Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: septembre 14, 2011

R-Bourgi : Une bougie sans flamme

Robert Bourgi, ami et conseiller de Nicolas Sarkozy, a tenté de s’attirer de la lumière en ce temps de galère pour la droite au pouvoir en France. Il a tenté de révéler quelque chose sur le couple Chirac-Villepin, apparemment opposé à la réélection de celui qui a renforcé dans le monde, le sentiment anti-français.

L’histoire a consisté à exposer comment la campagne présidentielle sous Chirac a été financée. Bourgi veut paraître une bougie dans la double querelle Chirac-Sarkozy, Villepin-Sarkozy. Cette bougie se révèle sans flamme puisqu’elle n’éclaire personne. La blancheur de l’interview n’est qu’une illusion de couleur. En effet, le sieur Bourgi Robert est un instrument au service de la manipulation du candidat à sa propre succession.

Quelle crédibilité faut-il accorder à un conseiller et ami personnel de Sarkozy qui accuse sans ménagement,  » les anciens patrons  » de son mentor dans un contexte bien marqué par la précampagne présidentielle de 2012 et le jugement en appel de l’affaire Clearsteams ? Aucun crédit. L’homme du Président est sur un réseau sans tonalité. Les deux personnalités mises en cause ont déjà exprimé leur démarcation vis-à-vis de la politique menée par le Président Nicolas Sarkozy.

La vision présidentielle a plongé la France dans la précarité. Au plan des relations internationales, la diplomatie française ne ressemble qu’à une fleur en période d’harmattan. Méconnaissable, elle est devenue une diplomatie de promotion d’armes à feu.

Quel est l’intérêt de l’interview de Robert Bourgi ? Cette conversation a un double intérêt. D’abord, elle vise à saper le moral à l’ancien patron de Sarkozy, Villepin, qui constitue au sein de la majorité, le contrepoids à sa politique d’improvisation sans culture de performance. Ensuite, le soutien de Chirac n’est plus évident avec l’humour positif sur François Hollande. Dans l’affaire Clearsteam, on sait bien que le jugement en appel, – le droit reste le droit-, est probablement en défaveur de l’ancien ministre de l’intérieur. Il s’agit donc de faire des révélations pour détourner l’attention de l’opinion. C’est donc une histoire qui aurait pu faire l’objet d’un livre. Bourgi Robert amuse l’opinion avec une histoire qui n’aura aucune incidence sur le cours du système des choses. La francophonie politique est faite de ces choses horribles. Qui ne sait pas que l’Afrique est dirigée par des potentats qui ne sont pas assez conscients de leur rôle historique?

Avec de Gaulle, la France n’a pas d’amis mais des intérêts. Celui qui détermine et conduit cette politique d’intérêt, c’est le Président de la République. Bourgi ne dit rien de nouveau. Pire, il ennuie les lecteurs et ne fait finalement aucune révélation si ce n’est de démontrer qu’il demeure un valet  » heureux  » du  » sarkozysme  » désormais en lambeaux.

Que l’argent du contribuable ivoirien atterrisse à Paris, ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas une information. La Côte d’Ivoire reste et demeure une vache à lait pour la France. Qui ne le sait pas ? Le nourrisson ivoirien le sait. Depuis la maternité, il sait très bien qu’il a un destin bloqué. Ce que Houphouët a institué pour abrutir son peuple n’est pas une curiosité particulière en France. Aussi grand qu’il puisse nous paraître, Bourgi Robert s’est fait noyer dans un gobet de café cacao ! Yako ! Son interview, sa bougie à lui, comme le constate le lecteur, est sans flamme.

H-Tauyé, la presse du jour bénin

Recherche désespérée de Solutions : et s’il faisait un tour sur la Planète Mars ?

L’homme finira par vous convaincre ou vous contraindre. Il cherche les solutions aux problèmes qu’il a lui-même créés en Côte d’Ivoire. Donc il ne peut plus s’asseoir. Il dort entre deux aéroports. Il mange entre deux aéroports. Il fait ce qu’il peut faire d’autre entre deux aéroports. Bientôt, ses pilotes qui en auront marre faute d’avoir une heure de répit par semaine, lui diront de prendre lui-même les commandes de l’avion de Georges Soros qu’il a pris à crédit. Bref. Ce qu’il faut retenir, c’est que notre Pigeon voyageur national continue de chercher les solutions qu’il aura promises, sans réfléchir à comment ni où les trouver. Alors venons lui en aide.

A y voir de près, les Solutions que le pauvre Pigeon voyageur désespéré a promises aux Ivoiriens ne sont pas terrestres. Peut-être croyait-il que les Extra-terrestres, s’ils existent, allaient se mobiliser pour l’aider à tenir ses promesses astronomiques pour la Côte d’Ivoire. Mais là encre, il s’est planté.

Rien qu’à voir les trajectoires que notre « beau Pigeon » emprunte chaque semaine au point d’y laisser les empreintes indélébiles de pieds, vous comprenez qu’il est désespéré et qu’il ne sait à quelle Solution se vouer. Abidjan-Paris, Paris-Abidjan, Abidjan-Abuja, Abuja-Abidjan, Abidjan-Dakar, Dakar – Abidjan, Abidjan – Abudja – Dakar- Ouaga – Paris – Washington – Abuja – Abidjan –Dakar –Abidjan – Paris –Abidjan, Paris etc. etc.

