Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: octobre 4, 2011

Libye : Traduction de l’intervention du Dr Moussa Ibrahim sur Arrai TV

Le porte parole du gouvernement officiel de la Libye, le Dr Moussa Ibrahim, a accordé un entretien téléphonique à la chaine d’information syrienne, Arrai TV le 01 octobre 2011.

Pour les lecteurs francophones, l’entretien a été transcrit et traduit en Français par Hassan Alliby de La voix des opprimés stcom.net.

Présentateur : « Avec nous en ligne le Dr Moussa Ibrahim, porte-parole officiel du gouvernement libyen. Docteur, je voudrais commencer par remercier Dieu pour votre sécurité. Les canaux des médias de mensonges et de tromperies ont dit que vous aviez tenté de fuir en portant des vêtements de femmes, portant un neqab (coiffure féminine couvrant le visage). Pensez-vous qu’il s’agit d’une tentative de calomnier et salir l’image de la résistance et des combattants Moudjahidin comme vous? « 

Dr Moussa Ibrahim: «Que la paix soit sur vous mon cher frère, et que la paix soit sur tous les téléspectateurs de cette chaîne résistante. Mon cher frère, nous avons donné nos vies et nos âmes pour le bien de ce pays et nous participons à une cause honorable et consciencieuse pour un projet de civilisation vraie et je ne suis pas surpris que ces rumeurs et mensonges aient été déclarées injustement par les chefs du Conseil de la honte et de la trahison en Libye et que de telles déclarations soient rapportées et diffusées par les médias, qui d’une manière organisée coopèrent avec l’OTAN et les rebelles de l’OTAN.

La glorieuse jeunesse de la Libye entreprend ce saint jihad contre les plus grandes puissances du monde, ils essaient d’entacher leur image, mais ils sont beaucoup plus importants et plus purs que cela. Nous ne laisserons pas le champ de bataille. Nous allons nous battre jusqu’au Martyre ou jusqu’à la victoire, selon la volonté de Allah.

Ces rumeurs sont des mensonges. J’étais près de la ligne de front à Syrte et avec moi un bataillon de grands hommes fidèles composé d’environ 23 combattants. 8 d’entre eux sont de Syrte l’unifié, 2 Harwara, 2 Tarhouna, 3 Werfella et 1 de Wershifana et 1 de Seesan et 6  de Zliten la Moujahida.

Nous avons été exposés à une attaque surprise par une bande de miliciens de l’OTAN et avons été contraints à une zone isolée et le groupe de jeunes hommes qui étaient avec moi sont restés pour combattre les milices de l’OTAN qui étaient bien équipés et bien armés par leur alliance du mal de l’OTAN, alors que nous utilisions seulement des armes légères etc. Les combats ont duré plus d’une journée et demie. Ils ont annoncé ma capture et mon arrestation, mais ce n’était pas vrai. En fait, ils n’ont jamais réussit à m’approcher. Les jeunes hommes continuaient à se battre jusque dans les vallées du désert. Certains de ces hommes courageuse et pures sont tombés en martyrs dans cette bataille : 2,  1 du Werfella  et 1 du Seean la Moujahida et le reste ont résisté à cette attaque surprise et nous nous sommes échappés en toute sécurité. Que Dieu ait pitié des martyrs, Dieu que nous accueillons et non l’OTAN.

Ce qui précède nous amène à une autre approche du front de la guerre, où nous pouvons mettre votre esprit à l’aise sur les combattants, leur disponibilité, leur moral élevé et leur détermination. Mais les chaînes des médias mentent, essayant de répandre de nombreuses rumeurs et mensonges, autant que possible pour faire chuter le moral du mouvement de la résistance en Libye.

Je voudrais saisir cette occasion pour dire que j’ai personnellement été témoin de mes propres yeux, de comment ils ont tué, les Zwaitneeya, Wershifna, See3an, Werfella, Tarhouna, Hrawa et les Tribus de Syrte qui étaient main dans la main, côte à côte, et comment les avions ont volé au-dessus de nous et comment ils ont bombardé sans relâche et comment les milices sur le terrain ont tenté d’attaquer. Je jure mon cher frère, Les yeux de ces gens avaient une étincelle de colère et du Jihad et leurs pieds stables, et tous parlaient de devenir martyrs et des braves, et ils parlaient de leur famille avec amour et compassion. C’était un spectacle étonnant. Ces individus n’ont pas été formés. Ils n’ont pas été formés par Al-Qaïda, l’OTAN, la France, le Qatar. Ils étaient des jeunes normaux. Ils étaient des gens ordinaires comme les personnes qui regardent la chaine Al-Rai en ce moment, qui seraient devant la tv regardant une émission de télévision, de cinéma ou de musique vidéo. Une jeunesse normale étonnamment transformée en lions et héros parce qu’ils pensaient qu’ils avaient un but plus élevé dans cette étape dans laquelle ils doivent être des héros et des combattants. J’ai  demandé à certains d’entre eux qui ils étaient? De quelle famille ils appartenaient ? Ce qu’ils faisaient dans la vie, leur profession ? Certains étaient des étudiants, des enseignants, des hommes d’affaires, des mécaniciens etc. Tous ces gens n’avaient pas de buts ou aspirations, si ce n’est de lutter contre ces terroristes et faire tomber et renverser cette conquête coloniale contre leur pays.

Je jure mon cher frère, même si beaucoup de ces personnes ne sont pas eut d’éducation politique, ils sont moralement éduqués et comprennent tout ce qui se passe. Ils ne peuvent pas être dupé par ce masque de slogans de la «démocratie» et «liberté» et «changement» qui est un mensonge trompeur pour cacher les intentions coloniales sur la Libye. Ils comprennent leurs sentiments, transparence et honnêteté. Chacun d’entre eux connait l’ensemble de ses devoir de se battre sus divers fronts. Je voudrais envoyer à nouveau mes respects aux deux martyrs dont j’ai parlé plus tôt et rendre hommage à mes nombreux frères qui sont encore actuellement au combat sur de nombreux fronts.

Présentateur : Nous n’avons jamais douté une seule seconde que Moussa Ibrahim « le Moujahid » ne pouvait fuir une bataille dans l’heure du besoin. En tout cas docteur, les médias sont en train de dire et à répandre des rumeurs selon lesquelles les civils fuient Syrte. Pensez-vous que c’est une tentative de donner une impression que la ville a été évacuée de sorte qu’ils puissent dire que tout le monde a fui afin de massacrer en masse et nettoyer toute la ville de sa population ?

Dr Moussa Ibrahim:  Bien sûr, mon frère, ils ont déjà commencé cela. Les téléspectateurs arabes de partout, de l’Arabie, des Emirats, de l’Egypte, de Syrie, d’Irak, d’Algérie, du Maroc, du Soudan et tous les pays arabes, ont besoin de savoir que les habitants de Syrte ont été véritablement massacrés et éliminés au cours de ce dernier mois alors qu’ils se trouvaient dans leurs maisons, un grand nombre à alors été  tués… et je vais le dire encore une fois DANS LEURS MAISONS des milliers ont été touchés, des milliers de tués. Ce n’est PAS UNE EXAGERATION, des milliers de personnes ! Ceci est évident dans la mesure ou le parfum de mort, le meurtre et la destruction est devenu si accablant que les organisations internationales doivent le sentir même tandis qu’ils se trouvent dans les pays de l’ennemi. Le parfum a été comme ils disent en anglais, TROP IGNORE.

Ils ont commencé le jeu des médias encore une fois en disant que les habitants de Syrte quittent la ville, ceci afin de dissimuler le fait qu’ils tuent des civils et dire ensuite “nous n’avons pas bombardé les civils”.  Ceci est une stratégie clairement tracée et partagée par Al Jazeera, Al Arabiya et autres qui sont désormais les plus qualifiés et expérimentés dans le mensonge et la tromperie. Je peux dire que je me considère comme un expert au niveau mondial sur ces canaux et très compétents et expérimentés au sujet de leurs capacités, ayant traité avec eux et les avoir longuement observé de très près au cours de ces 9 derniers mois. Je connais leur composition et leur mode de fonctionnement à l’intérieur et en fait c’est juste une partie de cette opération internationale impériale, une partie de ce qui est faux, artificiel et organisé.

