Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: septembre 16, 2011

Souhaitons la bienvenue à la Libye dans le rang des pays pauvres très endettés (PPTE)

Souhaitons la bienvenue à la Libye dans le rang des pays pauvres très endettés (PPTE)

La Libye (la nouvelle Libye des drogués et autres « rats ») a un nouveau partenaire qui n’est rien d’autre que le Fonds Monétaire International (FMI). Eh oui le meilleur partenaire pour installer la politique de l’assistanat et le réel sous-développement en Libye.

Le FMI ne pouvait pas espérer mieux que la chute de Kadhafi et sa disparition de la scène politique africaine, ce Kadhafi qui lui réservait une mort lente et définitive avec la création du Fonds Monétaire Africain qui devait naître en 2011 si le pygmé de l’Elysée du haut de ses 1m 63 ne s’était pas précipité en Libye en mission humanitaire pour sauver l’Europe.

Ainsi donc, le FMI dit reconnaitre le CNT et cette annonce vient directement de sa nouvelle directrice (elle peut dire merci à DSK) : « Le Fonds Monétaire International reconnaît le Conseil de transition comme gouvernement de la Libye et est prêt, en envoyant au plus tôt son staff sur le terrain, à lui fournir assistance technique, conseil politique et soutien financier pour reconstruire l’économie et commencer les réformes ».

Commencer les réformes, dit-elle mais, quelles réformes ? C’est quand même marrant quand on sait que la Libye n’avait jamais eu besoin du FMI. Point n’est besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour comprendre les dangers que représentent le Fmi et la Banque mondiale pour l’Afrique. Toutes les réformes du FMI ont été pour domestiquer les économies et les rendre serviable et dépendantes (voir documentaire « Quand le FMI fabrique la misère »). Aucun pays n’a pu amorcer un réel développement depuis que le FMI est né. D’ailleurs, l’Euro est agonissant et ce n’est pas la Grèce qui dira le contraire alors, la Libye pourrait être un sauf conduit pour donner un nouveau souffle à l’Euro. Les multinationales s’installeront et tout sera privatisé avec l’assistance du FMI qui déroulera sa politique économique orthodoxe et machiavélique. Les fonds souverains libyens seront dilapidés. Le taux d’alphabétisation auparavant supérieur à 90% subira une lente et progressive régression.

Les Libyens verront leur pouvoir d’achat s’effriter ; eux qui étaient habitués à acheter le litre d’essence à 0,08 EUROS, à se reposer quand l’Etat les nourrissait ; dorénavant ils devront manger à la sueur de leur front jusqu’à ne plus avoir de goutte de sueur. Le droit au logement sera banni, les soins médicaux seront désormais payants ; ce sera du cash cash ; l’électricité à usage domestique ne sera plus gratuite, de même que l’eau à usage domestique, plus aucune banque n’accordera de prêts sans intérêts, ainsi de suite jusqu’à ce que la Libye se paupérise et se désagrège comme la plupart des pays qui ont expérimenté les réformes du FMI.

En effet, la profondeur de la pauvreté qui mesure le déficit collectif moyen de revenu ou de consommation par rapport à la ligne de pauvreté pour l’ensemble de la population en Libye, connaîtra une évolution à crescendo. Ceci, dû à la forte monétarisation de la société libyenne qui s’installera avec l’arrivée du FMI en Libye et la mise en œuvre de ses programmes d’aliénation et d’abrutissement des peuples. Les ménages montreront leur incapacité à répondre aux exigences fondamentales tels que la santé, l’éducation, l’habillement etc…puisque tout sera monétisé ; ceci sans oublier le fait que le FMI a souvent eu pour partenaires les gouvernants corrompus qui détournent aveuglément et ça, le CNT l’a déjà commencé avec les milliards dégelés dont on a perdu les traces.

En attendant la libération de toute l’Afrique des griffes du FMI, le peuple libyen va sombrer sous les impôts, le pays sous les dettes et l’inflation pour enrichir les multinationales étrangères et par ricochet l’Europe.

Ainsi soit-il !

aymard

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Sarkozy, l’Otan et la Libye : détruire pour posséder

Il fut un temps où le Droit portait en soi le respect de l’égale dignité de tous les humains ; un temps où on réclamait la liberté au nom du Droit, au nom du Droit associé ontologiquement aux valeurs de justice et d’équité. Le Droit était alors cette force morale mobilisable, mobilisée pour contester toutes les dominations impériales, toutes les iniquités  et oppressions ; le Droit était ce bouclier, cet étendard haut brandi pour affirmer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Que ce temps-là semble, hélas, aujourd’hui lointain, éloigné !

Désormais  seule la force des bombes est fondement du Droit ; désormais, seule la volonté de toute-puissance de quelques uns est Loi fondamentale : retour aux temps du code colonial élevant le droit du plus fort en droit naturel. Le message est clairement énoncé dans le fracas des bombes jetées sur Tripoli : le Droit, dorénavant, peuples du monde, c’est selon le caprice, c’est selon le bon vouloir, c’est selon les intérêts des plus puissants. N’est dorénavant juste, légitime que ce qui correspond et répond aux intérêts des puissances du jour ; la seule parole globale, juridique, autorisée et contraignante pour tous est désormais, exclusivement celle des pays surarmés.

Rupture radicale : le Droit confondu avec l’opinion des plus violents, le Droit au service des plus musclés, voilà le mouvement, voilà le principe organisateur qu’on voudrait nous imposer  aujourd’hui, de nouveau, comme un absolu infini, comme un absolu immuable, révélé, indiscutable car émis de Paris, car commandé de Washington, car intimé de Londres.

Et il y a dans cette brutale volonté de soumettre le reste du monde aux quatre désirs des coalisés de l’Otan, quelque chose qui participe de cette éternelle tentation de toute puissance narcissique si caractéristique de l’histoire impériale de l’Occident ; quelque chose de ce fâcheux narcissisme agressif, belliqueux, sadique qui ne reconnait l’autre que soumis, conquis, dominé, obéissant, à genoux ou alors tout simplement aboli. Que nous disent en effet, les bombes larguées, balancées, jetées sur la Lybie ?  Que dorénavant le destin de tout pays sans défense dissuasive est tributaire du bon vouloir de l’Elysée, de la Maison blanche et de Down street; que la puissance de juger et de tuer, la potence ou la pitié, c’est Paris, c’est Washington, c’est Londres ; et que toute velléité libertaire, toute propension à la dissidence est délit qui ne saurait valoir à ses auteurs qu’humiliations et mort.

