinéenne, vous êtes connue et respectée comme chef d’entreprise, vous êtes une personnalité publique influente en Guinée… Vous suivez comme nous tous l’affaire DSK : pouvez vous nous livrer vos sentiments ?

Chantal Colle : En effet, comme chacun, j’ai suivi la fameuse affaire de l’été ou affaire DSK. Métisse guinéo-française, je me sens donc concernée à plusieurs titres comme vous pouvez l’imaginer. Dominique Strauss-Kahn est un politique français, Nafissatou Diallo est une femme guinéenne. Mais j’avoue que plus le temps passe dans cette affaire, plus je me conforte dans ma position initiale du premier jour, à savoir la manipulation face à un homme influent et dérangeant pour beaucoup. Comme je l’ai indiqué à différents médias africains dans les 48 heures, puis français, beaucoup de points me semblent peu crédibles venant de l’accusation. Bien que je sois une femme, je veux garder une totale objectivité sur l’analyse de l’accusation. Je refuse de me cantonner dans le raccourci de «l’homme fort avec tous les pouvoirs et la pauvre femme victime». Je souhaite par la grâce de Dieu pouvoir rester objective au risque de me tromper ou de choquer. Ainsi, expliquez-moi, comment une femme de chambre peut rentrer dans une suite d’hôtel de ce standing, sans un minimum de respect des règles de la profession, chambre laissée ouverte par une porte bloquée (par conséquent difficilement «refermable avec une seule main», puisque l’autre main, selon Nafissatou Diallo, aurait permis à DSK de la tenir), vérification du départ du client VIP avant d’entrer… Cela a été, comme pour BHL, ma première réaction, mais je vous rassure, les femmes de chambre guinéennes du Novotel à Conakry ont eu la même réaction que moi ou BHL et ont livré spontanément leurs remarques à votre collègue du Monde, venu en Guinée, qui n’a pas manqué de l’écrire dans ses lignes… Et elles sont femmes aussi avec l’expertise de leur profession ! En tant que femme, si je me retrouve face à un homme nu, accidentellement, je me tourne immédiatement et présente mes excuses tout en me retirant très vite. Au lieu de cela, Nafissatou Dialo reste devant en s’excusant, laissant le temps à l’accusé de lui dire qu’elle est belle, de s’approcher, de l’attraper… selon elle, car nous n’avons jamais eu la version de DSK ! Puis, au fil des informations données par les médias américains, je me suis prêtée à l’analyse du profil de la plaignante. Nafissatou Diallo a obtenu ses papiers aux États-Unis en ayant aussi prétendu avoir été violée par deux militaires guinéens sous le régime de Lansana Conté…  Puis elle reconnaît aujourd’hui que c’était faux, mais comme défense pour cette dame, «tout le monde mentirait pour obtenir le sésame du droit d’asile»? Va-t-on la croire et décider de refuser tous les dossiers de demandes de réfugiés dans les pays du G7, parce que Nafissatou Diallo a dit que tout le monde ment ? Mais, avec cette fausse accusation, elle a eu ses papiers pour le paradis de l’oncle Sam. En suivant la presse américaine, encore, je découvre qu’elle a fait d’autres fausses déclarations enregistrées légalement. Un exemple, elle a prétendu avoir trois enfants et non un, pourquoi ? Nafissatou Diallo a vu sur son compte être versée la somme de 100 000 dollars, selon elle sans savoir pourquoi vraiment, car elle aurait donné son numéro de compte sans qu’on lui explique pourquoi ! Puis, dans son carnet d’adresses intimes ou très personnelles, un homme enfermé pour trafic de drogue (plusieurs dizaines de kilos trouvés à son domicile), mais là encore elle