C’est pourquoi dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire, et en attendant qu’il s’envoie tout seul dans le précipice, je voudrais lui suggérer de faire un tour sur la Planète Mars. Peut-être qu’il trouvera ce qu’il cherche pour la Côte d’Ivoire.

Car je sais qu’il ne cherche pas des Solutions pour se maintenir sur le siège d’Imposture qu’il occupe. Pour cela, il a recruté tous les Dozos d’Afrique, tous les mercenaires professionnels de l’Afrique de l’ouest, les légionnaires français, l’armée togolaise mobilisée au sein de l’ONU en Côte d’Ivoire, des tueurs à gage, des Magistrats corrompus, et j’en passe.

Je sais aussi qu’il ne cherche pas à mobiliser des ressources financières. Parce que là où il va, ce sont plutôt les richesses de la Côte d’Ivoire qui y font la pluie et le beau temps. Sinon, et c’est le cas pour le Nigeria, le plus gros désordre baptisé Etat en Afrique, c’est le modèle d’organisation de la Côte d’Ivoire d’hier qui doit y être enseigné. Pas d’argent à y trouver.

Alors que cherche ce pigeon voyageur ? Il pollue l’atmosphère avec le Kérosène payé avec l’argent du contribuable ivoirien. Il gaspille l’argent du contribuable ivoirien avec ses déplacements incessants qui confirment l’insécurité ambiante dans laquelle il végète. Parce qu’il n’y a que des bandits recherchés, des criminels traqués, des hors-la-loi poursuivis, qui peuvent éprouver la nécessité de changer de lieu aussi fréquemment.

Alors sur la Planète Mars, il pourra trouver un peu plus de sérénité, avec la chance de tomber sur quelques extra-terrestres errants, pour lui donner des idées pour la Côte d’Ivoire.

Ah imposture quand tu nous tiens sans Solutions, sans vergogne, sans dignité !

A très bientôt.

Hassane Magued

Retour sur une photo de groupe : La « Conférence de soutien à la Libye nouvelle », Palais de l’Elysée, 1er septembre 2011

Retour sur une photo de groupe : La « Conférence de soutien à la Libye nouvelle », Palais de l’Elysée, 1er septembre 2011

photo haute définition (source: MAEE)

Les photos des grandes réunions familiales permettent d’apprécier la mise en scène, de relever les présences, de s’étonner des absences, de commenter les vêtements, les attitudes… La photographie officielle prise au Palais de l’Elysée le 1er septembre dernier, à l’occasion de la « Conférence de soutien à la Libye nouvelle », mérite d’être regardée avec attention. On ne résiste pas à l’envie d’essayer de mettre un nom sur chacun des 62 visages. Et, dans sa composition, le cliché sollicite le commentaire…

Certains sont logiquement là, au premier rang du groupe : outre la puissance invitante (le président Sarkozy, au centre ; Alain Juppé est discrètement en bout de rangée, à côté de son homologue américaine), et les invités d’honneur (les représentants du CNT libyen, à la droite du président), les trois autres acteurs majeurs de l’opération internationale contre le régime de Kadhafi (le premier ministre Cameron, l’émir du Qatar Hamad ben Khalifa al Thani, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton). Et les institutions ou organisations internationales et régionales qui ont pris position pour l’intervention en mars, lors du vote de la résolution 1973 (l’ONU, l’OTAN). Les institutions arabo-islamiques sont bien représentées, signifiant ainsi que le régime libyen ne disposait plus guère de soutiens dans leur enceinte (la Ligue arabe, le Conseil de coopération du Golfe, l’Organisation de la conférence islamique).

D’autres aussi sont là. Nécessairement, mais peut-être moins à l’aise politiquement : la chancelière allemande, Angela Merkel, dont l’abstention à l’ONU et pendant le conflit, l’a mise, a posteriori, en position difficile auprès de ses alliés de l’OTAN, et  plus encore en Allemagne même. Le président du conseil Berlusconi, dont l’air crispé rappelle peut-être que l’Italie pourrait perdre beaucoup dans la Libye post-Kadhafi, qu’elle avait pensé s’attacher lors du surréaliste voyage du colonel dans la Péninsule en 2009. L’Italie se démène pourtant pour démontrer qu’elle a fourni une contribution importante à l’expédition libyenne -jusqu’à 5 des 6 bases utilisées par les avions de la coalition. L’Union africaine, et quelques chefs d’Etats africains sont là, qui entretenaient il y a encore peu des relations cordiales, et pour certains intéressées, avec « le bouillant colonel », auto-proclamé « roi des rois de l’Afrique »  en 2009, année où, justement, il a présidé l’Union africaine…

Mais, à l’Elysée, l’Union africaine n’a toujours pas reconnu le CNT, et l’on sait que le colonel, sa famille élargie, ses séides, ses mercenaires, ses armes (parfois récemment livrées, tels les postes de tir Milan français qui pourraient s’égarer dans le Sahel…) et ses stocks de lingots d’or (pas tous convertis en devises…) pourraient chercher (et trouver) refuge dans quelque Etat africain. Mais, à l’Elysée, pas d’Afrique du Sud, son président Jacob Zuma, qui a la mémoire de l’histoire, défendant encore « le militant anti-colonialiste et anti-apartheid » Kadhafi.

