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Archives Journalières: septembre 19, 2011

19 septembre 2002-19 septembre 2011: Il y a 9 ans, les hommes de Ouattara attaquèrent la Côte d’Ivoire

19 septembre 2002-19 septembre 2011 : Il y a 9 ans, les hommes de Ouattara attaquèrent la Côte d’Ivoire

19 septembre 2002-19 septembre 2011. Neuf ans que la Côte d’Ivoire a été secouée par une tentative de coup d’Etat qui s’est rapidement muée en rébellion armée. Neuf années pendant lesquelles la communauté dite internationale a essayé par tous les moyens de nier la souveraineté d’un Etat et a réussi au bout du compte à installer son homme au pouvoir. Quand dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, les Ivoiriens entendent les premiers coups de canon, ils sont d’abord incrédules.

Personne ne comprend que dans un pays qui, un mois à peine avant, avait formé un gouvernement de large ouverture, des gens prennent des armes contre le président en place. En effet, début août, le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara avait rejoint le gouvernement du Président Laurent Gbagbo où siégeaient déjà le Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié, le Pit de Francis Wodié et les partisans du général Robert Guéi. L’attaque avait fait plus de 300 morts en une nuit parmi lesquels le ministre de l’intérieur Emile Boga Doudou et le général Robert Guei, ancien chef de la junte militaire, qui avait pris le pouvoir en décembre 1999. Mais le président Laurent Gbagbo n’avait pas été renversé et les assaillants s’étaient repliés sur le nord du pays y formant un kyste.

Très vite, l’on s’aperçut que la France n’était pas étrangère à cette attaque. D’abord parce qu’elle avait refusé d’aider le régime en place à faire le ménage comme le stipulent les accords de défense, mais elle montrait des signes évidents qu’elle avait partie liée avec la rébellion. Les négociations d’Accra, puis de Lomé qui étaient placées sous les auspices des organisations sous-régionales ont donc été copieusement torpillées. Les pourparlers de Linas-Marcoussis en banlieue parisienne était l’occasion rêvée par le gouvernement Jacques Chirac de porter l’estocade à un régime ivoirien qu’il n’avait pas en estime. Aidé de son ministre des affaires étrangères et complice de tous les temps, Dominique Galouzeau de Villepin, Jacques Chirac tenta de dépouiller le président ivoirien élu, Laurent Gbagbo, de tous ses pouvoirs pour les remettre au mouvement rebelle. La pilule fut difficile à avaler. Le peuple ivoirien résista héroïquement à l’imposture. Les manifestations de rue succédèrent aux meetings publics et la France décida de changer de fusil d’épaule. Il fallait désormais contraindre Gbagbo à organiser des élections dont les résultats étaient connus d’avance. Point n’est besoin de rappeler toutes les péripéties de la crise ivoirienne. Nul n’ignore que le président Laurent Gbagbo a parcouru presque toutes les capitales africaines à la recherche de la paix. Il a finalement pensé que l’accord politique de Ouagadougou qui était un accord inter ivoirien était la potion qui allait soigner la Côte d’Ivoire. Au résultat, c’est raté. Nicolas Sarkozy qui, entre-temps a remplacé Jacques Chirac au palais de l’Elysée était pour Laurent Gbagbo un poison pire que Chirac.

Au terme d’une élection présidentielle organisée dans un environnement armé, la France avait désigné son élu : Alassane Dramane Ouattara. Celui pour qui le coup du 19 septembre 2002 avait été monté. Et pour l’installer au pouvoir, une guerre coloniale horrible. Des hélicoptères français et onusiens qui ont largué des tonnes de bombes sur la résidence d’un chef d’Etat en fonction.

Laurent Gbagbo capturé par l’armée française et remis à ses ennemis, les objectifs de la rébellion armée sont atteints. Combien d’Ivoiriens y ont laissé leur vie ? Sur combien de corps a-t-on marché pour parvenir au Palais ? Neuf ans après, la Côte d’Ivoire n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en plus, elle a totalement perdu sa souveraineté.

Augustin Kouyo, Notre voie

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Lybie : l’aveu de la guerre

La choquante parade prématurée des matamores franco-britanniques

George Bush avait célébré, en d’autres temps,  tour à tour sa victoire sur les talibans en Afghanistan puis en Irak. A ce jour, les talibans sont en passe de revenir à Kaboul  et l’Irak est un pays fantoche,  en guerre civile et religieuse. On a beaucoup reproché au président américain ces triomphes à la romaine largement injustifiés et démentis par la suite dans les faits.

Dans un monde où il n’y a plus de vraies victoires ni de vraies guerres, il est imprudent de se comporter en vainqueurs et la visite éclair en Libye de Sarkozy et Cameron si elle n’était pas scandaleuse, serait pitoyable et parfois divertissante.

On s’est moqué de la résolution de l’Onu

Le scandale majeur réside dans l’aveu arrogant d’une hypocrisie totale. S’il y a des vainqueurs, c’est qu’il y a un vaincu. Si le vaincu est Kadhafi, c’est donc bien que le but  recherché était sa chute et non la protection  de populations civiles. On s’est moqué de la résolution de l’Onu. On a menti et, de plus, on en est fier.

Le comportement de matamore – à l’origine quelqu’un qui se vante de tuer des maures puis par extension  des arabes et des musulmans – est prématuré. Rien ne dit que la Libye ne connaitra pas un avenir irakien ou afghan. On peut  même assurer que ce sera l’un ou l’autre, peut-être les deux à la fois.

Reste qu’il y a aussi de quoi sourire…

Quand le président français affirme qu’il n’est pas intéressé par les ressources libyennes et que sa guerre est morale, mais qu’il rajoute que « si les entreprises françaises étaient récompensées, ce serait  rendre justice au rôle de la France ». C’est de l’humour ?

Quand à l’hôpital de Tripoli il est accueilli par des «  Allah Akbar » cela  reflète bien les convictions profondes de ces « démocrates »

Quand il prononce en français un discours, parait-il gaullien, devant une foule qui ne comprend que l’arabe dialectal avec quelques mots parfois d’italiens.

Quand cette foule acclame les représentants des deux pays colonisateurs historiques du continent, faisant se retourner dans leurs tombes les libérateurs autochtones. La colonisation, la vraie a été elle aussi souvent une libération  de tyrans sanguinaires. Cela devrait faire réfléchir certains.

 N’est ni Scipion l’africain, ni Gordon le défenseur des populations civiles de Khartoum, qui veut… mais notre Lawrence des sables de la tripolitaine  peut se réjouir. Il a occulté le débat ennuyeux des candidats du Ps à la primaire.