La ville accueille encore 180 000 de ses habitants, quelques centaines ont fui parce que leurs maisons et leurs vies ont été détruites. 180 000 restent encore dans la ville, ajouté au fait que des tribus complètes sont venus à Syrte car les gangs sont entré et ont envahi leurs villages afin de les forcer à fuir à Syrte, et ils sont maintenant bombardés par les airs, les bâtiments tombent etc Les chars et les régiments et des missiles Grad, frappent sans tenir compte s’il s’agit de cibles militaires ou civils.

Mon cher frère j’ai personnellement téléphoné, a des centaines d’organisations et chaînes de télévision internationales et j’ai appelé les organisations des droits humains et les fonctionnaires des Nations Unies et les autorités bien connues. Et je leur ai demandé à tous de venir à Syrte, considérant qu’ils ont visité d’autres villes de la Libye par le passé tout en menant cette conspiration contre nous, pourquoi ne viennent-ils pas aujourd’hui enregistrer et recueillir les faits sur la destruction et les crimes à Syrte ?

Ils disent OK, nous viendrons, nous allons nous organiser et venir. Cela fait un mois que j’ai demandé cela et pas une seule chaine est entrée à Syrte, pas une seule organisation est entrée à Syrte, pas une seule initiative de la Croix-rouge à Syrte. Pas une seule entité islamique ou autorité de l’ONU a commenté la destruction de la cille de Syrte !

Le complot est évident pour quiconque a un cœur ou peut entendre ce qui se passe. Pour les personnes qui n’ont pas de cœur et ne veulent pas connaître ou apprendre ou analyser ou briser ce régime mondiale injuste. Bien sûr, ils préfèrent vivre dans une ignorance bienheureuse, mais nous préférons l’élargissement des connaissances et du plus grand savoir.

La recherche de la vérité est la première étape de toute guerre. Et nous sommes du côté de la vérité avec l’aide de Dieu !

Présentateur :  Dr Moussa, sur le terrain, quelle est la situation sur le front, surtout dans les villes résistantes assiégées ? Je veux dire à Bani Walid, Ghadamis et Syrte ?

Moussa Ibrahim: Je vais essayer de vous donner un résumé. Il y a deux types de lignes de front. Les principaux fronts sont Bani Walid, Syrte et Sabha et il y a d’autres fronts dans les villes violés.

En termes de villes violés, nous pouvons observer que le mouvement de résistance s’est intensifié dans ces villes, il y a des opérations qui sont menées en permanence dans Zliten, Tripoli, Zawiya, Azizia et Tarhouna entre autres villes. Certaines opérations sont planifiées et organisées et certaines sont de petite taille que certains individus entreprennent. Tous ont du succès et obtiennent des résultats positifs. Il y a des victimes qui sont vues du côté des ennemis. Mais le plus important est que le drapeau du jihad est soulevé. La poursuite de ces opérations prouve que l’OTAN ne peut pas prendre le contrôle de la Libye.

En termes de lignes de front principal, Dieu merci, Bani Walid, est vraiment entièrement nettoyé et ceci dans un grand rayon autour de la ville et il reste à dire que nous souffrons toujours de quelques effets, bien sûr.

Mais les cadavres des mercenaires de l’OTAN sont abandonnés dans les vallées et les montagnes de Bani Walid. Bien sûr, les chefs des forces terrestres des rebelles de l’OTAN savent très bien cela. L’hôpital de Tarhouna, celui de Tajoura, le Centre médical de Tripoli sont tous plein de corps des morts du champ de bataille de Bani Walid. Prendre cela en compte, Bani Walid est maintenant synonyme de  «mort» pour ces gangs. Donc les rapports de Bani Walid sont excellents. La dernière attaque sur Bani Walid était hier, aujourd’hui il n’y a eu aucune attaque. Hier nombreux sont ceux qui ont sacrifié leur vie. Je tiens à saluer toutes les tribus de Bani Walid, en particulier celle de la bataille de la vallée du Ghalboun et nos frères lions de Sebha, Kimmat, Qbool, Gwaydaa qui ont protégé et défendu.

En termes de seconde ligne de front primaires, la ville de Syrte, qui résiste aux attaques les plus grandes, a été attaquée à partir de 5 points précis différents appuyés lourdement par des avions de l’OTAN et soutenus avec des armes très modernes. Mais les jeunes hommes de Syrte ont été capables de tenir leur terrain et de résister à cette attaque. Et ce que je peux vous annoncer maintenant, cela m’est parvenu il y a a peine deux heures, c’est que les jeunes hommes de Syrte ont mené une forte progression à l’est de la ville conduisant l’ennemi à fuir et à se retirer sur plusieurs kilomètres et des certaines de leurs armes ont été saisies. Le sud de la ville semble avoir bien réagit et l’ouest se porte également bien.

En disant cela, nous nous attendons, et je tiens à en alerter les téléspectateurs, que nous nous attendons à un début des intensifications des attaques sur Syrte dès demain et plus particulièrement
de l’Ouest et du Sud. MAIS, nous sommes prêts et nous avons beaucoup de force à l’ouest et nous avons beaucoup de travail acharné effectué par les fronts sud et Est. Nous devrions complètement éliminer la menace dans les prochains jours.

Juste une seconde mon cher frère, si vous permettez, je voudrais profiter de l’occasion d’émettre une déclaration aux tribus des villes violées, par exemple les personnes honorables de Tarhouna, nous savons que le peuple fier et patriotique de Tarhouna ne peut accepter les rebelles de l’OTAN et nous recevons constamment des lettres de Tarhouna disant qu’ils sont contre l’OTAN, mais qu’ils sont silencieux contre leur volonté.

Nous leur disons que s’ils ne peuvent pas et n’ont pas les capacités nécessaires pour ouvrir un champ de bataille de résistance dans la ville même,  au moins pour les loyalistes, de se déplacer et d’envoyer, à partir de 100 Tarhouna, Wershefanna, Asabeeaa, Seean et Hawamed , de partout pour rejoindre la ligne de front à Bani Walid et Syrte. Bien sûr, nous avons déjà actuellement un grand nombre de membres de ces tribus au sein de ces champs de bataille, mais ces tribus ont besoin de poursuivre l’envoi de plus en plus de gens pour que nos forces puissent être de plus en plus fortes et finalement ouvrir le champ de bataille dans leurs propres villes.

Présentateur :  Docteur, Dieu merci, encore pour votre sécurité, et je vous remercie pour votre participation et nous vous saluons pour votre résistance.

Moussa Ibrahim: Avant de partir, je voudrais adresser un hommage personnel de la part de notre guide de la révolution, Mouammar Al-Kadhafi, à la famille du héro Jamal Abdel Nasser pour leur fils Khalid. Que Dieu ait pitié de son âme, le guide Mouammar Al-Kadhafi souhaite offrir son plus profond respect à la famille de Jamal Abdel Nasser et à tous les peuples libres et à tous les Arabes.

Et nous voudrions solidifier la lutte que Jamal Abdel Nasser a mené pour la liberté, la fierté et la lutte à laquelle tous les Arabes font face contre les occupants étrangers, contre le vol du pétrole, contre l’installation de bases militaires en Libye et n’importe où dans les terres arabes. Nous voudrions de nouveau offrir nos condoléances les plus profondes aux peuples arabes. Nous voudrions dire que s’il plaît à Allah, nous maintiendrons le drapeau de la liberté, de la fierté, de l’Islam et de l’honnêteté jusqu’à la victoire, Inshallah.

Pour écouter l’entretien cliquez ici : Dr. Moussa Ibrahim sur Arrai TV le 01-10-2011

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BENIN : Appel aux travailleurs et aux peuples à approfondir la réflexion et le mouvement pour vaincre la nouvelle autocratie

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)  

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. : 21 35 02 95/97 68 88 73 – Site :www.la-flamme.org

La semaine qui vient de s’écouler aura été dominée par les évènements à la douane et émaillée d’agressions contre les droits, les hommes et les biens. Après les longues diatribes de Boni YAYI contre les douaniers, ont suivi les hordes armées et vandales qui sont allées défoncer les portes des bureaux de douane, la déclaration de conformité de la Cour Constitutionnelle et le discours de Boni YAYI.

