Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: septembre 5, 2011

Des munitions à l’uranium, crimes de l’OTAN en Libye

Résultat Démocratie de bombes en Afghanistan

Les criminels de guerre de l’OTAN tirent des bombes en Libye à des armes d’uranium

Comme le journaliste et expert de politique Christoph Hörstel déjà fin mars 2011 annonçait au portail de nouvelles russe RIA Novosti, l’OTAN utilise contre le peuple libyen des armes avec l’uranium épuisé.

Avec cela il s’agit des munitions et bombes du calibre différent avec un poids de jusqu’à deux tonnes. La détonation libère les vapeurs vénéneuses et les petites parties lesquelles contaminent les alentours. Chez la personne, la charge de rayons et la particule nuisible cause de lourds dégâts de bien héréditaire irréparables et mène vers des intoxications. La leucémie, méningite, Thalassämie, Septicämie sont aussi souvent la conséquence. Des femmes sont concernées par une montée décuple de l’acompte de cancer du sein, des enfants sont nés avec des déformations et tumeurs.

L’uranium enrichi tire sa source des déchets des centrales atomiques, donc à une matière qu’est stockée autrement en raison de la radioactivité avec un demi-temps de valeur de 4,5 milliards d’années dans Erdstollen profond. L’OTAN utilise les munitions d’uranium à cause des qualités physiques de la masse et de la combustion. Le physicien de médecine D. Paul Roth de Munich disait en plus :  » le double effet des munitions, cette haute capacité de pénétration et cette capacité à brûler, ceci rend ces munitions si populaires chez les militaires. »

Les dernières victimes enregistrées de cette arme de l’OTAN et des Etats-Unis sont avant tout l’Afghanistan et l’Irak. En comparaison du lancement de bombe atomique à Hiroshima, l’acompte de leucémie de la ville irakienne de Falludscha est plus que deux fois plus haut, aussi comme la vitesse avec laquelle les victimes sont atteintes. La contamination radioactive des théâtres des opérations surpasse la radiation terrestre normale en plus autour de la matière 20.000 fois. Cette manière de faire la guerre qu’on doit indiquer comme Vökermord, est aussi pratiquée contre la Libye.

L’air contaminé avec la petite partie d’uranium se déplaçait par l’atmosphère et atteignait aussi l’Europe après l’attaque sur l’Irak. Les appareils de mesure britanniques mesuraient une concentration d’uranium augmentée dans l’air après la fin des opérations. Cette folie de l’union d’agression d’OTAN doit être arrêtée – ses auteurs et responsables conduits devant un tribunal de criminel de guerre !

Si la solidarité avec le peuple libyen s’exerce, donnons vie à la protestation !

Renseignements supplémentaires sur le sujet: www.uranmunition.net

https://libyensoli.wordpress.com/2011/08/29/verbrechen-uran-munition/

Traduit de l’Allemand par Aymard

Communiqué de la République de Cuba sur son ignorance du Conseil National de Transition libyen

La République de Cuba ne reconnaît pas le Conseil National de Transition ni aucune autre autorité provisoire, et n’accordera sa reconnaissance diplomatique qu’à un gouvernement légitime constitué sans ingérence étrangère qui respecte la volonté libre, souveraine et unique du peuple frère libre libyen.

Le ministère des relations extérieures est instruit à retirer son personnel diplomatique en Libye, où l’intervention étrangère et l’agression militaire de l’OTAN ont aiguisé le conflit. Le personnel diplomatique cubain présent à Tripoli a pris des risques en étant présent aux côtés du peuple libyen dans cette situation tragique. Ils ont été témoins des bombardements de l’OTAN contre les civils et l’assassinat de civils innocents.

L’OTAN a tué des milliers de personnes en utilisant « une excuse vulgaire » de la protection des civils, et en ignorant les initiatives constructives de l’Union africaine et d’autres pays ».

La République de Cuba dénonce la complicité des nations unies avec l’agression que l’OTAN perpètre en Libye.

