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Archives Journalières: septembre 6, 2011

Le Parti Communiste Espagnol (PCE) dénonce une guerre coloniale en Libye pour la domination économique et militaire du pays et de la région

Le PC Espagnol (PCE) dénonce une guerre coloniale en Libye pour la domination économique et militaire du pays et de la région

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Face à la résolution qui a rendue possible l’intervention militaire en Libye, le PCE a affiché son rejet total de cette logique de guerre du Conseil de sécurité. Après les désastres en Irak et en Afghanistan, invoquant cyniquement les intérêts du peuple, nous avons dit qu’une intervention militaire en Libye se révélerait finalement comme les autres, tuant, détruisant et violant les droits humains de façon brutale, et que nous rejetions à la fois l’intervention militaire et l’attaque contre la souveraineté nationale de la Libye.

Nous avons condamné l’agression militaire contre la Libye, et avons lancé un appel à la résolution pacifique et interne des problèmes qui existaient en Libye, et nous avons mis en garde contre les dangers qui se profilaient à l’horizon concernant l’indépendance et l’intégrité territoriale de ce pays.

Au fil des jours et des événements qui se déroulent en ce moment même, apparaissent au grand jour l’hypocrisie et la brutalité d’une décision qui ne visait pas à sauver des vies, mais plutôt à piller un pays et le transformer en une colonie de l’empire capitaliste, au service des entreprises transnationales.

En tant que PCE, nous affirmons :

1 – Que l’intervention militaire de l’OTAN, bras armé criminel du capitalisme, n’a fait que tuer et détruire. L’ONU, hélas dirigé par le pantin des États-Unis, Ban-ki-Moon, l’Union européenne et la Ligue arabe des cheikhs médiévaux, sont les principaux responsables de la guerre civile et de la tragédie que vit le peuple de Libye, en adoptant une résolution qui donnait carte blanche pour tuer, avec comme prétexte la protection des vies humaines. Ni l’ONU, ni l’UE, ni la Ligue arabe n’ont recherché une solution pacifique et négociée au conflit libyen, comme le proposait le président Hugo Chavez et d’autres, et l’a répété à maintes reprises l’Union africaine, car il s’agissait de piller et de prendre le contrôle de la Libye, et d’y établir la grande base de l’impérialisme capitaliste pour contrôler les richesses et la politique de l’ensemble du continent africain, et puisqu’il semblait que Kaddafi et le gouvernement libyen ne rentraient pas dans leurs plans.

2 – Que le massacre brutal, les tortures et les assassinats des partisans du gouvernement précédent, qui sont commis actuellement par les prétendus rebelles, encouragés et poussés par les militaires de l’OTAN et les services secrets occidentaux, était une conséquence prévisible, dont nous avons des preuves en images et des témoignages. De ceux commis par l’armée Libyenne, aucune.

3 – Que le Conseil national de Transition (CNT) est un bloc réactionnaire composé d’organisations créées par la CIA et les services occidentaux, d’opportunistes qui jusqu’à peu faisaient partie du gouvernement libyen, d’intégristes islamistes qui n’hésitent pas à se mettre d’accord avec l’Occident, et d’hommes d’affaires liés aux intérêts des grandes entreprises transnationales, sans oublier des « socialistes » auto-proclamés, des partisans du capitalisme le plus libéral et des anciens militaires en quête de gloire et de fortune.

Le président de ce CNT fut le juge qui a condamné les infirmières bulgares sous de fausses accusations d’avoir porté atteinte à la vie et à la santé du peuple libyen, ainsi que l’ancien Ministre de la Justice du gouvernement. L’ancien chef militaire des « rebelles », assassiné par les « rebelles » eux-mêmes, Mohammed Fatah Younis, avait été Ministre de l’Intérieur. C’est-à-dire que ce sont deux personnages avec des responsabilités fondamentales que sont celles de ministre de la Justice et de l’Intérieur qui ont quitté le navire prétendument pour défendre la liberté et la démocratie.

Sur tous ceux-là pèsera l’infamie d’avoir demandé à l’OTAN, et aux autres organisations de guerres, qu’ils bombardent leur propre peuple, sans se soucier de la mort et des destructions, mais seulement de leurs intérêts.

Pour l’avenir, il n’y a pas beaucoup de raisons de supposer que va s’ouvrir une ère de démocratie, mais plutôt, comme le PCE l’a dit alors, il paraît inévitable que l’on va voir apparaître un nouvel Irak ou Afghanistan qui rende possible l’organisation de la rapine que l’impérialisme a planifié pour la région, tout en lui permettant d’établir une tête de pont pour lancer les opérations militaires de l’impérialisme en Afrique, aidé par le régime vassal qui s’installe à Tripoli.