L’ordre alphabétique veut qu’il soit le premier sur la liste officielle fournie par l’Elysée (voir la liste en annexe): le roi du Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, est « en civil », à gauche en bout de première rangée. Quelques esprits critiques, dans le Golfe et surtout à Londres, place forte de son opposition, se sont étonnés de sa participation à la conférence, compte tenu de la répression qui a écrasé le mouvement démocratique les 14-15 mars à Manama… L’Arabie saoudite, pourtant grande détestatrice du colonel est, en revanche, absente, au contraire de la Jordanie (le roi Abdallah), du Koweït et des Emirats Arabes Unis : la majorité des monarchies conservatrices s’est donc déplacée, à des niveaux de représentation variables. Le roi du Maroc a envoyé son premier ministre Abbas el Fassi.

Point d’Iranien, bien sûr, même si la République islamique a soutenu « la révolution islamique libyenne », tout en dénonçant « l‘agression impérialiste de l’OTAN » : en réalité, c’est la disparition en Libye en 1978 de l’imam chiite libanais Moussa Sadr que Téhéran a voulu faire payer à Kadhafi. Même si elle commence à conseiller à son allié damascène Bachar el-Assad de discuter réformes avec son peuple, Téhéran, qui n’est pas à une contradiction près dans cette affaire depuis le début de l’année, continue son grand écart permanent, consistant en un soutien à géométrie très variable aux révoltes arabes, selon qu’elles servent (ou pas) ses intérêts diplomatiques.

On cherche les chefs d’Etat ou de gouvernement de certains Etats importants. Leur absence fait évidemment sens. Compte tenu de l’état des relations franco-turques depuis 2007, Ankara n’est ainsi représentée que par son infatigable ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, au dernier rang: il a, sans relâche, labouré le monde arabe ces derniers mois, pour étayer une « nouvelle diplomatie turque » ébranlée  au Moyen-Orient depuis le début de l’année; depuis le 3 juillet, il s’est démené à Benghazi auprès du CNT, réinstallant dans le futur jeu libyen une Turquie  à la manœuvre, ayant de gros intérêts économiques dans ses anciens territoires de Cyrénaïque et de Tripolitaine.

Faute de visages connus pour certains pays, il faut recourir à la liste officielle des participants. Deux Etats, qui avaient voté la résolution 1973 en traînant les pieds, mais ne voteront rien contre la Syrie du président Assad, ont été remarquablement discrets à l’Elysée: la Russie est représentée par un sénateur inconnu, désigné ad hoc ; et la Chine par un vice-ministre des Affaires étrangères, tout aussi inconnu. Quelques Etats critiques de l’intervention contre Kadhafi sont néanmoins représentés par leur ministre (ou secrétaire d’Etat) des Affaires étrangères -l’Algérie, l’Inde. Voire par de hauts fonctionnaires : le Brésil  n’est ainsi représenté que par…son ambassadeur en Egypte : on est très loin de « l’axe franco-brésilien » des années 2008-2009, ce qui augure sans doute mal de la conclusion trop tôt annoncée du marché des Rafale. Les BRIC attestent en tous cas, par leur faible niveau de représentation, voire carrément par leur absence, de leur réticence libyenne, exacerbée également ces dernières semaines sur le dossier syrien.

Dans sa dimension d’action extérieure, l’Union européenne est, quand à elle, bien représentée : aux côtés du président semestriel, le premier ministre polonais Donald Tusk, on trouve Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso,  et Catherine Ashton. Mme Ashton, dont on rappellera qu’elle est, en principe, « Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité ». Sur l’un des deux clichés officiels, (ci-dessus) elle est au deuxième rang, invisible, cachée par le président sénégalais. Hasard de la position du photographe certes, mais qui peut prêter à interprétation politique… Quant à  l’Union pour la Méditerranée, grand projet présidentiel de 2007-2008 (à reconstruire désormais, ses piliers Ben Ali et Moubarak n’étant plus là, et les priorités ayant évidemment quelque peu évolué sur la rive sud),  elle est représentée par son secrétaire général, le Marocain Youssef Amrani.

L’historien se gardera de faire, dès à présent, un bilan politique et diplomatique de l’évènement, dont on dit, sans doute en partie à juste titre, qu’il aurait consacré la réussite de « la guerre libyenne de Sarkozy », après les surréalistes errements tunisiens que l’on sait. Mais ce cliché sous les ors de la République est  déjà riche d’enseignements par ceux (et celles, nettement moins nombreuses) qui sont là, et par leur qualité. Egalement par ceux (et celles) qui ne sont pas là. Ils (et elles) tracent ainsi les contours, et les limites, d’une séquence  de politique étrangère française et internationale, après huit mois de « révolutions arabes ».

Jean-Paul Burdy

Jean-Paul Burdy est Maître de conférences d’histoire à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble

Les sources :

* Galerie photographique des participants à leur arrivée à l’Elysée par les photographes de la présidence de la République :

http://www.flickr.com/photos/francediplomatie/6103796624/in/set-72157627570400252#/photos/francediplomatie/6103796624/

* La liste des participants à la conférence sur le site du ministère des Affaires étrangères : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr

« Un total de 13 chefs d’Etat, 18 chefs de gouvernement et 18 ministres ou hauts fonctionnaires représentant  49 pays, ainsi que des responsables de 8 organisations internationales, participent ce jeudi à Paris à la conférence internationale sur la Libye.« 

