Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: septembre 22, 2011

Il parait que les parias de la planète se portent bien !!!

Tout irait à merveille en zone franc. N’évoquez surtout pas, auprès des dirigeants des 14 Etats utilisant le Cfa, la tempête monétaire qui secoue la terre entière. Pas forcément qu’ils sont de mauvaise foi. À dire vrai, ils n’ont jamais géré une monnaie propre, après un cinquantenaire d’appartenance aux nations unies. Seule zone monétaire au monde où les pays membres (tous indépendants depuis 51 ans) ont volontairement renoncé à toute appropriation d’expertise en matière monétaire. A l’ancien colon de décider, pour eux, des orientations économiques, des flux des capitaux sur le marché international, de la gestion des dettes, pire, de la tutelle auprès des institutions financières internationales. Vus d’Afrique francophone (espace Cfa), les tourments des places boursières ne constituent que de vagues spasmes médiatiques lointains. Pour ce qui concerne la réflexion et les mesures éventuelles face à la prétendue crise, « l’ancienne puissance tutélaire, la France y pourvoira » !

Le devenir économique ayant été confié à la France, les régimes africains consommateurs du Cfa peuvent se préoccuper d’autres choses. Seul débat digne d’intérêt auprès des élites locales : la longévité au pouvoir (révision constitutionnelle, nombre et durée de mandat). Sénégal, Cameroun, Bénin, Burkina Faso, Togo, Congo Brazzaville, Tchad, Guinée Bissau.

Quand certains ne sont carrément pas occupés à se tirer dessus. Cela ne veut pas dire que nos princes sont dépourvus de visions économiques. De Dakar à Libreville en passant par Lomé, Cotonou, Yaoundé, N’djamena et les autres, une incantation fait fureur depuis plusieurs années déjà : émergence économique. Chacun y ajoute quelques variantes avec les « grandes réalisations » de Paul Biya, les « grandes réformes » de Bongo fils, la « refondation » de Yayi. Mais jamais, au grand jamais, la moindre velléité de s’autonomiser vis-à-vis du parrain monétaire. La ligne rouge ! « La France y pourvoira » !

Sans exiger une rébellion de la part des 14 Etats « assistés monétaires », on peut néanmoins se préoccuper de l’absence totale de débats voire de consciences nationales sur la question de la monnaie. Il a fallu que Gbagbo soit privé de ressources pour que son régime vacillant et au bord de l’agonie se conjecture sur la nécessité d’une monnaie nationale, le temps que les bombes venues de Paris finissent de le déloger de son bunker.

Depuis, la page a été tournée. La sécurité de nos économies continue d’être assurée par les fameux conclaves entre les ministres des Finances de la zone franc et celui du parrain français. Deux séances par an, pas plus. Le sort de 14 trésors publics réglé en deux réunions l’an. Pendant qu’on se languit sous les tropiques en zone franc, l’Elysée déborde d’initiative dans la recherche de solutions face au calvaire du Cac 40 (principal indice boursier de Paris).

L’Euro sensée être une assurance tous risques pour la zone Cfa, parlons-en ! Une Europe loin d’être le modèle de solidarité par excellence lorsqu’on voit les réticences des Allemands à toute assistance financière à la Grèce ou à d’autres pays européens en crise. Le débat fait d’ailleurs rage sur l’opportunité de maintenir l’Euro en tant que monnaie ou pas, à voir le nombre sans cesse croissant de ces propres éclopés (Irlande, Grèce, Espagne, Italie…). Or c’est sur cet espace en plein doute que se reposent curieusement les espoirs des africains francophones. Mais comme d’habitude : « la France y pourvoira » même en cas de fragilisation voire de disparition de la monnaie européenne. Le dessein est désormais clair, jamais les Africains utilisateurs du Cfa (Compagnie française d’Afrique) ne devraient agir par eux-mêmes en matière d’option économique indépendamment des vœux du parrain.

La France, terre de blanchiment de l’argent des dictatures africaines, pourvoira à nos misères !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Les débiteurs du FNPEEJ

BENIN – La directrice générale du Fonds National de l’Entreprise et de l’Emploi des Jeunes (Fnpeej) a rendu publique la liste des débiteurs dans  « ses  » journaux, dans le dessein de pouvoir atteindre les acteurs, sinon, les complices de ce scandale dont on ne saurait pardonner ni les acteurs ni les promoteurs en charge de ce dossier sulfureux.