Dans ces conditions, ce à quoi on doit s’attendre en Libye ce n’est pas la démocratie mais le pillage des richesses, la perte de sa souveraineté nationale et sa transformation en une colonie économique, militaire et politique de l’impérialisme capitaliste des États-Unis, de l’Europe et des cheikhs médiévaux du Golfe.

Le Parti Communiste Espagnol

La Prise de Tripoli par l’OTAN et les pseudo forces rebelles : Achèvement de la Guerre de Brigandage contre le peuple Libyen

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)  

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. : 21 35 02 95/97 68 88 73 – Site :www.la-flamme.org

Depuis le 26 AOÜT 2011 dernier tout semble terminé en Lybie. Les agresseurs impérialistes franco-américano-britanniques sous couvert de l’OTAN et leurs sous-fifres dits forces de rébellion sont entrés à Tripoli et ont pris la capitale parachevant ainsi leur criminelle besogne.

Dans une Déclaration en date à Cotonou du 30 mars 2011, le Parti Communiste du Bénin écrivait: «Les puissances impérialistes, française, britannique et américaine qui craignent la perte de contrôle sur les peuples qui s’émancipent de leurs piliers dictateurs, se précipitent sur la Libye., soudoient et escamotent l’action populaire qui n’a pas encore toute la plénitude de sa puissance et la transforment en rébellion armée afin de la récupérer pour agresser la Libye et faire la guerre à Kadhafi. Tout s’enclenche et s’accélère. Utilisation de l’ONU pour donner un fondement « juridique » à l’agression sous la forme de « zone d’exclusion aérienne ». Une armada d’avions sophistiqués s’abat sur la Libye pour semer la mort et la désolation. On assiste à la violation sans état d’âme de la résolution de l’ONU avec les bombardements des troupes de Kadhafi au sol. De la « protection des populations civiles », Paris, Londres et Washington passent au « nécessaire départ de Kadhafi » et proclament ouvertement devoir « armer les rebelles anti-Kadhafi ». Tout ceci n’a qu’un nom: agression de type colonial contre la Libye. Aucun droit n’autorise des pays étrangers à aller bombarder un autre afin de « protéger les populations civiles » de ce pays en lutte contre leur président, fusse-t-il dictateur. C’est vrai, Kadhafi est un autocrate, un despote pour son peuple. Mais il appartient au peuple libyen de le chasser. Le soutien extérieur peut et doit être politique, moral mais en aucun cas des armées d’Etat étrangères ne peuvent et ne doivent être déployées. Personne ne doit se substituer au peuple libyen pour décider du sort de ses dirigeants.»

La suite, on la connaît désormais. C’est des milliers de morts que les agresseurs au nom de la liberté du peuple libyen, viennent de causer au sein de la population libyenne.

Des Conférences se tiennent pour le partage de la Libye et de ses richesses. L’entreprise de brigandage contre le peuple libyen est si grotesque et si barbare que cela suscite la réprobation des révolutionnaires et des peuples. Ainsi, dans une déclaration en date du 30 août 2011 intitulée: «Le PC Portugais dénonce un «bain de sang» dans la prise de Tripoli et appelle à intensifier la lutte contre les agressions impérialistes en Libye et dans l’ensemble du monde Arabe ». Le Parti Communiste Portugais (PCP) écrit :

«Le PCP condamne le massacre perpétré par l’OTAN dans la ville de Tripoli dont le nombre de victimes s’élève, en seulement deux jours, à plus de 2 000 morts.

Après plus de cinq mois d’intenses bombardements et de guerre de l’OTAN, le véritable bain de sang perpétré contre la population de la capitale Libyenne dans ce qu’ils appellent l’ «Opération Sirène», tout comme les événements qui s’y déroulent confirment, une fois de plus, les objectifs réels et les véritables protagonistes de cette guerre colonialiste d’invasion et d’occupation.

La prise de Tripoli est surtout le résultat, non pas de cette victoire militaire médiatisée des pseudo «rebelles», mais plutôt de l’intervention directe de l’OTAN et d’un véritable massacre perpétré par cette structure politico-militaire.

Le peuple libyen fut et va être victime d’un crime et d’une violation flagrante du Droit international, de la Charte des Nations unies et même de la Résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui se réfère hypocritement à la protection des civils Libyens et reconnaît le rôle des Autorités libyennes.

