Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: septembre 27, 2011

Découverte d’un charnier à Tripoli, encore de l’intox !

Le Conseil de transition libyen par sa branche militaire de Tripoli a annoncé dimanche avoir retrouvé la fosse commune où auraient été enterrés des milliers de prisonniers de la prison d’Abou Salim exécutés le 29 juin 1996 par le régime de Mouammar Kadhafi. On reste pantois après avoir vu hier et dimanche les images sur la chaîne qatarie El Jazeera des « restes de ces centaines de prisonniers retrouvés à Tripoli ». La chaîne de l’émir du Qatar comme à son habitude a diffusé avec brio et élégance des images sur un vaste terrain et avec des témoignages de femmes voilées implorant la perte de leurs enfants !

Charnier ???

On pouvait remarquer que les os montrés n’étaient pas ceux des restes humains, mais plutôt ceux des animaux. Il n’y pas eu de fouille, ni moins des analyses pour prouver que l’endroit était réellement un charnier, selon les interventions des nouveaux responsables libyens. Aussi, chacun y est allé de son imagination sur le nombre de prisonniers qui auraient été exécutés par Mouammar Kadhafi ; 1270 pour certains, 1700 pour d’autres ou encore 2000 pour ceux qui cherchent à faire plus de sensationnel.

Et aux membres de ce conseil de transition d’affirmer que : «ces restes des détenus exécutés en 1996 dans la prison d’Abou Salim à Tripoli est l’une des principales causes de la révolte contre le régime mi-février» ! Aberrant !

Tous les moyens sont bons pour diaboliser le régime de Kadhafi, le CNT face à son illégitimité et son incompétence notoire recherche désespérément le soutien du peuple ; un soutien qui ne viendra jamais.

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La reconnaissance du CNT, c’est comme si l’Afrique se pliait aux ordres de l’OTAN

La reconnaissance du CNT, c’est comme si l’Afrique se pliait aux ordres de l’OTAN

L’Union Africaine a reconnu le CNT. S’il y en a qui applaudissent à tout rompre, il y en a qui jurent par tous les Dieux que l’organisation continentale vient de commettre le dernier pêché qui emporte tous les rêves de construction de l’unité africaine.

Dans cette affaire de la Libye, les africains dans leur majorité, et la jeunesse en particulier, n’étaient pas pour l’option de la guerre pour régler la crise libyenne.  Du coté des puissances internationales, ce n’est pas tellement qu’on trouvait que Kadhafi n’était pas le dirigeant idéal pour la Libye. Là n’était même pas la question. Il apparaissait plutôt clairement, qu’ayant été surpris par les révolutions tunisiennes et égyptiennes, certains pays ont décidé de se racheter devant l’histoire en fomentant leur propre révolution.  Il ne fallait pas rester sur l’impression qu’on avait soutenu Ben Ali pendant des décennies, empêchant le changement tant voulu par les peuples tunisiens et égyptiens.  Alors on a soufflé à plein poumons sur un mécontentement existant contre Kadhafi mais qui n’arrivait à prendre corps malgré les soutiens multiples.  Avec l’argent, avec des armes, avec des mercenaires on a crée de toutes pièces un CNT.  Et comme cela tardait à l’allumage, on a fait appel à l’OTAN pour le bal du bombardement de nuit comme de jour.

Le prétexte, l’habillage de toute cette grande comédie, c’était, en surfant sur la vague de la révolution arabe, de dire que les peuples de l’OTAN volaient au secours du peuple libyen.  Oui, l’OTAN allait délivrer les libyens de la férule, du dictateur Kadhafi qui était décidé à exterminer son peuple, et ainsi faire régner la loi de la démocratie en Libye !

C’était gros comme le nez au milieu de la figure et l’Union Africaine avait eu raison de freiner des quatre fers contre l’option de la guerre. Cette option était prise sans aucun égard pour la proposition de l’Union Africaine, qui favorisait le règlement pacifique.  Ca c’était brave. C’était renouer avec la tradition d’un Kwame Nkrumah, des pères fondateurs du panafricanisme Marcus Garvey et autres, et les africains étaient fiers de ce refus de succomber au dictat des pays riches. Des pays riches dont le seul souci dans cette affaire libyenne était de pouvoir avoir accès au pétrole et aux marchés que nécessiteraient la reconstruction du pays.

Pourquoi diable Jean Ping, que beaucoup ont commencé à aimer, n’est-il pas resté sur la position de Jacob Zuma ? Pourquoi choisir de faire comme Wade qui n’a aucune honte à dire « c’est moi qui ait dit cela et c’est moi qui me dédit? » Voilà qui explique aujourd’hui que, dans bien des radios, dans bien des journaux, les voix ne tarissent pas de critiques par rapport à l’Union Africaine qui, en reconnaissant le CNT, a bu le calice de la honte jusqu’à la lie.