Chefs d’Etat

– Bahreïn: Hamad ben Issa Al Khalifa

– Bosnie-Herzégovine: Zeljko Komsic

– France: Nicolas Sarkozy

– Gabon: Ali Bongo Ondimba 

– Jordanie: Abdallah II

– Mali: Amadou Toumani Touré

– Mauritanie: Mohamed Ould Abdelaziz

– Niger: Mahamadou Issoufou

– Qatar: Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani

– Roumanie: Traian Basescu

– Sénégal: Abdoulaye Wade – Suisse: Micheline Calmy-Rey

– Tchad: Idriss Deby Itno

Chefs de gouvernement

– Allemagne: Angela Merkel

– Belgique: Yves Leterme

– Bulgarie: Boïko Borissov

– Canada: Stephen Harper

– Danemark: Lars Lokke Rasmussen

– Espagne: Jose Luis Rodriguez Zapatero

– Grèce: Georges Papandreou

– Italie: Silvio Berlusconi

– Liban: Najib Mikati

– Malte: Lawrence Gonzi

– Maroc: Abbas El Fassi

– Norvège: Jens Stoltenberg

– Pays-Bas: Mark Rutte

– Pologne: Donald Tusk

– Portugal: Pedro Passos Coelho

– Royaume-Uni: David Cameron

– Suède: Fredrik Reinfeldt

– Tunisie: Beji Caid Essesbi

Ministres, représentants

– Algérie: Mourad Medelci (ministre des Affaires étrangères)

– Australie: Craig Emerson (ministre du Commerce, des Affaires étrangères par intérim)

– Brésil: Cesario Melantonio Neto (ambassadeur en Egypte)

– Chine: Zhai Jun (vice-ministre des Affaires étrangères)

– Chypre: Erato Kouzako-Marcoullis (ministre des Affaires étrangères)

– Colombie: Nestor Osorio (ambassadeur auprès de l’ONU)

– Corée du Sud: Kim Sung-hwan (ministre des Affaires étrangères)

– Egypte: Mohamed Kamal Amr (ministre des Affaires étrangères)

– Emirats arabes unis: Cheikh Abdallah Bin Zayed Al Nahyan (ministre des Affaires étrangères)

– Etats-Unis: Hillary Clinton (secrétaire d’Etat)

– Ethiopie: Berhane Gebre-Christos (secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères)

– Inde: M. E. Ahamed (secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères)

– Irak: Farid Yassin (ambassadeur en France)

– Japon: Shigeo Matsutomi (directeur général Moyen-Orient et Afrique au ministère des Affaires étrangères)

– Koweït: Cheikh Mohamed Sabah Al Salem Al Sabah (vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères)

– Russie: Mikhaïl Marguelov (sénateur, représentant de la Russie à la conférence sur la Libye)

– Soudan: Mohamed Amin Abdallah Elkrib (ambassadeur en Libye)

– Turquie: Ahmet Davutoglu (ministre des Affaires étrangères)

Organisations internationales

 – Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe: Abdullatif Bin Rashid Al Zayani (secrétaire général)

– Ligue arabe: Nabil El Araby (secrétaire général)

– Organisation de la coopération islamique: Habib Kaabachi (directeur politique)

– Nations unies: Ban Ki-moon (secrétaire général)

– Otan: Anders Fogh Rasmussen (secrétaire général)

– Union africaine: Jean Ping (président de la commission)

– Union européenne: Herman Van Rompuy (président du Conseil européen), José Manuel Barroso (président de la commission), Catherine Ashton (haut représentant pour les affaires étrangères)

– Union pour la Méditerranée: Youssef Amrani (secrétaire général)

Diviser pour règner – La balkanisation de la Libye

Un entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya

La balkanisation de la Libye : les plans des États-Unis et de l’OTAN

Cet entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya réalisé le 26 avril 2011 traite de l’impasse de la guerre en Lybie, et de la stratégie du Pentagone et de l’OTAN pour diviser ce pays. Il aborde également le rôle de la Turquie et de l’Allemagne, ainsi que les plans de l’Union européenne d’envoyer une force de maintien de la paix. Il souligne l’importance économique de Misrata.

XU JINGJING : Il semble que la coalition occidentale ait ralenti ses actions durant les trois dernières semaines. À votre avis, quelles sont les raisons de cette impasse ?

NAZEMROAYA : L’impasse en Libye est calculée. Les États-Unis et l’OTAN veulent maintenir une impasse stratégique entre le Gouvernement libyen à Tripoli et le Conseil transitoire à Benghazi. Ils se servent de cette impasse pour manipuler à la fois Tripoli et Benghazi. Plus les parties seront fatiguées et affaiblies, plus elles seront disposées à se tourner vers les États-Unis et ses partenaires de l’OTAN pour mettre fin au conflit. Le Conseil transitoire sera également enclin à faire davantage d’offres aux États-Unis et à l’UE. Le régime libyen à Tripoli demandera aux États-Unis et a l’UE de mettre fin au conflit et fera aussi des concessions. Les États-Unis et l’UE veulent que les deux côtés, à Benghazi et à Tripoli, soient plus dépendants de Washington et de Bruxelles comme arbitres de la situation en Libye.

Le résultat final sera que la Libye va se transformer en ce que les États-Unis et l’Europe de l’Ouest voulaient qu’elle soit depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945. Leur objectif est de faire de la Libye un pays divisé. Ils sont experts en cela. Ce sont des experts à dresser les gens les uns contre les autres et à détruire des nations.

Ils ont divisé les Arabes qui devraient n’être qu’une seule nation.

Ils ont contribué à diviser le peuple de l’Inde.