Comme le PCP avait mis en garde à l’époque, et comme la réalité est en train de le confirmer, ce qui est en jeu avec la guerre d’invasion et d’occupation de la Libye ne sont pas les droits de son peuple ou quelque aspiration à la liberté et à la démocratie. Au contraire, ce qui est en jeu, encore une fois dans l’Histoire et avec l’exemple des guerres d’Irak, de Yougoslavie et d’Afghanistan est la satisfaction des intérêts stratégiques des principales puissances de l’OTAN quant au contrôle d’importantes richesses naturelles, le pillage des fonds souverains Libyens et le fait d’imposer la domination impérialiste dans la région de l’Afrique du nord et du Moyen-Orient.

La guerre contre le peuple Libyen est indissociable du contexte international d’approfondissement de la crise structurelle du capitalisme, de la réponse de force impérialiste aux processus populaires qui ont lieu dans le monde Arabe, ainsi que des contradictions inter-impérialistes croissantes. Dénonçant l’hypocrisie et les campagnes médiatiques de mensonge et de désinformation qui soutiennent la stratégie agressive des principales puissances impérialistes, le PCP avertit que la guerre d’occupation de Libye, les menaces croissantes d’une intervention impérialiste en Syrie et les provocations israéliennes réitérées contre le peuple palestinien, sont des éléments dangereux de tension supplémentaire dans une situation déjà fortement marquée par l’instabilité et le danger réel de généralisation des conflits.

La prise de Tripoli par l’OTAN et les pseudo forces rebelles a constitué une nouvelle opération contre le droit de souveraineté et l’intégrité territoriale des nations. Mais, comme la réalité s’est déjà chargée de le démontrer dans diverses situations, cela ne signifiera pas la fin de la résistance du peuple Libyen à l’invasion et l’occupation de son Pays, et encore moins de la résistance des travailleurs et des peuples aux guerres, agressions et provocations de l’impérialisme».

Le Parti Communiste du Bénin fait entièrement sienne cette analyse.

Au regard de cette situation, c’est avec un sentiment de tristesse et de honte que nous avons suivi la lâche déclaration du gouvernement de YAYI Boni reconnaissant le dit «Conseil National de Transition», organe fantoche d’agression impérialiste contre le peuple libyen. Le moins que pouvait faire notre Gouvernement, s’il avait encore quelque dignité, c’était de s’aligner sur la position de l’Union Africaine et attendre la fin définitive des hostilités et non en vrai traitre, accorder une caution à ce qui est, aux yeux de tous, considérée comme une agression inacceptable et intolérable pour le contrôle des richesses de la Libye notamment de ses immenses réserves pétrolières et avoirs monétaires.

Fait à Cotonou le 04 Septembre 2011.

Le Parti Communiste du Bénin

30.000 Bombes Sur la Libye, Une Mission Humanitaire du Diable

Après environ 8.000 raids aériens, et une estimation de 4 bombes lancées par attaque, l’OTAN a déjà largué plus de 30.000 bombes sur la Libye. Ca fait pratiquement 200 bombes par jour pendant 6 mois, soit des dizaines de milliers de tonnes d’explosifs puissants. Avec une estimation de 2 Libyens tués par bombe et aucune victime du côté de l’OTAN, les régimes occidentaux ont massacré environ 60.000 Libyens au cours des six derniers mois alors que les rebelles eux-mêmes annoncent 50.000 morts. Une sacrée mission humanitaire, n’est-ce pas ?

Le déroulement de la « guerre civile » en Libye peut être mieux décrit par les événements du 21 août. Ce dimanche après-midi, une équipe de télévision de la BBC a montré une colonne rebelle en train de s’enfuir de Zawiya, dans les environs de Tripoli. Battant pitoyablement en retraite, jetant des regards effrayés par dessus l’épaule et fuyant à toutes jambes sur la route par laquelle ils étaient arrivés – même la « presstituée » de la BBC qui était sur place n’a pas pu se retenir d’exprimer son dégoût devant la scène. Une fois de plus, confrontés à une résistance déterminée, les rebelles ont fui et montré leur véritable nature.

Le lendemain matin, une journaliste de France24 a raconté comment, plus tard dans la nuit de ce même dimanche, elle avait accompagné ces mêmes rebelles lorsqu’ils ont traversé Zawiya sans rencontrer la moindre résistance jusqu’à la Place Verte au centre de Tripoli, en croisant cette fois-ci une enfilade de ruines d’immeubles bombardés qui brûlaient encore.

Voilà ce qu’aura été la guerre de l’OTAN et si le monde ne le comprend pas, les rebelles, eux, ne le comprennent que trop bien.

Un problème majeur pour l’OTAN et sa Ligue de Traîtres Libyens, connue aussi sous le nom de Conseil National de Transition, est que la majorité des militaires rebelles sont sous les ordres du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), un groupe qui se présente comme affilié au groupe Al-Qaeda du Maghreb.