Victory Toussaint. San Finna.

Nouvelles promesses de Ouattara aux Ivoiriens, devant l’Onu : Le pouvoir rêve debout

La belle tribune de l’Organisation des nations unies, royalement offerte par des alliés ! Ouattara ne pouvait pas la manquer. Pour son dernier show étasunien, il s’est efforcé, laborieusement, d’assurer le spectacle jusqu’au bout. Au risque de pousser trop loin le bouchon des promesses qui ne seront jamais tenues. En effet, s’adressant à son public dans  son habituel «a cappella», la main sur le cœur, le nouvel occupant du palais d’Abidjan a, une fois encore,  promis de réaliser le miracle. Il prétend faire de la Côte d’Ivoire un pays ‘’émergent’’, d’ici 2020. On peut même penser que si le dictateur d’Abidjan, jouant la comédie aux yeux du monde, n’a pas employé le terme “développé”, c’est peut-être parce que quelqu’un de mieux avisé l’a pincé sous la table pour lui déconseiller une telle exagération. Car, au regard au défi insurmontable qui se dresse devant lui, on  aurait été tenté de sourire, si ce n’était hélas pas l’avenir de la Côte d’Ivoire que le pouvoir en place est en train d’hypothéquer, avec tant de légèreté.

Ouattara, à la tribune de l’Onu, parle comme si la Côte d’Ivoire était un pays indépendant qui a son destin en main et qui peut décider lui-même de son devenir en marchant de façon souveraine sur les chantiers de son développement, tout en disposant de ses propres ressources.

L’implacable  réalité historique d’un pays recolonisé

La prétention de Ouattara choque pour plusieurs raisons tellement évidentes qu’elles nous obstruent la vue. En attendant que les vrais économistes, experts en la matière, rappellent à Ouattara la vanité de son ambition de faire de la côte d’Ivoire un pays «émergeant» à l’orée 2020, nous nous contenterons de lui présenter  l’implacable réalité historique qui rend impossible l’émergence de la Côte d’Ivoire, tant que ce pays restera sous le joug colonial, comme c’est malheureusement le cas avec un régime aux ordres installé le lundi 11 avril 2011. Ouattara doit savoir que si la France s’est donné la peine de mener des «expéditions» commerciales et militaire dès 1880 pour «soumettre» et s’approprier des «territoires» dont elle a fait des «colonies», ce n’est pas pour aider les peuples de ces «possessions» à s’émanciper et à se hisser au même niveau qu’elle.

Pour qui a une fois ouvert un livre d’Histoire, les raisons qui ont poussé les puissances impérialistes à conquérir des territoires en Afrique sont des raisons purement économiques, qui ont été habillées d’une parodie d’humanisme et d’une prétentieuse «mission civilisatrice».  La vérité est que  les territoires occupés en Afrique par la colonisation européenne étaient de deux ordres. Il y avait les «colonies d’exploitation». Oui, vous avez bien lu : Exploitation ! C’est le mot. Exploiter les richesses de l’Afrique pour développer l’économie de l’Europe. Telle  est la motivation, essentielle, qui a guidé la colonisation et qui explique la mainmise, jusqu’à présent, des pays impérialistes sur le continent noir. La souffrance du Noir n’a pas d’autre source.

Peut-être faut-il y ajouter le sort tragique du « Nègre » qui remonte à l’esclavage. Les tenants actuels du pouvoir pourraient par exemple effectuer un pèlerinage à «la Maison des Esclaves» à l’Ile de Gorée au Sénégal pour se souvenir que les Africains, enchaînés tels des forçats,  y ont transité pour aller être exploités comme des bêtes de sommes dans les plantations de canne à sucre aux Etats unis. Des siècles de souffrance  qui nous ont laissé en héritage  le «Negro spiritual» et le «Blues». Ça vous dit ? Dans une mesure à peine nuancée, il y a eu aussi les «colonies de  peuplement» qui permirent par exemple aux Français dits «Pieds noirs» d’envahir et d’occuper l’Algérie en décrétant  que ce territoire leur appartenait.

Quant aux conditions d’exploitation du peule algérien, elles étaient les mêmes que partout ailleurs dans les autres colonies. L’Algérie dut mener sa «guerre de libération» pour chasser l’occupant. Une fois cela rappelé, le colonisé, puisque cette réalité n’a pas cessé en Côte d’Ivoire, a le devoir historique de savoir que la France, pour ce qui nous concerne, avait deux ensembles de territoires sous sa domination.

