Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: septembre 8, 2011

BENIN : Boni Yayi continue sa campagne pour asseoir la dictature sur le pays

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)  

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. : 21 35 02 95/97 68 88 73 – Site :www.la-flamme.org

On pouvait penser qu’après avoir réussi son hold-up électoral pour usurper un second mandat, Boni YAYI se sentirait satisfait, s’apaiserait et s’attaquerait enfin à la résolution des questions essentielles du pays. Une telle vue, aussi peu fondée soit-elle compte tenu du programme avancé par le président candidat a traversé l’esprit de certains puisqu’ayant servi d’argument de campagne à ceux-là qui réclamaient dix ans pour Boni YAYI. Mais voilà, le bonhomme s’est arrangé pour avoir les dix ans. Et voilà et pourtant, le président continue sa campagne électorale permanente, alliant la démagogie la plus crasse aux attentats les plus grossiers contre les libertés et le pouvoir d’achat des travailleurs et des citoyens afin de s’assurer la domination totale de sa dictature sur le pays.

Ainsi, Boni YAYI va-t-il vers les zémidjans pour laisser entendre qu’il pense à leur reconversion alors que lui et tout son entourage ont encouragé tout le temps la perpétuation de leur condition. Boni YAYI va au CNHU au service des urgences et promet l’accroissement des capacités d’accueil comme si la cause principale de l’encombrement des urgences était l’insuffisance de place dans ce service. Boni YAYI va visiter la prison civile de Cotonou, annonce la construction de dix autres prisons et offre un repas aux détenus; là encore comme si l’encombrement des prisons était seulement dû à l’insuffisance des places. Lors de cette visite, il a été bien dit que la prison civile de Cotonou qui a une capacité de 400 places abrite aujourd’hui plus de 2300 détenus; mais, il a été également dit que sur ces 2300 détenus, seuls 115 (cent quinze) donc 5% seulement ont été jugés. Alors, tout homme sensé, préoccupé de l’amélioration réelle du sort des détenus et des conditions de détention dans le pays aurait vu que le problème véritable, la source première de l’encombrement des prisons se situe au niveau du système judiciaire.

Tout homme sensé sait que le service d’urgence n’est pas le lieu de séjour prolongé d’un malade. C’est au plus un lieu de transition vers des services spécialisés lorsque le séjour doit se prolonger. L’encombrement du service d’urgence du CNHU interpelle alors tout le système sanitaire depuis les hôpitaux de zone jusqu’aux autres services spécialisés du CNHU.

Mais, Boni YAYI, le dictateur, veut jeter la poudre aux yeux du peuple qu’il suce, opprime.

Les annonces tape l’œil sont alors légion. La base de taxation des importations a-t-elle été changée afin de pressurer davantage les populations? Boni YAYI accuse les douaniers et les traite tous de faussaires! Non, ce n’est pas le Programme de Vérification des Importations (PVI) qui est la cause de la flambée des prix des produits importés disent Boni YAYI et sa valetaille de ministres, mais les commerçants « véreux » à surveiller et le gouvernement ne fait que lutter contre la fraude des douaniers et transitaires! Confondu par le syndicat des douaniers dans une conférence de presse, le pouvoir continue néanmoins de foncer tête baissée, acceptant un abattement de 25% par ici, le maintien de l’ancien système de taxation par là mais, sans rien relâcher au fond. Boni YAYI tient à faire payer aux populations avec la hausse des taxes douanières, le renflouement du Trésor public pillé et continuellement pillé par lui et son équipe. Dans toute cette affaire, lui et son Premier Ministre «super-kpayo» KOUPAKI qui parlaient de fiscalité de développement ne songent nullement à la protection de la production intérieure mais, uniquement au remplissage des caisses de l’Etat en leurs mains et à leur service.

Boni YAYI, va à Parakou à «l’écoute» des populations, nous dit-on. Celui-là qui, pendant cinq ans, n’a jamais raté une occasion d’être à Parakou ne connaît plus les problèmes de Parakou!!! Et les problèmes des étudiants et scolaires de l’Université de Parakou, est-ce maintenant que le Président refondateur veut les connaître? Et les questions de l’emploi!