La décision de la Cour constitutionnelle était attendue; sans surprise puisque Boni YAYI l’avait annoncée et avait prévu pour ce lundi les radiations des grévistes.

Résumons le scénario : fabrication d’une LEPI truquée et imposée à tout le peuple malgré les irrégularités manifestes, holdups électoraux (présidentiel et législatif) annoncés et réalisés grâce à cette LEPI et aux fraudes imposés par la force, achat des responsables de la RB pour une majorité confortable à l’assemblée. Puis la suite: introduction tous azimuts de projets et propositions de lois qui passent comme lettres à la poste et qui contiennent tous des atteintes aux libertés. C’était annoncé dès la réalisation du holdup: on se souvient de la déclaration péremptoire tombée comme un cheveu sur la soupe de GNONLONFOUN donnant les résultats non encore validés par la Cour constitutionnelle : «la récréation est terminée; mettez vous au travail».

Les douaniers ont pensé qu’il était possible de faire retirer la proposition les concernant afin de discuter. Impossible répondent Boni YAYI et ses conseillers. Ils n’ont même pas attendu le simulacre de validation de la loi par leur Cour Constitutionnelle; dès le jeudi (29 septembre) des escouades étaient envoyées dans les postes de douane pour défoncer les portes et remplacer les clés. Dans leur furia de tout raser sur leur passage et de faire taire définitivement les travailleurs, Boni YAYI et son ministre des finances se sont même attaqués au siège du Syndicat de l’Administration Centrale des Finances et seule la résistance et les Olé Olé des travailleurs ont pu pour l’instant préserver le siège de leur syndicat du vandalisme de Boni YAYI. Le tableau est clair et rappelle des époques bien sombres de notre histoire. Faut-il le rappeler ?

Avril 1974, KEREKOU et son GMR dissolvent les organisations de jeunes. Juin 1975, il assassine AIKPE, pourchasse et emprisonne tous les responsables syndicaux grévistes, décapitant ainsi l’UNSTD et condamnant la centrale à un rôle de caisse de résonnance. 1977: il impose sa Loi Fondamentale qui supprime le droit de grève. Hormis le PRPB et ses organisations, les libertés d’association, de réunion, de manifestation étaient supprimées. Pendant cette époque (de 1977 à 1989) il n’y avait pas de grève des travailleurs. Et pourtant ! L’économie était ruinée. Ce n’est donc pas à cause de la grève ! C’est le pillage des ressources et la ruine du pays que cela a entraîné qui ont conduit les travailleurs, les jeunes à déclencher les grèves et manifestations qui finirent par emporter le régime de KEREKOU.

Boni YAYI vient donc de poser son premier acte d’autocrate et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les douaniers ne sont que la première étape; les travailleurs dans leur ensemble doivent être pratiquement privés du droit de grève par une loi qui est déjà dans la file au parlement. Puis suivra la révision de la Constitution pour se donner encore plus de pouvoir. Et de toute évidence, ses ambitions sont aux antipodes des souhaits des travailleurs et de la volonté populaire; si l’on sait écouter le bourdonnement populaire.

En résumé, vous voulez des députés qui soient réellement vos porte-parole et qui initient des lois qui résolvent vos problèmes et fassent progresser le Bénin; vous voulez un gouvernement qui soit à l’écoute du peuple et des travailleurs et non aux ordres des puissances extérieures: cela, c’est le pouvoir des travailleurs et des peuples que vous n’avez pas encore. Si vous voulez un tel pouvoir il faudra encore travailler dur, vous battre pour le mériter. C’est la première leçon que boni YAYI vous donne.

Et il n’entend pas discuter. Vous l’avez écouté, lui-même et ses conseillers, ELEGBE (un émule de KEREKOU qui se décrit lui-même comme tel), HOUNTONDJI et autre TAMEGNON, il ne reculera devant rien proclame-t-il. Même si tous les ministères se coalisaient et partaient en grève. Il ne tolèrera même pas, rugit-il, que le peuple prenne la rue; voilà le crédo hystérique de l’homme. Il a besoin d’instaurer la terreur pour appliquer le quatrième PAS et faire payer aux travailleurs et à la jeunesse les conséquences de sa gestion désastreuse du bien public. Tout ce qu’il veut est légal et quiconque le contredit est dans l’illégalité. Toute critique à sa divine autorité est de l’anarchie.

Nous sommes donc en présence de deux droits:

– Le droit d’un peuple qui pense que les dirigeants qu’il se donne sont ses serviteurs et qu’ils doivent exécuter ses instructions, son programme, pour le développement du pays et la satisfaction des besoins de ses citoyens;

– Le droit d’un dictateur qui pense qu’il a acquis le pouvoir par un droit divin et qu’il peut disposer des choses et des hommes comme il le désire et qu’il a le monopole de la violence contre tous les autres.

Quand deux droits sont en présence, seule la force tranche. Et YAYI Boni met en marche la force. C’est la deuxième leçon que vous donne Boni YAYI.

Travailleurs du Bénin, il n’existe plus donc d’autre solution que d’approfondir les réflexions et le mouvement global pour vous donner les moyens de battre par la force la nouvelle autocratie, celle de Boni YAYI.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui et voilà le défi. Le défi à relever par tous les travailleurs et les peuples. Vous en êtes capables. Le peuple béninois en est capable.

En 1975, KEREKOU, général de son état et de son armée a fini d’installer la terreur. En 1976, des dizaines de travailleurs et d’étudiants étaient dans les prisons et les camps de tortures, et pourtant le Parti communiste du Dahomey s’est créé en 1977 et a fortement contribué au renversement du système du PRPB. Et pourtant, en 1979, 1982, 1985, etc. les étudiants de l’UNB organisèrent de mémorables grèves qui ébranlèrent les assises du système. Et pourtant, en 1988 et 1989 les travailleurs, à travers divers comités organisèrent les mouvements qui culmineront en décembre 1989 à la chute de l’autocratie.

Vous avez donc l’expérience ou par vous-mêmes ou par vos aînés. Le Parti Communiste du Bénin, ce ne sont pas seulement des hommes; c’est le refus de la soumission, c’est l’amour de la liberté et de la patrie, c’est l’esprit de sacrifice et la détermination. C’est pourquoi vous l’avez arrosé et nourri au long des décennies. C’est un patrimoine national et il n’est plus à créer. Les luttes pour les libertés, vous les connaissez, avec vos succès et vos échecs, vos élans de bravoure et de générosité, avec vos naïvetés et vos désillusions. Le chemin peut donc être raccourci; énormément raccourci. Votre détermination réduira les sacrifices. Nous ne préjugeons de rien mais la détermination à vaincre vous fera trouver tous les moyens de luttes, toutes les formes d’organisation, toutes les initiatives qui viendront rapidement à bout de l’autocratie et instaurer cette fois-ci le pouvoir des travailleurs. Au bout de ces sacrifices, le bonheur et certainement un service rendu aux générations futures. Le Parti Communiste du Bénin est toujours là pour vous servir de conseil et de guide pour la réalisation de cette tâche historique.

En avant donc !

Cotonou, le 03 Octobre 2011

Le Parti Communiste du Bénin

Côte d’Ivoire : Dèrmane osera-t-il tuer Tonton Abou Cissé ?

Abou Cissé, Oncle de Ouattara

Attention. Ne corrigez pas. C’est bel et bien Dèrmane. Parce qu’en famille, c’est comme ça qu’on l’appelle. En tout cas, pour ceux qui connaissent l’accent Moré ou Mossi, nous nous comprenons.

Et comme le linge trop sale se lave en public, nous avons décidé de convier Dèrmane sous l’arbre à palabre pour lui demander s’il osera franchir le pas, c’est-à-dire, tuer Monsieur Abou Cissé, son oncle adoptif.

C’est un article paru dans le quotidien Le Temps du lundi 3 octobre 2011, qui nous aura interpellé. Après une tentative d’intimidation familiale infructueuse, Dèrmane a envoyé ses tueurs menacer de mort celui qui se présente comme l’oncle de Ouattara.