L’Afrique équatoriale française (Aef) qui regroupait le Gabon, le Moyen Congo, l’Oubangui Chari (actuel Centrafrique) et le Tchad. Et l’Afrique occidentale française (Aof) qui réunissait  le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan (actuel Mali), la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), la Guinée, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Dahomey (actuels Togo et Benin). Ces territoires, administrés chacun par un «gouvernement général», assuraient, et continuent d’assurer à ce jour, les besoins de la France (la métropole) en produits agricoles (cacao café, huile de palme, arachides…) et en extraction minière (or,  diamant, manganèse, bauxite uranium, pétrole et autres métaux rares et précieux). Voilà le vrai visage de la présence française en Afrique.

Le triste sort de «l’Afrique française»

Il apparait donc évident que les raisons de la présence française en Afrique, et particulièrement en Côte d’Ivoire, sont incompatibles avec tout projet  d’émergence. Tant que le pays demeurera sous le contrôle exclusif de l’Elysée. Ce n’est pas un hasard si la France a mené la guerre à Laurent Gbagbo pendant 10 ans, avant de l’éjecter le 11 avril 2011. Laurent Gbagbo avait clairement affiché sa volonté de soustraire la Côte d’Ivoire du giron français en en faisant un pays véritablement souverain, au plan économique et politique.

Avant lui, Henri Konan Bédié avait osé dire, en 1997 au cours d’une visite à Singapour, que : «La Côte d’Ivoire n’est la chasse gardée de personne». Il parlait de la France, bien sûr. Le sphinx de Daoukro avait décidé de diversifier les relations de la Côte d’Ivoire. Si la France tenait à laisser la Côte d’Ivoire «émerger», elle n’aurait pas renversé ceux-ci. Paris irait-il à l’encontre  de ses intérêts en laissant la Côte d’Ivoire se développer ?

La France ferait-elle une chose et son contraire ? La liberté et l’indépendance de l’Afrique sont perçues par la France comme une menace. Car sans les réserves de ses colonies en Afrique, la France n’est guère  qu’un petit pays sans ressources naturelles en Europe. Pour s’en convaincre, il faut ré-parcourir tous les coups d’Etat qui ont jalonné l’histoire des colonies française en Afrique.

Tous les chefs d’Etat qui se sont  permis de rêver à l’émergence de leurs pays ont été renversés où assassinés par les soins de la France. Seuls les «bons élèves» du maître y ont réchappé. Mais à quel prix ? On se souvient des amers regrets de Félix Houphouët-Boigny qui s’est affligé, au soir de sa vie, de ce que les pays noirs soient toujours sous la domination de la France, après le combat pour les indépendances que les dignes leaders africains ont mené. On connaît l’histoire d’Omar Bongo. Grand financier occulte de la classe politique française, dernier dinosaure de la «Françafrique»,  mort de chagrin parce que méchamment humilié par Paris, dans ses derniers moments, pour avoir eu le malheur de remettre en cause l’exploitation abusive du pétrole gabonais par la France.

Aucun pays colonisé par la France n’est jamais sorti du sous développement où Paris entend au contraire maintenir ses «possessions» pendant longtemps encore.

«Les coups d’Etat en Afrique sont un investissement, pour assurer l’avenir de plusieurs générations de Français», nous a-t-on dit. On sait que seuls les esclaves qui parviennent à affranchir de haute lutte sont en mesure de prétendre à l’émergence dont Ouattara parle. Or, dès son installation au pouvoir, Ouattara a signé un nouveau contrat colonial avec la France. Lors  de la visite du Premier ministre Français François Fillon à Abidjan en juillet dernier, Ouattara s’est engagé à un nouveau pacte  colonial. Dans lequel la France va retrouver sa mainmise totale sur  l’économie de la Côte d’Ivoire en maintenant sa présence militaire à Abidjan. Le régime de Ouattara ayant demandé la protection de Paris. Un journaliste Français a eu le nez creux en parlant du «retour des colons» au cours du point de presse animé conjointement par les deux hommes. Certes, cela n’a pas fait plaisir au dictateur d’Abidjan. Mais c’est cela la réalité. Parler émergence de la Côte d’Ivoire sous Ouattara, c’est rêver debout en se moquant des Ivoiriens. Car dire que la Côte d’Ivoire va émerger, c’est accepter l’idée qu’elle doit se démarquer définitivement de la France.

Peut-être était-ce un lapsus. Attention. De tels propos ont déjà coûté cher à Bédié, l’allié.

