Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: septembre 7, 2011

Interview de Sanou Mabye : Pas de miracle économique pour les pays de la zone franc

Interview de Sanou Mabye, économiste sénégalais

Les banques de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale (CEMAC) ont enregistré un excédent de trésorerie de 4,5 milliards d’euros (3000 milliards de FCFA) à la mi-avril. Cet excédent de liquidité signifie t-il de meilleures perspectives économiques pour les six pays (Cameroun, République centrafricaine, République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) qui forment l’institution régionale ? Sanou Mbaye, économiste sénégalais et ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD), nous livre son analyse.

Les banques de la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale (CEMAC) ont annoncé avoir fait un excédent de trésorerie de 4, 5 milliards d’euros à la fin avril. Mais pour Sanou Mbaye, économiste sénégalais et ancien fonctionnaire de la Banque Africaine de développement (BAD), « avoir des réserves qui augmentent, c’est bien beau. Mais quand on y regarde de plus près, ce qui semble être positif ne profite pas aux économies africaines ». Selon l’auteur de L’Afrique au secours de l’Afrique, qui réside à Londres, « les pays de la zone franc sont entrain de rater le coche du renouveau économique », à la différence de leurs pays voisins qui disposent de plus d’autonomie monétaire. Entretien.

Afrik.com : Les banques de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (CEMAC) ont enregistré un excédent de trésorerie 4, 5 milliards d’euros (3 000 milliards de FCA). Qu’est ce que cela révèle des banques concernées ?

Sanou Mabaye : Cet excédent prouve que les banques de ces pays ont une activité qui produit des excédents. Du fait de l’accroissement de la demande des pays émergents, l’activité bancaire des pays producteurs de pétrole comme le Gabon ou la Guinée a considérablement augmenté. Le pétrole, tout comme l’or sont devenus des valeurs refuges. La crise des marchés boursiers n’a fait qu’accentuer cette dynamique. Il faut savoir que l’Asie et l’Afrique sont les deux continents qui ont été épargnés par la crise financière et économique de 2008. Il y a eu recul de la croissance, mais pas de récession. Cette croissance a été portée par le coût des matières premières qui a augmenté les valeurs de réserve des banques centrales, et les investissements directs à l’étranger (IDE). Le taux de profit sur le continent est l’un des plus élevés au monde.

Afrik.com : C’est plutôt positif pour les économies de ces pays…

Sanou Mabye : Avoir des réserves qui augmentent, c’est bien beau. Mais quand on regarde de plus près, ce qui semble être positif ne profite pas aux économies africaines. Ce n’est pas la première fois que la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC), tout comme la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), affichent de tels résultats. Les banques centrales dégagent des recettes, mais il n’existe pas de projet bancable. Les habitants de l’Afrique sub-saharienne n’ont pas accès aux crédits. A peine 10% ont un compte bancaire. Quant aux banques commerciales, elles favorisent l’accès aux crédits pour les biens de consommation (voitures etc), mais lorsqu’il s’agit d’investir dans les projets sur le long terme, comme l’éducation, la construction, il n’y a plus rien. Or aujourd’hui ce sont ces secteurs qui portent les pays émergents. Pour que ces excédents puissent vraiment servir aux Africains, il faut accéder au secteur informel, qui représente entre 80 et 90% des emplois en Afrique. Il faut une politique d’expansion du crédit.

Afrik.com : Donc d’après vous la politique monétaire de ces banques n’est pas axée sur la croissance économique ?

 Sanou Mbaye : Absolument. Le problème est que les pays de la zone franc ne disposent pas d’une politique monétaire autonome. La moitié des réserves des banques centrales de la zone FCFA sont déposées au trésor français pour garantir la convertibilité purement symbolique entre les deux monnaies. Cela signifie tout simplement que la politique de taux de change et des taux d’intérêts est articulée par la France. Les banques commerciales, qui octroient des crédits à court ou moyen terme au mieux, est le fait de grandes banques étrangères comme la Société générale ou BNP, qui constituent 60% de l’activité en Afrique francophone. Elles disposent souvent de contrats d’exclusivité dans le transfert des devises. Par exemple, si un résident français veut transférer de l’argent au Sénégal, il ne pourra le faire que par le biais de quelques entreprises comme Western Union ou autre. Ce type de contrat empêche la concurrence de se développer et les coûts de transfert de baisser. En fait, il n’existe pas de banque d’investissement au sens propre en zone franc. C’est la raison pour laquelle je préconise une banque d’investissement de la diaspora qui investirait dans les domaines productifs comme l’agriculture, la technologie, la construction etc.

Afrik.com : Quel est l’impact de cette politique monétaire pour les pays de la zone franc ?

Sanou Mbaye : Alors que les pays d’Afrique Australe ou de l’Est progressent, les pays de la zone franc régressent. Je veux par là dire que le taux de croissance de cette zone se situe aux alentours de 2,5%, 3%, ce qui couvre tout juste le budget de fonctionnement de ces Etats. Ces dix dernières années, le taux de croissance moyen en Afrique sub-saharienne a été de 5 % à 7%. Il sera d’environ 5,5% en 2011 et 6% en 2012. En fait les pays de la zone du FCFA sont entrain de rater le coche du renouveau économique. L’Afrique de l’Ouest est la région où la Chine, le plus gros investisseur du continent, a le moins investi. En l’absence des IDE chinois ou indiens, l’Afrique du Sud est l’un des plus gros investisseurs d’Afrique, mais aucun des pays de la zone franc n’est à la pointe. Des multinationales comme Google ou même Walmart investissent au Nigeria. D’après nos pronostics, d’ici 2049, le PIB dans ce pays d’une population de 189 millions d’habitants sera supérieur à celui du Canada ou de la Corée du Sud, si les conditions politiques et économiques demeurent sensiblement les mêmes.