Tandis que d’anciens terroristes de GICL devenus « combattants de la liberté » vont de maison en maison pour arrêter et exécuter des « supporters de Kadhafi » et des « mercenaires africains » à Tripoli, la vie quotidienne pour les habitants de la ville s’est transformée en une opération de survie. Sans eau depuis près de deux semaines, sans gaz pour cuisiner ou de combustible pour les véhicules et avec la nourriture qui commence à manquer, l’avenir pour la population de Tripoli paraît incertain.

Certains médias internationaux ont affirmé que la Grande Rivière Artificielle (GRA), le système d’irrigation qui fournit presque la totalité de l’eau du nord de la Libye, a été bombardée par l’OTAN. D’autres prétendent que les « loyalistes de Kadhafi » contrôlent toujours les puits du sud et qu’ils ont coupé l’eau – si c’est le cas, alors même Benghazi manquera d’eau. Tripoli devra donc importer son eau pendant un certain temps et le fait de savoir comment une ville de près de 2 millions d’habitants pourra vivre avec de l’eau importé par camions-citernes est un sujet que les médias n’abordent plus.

Le « Conseil National de Transition » désormais reconnu comme le « gouvernement légitime de la Libye » par les gouvernements de l’OTAN et leurs alliés est composé de nombreux anciens hauts officiels du gouvernement Libyen et se trouve de plus en plus dans une position délicate. Avec l’Union Africaine qui tente d’empêcher le déblocage des fonds du gouvernement Libyen détenus dans les banques occidentales il n’y a plus beaucoup de temps à perdre si ce CNT veut pouvoir continuer d’exister.

Le président Sud-Africain, Jacob Zuma, a condamné les dirigeants du CNT qualifiés d’escrocs et exigé la restitution des dizaines de millions de dollars que les hauts dirigeants ont volé lorsqu’ils étaient en fonction dans le gouvernement Libyen avant que l’Union Africaine ne lève son opposition au déblocage des fonds du gouvernement de Kadhafi.

Les dirigeants de l’OTAN doivent se démener pour maintenir le CNT à flots. Les images de palettes chargées sur deux mètres de haut de 200 millions de dinars Libyens acheminés par avion depuis Londres montre la fragilité de l’influence du CNT. Alors que le cirque des « amis de la Libye » organisé par l’OTAN et qui se tient à Paris promet de libérer les milliards de dollars Libyens détenus en otage par l’Occident, la mise en application de ces promesses est une toute autre affaire. La corruption et l’incompétence sont la marque des dirigeants du CNT et il ne sera pas surprenant d’entendre parler plus tard de détournements massifs de fonds.

La grande question est de savoir combien de temps les dirigeants du GICL/AQM laisseront-ils le pouvoir à leurs anciens ennemis jurés au sein du CNT. Déjà le « gouvernement » rebelle dans la ville portuaire de Misrata a annoncé qu’il ne reconnaissait pas l’autorité du CNT et on y signale la tenue de manifestations quasi quotidiennes pour exiger l’expulsion du CNT des anciens fonctionnaires du gouvernement Libyen.

Pendant ce temps, de vastes étendues du désert Libyen dans le sud n’ont pas été conquises par l’OTAN et pratiquement toute l’eau et une partie du pétrole échappe au contrôle du CNT.

Avec de centaines de villages et de petites villes éparpillées à travers un territoire immense, le Colonel Kadhafi et ses supporters ont encore une vaste zone à leur disposition. Avec l’Algérie qui combat Al Qaeda du Maghreb, sa frontière avec la Libye reste ouverte et offre un terrain de repli aux opposants aux rebelles de l’OTAN. Le CNT a déjà sonné l’alarme quant à une insurrection à long terme qui pourrait s’implanter dans le sud de la Libye et qui utiliserait l’Algérie comme base arrière.

Jusqu’à présent les dirigeants Al-Qaeda et les gros bras de l’occident au sein du CNT n’ont pas encore commencé à s’entredéchirer mais une guerre interne paraît inévitable. Il se pourrait que nous assistions à des bombardements par l’OTAN de ses anciens alliés.

Une chose qui est claire est que la tragédie Libyenne ne fait que commencer et la capture de pratiquement tout le nord de la Libye par les rebelles de l’OTAN n’est que le début. 30.000 bombes sur le pays et la mort de quelques 60.000 Libyens marquent plutôt le début que la fin de cette catastrophe.

Thomas C. Mountain

Thomas C. Mountain était un membre de la 1e Délégation de Paix américaine en Libye en 1987 et est le seul journaliste occidental indépendant dans la Corne de l’Afrique, vivant et annonçant de l’Erythrée depuis 2006. Il peut être contacté à thomascmountain@yahoo.com.

http://www.counterpunch.org/2011/09/02/30000-bombs-over-liby…

Traduit de l’Anglais par Aymard

10 raisons de manifester contre l’intervention de l’OTAN en Libye, par Michel Collon

L’OTAN a fait des milliers de victimes, plus sans doute que Kadhafi dans les semaines précédant la guerre. (Comparez : ici et ici).