K. Kouassi Maurice,  Le Temps

Les communistes Syriens soutiennent le mouvement pour des réformes démocratiques mais mettent en garde sur l’ingérence impérialiste croissante et les risques d’un ‘scénario Libyen’

Communiqué de Husein Nemer, premier sécrétaire du Parti communiste syrien (unifié)

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Nous tenons à vous présenter une brève analyse des événements successifs qui se sont déroulés dans notre pays, la Syrie, afin de mettre en lumière certains faits, d’une part, et tordre le cou à certains mensonges montés de toute pièce et médiatisés par la propagande impérialiste visant la Syrie.

Depuis que les événements ont commencé en mars dernier, des dizaines de chaînes de télévision en Amérique, en Grande-Bretagne et en France, certaines chaînes dans le monde arabe, et des centaines de sites internet ont travaillé d’arrache-pied pour falsifier la réalité sur ces événements, en tout cas pour l’opinion publique mondiale, avec des programmes spécifiques diffusés en ce sens, jour et nuit.

Le président Américain fait des déclarations quotidiennes comprenant des menaces directes visant la Syrie, ainsi qu’une ingérence flagrante dans les affaires internes du peuple Syrien. Plusieurs hauts dignitaires de l’Union européenne suivent les pas du président Américain.

Ces menaces et ces ingérences ont atteint un sommet lorsque le président Américain a affirmé l’illégitimité du régime Syrien. Des sanctions sévères et injustes ont été imposées au peuple Syrien et à son économie. Plus dangereux encore, des plans sont discutés et impulsés par l’OTAN afin de lancer des vagues de frappes aériennes pendant plusieurs semaines contre 30 sites stratégiques en Syrie, ressemblant exactement à ce qui s’est passé en Yougoslavie.

Certains hauts dignitaires Européens ne vont pas hésiter à appeler à traiter la situation en Syrie avec des méthodes qui en ferait une pâle copie de la crise Libyenne. Des dizaines de milliers de civiles ont été massacrés, des dizaines d’usines et de sites économiques ont été détruits par des frappes aériennes, et pendant ce temps, la Libye est divisée.

Des Etats-membres de l’alliance impérialiste internationale essaient, par tous les moyens possibles, de faire adopter une résolution du Conseil de sécurité condamnant la Syrie, qui serait suivie par des résolutions successives contre la Syrie et la soumettre au chapitre 7 de la Charte de l’ONU, afin qu’une campagne agressive puisse être légitimée. Grâce à l’opposition de la Russie et de la Chine, accompagnées de l’Afrique du sud, l’Inde, le Brésil et le Liban, les tentatives impérialistes au Conseil de sécurité de l’ONU sont tout simplement, jusqu’à présent, un échec.

Toutes ces manœuvres sont justifiées de deux façons :

  1. Des manifestants sont tués en Syrie, on a recours à des méthodes sécuritaires dans le traitement des manifestations ;
  2. La manipulation des insuffisances du régime en Syrie, tels que le manque de démocratie et le monopole du pouvoir exercé par le parti au pouvoir, afin de faire pression sur le régime pour qu’il adopte des changements internes, bien que tout changement interne doive être considéré comme une partie intégrante de la souveraineté nationale de n’importe quel pays ;

En fait, plusieurs manifestations ont eu lieu dès le mois de mars, appelant à des réformes sociales, économiques et démocratiques. La majorité de ces revendications ont été soutenues par notre parti comme une façon de s’opposer aux effets néfastes de la mise en œuvre de mesures économiques libérales, issues des accords passés avec le FMI, et de la transformation de la Syrie en une économie de marché. Les effets ont été très mauvais sur le niveau de vie des pauvres et des couches moyennes.

La direction politique du pays a été constamment mise en garde, par la presse du parti, des rencontres officielles ou des mémorandums officiels, le dernier il y a cinq semaines de cela. Les manifestations étaient pacifiques.

Elles ont été bien vite manipulées par des religieux fondamentalistes et des groupes radicaux à l’idéologie obscurantiste.

De pacifiques, les manifestations sont devenues armées, visant à atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec des réformes politiques et sociales. Les forces de sécurité ont commis plusieurs erreurs injustifiables dans le traitement de ces manifestations. Des dizaines de civils et de soldats ont été tués. Des gangs armés se sont constitués, attaquant des propriétés publiques et privées, et mettant en place des barricades dans certaines villes où ils ont pris le dessus. Dans les tout derniers mois, ces bandes armées se sont chargées de mettre sur pied des sites armés dans les régions frontalières entre la Syrie, d’une part, et la Turquie, la Liban, la Jordanie et l’Irak pour s’assurer une continuité dans le ravitaillement en armes et en équipements divers.