Le dernier grand objet de démagogie empoigné par Boni YAYI est le vote de la loi anti-corruption. Dès le soir du vote de la loi par le Parlement le 28 août 2011, il a clamé son auto-satisfaction par un message radio-diffusé à la Nation. Les journaux à sa solde ont entonné des «gloria» au messie Boni YAYI. D’accord, la nouvelle loi prend en compte certaines avancées formelles des exigences de lutte contre la corruption; notamment elle s’étend à beaucoup plus de catégories de citoyens ainsi qu’à beaucoup plus de domaines. Mais à entendre tout ce chœur d’auto-louange du pouvoir, c’est comme si c’est l’absence de loi qui avait empêché jusque-là la répression des pilleurs de l’économie nationale. Or, il y avait auparavant bien de lois, depuis celles issues de la législation française qui fait, par défaut, force de loi dans notre pays, jusqu’aux propres textes internes, notamment l’Ordonnance n°79-23 du 10 mai 1979 réprimant les détournements, corruptions, concussions et infractions assimilées commis par les agents permanents de l’Etat et l’Ordonnance n° 80-6 du 11 février 1980 indiquant les dispositions en vue de la répression disciplinaire, des détournements et de certaines infractions commis par les agents de l’Etat et les employés des collectivités locales. S’il n’y a pas eu répression, si la corruption s’est étendue et approfondie, c’est parce que la source première est le premier magistrat lui-même du pays, le Président de la République. C’est lui qui tient tout le système de contrôle administratif, judiciaire, etc. C’est lui et lui seul qui décide de qui sanctionner en matière de corruption. Alors, le clientélisme s’installe et le Président lui-même devient le centre des réseaux de pilleurs.

Boni YAYI, depuis son hold-up électoral, œuvre à se soumettre directement tous les organes de contrôle. En plus de l’Inspection Générale d’Etat (I G E), les inspections dans les ministères sont maintenant rattachées au Président de la République. La nouvelle loi contre la corruption met sous son contrôle direct et par la nomination de ses membres, l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption. Dans ces conditions, les affaires comme ICC-Services, machines agricoles, CEN-SAD, avion présidentiel, la route Allada-Ouidah, etc. sont d’ores et déjà noyées. D’ailleurs, il se protège bien en ne prévoyant pas la rétroactivité de la nouvelle loi.

On nous avait dit et chanté sur tous les tons et gammes que la LEPI permettrait une meilleure lutte contre la fraude électorale. C’est ce que l’on tente de nous faire accroire avec la nouvelle loi contre la corruption. Mais, tout comme la loi sur la LEPI concentre la fraude aux mains de celui qui contrôle le système électoral, la nouvelle loi contre la corruption en concentrant tous les pouvoirs de contrôle dans les mains du Président de la République place ce dernier au cœur de la corruption. Et tout comme la LEPI n’a pas diminué la fraude électorale, la nouvelle loi contre la corruption ne changera pas grand-chose. Tout comme la lutte contre la fraude électorale, la lutte contre la corruption ne peut connaître des avancées significatives que si le pouvoir de contrôle est démocratisé, dans les mains des travailleurs et citoyens, jusqu’à la désignation des Directeurs centraux et techniques.

Ce qui est en cause ici et là, c’est le système lui-même, le pouvoir néocolonial qui assure le parasitisme au sommet de l’Etat et l’impunité aux dirigeants. Ce qui est en cause, c’est le pouvoir en place qui s’acharne à renforcer sa dictature. Et à ce propos, les attentats contre les libertés et le pouvoir d’achat des populations sont légions. Boni YAYI s’acharne à supprimer toute autonomie d’où pourrait surgir la moindre contestation éventuelle de son autoritarisme. Ainsi, les ministres ne doivent plus nommer les inspecteurs mais, lui et lui seul. Ainsi, les grèves doivent être partout non seulement contrecarrées mais, s’il le faut, interdites. Une nouvelle loi anti-grève est ainsi en préparation.

La Constitution doit être révisée et des complots divers (prolongement de la durée du mandat présidentiel par exemple) sont imaginés pour servir de prétexte à un renouvellement à vie du mandat du nouveau despote.

Chaque jour qui passe donne des preuves que les travailleurs et le peuple ont à affronter et à renverser un dictateur, une nouvelle autocratie. L’expérience passée indique que les reculades et les fuites ne font qu’encourager le despote.