Ce sont les mêmes débiteurs d’hier qui se retrouvent encore sur la liste du déshonneur. Et pour tordre le cou à l’exemplarité républicaine, un des débiteurs a été promu très récemment en conseil des ministres…suivez mon regard. Piteuse République, pour reprendre une expression de Christophe Barbier.

Voir la Liste des débiteurs insolvables du FNPEEJ en cliquant ici

Afrique : la saga des imbéciles heureux !

Ils ont le vent en poupe. Ils sont même dans la poupe du vent. Ils sont tous des frères dits de lumière. Ils sont les plus écoutés, les seuls à être écoutés, et ils se donnent en spectacle dans la presse nationale et internationale ou lors des sommets organisés par les puissances colonialistes. Ils connaissent l’ataraxie, bien rarissime, bonheur inépuisable, bonheur parfait, à l’état brut.

Voyage de plaisance par-ci voyages inutiles par-là, la collaboration avec l’agresseur est leur credo. Et pourquoi pas ? La collaboration reste le business le plus rentable de nos jours. Juste quelques investissements sous la forme d’applaudissements accompagnant les coups de canon et alors la récompense tombe : Président de Conseil National de Transition, Chef de l’Etat reconnu par la Communauté Internationale, la Seule Autorité légitime du pays, Chef de la Révolution, et j’en passe.

Mais ne pleurez pas devant ce triste spectacle. Ces spécimens éhontés qui font la pluie, le beau temps et les malheurs de l’Afrique, ce ne sont que des imbéciles heureux !

Ce n’est pas une injure. L’imbécile heureux, est un concept philosophique qui désigne une personne qui est heureuse par ignorance, heureuse parce qu’elle croit qu’elle sait alors qu’elle ne sait pas, heureuse parce qu’elle n’est pas consciente qu’elle est malheureuse ou qu’elle le sera si elle demeure dans la situation qui la rend heureuse. C’est donc un imbécile candide, naïf, superficiel, aux allures égoïstes, au triomphe saisonnier, à l’avenir précaire.

Et ils pilules partout. Imbéciles heureux, téméraires et nombreux au Sénégal. Imbéciles heureux, patriarches et conservateurs, au Cameroun. Imbéciles heureux, naïfs et sous lettrés en RD Congo. Imbéciles heureux, terroristes et renégats en Libye. Imbéciles heureux, voyous, voleurs et apatrides en Côte d’Ivoire. Imbéciles heureux, tout simplement imbéciles et heureux au Togo, etc. etc. Il y en a partout et tous sont nuisibles à l’Afrique.

Ce qu’ils savent sans savoir qu’ils ne le savent pas, c’est qu’ils ne savent pas que le Colon n’a pas d’ami mais des intérêts. Et qu’avant eux, des ancêtres imbéciles heureux ont connu des jours, voire des décennies de gloire pour récompenser leur soumise et arriviste collaboration, lorsqu’il s’est agit d’éteindre la Lumière Patrice Lumumba ou Sékou Touré ou encore Thomas Sankara.

Ils ne savent pas, croyant savoir, que c’est la magouille que l’homme blanc te propose aujourd’hui pour te permettre d’amasser sans avoir semé ou d’amasser ce que le peuple a semé, qu’il va brandir demain pour justifier leur livraison à la potence.

Ce qu’ils ne savent pas en croyant dur comme fer que ça n’arrive qu’aux autres, c’est que le collabo du Colon finit toujours au pilori, sauf s’il a la chance de crever d’une opération de la prostate qui a mal tourné.

Dans tous les cas, aucun imbécile heureux ne finit heureux. Cela est une vérité cartésienne.

Alors vivre comme un imbécile heureux, c’est être un imbécile qui trahit la Mère Afrique par arrivisme politique. Etre un imbécile heureux, c’est rechercher le bonheur de soi, de ses proches parents et amis, en détruisant celui de la multitude. Etre imbécile heureux, c’est applaudir quand les bombes sont larguées sur la tête d’un pays autrefois ami mais trahi pour s’offrir un court instant de corruption morale et de reconnaissance internationale.