Quoi qu’il en soit, les bandes armées n’ont pas réussi à établir une base frontalière stable. Cela a coûté à la vie à des centaines de civils et de soldats, plus de 2 000 victimes. Dans le même temps, certains événements ont été exagérés. Des faits ont été falsifiés. Les équipements dernier cri électroniques et médiatiques ont été utilisés afin de faire passer l’armée Syrienne comme étant complètement responsable de ces actes, et de déresponsabiliser totalement les bandes armées.

Pressé par les événements, le gouvernement a adopté plusieurs réformes sociales et démocratiques comprenant : l’annulation des lois d’urgence, des tribunaux exceptionnels, et le caractère légal accordé aux manifestations pacifiques. Récemment, une nouvelle loi électorale et une loi permettant la création de partis politiques ont été adoptées. Est en cours de préparation une nouvelle constitution ou une constitution modifiée.

De nouvelles lois couvrant les domaines des médias et de l’administration locale ont également été adoptées.

Les objectifs de ces lois et mesures sont : casser le monopole du pouvoir exercé par le parti Baath, pour établir une société pluraliste et démocratique, pour garantir les libertés publiques et privées, pour aider au développement de la liberté d’expression et à la reconnaissance du droit de l’opposition à une activité politique pacifique.

En dépit de nos réserves quant à certains articles, ces lois sont très importantes. Pendant plus de quarante années, notre parti a lutté pour que de telles lois soient adoptées. Si ces lois étaient mises en œuvre, elles pourraient être un pas important en avant, dans la transition de la Syrie vers une société démocratique et pluraliste.

De vastes secteurs de l’opposition nationale pacifique ont accueilli positivement ces mesures, tandis que l’opposition fondamentaliste et armée s’en tient toujours au slogan du renversement du régime, attisant les tentions communautaires.

Tenter de dépeindre le problème comme s’il s’agissait d’une lutte communautaire ou religieuse serait une falsification flagrante des faits.

Nous pouvons résumer la situation de la façon suivante :

  • Les tentions armées dans les villes Syriennes ont diminué. Les bandes armées ont subi de lourdes pertes. Cependant, certaines d’entre elles sont capables de reprendre leurs activités ;
  • Les manifestations pacifiques n’ont pas disparu et ne sont pas confrontées à la violence de l’État, à moins qu’elles se soient accompagnées d’agissements violents.
  • L’État a invité l’opposition nationale à participer à un dialogue politique général visant à contribuer à la réalisation de la transition à la démocratie et au pluralisme de façon pacifique. Ce dialogue doit affronter de nombreuses difficultés, la plus importante d’entre elles est la pression de groupes armés qui s’opposent au dialogue pacifique et à une solution pacifique, et dépendant du soutien de l’étranger.
  • Les menaces impérialistes et colonialistes contre la Syrie se sont intensifiées. Bien que ces menaces posent de nombreuses difficultés, nous devons être prêts à les affronter.

Pour ce qui est de la situation dans notre pays, il apparaît que :

  • Les mouvements de protestation existent toujours à différents niveaux. Ils diffèrent d’un gouvernorat à l’autre. On peut remarquer que la plupart des mouvements partent des mosquées, des zones rurales et des taudis, pour se diriger vers les centres-villes ;
  • Les mouvements parmi les minorités ethniques ou religieux sont rares. Dans les usines, les universités et les syndicats, il n’y a pas de mouvement ;
  • Dans les cercles de la grande bourgeoisie, qu’elle soit industrielle ou économique, en particulier dans les grandes villes comme Aleppo, Lattakia et Damas, il n’y a pas de mouvement ;
  • Il n’y a aucun mouvement parmi les clans et les tribus ;
  • L’opposition se compose d’un large spectre de partis très divers. Certains sont patriotiques, s’opposant à l’ingérence étrangère et aux bandes armées. De plus, il faut compter avec les Frères musulmans qui peuvent être considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l’étranger.

Il y a également plusieurs groupes traditionalistes avec différentes orientations, dont l’influence devient clairement visible dans des rassemblements et manifestations dans différentes régions. Ces groupes ne cachent pas leurs objectifs qui sont typiquement réactionnaires et sectaires.

Sur place, les groupes les plus actifs et importants depuis le début des manifestations sont les coordinations locales qui comprennent des groupes de jeunes n’ayant pas d’orientations ou de plans idéologiques communs clairs si ce n’est le slogan : « A bas le régime ! ». Ils sont vulnérables aux pressions externes et internes.

  • L’opposition en exil composée essentiellement d’intellectuels, de traditionalistes, de personnes qui ont abandonné le régime et ont certains contacts à l’intérieur (Khadam et Refaat Al Assad).

