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Le double « coup » économique et diplomatique de l’aide des « Brics » à l’Europe

Les pays du BRICS, anciens pauvres, au secours de l’économie européenne ?

A l’initiative du Brésil, les « Brics » vont se réunir ce jeudi à Washington, en marge de la réunion du Fonds monétaire international (FMI), afin de discuter des possibilités qui s’offrent à eux pour venir en aide à l’Europe.

A l’initiative du Brésil, les cinq « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) vont se réunir ce jeudi à Washington, en marge de la réunion du Fonds monétaire international (FMI). Ils discuteront des possibilités qui s’offrent à eux pour venir en aide à l’Europe, et le Brésil tentera de convaincre ses partenaires émergents qu’il s’agit d’une opération « gagnant-gagnant ». Pour les émergents, le bénéfice de « sauver l’Europe » apparaît doublement intéressant.

D’un côté, ils minimisent les risques de défaut de paiement des pays périphériques (même si ce sera peut-être trop tard pour la Grèce), ce qui éviterait un séisme mondial qui les toucherait forcément.

Diplomatiquement, le « coup » serait éclatant : une confirmation du fait que les Brics sont devenus en une décennie des acteurs majeurs de l’économie mondiale. Par un cruel retournement de l’histoire, ce sont les pays qui hier bénéficiaient de l’aide internationale qui doivent voler au secours des pays « riches ». La presse brésilienne, mais aussi mondiale, ne manque pas de souligner l’ironie de la situation. Il y a à peine neuf ans, en 2002, le Brésil recevait 30 milliards de dollars d’aide d’urgence de la part du FMI…

Contribuer davantage au FMI

Les discussions de jeudi porteront donc sur deux axes : un possible investissement dans les obligations souveraines les plus en danger de la zone euro (Espagne, Italie, Portugal, Irlande), et une augmentation de la contribution des Brics au FMI. Le Brésil est d’ailleurs déjà actif sur le marché européen de la dette souveraine : il a acheté des obligations via le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Néanmoins, les deux propositions suscitent de la méfiance de la part des quatre autre pays, moins enclins à voler au secours de l’Europe. Le rachat d’obligations européennes peut être risqué en cas de défaut de paiement. Quant à l’augmentation de la quote-part de ces pays au FMI, la Chine et l’Inde semblent peu enclins à contribuer davantage à une institution dans laquelle ils s’estiment sous-représentés…

Les obstacles sont donc nombreux sur la route d’une aide des BRICS à l’Europe. Cette proposition du Brésil fait ressortir leur plus grande faiblesse : leur incapacité chronique à conjuguer leurs intérêts. Trop éloignés géographiquement, trop différents, les « Brics » ne partagent que l’énormité de leur croissance et leur appartenance à un même groupe de pays (le terme « Bric » a été inventé par Goldman Sachs en 2001). Ils avaient montré les limites de leur coopération diplomatique au sujet de la succession de Dominique Strauss-Kahn au FMI.

Sylvain Rolland

Lu sur La Tribune

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