Afrik.com : Comment expliquer une telle différence de croissance entre les différentes régions monétaires du continent ?

Sanou Mbaye : Parce que des pays comme l’Afrique du Sud ont une politique monétaire autonome. Il faut revenir sur le régime de convertibilité de la zone du FCFA. Alors que l’on se situe actuellement dans une guerre de la monnaie, tous les pays cherchant les taux de change les plus bas, le FCFA a l’un des taux de change les plus élevé. Nous évoluons dans un monde où les monnaies sont à parité fluctuante, mais le FCFA est à parité fixe avec la monnaie française, l’Euro, qui est actuellement très élevé. Cet état de fait pénalise les économies des pays concernés. Il est inadmissible que le franc CFA de la CEMAC ne soit pas convertible avec celui de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), alors que les deux franc CFA sont convertibles avec l’Euro. La zone franc doit faire des réformes fondamentales pour obtenir la totalité de son autonomie financière. Il ne suffit pas d’avoir des institutions communes, mais aussi une réelle politique monétaire commune.

Interview réalisé par Afrik.com

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Résistants africains : Et si nous changions de tactique ?

Sommes-nous sur la bonne voie ? Avons-nous été sur la bonne voie ? De Lumumba à Laurent GBAGBO, les traîtres ont-ils été plus intelligents que nous pour toujours triompher ? Comment avons-nous résisté ? Avons-nous utilisé les bonnes armes ? Voici autant de questionnements qui nous invitent à observer aujourd’hui, un instant de regard rétrospectif et envisager de nouveaux choix tactiques.

Alors ne me parlez pas de vos efforts, parlez-moi de vos résultats ! Dixit Ling.

Les efforts, j’en ai assez entendu parler. J’en entends parler de plus en plus. Nous sommes les dignes fils de l’Afrique. Nous avons pris l’option de combattre. De faire front. De faire face. D’affronter l’envahisseur. De mettre en déroute le prédateur affamé. Cette énième humiliation de l’Afrique ne passera pas. Nous avons tous crié cela. Nous le crions chaque jour. Mais quels sont nos résultats ?

Il y a quelques décennies, Sékou Touré, depuis la Guinée s’est battu comme un digne fils. Seul, avec à ses côtés, Kwame Nkrumah renversé par un coup d’Etat et en exil, il n’a pu relever le défi : celui de vaincre et de faire triompher la vision historique d’une Afrique libre et forte. Résultat : la Guinée a été appauvrie, son économie a été sabotée avec des faux billets fabriqués en France puis injectés malicieusement dans l’économie de ce pays aux potentialités infinies.
Lumumba n’aura pas fait mieux. Stable dans l’esprit, l’intelligence vive, jeune, si jeune et plein de conviction, il a âge là, qu’il fallait une liberté réelle pour développer le Continent africain. Car les prédateurs ne lâcheront jamais la proie, ils ne lui permettront pas de sortir de six siècles de traumatisme pour prendre une liberté historiquement dangereuse à leur survie. Résultat : avec la complicité de ses amis de lutte ayant égoïstement pensé qu’ils bénéficieraient pour toujours du faux « amour » paternaliste du Colon, il a été abattu, découpé en petits morceaux puis incinéré. Aujourd’hui, ceux qui l’ont tué en parlent en rigolant ou en brandissant une de ses dents, sans aucun risque d’avoir à répondre de leur cruauté naturelle.

Puis vint l’époque de Laurent GBAGBO. Après avoir hésité, pratiqué un « crabisme » politique controversé, résisté seul, avec une partie de son peuple, devant l’hypocrisie du reste de l’Afrique encore une fois abusé par les mensonges de l’Occident ou tout simplement trop lâche pour lever la tête et dire la vérité, il a été capturé puis déporté. Résultat : « Laurent GBAGBO ne représente plus aucune menace pour les intérêts occidentaux. Il n’est plus rien. Monsieur OUATTARA l’homme de main, peut gouverner sans aucune crainte », ainsi parle le Coréen de service, Young-Jin Choi pour le compte de ses commanditaires.

Jacob Zuma est le Président de l’Afrique du Sud, puissance nucléaire et une économie émergente. Il a donné des signes de vouloir être du camp de ceux qui n’acceptent pas l’affront de l’Occident. Il a balbutié sur le cas ivoirien. Hué et presque passé à tabac par les bandits armés de Dramane OUATTARA, ses gardes du corps ont du combattre au corps à corps à l’Hôtel du Golf pour ne pas que Zuma en sortent avec l’œil tuméfié. Il a promis à OUATTARA de lui envoyer de ses nouvelles un jour. Mais jusqu’ici, rien n’y fit. Seul, ne voulant pas donner à couper la tête de l’Afrique du Sud, il n’a pas osé brandir la menace militaire pour obliger le bloc occidental à laisser les Dozos de OUATTARA avoir une explication d’homme à homme avec les combattants d’élite de l’Armée ivoirienne.

Aujourd’hui plus qu’hier, il hausse le ton quand Kadhafi est attaqué sous de faux prétextes, avec l’intention claire de massacrer le peuple libyen jusqu’à la reddition indispensable à une exploitation frauduleuse de son pétrole. Mais Zuma ne peut que se plaindre et dénoncer. Dans tous les cas, « le chien aboie, la caravane passe »  avec à ses côtés, des chefs d’Etat collabos de tous âges et de tout acabit.

