Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Après avoir conduit la Côte d’Ivoire dans le chaos : Choi veut se blanchir dans un livre

Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire, le sud-coréen, Young Jin-Choi, quitte définitivement notre pays, demain, mercredi 31 août 2011. Il avait remplacé à ce poste, l’inénarrable Pierre Schori, de nationalité suédoise. Selon des sources diplomatiques, la nomination de Choi en 2007, quelques mois après la signature de l’accord de Ouagadougou entre la rébellion armée et le pouvoir ivoirien d’alors, avait fait l’objet d’une « faveur » du Président Laurent Gbagbo au secrétaire général de l’Onu, le sud-coréen, Ban Ki-Moon. Qui avait demandé à M. Gbagbo de l’aider à caser son concitoyen Young Jin-Choi qui se trouvait sur le carreau, sans activité. Le Président Laurent Gbagbo qui reprochait aux différents représentants spéciaux du SG de l’Onu (Albert Tévoédjré et Pierre Schori) leur partialité flagrante dans la crise ivoirienne et leur propension à fermer les yeux sur les vrais obstacles au processus de paix (désarmement des rebelles, partition du pays…) s’interrogeait sur l’intérêt de garder l’Onu dans le processus ivoirien. C’est à ce moment-là que le nouveau SG de l’Onu, Ban Ki-Moon, qui venait de remplacer le ghanéen Kofi Annan (il était plus à la botte de Paris que tout autre chose) propose un nouvel homme, son concitoyen Young Jin-Choi, comme représentant spécial. Laurent Gbagbo accepte, dans l’espoir que Young Jin-Choi se montrera différent de Tévoédjré et Schori dans l’approche de la crise ivoirienne. Ban Ki-Moon lui donne l’assurance que Choi travaillera en toute impartialité. C’est ainsi que Choi a atterri en Côte d’Ivoire. Il a effectivement travaillé avec impartialité jusqu’à la mi-2008, soutiennent des sources diplomatiques.

Avant d’être happé par la Françafrique et ses intérêts géostratégiques et économiques dans le golfe de Guinée. La suite, nous la connaissons. Il a certifié une élection présidentielle du 28 novembre 2010 qui s’est déroulé dans la fraude, le vote truqué et les exactions contre des électeurs dans la partie septentrionale du pays. Il a cautionné des résultats provisoires rendus dans des conditions illégales. La Côte d’Ivoire a sombré dans un chaos social, économique, religieux, culturel et politique depuis avril 2011. La fracture entre les populations est si large que la réconciliation nationale s’avère quasi-impossible aujourd’hui. L’insécurité est à son summum et le pays est livré à des milices armées pro-Ouattara et anti-Ouattara. La Côte d’Ivoire fait peur. Les populations vivent dans la hantise du lendemain. L’opposition politique est emprisonnée, la liberté de la presse hypothéquée…Un sombre tableau dénoncé par l’opinion publique nationale et internationale dont Choi voudrait vaille que vaille se soustraire. D’où le livre qu’il s’apprête à sortir en septembre-octobre sur « ses mémoires » relativement à la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

Selon la publication La Lettre du continent N°617 du 25 août 2011 qui livre cette information, l’ouvrage de Choi est piloté par Béchir Ben Yamed, patron de l’hebdomadaire parisien « Jeune Afrique », très proche de la Françafrique. Nos investigations nous ont permis de savoir que le livre à sortir de Young Jin-Choi sera à charge contre le Président Laurent Gbagbo, l’ex-chef de l’Etat renversé en avril dernier par l’armée française. Les « nègres » que Choi aurait engagés pour travailler sur son ouvrage seraient les journalistes de « jeune Afrique », François Soudan et Marwane Ben Yamed sous la supervision de Béchir Ben Yamed.

Toujours au dire de nos sources, le livre de Choi constituerait, en réalité, une réponse truffée de contrevérités au film-documentaire intitulé « Gbagbo dans le tourbillon du golfe de Guinée » diffusé par la Rti sous le Président Gbagbo. Le film-documentaire dévoilait les vraies raisons du complot international contre Gbagbo. Young Jin-Choi a été ulcéré par ce documentaire et a accusé, à tort, des agents de l’Onuci d’avoir livré les informations au régime Gbagbo. Choi veut donc se blanchir à travers un livre. Le pourra-t-il ? Nous en doutons puisqu’il n’évoquera pas assurément dans cet ouvrage, certains faits accablants. Comme par exemple, selon des sources diplomatiques, l’interpellation sèche dont il a été l’objet, alors qu’il exposait, il y a quelques années, à l’Onu sur la situation en Côte d’Ivoire, par l’ambassadrice des Etats-Unis à l’Onu, Susan Rice, qui l’accusait d’être devenu pro-Gbagbo parce qu’il exigeait le désarmement des rebelles avant la tenue d’une élection présidentielle démocratique en Côte d’Ivoire.

Didier Depry didierdepri@yahoo.fr , Notre voie

Publicités

Comments are closed.

%d blogueurs aiment cette page :