Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Le Sénégal de 2000 à 2011 : De l’espoir au Désespoir

Le Sénégal emprunte une pente dangereuse qui le plonge dans un sombre passé où il n’y avait ni démocratie ni l’expression des libertés individuelles. Ce retour au passé lointain s’explique par la gestion cahoteuse du Président Wade, la centralisation des pouvoirs entre ses mains, la corruption, le tripatouillage de la Constitution etc. Autant de maux qui font que le Sénégal sous 2000 est méconnaissable. On dirait que nous retournons au Sénégal des années 50 et 60. C’est précisément ce recul de notre démocratie qui fait que Me Wade est désavoué à tous les points de vue.

Au sortir de l’an 2000, le peuple sénégalais avait nourri un immense espoir que plus jamais les choses ne seront comme avant. Les Sénégalais étaient dans leur droit d’avoir de l’espoir placé en la personne de Me Wade présenté comme une providence pour le pays. Hélas, les actes qu’il a posés au fil des années ont suscité plein de désespoir chez les Sénégalais en quête d’un 4ème Président. Le réchauffement du front social et le bouillonnement de la scène politique témoignent du profond malaise qui envahit les Sénégalais. Pratiquement, tout le monde réclame la tête de Wade, coupable de gestion cahoteuse. Parmi plusieurs indicateurs, nous choisissons le mauvais fonctionnement de l’Etat pour justifier le fait que le pays soit à genou.

Dans notre Constitution, la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, telle que théorisée par Montesquieu dans son livre De l’Esprit des Lois, est de rigueur. Mais le Président Wade semble l’ignorer et s’est arrogé le droit d’ingérence sur des pouvoirs qui ne relèvent pas de sa juridiction. Le pouvoir exécutif incombe au Président, et il doit s’en tenir là. Le pouvoir législatif revient au Parlement et celui judiciaire appartient à la Justice. Ne faisant pas la différence entre ce qui relève de ses compétences de ce qui n’en relève pas, le chef de l’Etat a centralisé tous les pouvoirs entre ses mains. Il gouverne comme au Moyen Age où les souverains se prenaient pour les représentants de Dieu sur terre et qui revendiquaient le droit de vie et de mort sur les sujets. Dans l’entendement de Me Wade, il n’y a pas de distinction entre ces trois formes de pouvoir. C’est pourquoi il se permet de s’immiscer dans le Parlement comme dans la Justice. Son parti est majoritaire à l’Assemblée nationale, chose qui lui permet de faire passer toutes sortes de lois comme lettre à la poste. Sauf pour le cas du 23 juin dernier où le peuple s’est vigoureusement opposé au projet de loi portant élection d’un ticket présidentiel. Cet indicateur sur la mauvaise gestion des pouvoirs de l’Etat suffit, à lui seul, pour réclamer à tue-tête le départ de Me Wade. Le peuple, dans son écrasante majorité, ne veut plus de lui. Les observateurs internationaux sont inquiets de la situation politique actuelle et les grandes puissances l’ont désavoué. Ce n’est pas pour rien que Barack Obama ne compte plus le chef de l’Etat parmi ses invités. C’est parce qu’il a déçu toutes les attentes et toute la confiance placée en lui naguère.

Pape Matar NDIAYE/lanalyste.com

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