Et puis il y a Thabo MBeki. Ancien Chef d’Etat d’Afrique du Sud. Il ne cache pas sa rage devant l’inqualifiable agression de l’Afrique. Mais, il écrit à l’attention de cadres africains dont la plupart s’en foutent de savoir si l’Afrique va être détruite par ses agresseurs. Ceux-là veulent sauver leurs acquis, leurs emplois, leurs niveaux de vie obtenus grâce à des Gouvernements corrompus. Cela implique d’être toujours du bon côté, du côté du plus fort. Et pour l’instant, le plus fort, c’est l’homme blanc. Ne dit-on pas qu’il est raisonnable de sécher son habit là où le soleil brille ?

Et celui-là. Yaya Jammeh de la petite Gambie. Il affirme avec autorité qu’il ne coopérera jamais avec un suppôt du Colon blanc. A preuve, il ne reconnaît que Laurent GBAGBO comme Président de l’ex-République de Côte d’Ivoire en ignorant gracieusement les nouveaux acteurs de la Côte d’Ivoire bradée et recolonisée. Mais, il ne peut que dénoncer, être en colère. Il n’a pas les moyens pour combattre seul, surtout que l’envahisseur est organisé en bande de malfaiteurs.

Il faut envisager une autre approche tactique

Alors nous y voici enfin. Tout ce que j’ai rappelé plus haut, c’est surtout et essentiellement des efforts sans des résultats salvateurs pour l’Afrique. Vous le savez mieux que moi-même, la guerre, c’est comme au football. Les efforts, c’est bon. Mais, c’est le résultat final qui compte.
L’Afrique se muscle. L’Afrique grogne ; elle veut en découdre. Parce qu’elle a besoin maintenant de résultats. Sinon, c’en est fini d’elle. Le prédateur ne laissera pas la proie survivre à cette ultime prise. Certains l’ont compris déjà. D’autres suivront pour grossir les rangs de la Révolution. C’est pourquoi vos efforts m’intéressent. Mais ils sont insuffisants. Donc vos efforts n’intéressent pas l’Afrique, notre seule et unique terre dont nous avons hérité. Elle a besoin de vos résultats !

Marchez à Paris, à Londres, à New York, partout dans le monde. Votre ambition si noble est d’alerter l’opinion internationale. Mais, cette opinion comprend ce qui se joue. Elle a presque déjà été sensibilisée. Continuez de marcher. Mais sachez que ce sont ceux à qui vous parlez qui envoient leurs enfants commettre des massacres en Afrique. Parce qu’ils pensent que cette cruauté est indispensable à leur survie. C’est une façon d’être martyr pour la bonne cause. Martine Aubry, en France, le dit mieux que moi : « il fallait cette intervention en Libye ».  Pourquoi, fallait-il oser tuer, massacrer et ensuite partager la Libye contre tous les principes élémentaires de la Morale ? Simplement parce que c’était une question de vie ou de mort pour ceux qui ont tiré des missiles contre des écoles maternelles sachant que les enfants y étaient. N’est-ce pas raisonnable de ne pas privilégier la vie des autres au détriment de celle de ses propres enfants ?

Nous allons marcher en Afrique, nous allons aussi écrire beaucoup. Nous le faisons déjà. Cela pose problème à l’homme blanc qui a déjà envoyé ses analystes lire tous nos écrits sur Internet pour en saisir l’orientation idéologique et leur influence inévitable sur l’opinion nègre.

Mais et si nos marches à Paris, à Londres, à New York, tous nos écrits, étaient insuffisants ? Que faisons-nous ?

Quelle leçon avons-nous tiré des nombreux livres écrits par Sékou Touré ?  Quelle leçon tirons-nous de la bravoure de Lumumba qui n’a ni gémi de douleur, ni imploré le pardon du tortionnaire et qui est tout de même mort, en laissant un pays devenu de nos jours, un grenier géant sans propriétaire ?

Et si tous nos efforts avaient besoin d’un complément tactique, d’un peu plus d’audace révolutionnaire, afin de provoquer une remise en question chez l’agresseur ? Et si cela s’imposait à nous de couper tous les piliers sur lesquels l’envahisseur s’appuie désormais ? Et si l’ennemi n’était qu’un tigre en papier avec plusieurs points faibles comme je les voie en filigrane ?

C’est pourquoi je vous prie de ne point me parler de vos efforts mais seulement de vos résultats. Parce qu’il nous en faut, des résultats qui obligent à réfléchir par deux fois avant de prendre le risque de revenir en Libye et dans la Côte d’Ivoire restaurées ou de lâcher les chiens de guerre contre l’Angola, la Guinée Equatoriale, le Zimbabwe, le Soudan, etc. Il nous faut des résultats, ici et maintenant !

A très bientôt.

Hassane Magued

L’opposition tchadienne appelle à la cessation immédiate du massacre des Tchadiens et des populations noires en Libye

Le CNCD exprime son indignation devant le massacre et les traitements inhumains et dégradants perpétrés actuellement à l’encontre des tchadiens et des populations noires en général vivant en Libye. Les témoignages et rapports de différentes associations des droits humains dont Human Rights Watch et Amnesty International, font état de centaines de civils tués ou torturés en raison de leur couleur de peau.

Dans ce drame qui se déroule sous nos yeux, dans l’indifférence quasi totale de la communauté internationale, les citoyens tchadiens se retrouvent hélas doublement victimes. D’une part, de l’incurie du régime d’Idriss Déby Itno, qui faisant du mercenariat son fond de commerce, a livré comme chair à canon en Libye (comme en RCA, au Togo, en RDC…) de centaines de jeunes Tchadiens désœuvrés par une absence de perspectives sérieuses dans leur pays, et d’autre part, victimes de la vindicte et du lynchage  des insurgés du Conseil National de Transition (CNT) au mépris de toutes les règles de droit international en matière de protection des prisonniers de guerre. Le CNCD  condamne avec force ces crimes racistes et exige leur arrêt immédiat et inconditionnel.