Les travailleurs, la jeunesse et les peuples du Bénin, tirant les leçons de leurs combats contre l’autocrate KEREKOU ainsi que des expériences des autres peuples –Tunisie, Egypte, etc.-, sauront s’organiser pour renverser le dictateur Boni YAYI et établir un pouvoir à leur service, le pouvoir des travailleurs et des peuples. Le Parti Communiste du Bénin (P C B) appelle tous les patriotes et démocrates à cette tâche de salubrité et de dignité nationale.

Cotonou, le 06 septembre 2011

Le Parti Communiste du Bénin

Zimbabwe : Les jours de Robert Mugabe, 87 ans, sont comptés

Zimbabwe: pourquoi Mugabe ne veut pas partir

Robert Mugabe et Mahmoud Ahmadinedjad de l’Iran

Les jours de Robert Mugabe, 87 ans, sont comptés. Selon les notes diplomatiques américaines divulguées par Wikileaks, le président du Zimbabwe, rongé par un cancer de la prostate qui s’est étendu à d’autres organes, pourrait mourir en 2013. C’est du moins ce qu’affirmait un télégramme envoyé en juin 2008 à Washington par l’ambassade des Etats-Unis à Harare, citant plusieurs sources qui donnaient entre trois à cinq ans d’espérance de vie au chef de l’Etat zimbabwéen. Parmi ces sources, les médecins de Mugabe, ainsi que Gideon Gono, le gouverneur de la Banque centrale, qui aurait demandé – en vain – à son patron de quitter le pouvoir. Embarrassé par ces révélations, Gideon Gono les a aussitôt qualifiées de «fiction».

Ces informations, pourtant, ne relèvent pas du scoop au Zimbabwe. Tout le monde sait qu’à chaque fois que Mugabe s’envole pour Singapour, c’est pour s’y faire soigner. Et ce n’est un secret pour personne: le «Vieux crocodile», comme on le surnomme chez lui, est bien décidé à mourir au pouvoir. «Je suis né au Zimbabwe, j’ai grandi au Zimbabwe, je me suis battu pour le Zimbabwe, je mourrai au Zimbabwe, je serai enterré dans ma patrie et nulle part ailleurs»… Robert Mugabe martèle cette phrase à longueur d’année, dans les bulletins d’informations que lui consacre la télévision nationale.

Père de l’Indépendance, acquise en 1980 après une longue lutte de libération nationale, il fait partie de ces présidents qui considèrent que leur pays leur appartient. Il a toujours rejeté le projet d’une retraite en exil, en Malaisie par exemple – une idée que ses proches lui soufflent à l’oreille depuis dix ans. Son refus de quitter le pouvoir ne relève pas du seul entêtement autocratique. Il s’explique aussi par sa peur d’avoir à répondre devant la justice internationale des massacres perpétrés en 1983 par son régime.

Formé à l’université sud-africaine de Fort Hare, fréquentée avant lui par Nelson Mandela, le nationaliste africain s’est brouillé dans les années 1960 avec Joshua Nkomo, le leader de l’Union du peuple africain du Zimbabwe (Zapu). Ce mouvement était alors la principale résistance à l’apartheid modéré que pratiquait la Rhodésie de Ian Smith. En 1963, Robert Mugabe lance l’Union nationale africaine du Zimbabwe (Zanu). Emprisonné pendant 10 ans, il part au Mozambique à sa libération, en 1974, d’où il mène la guerre d’indépendance. Il négocie aux côtés de Nkomo les accords de Lancaster, qui aboutissent à la libération du pays.
Mais une fois au pouvoir, en 1980, il se débarrasse de toute opposition et réprime le parti de Joshua Nkomo dans son fief, la région du Matebeleland, où réside l’ethnie ndébélé. Personne n’a oublié les massacres de civils qui ont fait 20 000 morts dans le Sud-Ouest du pays.