Durant la dernière période, ces forces ont organisé plusieurs conférences à l’étranger (exceptée une rencontre organisée à l’hôtel Samir Amis à Damas par l’opposition interne), dans l’objectif de mobiliser des forces et de coordonner leurs positions Des différences idéologiques, politiques ainsi que d’intérêts l’ont emporté. Certaines forces d’opposition à l’étranger ont travaillé dur pour obtenir le soutien des forces étrangères colonialistes.

  • Jusqu’à présent, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne mènent la campagne internationale de menaces et de provocation contre le régime en Syrie visant à imposer de plus en plus de sanctions contre la Syrie, en particulier des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres organisations internationales, la Russie et la Chine continue de s’opposer à de telles sanctions et mesures. La Turquie a choisi une position opportuniste qui fluctue en fonction de ses intérêts régionaux et politiques. Grosso modo, il y a une unanimité internationale dans l’opposition aux mesures militaires directes contre la Syrie, comme cela s’est produit en Libye, étant donné que la Ligue arabe et le Conseil de sécurité de l’ONU n’adoptent pas de résolutions ouvrant la voie à cette perspective. Le conflit sur cette question est féroce.
  • Excepté le Qatar qui joue un rôle vital et important dans la conjuration contre la Syrie, il existe différentes opinions et position dans le monde Arabe concernant la situation en Syrie ;
  • Jour après jour, la situation économique se détériore, la pression sur les conditions de vie des masses s’intensifie ;
  • Le régime est cohérent et offre de grandes potentialités. Cinq mois après le début des événements, aucune des institutions de base (le parti, l’armée, la sécurité, les institutions d’État, les ambassades, les organisations populaires, les syndicats, le Front national progressiste…) n’a connu de divisions ;

Assurément, le tableau n’est pas statique, et doit être perçu dans ses aspects dynamiques, son évolution et son développement jour après jour.

Parmi les scénarios possibles :

  • La crise pourrait continuer encore pendant une longue période, menant à d’autres catastrophes, bains de sang et souffrances ;
  • Un effondrement menant à l’anarchie générale, une guerre civile ou quelque chose de ce genre, ouvrant la voie à une intervention extérieure ;
  • Une division claire dans l’opposition peut se produire, faisant en sorte qu’une partie d’entre elle s’ouvre à un dialogue sérieux avec le régime pour parvenir à un nouveau contrat social dans le pays ;
  • Un terme aux divergences d’approches et à l’ « immobilisme » en ce qui concerne les forces du régime ;

Il y a deux issues possibles : soit l’avancée vers une solution politique à la crise rendant possible une fin rapide et définitive, soit la poursuite du recours au traitement sécuritaire de la crise quelqu’en soit le prix.

Il est difficile de prédire la manière dont une solution décisive sera atteinte.

Certains événements inattendus peuvent se produire, poussant tous les partis à trouver un accord, ou à accepter un accord imposé par des puissances étrangères pour aider le pays à trouver une issue au tunnel dans lequel il s’est engouffré.

Où en est le parti désormais ?

Pour commencer, nous aimerions attirer votre attention sur le fait que notre parti a envoyé un mémorandum au commandement régional à la veille de la 10ème conférence nationale du parti Baath en 2005. Le parti a demandé à ce que l’État soit séparé du parti, que la démocratie et les libertés soient garanties, que les lois d’urgence soit levées, qu’une loi démocratique pour les partis soit adoptée, que les prisonniers d’opinion et politiques soient libérés, que l’on mette un terme à la domination du parti Baath sur les syndicats, que la corruption soit combattue, etc.

En outre, nous tenons à ajouter que le parti a affirmé, dans tous les documents adoptés dans la dernière période, qu’il soutenait la position nationale de la Syrie.

Pour réaliser cet objectif, les besoins sociaux, économiques et démocratiques des masses populaires doivent être satisfaits. Nous avons discuté en détail de ces revendications dans nos conférences et documents.

Dans son analyse de la crise profonde actuelle de notre pays, notre parti avait indiqué clairement que la principale contradiction se trouve entre la formule politique selon laquelle le pays est gouverné depuis des décennies et les revendications de démocratie, de développement social, économique et culturel dont a besoin la société Syrienne.

Le fond de notre position, c’est que cette formule politique repose sur le monopole de l’autorité par le parti Baath, la tutelle sur le mouvement populaire et ses organisations. Cette formule a mené à la décadence et à la bureaucratie, et à la corruption de l’appareil d’État. Par conséquent, les plans de réforme économique et sociale doivent être pris en considération, mis au niveau des exigences de progrès.