Si par malheur pour lui la présidence française lui échappait, il pourrait toujours devenir grand mamamouchi du Fezzan et de la cyrénaïque si bien sur……. le nouveau grand turc le lui permet.

Jean Bonnevey

Libye – CNT, journalistes, fonctionnaires internationaux, etc., les nouveaux contractors de l’Oncle Sam

Interview de Jacques Borde publié sur geostrategie

Q – Comment expliquez-vous les succès des insurgés ?

Jacques Borde – D’abord, rendons à César… ou plutôt aux Otaniens ce qui leur revient. Ce sont eux qui – par leurs Guernica ininterrompus et la présence, plus qu’active, de leurs forces spéciales sur le terrain – ont obtenu les résultats militaires que nous constatons aujourd’hui. Pour l’instant, effectivement, Audaces fortuna juvat (La chance sourit aux impudents). Aux insurgés, je veux dire.

Pour le reste, attendons de voir jusqu’où iront les insurgés pro-occidentaux dans la stabilisation de ces conquêtes dans lesquelles ils n’ont, en vérité, aucune part véritable. Tout n’est pas joué. Loin s’en faut. Reconnaissons, cependant, que cette deuxième partie de la Guerre de Libye, est, à l’évidence, la plus critique pour les loyalistes, qui ont, d’ores et déjà, dû abandonner la capitale;Tripoli, aux insurgés…

Q – Pourquoi cela ?

Jacques Borde – Parce que, même si elle ne devait pas déboucher sur des gains durables, l’offensive sous égide otanienne, avait, déjà, contribué à couper le cordon ombilical qui reliait la Tripolitaine à la Tunisie et à l’Algérie. Tripoli, c’est avant tout une immense population qu’il s’agit de nourrir, soigner et prendre en charge quotidiennement. C’est sans doute, en partie, ce qui explique que les loyalistes aient choisi de ne pas s’y maintenir militairement. De manière classique, je veux dire. Car, il est à noter que les combats y perdurent entre insurgés et loyalistes.

Et l’on voit bien les difficultés qu’ont les insurgés pro-occidentaux à empêcher les mouvements de leurs adversaires et à mettre la main sur les éléments clés de la direction khadafiste qui leur échappe toujours. Sans parler des villes qu’ils n’arrivent pas encore à soumettre.

Q – Et, c’est important pour eux ?

Jacques Borde – Fondamental. Tant que persistera une forme de résistance armée et que les Kadhafi n’auront pas durablement disparu du paysage politique, la rébellion sera dans la même position que le pouvoir central somalien dans les année 90 : un pouvoir sans guère de réalité et ne contrôlant que les abords immédiats de ses instruments de puissance (bâtiments officiels, aéroports, mosquées, etc.) les plus visibles. Un peu à la manière où, en Afghanistan, le clan Karzaï ne contrôle vraiment qu’une partie de Kaboul. Et encore !

Q – Mais, cela suffit à mettre en place un pouvoir central ?

Jacques Borde – Une forme de centralité régalienne tout au plus. Mais ne nous leurrons pas. Tout comme pour l’Irak et l’Afghanistan, c’est bien tout ce que demandent les Occidentaux : une visibilité acceptable de pouvoir régalien :

Acceptable pour les media aux ordres. Qui, bien sûr, répercuteront cette vision des choses au public ;

Acceptable pour les initiateurs de l’OPA musclée lancée contre la Libye. Comme le démontre le périple de Nicolas Sarkozy et de David Cameron, soucieux qu’ils sont d’assurer à leur pays respectif les rentes promises par les insurgés pro-occidentaux. Notez que le locataire de l’Élysée ne se lance pas dans cette traversée sans biscuits où il préfère s’embarquer avec quelques 160 policiers. Prudence es mère de sûreté, dit le dicton…

Acceptable pour les chancelleries. Notez, au passage, comment Russes et Chinois, tous deux à l’apogée de leur turpitude diplomatique, ont avalisé la fable sans barguigner ;

Et, surtout, acceptable pour les multinationales du pétrole, du gaz et de l’eau qui, si elles n’ont pas besoin du retour de l’État providence créé par les Kadhafi (dont elles se contrefichent parfaitement, tout autant que des conditions de vie des Libyens) ont besoin de formes minimales d’emprise sur le terrain…

Q – Lesquelles ?

Jacques Borde – Le contrôle des axes routiers et des oléo/gazoducs, d’abord. Des sites de production, ensuite. Puis, celui, à pérenniser, des villes du pays qui, ne l’oublions pas, seront, aussi, leurs clients. Le challenge est d’autant plus énorme que ce sont désormais les insurgés pro-occidentaux qui ont le rôle le plus délicat à jouer : celui d’un pouvoir en place confronté à une Résistance.

Q – Vous pensez réellement que la Guerre de Libye n’est pas finie ?

Jacques Borde – Non. Et je ne suis pas le seul à le dire. À écouter le colonel Roland Lavoie (qui est, je vous le rappelle, le porte-parole de l’Opération Unified Protector), il faut éviter de crier victoire trop vite et rester « vigilant ». Car, dit-il, l’opération « n’est pas terminée ». Sur le terrain, la situation reste « très mouvante ». Expression qui, chez les gens comme le colonel Lavoie, signifie que nous sommes plus proches du chaos que de la rémission…

Q – Alors, que va faire l’Otan ?

Jacques Borde – L’Otan a assuré de la poursuite de son engagement au-delà de l’opération militaire initiale, « si requis et nécessaire », afin « d’assurer la stabilisation du pays ». Un rôle que revendique, également, l’Union européenne.

Q – Mais, sous quel mandat ?

Jacques Borde – Soyons sérieux un instant ! Mais, sous le même mandat, bien sûr, la résolution à géométrie variable, notre bonne vieille 1973. Voire, encore plus simple, en l’absence de tout mandat ! Pourquoi faire compliqué ?

Q – Est-ce possible?

Jacques Borde – Tout à fait. Notez bien ce qu’a dit le porte-parole de l’Alliance, Oana Lungescu, l’Otan agira, au-delà de son mandat initial, « si requis et nécessaire ». Requis par qui, me direz-vous ? Mais par le CNT, pardi. Maintenant que la fiction de sa légitimité repose sur le contrôle – qu’il soit imparfait et bancal, n’y change rien – de la capitale du pays, rien ne l’empêche d’appeler qui il veut à l’aide. Que font les Karzaï à Kaboul ? Si ce n’est y maintenir, tant bien que mal, la fiction d’un pouvoir central afghan.

