Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Dsk chez Chazal – une interview surréaliste

On attendait des excuses, on a eu droit à des leçons.

Dsk ne s’est pas excusé. Il a reconnu une faute morale et affirmé que c’en était fini avec  ses « légèretés ». Un terme soigneusement choisi mais qui montre bien le décalage entre l’analyse de son comportement et le sentiment de la majorité de l’opinion publique.

Les femmes seront déçues, comme les 53 % des français qui auraient voulu le voir dès  ce dimanche soir, renoncer à toute carrière publique.

Il considère  avoir bénéficié d’un non lieu. Il se dit innocenté par l’abandon des poursuites pénales  et s’insurge contre le procès au civil. Il  a laissé entendre qu’il allait enquêter sur le piège ou le complot dans lequel il soupçonne être tombé. On sent bien qu’il a une idée derrière la tête. Il dénonce l’attitude des responsables  de l’hôtel comme  certains de ses partisans qui avaient mis en cause la proximité des dirigeants du  groupe Sofitel avec l’Elysée.

Ce qui est  surprenant, c’est la longueur de l’entretien consacré  à l’ analyse économique de l’ancien président du Fmi. Ce n’était peut être pas le soir, c’était en tout cas trop tôt. Dsk n’est pas en mesure de donner des leçons seraient-elles économiques.

Ce comportement  démontre que l’homme a confiance en lui et même en un avenir politique d’analyste économique. On lui a d’ailleurs  largement tendu la perche.

Pour un retour : le choix singulier d’une chaîne privée

On peut s’étonner de cette tribune dans le JT le plus regardé de France et dont  les patrons de chaine  sont proches du président Sarkozy.  Claire Chazal a été habilement objective et a posé les bonnes questions sauf sur la partie économique faite pour valoriser l’homme et même le relancer. Et cela peut paraitre complètement téléphoné,

On peut aussi s’interroger sur le choix de Claire Chazal, ancienne collègue de travail d’Anne Sinclair et même plus, une amie. Elle lui a manifesté durant cette dernière période une compassion prononcée. Dans quel autre pays démocratique cela serait-il possible ? Poser la question c’est y répondre.

Claire Chazal, l’amie compatissante 

Par cette relation Chazal/Sinclair, Dsk connaissait-il  les questions et le scénario, comme on pourrait s’en douter ? Il aurait dû être interrogé par plusieurs journalistes et sur des questions uniquement relatives à l’affaire.

L’homme est  talentueux. S’il reconnait une faute « morale » , principalement vis-à-vis de son épouse, il n’avoue aucune « addiction » sexuelle. Bien plus, il ne dit rien de ce qui s’est passé dans la suite 2806. Or il s’est bien passé quelque chose. Il aurait dû donner sa version au lieu de démolir les versions de son accusatrice et de s’abriter derrière le rapport du procureur Cyrus Vance.

En somme, il n’en dit pas assez sur « l’affaire » et trop sur sa vision de la situation économique du monde.

Dsk n’a pas compris que les français  souhaitaient, contrairement aux journalistes, que l’on tourne la page et qu’il disparaisse dans son riad de Marrakech. Il pourra toujours y inviter Jack Lang, toujours le premier à s’exprimer et à le soutenir.

Raoul Fougax

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