A dire vrai, je ne suis pas surpris que cette affaire prenne une telle allure. C’est plutôt le contraire qui m’aurait étonné. Car la Révolution Permanente avait déjà traité le sujet de l’ingratitude congénitale de Dramane Ouattara dans l’Article intitulé : Dramane Ouattara ou le Syndrome de Jeo l’Indien (Révolution Permanente N°0009/06/11). Dans cet article, nous écrivions :

« …Vous l’avez certainement deviné, Joe l’Indien est un personnage violent, bourré de perfidie criminelle au point qu’il attribue sans état d’âme aux autres, même à ses bienfaiteurs, les crimes qu’il a personnellement commis.

Alors, OUATTARA et le syndrome de Joe l’Indien, c’est l’histoire authentique d’un criminel froid, craint à cause de sa cruauté, de ses réseaux criminels et qui réussit avec une habileté quasi luciférienne, à attribuer la paternité de ses crimes à ses bienfaiteurs.

Avec OUATTARA, Laurent GBAGBO est dans le rôle de Muff. Et cela remonte aux années 1990. Alors aux prises avec Konan BEDIE qui avait réussi à révéler que Dramane OUATTARA n’avait pas de titre d’identité ivoirienne, et que le RDR (Rassemblement des Républicains) était sur le point de disparaître avec la nationalité très controversée de Djéni Kobenan son fondateur, Laurent GBAGBO vole au secours de Dramane OUATTARA en créant avec lui le Front Républicain et lutte à ses côtés pour permettre à l’homme d’être reconnu comme Ivoirien.

A l’époque, Laurent GBAGBO croyait que Dramane OUATTARA était victime de machination et qu’en tant que démocrate convaincu, il fallait aider ce fils émigré dans l’ex-Haute Volta et rappelé pour servir son pays, à mettre ses compétences fallacieusement vantée au service de la Côte d’Ivoire.

La deuxième fois que Laurent GBAGBO rend un service ultime à Dramane OUATTARA, c’est lorsqu’il signe un document et l’autorise à être candidat exceptionnel en Côte d’Ivoire.

Pour récompenser Laurent GBAGBO de ses bienfaits, OUATTARA réussit à le faire passer pour un homme sans parole, un roublard qui ne mérite rien d’autre que l’exécution physique. Dans les faits, OUATTRA lui impose un coup d’Etat manqué puis une rébellion. […]

Sans état d’âme, il le présente au lendemain des élections de 2010 comme celui qui, par fraude, occupe la place de BEDIE, alors qu’il est celui dont les résultats sont constitués pour moitié de voix fraudées. Il se fait proclamer parallèlement Président élu de Côte d’Ivoire en 2010.

Après quoi, il fait ameuter le monde entier contre Laurent GBAGBO et fini par le faire capturer par la France en massacrant des milliers de civils. Mais OUATTARA ne s’arrête pas là. Il s’organise pour faire juger Laurent GBAGBO comme criminel ayant commis des crimes contre l’humanité.

Pour cela, il fait répéter par les ministres de son Gouvernement illégitime, que son armée d’indigènes a évité une épuration ethnique préparée par Laurent GAGBO. Il fait exécuter des civils dans plusieurs régions historiquement pro-GAGBO et présente les corps comme les victimes faites par les mercenaires et miliciens de Laurent GBAGBO. Il fait arrêter tous les cadres connus du parti de Laurent GBAGBO, gèle leurs avoirs et se promet des leur faire passer un long séjour en prison… »

Si donc l’oncle adoptif Abou Cissé, parle d’ingratitude de Ouattara Dramane, il n’invente rien. Il ne fait que dire ce que vous et moi savons depuis toujours.

Mais combien sont-ils, dans la famille de Monsieur Abou Cissé, qui vont au-delà des espèces sonnantes et trébuchantes pour épouser le combat de la vérité ?

Combien seront-ils à dire à Ouattara que les valeurs morales sont et doivent être au-dessus de l’argent mal acquis ?

Et cette famille osera-t-elle dire au petit orphelin Mossi « adopté » par Dame Nabintou Cissé qu’on ne menace pas de mort un oncle adoptif ?

Si donc personne n’osera lui dire la vérité qui aide à redescendre sur terre, c’est que la vie de Monsieur Abou Cissé est réellement en danger.

Naturellement, des éléments incontrôlés devront le cambrioler ou le braquer et l’exécuter.

Ou bien tout simplement, Monsieur Abou Cissé subira le même sort que le Colonel MBAYA. Juste un peu de poison dans un bon plat de « kabato », cette excellente pâte de maïs, et silence !

Ouattara Dèrmane a besoin de silence quand il rend le bien par le mal !

Heureusement, Monsieur Abou Cissé s’en remet à Dieu pour sa sécurité. Alors là, ça devient une autre paire de manche. Car s’il a Dieu avec lui, qui pourra être contre lui ? Même dans la vallée de l’ombre de la mort où il marche actuellement, il ne doit craindre aucun mal. Car Dieu est au contrôle. Et la vérité triomphera de l’imposture.

C’est pourquoi je reste convaincu, cher aîné Abou Cissé, que l’heure vient et elle est déjà là, où tu entreras en grandeur de dignité, dans l’histoire de la Côte d’Ivoire nouvelle que nous sommes engagés à bâtir sur les fondements de la Vérité et de l’Indépendance vraie.

A très bientôt.

Hassane Magued

Enquête sur les crimes en Côte d’Ivoire, le Communiqué de Katinan KONE, porte parole du président Laurent Gbagbo

Ce lundi 3 octobre 2011, la Cour Pénale Internationale a rendu public un communiqué  selon lequel, la Chambre Préliminaire III a autorisé  le Procureur de la République Près de cette Cour, à ouvrir une enquête sur les crimes présumés relevant de la compétence de la CPI qui auraient été commis en Cote d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010.

Les juges ont par ailleurs demandé   au « Procureur de leur fournir toutes les informations supplémentaires qui sont à sa disposition sur les crimes qui pourraient relever de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010 ». Suite à ce communiqué  de la CPI, le Président Laurent GBAGBO fait les observations suivantes:

A/ La Période couverte par l’enquête

L’autorisation de l’ouverture de  l’enquête donnée par la Chambre préliminaire ne concerne  que la période qui court à  partir du 28 novembre 2010. Le Président GBAGBO fait remarquer que  Cette période est celle demandée par monsieur Ouattara, partie prenante au conflit.

Le Président Laurent GBAGBO s’interroge sur la raison pour laquelle l’autorisation de l’ouverture de l’enquête ne concerne que la période demandée  par son adversaire, Monsieur Ouattara, alors que la chambre s’intéresse également aux crimes commis depuis 2002, qui est l’année de départ de la rébellion armée qui se réclame de Monsieur Ouattara. Pourquoi n’a-t-elle pas attendu d’avoir suffisamment d’informations sur le reste de la période de la crise pour laquelle, elle sollicite des informations supplémentaires.

La jonction des faits entre les deux périodes étant une évidence, il aurait été juste que la Chambre reçoive toutes les informations sur les deux périodes qui en fait, ne font qu’une seule, puisque la situation post électorale n’a été qu’une pique comme il y en a eu d’autres depuis la rébellion armée de 2002, dont tout le monde sait maintenant qu’elle agissait pour le compte du Président OUATTARA. L’alignement de la Cour sur la volonté d’une seule partie au conflit jette une suspicion sur sa décision. Cette suspicion se renforce lorsque l’on prend en compte les circonstances troublantes de l’ouverture de cette enquête

B/ Les circonstances de l’ouverture de l’enquête

Le Président Laurent GBAGBO tient à informer l’opinion publique nationale et internationale que l’autorisation d’enquête est intervenue le lendemain de la visite qu’a effectuée monsieur Michel MERCIER, le Garde des sceaux et Ministre de la Justice et des libertés du Gouvernement Français, le jeudi 29 septembre 2011. Au cours de cette visite, il a rencontré respectivement le Président de la Cour, Monsieur SANG HYAN SONG et Madame le Greffier en Chef, Madame Silvana ARBIA.