Notez, par ailleurs, que cette centralité régalienne peut parfaitement aller de pair avec le chaos, passés quelques dizaines ou centaines de kilomètres. Je ne pense pas que les familles de nos jeunes soldats, qui tombent toutes les semaines le long des routes de la Kapisa afghane, me démentiront sur ce point…

Q – Et, pourquoi l’Otan ?

Jacques Borde – Parce que, simplement, c’est elle qui le dit. Plagions Bismarck : c’est la loi des armes qui fait le droit. Peut-être pas à Berne ou à Ottawa. Mais à Tripoli, oui !

Or, selon le porte-parole otanien, Oana Lungescu, l’Otan a une certaine crédibilité sur ce sujet. L’alliance pourrait ainsi apporter en particulier « une aide pour la réforme du secteur de sécurité en Libye, un domaine où l’Otan a une expérience extrêmement importante. Plusieurs alliés – d’ex-pays communiste  – ont fait cette réforme avec l’assistance de l’Otan. Expérience que l’on peut mettre à disposition de la Libye ou des autres pays de la région ».

Quant aux contours exactes de cette future mission, Lungescu a, simplement, indiqué que « cela reste à décider. Notre rôle reste un rôle d’aide, ce ne sera pas un rôle principal, et sans avoir de troupes de l’Otan sur le terrain ».

Mais, privatisation de la guerre oblige, il faudra également compter avec les Sociétés militaires privées (SMP), les notoires contractors. Et, là, c’est aux Libyens que sera présentée la facture. Comme l’écrivait Tite-Live : Bellum se ipsum alet (La guerre se nourrit d’elle-même)1.

Q – Mais, la France a joué un rôle majeur dans ce dispositif à l’Est du pays, quel rôle jouera-t-elle dans le nouveau dispositif ?

Jacques Borde – Les morceaux que Paris parviendra à arracher des mâchoires du molosse états-unien seront son lot. Et rien de plus ! Certes. Tout est effectivement parti du Djebel Néfoussa où les Français ont mis en place une base arrière d’où ils ont lancé des colonnes vers les positions loyalistes. Pour le reste, c’est le pouvoir issu du Conseil de transition qui, décidera. Et, ce, indépendamment des pourcentages, verbalement, promis à la France. Les places seront chères et rares…

Il est donc à craindre que, dans cette affaire, la France n’aura fait que tirer les marrons du feu pour le VRAI chef d’orchestre de cette guerre : Washington. Finalement, l’administration Sarkozy a agi comme une variété de contractor, ad majorem Americani gloriam, parmi d’autres…

Q – Mais en quoi, finalement, les journalistes, sont-ils, eux aussi, des contractors de l’Amérique ?

Jacques Borde – Des contractors médiatiques, pour être précis. Mais parce qu’ils contribuent à la propagande de guerre d’une des partie au conflit. Toujours la même, qui plus est, au lieu d’informer équitablement.

Je vais vous donner un exemple. A circulé en boucle – sur les chaînes dites d’information – un mini-reportage censé illustrer l’odieuse répression du régime syrien. L’on y voit clairement un homme en civil se faire entourer et frapper d’autres civils, certains portant keffieh et d’autres masqués. Il y a bien UN militaire visible à quelques dizaines de mètres, mais il semble assez occupé à raisonner, discuter, ou contrôler d’autres personnes présentes, on ne le sait pas trop. Commentaire du journaliste occidental : des militaires, à la solde du dictateur syrien, sont en train de rouer de coups un opposant !

C’est du médiamensonge pur et simple :

1. Où sont LES militaires en train de passer qui que ce soit à tabac ?

2. Qui sont ces hommes masqués ? Des miliciens ? Un groupe d’autodéfense local ? Des hommes de main ? De qui, d’un cacique du cru ? Des policiers en civil ? Pourquoi, alors, dissimuler leur visage. À ne pas être clairement identifiés et identifiables, ils risquent d’avantage de se faire tirer dessus par d’autres membres de forces de sécurité. Les règles d’engagement des forces de sécurité syriennes autorisant le recours à des tirs létaux. Comme les troupes britanniques et US, en pareil cas. Voir l’Irlande du Nord occupée et et la Nouvelle-Orléans, après Katrina. Sans parler de TOUTES les forces occupantes en Afghanistan et Irak !

3. Qui est l’homme agressé ? Un civil ? Un passant ? Un pillard ? Nul ne le sait. Par ailleurs rien – si ce n’est l’imagination fertile mais biaisée de notre commentateur – n’indique son appartenance à l’opposition. Ni à quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

4. La scène montre un environnement assez confus, avec, effectivement, DES militaires et DES civils. Les premiers ne prenant aucune part à l’incident. Les seconds, que rien n’identifie comme des miliciens ou des hommes de main inféodés à qui que ce soit.

Au fond, si nous faisions un parallèle avec les émeutes de Londres, cela reviendrait à décrire la scène d’un individu pris à partie par le groupe d’autodéfense d’un suburb londonien, comme le passage à tabac de ce même individu par des bobbies en uniforme !

Et si la scène se ramenait à quelque chose de plus basique et par trop humain ? Des habitants d’un quartier mis en coupe réglée par des obscurantistes-dijâdistes, se rattrapant de leurs frustrations sur le premier venu ? C’est aussi pour cela que les forces de sécurité syriennes affirment leur volonté de tout faire pour rétablir l’ordre républicain – la Syrie est une République Arabe, c’est même son nom officiel – et empêcher que le désordre, les pillages et la violence ne s’installent durablement. Et, oui messieurs les kollabos des Je Suis Partout2 occidentaux : si c’était Damas qui avait raison ?

Q – Mais les forces de sécurité syriennes ont la main plutôt lourde ?

Jacques Borde – Plus que les paras britanniques lors du Bloody Sunday et des émeutes du Bogside3 ? Plus que les forces d’occupation US à Falloujah ? Vous en êtes bien sur ! Rappelons que, depuis le début des troubles en Syrie, plus de CINQ-CENT policiers sont tombés sous des tirs ennemis. Soit, en quelques semaines, bientôt SEPT fois plus de pertes que l’armée française en DIX ans de présence en Afghanistan ! Au fait, question subsidiaire, combien les militaires français ont-ils tué d’Afghans ?

Arrêtons de gober le propaganda staffel états-unien. Ceux qui prennent à partie les forces de sécurité syriennes ne sont pas des Bisounours, mais des djihâdistes de marché (souvent venus de l’étranger) prêts à tout pour transformer cette petite république laïque du Levant en émirat islamique tournée vers Washington…

Q – Votre discours ne flirte-t-il pas avec une certaine islamophobie ?