Le CNCD lance un appel pressant :

    • Aux nouvelles autorités libyennes pour qu’elles prennent toutes les mesures garantissant  la sécurité des prisonniers parmi lesquels se retrouvent sans distinction beaucoup de paisibles citoyens dont certains vivent en Libye depuis des décennies ;

    •  Aux responsables de l’OTAN et notamment à la France, chef de file des opérations en Libye, pour qu’ils protègent toutes ces populations civiles au nom desquelles,  faut il le rappeler, une résolution fut votée aux Nations Unies et pour lesquelles, ils se targuent d’intervenir en Libye ;

    •  Au  Conseil de Sécurité des Nations Unies de voter une résolution condamnant clairement ces exactions et exigeant la poursuite des responsables devant les juridictions internationales ;
•  A l’Union Africaine pour organiser le rapatriement de ces citoyens dans leurs pays respectifs ;

    • Au gouvernement Tchadien pour organiser le retour immédiat en territoire national de nos compatriotes qui paient un lourd tribut à sa politique irresponsable et criminel.

Le CNCD, demande aux dirigeants du CNT :

    •  D’autoriser  la Croix Rouge à se rendre au chevet de ces populations terrorisées et leur apporter l’assistance nécessaire ;

    • De diligenter  une enquête indépendante sur les exactions commises sur toutes ces personnes et de traduire les responsables devant la justice.

Dans cette phase de transition et de reconstruction de la Libye, le CNT se doit d’envoyer à la communauté internationale, des signaux positifs. La protection et le respect des droits de l’Homme doivent figurer parmi ses priorités.

Paris le 5 Septembre  2011

Annette Yoram LAOKOLÉ

Coordinatrice du CNCD

La Guerre de l’OTAN contre la Libye est une guerre contre le développement de l’Afrique

La guerre de l’OTAN contre la Libye est une guerre contre le développement de l’Afrique

 « L’Afrique est la clé du développement économique mondial » ; ce récent titre du Washington Post est d’une honnêteté rafraîchissante, mais pas vraiment un scoop. La main d’œuvre et les ressources africaines —comme vous le dirait n’importe quel historien économique décent— sont la clé du développement économique mondial depuis des siècles.

Quand les Européens ont découvert l’Amérique il y a 500 ans, leur système économique s’est disséminé à vive allure. Les puissances européennes ont pris de plus en plus conscience que l’équilibre des pouvoirs dans leur pays dépendrait de la force qu’ils pourraient tirer de leurs colonies. L’impérialisme (c’est à dire le capitalisme) a été la caractéristique essentielle de la structure économique mondiale depuis lors.

Pour l’Afrique cela s’est traduit par le pillage systématique et continu de sa main d’œuvre et de ses ressources qui n’a pas faibli à ce jour. D’abord ça a été l’enlèvement brutal de dizaines de milliers d’Africains pour remplacer la force de travail native d’Amérique que les Européens avaient décimée. Le commerce des esclaves a été dévastateur pour les économies africaines qui étaient rarement capables de supporter l’effondrement de leur population ; mais les capitaux ainsi accumulés par les propriétaires de plantation dans les Caraïbes ont financé la révolution industrielle. Tout au long des 18 et 19ièmes siècles de plus en plus de matières précieuses ont été découverts en Afrique (spécialement du fer, du caoutchouc, de l’or et de l’argent) et le vol des terres et des ressources a finalement abouti à ce qu’on a appelé « La ruée vers l’Afrique » quand, en l’espace de quelques années, les Européens se sont partagés le continent tout entier (sauf l’Ethiopie). A ce stade, l’économie s’était largement mondialisée et l’Afrique continuait à fournir la base du développement industriel européen, les Africains étant, pour ce faire, dépouillés de leurs terres et de leurs ressources et forcés de travailler dans les mines d’or et dans les plantations de caoutchouc.

Après la seconde guerre mondiale, les puissances européennes, affaiblies par des années de guerre industrielle les unes contre les autres, se sont efforcées d’adapter le colonialisme à leur nouvelle situation. Les mouvements de libération se renforçaient et les puissances européennes étaient confrontées à une nouvelle réalité économique —le coût de la répression « de l’agitation des natifs » devenait proche du niveau de richesse qu’ils extrayaient de leurs pays. La solution qu’ils ont choisie a été baptisée « néocolonialisme » par Kwame Nkrumah ; elle consistait à confier les attributs formels du pouvoir à un groupe d’hommes de paille triés sur le volet pour qu’ils les laissent continuer à exploiter leurs pays comme auparavant. En d’autres termes, l’adaptation du colonialisme permet de faire supporter aux Africains eux-mêmes les coûts et le fardeau de la répression de leurs propres populations.

En pratique ça n’a pas été aussi simple. Partout en Asie, en Afrique et en Amérique Latine, il y a eu des mouvements de masse qui réclamaient le contrôle de leurs propres ressources et dans beaucoup d’endroits, ces mouvements ont réussi à prendre du pouvoir —parfois par la guérilla, parfois par les urnes. Les puissances européennes —désormais conduites par leur dernier rejeton et protégé, les USA— ont mené des guerres impitoyables pour venir à bout de ces mouvements. Cette lutte, et non la soi-disant « guerre froide », est ce qui caractérise l’histoire des relations internationales de l’après-guerre.