Etre imbécile heureux, c’est s’appeler fratricide, puis livrer le son pays, à la françafrique. Etre imbécile heureux, c’est se faire passer pour un Universitaire, bardé de diplômes et être comme on est devenu, un juriste ou économiste ou ingénieur qui fait la honte de la jeunesse africaine qui a cru en cette noble discipline qui est la sienne. Et les autres, vous vous reconnaîtrez, êtes tous les mêmes. Incompétents, sans aucune vision, incapables de penser un développement réel et réalisable, mais heureux d’être ce que vous êtes, là où vous êtes.

Je ne vous insulte pas. Je ne fais que philosopher. Dans tous les cas, être un imbécile et heureux, n’est-ce pas le but de notre existence ? Sinon, pourquoi faites vous ce que vous faites à l’Afrique ?

Alors imbéciles et heureux, vous l’êtes, et permettez que j’en parle. Et ce ne sont pas vos yeux rouges de rage et de colère qui m’en dissuaderont. Car un lion, est lion. Et un chien, reste un chien. Alors un imbécile heureux, ne reste qu’un imbécile heureux.

Et ne venez pas vous plaindre chez moi. Je n’ai pas inventé la Philosophie. Regardez du côté de la Grèce.

Je vous vois. Et nous vous connaissons étant comme tels. Tous heureux comme des verres de terre, pour avoir trouvé un peu de poussière et d’eau, du côté de l’envahisseur, ennemi de la Dignité de Mon Afrique !

Et pourtant vous n’êtes point heureux, pour ce que je sais. Obligés comme vous êtes d’user de dictature, de mensonge, de simulacres, de prestidigitations, pour abuser de la naïveté de cette multitude dont la bonne foi en a fait une proie électorale à la merci de ces imbéciles heureux sans vergogne.

C’est pourquoi la Lumière de la Révolution Permanente ne s’éteindra plus jamais. Et tous parviendront à la lumière afin que vos beaux jours deviennent des cauchemars et des totems de famille ou de clans. Ce n’est pas une menace. Je ne fais que vous prédire un destin à court terme. Car l’Afrique en a besoin.

A très bientôt.

Hassane Magued

Les raisons cachées de la partition du Soudan

Les raisons cachées de la partition du Soudan

Depuis sa création, Israël a toujours redouté les pays arabes islamistes, notamment, en Afrique, l’Egypte et le Soudan, à cause de la présence dans ces pays d’un pouvoir intégriste qu’il considère comme dangereux pour sa sécurité. En plus, le pouvoir soudanais a toujours coopéré avec les ennemis traditionnels de l’État hébreu. Lorsque Nasser s’est rapproché des Soviétiques après le refus américain de financer le barrage d’Assouan, l’Egypte devint un ennemi juré d’Israël. Pour cette raison, Nasser a fini par être assassiné et remplacé par un modéré pro Américains. Entouré par des pays ennemis, Israël a cherché à se tourner vers l’Afrique pour s’assurer un espace essentiel de sa survie, briser son isolement et  construire une ceinture de sécurité. Pour contrecarrer la politique arabe en Afrique, il a noué des alliances avec des pays non arabes, il s’est rapproché de l’Ethiopie, de l’Ouganda, du Zaïre de Mobutu, du Ghana de Kwame N’krumah, du Cameroun d’Ahidjo et de Paul Biya (Israël a organisé les écoutes téléphoniques dans ce pays) et d’autres pays comme l’Iran, la Turquie et certaines minorités comme les druzes, les maronites, les Kurdes, les phalangistes au Liban, les royalistes au Yémen. Israël s’est appuyé sur l’Ethiopie (l’Erythrée était encore sous le contrôle de l’empereur Hailé Sélassié) pour sécuriser la mer Rouge et surveiller toute action subversive en provenance d’Egypte ou du Soudan. Israël a entraîné des troupes d’élite de Hailé Sélassié sur la base militaire d’Asmara gérée par les Américains. Le Soudan, qui partage avec l’Égypte une longue frontière de 716 kilomètres de côte sur la mer Rouge, a toujours constitué une source de grande inquiétude pour Israël, car sa séparation d’avec l’Egypte ne date que de 1956. Au XIXe siècle, la grande partie du territoire soudanais actuel a été annexée à l’Egypte qui fut une province de l’Empire ottomane. Le Négus déclarait appartenir au monde juif. C’est donc par l’Ethiopie, où Israël a ouvert sa première ambassade dès 1956, que l’État hébreu a pénétré les nouveaux pays africains après 1960. Israël s’est appuyé sur un argument de poids : la communauté de souffrance entre Juifs et Noirs mais les Africains ignoraient que pendant ce temps Israël composait avec la France qui est une puissance néo-coloniale et qu’il servait les intérêts des Américains dans leur lutte contre la progression du communisme en Afrique. L’Etat hébreu luttait contre les pays africains soutenus par les pays arabes.