Jacques Borde – Pas du tout. Notez bien que je considère – a contrario de ce qui se passe dans les autres pays du Levant arabe et suivant en cela ce que nous en dit le Patriarche de l’Église maronite, Sa Béatitude Béchara Raï  – l’expérience conduite par les musulmans et les chrétiens au Liban, et au Sud Liban, comme exemplaire. L’on y voit des chi’ites vivre en parfaite harmonie avec des sunnites, des maronites, des grecs-catholiques et, mêmes, des laïcs du PCL 4ou de l’OACL5. Pour évoquer la lutte contre l’occupant israélien, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Cheikh Na’ïm Qâssem, a même fait sienne (je ne sais plus qui en est l’inventeur) l’expression de Résistance Croyante pour parler de tous ceux qui – membres du Hezbollah, du FPLP ; du CPL6, du PCL, du PSNS7 et autres – sont tombés martyrs pour la libération de leur patrie. Désolé, de le dire, mais les vrais gaullistes ne sont plus fils d’Occident, aujourd’hui, mais du Levant ! N’a-t-on pas vu – tels, hier, le général De Gaulle et le chancelier Adenauer – le général Aoun s’asseoir à la même table que le président syrien, le Dr. Bachar el-Assad8 ?

Q – Mais, au fond, n’est-ce pas, de leur droit, de voir des gens de media, s’engager pour un camp ou un autre ?

Jacques Borde – Oui. Mais, en ce cas, qu’ils le fassent en dehors de leur travail. Car comme l’a fort bien dit, Thierry Meyssan – avec qui, je tiens à le préciser, je ne suis par toujours d’accord, ce qui ne préjuge en rien de la qualité de son travail  – « La propagande de guerre est entrée dans une phase nouvelle avec l’action coordonnées de chaînes de télévision satellitaires. CNN, France24, BBC et Al-Jazira sont devenues des instruments d’intoxication pour diaboliser des gouvernements et justifier des agressions armées. Ces pratiques sont illégales en droit international et l’impunité de leurs auteurs doit cesser ».

Or, ces media étant utilisés pour attribuer « aux gouvernements libyen et syrien des crimes qu’ils n’ont pas commis, et pour couvrir les crimes commis par les services secrets des puissances précitées et par l’Otan », ils sortent clairement de leur mission d’informer le public.

Q – Et, en quoi ce comportement est-il condamnable ?

Jacques Borde – En ce sens, et là, c’est Meyssan que je reprend, qu’au lendemain de la 2ème Guerre Mondiale, l’Assemblée générale des Nations-unies a légiféré pour interdire et condamner ce type de pratique.

La Résolution 110, du 3 novembre 1947, relative aux « mesures à prendre contre la propagande en faveur d’une nouvelle guerre et contre ceux qui y incitent », sanctionne « la propagande de nature à provoquer ou à encourager toute menace à la paix, rupture de la paix, ou tout acte d’agression ».

La Résolution 381, du 17 novembre 1950, consolide cette condamnation en condamnant la censure des informations contradictoires comme partie intégrante de la propagande contre la paix.

Enfin, la Résolution 819, du 11 décembre 1954, sur « la suppression des obstacles au libre échange des informations et des idées », pose la responsabilité des gouvernements à supprimer les obstacles qui entravent le libre-échange des informations et des idées.

C’est clair, « Le verbe, et plus encore l’image, peuvent être utilisées pour préparer les pires crimes. En l’occurrence, les intoxications de CNN, France24, BBC et Al-Jazira » sont biens constitutifs de « crimes contre la paix ».

La suite logique de ce que je viens de vous lire est que, bien évidemment, ceux de nos confrères qui pratiquent pareille propagande de guerre doivent être jugés par la Justice internationale. Alors, soyons patients. Un jour peut-être ?…

Notes :
[1] Histoire romaine, 34, 9, 12, Tite-Live. Qui signifie, plus clairement de l’armée se nourrit sur le pays.
[2] Journal de la kollaboration hitlérienne en France occupée.
[3] Le Bogside (Taobh an bhogaigh, en irlandais) est une banlieue de Derry en Irlande occupée. Lieu important du conflit nord-irlandais, elle a été le lieu de la Bataille du Bogside, en 1969, la Résistance irlandaise, appuyée par la population, l’organisant en enclave autonome sous le nom de Free Derry.
[4] Parti communiste Libanais.
[5] L’Organisation d’action communiste au Liban, fondée en 1969.
[6] Courant patriotique libre, le mouvement du général Michel Aoun.
[7] PSNS (Parti social nationaliste syrien, الحزب السوري القومي الاجتماعي, Hizb as-Suri al-Qawmi al-Ijtima’i), connu aussi sous le nom de Parti populaire syrien (PPS) ou de Parti saadiste (il a été fondé par Antoun Saadé, en 1932).
[8] Rencontre d’autant plus normale que les mésententes libano-syriennes (sauf celles instrumentalisées de l’étranger) n’ont jamais eu l’intensité des confrontations entre Berlin et Paris.

Al Qaeda obtient un siège à l’ONU !

En décidant d’attribuer le siège de la Libye au CNT/Al Qaeda, l’ONU de Ban Ki Moon accepte dans son enceinte des supplétifs terroristes de CIA & C° après avoir bafoué la souveraineté nationale d’un état nation membre de l’Organisation provoqué une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de victimes civiles au nom de l’abjecte R2P et pris parti pour ces terroristes. Il lui reste à refuser la reconnaissance de la Palestine comme état pour peaufiner sa destitution politique et morale.

L’assemblée Générale des Nations Unies a approuvé vendredi ( 114 pour 17 contre dont 15 abstentions) une résolution donnant le siège de la Libye à l’ONU au CNT c’est-à-dire reconnaissant le CNT comme représentant de tous les Libyens ce qui sur le terrain est loin d’être le cas les combats continuent dans et autour des villes pro Kadhafi et les civils libyens continuent d’en payer le prix massacrés par l’OTAN.

Contrevenant à ses règles internes puisqu’habituellement la demande d’acceptation de la représentation est faite par le chef de l’état, du gouvernement ou le ministre des affaires étrangères du pays membre, l’Assemblée Générale de l’ONU vient d’ouvrir la boîte de Pandore des renversements de régimes par la force selon qu’ils sont ou non dociles aux US/OTAN, par conséquent la possibilité pour tous les personnels de l’ONU d’être considérés comme partie prenante dans les conflits et donc pris pour cibles.

Ces terroristes d’Al Qaeda supplétifs de CIA & C° en Libye vont désormais siéger à l’Assemblée Générale notamment lors de sa prochaine cession la semaine prochaine.