Perpétrés par la “cinquième brigade”, une unité spéciale formée en Corée du Nord, ces crimes ont durablement ethnicisé la vie politique zimbabwéenne, entre la majorité shona qui soutient la Zanu de Mugabe et la minorité ndébélé acquise à l’opposition de Morgan Tsvangirai.
Signe d’une impatience grandissante au sein du parti au pouvoir: Jonathan Moyo, ancien ministre de l’Information (2000-2005), membre du politburo de la Zanu-PF, a condamné pour la première fois le 14 août dernier les fameux massacres. Une «page sombre de notre histoire», a déclaré ce candidat à la succession, évoquant une réaction «outrageusement disproportionnée» des autorités à l’époque. Jonathan Moyo est persuadé que Mugabe est en trop mauvaise santé pour se présenter aux prochaines élections, en 2012. De leur côté, les familles des victimes n’ont jamais eu droit au moindre mot d’excuse, et encore moins à des réparations.

Qualifié de «moment de folie» par Mugabe lui-même, en 2007, cet épisode douloureux, sur lequel l’opposition demande un débat national, pèse toujours lourdement sur la vie politique du Zimbabwe.

SlateAfrique

Wade et les 40 imams, par Malick Noël Seck

La politique réduite à des querelles de personnes, à des déclarations sentimentales qui jouent de l’imaginaire et de l’épistémè panafricaine, où la tradition est fantasmée et les référents du discours présidentiel sont souvent tronqués ; ces ruses apparaissent aujourd’hui comme un moindre mal.

La véritable tragédie sénégalaise sera l’incommensurable médiocrité des pratiques mafieuses que Wade laissera derrière lui. Il aura été dans l’histoire du XXIème siècle l’homme qui a osé dire à son peuple que « tout beau parleur vit au dépend de celui qui l’écoute », autrement dit « Je vous ai trompés parce que vous avez eu la naïveté de me croire, parce que vous êtes crédules et bêtes ». Cette déclaration n’appelle pas l’indignation, elle appelle la révolte et le soulèvement populaire !

C’est une insulte lancée au visage de tous les Sénégalais à commencer par ceux qui le soutiennent, c’est un affront qui a démasqué l’homme ! Il est tour à tour champion de l’unité
Africaine et agent de l’impérialisme Occidental : « Je suis pour le droit d’ingérence des puissances Occidentales en Afrique ». Il vocifère, engage l’honneur des Sénégalais dans des déclarations plus stupides les unes que les autres, et, accablé par la médiocrité de son bilan, dos au mur, le masque tombe et on découvre Tartuffe. Et je me refuse à lui accorder comme certains l’excuse de la sénilité.

On le savait veule, incompétent, on découvre le mépris qu’il a pour son peuple. Je considère aujourd’hui cette déclaration comme l’argument fondamental d’une destitution de Wade au sein de son propre parti. C’est une destitution que j’attends et qui n’arrive pas : le monde nous observe et j’ai peur d’être vu. Les Sénégalais sont devenus bien peu de choses si Wade avec son visage de clown triste peut les insulter sans en souffrir les conséquences. Vous voulez me dire qu’il n’y a au Sénégal aucune autorité morale, juridique, législative, populaire qui puisse interdire à cet homme de s’adresser à ce peuple qui avec lui a découvert la misère ! Or la politique de la misère, c’est à dire appauvrir pour mieux corrompre, prépare la Tyrannie ! Je comprends l’acharnement de Wade à vouloir se faire réélire, et je peux même comprendre les démagogues qui le soutiennent car dans l’hypothèse d’une défaite aux élections de 2012 (auxquelles il va s’en dire, il ne se présentera pas), il devra, ainsi que toute personne ayant servi sous son régime, rendre des comptes ! C’est donc en vue de sauver sa tête en se faisant réélire qu’il envisage d’acheter toute personne susceptible de constituer un obstacle à sa réélection.