Au lendemain de l’indépendance, le Soudan, qui est le plus grand pays d’Afrique, présente une situation particulière. La partie Nord qui gouverne le pays est composée de musulmans qui ne peuvent composer avec Israël tandis que le Sud est occupé par les Chrétiens. Devant cette réalité, Israël a décidé de soutenir les rebelles noirs et chrétiens du Sud dans le but de punir le pouvoir islamiste soudanais qui avait soutenu le camp des pays arabes durant la guerre des Six Jours. Israël a également noué des relations très étroites avec l’Ouganda, en soutenant ouvertement Idi Amin Dada qui a suivi sa formation militaire en Israël afin de surveiller le nord du Soudan de plus près à partir du Sud-Soudan. Israël s’est rapproché du Sud avec l’intention cachée de contribuer à l’éclatement du pays. L’État hébreu, qui a été rejoint par les États-Unis et la Grande-Bretagne dans son combat contre le Soudan, n’a jamais abandonné son idée de contribuer à la division du Soudan afin d’affaiblir ce pays et d’avoir un contrôle sur la partie Nord.

La guerre froide a gelé la poursuite de cette stratégie qui n’a finalement été réactivée qu’après le départ de l’URSS du continent. Le passage du pétrole soudanais entre les mains de la Chine a renforcé la conviction de faire éclater le Soudan. Israël s’est appuyé sur le soutien américain et sur les hommes de l’ombre pour faire aboutir ce projet. Les uns et les autres ont toujours pensé qu’ils ont l’obligation de lutter contre un ennemi commun : l’islamisme. Ils ont comploté ensemble pour éliminer Nasser, parce qu’il a nationalisé le canal de Suez (le 26 juillet 1956) sans l’accord des initiateurs et parce qu’il s’est retourné vers l’URSS contre les Anglo-saxons, de la même façon, ils ont coopéré ensemble pour parvenir au partage du Soudan entre le Nord musulman et le Sud chrétien.

Pour les raisons ci-dessus, les Anglo-Saxons et Israël ont exploité à fond le narcissisme des Sud-Soudanais pour les opposer aux Nord-Soudanais afin de diviser leur pays mais les Sud-Soudanais, surexcités par l’idée de devenir indépendants, ont oublié que les Anglo-Saxons et Israël travaillent pour leurs propres intérêts et jamais pour ceux des Soudanais.

Il n’y a pas que le Soudan qui est concerné par un conflit religieux dans le pays. Le même problème se pose avec acuité en Irlande entre protestants et catholique mais quelle est cette puissance qui a cherché à diviser l’Irlande pour résoudre ce conflit religieux dans ce pays ?

Le Soudan séparé, il deviendra facile de mettre la main sur son pétrole. Seulement les raffineries se trouvent au Nord du pays ! Pendant que les pays du Nord se regroupent (Union européenne, ALENA, CEI), on émiette les pays du Sud pour les affaiblir.

Il y a une communauté d’intérêt entre les États-Unis et Israël qui a mené de nombreuses actions en Afrique pour le compte de la CIA.

Après la division du Soudan, la RD Congo va-t-elle devenir le prochain point de mire, sera-t-elle la prochaine cible ?

Par Dr Fweley Diangitukwa, Politologue et écrivain

Sources :
Fweley Diangitukwa, Stratégies pour la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir, Saint-Légier (Suisse), éditions Monde Nouvevau/Afrique Nouvelle, 2011, 236 pages ;
– Pierre Péan, Carnages. Les guerres secrètes es grandes puissances en Afrique, Paris, Fayard, 2010, 570 pages ;
– Charles Onana, Menaces sur le Soudan et révélations sur le procureur Ocampo. Al-Bashir et Darfour. La contre-enquête, Paris, Duboiris, 2010, 475 pages ; Ces tueurs tutsi au coeur de la tragédie congolaise, Paris, éd. Duboiris, 2009, 317 pages.