Ce n’est un secret pour personne que le CNT inclus des membres d’Al Qaeda dont le groupe LIFG (Libyan Islamic Fighting Group) et son chef, Abdel Hakim Beljad désormais militairement en charge de Tripoli, directement lié à la CIA. Autre pion de la CIA/Al Qaeda, Khalifa Haftar, qui a été nommé chef du commandement rebelle le 17 Mars certains pays comme la Russie et la Chine ayant mis en garde contre les risques d’extension d’une déstabilisation régionale.

L’impérialisme américano britannique (et leur petit empereur : SarkoNapoléon) est à ce point moribond que désormais il n’hésite pas à afficher publiquement ses liens avec les terroristes d’Al Qaeda/Libye les utilisant comme supplétifs pour harasser et détruire des états nations pour qu’ils se désintègrent réduits à des groupuscules tribaux, sectaires, criminels, entre les mains de chefs de guerre vivant dans le chaos. Al Qaeda a donc repris son rôle prépondérant de « guérilla » de CIA &C° comme ce fut déjà le cas en Afghanistan et en Irak.

Non seulement Al Qaeda dispose désormais d’un siège à l’ONU mais cette organisation terroriste à la solde de CIA&C° va bientôt avoir à sa disposition -puisque l’embargo sur le pétrole libyen vient d’être levé à l’ONU alors que la zone d’exclusion aérienne reste en place pour permettre à l’OTAN de continuer à massacrer des civils libyens – tous les avoirs libyens gelés et bénéficier des ventes du pétrole libyen de quoi s’armer jusqu’aux dents pour aller déstabiliser d’autres pays dont l’Algérie voisine pour le compte de ses maîtres de Washington Londres et Paris.

A l’ONU le 23 Septembre l’Autorité Palestinienne doit présenter formellement sa demande de reconnaissance de l’état palestinien auprès du Conseil de Sécurité suivant la procédure habituelle : d’abord les 15 membres du CS siègent et lors de cette cession aucun membre n’a de droit de veto. Puis leur recommandation doit ensuite être acceptée par une réunion habituelle du CSONU où les 5 membres permanents ont un droit de veto. Les Etats Unis ont promis d’exercer leur droit de veto risquant par là même de mécontenter leur fidèle alliée dans le Golfe la Maison des Saoud. De plus le vote risque de ne pas avoir lieu immédiatement et s’enliser dans des procédures sur lesquelles Ban Ki Moon – grand serviteur des américano sionistes à la tête de l’ONU – pourrait s’appuyer et retarder la discussion du CSONU sur cette demande de reconnaissance de l’état palestinien voire la bloquer.

Après avoir admis Al Qaeda pour siéger au nom de la Libye dans l’enceinte de l’ONU, L’ONU de Ban Ki Moon pourrait parachever la destitution politique et morale de cette organisation en s’opposant par des manœuvres diverses à la création d’un état palestinien.

Le voyage du ministre de la défense israélien, Ehud Barak , à Washington est-il le signe qu’Israël est entrain de préparer un sale coup type opération sous faux pavillon pour sortir de l’impasse où le régime sioniste se trouve acculé et provoquer une guerre?

Ehud Barak est parti ce samedi soir pour Washington pour officiellement y rencontrer le ministre de la défense US Leon Panetta( ex directeur de la CIA), le directeur de la CIA David Petraeus ( ex commandant en chef de CENTCOM incluant l’Afghanistan et le Moyen Orient), et d’autres membres d’organisations sécuritaires et de services secrets US. Barak doit selon la version officielle discuter de la question palestinienne de la situation en Egypte – où l’ambassade d’Israël a été prise d’assaut récemment obligeant le gouvernement sioniste à faire appel à l’administration Obama pour pouvoir rapatrier son personnel d’ambassade y compris l’ambassadeur – ainsi que le programme nucléaire iranien, Israël n’ayant pas renoncé à une attaque « préventive » contre les installations nucléaires de l’Iran, une folie selon bien des experts militaires. Une rencontre à huit clos est également prévue pour Barak avec le Comité du Senat au cours de laquelle sera justement présenté un rapport secret sur les capacités nucléaires de l’Iran et ses soit disant actions contre les forces américaines en Irak.

A l’œuvre en coulisses dans la campagne de déstabilisation de la Syrie, Israël, de plus en plus isolé dans la région – ses ambassadeurs en Turquie en Egypte et en Jordanie rapatriés- risque de chercher à provoquer une guerre régionale via une opération sous faux pavillon impliquant les US/OTAN pour sortir de l’impasse dans lequel il s’est volontairement placé en espérant rebondir une nième fois, mais peut être à tort cette fois ci.

En attendant de plus en plus de Juifs israéliens dont un grand nombre d’artistes quittent le navire destination Berlin retour au pays d’origine.

Mireille Delamarre, Planetenonviolence

Pourquoi démembrer les Etats-Nations arabes : A qui profite ce crime contre l’humanité ???

La Conspiration sioniste pour démembrer les Etats Arabes

En 1982 le magazine en langue hébreue Kivunim (Directions), organe officiel de l’organisation sioniste mondiale a édité un article important: son titre « une stratégie pour l’Israël dans les années 80 ».

Le rédacteur de Kivunim est Yoram Beck, chef des publications, département d’information de l’organisation. En outre au sein du comité de rédaction de Kivunim siège Amnon Hadary, un membre du Palmach (Le Palmach était la force de frappe de la Haganah) est à l’origine des atrocités de 1948 en Palestine.

Israël Shahak, professeur de chimie organique à l’université hébreue à Jérusalem, et Président de la ligue israélienne pour des droits humains et civiques a traduit l’article en anglais.

Il a été édité en 1982 comme pamphlet par l’association des diplômés Arabe-Américains de l’université. Le professeur Shahak écrit:

« L’essai suivant représente, à mon avis, le plan précis et détaillé du régime sioniste actuel pour le Moyen-Orient, basé sur la division du secteur entier en de petits Etats, et la dissolution de tous les Etats arabes existants. J’en présenterai l’aspect militaire de ce plan en conclusion.

J’attire l’attention des lecteurs sur plusieurs points importants :

1. L’idée que tous les Etats arabes devraient être décomposés, par Israël en petites unités, se produit à plusieurs reprises dans la pensée stratégique israélienne. Par exemple, Ze’ev Schiff, le correspondant militaire de Ha’aretz (et probablement le plus bien informé en Israël, en la matière) définit comme le mieux qui puisse se produire pour des intérêts israéliens en Irak :

« La dissolution de l’Irak dans un état Chiite, un état sunnite et la séparation de la partie Kurde » (Ha’aretz, 2/6/1982). En fait cet aspect du plan est très ancien.