Ils ont divisé les Slaves du sud dans les Balkans.

Ils ont divisé les peuples de l’Asie du Sud-est.

Ils ont travaillé à diviser l’île de Taiwan de la Chine continentale.

Ils ont œuvré pour que l’Ukraine se batte contre la Russie.

Avec Israël et l’Arabie Saoudite, ils ont divisé politiquement les Palestiniens et les

Libanais.

Maintenant les États-Unis et l’UE ont l’intention de diviser davantage les Arabes,

et de créer aussi des divisions dans les pays d’Afrique

et d’Amérique du Sud.

Et ils continuent à diviser les musulmans en les identifiant comme chiites ou sunnites.

Ils continuent aussi à travailler d’arrache-pied pour diviser la Russie, l’Iran et la Chine.

Avant 1951, les États-Unis, la France, l’Italie et la Grande-Bretagne avaient tous des accords entre eux pour diviser la Libye en sphères d’influence et ils ont même tenté d’empêcher la Libye de devenir un pays uni et indépendant. Ces puissances impérialistes voulaient à l’origine que la Libye soit divisée en trois territoires distincts. Le peuple libyen s’y est farouchement opposé.

Washington, Londres et Paris ont même eu des entretiens avec l’URSS sur l’établissement de trois mandats des Nations Unies appelés tutelles en Libye. Un de ces mandats aurait concerné la Cyrénaïque sous contrôle britannique, un autre le Fezzan sous contrôle français et le dernier la Tripolitaine sous contrôle italien. Les États-Unis supervisant l’ensemble. Mais les Soviétiques avaient des idées différentes sur la question et désiraient le mandat en Tripolitaine ou le partager avec l’Italie. Finalement, aucun accord ne put être conclu et la Libye devint indépendante après un débat à l’ONU.

Quand les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Italie tombèrent d’accord pour donner l’indépendance à la Libye, il fut décidé que cela se ferait sous la forme d’un État fédéral sous la férule du roi Idris. Idris fut placé comme chef de l’État libyen par les Britanniques et les puissances coloniales et, dans le cadre de ce système fédéral, les autres petits émirs dirigeraient la Cyrénaïque et le Fezzan et seraient les représentants non-élus de ces deux territoires.

En Tripolitaine, où se concentrait la vaste majorité de la population libyenne, les représentants libyens seraient choisis par le peuple, mais dans le cadre d’un système fédéral qui donnerait une importance équivalente à la Tripolitaine, à la Cyrénaïque et au Fezzan. Les représentants choisis par le peuple libyen seraient ainsi placés en minorité face aux émirs et aux cheikhs.

Dans le système fédéral souhaité par Washington, les émirs non élus représentant les populations plus réduites de la Cyrénaïque et du Fezzan seraient majoritaires dans l’Assemblée nationale libyenne. Ce que les États-Unis et leurs alliés essayaient de faire était d’éliminer toute forme d’auto-détermination de la part des Libyens. Les États-Unis et leurs alliés tentaient de transformer la Libye en un émirat comme le Bahreïn, le Qatar, le Koweït ou les Émirats Arabes Unis.

Aujourd’hui les États-Unis et l’UE sont en route pour imposer un nouveau système fédéral en Libye ou pour diviser le pays entre au moins deux administrations, à Tripoli et à Benghazi. Ces pays poussent à une guerre tribale en Libye, ce qui transformerait le pays en une seconde Yougoslavie. Les guerres tribales en Libye se répandraient au-delà des frontières de la Libye dans le reste de l’Afrique, de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique centrale et à l’Afrique de l’Est.

XU JINGJING : Les négociations politiques sont-elles dans une impasse ou au-delà ? Comment voyez-vous ces pays attribuer les obligations de la guerre et les intérêts de l’après-guerre ?

NAZEMROAYA : Les Britanniques ont élaboré un schéma selon lequel les membres arabes de la coalition contre la Libye enverront leurs troupes en Libye ou financeront une armée massive de mercenaires étrangers.

Une invasion terrestre partiellement privatisée de la Libye aura lieu. À cet égard, les Britanniques veulent que les pays arabes comme le Qatar et les Émirats Arabes Unis financent des mercenaires britanniques et américains en Libye. Comme les Britanniques l’ont déjà fait à Oman il y a plusieurs années, Londres va même autoriser des membres de l’armée britannique à quitter temporairement l’armée pour aller travailler ou combattre en Libye comme mercenaires. Voilà pourquoi les États-Unis étaient contre l’inclusion d’un article dans la résolution de l’ONU 1973, qui aurait permis de poursuivre en justice des mercenaires étrangers qui ne sont pas parties à la cour internationale de justice.

Alors que les États-Unis ont été chargés de diriger l’attaque contre la Libye, ce seront les Européens de l’Ouest qui se chargeront de l’occupation.

L’UE veut maintenant occuper la Libye. Ils le feront sous la couverture d’un mandat d’une force de maintien de la paix. Ceci ne fera que diviser la Libye plus avant. Et ce sera sous les yeux d’une force de maintien de la paix de l’UE que les deux gouvernements de Tripoli et de Benghazi s’éloigneront irrémédiablement l’un de l’autre. Très probablement, la Libye sera gouvernée par deux gouvernements séparés ou dans le cadre d’un système fédéral.