La République de Cuba réclame la cessation immédiate des bombardements de l’OTAN qui continuent de toucher des vies et réitère l’urgence de ce qu’il soit permis au peuple libyen de trouver une solution pacifique et négociée, sans une intervention étrangère …

La Havane, 03 septembre 2011

Traduit de l’espagnol par Aymard

L’OTAN dans sa guerre des menteurs et des lâches

Les jubilations haineuses de la presse coloniale arriveront-elles à cacher cette question de politique élémentaire : comment des supplétifs que l’OTAN a si difficilement traînés à la « victoire » de Tripoli pourront-ils faire face au peuple libyen et à des adversaires qui ont montré leur détermination, leur pugnacité, leur courage et leurs hautes convictions nationales ? Notre propre presse néocoloniale est la dernière du monde à croire à une victoire des « rebelles » alors même que depuis lundi leurs maîtres occidentaux et leurs médias s’évertuent à expliquer que la « chute de Tripoli » est une prouesse de l’OTAN avec quand même une prime spéciale de triomphalisme cocardier de la presse française. Combien de temps les forces aériennes de l’OTAN et spécialement celles de la France vont rester dans le ciel libyen pour protéger « une rébellion » incapable de se défendre, et la preuve irréfragable de son incapacité foncière est la présence de l’OTAN. Leur propre appel à une intervention étrangère reflète leur profonde et insurmontable nature factice.

On peut arguer de la supériorité militaire des forces nationales libyennes pour justifier cet appel. N’a-t-on jamais vu une rébellion populaire ou une révolution authentique disposer des armes de l’adversaire ou craindre pertes et souffrances ? Faut-il rappeler notre propre cas national et la disproportion des forces entre les bombardiers de l’OTAN – vous avez oublié les bombardements par l’OTAN de nos maquis et sa sollicitude pour l’action de la démocratie française ? – et nos fusils rudimentaires récupérés, justement, pour la plupart en Libye ?

Vous n’avez quand même pas oublié les cas les plus récents – les plus immédiats devrait-on dire – de l’Egypte et de la Tunisie ? Inutile de revenir sur les mégas-médias-mensonges et les fabrications d’images qui ont stupéfait une opinion publique occidentale – et ses assimilés indigènes – qui n’attendaient que le prétexte pour accompagner sur le mode symbolique la reconquête coloniale de l’Afrique du Nord. Le développement des faits montre suffisamment – et montre, même à l’envi – que l’OTAN avait engagé une vraie guerre de reconquête coloniale en Libye et qui doit s’étendre à l’Algérie après avoir réussi à détourner à son profit l’énergie et l’exaspération populaires en Egypte et en Tunisie.

Aujourd’hui, il apparaît bien que cette guerre oppose directement l’OTAN au peuple libyen et ses organisations actuelles de résistance. La jubilation de notre presse néocoloniale qui a – redisons-le – rivalisé dans les termes de mépris à l’endroit de Kadhafi montre surtout combien elle a eu peur d’un échec de l’OTAN qui aurait signifié la ruine de leurs espérances ici même dans notre pays.

La peur haineuse de nos apprentis chouans à la mode Benghazi est à la mesure de l’exploit réussi par l’Etat national libyen. Il a réussi à transformer au cours de sa résistance sa nature d’Etat avec ce qu’implique un Etat en mouvement de résistance. C’est déjà très difficile à réaliser cette mutation à cause des lourdeurs de tout Etat et à cause de la mentalité des fonctionnaires d’un Etat qui restent des fonctionnaires. Il est évident que Kadhafi a joué un rôle central dans cette mutation en accentuant le césarisme qui caractérisait son régime. Alors, mort ou pas mort, Bab El Azizia tombée ou pas tombée, la résistance de l’Etat libyen s’est transmuée en résistance du peuple libyen en ce laps de temps très court. Le nombre insignifiant de soldats et d’officiers déserteurs peut déjà donner une indication de la détermination au combat de soldats et il est impossible que des soldats gardent un haut degré de fidélité et de courage face à une telle adversité – vous avez mesuré l’ampleur de la coalition, l’ampleur des moyens utilisés et la férocité des bombardements ? – sans cette capillarité avec le peuple qui vous donne le courage de résister à tous les adversités.