2. Le rattachement à la pensée néo-Conservatrice qui sévit aux Etats-Unis est mise en avant, particulièrement dans les notes de l’auteur.

Tandis que l’on donne l’apparence de défendre l’Ouest de la puissance soviétique, le vrai but de l’auteur, et de l’établissement israélien actuel est clair : transformer l’Israël en une puissance impériale mondiale. En d’autres termes, le but de Sharon était de tromper les Américains après avoir trompé tout le monde.

3. Il est évident qu’une grande partie des données relevées, dans les notes et dans le texte, sont déformées ou omises, comme par exemple l’aide financière des USA en Israël. Une grande partie n’est que pure fantaisie.

Cependant, le plan ne doit pas être considéré comme irréalisable sur une courte période. Ce plan suit d’ailleurs les idées géopolitiques courantes de l’ Allemagne des années 1890-1933, qui avaient été entièrement avalisées par Hitler et le mouvement nazi, et qui déterminaient leurs objectifs pour l’Europe de l’Est. Ces objectifs, qui stipulaient la division des Etats existants, ont été effectués en 1939-1941, et c’est seulement une alliance à l’échelle globale qui a empêché sa consolidation pendant une période de temps.

Israel Shahak écrit : dans ce plan, tous les Etats arabes sont réduits en fragments comme suit :

« Le monde musulman arabe n’est pas le danger stratégique principal auquel nous ferons face dans les années 80, malgré le fait qu’il représente une menace pour Israël, due à sa force militaire croissante. Ce monde, avec ses minorités ethniques, ses factions et crises internes, qui est étonnement suicidaire, comme nous pouvons le voir au Liban, dans les pays non-Arabes comme l’Iran et maintenant la Syrie, ne peut résoudre avec succès ses problèmes fondamentaux et donc,ne constitue pas une réelle menace contre l’Etat d’Israël à long terme, mais seulement à court terme car sa puissance militaire immédiate est importée.

En fin de compte, ce monde ne peut exister dans son cadre actuel autour de nous sans
devoir passer par des changements révolutionnaires véritables.

Le monde arabo- musulman est construit comme une maison provisoire avec des cartes remontées par des étrangers (la France et la Grande-Bretagne dans les années 20), sans que les souhaits et désirs des habitants aient été pris en considération.

Il a été arbitrairement divisé en 19 Etats, tous construits autour de combinaisons de minorités et de groupes ethniques qui sont hostiles les uns aux autres, de telle sorte que chaque Etat musulman arabe est voué à une destruction sociale ethnique intérieure, et dans certains Etats, une guerre civile fait rage déjà. La plupart des Arabes, ll8 millions sur 170 millions, habitent en Afrique, le reste d’entre eux en Egypte (45 millions aujourd’hui).

Etats du Maghreb :

Indépendamment de l’Egypte, tous ces Etats du Maghreb se composent d’un mélange d’Arabes et de non-Arabes Berbères. En Algérie il y a déjà une guerre civile faisant rage dans les montagnes de Kabylie entre deux nations. Le Maroc et l’Algérie sont en conflit concernant le Sahara espagnol, en plus des luttes internes dans ces Etats. L’Islam militant met en danger l’intégrité de la Tunisie et Kaddafi organise des guerres qui sont destructrices du point de vue arabe, d’un pays qui est sous peuplé et qui ne peut devenir une nation puissante. C’est la raison pour laquelle, il avait tenté de s’unir dans le passé avec l’Egypte et la Syrie.

Soudan :

Le Soudan, l’état le plus déchiré du monde arabe musulman est aujourd’hui construit sur quatre groupes hostiles entre eux, une minorité arabe musulmane sunnite règne sur une majorité d’Africains, de Païens et de Chrétiens d’Egypte non-Arabes.

Egypte :

En Egypte il y a une majorité musulmane de Sunnites faisant face à une grande minorité de chrétiens qui est dominante dans le Haut-Egypte :

ils comptent quelques 7 millions, de sorte que même Sadate, dans son discours le 8 mai, a exprimé la crainte de les voir réclamer un Etat à eux.. Il y’a quelque chose d’un deuxième Liban chrétien en Egypte.

Syrie :

Tous les Etats Arabes à l’Est de l’Israël sont déchirés, abîmés par des conflits intérieurs encore plus que ceux du Maghreb. La Syrie n’est pas fondamentalement différent du Liban
excepté dans le régime militaire fort. Mais la vraie guerre civile ayant lieu de nos jours entre la majorité sunnite et la minorité régnante de Chiite Alawi (seule 12 %
de la population) témoigne de la sévérité des troubles.

Irak :

L’Irak n’est aucunement différent de ses voisins, bien que sa majorité soit Chiite, les Sunnites minoritaires règnent.

65% de la population n’a pas droit à la parole en politique, et seule une élite de 20% tiennent le pays. En outre il y a une grande minorité Kurde dans le nord, et s’ils n’étaient pas favorables au régime régnant, à l’armée et aux revenus du pétrole, le sort de l’Irak ne serait guère différent de celui du Liban dans le passé ou de la Syrie aujourd’hui.

Les germes du conflit intérieur et de la guerre civile sont aujourd’hui apparent déjà, particulièrement après la prise de pouvoir en Iran par Khomeini, qui constitue pour les Chiites d’Irak un leader naturel.

Arabie Saoudite, Kuweit, Oman et nord Yémen :

Toutes les principautés et l’Arabie Saoudite, du Golfe sont construites sur une maison de sable dans laquelle il y a seulement du pétrole. Au Kuweit, le Kuwaiti constitue seulement un quart de la population.

Au Bahrayn, le Chiites sont la majorité mais sont privés du pouvoir. Aux Emirats Arabes Unis, les Chiites sont de nouveau la majorité mais les Sunnite sont au pouvoir. La même structure existe à Oman et au nord Yémen. Même au Yémen du sud marxiste il y a une minorité considérable de Chiites.

Dans la population de l’Arabie Saoudite, la moitié est étrangère, Egyptienne et Yéménite, mais une minorité saoudienne tient le pouvoir.

Jordanie :

La Jordanie est en réalité Palestinienne, parcourue par une minorité de bédouins de TransJordanie, mais la majeure partie de l’armée et certainement la bureaucratie est maintenant Palestinienne. En fait Amman est aussi palestinien que Nablus.

Tous ces pays ont des armées puissantes, relativement parlant.

Mais il y a un problème là aussi. L’armée syrienne est aujourd’hui la plupart du temps sunnite avec des corps de dirigeant d’Alawi, l’armée irakienne Chiite avec des commandants sunnites.