ne savait pas : pour elle, c’est son gentil fiancé… Elle serait donc l’éternelle gentille fille, permanente victime de toute sa vie… Pardonnez-moi, mais j’avoue, en tant que femme et croyante, que chacune de nous est responsable de ses choix et de ses actes… Elle aurait pu ne jamais avoir un dollar illégal qui transite sur son compte, comme des milliards de femmes que nous sommes, ne jamais avoir un «fiancé» drug dealer, comme la majorité des femmes normales du monde, si elle avait choisi d’évoluer dans un monde normal et propre ! Dans l’affaire DSK, nous passons du viol à la tentative de viol, puis au fil des heures, pardonnez-moi, ne me trouvez pas triviale je vous prie, c’est une fellation «obligée». Ne soyez pas choqué par mes propos, mais là, si une femme ne veut pas, elle mord, enfin je crois, en tout cas c’est ce que j’aurais fait, DSK ou non ! Et l’homme qui se retrouve dans une telle situation, mordu par une femme qui a refusé, cela lui passera l’envie de recommencer… et il n’en sera pas fier je crois ! Quant à Nafissatou, elle aurait là déposé plainte avec une preuve irréfutable… la morsure. Son plaidoyer du «Je ne voulais pas perdre mon travail» me semble là encore difficilement recevable. En quelques minutes, celle qui donne son numéro de compte sans savoir pourquoi et perçoit 100 000 dollars, qui a son fiancé aux arrêts pour trafic de drogue mais qui n’est pas prête à perdre son travail, alors fait une fellation de force, décide quelques minutes après de le dénoncer après qu’il a quitté l’hôtel, tout cela semble être une jolie machination. Que DSK soit un homme à femmes est un euphémisme ou une «lapalissade» car tout le monde le sait, comme beaucoup de politiques ou hommes de pouvoir dans le monde, et nous en connaissons tous une liste… Mais je crois là encore à l’adage «l’homme propose, la femme dispose». Dans tous les milieux, les femmes sont abordées et décident. Il arrive malheureusement qu’il y ait des viols ou des tentatives d’abus sexuels. Mais dans ce cas précis, je me crois dans un film de série B. DSK n’a jamais nié la relation avec la femme de chambre et, quand vous voyez le temps entre l’entrée de Nafissatou dans la suite, et l’appel de DSK à sa fille, soit après avoir «conclu»… 9 minutes, cela semble surréaliste pour une relation non consentie mais consommée… Mais tout ceci n’est que l’analyse personnelle que je fais du dossier et qui n’engage que la citoyenne que je suis. Toutefois, j’étais à New York quand Nafissatou a fait sa première apparition télévisée. Conscient de cela aujourd’hui, une autre orchestration s’est mise en place par la défense, accuser la presse et plus particulièrement deux grands journaux de la place, mais également l’accusation de racisme ou de sexisme. Le procureur de Manatthan en charge du dossier, qui au fil des éléments fait son travail, devient de plus en plus précis, ce qui dérange apparemment la présumée innocente et son avocat. Ils demandent donc, par la voix des associations noires américaines, que le procureur soit dessaisi du dossier. Mais j’ai confiance dans le rôle des médias et des journalistes, surtout aux États-Unis, ils sauront mener l’enquête et éclairer en toute objectivité l’opinion publique sur l’affaire DSK… Même si le procureur devait être démis ! Les médias américains en toute objectivité, conscients de leur rôle depuis plus d’un siècle, savent qu’ils doivent éclairer le monde sur cette affaire, comme ils n’ont pas manqué de le faire dans des dossiers beaucoup plus lourds en perte de vies humaines par exemple.