Ce n’est pas le soutien des Imams qu’il cherche mais plutôt à les destituer, les diminuer aux yeux des communautés qu’ils représentent, à jouer de leurs tentations et de leurs vanités, afin de suggérer qu’ils ne valent pas mieux que lui-même. Après tout, ce ne sont que des hommes à la quête de leur soupe, prompts à oublier d’où ils viennent et le désespoir de ceux qui les ont choisis pour guides spirituels et qu’ils ont trahi, pendant le mois saint du ramadan, pour un repas chaud et 250.000 CFA. Il n’y a pas grand-chose à attendre d’un homme qui accepte la pitance que Wade lui offre en échange de son soutien ou du moins de son silence. Il achète tour à tour les manifestants qui l’acclament, les lutteurs, les chefs de village qui l’écoutent et semble t-il le croient, et auxquels il promet un salaire et des voitures de fonctions comme s’ils étaient des fonctionnaires. Wade dont la médiocrité a gagné toutes les couches sociales voudrait nous réduire à sa norme, et quand toutes les âmes seront corrompues, quand il ne restera plus aucune force morale pour s’ériger contre le fléau qu’il représente, et qu’enfin tout le monde, sans exception, aura été réduit à la bassesse présidentielle, alors il sera impossible de le fustiger sans se condamner soi-même !

Et c’est là tout le sens du mot fameux d’Acton: « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument », un pouvoir corrupteur pervertit tout ce qu’il touche, aussi bien l’Imam que le pèlerin qui acceptent l’argent qu’on leur donne tout en feignant d’ignorer son origine douteuse.

Certaines personnes se justifient d’accepter l’argent de Wade en arguant que « puisque c’est de l’argent volé au peuple, ce n’est que justice s’ils le reçoivent » oubliant que c’est le sang des pauvres que Wade distribue au détriment du développement des zones rurales, de la sécurité routière, des infrastructures des écoles publiques, de l’aménagement du territoire et de la formation des élites. Je me demande combien de paludéens, de prématurés, de personnes mortes d’infections bénignes, l’argent de ce festin aurait pu sauver ce soir là !

Ma pensée va vers mon beau frère Cheikh, mort en janvier 2011 d’une crise d’asthme dans le taxi qui l’amenait vers l’hôpital Principal. Il avait 26 ans et a tout fait pour vivre : chez les pompiers de Sicap Liberté comme au Centre de santé Gaspard Camara on lui avait signifié qu’il n’y avait pas d’oxygène. Ma pensée va aux milliers de femmes qui au Sénégal avortent à cause de l’état de nos routes, aux jeunes diplômés qui parce que la fonction publique n’embauche personne au mérite ne trouveront pas de travail. C’est de ce pain-là que les imams de la république mangent et c’est pour cela que l’on souffre et que l’on meurt au Sénégal.

Malick Noël SECK (SG Convergence socialiste Sicap Liberté)

Le blocus de Gaza continue ! La raison du plus fort…

«Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier»  Martin Luther King

Une information passée globalement sous silence nous apprend qu’un Rapport de l’ONU- ce «grand machin» dont parlait, avec mépris» déjà à l’époque, De Gaulle – absout globalement Israël de l’assaut du navire amiral le Mavi Marmara de la flottille qui avait l’outrecuidance d’accoster à Gaza pour y apporter des vivres et des médicaments à une population de plus de 1,5 million de personnes emprisonnées de toute part et maintenue en apnée par un blocus inhumain. Curieusement, aucune agence de presse mainstream, et pour cause, ne s’est permis de porter un jugement ou à commenter cette information, tétanisées par la peur de se tromper en dérangeant l’ordre établi quant à la sanctuarisation de certains et la diabolisation des autres.

Que dit le Rapport Palmer?

Dans son rapport, l’Onu estime que la marine de guerre israélienne a eu recours à une force «excessive et déraisonnable», mais il reconnaît la légalité du blocus maritime de Gaza au regard du droit international L’organisation internationale note toutefois que le blocus naval par la marine israélienne est légal. «La décision d’Israël de prendre le contrôle des bateaux avec une telle force, à grande distance de la zone du blocus et sans mise en garde préalable, était excessive et déraisonnable», conclut l’enquête onusienne, menée par l’ancien Premier ministre de Nouvelle-Zélande, Geoffrey Palmer.