L’OTAN ne respecte pas le droit international : la résolution 1973 de l’ONU autorisait un usage de la force pour protéger des civils, non pour changer de régime. (Cf. ici).

L’OTAN rejette toute solution pacifique, y compris les propositions de l’Union africaine pour organiser des élections démocratiques en Libye. Kadhafi a pourtant accepté et dit qu’il se tiendrait à l’écart du processus de négociations. (Cf. ici).

Les rebelles sont composés d’islamistes radicaux, de monarchistes rétrogrades et d’opportunistes corrompus qui terrorisent la population. Le CNT s’est associé aux pires régimes du monde : Israel, Colombie, Qatar… (Cf. ici et ici).

La Libye est l’un des seuls pays d’Afrique qui offre à ses citoyens des conditions de vie décentes, et il est ramené à l’âge de pierre par l’OTAN. (Cf. ici).

L’OTAN bombarde de nombreuses cibles civiles : hôpitaux, université, quartiers résidentiels, usines… Ce ne sont pas des erreurs. (Cf. ici).

Le but de l’OTAN n’est pas de protéger des civils mais de s’emparer des ressources libyennes et d’empêcher le développement de l’Afrique, pour lequel la Libye joue un rôle de premier plan. (Cf. ici).

La guerre coûte des millions d’euros. Si l’Occident veut vraiment faire le bien, n’y a-t-il pas d’autres possibilités que la guerre ? (Cf. ici).

Kadhafi est très populaire en Libye et en Afrique. Est-ce à l’OTAN de choisir les dirigeants qui lui conviennent ? (Cf. ici).

La guerre dure depuis maintenant près de six mois. N’est-ce pas assez de soufrance pour une guerre que l’on prétendait « éclair » ?

Texte – Michel Collon

L’Occident ne peut se développer sans voler

Ils se sont trompés. Ils viennent de s’en rendre compte. Une erreur qui leur aura coûté cher. Trop cher. C’est pourquoi ils ont décidé de faire vite, très vite pour rattraper cette grossière erreur appelée « Indépendance ».

C’est vrai. Le Bloc colonialiste aujourd’hui réuni au sein de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) a compris qu’il n’aurait jamais dû autoriser les Etats africains à devenir indépendants. Parce que l’Occident des six siècles passés, s’est construit avec des trésors volés en Afrique, la commercialisation de l’Homme noir, l’utilisation des Noirs et des Arabes comme des animaux de trait pour développer leur industrie du 14ème au 20ème siècle.

Mais ce choix de l’Occident qui aura duré plus de 5 siècles n’est pas fortuit. Suivons ensemble le rappel historique.

« On a beau chasser le naturel, il revient au galop »

Ce naturel chez l’homme blanc a été développé depuis des millénaires. Il suffit pour s’en convaincre de regarder à l’histoire des grands Empires occidentaux. L’Empire romain, l’Empire grecque, l’Empire germain, l’Empire gaulois, l’Empire austro-hongrois, l’Empire britannique, l’Empire russe, etc. L’histoire de tous ces empires se résume à des mots simples : invasion, conquête, domination, exploitation, révolte, libération, formation d’un nouvel empire et le cycle reprend.

Les civilisations occidentales ne se sont pas construites avec des outils démocratiques. Elles ont toutes été bâties par la violence, le pillage, le vol, la guerre, les conquêtes, les dominations. Un politique occidental normal ne peut admettre ou concevoir le Développement en dehors de l’idée de conquête et de domination.

C’est pourquoi pendant des siècles, les occidentaux ont développé les techniques et les technologies pour fabriquer des armes de guerre les plus redoutables pour conquérir des nations faibles ou pour dissuader des voisins prédateurs. Ils ont aussi cherché à développer les moyens de déplacement rapides sur l’eau, dans l’espace et sur terre pour explorer de nouveaux horizons à conquérir pour financer leurs économies, leurs industries et leurs empires.
A l’époque, la barbarie qui les caractérise s’exprimait entre eux Blancs. Puis avec la découverte de l’Inde, de l’Amérique, de l’Afrique, ils ont décidé de s’unir pour aller conquérir ces nouveaux peuples.