Morts. Morts les enfants libyens éclatés par les bombes de l’Otan ; mortes les femmes, mortes les mères, éventrées, démembrées ; morts les hommes, carbonisés, déchiquetés. Morts ! Morts, tous brûlés, réduits en cendre. Tués ! Oui, tués, assassinés ! Assassinés au nom de la démocratie !  Massacrés au nom des droits de l’homme ! L’ignominie au nom de la démocratie. Un exemple ? Un seul exemple concret ? Zliten, le 8 août 2011 : raid de l’Otan sur un quartier résidentiel. Carnage : 75 victimes dont 33 gamins.

Et pourtant, il est dit ; et pourtant, il est écrit dans toutes les civilisations que « tu ne tueras point » ; et pourtant il est dit dans toutes les cultures que le mal absolu c’est de donner la mort.  Mais voilà maintenant qu’on vient nous dire que ce mal ne serait plus aussi absolu que ça, mais plutôt discrétionnaire ; car acquitté d’office par une raison supérieure : la démocratie. Nos jeteurs de bombes de l’Otan: «  L’Eglise c’est le Pape, et la démocratie c’est nous ! Nous sommes la démocratie !  Et hors notre domination, hors notre surveillance, hors notre contrôle, point de démocratie ! Oui, tout régime qui n’est pas de chez nous, tout régime non façonné à notre image, est porteur de tous les élans dictatoriaux.»

Tout le mal du monde est là, ancré dans ce raisonnement, noué dans ce discours, enraciné dans ce charabia menaçant pour l’humanité de l’homme, car ne parlant d’autrui que pour le nier, n’évoquant l’autre que pour le réduire. Tout le mal du monde est serré dans ce baragouin mortifère, sentencieux qui affirme que tout régime qui ne sacrifie pas aux mêmes rites, qui n’accomplit pas les mêmes gestes, qui ne parle pas la même langue que Paris, Washington et Londres n’est que folklore du mal dictatorial. Folklore maléfique à manipuler, maltraiter, éliminer, annihiler, anéantir, tuer à merci. Il faut détruire « cette chose, cette chose-là»  car la démocratie ne saurait souffrir aucune exception.

La démocratie prescription sans frontières. Questions : mais qu’est-ce donc cette obligation transnationale armée du droit de vie et de mort sur tout pouvoir qui ne lui revient pas ? Qu’est-ce cette nouvelle théologie enflammée de violence totale et de guerres tous azimuts?  Qu’est-ce vraiment la démocratie, cette « démocratie » ? La limitation du pouvoir par d’autres pouvoirs ? Non. Le combat contre l’arbitraire ? Non plus! Mais alors ? C’est très simple : Quand l’Otan dit démocratie, démocratie dans le monde, l’organisation pense soumission. Oui, quand Paris dit, quand Londres dit, quand Washington dit démocratie, traduisez tout de suite : hégémonie sans frontières, « universalisation de nos intérêts »! Oui, Sarkozy et les démocrates de Washington disent démocratie dans le monde comme Voulet et Chanoine disant en leur temps civilisation. Même vision de la planète, mêmes instincts, mêmes pulsions, mêmes justifications, mêmes ambitions, même ressorts. Oui mêmes ressorts.

Car ne nous y trompons pas : derrière cette nouvelle bigoterie fanatisée, intégriste, cannibalesque qui se dit humanitaire, se terre des mobiles d’une nature plus abrupte, plus terre-à-terre,  moins idéelle : la cupidité, la soif inextinguible du profit,  la domination, la restauration coloniale. On veut le pétrole de la Libye. Alors tout est bon : mystifications, impostures, l’éthique traficotée, la propagande colportée, répandue, propagée de média à média : « Kadhafi a bombardé les populations civiles libyennes » ; « Kadhafi a fait des dizaines ; non, des centaines ; non, un millier ; non, des milliers de morts ! »

Flots de mensonges, torrents de mensonges déversés dans les medias ; les médias mis au service du mensonge ; le mensonge usiné, produit, distribué en masse ; le mensonge répété, multiplié, diffusé à l’infini. Falsification des faits, mépris total et absolu de la vérité ; tromperie froidement organisée, régulée, calculée, marketing de la guerre ; bannissement de la vérité. C’est que l’enjeu est majeur : l’opinion est une force qu’il faut berner, qu’il faut manipuler, duper, abuser, tromper afin de manœuvrer en toute impunité. L’entendement humain doit donc être charmé ; les cerveaux doivent être possédés ; l’opinion doit être dépossédée de ses yeux, dépossédée de ses oreilles, dépossédée de son jugement, dépossédée de sa capacité de douter! Il faut mystifier la raison humaine ; il faut rendre la future agression naturelle, normale, banale, morale. La réalité doit être diluée et le mensonge érigé, institué en réel.

Alors : internement de l’opinion dans un discours médiatique unique imposé à toutes les plumes, imposé à toutes les lèvres ; haro sur tout autre discours susceptible de fissurer, de bousculer le pouvoir des puissants du jour de décréter le réel. Tout discours contradictoire, tout discours non aligné sera asphyxié, ostracisé, ridiculisé. Le mensonge doit devenir réalité : « Kadhafi a bombardé les populations civiles libyennes.» Viol verbal de la vérité qui en annonce un autre.

La suite ? La réalité renversée, culbutée, la volonté du plus fort peut se mettre en actes : sous le fallacieux prétexte de protection des populations civiles menacées, on peut décoller, franchir la ligne de souveraineté du corps de cette terre libyenne, planter, déverser bombes sur bombes dans ses entrailles. Avec rage et sauvagerie.