Leur grande peur d’un retour des idées qui ont construit l’Etat national algérien. Leurs jubilations ont accompagné celles des bourses qui ont retrouvé des couleurs par le sang des Libyens. Il en a toujours été ainsi et depuis toujours la bourse revit du sang des colonies ou des néocolonies ou des territoires ouverts aux délocalisations. La bourse n’attend pour ses profits que la dissolution des frontières devant les marchés comme nos intellectuels compradores et nos compradores tout court n’attendent que la dissolution des Etats nationaux pour s’extraire mentalement de leur indigénat et se servir au passage aux miettes de futures royalties tirées d’un pétrole enfin rendu aux étrangers.

Cette jubilation haineuse cache mal une attente fébrile. On lit presqu’en clair : « Maintenant que Sarkozy en a fini avec le dictateur, on va voir ce qu’on va voir ! » Ils rêvent déjà de monter à El Mouradia derrière les bombes de l’OTAN et après ils vont nous montrer ce qu’ils vont nous montrer.

En fait, ils l’ont déjà commencé. Ils ont recueilli et publié avec ferveur et un courage retapé à neuf les propos de proconsul tenus par le nouvel ambassadeur US. Ils nous resservent en pleine crise du capitalisme les « potions miracles » de l’économie de marché en redoublant de conseils aux décideurs et en regrettant que le pouvoir ait raté les chances infinies de gagner en misant à la bourse mais en oubliant les chances de se planter sont tout aussi infinies que les possibilités de la martingale.

Nous, nous imaginons, tout juste, ce que seraient devenus nos dollars investis dans des fonds qui auraient offert une vie de casino aux candidats flambeurs. Nous essayons d’imaginer à quelle monnaie de singe vont être réduits nos bons du trésor américain. Mais nous essayons d’imaginer encore plus simplement si – au contraire de la Chine grande puissance quand même et par ailleurs – nous aurions la témérité de demander au Trésor US de nous rembourser ou de nous laisser juste l’utiliser pour acheter quoi que ce soit aux USA. Que serait devenu notre argent en cas de conflit avec une puissance étrangère alors que dans le cas de l’Iran et de la Syrie, les USA gèlent des avoirs selon leur bon plaisir ? La crise économique va bien accentuer ces tendances agressives.

La guerre de Libye – les historiens l’appelleront certainement comme cela car il s’agit d’une guerre et par sa durée et par l’ampleur des moyens mobilisés par des super puissances contre un petit pays – marque un tournant dans l’histoire du monde. Dès le départ, les Anglais et les Français ont refusé toute idée de médiation et toute initiative africaine qui aurait préservé l’unité de la Libye. Ils voulaient apparemment la tête de Kadhafi ; ils voulaient en réalité mettre fin aux ambitions d’indépendance de ce dirigeant avec ses projets de monnaie or, de développement de l’Afrique, de coopération accrue avec la Chine et avec son espoir que se développe la coopération sud-sud et interafricaine.

La question de savoir si les supplétifs de Benghazi peuvent tenir la Libye sans l’OTAN a dû être pesée et soupesée par les puissances coloniales. Et ces puissances ne peuvent écarter le risque d’une somatisation de la Libye. Il ne nous reste qu’une seule conclusion possible : ils visent délibérément cette somalisation, cette situation d’instabilité générale dans laquelle l’Algérie deviendra la cible de choix car elle représente au plus haut point, à cause de son histoire, l’idée d’Etat national et l’idée d’indépendance même si du cœur du pouvoir lui-même se développent des initiatives pour nous faire dégoûter sciemment de notre indépendance, mais tout comme hier nous nous sommes battus pour l’indépendance et pas pour nos chefs, nous nous battrons demain pour notre Etat indépendant et pas pour nos dirigeants dont certains auront rejoint une Benghazi algérienne.