L’Occident ne peut se développer sans voler 

L’histoire des grands empires, brièvement évoquée ci-dessus, est la même, d’un empire à un autre. L’enjeu, c’est de conquérir des terres, capturer des hommes et des femmes, disposer de leur patrimoine sous la forme d’un butin de guerre puis, exploiter leur force de travail en créant les conditions pour que cette exploitation soit la plus meurtrière possible.
Cela permet de réduire le nombre de bras valides capables de conduire une révolte. Mais aussi, il permet d’affaiblir sociologiquement le peuple conquis afin de se donner des raisons de conquérir d’autres peuples. Par ailleurs, l’exploitation abusive de la force de travail permet d’atteindre des résultats comme celui des Amériques avec le génocide des Indiens d’Amérique morts presque tous au travail.

Oui. L’Occident devient fragile et s’appauvrit s’il arrête la conquête et l’exploitation des autres peuples. Comme vous le voyez, les pays membres de l’OTAN qui s’appauvrissent le plus vite sont ceux qui ont construit essentiellement leur économie à partir de la Traite Négrière, de l’Esclavage et de la Colonisation. La Grèce, l’Italie, l’Espagne, la France, les Etats-Unis, le Portugal, etc.  Tous ont bâti leur puissance à partir du vol, du pillage, de la vente d’être humains, de l’exploitation d’esclaves qui ont travaillé sans être rémunérés. Ce qui enrichit à coup sûr.

L’erreur des années 60 sera rattrapée entièrement

Sortis traumatisés des guerres de 14-18 et 39-46, que Hitler leur aura imposées dans son projet de créer le Grand Empire Germain (Le Grand Reich), ils se sont vu obligés de tenir les promesses faites en 44 aux Noirs à la Conférence de Brazzaville.

Mais en donnant cet accord, ils avaient conçu le concept de parrainage des Chefs et des sociétés multinationales hégémoniques dans les nouveaux Etats africains, comme moyen de maintenir le contrôle économique et politique desdits Etats en évitant d’avoir une présence politique directe.

Mais 50 années après, ils se sont rendus compte que ce système d’exploitation en sous-main n’est pas bon pour eux pour leur survie. Car ils se sont tous appauvris ou sont sur le point de l’être. Du coup, ils n’ont plus d’autre choix que de reprendre là où ils l’avaient laissé, leur honteux projet de domination coloniale et de conquête du monde par la violence. Comme le dirait l’autre, une erreur, ça se rattrape. Et celle historique des années 60 sera rattrapée entièrement. Aucun pays, même sans intérêt stratégique ne sera épargné ; ce n’est qu’une question de temps et de priorité ! Pour l’heure, la priorité, ce sont les pays pétroliers. Le reste suivra.
 
Mais l’erreur des années 60 est rattrapée de la pire des manières

A l’époque, pour pouvoir commercer et avoir des interlocuteurs lettrés, l’Occident a décidé de créer une élite africaine, intellectuelle, capable de créer des castes de bourgeoisie qui d’une main de fer, dirigeraient les anciens Etats coloniaux d’Afrique tout en restant aux ordres et en maintenant les peuples dans la pauvreté et un simulacre de développement.

Mais aujourd’hui, c’est sur des bandits de tout acabit que l’Occident s’appui pour conduire son projet de recolonisation. S’il opère ainsi, ce n’est point parce qu’il a complètement perdu la tête. C’est tout simplement parce qu’il s’est engagé dans une dynamique de déconstruction.

Or pour atteindre cet objectif, il n’y a pas de meilleurs alliés que des bandits, des hors-la-loi, des hommes non méritants, armés et instrumentalisés pour contribuer au pillage des économies modernes et pleines d’avenir des anciennes colonies d’Afrique.

Alors partout où cela arrivera, ce sera des renégats, des individus tirés de la pègre, qu’on va armer, encadrer, soutenir pour prendre le contrôle des pays et foutre le chaos partout.

C’est donc la recolonisation nouvelle version baptisée « Révolution ». Oui, il y a en effet une Révolution. C’est la « Révolution des Renégats ». La « Révolution des hors-la-loi » qui avec quelques coups de canons, des tirs de missiles et un peu de massacres perpétrés parmi ceux qui ont une conscience nationale, quittent brutalement leur statut de sans abri ou de vagabonds pour devenir Ministres, Chefs d’Etat Major, Commandants d’Armées, Directeurs Généraux de sociétés dans des Etats complètement déstructurés et en plein pillage.

Et croyez-moi, ils ne lâcheront pas le bon bout qu’ils tiennent aujourd’hui avec des Chefs d’Etat finis, qui croient se mettre à l’abri, en collaborant avec les prédateurs affamés. Eh oui, ils n’abandonneront pas, tant qu’ils ne seront pas convaincus que l’Afrique est devenue un tas de ruine ou qu’aucun espoir, aucune volonté d’émerger ne serait encore exprimée au sein du peuple africain.