Ce document ajoute néanmoins que la flottille, composée de six bateaux, «a agi de façon imprudente en essayant de forcer le blocus naval» mis en place autour de Gaza, un territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste Hamas. L’enquête invite Israël à exprimer «une déclaration appropriée de regret» pour ce raid et de verser des dédommagements aux familles des huit Turcs et un Américain d’origine turque tués lors de l’intervention, ainsi qu’aux blessés. Le blocus naval a été imposé en tant que mesure de sécurité légitime de façon à empêcher l’entrée d’armes dans Gaza par la mer et sa mise en œuvre respecte les exigences du droit international», estime le rapport. Il qualifie cependant «d’inacceptables» les pertes en vies humaines et les blessures qui ont résulté de l’usage de la force par l’armée israélienne. Les réserves qu’Israël porterait sur la critique explicite dans le rapport d’un usage de la force «excessif et déraisonnable» par l’armée israélienne qui avait tué neuf passagers turcs dans son assaut du bateau Mavi Marmara en mai 2010 (1)

Le blocus israélien de Gaza est-il légal?

Nous avons voulu savoir sans être juriste quels étaient les arguments juridiques légitimant ce blocus, car le choix des mots est très important. Non seulement la commission présidée par le Premier ministre australien adoube le blocus et le trouve normal, de plus elle va plus loin, elle pense qu’Israël, fort de son bon droit, aurait dû arrêter le navire sans être excessif; qu’en termes mesurés et respectueux pour Israël ces choses-là sont dites. 9 morts, un verdict, c’est excessif sans plus! Il est vrai que pour l’ambassadeur d’Israël en France intervenant à la télévision française, il faut arrêter d’utiliser le terme «bain de sang» car c’est exagéré du fait qu’il n’y a que 9 morts! Et nous lui aurons suggéré d’ajouter: de plus ce ne sont ni des Européens ni des Américains»!

Pour Brian Palmer, réagissant au lendemain de l’attaque: «Les deux camps se rejettent la responsabilité de l’ouverture des hostilités, mais il ne fait aucun doute que le navire tentait de forcer le blocus qu’Israël impose depuis trois ans aux territoires occupés. Dans quelles conditions légales un Etat peut-il imposer un blocus? La réponse est simple: en temps de guerre ou avec l’aval des Nations unies.(…) Certains spécialistes estiment cependant que les lois anciennes et restrictives régissant les blocus sont aujourd’hui obsolètes, tant la nature des conflits a changé. Ils font valoir que selon l’article 51 de la Charte des Nations unies, les nations disposent du droit absolu d’interdire l’accès à leur territoire ou d’inspecter des navires susceptibles d’y transporter des armes et que de tels actes ne sauraient en aucun cas être considérés comme des actes de guerre. (…) Nombreux sont ceux qui considèrent que les fondements juridiques du blocus israélien sont pour le moins contestables. La bande de Ghaza et la Cisjordanie sont généralement considérées comme des territoires occupés militairement, malgré le désengagement de 2005. L’occupation militaire diffère de l’état de guerre véritable et le droit découlant d’établir un blocus de ces régions est contestable techniquement. De plus, l’incident de dimanche s’est produit à 40 milles de la côte de Gaza (74 km), soit bien au-delà de la limite traditionnellement fixée pour un blocus »(2).

« (…) L’incident de dimanche [attaque de la flottille Ndlr] pose d’autres questions de droit. Une convention des Nations unies de 1988, dont la Turquie et Israël sont signataires, interdit formellement l’arraisonnage de navires en haute mer ainsi que les actes de violence à l’encontre des passagers. Ironie de l’histoire, ce traité avait été adopté en réponse au détournement de l’Achille Lauro par des terroristes palestiniens, en 1985. Le blocus naval de la bande de Gaza par Israël est largement justifié dans le rapport face au risque d’importations d’armes à destination du Hamas palestinien. Autre point sensible et polémique: quelle a été l’attitude des passagers turcs du Mavi Marmara, le bateau sur lequel on a relevé neuf victimes? Les commandos israéliens ont fait face à une «résistance organisée et violente de la part d’un groupe de passagers», nous dit le rapport. Cela signifie-t-il que l’usage de la force a été justifié? Pas du tout, le recours à la force a été «excessif et déraisonnable» selon la commission d’enquête de l’ONU.(2)

Dans l’ensemble, ce rapport reprend les termes du rapport fait par une commission israélienne en janvier dernier et qui avait soulevé l’ire de la Turquie. Nous lisons: «Dès le mois de janvier et dans le sillage de la débâcle du Rapport Goldstone qui a eu un enterrement de première classe notamment après la volte-face personnelle du juge Goldstone qui invoque des éléments nouveaux qui lui font changer d’avis quant à la responsabilité d’Israël dans la mort de 1400 Palestiniens dont 400 enfants, le gouvernement israélien donne sa version des faits concernant les meurtres lors de l’assaut du Mavi Marmara. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a rejeté le rapport de la commission d’enquête israélienne, publié dimanche 23 janvier et qui blanchit Israël dans le raid meurtrier sur un navire humanitaire turc, en mai au large de Gaza. «Quelle valeur peut avoir un rapport préparé et commandé dans le même pays? (…), s’est interrogé M. Erdogan face à des journalistes à Ankara. Ce rapport n’a aucune crédibilité.»