Manipulations américaines à l’ONU contre la reconnaissance de l’Etat palestinien

Le courrier international

Le directeur du quotidien panarabe Asharq Al-Awsat dénonce les pressions de Washington pour inciter des Etats membres du Conseil de sécurité à se prononcer contre la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Le siège symbolique apporté par la délégation palestinienne à l’ONU, New-York, le 15 septembre 2011.

L’Allemagne, la Colombie et les Etats-Unis, bien sûr, menacent de voter contre la reconnaissance d’un Etat palestinien à l’Assemblée générale de l’ONU. Pour le reste, c’est le flou qui domine. Le Conseil de sécurité comporte quinze membres, et si neuf d’entre eux donnent leur accord, la Palestine deviendra un Etat. A moins évidemment que la représentante américaine, Susan Rice, ne lève la main pour opposer son veto.

C’est très simple de lever la main, mais l’administration américaine aimerait quand même ne pas y être contrainte. Il lui suffit de convaincre suffisamment de pays pour faire capoter le vote sans avoir besoin de recourir à ce geste embarrassant.

Les Etats-Unis font donc pression sur trois pays au moins, à savoir la Bosnie, le Nigeria et le Gabon. En effet, la Bosnie [un Etat à majorité musulmane] refuse pour l’instant de promettre qu’elle votera pour la création de l’Etat palestinien. Choquant ! Choquant comme l’attitude du Hamas iranien – pardon, palestinien –, qui a critiqué, de concert avec Benyamin Nétanyahou, le voyage du président de l’Autorité [palestinienne Mahmoud Abbas] à New York et a mis en doute sa fonction. Heureusement que le Hamas n’a pas de droit de veto au Conseil de sécurité.

Puis il y a notre ami le Nigeria. Malgré tous les liens que nous [les musulmans] avons avec lui dans le cadre de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et de l’Union africaine, il n’a pas non plus décidé s’il voterait en faveur des Palestiniens ou des Israéliens.

Nous ne nous faisons pas d’illusions. Nous savons que le projet d’un Etat palestinien ne se réalisera pas. S’il ne bute pas sur le nombre de votes, il butera sur le veto américain. Il n’en reste pas moins que c’est une des batailles les plus importantes qu’ait connues l’ONU. Elle mettra tout le monde face à cette réalité : l’idée d’un Etat palestinien fait l’objet d’un quasi-consensus international. Un consensus qui ressemble à celui qui existait pour mettre un terme au régime raciste des Blancs en Afrique du Sud.

L’administration de Barack Obama sait qu’elle se retrouvera dans une situation embarrassante si elle entre dans l’Histoire comme celle qui a privé les Palestiniens de leur Etat. Un Etat qu’elle avait pourtant promis de soutenir. Tout le monde regardera la scène au Conseil de sécurité, le 23 septembre. Si les Palestiniens réussissent à rassembler les neuf voix nécessaires, mais que Washington oppose son veto, une vague de colère montera contre les Etats-Unis. Et ce au moment où ils ont précisément besoin d’avoir de bonnes relations avec les pays de la région, en pleine transition.

La bataille agite également l’Assemblée générale, où, depuis hier [20 septembre] et pendant neuf jours, les 193 Etats du monde sont réunis pour débattre. Parmi eux, 116 sont quasiment acquis au vote en faveur des Palestiniens. Pour le camp arabe, il est important de rassembler le plus grand nombre possible de pays européens. Ceux-ci se diviseront en fonction des intérêts qu’ils ont avec Washington et Tel-Aviv.

Ce sera une occasion d’étaler puissamment le soutien international aux Palestiniens. Cela augmentera l’embarras d’Israël et des Etats-Unis. Ce peuple qui jouit du soutien de la majorité des peuples, comment peut-on lui refuser un siège dans cette organisation censée représenter à égalité les nations du monde ?

Chavez soutient les Palestiniens, dans une lettre à l’ONU

Le président vénézuélien Hugo Chavez a envoyé mardi une lettre au chef de l’ONU Ban Ki-moon dans laquelle il soutient la démarche des Palestiniens visant à obtenir l’admission de leur Etat à l’ONU, affirmant que ce serait « un acte de justice historique. »

M. Chavez, qui ne peut participer cette année à l’Assemblée générale annuelle des Nations unies car il suit un traitement de chimiothérapie à Cuba pour combattre un cancer, déclare dans cette lettre que le Venezuela soutient pleinement « le droit de la Palestine de devenir un Etat libre, souverain et indépendant. »

« Ce serait un acte de justice historique à l’égard d’un peuple qui subit, depuis des temps immémoriaux, toute la douleur et la souffrance du monde, » ajoute-t-il dans sa lettre adressée à M. Ban.