En bref, notre parti estime que le fond de la crise actuelle réside dans le décalage entre la structure du régime et les tâches que doit affronter la Syrie. Dans le même temps, le parti insiste sur le fait que l’ennemi et les forces impérialistes font de leur mieux pour utiliser ce décalage interne pour rendre possible la conjuration contre la Syrie, et l’utiliser comme un cheval de Troie pour servir son objectif bien connu, comme nous l’avons mentionné ci-dessus.

En conséquence, le Parti communiste syrien (unifié) n’est pas neutre pour ce qui est de l’alternative nécessaire, d’une part, et des moyens nécessaires pour atteindre cet objectif, d’autre part.

Une solution politique passant par la poursuite de réformes véritables et radicales est la seule issue à la crise. Les mesures sécuritaires ne font que développer les facteurs de la crise, et l’approfondir toujours plus tout en vidant de son sens le contenu des réformes.

Nous affirmons que la situation actuelle rend nécessaire un dialogue constructif et loyal entre toutes les forces patriotiques et honnêtes, indépendamment des différences d’opinions et d’idées dans l’objectif de parvenir à un accord ou à un plan de réformes radicales répondant aux besoins des masses populaires et des garanties sur la création d’un État civil laïc et démocratique s’opposant aux plans impérialistes et Israéliens dans la région.

Si le dialogue nécessite l’existence d’un climat propice, le dialogue même pourrait contribuer à créer un tel climat, car les autres options ne conduiraient qu’à de nouveaux bains de sang, de nouveaux désastres pour le pays et pour le peuple.

Chers camarades,

Étant donné la faiblesse des médias Syriens face aux gros médias de l’impérialisme, à la mobilisation des forces du monde entier contre la Syrie, et à l’alliance anti-Syrienne composée des puissances impérialistes ainsi que de leurs marionnettes dans la région, y compris la Turquie, qui a adopté une politique pragmatique pour se partager l’hégémonie dans la région avec les pays européens, pour toutes ces raisons, notre parti espère que tous les partis communistes, ouvriers et démocratiques dans le monde contribueront à diffuser ces précisions dans l’opinion publique de leurs pays respectifs.

Ainsi, nous appelons ces partis à soutenir la Syrie car elle est le plus important des pays Arabes à résister aux plans impérialistes de domination du Moyen-Orient, et à s’opposer fermement au plan Américano-Israélien visant à diviser la région en diverses entités communautaires dont le contrôle serait rendu plus facile. La Syrie soutient également la résistance nationale en Palestine, au Liban et en Irak. De plus, elle soutient le droit du peuple Palestinien à libérer ses territoires et à fonder un État national avec Jérusalem comme capitale.

Michael Jackson ou la destruction organisée d’une superstar

Le documentaire « En quête de vérité » vient relancer les rumeurs de pédophilie sur le Roi de la Pop. Qu’en est-il vraiment?

Durant deux décennies, l’affaire Chandler et l’affaire Arvizo ont terni l’image du Roi de la Pop devant le monde entier. Le procès de 2005 a totalement innocenté l’artiste. Pourtant, des témoignages ont ressurgi et le doute persiste dans l’opinion publique.

Un film relance le débat

Le film de Jacques Peretti sur Michael Jackson, intitulé «What Really Happened» (En quête de vérité) a été présenté pour la première fois en octobre 2007, sur la chaîne britannique Channel 4.

Diffusé par la chaîne européenne Arte en juillet 2009 (juste après la disparition de la star) puis en mars 2011, ce film relate des informations pathétiques.

Il revient sur les scandales de pédophilie et divulgue des accusations supplémentaires. Les informations s’appuient sur les commentaires de journalistes considérés comme «spécialistes» de Michael Jackson (Diane Dimond, Victor Gutierrez, Martin Bashir, J.Randy Taraborelli).

L’affaire Jeremy Maldonado

Diane Dimond, journaliste de télévision Etats-Unienne, évoque l’écrivain Victor Gutierrez comme sa source principale d’informations sur Michael Jackson.

En 1997, le livre de Gutierrez «Michael Jackson was my lover» (Michael Jackson était mon amant), révélait l’existence d’une vidéo datée de 1995, où le chanteur abusait de son neveu Jeremy. Elle aurait été enregistrée par les caméras de surveillance de sa propriété Neverland et remise par un anonyme à la mère de Jeremy. Gutierrez prétend l’avoir visionnée avec elle.

Margaret Maldonado, mère de Jeremy, a catégoriquement démenti ces allégations: elle n’a jamais rencontré Gutierrez, ni été en possession d’une telle vidéo. Michael Jackson n’a jamais molesté son fils ni proposé d’argent en échange de son silence. La star a porté plainte pour diffamation contre Gutierrez (procès gagné en 1998).

Fabrication d’une rumeur

Au début des années 1990 enfle l’obsession de l’Amérique pour des sujets comme le harcèlement sexuel. Les procès abusifs se multiplient.