Les États-Unis et l’UE ont contribué à créer à Benghazi une nouvelle banque centrale, ainsi qu’une nouvelle compagnie pétrolière nationale. Les États-Unis veulent sans doute se positionner militairement en Libye et peut-être même essayer d’y établir plus tard le QG de l’AFRICOM. Wall Street et les grosses banques européennes géreront également les finances de la Libye. Le secteur de l’énergie sera partagé entre les États-Unis et l’UE, avec l’inclusion du Qatar en récompense à son émir pour les services rendus. Celui-ci est déjà responsable de l’accord entre la nouvelle compagnie pétrolière nationale à Benghazi et Al Jazeera a également contribué à créer les stations médiatiques du Conseil national transitoire.

XU JINGJING : Voyez-vous des dissensions au sein des pays de la coalition se battant contre Kadhafi ? Ont-ils des buts et des intérêts nationaux différents ?

NAZEMROAYA : Je ne vois aucune preuve de dissensions majeures entre les États-Unis et leurs alliés. S’il y en avait cela ne pourrait se produire qu’entre la partie anglo-américaine d’un côté et franco-allemande de l’autre. Ce sont les deux piliers de l’OTAN. Tout le monde au sein de l’OTAN suit un de ces fronts.

Il a été dit que l’Allemagne et la Turquie ont des vues opposées à celles des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France. Avec Rome quelque part entre les deux. Mais les actions des dirigeants de ces pays en disent plus long que leurs paroles. Le gouvernement allemand a soutenu la guerre dès le début. Parce que le peuple allemand ne l’aurait pas permis, Berlin n’a pas pu prendre directement part à l’attaque contre la Libye. Ce que le gouvernement allemand a fait en revanche, est d’envoyer plus de ressources militaires en Afghanistan de façon à ce que davantage de ressources de l’OTAN puissent être consacrées à la Libye.

La Turquie et l’Allemagne auraient pu empêcher l’utilisation de l’OTAN si elles avaient vraiment été contre cette guerre. Un des QG opérationnel de cette guerre est basé en Turquie. La Turquie est aussi l’autorité administrative à l’aéroport de Benghazi et elle fournit une aide dans les opérations navales contre la Libye.

Oui, il y a des intérêts divergents entre le bloc américano-britannique et le bloc franco-allemand, surtout en ce qui concerne le contrôle des réserves énergétiques en Libye et en Afrique du Nord. Contrairement aux États-Unis, les pays de l’UE sont dépendants de l’énergie libyenne, en particulier l’Italie. Il est dans leur intérêt stratégique de contrôler les ressources pétrolières et gazières en Afrique du Nord. Si Washington et Londres gagnent le contrôle majeur de ces réserves, ils contrôleront la sécurité énergétique de l’UE. Mais je crois que les États-Unis et l’UE travaillent en associés en Afrique du Nord et coordonnent en fait des opérations contre la Chine et ses alliés en Afrique.

XU JINGJING : Les combats dans la ville de Misrata attirent toute l’attention maintenant. Que pensez-vous de l’importance de cette ville ? Comment le résultat de cette bataille peut-il influer sur les mouvements de l’opposition libyenne ?

NAZEMROAYA : La ville de Misrata est le Shanghai de la Libye. Pour le Conseil transitoire ce serait une victoire économique majeure. Elle est une importante base industrielle et commerciale pour la Libye et l’Afrique. Certaines des plus grosses compagnies africaines sont basées à Misrata, y compris la Libyan Iron and Steel Company. Misrata est aussi un port très important. Beaucoup de compagnies nationales libyennes et d’industries ont leur siège à Misrata et dans les districts avoisinants.

Voilà pourquoi l’Allemagne et l’UE veulent envoyer des troupes à Misrata sous prétexte de maintien de la paix. L’UE veut envoyer des militaires là-bas pour des raisons purement stratégiques et économiques et pas du tout pour des raisons humanitaires. La force de l’UE est composée des mêmes pays qui font partie de l’OTAN. Ils utilisent simplement un autre nom. La différence entre la force de l’UE et l’OTAN est purement technique.

Ceci qui est aussi ridicule, c’est que les pays qui veulent envoyer leurs soldats comme soldats de la paix, sont des combattants de cette guerre. De fait, parce que l’OTAN est entrée en guerre de manière collective, toute nation faisant partie de l’OTAN est une nation combattante. Ceci inclut l’Allemagne. Ceci devrait disqualifier l’ensemble des nations européennes comme force de paix en Libye. Seules des parties neutres et non combattantes peuvent faire office de force d’interposition et de maintien de la paix.

Des nations comme la Russie, la Chine, l’Algérie, le Kazakhstan, l’Ukraine, l’Iran, la Biélorussie, le Brésil, la Malaisie et le Venezuela devraient envoyer des forces de maintien de la paix. Les Russes et leurs partenaires militaires dans l’espace post-soviétique pourraient tous jouer un rôle majeur en tant que gardiens de la paix. Même l’Organisation de Coopération de Shangai pourrait jouer un rôle. Il est dans l’intérêt stratégique de la Chine et ses alliés de s’assurer que la Libye ne soit pas colonisée ou victimisée comme l’est l’Afghanistan sous les forces d’occupation de l’OTAN. Pour l’alliance militaire occidentale, les évènements de Libye sont des préalables dans sa politique d’isolement et de confrontation vis-à-vis de l’Iran, de la Russie, et de la Chine et de l’Eurasie.

XU JINGJING : Pensez-vous que les États-Unis sont toujours l’acteur décisif ? Pourquoi ?