Jusqu’à aujourd’hui, le néocolonialisme a été un succès pour les Européens et les USA. Le rôle de l’Afrique comme fournisseur de main d’œuvre bon marché, pour ne pas dire esclavagisée, et de minéraux n’a pas faibli. La pauvreté et la désunion ont souvent été les principaux facteurs qui ont permis à cette exploitation de se maintenir. Cependant de sérieuses menaces pèsent désormais sur ces deux facteurs.

Les investissements chinois en Afrique pendant ces dix dernières années ont contribué à mettre en place une industrie et des infrastructures africaines qui commencent à avoir des effets bénéfiques sur le niveau de vie des populations. En Chine, grâce à cette politique, il y a eu une réduction drastique de la pauvreté et le pays est en passe de devenir la première puissance économique du monde. Si l’Afrique suit cet exemple, ou un autre du même genre, cela mettra probablement fin aux 500 années de pillage des richesses de l’Afrique par l’occident.

Pour empêcher cette « menace sur le développement de l’Afrique » les Européens et les USA ont employé la seule chose qu’ils connaissent —les armes. Il y a quatre ans, les USA ont mis en place un nouveau « centre de contrôle et de commande » pour soumettre militairement l’Afrique qui porte le nom d’AFRICOM. Le problème pour les Etasuniens était qu’aucun pays d’Afrique ne voulait les accueillir ; De fait jusqu’à encore tout récemment, l’Afrique se distinguait en étant le seul continent qui ne comportait pas de base américaine. Et en vérité c’était en grande partie grâce aux efforts du gouvernement libyen.

Avant que la révolution de Kadhafi ne chasse en 1969 le roi Idris qui était soutenu par les Anglais, la Libye abritait un des plus grandes bases américaines, la base aérienne Wheelus ; mais au cours de la première année de la révolution elle a été fermée et tout le personnel militaire a été expulsé.

Ces dernières années, Kadhafi travaillait activement à saboter AFRICOM. Quand les USA offraient de l’argent à un pays d’Afrique pour qu’il accueille une base étasunienne, Kadhafi lui offrait le double pour qu’il refuse et en 2008 cette opposition s’est cristallisée sous la forme d’un rejet formel de AFRICOM par l’Union Africaine.

Et ce qui était peut-être encore plus inquiétant pour l’hégémonie européo-étasunienne sur le continent c’était les énormes montants d’argent que Kadhafi consacrait au développement de l’Afrique. Le gouvernement libyen a été sans nul doute le plus gros investisseur du premier satellite africain lancé en 2007 qui a fait économiser à l’Afrique les 500 millions de dollars que lui coûtait précédemment l’utilisation des satellites européens. Pire encore pour les puissances coloniales, la Libye avait alloué 30 milliards de dollars à l’Union Africaine pour trois projets financiers destinés à mettre un terme à la dépendance africaine vis à vis de la finance occidentale. La Banque d’Investissement Africaine, -qui a son siège en Libye- devait investir dans le développement de l’Afrique sans intérêt ce qui aurait sérieusement menacé la domination du Fond Monétaire International sur l’Afrique —un instrument capital pour maintenir l’Afrique dans la pauvreté. Et Kadhafi dirigeait la mise en place par l’Union Africaine d’une nouvelle monnaie africaine indexée sur l’or qui aurait sectionné encore une autre des ficelles qui tiennent l’Afrique à la merci de l’Occident, 42 milliards de dollars ayant déjà été consacrés à ce projet — et à nouveau la majeure partie par la Libye.

La guerre de l’OTAN a pour but de mettre un terme au projet socialiste, anti-impérialiste, et panafricain de la Libye qui était le fer de lance d’un mouvement destiné à renforcer l’unité et l’indépendance de l’Afrique. Les rebelles ont clairement exprimé leur racisme virulent depuis le début de leur soulèvement en arrêtant et en exécutant des milliers de travailleurs et d’étudiants africains noirs. Tous les fonds de développement africains pour les projets décrits ci-dessus ont été « gelés » par les pays de l’OTAN et vont être remis à leurs copains du Conseil de transition pour acheter des armes et faciliter la guerre.

Pour l’Afrique la guerre est loin d’être terminée. le continent africain doit se rendre compte que l’agression de l’OTAN est un signe de désespoir, d’impuissance et d’incapacité à empêcher l’inévitable montée en puissance de l’Afrique sur la scène internationale. L’Afrique doit retenir les leçons de la Libye et continuer à consolider l’unité panafricaine et à résister à AFRICOM. Il y aura encore beaucoup de Libyens qui les soutiendront dans cette tâche.

Rebel Griot

Plus loin dans la lecture

Or, Huile(Pétrole), l’Afrique et Pourquoi l’Occident veut la Mort de Kadhafi par Brian E Muhammed pour l’Appel Final

http://www.finalcall.com/artman/publish/
World_News_3/article_7886.shtml

Pourquoi l’Occident veut TUER Kadhafi de par Jean-Paul Pougala pour les Temps du Sud

http://www.southerntimesafrica.com/article.php?title=
Why_the_West_wants_Gaddafi_out__&id=6159

http://countercurrents.org/griot030911.htm

L’OTAN, l’ONU, Nicolas Sarkozy et la Libye: Une guerre des dupes

Kadhafi est-il le seul dictateur dans le monde ? Le Conseil Nationale de Transition peut réconcilier les Libyens et organiser les élections législatives et présidentielles libres dans les 20 mois? Depuis le début de la guerre en Libye, des milliers de migrants d’Afrique subsaharienne sont pris au piège. Selon Médecins sans frontières (MSF), leur sort est préoccupant : confondus à tort avec les mercenaires recrutés par Mouammar Kadhafi, ils sont à la merci des rebelles et civils libyens.