Ceci à une incidence à la longue, et c’est pourquoi il ne sera pas possible de maintenir la fidélité de l’armée à moins qu’elles aient un dénominateur commun :

L’hostilité envers Israël, et même cela aujourd’hui est insuffisant. « 

Le plan de l’Israel par Kivunim :

Les OCCASIONS POUR QUE L’ISRAEL METTE EN APPLICATION SON PLAN

« une situation orageuse entoure Israël et représente des défis pour lui, des risques mais également des opportunités de grande envergure se présentent aujourd’hui pour la première fois depuis 1967. Les occasions manquées deviennent réalisables jusqu’à envisager une expansion. Chose que nous ne pouvions même pas imaginer.

La politique de paix et de retrait des territoires occupés, exclut la réalisation de ces nouvelles opportunités. Depuis 1967, tous les gouvernements d’Israël ont circonscris leurs objectifs nationaux à des fins politiques, d’une part, et d’autre part en donnant des avis destructeurs neutralisant nos capacités ici et autour de nous.

L’erreur stratégique principale commise par l’Israël après la guerre de six jours est d’avoir échouée à prendre des mesures envers les populations arabes dans les nouveaux
territoires.

Nous aurions pu atteindre nos objectifs depuis lors si nous avions donné la Jordanie aux Palestiniens qui vivent à l’ouest du fleuve de la Jordanie. En faisant
cela nous aurions neutralisé le problème palestinien auquel nous faisons face de nos jours, alors que maintenant nous avons trouvé des solutions qui n’en sont pas réellement, telles que le compromis ou l’autonomie territoriale qui revient, en fait, à la même chose.

Aujourd’hui nous avons l’occasion de transformer la situation et c’est ce que nous devrions faire dans la prochaine décennie. Autrement nous ne survivrons pas comme Etat. « 

Le PLAN POUR RECONQUERIR LA PÉNINSULE du SINAI EN EGYPTE

« Regagner la péninsule de Sinaï avec ses ressources actuelles et potentielles est donc une priorité politique qui est obstruée par le camp David et les accords de paix. La faute se trouve naturellement dans le gouvernement israélien actuel et les gouvernements qui ont pavé la route à la politique du compromis territorial, les gouvernements d’alignement depuis 1967.

Les Egyptiens n’auront pas besoin de garder le traité de paix après la récupération du Sinaï et ils se retourneront vers le monde arabe et l’URSS afin de gagner leur appui et l’aide militaire. L’aide américaine est garantie seulement pour une période déterminée
et dans les limites de la paix. Cette situation provoquera donc une réduction de cette aide.

Sans les revenus du pétrole, nous ne pourrons financer notre expansion au delà de 1982 et nous retournerions dans les conditions où nous serions obligé d’initier le statu quo qui existait dans le Sinaï avant la visite de Sadate et l’accord erroné de paix signé avec lui en mars 1979.

Israël ne renoncera pas unilatéralement à ce traité, ni aujourd’hui, ni en 1982, à moins que l’Egypte ne soit aux abois économiquement et politiquement fournissant à Israël l’excuse pour prendre le Sinaï de nouveau et ce pour la quatrième fois de notre histoire.

Ce qui est laissé est, donc, l’option indirecte.

La situation économique en Egypte, la nature du régime et de sa politique de casserole-arabe, provoqueront une situation après avril 1982 dans laquelle Israël sera forcé d’agir directement ou afin de regagner indirectement le contrôle de Sinaï comme réserve stratégique d’énergie sur une de longue durée.

L’Egypte ne constitue pas un problème stratégique militaire à cause de ses conflits internes et elle pourrait être reconduite de nouveau à la situation d’avant 1967 en un jour. « 

LES PLANS D’ISRAEL POUR REDUIRE LES ETATS ARABES :

« L’Egypte:

L’Egypte, dans son image politique actuelle, est déjà un cadavre, à plus forte raison si nous tenons compte de la fracture grandissante entre Musulmans et Chrétiens. La division de l’Egypte au sud en régions géographiques distinctes est le but politique de l’Israël depuis les années 80. L’Egypte occidentale est divisée et déchirée.

Si l’Egypte tombe en morceaux, les pays comme la Libye, le Soudan ou même les Etats plus éloignés ne continueront pas à exister sous leur forme actuelle et joindront la chute et la dissolution de l’Egypte.

La vision d’un Etat copte chrétien en Haut-Egypte à côté d’un certain nombre d’Etats faibles avec des puissances très localisées et sans mouvement centralisé en date d’aujourd’hui, est la clef à un développement historique d’Israël qui a été seulement ralenti par l’accord de paix mais qui semble à la longue marquer le pas.

Liban :

La dissolution totale du Liban en cinq provinces sert de précédent au monde arabe entier comprenant l’Egypte, la Syrie, l’Irak et la péninsule Arabe qui suivent déjà cette voie. La dissolution de la Syrie et de l’Irak plus tard ethniquement ou religieusement en secteurs uniques comme au Liban, est la cible primaire de l’Israël sur l’avant oriental, alors que la dissolution des puissances militaires de ces Etats n’en constituent qu’un objectif à court terme.

Syrie :

La Syrie tombera en morceaux, selon sa structure religieuse ethnique, comme le Liban de sorte qu’il y ait un Etat de Chiite Alawi le long de sa côte, un Etat sunnite dans la région d’Alep, un autre Etat sunnite à Damas hostile à son voisin nordique, et les Druzes qui établiront un Etat, même peut-être dans notre Golan, et certainement dans le Hauran et en Jordanie nordique. Cet Etat en question sera la garantie pour la paix et la sécurité dans le secteur à la longue, et cela fait déjà partie de nos objectifs d’aujourd’hui.

Irak :

L’Irak, riche en pétrole d’une part et intérieurement déchiré de l’autre, est garantie comme cible d’Israël. Sa dissolution est bien plus importante pour nous que celle de la Syrie.

L’Irak est plus fort que la Syrie. À court terme c’est une puissance irakienne qui constitue la plus grande menace à Israël. Une guerre Irako-Iranienne fera chuter l’Irak avant qu’il puisse organiser une lutte élargie contre nous.

Chaque confrontation inter-Arabe nous aidera à court terme pour mener au démantèlement de l’Irak, de la Syrie et du Liban.

En Irak, une division dans des provinces le long de lignes ethniques et religieuses comme en Syrie au temps des ottomans est possible.

Trois (ou plus) Etats existeront autour des trois villes principales : Régions de Bassora, de Bagdad et de Mossoul.