NAZEMROAYA : Oui, sans l’ombre d’un doute.

Pour répondre à cette question, définissons en premier lieu la coalition qui est impliquée dans cette guerre d’agression contre la Libye. Le Pentagone a transféré les opérations militaires à l’OTAN après quelques jours. Ainsi la guerre est officiellement pilotée par l’OTAN. Quelques autres pays comme le Qatar, la Jordanie, les Émirats Arabes Unis et la Suède, sont aussi partenaires sous commandement de l’OTAN.

Dès lors et avant que je n’analyse l’OTAN, voyons de plus près une autre alliance militaire datant de la guerre froide appelée le Pacte de Varsovie. Washington et l’Europe occidentale avaient l’habitude de critiquer l’ancienne Union soviétique en disant que le Pacte de Varsovie était en fait une organisation fictive, qu’en fait ce n’était que l’Armée Rouge soviétique. En d’autres termes que la Bulgarie, la Roumanie, l’Allemagne de l’Est, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l’Albanie n’avaient pas de force réelle au sein du Pacte de Varsovie et que ce Pacte n’était que l’Union soviétique agissant sous le masque du multilatéralisme en Europe de l’Est. Je ne discuterai pas ce point.

L’OTAN est bien plus compliquée que le Pacte de Varsovie et n’est pas gérée par un seul pays. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne sont les piliers de cette force et ils sont le vrai pouvoir décisionnaire à Bruxelles. La Turquie, à cause de l’héritage de Kemal Atatürk a aussi une certaine indépendance au sein de l’OTAN. Toutes les autres nations ou bien suivent les anglo-américains ou bien suivent le bloc franco-allemand. Mais dans tout cela, l’OTAN est juste un Pacte de Varsovie plus sophistiqué Les États-Unis devraient se regarder dans le miroir. L’argument critique de Washington envers le Pacte de Varsovie s’applique à eux-mêmes et à l’OTAN.

L’OTAN d’aujourd’hui n’est pas très différente de ce que les États-Unis qualifiaient le Pacte de Varsovie d’être, à savoir l’Union soviétique sous un drapeau multilatéral. L’OTAN elle-même et les commandants du Pentagone disent que l’OTAN n’est presqu’exclusivement constituée que de l’armée états-unienne. En d’autres termes, l’OTAN est l’armée états-unienne, renforcée par la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Turquie, le Canada, l’Italie et quelques autres pays européens comme auxiliaires. Les États-Unis font la guerre, puis envoient ces pays pour occuper les pays défaits, pour privatiser leurs économies sous contrôle étranger. Au bout du compte, l’OTAN est en réalité l’armée états-unienne avec le soutien politique et financier de ces autres pays. Le sénateur MC Caïn et le Sénat états-unien ont demandé il y a quelques semaines que le reste de l’OTAN finance les États-Unis pour la guerre contre la Libye. La plupart des membres de l’OTAN sont en fait des pays satellites des États-Unis.

L’OTAN sans les États-Unis n’aurait jamais pu faire la guerre en Yougoslavie et en Afghanistan, sans même parler de lancer une guerre dévastatrice contre la Libye. Il suffit de regarder le rôle que les États-Unis ont joué dans les bombardements en Libye. Ils y ont fait l’essentiel des bombardements et du pilonnage. En fait, réellement, les États-Unis se cachent derrière l’image de multilatéralisme offerte par l’OTAN. Ils ne veulent pas apparaître comme étant en charge de tout ce qui se passe. Washington a peur de l’opinion publique. C’est pourquoi Obama, Clinton et Gates ont prétendu publiquement que le gouvernement états-unien était contre la création d’une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Libye et ce jusqu’au tout dernier moment lorsque les véritables objectifs des États-Unis sont devenus transparents. Dans le même temps où l’Administration Obama disait être contre la zone d’exclusion, les États-Unis se préparaient pour attaquer la Libye. Paris et Londres ont juste joué les rôles principaux sur la scène publique.

Je désire ici faire une remarque finale et importante. Le président Obama, le premier ministre Cameron, le président Sarkozy se cachent tous derrière le paravent de l’OTAN ; parce que l’OTAN est une organisation internationale qui échappe à toute forme de responsabilité politique. Il n’existe aucune circonscription d’électeurs vis-à-vis desquels l’OTAN doive rendre des comptes. Les États-Unis et la Grande-Bretagne peuvent bombarder la Libye pendant des mois et clamer que tout cela est dans les mains de l’OTAN, que l’OTAN est en charge de la guerre. De fait. Obama, Cameron et Sarkozy essaient tous d’échapper à leurs responsabilités d’hommes politiques vis-à-vis du public en laissant l’OTAN faire la guerre et en se cachant derrière elle pour se protéger.

Entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, réalisé le 26 avril 2011 par Xu Jingjing pour le magazine chinois Life Week.


Mahdi Darius Nazemroaya est chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), spécialisé en géopolitique et stratégie.

Traduction de l’anglais en français par Résistance 71 (30.04.2011), révisée par JPH (11.05.2011).

Article original en anglais (28.04.2011) :

http://www.globalresearch.ca/index.php ?context=va&aid=24527.