Pourquoi l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), les Nations unies (ONU) et l’Union africaine (UA) n’interviennent-elles pas pour sauver ces Africains qui ont la peau noire et qui sont en danger ? Le 1er septembre 2011 60 pays se sont rencontrés à Paris pour aider la Libye á la reconstruction d’un nouvel Etat démocratique. Nicolas Sarkozy évoque une mobilisation de l’Europe et parle même des « amis de la Libye ». Dans le contexte actuel de la guerre en Libye, sans langue de bois, la Libye a-t-elle réellement des amis ? Est-ce que la France et la Grande-Bretagne en tête ne courent-elles pas derrière la Lybie à cause de son pétrole comme l’a affirmé Kadhafi ? Pour certains observateurs occidentaux et africains, Kadhafi est un dictateur. Nous sommes d’accord ! Mais est-il le seul dictateur dans le monde ? Est-il dictateur parce qu’il a soutenu d’autres dictateurs africains, les cas du Togo, du Gabon, du Burkina-Faso parmi tant d’autres ? Pourquoi a-t-il été lâché par ses amis dictateurs de l’Afrique subsaharienne ? Kadhafi ne mérite –t-il pas vraiment le soutien des Africains ? Pourquoi refuse-t-il ?

L’OTAN et l’ONU deux institutions dangereuses pour l’avenir de l’Afrique ?

Ce qui se passe en Libye est une honte pour l’Afrique et pour le monde entier. Ce sont des attaques de l’OTAN, une instance militaire composée des meilleures armées du monde qui bombarde, détruit, casse un Etat souverain (la Libye). Nous sommes depuis ce qui s’est passé en Côte-d’Ivoire et aujourd’hui avec la Libye dans une stratégie de reconquête, de recolonisation de l’Afrique. Cette logique est soutenue par certains chefs d’Etat occidentaux comme Nicolas Sarkozy toujours en quête d’une popularité pour se faire réélire en 2012 ; c’est une guerre sans merci.

Je condamne comme ces nombreux intellectuels africains à l’instar de Chris Landsberg, chef du département de science politique de l’université de Johannesburg , ces hommes politiques sud-africains, membres de l’ANC dont Jesse Duarte membre exécutif de l’ANC, Willie Esterhuyse analyste politique de l’Université de Stellenbosch, l’ancien ministre du Renseignement Ronnie Kasrils, l’avocat Christine Qunta, l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères Aziz Pahad, l’ancien ministre de la présidence Essop Pahad, Sam Moyo de l’Institut africain d’études agraires, Mukoni Ratshitanga, l’ancien porte-parole du président Thabo Mbeki, le poète Wally Serote.) qui estiment que l’OTAN est une instance internationale militaire criminelle qui ne cesse de violer le droit international.

Je suis d’accord avec Chris Landsberg, qui avait déclaré que la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis « continuent à agir comme des Etats voyous ». « Un Etat voyou est un Etat dévoyé qui ne respecte pas les lois internationales ». La tragédie ce qu’ils ne sont pas accusés et traduits devant la Cour Pénale Internationale. Nous sommes dans la logique de la loi du plus fort. Ils peuvent tuer au vu et au su de tout le monde sans être inquiétés par l’ONU, puisque que l’ONU ce sont eux.

Contrairement aux dispositions de la Charte de l’ONU, le Conseil de Sécurité a autorisé, a permis le pillage et l’anarchie qui s’est abattue sur le peuple libyen. Nicolas Sarkozy et sa bande de criminels et de voleurs au lieu de s’occuper de nombreux Libyens qui ont été tués par les armées de guerre de l’OTAN, ils préfèrent parler d’abord du pétrole libyen. Les infrastructures de la Lybie ont été détruites par l’OTAN alors que nous savions tous que la Lybie était un pays très bien construit par rapport au Gabon, au Congo, RDC,…

Le Conseil de sécurité n’avait pas produit de preuve démontrant que son autorisation de l’usage de la force était une réponse appropriée à la situation en Libye. Nicolas Sarkozy et ses amis du Conseil de Sécurité se sont donnés les pleins pouvoirs pour poursuivre l’objectif de « changement de régime », et donc pour l’utilisation de la force et tous les autres moyens pour renverser le gouvernement de la Libye, lesquels objectifs sont complètement en contradiction avec les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Conseil de sécurité a également « répudié la règle du droit international » en ignorant le rôle des institutions régionales légitimes dans la résolution du conflit, ce machin de l’Union africaine.

L’OTAN, au lieu de militer pour la paix dans le monde, veut imposer des changements de régimes qui lui convient en mettant en place des véritables valets à sa solde.

Kadhafi seul dictateur en Afrique et dans le reste du monde ?

Je ne pense pas que le colonel Kadhafi est le seul dictateur en Afrique. Au Gabon, au Togo, au Burkina Faso, au Cameroun, presque toute l’Afrique subsaharienne est dirigée par des présidents staliniens qui n’hésitent pas à tirer sur leurs peuples. Nous avons des exemples précis avec la dynastie Eyadema au Togo qui n’avait pas hésité à tuer plus de 1000 togolais lors des élections présidentielles de 2005 ; au Gabon, la dynastie Bongo soutenue par Nicolas Sarkozy n’avait pas hésité aussi après l’élection présidentielle de 2009, de tuer de nombreux gabonais vivant dans la capitale pétrolière du pays, Port-Gentil. Pourquoi l’ONU ou l’OTAN ne décident pas d’intervenir dans ces cas là afin de libérer les peuples opprimés ?