Le rapport de la commission israélienne conclut que le blocus maritime du territoire palestinien et l’assaut du commando israélien étaient «conformes au droit international». La commission établie par la Turquie en réponse à cette commission d’enquête israélienne a, elle aussi, dénoncé le rapport israélien, se déclarant «stupéfaite et consternée» de ses conclusions qui disculpent l’armée israélienne, rapporte l’agence de presse Anatolie. «L’attaque menée par Israël en violation du droit, en temps de paix comme en temps de guerre, est aussi en contradiction avec tous les principes, règles et normes internationales», a affirmé la commission, qui s’est réunie à Ankara.(3)

On le voit, pour l’Achille Lauro on condamne, pour le Mavi Marmara on absout. Ceci étant dit, le Rapport Palmer  a repris les mêmes termes que les conclusions de la commission israélienne. Il s’est contenté strictement à l’aspect «du droit international» mais pas à l’aspect autrement plus important, à savoir l’aspect humanitaire. Le rapport ne s’est pas interrogé sur les causes de cette flottille humanitaire à braver la foudre pour ramener un peu de vie à ces épaves palestiniennes. Personne en Occident ne veut faire bouger les choses et demander à Israël la cessation du blocus. Toutes les flottilles humanitaires qui ont par la suite tenté de pénétrer dans les eaux ont été empêchées. Mieux encore, les autorités européennes des aéroports ont empêché un rassemblement en Israël à telle enseigne que les compagnies européennes avaient reçu instruction de ne pas embarquer les passagers pour Israël, et ceci à partir des aéroports européens.

Les conséquences

A notre connaissance, aucun pays occidental ne s’est permis de commenter le Rapport Palmer. Le silence des Arabes-englués dans une débâcle profonde- est une fois de plus assourdissant. La Ligue arabe est aux abonnés absents. Mieux, l’Autorité palestinienne n’a pas encore réagi. Seul le Hamas a, quant à lui, jugé le rapport «injuste» et «déséquilibré». «Il permettra à l’occupant (israélien) de se soustraire à ses responsabilités», a déclaré un des porte-parole, Sami Abou Zouhri.

Seule la Turquie concernée au premier chef a réagi. S’entêtant à demander à Israêl à présenter des excuses, elle s’est trouvée isolée. Israël ne s’excuse pas. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a demandé mi-août au Premier ministre Benjamin Netanyahu de s’excuser auprès de la Turquie, demande qui a été repoussée par M. Netanyahu. Selon le quotidien   israélien Yediot Aharonot, l’administration Obama est embarrassée et irritée par la querelle israélo-turque -deux pays alliés de Washington- qui gêne les efforts américains pour gérer la crise syrienne. Aux yeux des Américains, des excuses pourraient contribuer à apaiser les frictions entre Israéliens et Turcs.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait déclaré qu’il est «impossible» pour la Turquie de normaliser ses relations avec Israël: «Nous sommes très décidés (…) Pas question de faire marche arrière. Tant qu’Israël ne présentera pas des excuses à la Turquie, ne versera pas des compensations aux familles des victimes, et ne lèvera pas le blocus de la bande de Ghaza, une normalisation des relations est impossible», a-t-il dit à des journalistes à Istanbul.