Les Chiite au sud séparé du nord sunnite et Kurde. Il est possible que la confrontation Irano-Irakienne actuelle approfondira cette polarisation.

Arabie Saoudite :

La péninsule Arabe entière est une cible normale à la dissolution due aux pressions internes et externes, et cela est inévitable particulièrement en Arabie Saoudite.

Même si sa force économique basée sur le pétrole demeure intacte ou si elle est diminuée à la longue, les dissensions internes sont de plus en plus apparent.

Jordanie :

La Jordanie constitue une cible stratégique immédiate à court terme seulement, parce qu’elle ne constitue pas une vraie menace à long terme après sa dissolution. Il n’y a aucune chance que la Jordanie continue d’exister dans sa structure actuelle.

La politique d’Israël, dans la guerre et dans la paix, doit être d’entreprendre la liquidation de la Jordanie sous le régime actuel et de conduire au transfert du pouvoir à la majorité
palestinienne. Changer le régime à l’Est du fleuve causera également l’arrêt du problème démographique des Arabes à l’ouest de la Jordanie.

Pendant la guerre ou dans des conditions de paix, l’émigration des territoires et le gel démographique économique, sont les garanties pour le prochain changement sur les deux bords du fleuve, et nous devons être actif afin d’atteindre cet objectif dans un futur proche.

Le plan d’autonomie doit également être rejeté, aussi bien que n’importe quel compromis ou division des territoires ainsi que les plans de l’OLP et ceux des Arabes israéliens eux-mêmes, ainsi que le plan de Shefa’amr de septembre 1980.

Il n’est pas possible de continuer à vivre dans ce pays dans la situation actuelle sans séparer les deux nations, les Arabes en Jordanie et les juifs à l’ouest de la rivière.

La co-existence règnera seulement quand les Arabes comprendront que sans Etat juif de l’Ouest de la Jordanie vers la mer, ils n’auront ni existence ni sécurité. Ils n’auront de nation qu’en Jordanie.

En Israël la distinction entre les territoires de 67 et ceux de 48, a toujours été insignifiante pour les Arabes et n’a plus de signification pour nous.

Le problème devrait être vu dans sa totalité, sans aucune division en date de 67. Il devrait être clair, dans la future situation politique ou constellation militaire, que la solution du problème des Arabes indigènes viendra seulement quand ils reconnaîtront l’existence d’Israël jusqu’au fleuve de la Jordanie et au-delà. Ce besoin est vital en cette époque difficile, celle du nucléaire dans laquelle nous entrons. Il n’est plus possible que les trois quart de la population juive vivent sur un rivage si dense et dangereux, à l’ère du nucléaire. La dispersion de la population est donc un but stratégique d’ordre suprême ; autrement, nous cesserons d’exister.

Judée, Samarie et la Galilée sont notre garantie unique pour l’existence nationale, et si nous ne devenons pas la majorité dans les secteurs de montagne, nous ne régnerons pas dans le pays et nous serons comme les croisés, qui ont perdu ce pays qui n’était pas à eux de toute façon, et dans lequel ils étaient des étrangers au début.

Rééquilibrer le pays démographiquement, stratégiquement et économiquement est le but principal aujourd’hui.

S’emparer de la ligne de partage de montagne de Beersheba en Galilée supérieure est stratégique afin de coloniser la partie montagneuse du pays où il n’y a aucun juif
aujourd’hui. »

Source : FreeArabVoice, le 22 juillet 2000

Traduction : Convergence des Causes

Dsk chez Chazal – une interview surréaliste

On attendait des excuses, on a eu droit à des leçons.

Dsk ne s’est pas excusé. Il a reconnu une faute morale et affirmé que c’en était fini avec  ses « légèretés ». Un terme soigneusement choisi mais qui montre bien le décalage entre l’analyse de son comportement et le sentiment de la majorité de l’opinion publique.

Les femmes seront déçues, comme les 53 % des français qui auraient voulu le voir dès  ce dimanche soir, renoncer à toute carrière publique.

Il considère  avoir bénéficié d’un non lieu. Il se dit innocenté par l’abandon des poursuites pénales  et s’insurge contre le procès au civil. Il  a laissé entendre qu’il allait enquêter sur le piège ou le complot dans lequel il soupçonne être tombé. On sent bien qu’il a une idée derrière la tête. Il dénonce l’attitude des responsables  de l’hôtel comme  certains de ses partisans qui avaient mis en cause la proximité des dirigeants du  groupe Sofitel avec l’Elysée.

Ce qui est  surprenant, c’est la longueur de l’entretien consacré  à l’ analyse économique de l’ancien président du Fmi. Ce n’était peut être pas le soir, c’était en tout cas trop tôt. Dsk n’est pas en mesure de donner des leçons seraient-elles économiques.

Ce comportement  démontre que l’homme a confiance en lui et même en un avenir politique d’analyste économique. On lui a d’ailleurs  largement tendu la perche.

Pour un retour : le choix singulier d’une chaîne privée

On peut s’étonner de cette tribune dans le JT le plus regardé de France et dont  les patrons de chaine  sont proches du président Sarkozy.  Claire Chazal a été habilement objective et a posé les bonnes questions sauf sur la partie économique faite pour valoriser l’homme et même le relancer. Et cela peut paraitre complètement téléphoné,

On peut aussi s’interroger sur le choix de Claire Chazal, ancienne collègue de travail d’Anne Sinclair et même plus, une amie. Elle lui a manifesté durant cette dernière période une compassion prononcée. Dans quel autre pays démocratique cela serait-il possible ? Poser la question c’est y répondre.

Claire Chazal, l’amie compatissante 

Par cette relation Chazal/Sinclair, Dsk connaissait-il  les questions et le scénario, comme on pourrait s’en douter ? Il aurait dû être interrogé par plusieurs journalistes et sur des questions uniquement relatives à l’affaire.

L’homme est  talentueux. S’il reconnait une faute « morale » , principalement vis-à-vis de son épouse, il n’avoue aucune « addiction » sexuelle. Bien plus, il ne dit rien de ce qui s’est passé dans la suite 2806. Or il s’est bien passé quelque chose. Il aurait dû donner sa version au lieu de démolir les versions de son accusatrice et de s’abriter derrière le rapport du procureur Cyrus Vance.

En somme, il n’en dit pas assez sur « l’affaire » et trop sur sa vision de la situation économique du monde.

Dsk n’a pas compris que les français  souhaitaient, contrairement aux journalistes, que l’on tourne la page et qu’il disparaisse dans son riad de Marrakech. Il pourra toujours y inviter Jack Lang, toujours le premier à s’exprimer et à le soutenir.

Raoul Fougax