Monsieur Kadhafi n’a pas déjà perdu la guerre en Lybie face aux rebelles infiltrés de plusieurs éléments d’Al-Qaïda. La guerre continue ; l’OTAN et l’ONU sont allés ouvrir un autre front qui risquerait, je ne le souhaite pas de devenir comme l’Afghanistan avec le cas des Talibans ou l’Irak à travers la guérilla urbaine qui se poursuit. Comme le dit le président sud-africain, « le Conseil National de Transition n’est pas encore légitime car les combats se poursuivent » ; Kadhafi n’a pas encore dit son dernier mot ; la Libye est un pays composé de plusieurs tribus qui risqueraient de mener une guerre sans merci pour le contrôle des réserves du pétrole.

Ce sera difficile de maintenir une vraie paix dans ce pays après ce qui vient de se passer ; mais l’OTAN et l’ONU y arriveront car il ne faut pas oublier une chose c’est l’usage de la force qui a toujours valu dans les options de choix qui se présentent à ces institutions prétendues de garantir la paix dans le monde à fortiori lorsqu’il s’agit de l’Afrique fut-elle maghrébine.
La souffrance des Africains noirs en Libye et l’incroyable incapacité des présidents préfets de la Françafrique.

Face au calvaire des Africains noirs en Libye, l’OTAN n’intervient pas parce qu’elle a un objectif essentiel, le contrôle des réserves du pétrole de la Lybie. Des milliers d’Africains sont abandonnés par exemple dans le petit port de Sayad, à une trentaine de km de Tripoli, dans une ancienne garnison italienne, devenue une base militaire.

Nous savons tous ici en Occident que les Africains noirs vivant en Lybie subissent des exactions, des arrestations arbitraires dans cette nouvelle Libye voulue par les chars et les avions de guerre de l’OTAN. Nous sommes informés de l’arrogance des rebelles de l’OTAN en Lybie à l’égard des noirs africains. Nous sommes au courant qu’il y a des Nigérians, des Maliens, des Tchadiens, des Soudanais, des Nigériens, des Béninois, des Sénégalais… qui se font prendre aux barrages, qui subissent des rafles organisés par des voisins du quartier ; certains d’entre eux « ont travaillé et n’ont pas été payés » par leurs patrons libyens ; ils sont « chassés par les propriétaires libyens » qui soupçonnent qu’être noir c’est systématiquement être un mercenaire de Kadhafi. Ces frères africains qui ont perdu leurs biens à la suite des vols, sont engloutis dans des centres de détention, des cellules exigües, et à qui on donne à manger et à boire seulement une fois par jour ; beaucoup parmi eux sont blessés et n’ont jamais été amenés à l’hôpital.

Ce qui m’écœure, c’est le comportement de nos dirigeants, valets de Nicolas Sarkozy, préfets de la Françafrique qui sont incapables d’organiser le rapatriement de leurs compatriotes réfugiés à l’Ouest de la Lybie. C’est l’échec total des gouvernements africains, des soi-disant leaders africains qui ont été malhabiles d’inventer, de créer, une Afrique puissante sur le plan économique, politique et culturel (excepté bien sûr le gouvernement sud-africain qui a refusé de participer à la Conférence pour le soutien au CNT). C’est un échec total de ce « machin » de l’Union africaine, une organisation très faible qui n’aura jamais mon soutien tant qu’elle n’aura pas fait preuve de sérieux dans la gestion des crises qui touchent notre continent; je pense que nous devrions tous demander la fin de cette organisation car elle n’a aucune vision géopolitique, géostratégique pour l’Afrique.

L’Afrique doit reposer son espoir sur des pays comme l’Afrique du Sud, le Ghana, le Mali. Ce qui intéresse monsieur Nicolas Sarkozy et sa bande d’assassins c’était de venir à Paris pour parler du pétrole libyen, du dégel des fonds libyens en faveur du CNT sans que personne n’ait la garantie qu’il y aura une véritable démocratie en Libye. Mais à quel moment Nicolas Sarkozy va-t-il se décider de bloquer les fonds détournés par les familles Bongo-Ondimba, Eyadema, Sassou-Nguesso au détriment de leur peuple. Quelle honte pour l’Afrique !

Mobilisation des « amis de la Libye » à Paris pour se partager ses gisements pétrolifères ?

Le 1er septembre 2011, une Conférence a été organisée à Paris pour soutenir la prétendue nouvelle Lybie de l’OTAN. Sans langue de bois, la Libye n’a pas réellement d’amis. Pour mémoire, signalons d’abord que contrairement à ce qu’on évite de préciser dans beaucoup de médias occidentaux, la rébellion libyenne anti-Kadhafi a « des liens très étroits avec l’émir du Qatar Cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani; c’est une rébellion de la Cyrénaïque, le fief de la confrérie des Sénoussi, qui constituait le plinthe la Libye du roi Idris Ier jusqu’en 1969. C’est une alliance religieuse (Sunnite) et tribale entre le Qatar et la rébellion libyenne. L’émir du Qatar est donc le vrai échalas de cette rébellion. La rébellion partie de Benghazi s’est soulevée contre le régime de Kadhafi pour venger finalement le monarque de cette ville royale qui avait été renversée, destituée par Kadhafi.

Derrière l’effet médiatique qui consiste à rassembler la fameuse « communauté internationale » autour de Nicolas Sarkozy dont on sait qu’il avait déclaré que la « Libye c’est sa guerre » et, « présenté l’expédition libyenne comme le point d’orgue d’une nouvelle politique mettant la force au service de la protection civile » alors que tout le monde sait bien que l’OTAN est allée intervenir en Libye pour s’accaparer de ses gisements pétroliers ; nous sommes plutôt en face d’une guerre de civilisation, dans une logique naturelle de l’histoire coloniale de l’Afrique qui se poursuit. Le président Jacob Zuma de l’Afrique du Sud a eu totalement raison, quand il a déclaré que les Nations puissantes avaient abusé de la résolution de l’ONU « pour des intérêts autres que protéger les civils et aider le peuple libyen ».