La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005)

La grande guerre pour la civilisation

L’Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005)

Ouvrage écrit par Robert FISK

Depuis les années 1970, l’histoire du Moyen-Orient se confond presque avec celle de ses guerres et de ses conflits : guerre soviétique en Afghanistan (1979-1989), guerre Iran-Irak (1980-1988), guerre du Liban (1975-1991), guerre du Golfe (1991), guerres américaines en Afghanistan (2001) et en Irak (2003), sans oublier l’interminable conflit israélo-palestinien. Si ces années furent celles d’une « grande guerre pour la civilisation », c’est en raison du rôle persistant que les puissances occidentales – la France et le Royaume-Uni dans la première partie du XXe siècle, puis les États-Unis – n’ont jamais cessé de jouer dans une région qu’elles considèrent comme leur zone d’influence : aux entreprises coloniales succéda l’ère des manœuvres diplomatiques, des jeux d’alliances complexes et secrètes, des coups d’État et des trafics d’armes, le tout dans une indifférence quasi complète au sort des innombrables victimes de cette histoire dramatique. Dans ce livre magistral, Robert Fisk raconte et documente notamment le soutien cynique apporté par les régimes occidentaux aux brutales dictatures de la région, et témoigne, année après année, de la montée concomitante de l’amertume et de la haine de millions de musulmans à l’égard de l’Occident. Mêlant récits, enquêtes, dialogues avec les acteurs – dirigeants et anonymes –, analyses et souvenirs personnels, Robert Fisk retrace l’épopée tragique du Moyen-Orient, à travers la chronique détaillée de ses sanglants épisodes.

Révélation de WikiLeaks : Karim Arrêté Au Maroc Avec de La Drogue

Une dépêche de wikileak exploitée par le journal Le Quotidien révèle qu’il y a deux ans, un fonctionnaire de la police marocaine trop zélé a arrêté Karim Wade à l’aéroport de Casablanca en possession de haschich.

Le ministre d’Etat et fils du président de la République du Sénégal a ainsi été détenu pendant quelques heures avant d’être libéré sur instruction du roi du Maroc, Mouhamed VI. L’officier qui l’avait arrêté avait finalement été muté dans le Sahara marocain. Les autorités marocaines estimaient que «l’arrestation du jeune Wade pouvait mettre en danger les relations entre le Sénégal et le Maroc».

L’ambassade des Etats-Unis au Maroc avait fait une dépêche diplomatique pour rendre compte de cet «incident». «Il a été rapporté à la mi-août qu’un officier supérieur de la police de l’aéroport de Casablanca a été brutalement affecté à un poste à Laayoune (dans le sud du Maroc), au Sahara occidental. Les motifs invoqués étaient divers : un journal déclarait que c’était parce qu’il avait arrêté un proche d’un dirigeant africain qui transportait de la drogue. Des informations de police ont confirmé, ont indiqué que le proche en question était Karim Wade, le fils du président sénégalais, Abdoulaye Wade », écrivait-on dans la dépêche reproduite par wikileaks.

Voici le lien vers le câble diplomatique publié par Wikileaks :

http://wikileaks.org/cable/2009/09/09RABAT752.html

France : la République des malettes

Jacques Foccart créa, sous de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d’influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d’Afrique noire.

Les livraisons de malettes bourrées d’argent auraient pris fin en 2005 quand M. Dominique de Villepin lança abruptement, selon M. Bourgi : « l’argent de tous les Africains sent le soufre ».

« Par mon intermédiaire », « cinq chefs d’Etat africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002 », prétend l’Avocat Robert Bourgi.

L’actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n’est pas épargné. « L’argent d’Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années » de son club 89, accuse M. Bourgi.

Pauvres de nous ! et surtout misérables de petits chefs d’Etat qui nous dirigent en Afrique.

En réalité, rien de nouveau sur ce plan, qu’ils soient politiques, hommes d’affaires, militaires, nous savons bien que tous les crapules Français se servent chez nous, à deux mains.

C’est encore plus choquant quand une petite merde comme Robert Bourgi parle à notre place et exprime une certaine pitié pour nous. Vous n’en doutez pas que beaucoup de fonctionnaires Africains encore en service ou à la retraite savent beaucoup de choses sur ce registre mais ne pipent mot, ils préfèrent emporter le secret dans leur tombe. Quelle fidélité !

Robert Bourgi doit se rendre compte que l’Afrique a changé et les Africains ne sont plus dupes. Ils connaissent tous les mécanismes mis en place depuis l’époque colonial pour maintenir l’Afrique dans la servitude et la pauvreté. Oui, pauvre doungourou, il n’y a pas que les malettes livrées pendant les échéances électorales mais bien plus. Transporteur de valises d’hier et d’aujourd’hui, Robert Bourgi n’est qu’un voleur doublé d’un réceleur et rien d’étonnant donc qu’il avoue ne pas être fier de ses actes.

Le 30 novembre 2006, Dominique de Villepin s’est rendu à Ndjaména. Toute la journée, les courtiers du régime MPS parmi lesquels Boukhari Brahim Doudou sillonnaient la ville à la recherche d’euros. Le Premier ministre français d’alors était reparti avec une malette…

Les Libanais d’Afrique ont toujours été au service des Occidentaux et ce depuis la période coloniale où ils assuraient l’approvisionnement en marchandises et autres services mêmes les plus obscures. Ils sont pires que les colonisateurs. Ils ne sont pas Européens ni Africains mais disposent des deux nationalités, parlent nos langues, vivent parmi nous mais en cercle fermé et surtout rapâtrient le moindre sou qu’ils gagnent dans nos marchés vers l’Europe et les Etats unis.

Par Mht Abakar sur AMBENATNA