Cette visite est  intervenue immédiatement après celle effectuée par l’émissaire du Gouvernement Ivoirien, le ministre des droits de l’homme, qui s’est également rendu à la HAYE au siège de la CPI pour y rencontrer les responsables de cette Cour après avoir reçu préalablement par les autorités françaises. L’on se rappelle des déclarations qu’il a faites à la presse selon lesquelles, le transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI constituait la condition de la réconciliation  en Cote d’Ivoire et permettrait de dépassionner le débat sur les élections législatives.

Enfin, cette ouverture d’enquête intervient quelques jours seulement après la première rencontre que le Président Ouattara a  enfin daigné    accorder aux partis et groupements politiques qui sont proches du Président L. GBAGBO en vue de relancer le débat politique, condition sine qua non d’une vraie réconciliation.

Les visites de l’émissaire du Gouvernement ivoirien et de l’émissaire du Président SARKOZY, quelques jours seulement avant l’autorisation de l’ouverture de l’enquête ne peuvent nourrir que des suspicions sur la crédibilité de cette décision. Ces visites confirment le rôle politique que l’on veut faire jouer à la Cour. Le Président GBAGBO voit en la présence de l’émissaire du Président français à la HAYE, la manifestation visible de la pression politique que Monsieur SARKOZY exerce sur la Cour. Ce dernier continue d’utiliser le pouvoir d’Etat que le Peuple français lui a confié pour s’acharner contre lui et le peuple ivoirien.

Par ailleurs, Il faut bien s’inquiéter de l’impact que pourrait avoir l’ouverture d’une enquête judicaire suffisamment politisée sur le débat politique qui semble s’amorcer en Cote  d’Ivoire. Le Président GBAGBO émet des doutes sérieux sur la volonté de ses adversaires à aller à la réconciliation nationale qu’ils disent pourtant rechercher.

En définitive, Le Président GBAGBO, reste  attaché  à la justice qui s’établit  sur la vérité des faits. Le Président GBAGBO tient à ce que le monde entier sache ce qui s’est passé  dans son pays. Il attend que l’on lui explique pourquoi, alors qu’il a été élu  démocratiquement en 2000, une rébellion armée dont l’on connait maintenant tous les parrains, a attaqué  son pays dans l’indifférence de la Communauté Internationale. Il voudrait savoir également pourquoi l’armée française a tué  les ivoiriens en 2004 et en 2011 dans le silence du monde entier.

Le Président GBAGBO  attend que la lumière soit faite sur tous ces crimes et tous les autres que l’on tente de cacher. Il attend que le droit soit dit et que justice soit rendue non pas seulement pour faire plaisir aux vainqueurs de la guerre illégale qui lui a été livrée; mais pour que enfin, la vérité soit définitivement connue sur la crise ivoirienne depuis 2002.  C’est à cette fin, qu’il a écrit au Secrétaire General de l’ONU, Monsieur BAN KI MOON, pour demander la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale à l’effet d’établir la réalité des tueries présumées des femmes d’ABOBO et d’en déterminer le cas échéant, les auteurs et les commanditaires. C’est pourquoi il dénonce l’activisme de ses adversaires déclarés qui vise à instrumentaliser la Justice pour l’écarter du débat politique, qu’il n’a de cesse de  réclamer même sous les bombes.

Etant engagé sans réserve dans le combat pour la souveraineté des peuples africains,  Le Président GBAGBO s’insurge  contre le fait que les juridictions ivoiriennes, expression de cette souveraineté soit dessaisies du simple fait de la volonté du Président SARKOZY, d’un dossier aussi important qui intéresse en premier chef le Peuple Ivoirien. Il est bon que l’opinion sache que le département des droits de l’homme de l’ONUCI émet aussi des réserves sur  l’éventualité d’un transfert du Président Laurent GBAGBO à la CPI, puisqu’il ne constitue pas une menace pour la paix sociale en Cote d’Ivoire.

Enfin, le Président Laurent GBAGBO  considère comme relevant de la diffamation, les propos relayés par certaine presse, notamment l’Agence France Presse (AFP) selon lesquels, la crise post électorale est née suit à son refus de reconnaitre la victoire de M.OUATTARA.  Ces propos le rendent responsable sans jugement et entame son honneur. Il tient à rappeler qu’il ne s’est pas autoproclamé  vainqueur de l’élection présidentielle. Il en a été reconnu vainqueur par une  décision souveraine du  Conseil Constitutionnel de son pays qui l’a investi également Président de la République. Il a instruit ses avocats d’analyser la possibilité de poursuites judiciaires contres les auteurs de telles affirmations.

Le Ministre KONE Katinan Justin,

Représentant et Porte-parole du Président GBAGBO

Adresse à la Haute attention du peuple de Côte d’Ivoire : Comment Ouattara veut construire une autocratie

Ces derniers temps, le débat sur l’existence ou l’inexistence de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire a repris de plus belle et s’est accentué cette semaine avec la déclaration faite par le Président de la République à son retour de la session de l’Assemblée Générale en cours de l’Organisation des Nations Unies.

L’affirmation selon laquelle il importe de prendre des mesures diligentes pour « la mise en place de cette importante institution (l’Assemblée Nationale) dont les pouvoirs ont expiré depuis 2005 » appelle de notre part des commentaires de deux ordres, l’un juridique, que nous voudrions rappeler brièvement, et l’autre pratique.

Loin de nous toute idée de relancer la polémique, mais il est un devoir impérieux pour nous d’éclairer objectivement l’opinion publique tant nationale qu’internationale afin que le droit soit dit une fois pour toutes et que la démocratie ivoirienne y gagne pour l’avènement de l’Etat de droit que nous appelons tous de nos vœux.

I. Sur le plan juridique, le Président de la République a tort

La durée de la législature est de cinq ans. Ni la Constitution, ni le Code Electoral, encore moins le Règlement de l’Assemblée Nationale ne limitent le nombre de mandats des députés. Bien qu’élu dans une circonscription et éventuellement avec le parrainage d’un parti politique, le député est investi d’un mandat national non impératif. Le mandat des députés, indépendamment de son échéance normale, peut être abrégé.

Aux termes de l’article 59 de la Constitution, la durée de la législature est de cinq ans ; les pouvoirs de l’Assemblée Nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat.

En application des dispositions ci-dessus, les pouvoirs de l’Assemblée Nationale élue en 2000 et dont la législature a été ouverte le 22 janvier 2001, expiraient le vendredi 16 décembre 2005.

Mais cette législature qui devait durer cinq ans, est encore en place jusqu’à ce jour. Quelles en sont les raisons ?

La réponse à cette question doit être à la fois recherchée dans la lettre et l’esprit de l’alinéa 4 de l’article 59 de la Constitution, et également dans l’avis du Conseil Constitutionnel de décembre 2005 sur la prorogation du mandat de l’Assemblée Nationale.

Selon l’alinéa 4 de l’article 59 de la Constitution, les élections législatives ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l’expiration des pouvoirs de l’Assemblée Nationale.

L’expiration des pouvoirs de l’Assemblée Nationale élue en 2000 devant prendre fin le 16 décembre 2005, l’élection des nouveaux députés aurait du intervenir 20 jours au moins et 50 jours au plus avant le 16 décembre 2005, soit entre le 27 octobre et le 26 novembre 2005.

L’élection n’étant pas intervenue, les pouvoirs de l’Assemblée Nationale ne pouvaient prendre fin.

Il résulte de ce qui précède que l’élection des nouveaux députés doit impérativement avoir lieu avant l’expiration du mandat des députés en cours.

La lettre de l’alinéa 4 de l’article 59 de la Constitution est confirmée par la pratique constante de l’élection des députés depuis 1960.

II. Malgré l’avis du Conseil Constitutionnel, le Président OUATTARA viole la loi

Le débat sur les pouvoirs de l’Assemblée Nationale au-delà de décembre 2005 a été soulevé en son temps et le Conseil Constitutionnel saisi à cet effet a rendu un avis concluant au maintien de ladite institution dans ses prérogatives jusqu’à l’élection des nouveaux députés.

Abréger le mandat parlementaire en cours pourrait être interprété comme une violation des dispositions constitutionnelles et légales préjudiciable à l’avènement de l’Etat de droit prôné par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA.