Ainsi Tripoli bombardée ; ainsi Tripoli terrorisée, martyrisée pendant six mois! Et chaque jour le même discours : tant que Kadhafi ne se sera pas accusé du crime qu’il n’a pas commis, nous continuerons de bombarder Tripoli ! Ainsi Tripoli réduite en cendres. « Tant que Kadhafi…  Il faut que Kadhafi ratifie notre accusation… Il faut que Kadhafi avoue qu’il est bel et bien un odieux dictateur… Il faut que Kadhafi… Que Kadhafi quitte le pouvoir… Qu’il quitte le pouvoir sinon… Sinon  nous continuerons de bombarder Tripoli… Sinon nous continuerons de tourmenter Tripoli. Sinon… Les bombardements vont se poursuivre. Sinon… nous frapperons ses proches… Sinon…nous frapperons sa famille ; nous frapperons ses enfants. »  Le 30 avril, trois missiles sur la maison de Saïf al Arab, le plus jeune fils de Kadhafi. Saïf assassiné avec ses trois enfants. Meurtre prémédité. Le terrible crime commis par les victimes? Etre nés fils et petits fils de Kadhafi. Crime de filiation.

« Tant que Kadhafi…  Kadhafi doit… » On frappe, on mutile, on estropie. Terreur.

Terrorisme du muscle. Fracas des bombes. On frappe, on étrangle, on tue. « Tant que Kadhafi… »  Vingt mille libyens tués. « Tant que Kadhafi… »  Chasse aux Noirs. « Tant que Kadhafi… »  Les Noirs, tous les Noirs Libyens pourchassés. Pourchassés dans Benghazi, pourchassés dans Misrata, traqués dans Ras Lanouf, traqués à Brega, traqués, massacrés, massacrés les mains attachées, liées derrière le dos, massacrés par des rebelles mis au monde par la France en couche étrangement avec des féodaux nostalgiques de l’ancienne royauté et des éléments d’Al-Qaïda. On combat Al-Qaïda en Afghanistan et au Maghreb et on fait le coup de feu avec lui en Libye. Etrange paradoxe. Les troupes les plus performantes de cette rébellion ? Des anciens d’Afghanistan, des anciens de Tchétchénie, des anciens du Soudan; des salafistes du Maghreb. L’officier le plus efficace de la rébellion ?  Abdel Hakim Belhadj, fondateur du GICL, le Groupe islamique combattant de Libye, membre de la mouvance Al-Qaïda, connu de tous les services de renseignement.

On injurie, on exècre les djihadistes en Afghanistan et on les loue comme des révolutionnaires humanistes dès lors qu’ils sont regroupés dans le CNT libyen ; le CNT, ce mouvement très hautement démocratique aux ambitions extrêmement nobles : purger la Libye de tous ses Nègres, purifier la Libye de tous « ses esclaves à la peau noire ». Ibrahim al-Halbous, commandant de la rébellion : « Il faut que les Noirs libyens fassent leurs valises ». Purification raciale ouverte, déclarée, assumée au grand jour, assumée devant toutes les caméras du monde. C’est que la démocratie est en marche et qu’au nom de la démocratie, on peut tout ; au nom de la démocratie, tout est permis.

Le racisme explose donc dans toute sa brutalité dans les villes arborant le drapeau tricolore et la bannière étoilée ; l’orgie klux-klux-klanienne bats son plein à Benghazi ; on s’arroge le droit de tuer les peaux noires ; on tue les Noirs parce qu’ils sont Noirs. On tue les Noirs en toute bonne conscience, en toute impunité. Et pendant ce temps-là que fait-on à Paris ; que fait-on à Washington ? On plaisante, on rit, on boit, on se congratule. Les Noirs peuvent être massacrés ; les Nègres ne comptent pas ; ils sont peu de choses. Silence du côté de la Cour Pénale Internationale.

Silence du côté de cette cour si prompte pourtant à aboyer sur Kadhafi et ses partisans. Normal. Qu’est-ce en effet cette fameuse cour internationale sinon un outil bricolé par les pays dominants afin de légitimer la reproduction de l’ordre mondial actuel ? Oui, qu’est-ce cette CPI, sinon une juridiction discriminatoire, une cour ségrégationniste, une institution destinée à juger les dirigeants des pays faibles ? Le message de cette Cour est très limpide: tout chef d’Etat de pays non doté d’une défense dissuasive peut être arrêté, de jour ou de nuit, arrêté sous n’importe quel prétexte, arrêté, ficelé, ligoté et déporté pour être jugé et condamné comme le vulgaire malfrat du coin. Par contre, tout suppôt au service des puissances du jour ou tout chef d’Etat d’un pays puissant peut, lui, massacrer, tuer allègrement à coup de machettes, de bombes lasers ou de drones, la CPI ne se sentira en aucun cas concernée par cette barbarie-là. Ses auteurs ne seront jamais accusés de crime de guerre, de crime contre l’humanité : bien au contraire, ils seront honorés, glorifiés, commémorés, ovationnés et couverts de médailles : « gloire aux messies sauveurs et libérateurs de l’humanité » !

On tue donc les Noirs dans les territoires libyennes libérées par les bombes de l’Otan et, à Paris, à Washington, à Londres, on festoie : la machine démocratique occidentale cuirassée de plomb est en marche en terre libyenne. Et quand Kadhafi et l’union africaine proposent l’arrêt des combats et la négociation, on s’esclaffe, on rigole. Désolé, on est occupés, très occupés.  On verra plus tard. Pour l’instant, on est occupés. On voulait cette guerre. On voulait cette guerre depuis le début, alors pas de temps à perdre. On est occupés. Occupés à bombarder ; occupés à transformer ce pays en gouffres et en fumées ; occupés à démolir. A démolir les hommes, à démolir les femmes, à démolir les enfants, à démolir les ponts, les hôpitaux, les routes. On démolit et on célèbre. C’est étrange mais c’est ainsi : il est des âmes ainsi faites : détruire leur procure une incompressible et incompréhensible jouissance. Jouissance mortifère sur les plateaux de télévision, jouissance exhibée dans les colonnes de journaux. Spectacle obscène : d’un plateau à l’autre, d’une colonne à l’autre, quelques petites gueules voraces posent et s’exposent. Soucieux de leur apparence sur les pellicules de l’histoire, agités de se montrer, ils commentent, glosent sur la chute de Tripoli. Avec une certaine délectation jubilatoire,  avec un certain plaisir haineux, sadique. Les bombes larguées sur Tripoli, c’est bon, trop bon, n’est-ce pas ?