La Libye se bat pour l’indépendance de tous les pays du tiers monde. Elle se bat même pour celle des puissances émergentes y compris la Chine la cynique qui n’est pas loin d’inventer le social impérialisme. La Russie de Medvedev qui a donné à sa diplomatie la légèreté des dandys semble se réveiller à la grande arnaque qu’elle a cautionnée et se retrouve dindon de la farce – vous avez le choix de termes plus appropriés – et s’éveille à la réalité politique et sociale qui a donne à Kadhafi la force de tenir tête à une coalition conçue pour la pulvériser. Pour cette Russie, Kadhafi était un homme fini il y a six mois. Il est aujourd’hui une force réelle sur le terrain.

Cela veut beaucoup dire non sur la réalité de Kadhafi mais sur les intentions des USA d’élargir immédiatement son agression vers la Syrie puis l’Iran. L’Algérie aura le Qatar pour s’en occuper en supputant tous les ennuis que peuvent nous créer des pays désormais alliés de l’Emirat aux dents longues.

Quel bonheur alors pour les Bourses : le pétrole à celui qui sait le trouver, aucune frontière sur les mouvements des marchandises et des capitaux et beaucoup de postes de police pour les migrants illégaux ! Enfin débarrassée de l’Etat national, notre bourgeoisie compradore pourra accéder aux royalties sur le pétrole des élites mondialisées qui pourront prouver qu’elles sont sorties de l’indigénat en montrant aux maîtres du monde qu’elles savent tenir le souk et faire suer le burnous. Elles nous taperont sur la tête pour nous éveiller à l’erreur du patriotisme économique et nous expliquer le « réalisme économique ».

A Tripoli, la bataille n’est pas gagnée du tout pour l’OTAN. En Libye, elle est déjà perdue pour elle et pour Sarkozy. Un peuple qui a tenu sous ce déluge de feu et une armée qui n’a pas connu de désertion dans cet enfer ne se réduisent pas avec quelques bombes supplémentaires. Avec ou sans Kadhafi, l’agression de l’OTAN butera sur la résistance d’un peuple héroïque, comme tous les peuples qui se battent pour leur indépendance. Serons-nous capables de développer de telles capacités à l’heure de vérité qui s’approche avec la politique du chaos, seule politique qui reste à des USA en déclin et à ces états vassaux face à la montée des BRICS et pour se sortir de la crise.

Par Mohamed Bouhamidi du quotidien algérien La tribune

RDC, Côte d’Ivoire, Somalie… Afrique : le cri cœur de Thabo Mbeki

Que le colonel Kadhafi demeure encore introuvable, cela ne peut empêcher des réflexions sur cette guerre en Libye. Une guerre qui suscite tant d’interrogations sur la «renaissance africaine». Thabo Mbeki vient de briser la glace. Comme pour dire que le débat vient d’être relancé sur ce thème. Surtout qu’avant la Libye, il y a eu la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, et encore et toujours la Somalie. Mais l’Afrique est restée de marbre.

Dans une déclaration au journal Sunday Times, Thabo Mbeki, ancien président sud-africain et l’une des figures emblématiques de l’ANC, est très irrité contre ce qui se passe en Libye. Dans son accès de colère, il invite les «Africains à se dresser contre l’Occident». Car pour lui, ce qui se passe en Libye, avec les bombardements de l’OTAN, «est un désastre».

Mais là où ses déclarations deviennent très intéressantes, que le désastre l’est davantage et suscitent justement un débat de fond, c’est lorsqu’il pose trois interrogations également de fond : Où en est le processus qui a abouti sur l’indépendance du continent africain et sur la fin de l’apartheid ? Où en sommes-nous aujourd’hui, où en serons-nous demain ? Pourquoi sommes-nous si silencieux ? Véritable cri de cœur de ce «sage d’Afrique».