Sauf que sur ce dernier point, l’Occident se trompe pour la deuxième fois. Parce que les dignes fils de l’Afrique ont décidé de se dresser contre cette énième humiliation, contre ce projet d’appauvrissement de trop !

A très bientôt.

Hassane Magued

Risque de déstabilisation de cinq autres pays Africains

Par AFROHISTORAMA

L’information se fait de plus en plus persistante ! Elle est à prendre au sérieux!

La guerre que l’occident a décidé de mener contre les Présidents africains qu’ils estiment  » impolis » n’est qu’à son début. Après le coup d’état contre le Président Laurent GBAGBO et les pseudos révolutions arabes, Il y a de cela quelques heures, nous venons de tomber sur une liste de Chefs d’états africains contre qui l’occident, à travers la France, USA, la Grande-Bretagne…etc, se basant sur des «résolutions » de l’ONU couper sur mesure et/ou sous le couvert de l’OTAN, a décider pour certains d’éliminer physique soit par des attentats ou des assassinats programmés. Pour cette catégorie, il s’agit du Président de l’Angola : José Eduardo Dos Santos, pour qui ils trouveront comme prétexte et slogan: José Eduardo Dos Santos32 ans au pouvoir, il est temps de partir ! Le deuxième de cette catégorie est Robert Gabriel Mugabe, l’actuel Président du Zimbabwe. La même chose sera retenue contre lui aussi (rappelez vous de la visite de Morgan Tsvangirai au sous-prefet Ouattara).

Lire la suite sur AFROHISTORAMA

Menaces conjointes du CNT, des experts et de notre presse de l’arc libéral

Les chefs militaires du CNT et le chef tout court du CNT nous l’assurent : l’Algérie rendra des comptes pour sa non reconnaissance de cette fiction politique qui n’a de réalité que par les bombes et les forces spéciales de l’Otan. Car, c’est aussi une fiction militaire. Reprenez les articles qui ont suivi «la chute de Tripoli» et vous trouverez des analyses, des confidences, des infos de sources sûres mais discrètes qui rappellent que sans l’Otan les supplétifs de Benghazi ou du Djebel Nefoussa n’auraient pu avancer d’un mètre. L’euphorie de ces médias à la suite de cette «grande victoire» sur Kadhafi  ne pouvait laisser place au doute sur les «vrais gagnants» de la guerre, ceux qui avaient mouillé leur maillot et avaient les moyens et le savoir-faire nécessaire à la victoire. Il était utile de rappeler aux opinions publiques européennes que la «vertueuse» intervention de l’Otan pouvait réclamer ses lauriers et ses dédommagements. Ce serait même un accomplissement de la morale que les pays de l’Otan, en fonction des efforts de chacun, accèdent à une part du butin.

Si jamais demain les journaux vous parlent de contrats léonins ne croyez pas que la France et l’Angleterre et les Etats-Unis ont agi par intérêt économique et pour la suprématie stratégique sur une région aujourd’hui convoitée par d’autres puissances. Il fallait aussi rappeler à toutes les tendances du CNT qui leur a offert la victoire au cas où les rebelles de base s’avisaient de croire à une aide désintéressée des euro-américains. Les chefs de la double fiction politique et militaire peuvent menacer l’Algérie. Ils se sentent gonflés de la toute-puissance de l’Otan mais surtout de la toute-puissance de Sarkozy leur créateur, leur fabricant, leur inspirateur. Bref, leur maître. Ils ne sont pas les seuls. Les journaux de l’arc ultralibéral –et néocolonial– relaient et amplifient au quotidien les menaces sur l’Algérie pour son soutien à Kadhafi. Toutes les fausses nouvelles et toutes les rumeurs y sont passées, des mercenaires transportés par nos avions, aux armes passées par Djen Djen, jusqu’au sanctuaire algérien de Kadhafi et de sa famille. Ces six longs mois de guerre ont été en permanence utilisés pour instruire le procès du régime et pour brandir, au cours de l’instruction elle-même, la menace de sanction. Ces journaux de l’arc ultralibéral n’en étaient pas à leur coup d’essai.

Ils ont agi à plusieurs reprises en parti politique ou en tout cas en coordination parfaite, notamment pour appeler à la création de la CNCD, puis pour lui donner de la consistance et lui servir de tract. Ils ont agi en parti politique en appelant à l’ingérence étrangère et en la brandissant constamment comme menace. Ils viennent de passer à une phase supérieure en devenant les vecteurs des menaces étrangères. El Watan vient de publier un article reprenant les avis d’experts sur la position algérienne à propos du CNT. A trop vouloir forcer la dose, un de ces experts, Hasni Abidi, rajoute aux tares du régime celle de la naïveté politique.