Ils parlent en Maréchaux ; fantasme d’omnipotence, sentiment de toute-puissance: « Sommes-nous satisfaits ? Oui. Très satisfaits. Sommes-nous justifiés ? Oui, plus que justifiés ! Puisque la démocratie est en marche en Libye ; puisque la démocratie a été mise en actes ; puisque Tripoli a été libérée. C’est une très belle journée. » La raison vaincue par la folie des grandeurs, l’œil torve entre deux exhibitions médiatiques et deux campagnes électorales, nos universels démocrates posent en nombril du monde : show médiatique, slogans, perversion de la réalité et du sens des mots : « Regardez ! Regardez-nous : admirez-nous ! Par ici les caméras ! La bonté humanitaire debout pour la défense de tous les malheureux de ce monde? C’est nous ! Les protecteurs globaux au bon cœur et à la juste cause ? Encore Nous ! Oui, Nous ! Nous ! La preuve? A Benghazi : ils crient vive la France !»

Terrible constat : on croyait l’élan colonial, cette abomination honteuse, aboli à jamais ; on croyait l’Afrique et le monde protégés pour toujours du rapt colonial ; on croyait… N’était-il pas gravé dans le Droit international qu’aucun Etat n’a le droit de contraindre un autre Etat à subordonner l’exercice de ses droits souverains ?  N’était-il pas souligné et re-souligné dans la Charte des Nations Unies qu’aucun Etat n’a le droit d’organiser, de fomenter, de financer, d’encourager, de tolérer des activités subversives ou terroristes destinées à changer par la violence le régime d’un autre Etat ? N’était-il pas dit et reconnu par toutes les instances internationales qu’aucun Etat n’a le passe-droit de renverser le gouvernement d’un autre Etat, même en alléguant que ce pouvoir-là ne répondrait pas à la volonté de son propre peuple ? N’était-il pas consigné dans la Charte des Nations Unies  que le recours à la guerre ne saurait être le moyen approprié pour veiller ou imposer le respect des Droits de l’homme ? N’était-il pas admis que l’égalité de droit de tous les Etats était un principe sacré, intangible du droit international ? On croyait la récidive coloniale donc impossible, impensable ; on croyait la conscience humaine en progrès ; on croyait….

Et voilà qu’on découvre soudainement, au détour d’abord de la guerre contre la Côte d’Ivoire puis de cette guerre de l’Otan contre la Libye, qu’en réalité, il n’ya jamais eu dans certains esprits de coupure, de séparation claire, définitive entre l’hier colonial et aujourd’hui ; qu’en réalité la volonté impériale est toujours tapie dans l’ombre, tapie dans les coulisses, guettant son heure, les muscles tendus, la mâchoire acérée, prête à ressurgir, à bondir toutes griffes dehors, la violence déchaînée et sans retenue ; prête  de nouveau à tout détruire pour posséder. Voilà qu’on réalise brutalement qu’au-delà de ses nouveaux attributs et visages, la volonté coloniale est loin d’avoir changée de nature depuis la dernière fois : même pulsion d’emprise, même obsession de domination, même violence pulsionnelle, même voracité, même soif démesuré, inextinguible du profit. Mais plus inquiétant, c’est que, depuis la dernière fois, elle a gagné en malignité gangrenant jusqu’à la racine l’inconscient collectif, rongeant jusqu’à la moelle les défenses immunitaires de la conscience humaine. Honnie et mise à l’index hier, cachée comme on cache une maladie honteuse, la voilà maintenant vantée, chantée comme on chante une épopée héroïque, humaniste, chevaleresque !

Et ses victimes ? Les milliers de morts tués de mille morts ; les vies réduites en lambeaux à coups de bombes à Tripoli, à Misrata, à Brega et ailleurs ? Protestation outrée, protestation véhémente de nos Messieurs de Paris, de Washington et de Londres: «  Mais donner la mort n’a jamais figuré dans nos objectifs. Qui ne sait d’ailleurs pas que c’est pour sauver des vies humaines que nous sommes là-bas? Aucune tâche de sang sur nos mains. Même Kadhafi n’est pas notre cible ! »  Mains propres, immaculées  donc ; nuits calmes, paisibles, sereines, consciences tranquilles. Vraiment ? Sûrs? Sûrs et certains de n’avoir jamais tué ? Oui, tuer. «  Mais fichtre, de toutes les façons, nous sommes à l’aise : la guerre, la tuerie est un mal nécessaire dans certaines circonstances historiques et puis nous n’avons fait – après-tout – que tuer des viles créatures. C’est notre dû, que disons-nous, notre honneur ! » La tuerie magnifiée, louée, prônée, légitimée comme exception humanitaire ! C’est ainsi : quand la raison de la force devient loi, l’humanité se perd, l’humanité recule et s’enfonce vers des dédales lugubres et caverneux.  Les dédales du profit maximum. Au milieu du fracas des bombes, les multinationales du pétrole s’affairent déjà autour de la Libye. Exon, Total, BP, Eni, Shell… Maîtres du capital, du sous-sol, de l’or noir. Curée, ruée vers le pétrole, vers le gaz, vers le magot libyens. Le poignard est dans la gorge de l’animal. Chacun veut sa part ; chacun aura sa part. Des nouvelles lois garantissant l’ouverture du marché libyen sans aucune condition aux capitaux qui veulent investir dans le sous-sol libyen seront bientôt adpotées, édictées. Il s’agissait d’agrandir le périmètre du monde libre et démocratique, n’est-ce pas ?

Et maintenant ? Une interrogation demeure: pourquoi, oui pourquoi ? Comment l’inacceptable d’hier – la récidive, la restauration coloniale –  a-t-il pu être imposé ainsi, aussi facilement comme une nécessité humanitaire ? Comment expliquer le succès de cette duperie ? Quelle est l’énigme tapie derrière le succès de cette entreprise de mystification générale ? De quoi cette mystification est-elle le symbole ? Trois possibles réponses.