Avant de répondre à ces interrogations, force est de souligner avant que la «trop généreuse» Libye ne soit lourdement secouée, il y a eu la Côte d’Ivoire, fer de lance du développement de l’Afrique de l’Ouest ; la République démocratique du Congo, pays riche et reconnu par son hospitalité légendaire pendant que la Somalie – stratégique de la Corne de l’Afrique est déchiquetée. Ces pays ont également sombré dans l’horreur, détruits par des tonnes d’armes venues de l’Occident à telle enseigne qu’ils constituent aujourd’hui des plaques tournantes de la circulation d’armes, du trafic frauduleux des minerais…

Des morts se comptent par millions. Mais jamais, les pays africains ne se sont levés comme un seul homme pour dénoncer les faiseurs de guerre. Bien au contraire, ils ont servi d’agents exécuteurs.

L’Union africaine est toujours passée à côté de la plaque sans prendre des sanctions qui s’imposent. Par contre, silence radio, pour le cas de la République démocratique du Congo agressée par des pays africains que l’on passe pour modèle, alors qu’un génocide est en train de se commettre chaque jour dans ce vaste pays d’Afrique centrale.

Ne parlons pas de la Somalie, abandonnée à elle-même, aujourd’hui, soumise à une famine infernale qui décime toute une population. Entre-temps, la piraterie, cette pratique criminelle d’un autre âge, refait surface et les fruits des rafles sont blanchis dans des capitales occidentales. Et pourtant, une armada internationale patrouille dans les mêmes eaux sans les neutraliser. Incroyable encore comme cette autre présence militaire internationale en RDC qui n’arrive pas non plus à neutraliser les forces négatives qui pullulent dans la région pendant que se poursuive en toute quiétude le pillage des minerais du Congo.

En gros, dans tous les cas, pas une seule action d’éclat et de grande envergure initiée par les Africains. Les yeux sont tournés toujours vers ce même Occident que l’on assimile déjà à un cynique, un pyromane.

Pas de narcissisme

Certes, Thabo Mbeki a raison de se mettre en colère. Plutôt que de s’appuyer sur le reflexe pavlovien, Thabo Mbeki pose trois questions de fond qui remettent sur le tapis la problématique de la «renaissance africaine». Mais qu’a-t-on fait des 50 ans des indépendances africaines ? Pourquoi ce silence ?

Avant de se dresser contre l’Occident, les Africains devraient impérativement répondre à ces deux interrogations fondamentales. Est-il normal que des pays aux immenses potentialités comme la RDC et la Côte d’Ivoire, pour ne citer qu’eux, tombent si bas avec des populations chosifiées à souhait, des gouvernements obéissant à des centres périphériques qui contrôlent leurs économies depuis l’accession de ces pays à l’indépendance ? La réponse est non. La faute incombe aux Ivoiriens et aux Congolais qui refusent jusqu’ici à faire preuve de haute responsabilité politique.

Qui refuse de donner un bon salaire aux fonctionnaires de l’Etat ? Pourquoi des millions des populations africaines n’ont pas accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’instruction pendant que des villas cossues surgissent à côté des maisonnettes, à l’image des fauves dans la forêt, le long des avenues défoncées et caillouteuses ? Serait-ce toujours l’Occident qui serait à la base des salaires impayés et détournés, de l’absence de programmes rentables et réalisables, de cette démocratie balbutiante pour moins de liberté, moins de tolérance ?

Les évêques congolais avaient déjà suscité les mêmes questions que Thabo Mbeki, mais en termes différents : « Qu’avez-vous fait des richesses de ce pays ? Qu’avez-vous fait de l’accession de ce pays à l’indépendance ?»

Au moment où les Congolais s’apprêtent à aller aux urnes, pour la seconde fois en l’espace de cinq ans, ils ont l’obligation morale et politique de trouver des réponses à des questions pertinentes. Des réponses qui auront indiscutablement le mérite de conduire vers un choix utile en vue de faire des élections 2011 un moment déterminant de l’histoire de la République démocratique du Congo.

Thabo Mbeki a raison de souligner que les «Occidentaux ne défendent que leurs propres agendas». C’est le contraire qui aurait surpris en ces instants précis de la conquête des espaces économiques afin de disposer des «nations puissantes». Malheur aux Africains s’ils pensent autrement d’autant plus leurs jérémiades ne changeront pas d’un seul iota cette vision des choses.