C’est dans ce contexte qu’éclate l’affaire Chandler, en 1993. Victime d’un plan visant à lui soutirer de l’argent, Michael Jackson est accusé de pédophilie par le père de Jordan Chandler. Aucun élément d’enquête ne permettra de corroborer cela. Pourtant, l’artiste devra céder devant l’acharnement de son accusateur et verser de grosses sommes pour retrouver la paix. Ceci sera interprété comme preuve de culpabilité: la star aurait voulu acheter le silence des Chandler.

Ces événements ont ouvert la porte à d’autres scandales. La famille Arvizo s’est engouffrée dans la brèche et a tenté à son tour d’extorquer l’artiste, par le biais d’accusations similaires. Michael Jackson sortit complètement innocenté du procès de 2005, déclaré non coupable à l’unanimité, sur la totalité des chefs d’inculpation.

Pourtant, la plupart des médias relayèrent des scoops mensongers: générer de l’audience rapporte beaucoup d’argent. Les journalistes Charles Thomson et Aphrodite Jones (auteure de «Le complot contre Michael Jackson») ont dénoncé ce lynchage médiatique.

Jordan Chandler, Wade Robson et les autres

Le livre de Gutierrez a révélé des extraits du journal intime de Jordan Chandler. Ceci s’est avéré être une invention de la part de l’auteur. Il a également rapporté des paroles de Joy Robson, selon lesquelles Michael Jackson aurait eu des vues sur son fils Wade. Mère et fils récuseront formellement ces affirmations au procès de 2005.

Parmi les autres témoins comparus à la barre, le jeune acteur Macauley Culkin (ami de la superstar devenu parrain de ses enfants) aurait lui aussi été abusé par le Roi de la Pop. L’adolescent a démenti ces rumeurs avec véhémence.

De Martin Bashir à l’affaire Arvizo

En 2003 parut le documentaire «Living with Michael Jackson» de Martin Bashir. Celui-ci suivit la superstar pendant plusieurs mois, après avoir gagné sa confiance grâce à la célèbre interview de la princesse Diana. Le résultat fut un portrait déformé de Michael Jackson, diffusé sur les chaînes du monde entier.

Aphrodite Jones qualifie le documentaire de «travail cruel et manipulateur d’un journaliste anglais ayant la folie des grandeurs, réprimandé en Grande-Bretagne pour ses pratiques journalistiques « malhonnêtes »». Dans son livre «The Trials of Michael Jackson», Lynton Guest rejoint ces conclusions.

Des images de Gavin Arvizo, alors accueilli par Michael Jackson à Neverland, ont été incluses au film sans autorisation. Déstabilisée, la famille Arvizo qui jusque là encensait Michael Jackson pour sa générosité, se retourna contre son bienfaiteur.

Le rôle du procureur Tom Sneddon

Tom Sneddon, le procureur de Santa Barbara (Californie) s’était mêlé de l’affaire Chandler en 1993. Ayant eu vent des accusations, il avait poursuivi Michael Jackson sans succès.

Dans son livre, Lynton Guest explique que l’échelon supérieur au titre de Procureur est celui de Sénateur. Sneddon voyait en Michael Jackson l’occasion rêvée d’atteindre cette promotion, si ses poursuites contre la star internationale aboutissaient.

Il rencontra la famille Arvizo suite au documentaire de Bashir. Celle-ci retourna alors sa veste contre Michael Jackson, persuadée par Sneddon qu’elle pourrait gagner gros…

Le journaliste William Wagener entreprend actuellement la réalisation d’un documentaire visant à démontrer la corruption de Tom Sneddon (faux documents, preuves falsifiées) et espère le faire inculper.

Absence de soutien par la maison de disque

Lynton Guest, familier de l’industrie du disque, explique dans son livre comment Sony a délaissé Michael Jackson, l’artiste qui lui rapportait le plus, dès les premières accusations. Ne voulant pas être associée à l’image ternie du chanteur, la compagnie n’est jamais intervenue pour le défendre. Selon l’auteur, elle préférait le voir anéanti pour mieux récupérer ses royalties.

Le livre d’Aphrodite Jones ainsi que diverses sources indiquent que Michael Jackson se déclarait menacé par les convoitises autour de son catalogue de musique ATV/Sony, qui valait une fortune colossale.

Les séries d’accusations contre la superstar étaient-elles une conspiration? Elles semblent avoir été le résultat d’intérêts individuels, mais convergents. Selon Aphrodite Jones, Michael Jackson a surmonté « une violation d’intimité à laquelle beaucoup de gens n’auraient pas survécu ».

Lu sur culture & suite 101