Primo : La mutilation de l’esprit critique par une redoutable technologie planétaire de manipulation des consciences, de massification du mensonge. Jamais sans doute, les mots n’auront été autant usés, utilisés  pour dire le contraire des réalités. C’est que le pouvoir de dire le réel est de plus en plus un pouvoir censitaire propriété exclusive de quelques tartuffes qui parlent à tout vent de droits de l’homme et de démocratie et qui, pratiquent dans les faits, le contraire. Tout le contraire. Tripoli a été bombardée, la Libye a été saccagée  non pas – comme à l’époque des Voulet- Chanone, Léopold II et bien d’autres conquérants,– non pas au nom de la suprématie d’une race, mais au nom d’une idéologie qui se veut humanitaire, au nom de la défense d’une haute idée : la démocratie. Procédé plus vicieux dissimulant le même totalitarisme que celui des massacreurs de Sétif, des tueurs de Madagascar, de la sauvagerie de Léopold II au Congo sous un paravent humanitaire ; procédé plus retors, plus difficile à exposer,  à dénoncer, à combattre qu’un discours classique affirmant le droit de conquête comme un droit naturel, comme un droit racial.

Deuxio : Il faut le rappeler l’inconscient collectif occidental demeure traversé, habité, hanté par des vestiges d’un certain racisme, héritage du passé colonial. Une frange de l’opinion des pays du Nord est manifestement toujours, encore imprégnée, gangrenée par une certaine vision de « ces pays là-bas », « ces pays étranges dont l’essence politique primitive ne saurait être que régime dictatorial ». Et cette opinion-là est flattée, exaltée dans sa conscience de groupe, chaque fois qu’on lui susurre à l’oreille ce qu’elle souhaiterait entendre : qu’elle appartient encore au monde des plus puissants,  qu’elle appartient au monde mandaté pour définir et fonder la règle du bien et du mal ; qu’elle appartient – dans ces guerres transformées en jeu vidéo – au camp des bons, des gentils  en prise avec ces « étranges, méchants et menaçants barbares ».

Tertio : Il faut le dire aussi : l’agression contre la Libye pose la question des failles et des limites des dirigeants africains. Toute l’Afrique a été outragée, pietinée, rabaissée à Tripoli, et qu’ont fait nombre de dirigeants Africains ? Ils ont choisi de regarder ailleurs espérant ainsi – sans doute – sauvés leurs propres têtes. Naïveté politique, ignorance de l’histoire : l’obéissance n’a jamais sauvé aucun mouton de l’abattoir impérial. Le sacrifice de la Libye a été nourri – dans une certaine mesure – par ces silences-là, par ces désapprobations à peine audibles, par ces nombreux abandons et lâchetés africaines. Tambo Mbeki, une des rares voix africaines courageuses, le dit bien : « La question que nous devons nous poser est la suivante : pourquoi sommes-nous si silencieux ? Ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c’est un grand désastre. Nous ne pouvons pas dire que nous sommes incapables d’empêcher ces pouvoirs occidentaux d’agir comme ils agissent parce qu’ils agiront de cette manière demain. Je pense que nous pouvons, pourvu que nous agissions et qu’ils voient que s’ils continuent ce type d’actions, ils rencontreront la résistance de tout le continent africain. Mais malheureusement, notre voix est trop faible et nous devons faire quelque chose pour la rendre plus forte et pour revendiquer clairement le droit des Africains de décider de leur propre avenir. »

Et maintenant ? La guerre, toute guerre aussi brutale et totale, engendre des souffrances et des tragédies indicibles. Elle laisse des blessures indélébiles, inguérissables dans les corps et les mémoires. La terre de Libye ne fera pas exception : elle restera longtemps marquée par ces coups de bombes infligés par la France, les Etats Unis et l’Angleterre. Mais que sortira-t-il demain de toutes ces blessures?  Que sortira-t-il de toutes ces humiliations ?  Que sortira-t-il des décombres actuels ? Une autre guerre sans doute. Car il en est ainsi : toute guerre coloniale, toute velléité de domination, d’occupation coloniale lève tôt ou tard des troupes contre elle-même ; des troupes n’ayant plus rien à perdre, des troupes n’ayant pas, n’ayant plus d’autre choix, des troupes déterminées à lui faire face, à la combattre, à l’acculer. A la vie, à la mort. Les conquérants viennent un jour et dictent le silence par la force du plomb puis un autre jour, le conquis se lève, retrouve et sa voix, et sa mémoire et sa terre.

Et maintenant ? La scène internationale semble hélas, de nouveau prête pour accueillir d’autres Libye. Mensonges, agressions, violences, guerres… Des pays saisis les uns après les autres par la force brutale de l’Otan.  Les mensonges vont se suivre ; les guerres vont se suivre. Répétition. Le risque de la répétition est là, réel, palpable, tangible. Les guerres vont se suivre car il n’y a plus pour Sarkozy, Cameron et Obama de loi internationale qui tienne. L’ère des égorgements – commencé avec les bombardements sur Abidjan – va continuer si nous acceptons sans aucune protestation l’imposture libyenne. Avaler et couvrir cette agression par notre silence, par notre indifférence et passer aussitôt à autre chose, ce serait accepter la restauration de la barbarie coloniale ; ce serait ratifier la redéfinition de l’homme ; ce serait approuver cette idéologie qui dit qu’il est des hommes plus égaux que d’autres, qui affirme qu’il est des hommes nés pour commander d’autres ; ce serait ratifier le retour à la loi de la jungle, le retour à la loi du plus armé ; ce serait  entériner la remise en question du droit des peuples, de tout peuple à disposer de lui-même. Or aucun peuple ne saurait être la propriété d’un autre peuple ; or aucun pays ne saurait être la possession d’un autre pays. Notre devoir d’homme est de le rappeler aujourd’hui. A haute et intelligible voix.

David Gakunzi

David Gakunzi est l’auteur de l’Ouvrage « Côte d’Ivoire : Le crime parfait » paru aux Editions l’Harmattan

Plus d’infos sur l’ouvrage : http://www.editions-harmattan.fr/

Côte d’Ivoire : Vive le printemps des Daltoniens !

