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Michael Jackson ou la destruction organisée d’une superstar

Le documentaire « En quête de vérité » vient relancer les rumeurs de pédophilie sur le Roi de la Pop. Qu’en est-il vraiment?

Durant deux décennies, l’affaire Chandler et l’affaire Arvizo ont terni l’image du Roi de la Pop devant le monde entier. Le procès de 2005 a totalement innocenté l’artiste. Pourtant, des témoignages ont ressurgi et le doute persiste dans l’opinion publique.

Un film relance le débat

Le film de Jacques Peretti sur Michael Jackson, intitulé «What Really Happened» (En quête de vérité) a été présenté pour la première fois en octobre 2007, sur la chaîne britannique Channel 4.

Diffusé par la chaîne européenne Arte en juillet 2009 (juste après la disparition de la star) puis en mars 2011, ce film relate des informations pathétiques.

Il revient sur les scandales de pédophilie et divulgue des accusations supplémentaires. Les informations s’appuient sur les commentaires de journalistes considérés comme «spécialistes» de Michael Jackson (Diane Dimond, Victor Gutierrez, Martin Bashir, J.Randy Taraborelli).

L’affaire Jeremy Maldonado

Diane Dimond, journaliste de télévision Etats-Unienne, évoque l’écrivain Victor Gutierrez comme sa source principale d’informations sur Michael Jackson.

En 1997, le livre de Gutierrez «Michael Jackson was my lover» (Michael Jackson était mon amant), révélait l’existence d’une vidéo datée de 1995, où le chanteur abusait de son neveu Jeremy. Elle aurait été enregistrée par les caméras de surveillance de sa propriété Neverland et remise par un anonyme à la mère de Jeremy. Gutierrez prétend l’avoir visionnée avec elle.

Margaret Maldonado, mère de Jeremy, a catégoriquement démenti ces allégations: elle n’a jamais rencontré Gutierrez, ni été en possession d’une telle vidéo. Michael Jackson n’a jamais molesté son fils ni proposé d’argent en échange de son silence. La star a porté plainte pour diffamation contre Gutierrez (procès gagné en 1998).

Fabrication d’une rumeur

Au début des années 1990 enfle l’obsession de l’Amérique pour des sujets comme le harcèlement sexuel. Les procès abusifs se multiplient.

C’est dans ce contexte qu’éclate l’affaire Chandler, en 1993. Victime d’un plan visant à lui soutirer de l’argent, Michael Jackson est accusé de pédophilie par le père de Jordan Chandler. Aucun élément d’enquête ne permettra de corroborer cela. Pourtant, l’artiste devra céder devant l’acharnement de son accusateur et verser de grosses sommes pour retrouver la paix. Ceci sera interprété comme preuve de culpabilité: la star aurait voulu acheter le silence des Chandler.

Ces événements ont ouvert la porte à d’autres scandales. La famille Arvizo s’est engouffrée dans la brèche et a tenté à son tour d’extorquer l’artiste, par le biais d’accusations similaires. Michael Jackson sortit complètement innocenté du procès de 2005, déclaré non coupable à l’unanimité, sur la totalité des chefs d’inculpation.

Pourtant, la plupart des médias relayèrent des scoops mensongers: générer de l’audience rapporte beaucoup d’argent. Les journalistes Charles Thomson et Aphrodite Jones (auteure de «Le complot contre Michael Jackson») ont dénoncé ce lynchage médiatique.

Jordan Chandler, Wade Robson et les autres

Le livre de Gutierrez a révélé des extraits du journal intime de Jordan Chandler. Ceci s’est avéré être une invention de la part de l’auteur. Il a également rapporté des paroles de Joy Robson, selon lesquelles Michael Jackson aurait eu des vues sur son fils Wade. Mère et fils récuseront formellement ces affirmations au procès de 2005.

Parmi les autres témoins comparus à la barre, le jeune acteur Macauley Culkin (ami de la superstar devenu parrain de ses enfants) aurait lui aussi été abusé par le Roi de la Pop. L’adolescent a démenti ces rumeurs avec véhémence.

De Martin Bashir à l’affaire Arvizo

En 2003 parut le documentaire «Living with Michael Jackson» de Martin Bashir. Celui-ci suivit la superstar pendant plusieurs mois, après avoir gagné sa confiance grâce à la célèbre interview de la princesse Diana. Le résultat fut un portrait déformé de Michael Jackson, diffusé sur les chaînes du monde entier.

Aphrodite Jones qualifie le documentaire de «travail cruel et manipulateur d’un journaliste anglais ayant la folie des grandeurs, réprimandé en Grande-Bretagne pour ses pratiques journalistiques « malhonnêtes »». Dans son livre «The Trials of Michael Jackson», Lynton Guest rejoint ces conclusions.

Des images de Gavin Arvizo, alors accueilli par Michael Jackson à Neverland, ont été incluses au film sans autorisation. Déstabilisée, la famille Arvizo qui jusque là encensait Michael Jackson pour sa générosité, se retourna contre son bienfaiteur.

Le rôle du procureur Tom Sneddon

Tom Sneddon, le procureur de Santa Barbara (Californie) s’était mêlé de l’affaire Chandler en 1993. Ayant eu vent des accusations, il avait poursuivi Michael Jackson sans succès.

Dans son livre, Lynton Guest explique que l’échelon supérieur au titre de Procureur est celui de Sénateur. Sneddon voyait en Michael Jackson l’occasion rêvée d’atteindre cette promotion, si ses poursuites contre la star internationale aboutissaient.

Il rencontra la famille Arvizo suite au documentaire de Bashir. Celle-ci retourna alors sa veste contre Michael Jackson, persuadée par Sneddon qu’elle pourrait gagner gros…

Le journaliste William Wagener entreprend actuellement la réalisation d’un documentaire visant à démontrer la corruption de Tom Sneddon (faux documents, preuves falsifiées) et espère le faire inculper.

Absence de soutien par la maison de disque

Lynton Guest, familier de l’industrie du disque, explique dans son livre comment Sony a délaissé Michael Jackson, l’artiste qui lui rapportait le plus, dès les premières accusations. Ne voulant pas être associée à l’image ternie du chanteur, la compagnie n’est jamais intervenue pour le défendre. Selon l’auteur, elle préférait le voir anéanti pour mieux récupérer ses royalties.

Le livre d’Aphrodite Jones ainsi que diverses sources indiquent que Michael Jackson se déclarait menacé par les convoitises autour de son catalogue de musique ATV/Sony, qui valait une fortune colossale.

Les séries d’accusations contre la superstar étaient-elles une conspiration? Elles semblent avoir été le résultat d’intérêts individuels, mais convergents. Selon Aphrodite Jones, Michael Jackson a surmonté « une violation d’intimité à laquelle beaucoup de gens n’auraient pas survécu ».

Lu sur culture & suite 101

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