Kadhafi est un dictateur pour beaucoup d’Occidentaux. Depuis le début de la guerre en Libye, les Africains sont très divisés.

Pour ma part, Kadhafi est le seul dictateur du monde aux yeux de Nicolas Sarkozy et ses amis, mais pas aux yeux d’Africains avertis, des intellectuels africains. En effet, Kadhafi n’est pas le plus grand dictateur du monde. Rappelons que la Chine, pays le plus peuplé du monde (plus de 1,3 milliards d’âmes), deuxième puissance économique du monde (10,3% du PIB, 150,7 milliards de dollars d’exportation) est dirigée par un régime politique dictatorial, un régime communiste mafieux qui ne respecte pas les droits ou libertés des citoyens (libertés de pensée, d’opinion et d’expression, liberté de réunion, d’association ou de manifestation) et les droits sociaux (droit de grève) ; toutes ces libertés sont et pourtant reconnues par la Déclaration des droits de l’homme (droits politiques). En Syrie, en Birmanie, en Corée du Nord c’est la dictature stalinienne qui règne (en Corée du Nord depuis 1948) ; nous attendons toujours l’intervention de Nicolas Sarkozy et ses amis de l’OTAN pour aller protéger les populations qui sont massacrés violemment dans ces pays.

Le monde a toujours fonctionné ainsi : les plus forts attaquent toujours les plus faibles. Ce sont les plus faibles, c’est-à-dire les Africains qui doivent apprendre à s’organiser avec des dirigeants sérieux comme le président Sud-africain. Nous restons aux yeux des gens comme Nicolas Sarkozy des « indigènes » qui ne vont jamais s’intégrer dans l’histoire du monde. C’est l’« arrogance paternaliste décrétant l’insouciance de l’esclave et le traitant comme un mineur familier » qui se poursuit de ce « petit président » malmené par les sondages et ses adversaires politiques de gauche et de droite.

Le comportement des régimes dynastiques, dictatoriaux du Togo et du Gabon à l’égard de Monsieur Kadhafi est une pure ingratitude ; Ali Bongo-Ondimba et Faure Gnassingbé Eyadema sont des valets, des préfets de la Françafrique ; ils ont été nommés respectivement par la Françafrique et par Nicolas Sarkozy à travers l’organisation d’élections abracadabrantes ; ils ont fabriqué des Constitutions qui sont des véritables poubelles, des chiffons, des garages. Si Kadhafi est un dictateur, Ali Bongo-Ondimba, Faure Gnassingbé Eyadema Abdoulaye Wade, … sont des dictateurs aussi.

Kadhafi a fait beaucoup de choses pour l’Afrique, il mérite rien que pour ça un soutien indéfectible. Kadhafi est un vrai africain. En effet, il a eu des initiatives louables pour l’avenir du continent africain : l’Union africaine, la Constitution d’un gouvernement africain, l’ouverture des banques d’investissement dans de nombreux pays d’Afrique, la construction d’hôpitaux, d’hôtels et d’écoles (par exemple la 2e grande école secondaire du Togo a été construite par Kadhafi ; il a investi de nombreux milliards de CFA au Gabon,…). Son combat pour l’unité de l’Afrique et la connexion de l’Afrique noire sur la voie du développement n’est pas apprécié par une certaine élite politique occidentale qui veut par tous les moyens détruire notre continent, piller nos richesses. Les révoltes tunisienne et égyptienne ont été un bon prétexte pour faire partir Kadhafi. Je m’étonne comme beaucoup d’Africains, du silence assourdissant des Chefs d’Etat africains ; oh pardon, j’avais déjà oublié, il faut les comprendre, ce sont pour la majorité des préfets de la Françafrique. Ce qu’ils ignorent c’est qu’après Kadhafi ce sera le tour d’Ali Bongo-Ondimba et Faure Gnassingbé Eyadema, Abdoulaye Wade, Blaise Compaoré, Paul Biya, Denis Sassou-Nguesso, Andry Rajoelina, …

Une guerre qui risquerait d’être longue ?

Kadhafi promet que la guerre en Lybie sera longue et que la prise de son village Syrte sera un bain de sang. Kadhafi connaît bien son pays ; il sait bien qu’en Libye, ce n’est pas le peuple libyen qui demande son départ ; c’est plutôt une rébellion, composée de plusieurs infiltrés extrémistes d’Al Qaïda soutenus bizarrement par l’OTAN et l’ONU. Beaucoup de villes libyennes sont encore sous le contrôle de l’armée loyaliste.

Conclusion

Pour résoudre des problèmes politiques, économiques, culturels sur le continent africain, le monde entier n’a pas besoin de recours à la force. La force est un signe de faiblesse que les grandes puissances occidentales, touchées par la crise économique, utilisent pour distraire leurs incompétences, leurs incapacités à résoudre les problèmes sociaux qui touchent leurs pays. L’OTAN doit arrêter de détruire la Libye, détruire l’Afrique. Avant d’intervenir, il faut d’abord respecter les procédures et le droit international. On ne doit pas prendre des résolutions dans un cadre spécifique sans se conformer aux objectifs fixés de façon collégiale pour la résolution équitable d’un conflit. Le monde a besoin de la paix, la paix de Dieu. Que Dieu bénisse les Libyens, l’Afrique et le reste du monde.

Par Dr. Jean Aimé MOUKETOU pour le mouvement Gabonais BONGO DOIT PARTIR