Je vous l’ai promis, ensemble, nous lèverons tous les points d’ombre sur la grosse arnaque qui a cours avant que l’Imposteur ne chute avec fracas dans une nuée de poussière. Le temps faisant son œuvre, petit à petit, nous nous rapprochons du point d’achèvement de cette noble mission qui n’est plus qu’à quelques coudées d’efforts. C’est dans cette dynamique qu’aujourd’hui, la Révolution Permanente a décidé de vous révéler les critères qu’il faut remplir en ces temps de lamentations pour vivre et même « vibrer » heureux en Côte d’Ivoire.

Vous l’aurez peut-être deviné. Je n’ai rien inventé. Je n’ai fait qu’observer avec mes nombreux yeux, certains militants du RHDP de Dramane et Konan, pour comprendre qu’il faut remplir des critères tous particuliers pour vivre et vivre heureux de nos jours en Côte d’Ivoire. Parce que dans ce chaos sans qualificatif, il se trouve des personnes d’apparence normale, qui prétendent être heureuses et qui le sont visiblement, pendant que la Côte d’Ivoire reste pantoise face aux défis que les temps nous imposent :

Défi de domestication des FRCI :

« Maadou va au biolo, biolo, lo, l, o, lo. Biolo… » On ne dit pas « biolo », on dit « Bureau… !» ; ça, c’est la mère et l’intellectuelle Simone GBAGBO qui se donne tout ce mal en ouvrant une école pour domestiquer les FRCI affectées à sa surveillance comme geôliers. Et cet exemple fait déjà école.

Défi de désenvoûtement des frères Ivoiriens tombés sous le charme du menteur à la langue fourchue :

« Arrière de moi Satan ! « Escudo Maechi ! » Ce Bouclier céleste qu’il faut à tous.»

Défi de trouver la pitance quotidienne :

« Mon viééé, ton péti a faim dèh ! » cette phrase inachevée, cette sommation qui signifie : si tu ne fais rien dans l’immédiat pour me trouver de l’argent, je vais te braquer tout de suite.

Puis en regardant ailleurs qu’à ces défis, vous les verrez : commerçantes ruinées, tenancières de restaurant mises à la rue, parents pauvres vivant dans des habitats précaires qui datent des années 80 déguerpis sans être relogés, Universités fermées pour loger des bandits évadés de prison, prisonniers libérés pour conduire le développement en lieu et place des cadres qui les remplacent désormais en prison, cadres compétents licenciés pour embaucher en leurs lieux et places des militants qui auront proclamé leur haine contre Laurent GBAGBO, et ainsi va la vie dans la Côte d’Ivoire de nos jours.

Mais ne cherchez pas beaucoup plus loin que dans votre environnement immédiat. Ils sont là, les plus heureux, ceux qui ont pu s’adapter et faire corps avec le chaos qu’ils ont pris l’option de regarder comme le bonheur suprême. Eux, ce sont les militants du RHDP ayant trouvé à manger et à boire dans ce deal de la honte. Deal des charognards, deals des dealers, deal des mécréants.

Dès lors qu’on y trouve une promotion non méritée, un emploi en occupant le poste d’un cadre jugé pro-GBAGBO et licencié pour restructuration ethnique des entreprise selon le modèle enseigné à la Présidence de la république occupée par un Imposteur ; dès lors qu’on a le sentiment d’être du bon côté, du côté de ceux qui donnent les coups et n’en reçoivent pas, du moins pour le moment, alors, on peut être heureux, très heureux, trop heureux, narguant les militants et sympathisants de la Majorité Présidentielle déchus, convaincus pour certains, qu’ils ne tarderont pas à vendre leur âme pour avoir part à cette comédie ridicule du bonheur virtuel.

C’est donc cela. Le printemps des daltoniens. Les beaux jours des cadres et assimilés qui voient du vert à la place du rouge et du jaune à la place du vert. C’est normal. Ils sont devenus des daltoniens.

Alors avec ces gens nés de nouveau pour le pire et le chaos, le licenciement d’un ancien collègue devient une opportunité pour un militant de base ; l’exécution sommaire d’un père de famille est le juste salaire mérité pour son soutien à Laurent GBAGBO ; la destruction de millions de commerces sans aucun plan de dédommagement ni de réinstallation est un mal nécessairement mérité pour une activité qui servait à nourrir et prendre soin de « familles inutiles » ; le rançonnage et l’insécurité devenant ainsi, les critères essentiels pour reconnaître un bon militaire.  Bref. C’est à y perdre la raison.

Pour cette forme de cyniques daltoniens sociaux ivoiriens, sans foi ni loi, dès lors que les avantages professionnels ou militants demeurent bien garantis et que l’Imposture donne le sentiment d’avoir quelques jours de floraison encore, eh bien le bonheur peur être parfait, le mal peut être vu comme le bien et les pleurs des autres comme une musique langoureuse.

Et pourtant, tout est déjà accompli. Il ne reste plus que le Temps de celui qui fixe le Temps. Et alors ce sera le réveil brutal et traumatisant, la ruine du château de glace de bonheur, sur lequel nos braves daltoniens du RHDP ont cru bon de construire leur comédie sociale, leur misère morale et leur bonheur à l’arrière goût toxique.

A très bientôt.

Hassane Magued

Remise du prix Houphouët-Boigny à Paris, mercredi dernier: Ouattara, un adepte de la violence aux côtés de faiseurs de paix

Alassane Dramane Ouattara était assis à la loge des privilégiés mercredi dernier au siège de l’UNESCO à Paris où se déroulait la cérémonie de remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix aux « Grands-mères de la place de mai ». Vu sous un angle purement protocolaire, la place réservée au chef de l’Etat se justifie largement.

N’est-il pas le nouveau président du pays d’Houphouët dont l’œuvre de paix était célébrée? Ouattara avait donc de bonnes raisons d’être là surtout que l’événement lui offre une sacrée occasion de se tailler une réputation d’homme de paix après avoir longtemps incarné la violence dans son pays. Mais, pour les vrais militants de la paix, la présence de l’homme fort d’Abidjan à cette tribune dégageait un fort parfum d’incongruité. Et pour cause. Le chef de l’Exécutif ivoirien n’a jamais été un artisan de la paix.