Il conviendrait en conséquence de laisser vivre l’Assemblée Nationale pour donner toute plénitude au pouvoir nouvellement élu de prendre les dispositions diligentes pour convoquer le collège électoral en vue du renouvellement de ladite Assemblée Nationale.

La fin prématurée du mandat parlementaire ne peut intervenir que dans les cas suivants : démission, déchéance, décès ou acceptation de certaines fonctions, notamment gouvernementales. Le cas d’espèce ne correspond à aucune prescription constitutionnelle et réglementaire.

Au surplus, contrairement aux législations prescrivant les motions de censure du parlement à l’encontre du gouvernement ou de dissolution du parlement par l’exécutif, le système institutionnel ivoirien, qui est un régime de séparation des pouvoirs, n’autorise nullement l’exécutif, donc le président de la République, à abréger le mandat parlementaire.

Au-delà de l’aspect juridique qui peut donner lieu à de multiples interprétations, la réalité quotidienne finit par convaincre les plus sceptiques et vide le contentieux actuel.

III. Sur le plan pratique, le Président OUATTARA saborde les fondements de son pouvoir

Si nous convenons que l’argumentation juridique ci-dessus doit être balayée du revers de la main et que nous abondons dans le sens de l’inexistence de l’Assemblée Nationale depuis le 16 décembre 2005, que faire des quarante (40) lois qui ont été adoptées par l’Assemblée Nationale du 16 décembre 2005 à décembre 2010 et dont certaines fondent la légitimité du pouvoir actuel et son action ?

• Loi n° 2006-12 du 22 février 2006 relative à la prorogation du mandat des membres des organes des collectivités territoriales décentralisées.

C’est cette loi adoptée le 16 février 2006 qui a permis de proroger le mandat des maires, conseillers généraux et conseillers municipaux et sur laquelle le Président OUATTARA s’est fondé pour nommer le Gouverneur du District d’Abidjan et le Gouverneur du District de Yamoussoukro.

• Loi n° 2007- 502 du 31 Mai 2007 autorisant le Président de la République à ratifier le protocole relatif à la création du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine.

C’est bien la loi adoptée par l’Assemblée Nationale au cours de sa séance publique du jeudi 24 mai 2007 qui a permis de ratifier le protocole portant création du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine dont l’action conduite par un Panel de haut niveau a été déterminante dans la reconnaissance internationale de la victoire à la dernière élection présidentielle du candidat Alassane OUATTARA.

Sans la ratification par la Côte d’Ivoire dudit protocole, « le gouvernement illégitime de Laurent GBAGBO », selon les propres termes du vainqueur de l’élection présidentielle, aurait pu récuser l’intervention de l’instance de l’Union Africaine chargée du règlement des conflits en Afrique.

• Loi autorisant le Président de la République à ratifier le seizième protocole consolidé à la déclaration du fleuve Mano

C’est sur le fondement de cette loi, adoptée par l’Assemblée Nationale le 29 juillet 2009, que le pouvoir actuel a pris part aux dernières réunions de l’organisation des pays riverains du fleuve Mano, dont les travaux ont permis au Gouvernement actuel d’arrêter avec les autres membres de l’organisation des dispositions pour la sécurisation de la frontière ouest de la Côte d’Ivoire.

• Loi organique fixant les attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’organe de médiation dénommé le « Médiateur de la République ».

Bien que le Médiateur de la République soit prévu par la Constitution, il a fallu l’adoption par l’Assemblée Nationale de la loi organique fixant les attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’organe dénommé le « Médiateur de la République » le Jeudi 25 Juillet 2007 pour que cet organe puisse valablement fonctionner. Et c’est bien cette loi qui a permis au Président Alassane OUATTARA de nommer Monsieur N’golo COULIBALY, son camarade, ami et frère, au poste de Médiateur de la République en remplacement de Monsieur Mathieu EKRA, vieux compagnon de Félix Houphouët-Boigny.

• Loi n° 2007-669 du 27 décembre 2007 portant statut du corps diplomatique

L’un des premiers actes posés par le Président Alassane OUATTARA avant sa prestation formelle de serment au palais présidentiel a été de nommer et accréditer des Ambassadeurs dans certains pays du G8. Ces Ambassadeurs et ceux nommés postérieurement sont régis par la loi n° 2007-669 du 27 décembre 2007 portant statut du corps diplomatique. Cette loi a été adoptée par l’Assemblée Nationale le jeudi 20 décembre 2007.

Cette liste de textes, fondant la légitimité et l’action du Président de la République et du gouvernement actuels et qui n’est pas exhaustive, marque bien clairement que l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire a continué d’exister au-delà du 16 décembre 2005. L’activité de cette institution traitée avec beaucoup de mépris a permis à l’Etat de Côte d’Ivoire de continuer à remplir ses obligations internationales.

L’existence juridique de l’Assemblée Nationale est un fait établi. Toute autre affirmation ne saurait être admise, à moins que l’on veuille remettre en cause tout ce qui a été fait et se fait sur le fondement des lois adoptées par l’Assemblée Nationale et promulguées depuis le 16 décembre 2005.

Le Président de l’Assemblée Nationale

Mamadou KOULIBALY

Fait à Abidjan, le 28 septembre 2011

OTAN en emporte le fric : Côte d’ivoire, libye, Syrie…la moisson des rapetout

À en croire les dirigeants des puissances impérialistes qui se montrent naïfs et candides, la Syrie aurait été, dans ces derniers mois, l’arène où se confrontent, d’un côté, les « forces du mal », incarnées par le régime et ses adjuvants iraniens ; et de l’autre côté, les « forces du bien » manifestées par « l’âme immortelle » d’un « bon peuple » par nature, malheureusement réduit par le « Tyran de Damas » en une simple populace d’esclaves.

Le retour du colonialisme

Il est certain que cette approche superficielle aux violences en Syrie, qui divise le monde, plutôt l’existence avec ses dimensions multiples, en deux forces opposées, celle du Bien (la soi-disant « opposition ») et celle du Mal (le régime), joue un rôle argumentum ad captandum vulgus dans la justification des ambitions de l’impérialisme français et britannique en Afrique du Nord et au Levant, d’où elles y furent chassées le lendemain de la deuxième Guerre mondiale.

Notons à ce propos la dernière visite de Sarkozy et Cameron, maîtres d’œuvre de l’opération militaire par délégation du triumviratus (Sarkozy, Cameron et Obama) en Libye ; une visite qui prépara la table pour charcuter et dépecer la prise de « l’après-Kadhafi ». À Tripoli, ces deux conjurateurs allèrent célébrer leur victoire, encadrés de leurs gorilles locales du CNT et de leurs propagandistes charlatans, tels que les tambours, trompettes et cymbales des médias occidentaux « principaux » et arabes « subordonnés ». [1]

À plus forte raison, il était incontestable que les forces impérialistes préparaient à mobiliser leur artillerie lourde contre la Syrie et son régime, une fois le soi-disant « roi des rois d’Afrique », Kadhafi, serait détrôné. Pour en faire, un deuxième triumviratus (Sarkozy, Erdogan et Obama) naquit. Et les trois triumviri hurlèrent : « Carthago delenga est ! Nous devons nous débarrasser du tyran de Damas ! ».

Le causus belli

Dès lors, la Syrie se trouve cible d’une guerre systématique (médiatique, diplomatique et même armée) orchestrée selon le développement des événements sur le terrain. L’exemple le plus significatif de cette campagne féroce nous est fourni par le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui dénonça des « crimes contre l’humanité » en Syrie : « On constate que le régime syrien s’est livré à des crimes contre l’humanité », déclara-t-il à Moscou, le 7 septembre. [2]

En plus, des milliers de chaînes télévisées, des radios, des journaux, des sites et des réseaux sociaux sur internet, partout dans le monde, bombardent intensivement le régime syrien d’adjectifs diaboliques, visant à réduire son image dans la rue arabe, et à le présenter comme simple phénomène sauvage, dépouillé, bien sûr, de toute qualité humaine, donc de tout droit d’exister. Ajoutons que les États-Unis et l’Union européenne ne cessent pas d’appeler le président syrien Bachar Al-Assad à la démission : « … il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir », déclara Mme Ashton ; « Dans l’intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer », expliqua M. Obama ; « Les graves violations des droits de l’Homme en Syrie contre les manifestants pourraient relever de crimes contre l’humanité », indiqua le 17 août un rapport du Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU. [3]

La propagande impérialiste

Il est à noter ici que dans tous les bouleversements politiques sérieux, les machines médiatiques de l’Hégémonie impérialiste y mettent leur grain de sel. Il en va de même, le cas du « Grand Mensonge » de George Bush sur les armes de destruction massive en Irak. La preuve en est que plus de dix ans après l’invasion américaine de l’Irak, les administrations américaines successives n’ont toujours pas présenté la moindre preuve que ce pays avait des armes de destruction massive. Ce qui vient à dire que les masses tombèrent victimes d’une machination de malinformation. Il va de soi que les récentes violences, qui ébranlent la rue syrienne, ne sont pas exemptes de la même machination de propagandes, de mensonges et d’autres manipulations médiatiques, loin s’en faut.