« La cause palestinienne est tout d’abord définie par les injustices dont ce peuple a souffert et continue à souffrir. Et j’ose ajouter que la cause palestinienne représente aussi la volonté constante et inflexible de résister, » dit encore M. Chavez.

Il critique également « Israël » et les Etats-Unis, ces derniers ayant menacé d’opposer leur veto à la démarche palestinienne au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le dirigeant vénézuélien réitère également une affirmation qu’il a déjà faite, selon laquelle « le modèle des Nations unies est devenu obsolète ».

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=31416&cid=18&fromval=1

Le double « coup » économique et diplomatique de l’aide des « Brics » à l’Europe

Les pays du BRICS, anciens pauvres, au secours de l’économie européenne ?

A l’initiative du Brésil, les « Brics » vont se réunir ce jeudi à Washington, en marge de la réunion du Fonds monétaire international (FMI), afin de discuter des possibilités qui s’offrent à eux pour venir en aide à l’Europe.

A l’initiative du Brésil, les cinq « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) vont se réunir ce jeudi à Washington, en marge de la réunion du Fonds monétaire international (FMI). Ils discuteront des possibilités qui s’offrent à eux pour venir en aide à l’Europe, et le Brésil tentera de convaincre ses partenaires émergents qu’il s’agit d’une opération « gagnant-gagnant ». Pour les émergents, le bénéfice de « sauver l’Europe » apparaît doublement intéressant.

D’un côté, ils minimisent les risques de défaut de paiement des pays périphériques (même si ce sera peut-être trop tard pour la Grèce), ce qui éviterait un séisme mondial qui les toucherait forcément.

Diplomatiquement, le « coup » serait éclatant : une confirmation du fait que les Brics sont devenus en une décennie des acteurs majeurs de l’économie mondiale. Par un cruel retournement de l’histoire, ce sont les pays qui hier bénéficiaient de l’aide internationale qui doivent voler au secours des pays « riches ». La presse brésilienne, mais aussi mondiale, ne manque pas de souligner l’ironie de la situation. Il y a à peine neuf ans, en 2002, le Brésil recevait 30 milliards de dollars d’aide d’urgence de la part du FMI…

Contribuer davantage au FMI

Les discussions de jeudi porteront donc sur deux axes : un possible investissement dans les obligations souveraines les plus en danger de la zone euro (Espagne, Italie, Portugal, Irlande), et une augmentation de la contribution des Brics au FMI. Le Brésil est d’ailleurs déjà actif sur le marché européen de la dette souveraine : il a acheté des obligations via le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Néanmoins, les deux propositions suscitent de la méfiance de la part des quatre autre pays, moins enclins à voler au secours de l’Europe. Le rachat d’obligations européennes peut être risqué en cas de défaut de paiement. Quant à l’augmentation de la quote-part de ces pays au FMI, la Chine et l’Inde semblent peu enclins à contribuer davantage à une institution dans laquelle ils s’estiment sous-représentés…

Les obstacles sont donc nombreux sur la route d’une aide des BRICS à l’Europe. Cette proposition du Brésil fait ressortir leur plus grande faiblesse : leur incapacité chronique à conjuguer leurs intérêts. Trop éloignés géographiquement, trop différents, les « Brics » ne partagent que l’énormité de leur croissance et leur appartenance à un même groupe de pays (le terme « Bric » a été inventé par Goldman Sachs en 2001). Ils avaient montré les limites de leur coopération diplomatique au sujet de la succession de Dominique Strauss-Kahn au FMI.

Sylvain Rolland

Lu sur La Tribune

La guerre d’Irak était BIEN une guerre du pétrole (cette fois, c’est prouvé !)

Petrole.blog – On s’en doutait, quelques-uns l’avaient affirmé, mais on n’avait pas vu encore la fumée sortie du canon. C’est désormais chose faite, grâce au militant britannique Greg Muttitt et à son livre d’enquête Fuel on The Fire, publié en avril.