C’est dire que les Africains doivent se dépouiller de l’habit du vieil homme, se départir de tout comportement narcissique pour relever les grands défis d’Etats et Nations forts et prospères. Thabo Mbeki vient de relancer le débat de la renaissance africaine.

Par Freddy Monsa Iyaka Duku pour le quotidien congolais Le Potentiel

Cameroun : Biya gagnera les élections mais perdra la tête !

Vox populi, vox Dei. Que la voix du peuple fut la Voix de Dieu ! Mais vox populi, vox erratum. Puis la voix du peuple devint la voix de l’erreur. Erreur commise par un peuple instrumentalisé. Erreur commise parce que ce pauvre peuple a peur du changement. Erreur aussi parce qu’il a été éduqué dans le mensonge, le faux paternalisme, la corruption morale. Le Cameroun, c’est ce peuple là qui n’échappe pas à cette réalité implacablement africaine.

Biya est le père de la stabilité avec un « peu » d’injustice commise contre l’opposition, faisant quelques centaines de morts. Mieux vaut sacrifier quelques uns et sauver la multitude. Cela s’appelle forcer le respect et consolider le pouvoir.

Alors Biya gagnera les élections de 2011. Parce qu’en territoire affamé, lorsqu’un bulletin de vote de l’adversaire peut rapporter 1000 francs CFA, je ne connais pas beaucoup d’électeurs qui refuseront de le commercialiser. D’ailleurs qu’est-ce que l’autre fera pour moi, s’il venait à gagner ? Ne sont-ils pas les mêmes ?

Oui, ils sont les mêmes. Un Bantu reste un Bantu. Chez le Bantu, le pouvoir est conquis pour régner et non pour enrichir les sujets. Le citoyen est un sujet politique sur qui Biya règne. Il est craint pour sa capacité à donner la mort sans être inquiété. Mais il n’est pas aimé. Il le sait. Cependant, il s’en fout. Dès lors qu’il n’a aucune raison d’avoir peur de subir le même sort que celui qu’il inflige aux autres, à ses opposants.

Dans l’Europe féodale, la même arrogance a habité tous les rois et toutes cours royales. Ils ont conquis le pouvoir d’Etat. Ils ont régné, conduit des guerres de conquête et dominé leurs peuples et des peuples conquis. Puis vint le siècle des lumières avec plusieurs courants de pensée révolutionnaire.

La plupart des monarchies se sont effondrées. Plusieurs rois ont été décapités. Et ceux qui leur ont succédé dans un environnement où la République remplaçait ou cohabitait avec une monarchie honorifique, ont compris qu’il faut gagner les élections avec le peuple et non gagner des élections et contre le peuple. Parce que la colère du peuple fait perdre au roi, sa tête, au sens propre comme au sens figuré.

Alors Biya ne devra pas fêter d’apprendre qu’il gagnera les prochaines élections qu’il organise pour gagner. Il doit être inquiet. Parce que j’ai vu Douala. Et j’ai compris que l’homme a perdu le peuple depuis fort longtemps. C’est pourquoi j’ai peur pour lui. Parce qu’il est assis sur un volcan en ébullition ascendante.

Si Biya avait encore des oreilles utiles pour entendre, je lui aurais recommandé de tirer sa révérence en proposant l’organisation d’élections anticipées dans les deux années qui vont suivre sa victoire certaine de 2011. En le faisant, il gagnera deux choses : le respect du peuple, cet indispensable respect qui doit se substituer à la crainte de Biya, mais aussi et surtout, le pardon de tous ceux qui sont frustrés depuis au moins trois décennies.

Si Biya ne m’écoute pas, il perdra sa tête, au sens propre comme au sens figuré, avant la fin de son septennat de trop. Parce qu’un peuple qui a fini par vaincre sa crainte, est irrésistiblement habité par le désir de vengeance et reste ouvert à tout marchandage pour étancher sa soif de Justice. Or les marchands ont déjà posé pied à Yaoundé.

A très bientôt.

Hassane Magued