Bien au contraire, il s’est toujours signalé par ses actes comme un fossoyeur des valeurs cultivées par Félix Houphouët-Boigny au premier rang desquelles la paix. La preuve, depuis l’avènement d’Alassane Dramane Ouattara sur la scène politique nationale, la Côte d’Ivoire a perdu sa stabilité pour rentrer dans un cycle de violence marqué par les coups d’Etat, la rébellion armée et la guerre.

Les premiers à avoir subi cette violence étrangère à la culture des Ivoiriens fut le président Henri Konan Bedié. Son régime qui a lancé un mandat d’arrêt pour usurpation de la nationalité ivoirienne contre le président du RDR a été frappé en plein cœur le 24 décembre 1999. « Je frapperai ce pouvoir moribond et il tombera », avait prévenu Alassane Ouattara quelques semaines avant le push.

Le Bélier n° 212 du 01 au 06 Août 1999 avertissait de la déstabilisation de la Côte d’Ivoire par Ouattara dès Septembre

Ce vilain coup porté à la démocratie a ouvert le cycle de violence qui connaîtra d’autres points d’orgue avec le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, mué en rébellion armée et la guerre poste-électorale qui a permis à l’armée française s’installer Ouattara au pouvoir. La rébellion dont les chefs revendiquaient ouvertement leur collusion avec l’actuel chef d’Etat, a fait de milliers de morts et commis plusieurs crimes économiques dont les plus spectaculaires étaient les casses des agences de la banque centrale des Etas de l’Afrique de l’ouest (Bceao). De nombreuses femmes ont été violées par les rebelles qui avaient droit de vie ou de mort sur les populations dans les zones sous leur contrôle.

Quant à la guerre postélectorale, elle a été menée contre le régime du président Laurent Gbagbo par ces mêmes rebelles pro-Ouattara avec le soutien actif de l’Onuci et la l’armée française dans l’unique but d’installer Dramane Ouattara au pouvoir. Cette guerre atypique a fait officiellement 3000 morts et ruiné définitivement les derniers espoirs des Ivoiriens relatifs au retour de la paix dans leur pays. Nullement ébranlé par les tueries de ses hommes, Ouattara s’est emparé du fauteuil présidentiel et s’emploie à asseoir un régime dictatorial qui règne par la terreur et se caractérise par le dictat des bandes armées.

Si M. Ouattara avait été un homme de paix, il aurait préféré de loin le recomptage des voix proposé par son adversaire à la guerre qui a plongé le pays dans l’horreur.

Sur le plan du développement, autre volet fondamental de l’action du bélier de Yamoussoukro, la décennie de violence a remis en cause les avancées de la Côte d’Ivoire. Le pillage des ressources du pays par les rebelles et leurs parrains a grippé les capacités de l’Etat et plongé les Ivoiriens dans une grande pauvreté. Comble des malheurs, la Côte d’Ivoire pour la liberté de laquelle Houphouët et ses compagnons du Rda se sont battus contre les colons est devenue de nouveau une colonie française. Désormais, c’est la France qui contrôle et régente tout, là où Houphouët, convaincu que son pays disposait des moyens de son autonomie, invitait les que les générations qui viendraient après lui à poursuivre sans complexe la lutte pour la liberté et la dignité, en discutant d’égal à égal avec les occidentaux. Sous l’autel des ambitions présidentialistes de Ouattara et des appétits impérialistes de la France, les Ivoiriens ont perdu la paix, la liberté et la dignité.

C’est la France qui impose le président de la République, décide du sort des Ivoiriens, dispose des ressources du pays, oriente la politique nationale, paye les salaires les fonctionnaires et régule toutes les relations avec l’extérieur.

Avec un tel palmarès, Alassane Ouattara avait-il droit à la tribune du prix Félix Houphouet Boigny réservée aux faiseurs de paix dans le monde ? Assurément non ! Sa présence a plutôt jeté un discrédit sérieux sur l’image de ce prix censé réunir les hommes et les femmes attachés à la paix et qui combattent toute forme de violence.

Texte : Jean Khalil Sella, Notre voie

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Présidentielle 2012 en France : Sarkozy «regarde» vers Abidjan

Les candidats à la présidentielle de mars 2012 en France, dont Nicolas Sarkozy, cherchent sans doute activement les fonds pour leur campagne. Et il n’est pas difficile d’imaginer qu’ils vont se tourner vers les financements occultes en provenance des pays africains, comme cela est de coutume.

L’auteur du coup d’Etat contre Laurent Gbagbo, Nicolas Sarkozy, va faire campagne pour la présidentielle de mars 2012, en France. Il lui faudra, bien sûr, des fonds. Mais où les trouver, en pleine crise ? La réponse à cette question coule de source. Et de bonne source. L’avocat Robert Bourgi, à la suite de bien d’autres, a confirmé que ce sont les pays africains qui financent les campagnes des candidats à la présidentielle en France. Il a avoué avoir transporté lui-même des valises bourrées de billets, de la part de Laurent Gbagbo à Jacques Chirac et à son Premier ministre d’alors, Dominique de Villepin. Au-delà des comptes que Sarkozy règle à ses adversaires et concurrents, entre deux putschs en Afrique (Côte d’Ivoire puis Lybie) et quelques complots à l’Elysée, un détail de l’affaire, regardée de près, prend tout son sens.

En effet, dans son témoignage qui assaisonne cette affaire, le président du parlement ivoirien révèle que le porteur de valises sales lui a tenu les propos suivants, en 2002 : ‘’Quand on veut faire de la politique, on est généreux’’. Ce bout de phrase, repris allègrement par l’agence France presse (Afp) dont on connaît le rôle dans le volet médiatique des cabales parisiennes ne serait-il pas un message à l’endroit de ceux qui n’ont pas encore préparé les valises ? On sait que c’est à partir d’Abidjan que Paris gère les intérêts français en Afrique de l’Ouest. En juillet dernier, le Premier ministre français, François Fillon, est venu signer un nouveau pacte colonial avec Ouattara, qui permettra à la France de continuer à exploiter la Côte d’Ivoire.