Un soldat britannique devant des champs pétroliers irakiens en feu, en 2003 [Bruce Adams / PA]

L’accès au brut irakien était bel et bien au coeur de la décision britannique de s’engager aux côtés des Etats-Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003. C’est ce que prouvent des documents confidentiels obtenus par M. Muttitt grâce à la loi britannique sur la liberté d’information, et dont le quotidien The Independent s’est fait l’écho. [Je gardais sous le coude cette info, en attendant de voir si elle allait faire scandale en Grande-Bretagne : loupé, à ma maigre surprise.]

Cinq mois avant le début de l’invasion lancée en mars 2003, la ministre du commerce britannique, la baronne Elisabeth Symons, déclarait aux représentants des majors britanniques qu’elle ferait en sorte que ces dernières aient accès aux réserves d’hydrocarbures dans l’Irak d’après Saddam Hussein.

Le compte-rendu d’une réunion avec BP, Shell et BG (British Gas) datée du 31 octobre 2002 indique : « La baronne Symons a reconnu qu’il serait difficile de justifier que les compagnies britanniques puissent sortir perdantes en Irak (…) si la Grande-Bretagne devait être un allié proéminent du gouvernement américain durant la crise. » La ministre a alors promis « de rendre compte aux compagnies avant Noël » du résultat de ses tractations auprès de l’administration Bush à Washington.

Le ministère des affaires étrangères britannique invitait BP le 6 novembre 2002 à parler des opportunités en Irak « après le changement de régime ». Dans le compte-rendu de la réunion, on peut lire : « L’Irak est la grande opportunité du pétrole. BP est prêt à tout pour y aller, et s’inquiète que des accords politiques ne la privent de cette opportunité. »

Après une autre réunion, en octobre 2002, le directeur du Moyen Orient au Foreign Office notait : « Shell et BP ne pourraient pas se permettre de ne pas avoir leur part en [Irak], pour le bien de leurs futurs à long terme. (…) Nous sommes déterminés à obtenir pour les compagnies britanniques une part honnête de l’action dans l’Irak post-Saddam. »

Un mois avant l’invasion de l’Irak, en février 2003, l’ex-premier ministre Tony Blair qualifiait d’ « absolument absurde » l’idée que cette invasion puisse être motivée par le pétrole. Le 12 mars 2003, le patron de BP de l’époque, Lord Browne, déclarait : « De mon point de vue, et du point de vue de BP, ce n’est pas une guerre du pétrole. »

Aux Etats-Unis, l’administration Bush n’a, bien entendu, jamais reconnu le rôle joué par le pétrole. Les mobiles, c’était les armes de destructions massives (inexistantes) de Saddam Hussein et les liens (fictifs) de ce dernier avec l’organisation terroriste Al-Qaida.

Quelques personnalités liées à l’administration Bush ont pourtant pu révéler le secret de Polichinelle, notamment Paul Wolfowitz (« La plus grosse différence entre la Corée du Nord et l’Irak (…) : l’Irak nage dans une mer de pétrole ! ») et Alan Greenspan (« Je suis attristé qu’il soit politiquement inconvenant de reconnaître ce que tout le monde sait : la guerre d’Irak est largement une histoire de pétrole »).

Lors des réunions de l’Energy Task Force assemblée par le vice-président Dick Cheney en 2001, dans les premières semaines de l’administration Bush, une carte fut produite, faisant état d’un découpage possible de futures concessions pétrolières en Irak. L’existence de cette carte fut révélée en 2002 par décision de la justice américaine.

Après avoir quitté le gouvernement, Lady Symons, aujourd’hui âgée de 59 ans, est devenue conseillère de la banque d’affaires MerchantBridge, qui a réalisé d’importants profits dans des contrats de reconstruction dans l’Irak d’après-guerre, précise The Independent. En mars, Elisabeth Symons a rompu les contacts qu’elle entretenait avec le Conseil de développement économique national libyen, auprès duquel elle intervenait en tant que conseillère bénévole.

L’Irak détient 8,3 % des réserves mondiales de pétrole. C’est aujourd’hui le seul producteur majeur dont les capacités de production semblent pouvoir être accrues de façon substantielle, face à la perspective d’un déclin des extractions de nombreux autres grands producteurs (voir aussi [oil man] ‘Peak Oil’ : LE DOSSIER).

Les intérêts britanniques dans le pétrole irakien remontent à la veille de la première guerre mondiale, à l’époque de la Turkish Petroleum Company. Ceux des compagnies américaines remontent à la création de l’Iraq Petroleum Company, en 1929.