Selon vous, d’où viendrait la manipulation ?

Plusieurs possibilités, y compris celle de Nafissatou Diallo, qui sait que la thèse du viol au Etats-Unis peut rapporter beaucoup… Je vous rappelle qu’elle a obtenu ses papiers légaux, alors qu’elle a de nombreuses soeurs africaines, toujours dans l’illégalité, parce qu’elles n’ont pas choisi cette thématique «de viol» devant les fonctionnaires américains, très sensibles au sujet… ce qui est humain ! J’ai moi-même, lors des viols perpétrés dans le stade du 28 Septembre à Conakry, sous la junte, été la première femme à accuser publiquement les militaires au pouvoir. Je me suis engagée dans une lutte contre eux dès le premier jour, avec la presse guinéenne à mes côtés, pour dénoncer. Ils m’ont menacée, mais je n’ai pas choisi le silence, j’ai continué. Ces hommes devront être traduits un jour au tribunal de La Haye. Ils avaient tous les pouvoirs alors et j’ai lutté comme d’autres, au risque peut-être de ma vie. Croyante, j’ai choisi la vérité… Mais dans l’affaire Nafissatou, je suis une femme, je ne suis pas de gauche en France et pourtant les éléments de preuve me font douter chaque jour davantage de la sincérité de cette accusation… DSK, lorsque j’écoute certains accusateurs, en plus d’être puissamment influent, est riche et sa femme aussi, un autre délit semblerait-il ! Le procureur de Manhattan maintenant est aussi mis au banc des accusés parce qu’il ne suit plus «comme un mouton» les accusateurs et semble choisir d’exercer sa profession en toute objectivité et en toute liberté. Les questions et les analyses semblent devenir un crime et pour réussir cette nouvelle manipulation, la défense implique les associations noires américaines. Lors d’une conférence de presse organisée par Nafissatou, nous avons pu voir réellement physiquement Nafissatou et découvrir qu’elle est plus grande et plus carrée que son avocat, qui lui-même est bien plus grand que DSK ! Pour ma part, jusqu’à l’apparition de Nafissatou, je pensais qu’elle était comme la majorité des femmes peules, mince et de taille moyenne… Là, c’est une femme plus grande que son agresseur que je découvre, mais qui aurait réussi à la maintenir d’une main, pendant que l’autre fermait la porte ! Je vous laisse analyser cela aussi.

Quel est le point de vue de la communauté peule de New-York sur cette affaire ?

Permettez-moi de vous donner les réactions de la communauté guinéenne de New-York de façon générale dans un premier temps. Pour eux, un constat, cette femme n’a jamais fréquenté la communauté guinéenne. En effet, il semblerait que depuis son arrivée aux Etats-Unis, elle fréquente le milieu sénégalais et gambien de New-York. Je vous rappelle pour confirmer cela, que le premier appel qu’elle passe à son fiancé devenu frère au fil du temps, le restaurateur de Harlem «Dialo» comme elle, est un Sénégalais, puis son fiancé enfermé pour trafic de drogue est quant à lui Zambien… Je vous rappelle que l’imam de New-York guinéen dira à la presse américaine ne pas la connaître, alors que l’on sait combien en Afrique la foi a une véritable place pour les gens «normaux» même lorsqu’ils sont hors de leurs pays d’origine. Chaque communauté a ses lieux de prières dans les différents quartiers de New-York, les Guinéens aussi et les Peuls plus particulièrement, car la foi est essentielle pour eux. Lors du 28 septembre 2009, la communauté guinéenne de New-York a été la plus active du monde pour dénoncer les viols et crimes perpétrés dans leurs pays, ils se sont rendus jusqu’à la Maison Blanche et ils ont donné le ton à la diaspora guinéenne. Cette même communauté est aujourd’hui divisée au fil des semaines, car au départ les Peuls comme les autres Guinéens ne s’étaient pas impliqués comme nous avons pu le constater. Ils ont été contactés par la défense pour rejoindre les associations noires américaines dans le soutien à Nafissatou et le font, pour certaines organisations, pour des raisons purement ethniques, mais malgré cela, même ces organisations ethniques (peules) demandent «que justice soit rendue, sans dicter la voie à suivre», car ils croient en la justice américaine, ce qui pour moi reste un appel au bon sens, ils soutiennent «leur sœur» pour le principe, mais croient en la valeur de la justice et veulent lui laisser l’ensemble de ses prérogatives. C’est ce qui m’a été dit lors de mon dernier entretien avec des membres peuls d’associations à New-York, le 27 juillet dernier.

En conclusion?

Je suis persuadée que nous connaîtrons la vérité dans ce dossier. Et si la présumée victime devenait la victime de DSK, je lui présenterais mes excuses en tant femme et en tant que Guinéenne pour avoir réellement douté. Pour le moment, je pense qu’il devrait, particulièrement pour cette affaire, y avoir aussi des comités de soutien à DSK, car il reste par les règles du droit un présumé coupable et non un coupable. Ne faisons pas de cette affaire une autre affaire Dreyfus ! Je suis persuadée que je vais choquer par ces propos, mais je voudrais l’équité et l’objectivité dans ce dossier pour un jugement objectif des hommes, tout en sachant que l’homme, DSK, a le vice des femmes… Cela ne fait pas de lui un criminel, dans la mesure où ce sont des adultes consentants.

Propos recueillis par Yannick Urrien.

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