Le temps de la reconnaissance des services rendus

Au passage, il n’a pas manqué de révéler, à la stupéfaction de tous, que les salaires des fonctionnaires ivoiriens sont payés par le Trésor français depuis l’instauration du régime Ouattara. Y a-t-il un ‘’service’’ plus grand qu’on puise rendre à un régime, après s’être décarcassé pendant 10 ans pour l’installer au pouvoir par un coup d’Etat ? Ouattara devra se montrer plus que «généreux», en raison des énormes «services» que Sarkozy lui a rendus. Même si, agacé d’être traité de «pion de la France», le nouveau locataire du palais clame qu’il n’est «redevable à personne», on se doute qu’il ne peut pas prendre le risque de tenir un tel discours à la Sarkozy. Selon des observateurs, Ouattara ne fera pas l’exception pour ce qui est du financement occulte que Paris attend d’Abidjan pour la présidentielle de 2012. De gré où de force, il devra s’exécuter quand on le lui demandera. Comme Laurent Gbagbo a été contraint de le faire, sous la menace des canons français. Il y a donc fort à parier que les valises continueront de circuler entre Abidjan et Paris, par le truchement du successeur de Robert Bourgi qui a lui-même pris le relais de Jaques Foccart. Et le poids de la reconnaissance à l’égard de l’Elysée pourrait être tel qu’il ne suffira certainement pas au régime en place d’être simplement ‘’généreux’’ comme Gbagbo l’a été vis-à vis de Chirac. Il lui faudra être ‘’très généreux, particulièrement généreux’’ avec les parrains.

La largesse du pouvoir en place à Abidjan à l’égard de Sarkozy sera sans doute le premier véritable test pour Ouattara dans le giron des hommes de la Françafrique. S’il veut réussir cet examen de passage, il devra faire beaucoup d’effort pour être le premier, c’est-à-dire le plus généreux de la classe. Et, en la matière, Ouattara connaît bien ses leçons. Il l’a déjà démontré en 1990, en bradant, pour un franc symbolique, les secteurs vitaux de l’économie ivoirienne à la France. Il lui faudra tout simplement réviser un peu. Ouattara, Premier ministre du bélier de Yamoussoukro, ne ressemblera certes jamais à d’Houphouët- Boigny, l’apôtre de la paix. Car il est arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat qui a fait couler le sang des innocents sur la terre ivoirienne. Mais il devra maîtriser parfaitement la table des matières de la Françafrique, à commencer par le financement de la campagne de ses tuteurs. Sinon, gare à lui ! Bien de chefs d’Etat africains, même après une parfaite lune de miel avec la France, ont payé cher leur brusque écart, quand ils ont tenté de prendre leur distance aves Paris. L’Elysée attend donc actuellement ses «valises» en provenance d’Abidjan.

K. Kouassi Maurice, Le Temps

Togo : Kpatcha Gnassingbé condamné à 20 ans de prison ferme

Le demi-frère du président togolais Faure Gnassingbé, Kpatcha Gnassingbé, a été condamné jeudi 15 septembre à 20 ans de réclusion criminelle et la confiscation de ses biens dans le procès d’atteinte à la sûreté de l’Etat. La même peine de 20 ans est retenue contre le général Assani Tidjani, ancien chef d’état-major des forces armées togolaises et ex-ministre de la Défense, le commandant Atti et Tomdena. Ils sont déchus de leurs droits civiques et politiques. Un autre demi-frère du président, Essolizam Gnassingbé, a lui été condamné à 24 mois d’emprisonnement dont un avec sursis.

 « Les faits sont établis contre lui », a annoncé le président de la Cour suprême du Togo Abalo Pétchélébia au sujet de Kpatcha Gnassingbé, ancien ministre de la Défense âgé de 41 ans et demi-frère du président. « Il y a lieu de le déclarer coupable de crime de complot contre la sûreté de l’État. La Cour le condamne à vingt ans de prison et prononce contre lui la déchéance civique », a poursuivi le magistrat.

Le procès de ces trente-trois personnalités civiles et militaires s’était ouvert le 1er septembre. Toutes ont plaidé leur innocence au cours de l’audience. Les circonstances du coup d’État déjoué en avril 2009, alors que le président Faure Gnassingbé s’apprêtait à se rendre en Chine, restent obscures.

La défense a exprimé sa grande déception.

Haïti : les Casques bleus de la Mission de l’ONU pour la stabilisation d’Haïti devenus « persona non grata »

De violentes manifestations ont eu lieu à Port-au-Prince contre les Casques bleus de la Mission de l’ONU pour la stabilisation d’Haïti (Minustah).

La sodomisation de Johny Jean par les soldats uruguayens de la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti est la dernière goutte qui a fait déborder le vase. Ces soldats, selon plusieurs acteurs de la vie nationale haïtienne sont trop impliqués dans des actes répréhensibles. Des cas de vol, de viol, d’arrestations illégales et arbitraires, d’homicides et de bastonnades sont monnaie courante de la part des soldats de la mission onusienne.

Les étudiants de la faculté d’ethnologie des Sciences humaines, de droits et des sciences économiques et nombres de sympathisants ont exprimé leur solidarité à l’endroit du jeune haïtien violé par des soldats uruguayens à Port-salut. Ils réclament le départ des troupes onusiennes et comptent maintenir cette mobilisation jusqu’au départ du dernier soldat onusien. « Aujourd’hui l’objectif de la manifestation est d’exiger le départ total de la Minustah, nous ne voulons pas un retrait progressif, mais un départ définitif de ces gens qui occupent notre pays ».

Leur manifestation a été dispersée à plusieurs reprises par la police lorsque les étudiants ont tenté de se rapprocher de la grande place proche du palais présidentiel en ruines depuis le séisme de janvier 2010.

Parallèlement à la manifestation des étudiants, le collectif pour le dédommagement des victimes du choléra en Haïti a organisé lui aussi une marche sur plusieurs artères de la capitale en vue d’exiger le retrait de la force onusienne sur l’ensemble du territoire national ; le contingent népalais de la MINUSTAH étant responsable de l’implantation et la propagation du choléra en Haïti. Leur manifestation a été réprimée par les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) car, toute manifestation de rue dans l’ère du champ de mars était interdite.

« Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants, nous n’avons pas utilisé de balles réelles », a déclaré le porte-parole de la police haïtienne Frantz Lerebours.

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies statuera ce vendredi 16 septembre sur le rapport du secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) relatif à la présence de la mission de paix de l’ONU en Haïti.

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