Pis encore, même les Etats-Unis, dans l’impossibilité de convaincre Israël, ont démenti. Le département d’Etat américain a qualifié mercredi 31 août «d’inexactes» les informations de médias israéliens affirmant que les Etats-Unis ont demandé à Israël de s’excuser auprès de la Turquie pour son raid de 2010 contre une flottille à destination de Ghaza remplie de militants turcs. Les informations en question, qui ne précisent aucune source, ont été diffusées par deux grandes stations de radio israéliennes. Elles indiquent que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a appelé le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, mardi, pour lui demander de présenter des excuses à la Turquie, mais que ce dernier a refusé. Réagissant à cette information des médias israéliens, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait jugé «impossible» que la Turquie normalise ses relations avec Israël en l’absence d’excuses.(4)

La Turquie ne voulant pas se déjuger a réagi au Rapport Palmer. Ankara a expulsé l’ambassadeur israélien, en réaction au raid qui avait coûté la vie à neuf Turcs en 2010. L’Etat hébreu refuse de s’excuser. La tension est montée d’un cran vendredi 2 septembre entre l’Etat hébreu et la Turquie. Israël a réaffirmé son refus de présenter des excuses à la Turquie après la présentation du rapport de l’ONU, selon des sources diplomatiques à Jérusalem. «Israël exprime à nouveau ses regrets pour les pertes en vies humaines mais ne s’excuse pas pour cette opération. La Turquie a pris vendredi des mesures de rétorsion contre l’Etat hébreu à la suite de son refus de présenter des excuses, en annonçant l’expulsion de l’ambassadeur israélien, une suspension des accords militaires entre les deux pays et une saisine de la Cour internationale de Justice.(5)

Conclusion

Hécatombe de  Gaza : Décembre 2008  janvier 2009 : 13 morts pour le Hamas pour 1400 morts dont 400 enfants pour Israël! Combien le rapport est sans appel. Le Rapport Goldstone a renvoyé dos à dos le Hamas et Israël. D’un côté, des roquettes artisanales proches de la technologie des arbalètes, de l’autre, la terreur des enfants que sont les bruits et les roquettes des hélicoptères Apache. Tout le problème est là: parlons-nous de la même humanité quand nous parlons des Palestiniens qui sont comme dans une «prison à ciel ouvert» selon les mots de M. Sarkozy ou encore comme des cafards dans un bocal selon les mots de Ehud Barack? Que veut dire un blocus qui tient en apnée des centaines de milliers de Palestiniens, femmes vieillards et enfants qui n’ont connu de leur enfance que l’odeur de la mort et le désespoir? Il y a bien longtemps qu’en Israël, des milliards et des milliards ont été dépensés depuis 10 ans pour construire en masse des abris, des pièces blindées, des systèmes de détection de roquettes, des alarmes. La ville de Sderot-proche de Gaza-, a même dû être complètement blindée, des chapes de béton posées sur les écoles pour les protéger, des constructions aux frais de l’Etat, d’un abri pour chaque appartement… De plus, il faut compter le nouveau système du Dôme de Fer, qui offre une protection aux plus grandes villes qui ne sont pas trop proches de Gaza.

A quoi servira un Etat palestinien si l’injustice continue? Les Palestiniens de Abbas croient naïvement qu’un pays reconnu par l’ONU -sur des frontières dont aucun pays européen et américain ne veut voir revenir aux frontières de juin 1967- sera viable et à l’abri! La Turquie, avec sa «nostalgie de l’Empire ottoman», avec sa force, sa puissance, se trouve seule en face d’Israël à la fois aussi dans l’Otan et dans l’Union Européenne. Non, les pays occidentaux ont choisi leur camp: celui de l’injustice, de la force du plus fort contre le droit du plus faible. Ainsi va le Monde du Nouvel ordre.

 1. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110902.OBS9652/l-onu-juge-l-operation-israelienne-contre-la-flottille-de-gaza-excessive.html

2. Brian Palmer http://www.slate.fr/story/22411/le-blocus-israelien-de-gaza-est-il-illegal

3. La Turquie dénonce le rapport israélien sur l’assaut contre la flottille de Gaza LeMonde.fr  avec AFP et Reuters 23.01.11

4. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/08/17/flottille-pour-gaza-israel-refuse-de-presenter-des-excuses-a-la-turquie_1560619_3218.html#ens_id=1566966

5. Flottille de Gaza: le ton monte entre la Turquie et Israël Le Nouvel Observateur avec AFP 02-09-11

Par Professeur Chems Eddine Chitour. Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Lu sur Mondialisation.ca

(Photo: mondeactu.com)