Le Blog de Aymard

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La reconnaissance du CNT, c’est comme si l’Afrique se pliait aux ordres de l’OTAN

La reconnaissance du CNT, c’est comme si l’Afrique se pliait aux ordres de l’OTAN

L’Union Africaine a reconnu le CNT. S’il y en a qui applaudissent à tout rompre, il y en a qui jurent par tous les Dieux que l’organisation continentale vient de commettre le dernier pêché qui emporte tous les rêves de construction de l’unité africaine.

Dans cette affaire de la Libye, les africains dans leur majorité, et la jeunesse en particulier, n’étaient pas pour l’option de la guerre pour régler la crise libyenne.  Du coté des puissances internationales, ce n’est pas tellement qu’on trouvait que Kadhafi n’était pas le dirigeant idéal pour la Libye. Là n’était même pas la question. Il apparaissait plutôt clairement, qu’ayant été surpris par les révolutions tunisiennes et égyptiennes, certains pays ont décidé de se racheter devant l’histoire en fomentant leur propre révolution.  Il ne fallait pas rester sur l’impression qu’on avait soutenu Ben Ali pendant des décennies, empêchant le changement tant voulu par les peuples tunisiens et égyptiens.  Alors on a soufflé à plein poumons sur un mécontentement existant contre Kadhafi mais qui n’arrivait à prendre corps malgré les soutiens multiples.  Avec l’argent, avec des armes, avec des mercenaires on a crée de toutes pièces un CNT.  Et comme cela tardait à l’allumage, on a fait appel à l’OTAN pour le bal du bombardement de nuit comme de jour.

Le prétexte, l’habillage de toute cette grande comédie, c’était, en surfant sur la vague de la révolution arabe, de dire que les peuples de l’OTAN volaient au secours du peuple libyen.  Oui, l’OTAN allait délivrer les libyens de la férule, du dictateur Kadhafi qui était décidé à exterminer son peuple, et ainsi faire régner la loi de la démocratie en Libye !

C’était gros comme le nez au milieu de la figure et l’Union Africaine avait eu raison de freiner des quatre fers contre l’option de la guerre. Cette option était prise sans aucun égard pour la proposition de l’Union Africaine, qui favorisait le règlement pacifique.  Ca c’était brave. C’était renouer avec la tradition d’un Kwame Nkrumah, des pères fondateurs du panafricanisme Marcus Garvey et autres, et les africains étaient fiers de ce refus de succomber au dictat des pays riches. Des pays riches dont le seul souci dans cette affaire libyenne était de pouvoir avoir accès au pétrole et aux marchés que nécessiteraient la reconstruction du pays.

Pourquoi diable Jean Ping, que beaucoup ont commencé à aimer, n’est-il pas resté sur la position de Jacob Zuma ? Pourquoi choisir de faire comme Wade qui n’a aucune honte à dire « c’est moi qui ait dit cela et c’est moi qui me dédit? » Voilà qui explique aujourd’hui que, dans bien des radios, dans bien des journaux, les voix ne tarissent pas de critiques par rapport à l’Union Africaine qui, en reconnaissant le CNT, a bu le calice de la honte jusqu’à la lie.

Victory Toussaint. San Finna.

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