Pour en croire les médias de l’Hégémonie impérialiste, des militants pacifistes et des manifestants non violents auraient passé la journée, pour ainsi dire, à faire la méditation transcendantale ; et pendant la nuit, ils se seraient rassemblés dans des places publiques, pour allumer des bougies aux immortelles âmes des « martyrs de liberté » ; tandis que le « monstre de Damas » s’enorgueillirait dans son harem. Cependant, loin de cette naïveté caricaturale que les machines médiatiques de l’Hégémonie nous créent, une question se pose au préalable : Qui sont-ils ces « militants de liberté » agnus Dei auxquels on fait l’éloge trois fois par jour : au lever, au midi et au coucher ? Qu’est ce qui se passe donc alors ?

L’un des problèmes pour dévoiler le paradoxe syrien c’est qu’il y a effectivement une demande interne réelle de changement. Personne ne nie cette réalité, ni même le régime syrien ne la nie. Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Al-Moualem, a dénoncé le 26 septembre les ingérences étrangères qui manipulent les aspirations légitimes du peuple syrien à des réformes politiques, économiques et sociales, dans un discours prononcé à l’Assemblé générale de l’ONU à New York : « les revendications du peuple ont été utilisées comme tremplin par des groupes armés pour semer la discorde et saboter notre sécurité. La Syrie a exercé sa responsabilité de protéger ses citoyens. Le gouvernement a agi pour garantir leur sécurité et la stabilité du pays », a déclaré M. Moualem en référence à ce qu’il qualifie d’ingérences étrangères. [4]

Aussi, une vaste majorité de Syriens veulent des réformes. Le peuple syrien se trouve indigné, depuis des décennies, de la corruption envahissante et les tentacules des autorités sécuritaires.

La rébellion islamiste armée

Pourtant, cette demande largement répandue de réformes est-elle, comme l’affirme les machines médiatiques impérialistes, à l’origine des violences en Syrie ? S’il est vrai qu’il y a des manifestations dans certaines villes, qu’il y a des morts, que l’armée est intervenue, il n’est pas moins vrai que la Syrie est devenue un terrain de bataille entre les forces armées syriennes d’un côté, et des insurgés islamistes sunnites armés, de l’autre côté, tels que les Frères musulmans, Al-Qaïda, et d’autres groupes salafistes wahhabites.

Ce que les médias aux ordres ne disent pas, c’est qu’il y a une rébellion armée soutenue par l’extérieur, et que la Syrie se trouve face à un causus belli déclaré par l’OTAN et les émirats et sultanats arabes « subordonnés ». Ici, il convient de mentionner que Dimitri Rogozin, délégué de la Fédération de Russie auprès de l’OTAN, commentait, le 5 août dans le quotidien moscovite Izvestia, le rôle que joue l’OTAN dans l’augmentation de la violence en Syrie : « l’OTAN planifie en ce moment une campagne militaire contre la Syrie afin d’aider à renverser le régime du président Bachar Al-Assad avec comme objectif à longue échéance de préparer une tête de pont dans la région pour l’attaque contre l’Iran ». [5]

Aussi, dans un entretien de la chaîne Euronews TV avec Dimitry Medvedev, le président russe avertit des dangers réels que pourrait créer une approche « blanc / noir » à la situation en Syrie : « les manifestants anti-gouvernementaux en Syrie ne sont pas partisans de certains modèles raffinés de la démocratie européenne ». [6]

À plus d’un titre, les événements en Syrie ramène ici une citation de Lénine dans son célèbre Un pas en avant, deux pas en arrière, traitant les mouvements révolutionnaires en Russie : « … lorsqu’une lutte prolongée, opiniâtre et ardente se poursuit, il arrive d’ordinaire un moment où les points litigieux, centraux et essentiels, commencent à apparaître, dont la solution déterminera l’issue définitive de la campagne, et auprès desquels les menus et insignifiants épisodes de la lutte sont de plus en plus reculés à l’arrière-plan ». [7]

Sans nul doute possible, les conflits sociaux et politiques au Levant, passent rapidement en conflits religieux et confessionnels ; et les réclamations sociales se réduisent, malheureusement, en tueries tribales. Cette réalité amère nous offre, au moins, une meilleure lecture de la soi-disant « révolution » syrienne ; une lecture qui se met à distance des fanfaronnades des hâbleurs du « Printemps arabe », écourté, à bride abattue, en « Hiver américain » très funèbre !

Avant toute chose, il est impératif de noter ici, que le Levant constitue un espace hétérogène coupé par des frontières ethniques, linguistiques et religieuses autres que celles imposées par l’accord Sykes-Picot (1916), le lendemain du démembrement de l’Empire ottoman en 1918. En plus, ce qu’il faut aussi noter, c’est que ces frontières intérieures se transforment, rapidement, en des zones des conflits sanglants, une fois qu’un pouvoir central capable de maintenir la paix, serait bouleversé. Considérons l’exemple de l’Irak après l’invasion américaine.

Les évènements en Syrie cachent, en effet, des motivations d’une nature religieuse plutôt que sociale ; en tenant compte du conflit historique entre l’islam orthodoxe (le sunnisme) et l’islam hétérodoxe (le shiisme). Dans un témoignage sur la violence religieuse en Syrie, Hala Jaber pointe la présence d’extrémistes armés (et barbus), agents provocateurs s’employant avec d’assez gros moyens à faire dégénérer les manifestations au départ pacifiques. Elle donne notamment un récit détaillé des graves incidents survenus le 18 juin à Ma’rrat al-Nu’man, ville du nord-ouest : « on voit que les djihadistes y ont fait régner la terreur, et ont versé le sang – alors que l’armée a fait profil bas, pour éviter des incidents. Le récit de l’enlèvement d’un opposant modéré, Mohamed Salid Hamadah, et des tortures et menaces qu’il a subi de la part d’extrémistes sunnites fait froid dans le dos, et laisse supposer ce que serait le climat de la Syrie si elle tombait dans leurs mains ! » [8]

Il est vrai qu’au début des violences en Syrie, les protestations prirent, du point de vue des slogans utilisés (liberté, justice, démocratie, réclamations sociales, etc.), une forme pacifique ; et les demandes des manifestants demeuraient encore à la limite des revendications sociales. Cependant, ces protestations se sont transformées, précipitamment, en actes de violence confessionnelle ciblés contre les minorités religieuses du pays, telles que les musulmans hétérodoxes et les chrétiens.

La conjuration impérialiste

Aussi, les slogans politiques croulèrent en brousse de haine religieuse. Même si le régime politique en Syrie est « contaminé », depuis des décennies, d’une bureaucratie corrompue et contagieuse, il n’en découle nullement de justifier les actes de barbarisme commis par des fanatiques religieux contre les groupes minoritaires et les institutions de l’État.

Dans ce sens, il sera dangereux d’oublier que derrière les réclamations d’une partie du peuple syrien, légitimes au point de départ, se cachent, en effet, les intérêts, pour ainsi dire, des vrais conjurateurs : un bonapartisme caricatural français à la Sarkozy en premier lieu, un impérialisme de carcasses américain à l’Obama, un « humanisme » islamiste turc à l’Erdogan et un wahhabisme « éclairé » arabe à la Saoudienne.