Lisez ce morceau d’anthologie : «Pour le politologue Hasni Abidi, la diplomatie algérienne a fait montre sur le cas libyen d’un amateurisme inquiétant. «La diplomatie n’a jamais été dictée par des principes moraux ou politiques et encore moins éthiques, mais elle s’appuie sur la préservation des intérêts de chaque Etat et dans le cas libyen, l’Algérie a été à contre-courant de ses intérêts.» Ce manque de discernement  a fait perdre à l’Algérie la possibilité de jouer un rôle comparable à celui tenu par l’Arabie saoudite lors des événements de Bahreïn. «L’Algérie avait la possibilité de devenir la locomotive du Maghreb et de jouer un rôle prépondérant et de devenir l’interlocuteur privilégié  grâce à ses relations privilégiées avec le colonel El Gueddafi et les rebelles du CNT, qui ont, pour la grande majorité d’entre eux, servi l’ancien régime et qui connaissent bien l’Algérie», analyse le directeur du Cermam. Vous avez bien lu que la diplomatie est une stricte question d’intérêt : «La diplomatie n’a jamais été dictée par des principes moraux ou politiques et encore moins éthiques, mais elle s’appuie sur la préservation des intérêts de chaque Etat et dans le cas libyen, l’Algérie a été à contre-courant de ses intérêts».

Il faut absolument croire cet expert et appliquer le principe de son raisonnement à l’intervention étrangère en Libye. Il n’y a donc aucune éthique dans l’intervention de l’Otan, juste les intérêts de ses Etats. Le journal El Watan et Hasni Abidi veulent en même temps nous faire croire aux motivations éthiques et humanitaires de la France et des Etats-Unis et de l’Angleterre et nous cachent la réalité, dont parle Hasni Abidi, c’est-à-dire les intérêts de ces pays. Passons sur la supercherie que le journal El Watan et Hasni Abidi parlent des intérêts de l’Algérie comme s’ils avaient un mandat populaire pour en être les interprètes. Encore une de ces belles entourloupes de nos démocrates et de nos modernistes qui font passer, en mauvaise contrebande, les intérêts de leur caste de compradores pour l’intérêt général de l’Algérie et comme si on les avait mandatés pour cela – la répétition est nécessaire.

Nous pouvons, trente millions d’Algériens ou plus, diverger sur les intérêts de l’Algérie. Mais en dehors des compradores nous savons, unanimes, que nous n’avons pas intérêt à avoir Israël à nos frontières, et le CNT, c’est Israël à nos frontières point à la ligne. Vous pouvez trouver une profusion d’infos, à commencer par les «très officielles» confidences de BHL, sur l’engagement du CNT à reconnaître Israël, à coopérer militairement avec lui et à lui céder une base au sud-ouest de la Libye au cœur des «futures frontières» du «futur énergétique» de la planète.Les principes  que la politique reflète et exprime des intérêts, énoncés par Hasni Abidi, s’appliquent aussi aux positions politiques de notre presse. Chacun peut y réfléchir et réfléchir d’ailleurs au développement des divergences et des contradictions au sein de notre société.

Souvenons-nous que cette presse est née dans un désir et dans une visée des réformes. A la base et dans son landau, elle a été poussée à la vie et à la fortune puis à toujours plus de fortunes par les réformateurs, ceux qui voulaient rendre notre Banque centrale autonome de notre souveraineté populaire et de la souveraineté populaire mais soumise aux normes du capital et du libéralisme. Cette presse a été portée par ceux qui ont une pensée politique dont la quintessence était la négation d’un Etat souverain, une pensée qui représentait le plus haut niveau d’habillage de ce but inavouable : la fin de notre si jeune indépendance nationale.

Partout on élève le ton, on accentue la pression. L’Algérie c’est en septembre. Mieux, cette presse s’est chargée de libaniser notre vie politique. Cette profusion d’interviews des ambassadeurs français et américains – notez au passage que c’est plus des pâmoisons que des interviews – nous prépare à accepter comme normales leurs ingérences dans nos affaires intérieures. Bientôt, comme à Beyrouth, ces ambassades discuteront publiquement de nos choix, des nominations des fonctionnaires, etc.

Le dernier message de l’ambassadeur américain à notre CNT algérien qu’il faut encore attendre – ce qui fera enrager encore plus nos chroniqueurs impatients d’en finir avec  le pouvoir – car c’est encore plus difficile en Algérie qu’en Libye de faire la révolution des bombes, participe tout à fait de cette libanisation. Il s’installe dans notre vie politique intérieure. Comme cela se passe à Beyrouth. A deux mois de novembre c’est à chacun de prendre la mesure des grands reniements qui se cachent dans les petits.

Par Mohamed Bouhamidi