De ce qui vient d’être dit et dans des circonstances pareilles, il est clair d’emblée que la prétendue « révolution » syrienne n’est qu’une machination dirigée alpha et oméga par les centres de pouvoir impérialistes, dont l’objectif fixé à court terme se présente dans le renversement du régime du président syrien Bachar Al-Assad, et à long terme dans la réoccupation du Proche-Orient et la reconstruction de sa carte géopolitique ; un objectif qui nous promet, désastreusement, un futur catastrophique dans la région.

En guise de conclusion, nous trouvons pertinent de raconter une petite anecdote : « Naguère un brave homme s’imaginait que, si les hommes se noyaient, c’est uniquement parce qu’ils étaient possédés par l’idée de la pesanteur. Qu’ils s’ôtent de la tête cette représentation, et les voilà désormais à l’abri de tout risque de noyade ». Ce brave homme, c’était le type même des hâbleurs et fanfaronnades des machines médiatiques impérialistes et leur subordonnées arabes, qui croient, tristement, que les problèmes du monde arabe, tels que le développement social et économique, l’analphabétisme, les droits de l’Homme, les libertés, la démocratie, l’occupation, le confessionnalisme, les droits des minorités, les droits des femmes, etc. seront résolus une fois le régime syrien serait bouleversé.

Fida DAKROUB ,Ph.D Études françaises

Se faire coloniser… avec son propre argent!

In Le Nouveau Courrier N°308 du 05 Septembre 2011 par Théophile Kouamouo

Quelques lecteurs pourraient s’agacer de ce qui peut apparaître chez l’auteur de ces lignes comme une obsession tournant autour du thème de la recolonisation de l’Afrique, désormais évoqué de manière quasi-hebdomadaire dans le cadre de cette rubrique éditoriale. Pour ma défense, j’aimerais dire qu’il y a toujours, pour les analystes de l’actualité, d’une part des thématiques centrales, incontournables, structurantes. Et d’autre part, des faits et phénomènes qui en découlent ou se nouent de manière plus ou moins autonome autour du «tronc fondamental».

Pouvait-on reprocher à un éditorialiste français du début des années 40 de parler encore et toujours du nazisme et de la guerre ? Peut-on reprocher à un analyste irakien d’aujourd’hui d’évoquer quotidiennement l’occupation américaine ? A un chroniqueur de Tel-Aviv ou de Ramallah de gloser à l’infini sur le «processus de paix» israélo-arabe ? La réalité géopolitique centrale de notre temps, pour les Africains, c’est la recolonisation de leur continent. Il faut pouvoir imposer cette vérité, face aux adeptes de la théorie de la diversion, dont les numéros de prestidigitation continueront à faire de l’effet tant que personne n’en dévoilera les misérables ficelles.

L’Afrique est en cours de recolonisation.

Pour s’en convaincre, il faut analyser avec froideur la chorégraphie des sangsues exécutée lors de la «Conférence de soutien à la Libye nouvelle» tenue à l’Elysée jeudi dernier.

Il faut lire, par exemple, entre les lignes des doctes articles de l’édition du quotidien français Le Monde datée de samedi. En particulier à propos du «dégel» des avoirs libyens se trouvant principalement dans les pays occidentaux.

Rappelons-nous que pour empêcher Kadhafi de «massacrer son propre peuple», le Conseil de sécurité de l’ONU avait ordonné aux pays où les fonds de la Jamahiriya sont investis ou gardés d’interdire à leur propriétaire – l’Etat libyen – d’en faire usage d’une manière ou d’une autre. Kadhafi désormais «benladinisé», Tripoli étant entre les mains des «démocrates» du Conseil national de transition (CNT), reconnus par quasiment toutes les chancelleries, que devient donc ce pactole ? «Les dizaines de milliards de dollars libyens gelés dans des banques étrangères en vertu des sanctions internationales contre le régime Kadhafi devraient être prochainement débloqués : c’est un atout considérable pour les nouveaux dirigeants libyens. Ils n’auront pas à aller mendier auprès de laborieuses conférences de donateurs. La nouvelle Libye financera elle-même sa reconstruction», nous apprend le prestigieux quotidien parisien du soir. On respire… Mais pas pour longtemps. «La communauté internationale n’en a pas moins un rôle important à jouer. D’abord, en subordonnant le déblocage de ces fonds au bon déroulement de la transition démocratique. (…) Il est de la responsabilité des pays qui ont très concrètement appuyé l’insurrection libyenne d’être vigilants sur ce point.

C’est sans doute Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, qui a formulé cette exigence le plus clairement en mentionnant notamment les droits des femmes», écrit Le Monde. Cela s’appelle se faire coloniser avec son propre argent… La Libye est tombée ! Tombée comme «cacao de Côte d’Ivoire».

Hier nation liquide, dont le fonds souverain allait sauver Unicredit, première banque italienne, de la banqueroute, le pays de Simon de Cyrène, qui a aidé le Christ à porter sa croix sur le chemin du Calvaire, est aujourd’hui un Etat mendiant paradoxal, qui supplie des Etats quasiment en faillite de lui rétrocéder un peu de son argent. La Libye est sous curatelle occidentale. Et ses tuteurs sont sadiques : ayant créé eux-mêmes les conditions de son «irresponsabilité », ils comptent désormais bien la lui reprocher pour conserver entre leurs mains son fabuleux trésor, et le soumettre à tous types de chantages. L’Occident a armé des combattants islamistes et se scandalisera demain, avec des arrière-pensées bassement lucratives, qu’ils fassent avancer la cause de la charia. Un long reportage du Monde s’émeut désormais du «calvaire des Africains noirs de Tripoli, brutalisés par les révolutionnaires libyens».

Répétez après moi un principe très simple présidant à l’encodage du logiciel du nouveau colonialisme : avoir, en toute occasion, le beau rôle, et s’ériger en arbitre vertueux ! Il y aura sans doute un peu d’eau dans le gaz – c’est le cas de le dire, au vu des fabuleuses richesses énergétiques du pays. La Russie, la Chine et l’Afrique du Sud, plus ou moins pro-Kadhafi lors des hostilités, feront un petit «chantage dans le chantage» pour ne pas être trop marginalisées.

Leurs diplomates chipoteront un peu sur la question du dégel avant de rentrer dans le rang, avec des (petits) paquets-cadeaux sous le coude.

Le cas libyen est caricatural, mais la Côte d’Ivoire n’est-elle pas aujourd’hui colonisée avec son propre argent elle aussi ? De nombreux économistes sérieux ont démontré qu’en 2000, l’Afrique avait déjà payé trois à quatre fois le montant de sa dette, mais se retrouvait piégée dans l’engrenage des intérêts exorbitants, les pays occidentaux et les organisations multilatérales campant ici le rôle immoral de l’usurier ou – on le dira en français d’Abidjan – du «margouillat ». C’est au moment où la dénonciation de cette escroquerie internationale devenait la plus argumentée que les programmes Pays pauvres très endettés (PPTE) ont vu le jour. Les bailleurs de fonds, affectant la magnanimité, ont dit en substance : «Puisque vous pleurez, continuez à nous payer ce que nous disons que vous nous devez, et nous vous redonnerons cet argent si vous investissez… à nos conditions !»

Curieusement, alors que la Côte d’Ivoire devait boucler son dossier le 23 septembre 2002, elle a été attaquée par une rébellion qui a été considérée comme tellement légitime que la «transformation» de sa dette a été ajournée. Cela fait neuf ans que ça dure… et que le pays d’Houphouët-Boigny transfère des centaines de milliards de FCFA en Occident au nom de la dette et du service de la dette, ce que quasiment plus aucun Etat africain ne fait.

Détruite par une guerre soutenue par l’ancien bloc «capitaliste», au bout de laquelle leur favori a pris le pouvoir, la Côte d’Ivoire va elle aussi financer une reconstruction profitant quasi uniquement aux entreprises occidentales, par le biais de programmes comme le Contrat désendettement développement (C2D), au nom duquel les entreprises ivoiriennes paieront leurs impôts… pour que le fruit de leur collecte se retrouvent dans la poche des multinationales françaises qui leur font la concurrence, et qui seront désormais prioritaires dans les attributions de marchés publics. Au nom de la transformation de la dette en investissements.

Toujours avoir le beau rôle, on vous dit !