Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: octobre 12, 2011

« Le trafic de drogue en Afghanistan est assuré par des militaires américains », dixit Alain Chouet

Alain Chouet, ancien patron du contre espionnage français : « Le trafic de drogue en Afghanistan est assuré par des militaires américains »

C’est un ouvrage particulièrement dense que nous livre Alain Chouet, ancien chef de service de sécurité à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), interviewé par Jean Guisnel, journaliste au Point, spécialiste des questions militaires.

« Au cœur des services spéciaux » (*) ne se contente pas de mettre les pieds dans les plats. L’ouvrage piétine carrément certains plats, notamment en ce qui concerne le printemps arabe.

Oussama Ben Laden a été tué à Abbottabad, au Pakistan. Alain Chouet prend plaisir à rappeler qu’il s’agit d’un centre de vacances de l’armée, avec ses hôtels et son golf, où « tout le monde se connaît », Abbottabad étant réservé aux gradés pakistanais et à leurs familles. Que faut-il en déduire ? Qu’Oussama Ben Laden était gardé bien au frais par le régime d’Islamabad depuis des années.

Pourquoi a-t-il été éliminé en 2011 ? Barak Obama, plus éclairé que son prédécesseur, a compris que le fondateur d’Al-Qaida ne servait plus à rien. L’intervention occidentale en Afghanistan depuis 2001 est un échec total. Comme les taliban vont de toute façon revenir au pouvoir à Kaboul, autant faire croire qu’on les invite à la table des négociations, maintenant qu’ils ne sont plus associés à des « terroristes internationaux ». Et politiquement, Obama a gagné des points pour sa réélection en 2012.

80 à 90 % de la morphine base

L’ancien responsable de la DGSE rappelle qu’en 2002, l’Occident a mis sciemment en place en Afghanistan un gouvernement fantoche et mafieux, avec à sa tête, Hamid Karsai, le plus minable des « parrains ». Les chefs de bandes afghans se sont ensuite répartis « les rentes du pouvoir, les revenus du pavot, la manne de l’aide internationale ». Pour rappel, 80 à 90 % de la morphine base mondiale provient d’Afghanistan.

Le plus compliqué n’est pas de produire de l’opium, mais de l’exporter vers les consommateurs, sachant que l’Afghanistan n’a pas de débouché maritime. Contrairement à ce que croit l’opinion publique, la drogue ne rejoint pas l’Europe et les Etats-Unis par des routes défoncées et de vieux rafiots rouillés, mais par les voies aériennes, les gros porteurs de l’armée américaine. Et celle-ci contrôle tous les aérodromes du pays…

L’ancien chef du renseignement de sécurité ne dit pas que c’est l’armée américaine qui assure le trafic. Mais plus sûrement des militaires, qui arrondissent ainsi leurs soldes, et surtout les mercenaires engagés dans les sociétés militaires privées « pour assurer des tâches de logistique, d’intendance, de transport et même d’engagement opérationnel ».

Pression sur les armées

Les chapitres consacrés au « printemps » arabe risquent de faire grincer quelques mâchoires. « Les Arabes et les musulmans sont comme tout le monde, ils préfèrent la démocratie et la liberté à la dictature et à la répression », insiste Alain Chouet, soulignant que les habitants du Nord de l’Afrique n’ont pas attendu 2011 pour se révolter. Il y a eu des émeutes et des manifestations en Tunisie en 1969, 1978, 1980, 1984, 2000, en Egypte en 1968, 1977, 1986, 1987, 1995. Et qu’en Libye, les tentatives de coups d’Etat militaires contre Kadhafi « étaient quasiment mensuelles pendant la décennie 1980 ».

Seulement voilà, l’Occident ne s’en préoccupait pas et les médias n’en parlaient guère. Qu’est-ce qui a changé cette année ? Non seulement l’Europe et les Etats-Unis se sont intéressés à la contestation dans le monde arabe, mais ils sont intervenus… indirectement. Du moins en Tunisie et en Egypte, en faisant pression pour que les armées ne jouent plus leur rôle traditionnel de répression.

Visées sur la Cyrénaïque

Au lieu de jeter les dictateurs dehors en envoyant des soldats américains, comme George Bush en Afghanistan et en Irak, Barak Obama préfère faire jeter aux orties les dictateurs « par leur propre armée », assure l’ancien responsable des services spéciaux français. Pessimiste en ce qui concerne la Tunisie, très pessimiste pour l’Egypte, Alain Chouet est carrément alarmiste quant au devenir de la Libye.

Il souligne que la révolte a débuté le 15 février en Cyrénaïque, dans la région de Benghazi, « avec l’apparition brutale de civils armés ». Or, curieusement, les observateurs étrangers ne se sont pas demandés comment des centaines d’hommes sont apparus « armés de canons B7 et B10 sans recul, de canons bitubes anti-aériens, des mitrailleuses de 500 et 800, des lance-roquettes individuels ».

L’auteur de « Au cœur des services spéciaux » n’exclut pas que le haut commandement égyptien ait pu recevoir la promesse de la part des Américains que la Cyrénaïque, riche en pétrole, soit un jour rattachée à l’Egypte, surpeuplée, et qui manque cruellement de ressources.

(*) Alain Chouet, entretiens avec Jean Guisnel « Au cœur des services spéciaux. La menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers »  Edition La Découverte, 301 pages

D’autres textes à lire/relire, des analyses audio/vidéo à consulter

site personnel d’Alain Chouet

Areva/Niger – RFI, septembre 2010 (podcast)

L’Afrique est-elle contaminée par l’Islam radical ? –RFI, août 2010

La Qaïda est morte sur le plan opérationnel – oumma.com, mars 2010
Al-Qaïda, Arabie Saoudite, États-Unis, Frères musulmans, Afghanistan, Tariq Ramadan, Moyen-Orient

Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire – Sénat, colloque janvier 2010 (vidéo)

Afghanistan, le désert des Tartares ? – Revue Marine, septembre 2009
« On peut tout faire avec une baïonnette, sauf s’asseoir dessus »

Quelques acteurs hors organigramme de la diplomatie française au Proche-Orient

France-Missions-Diplomatie

Quelques acteurs hors organigramme de la diplomatie française au Proche-Orient

Les acteurs de la politique étrangère ne sont pas tous des permanents apparaissant sur les organigrammes de la cellule diplomatique de l’Elysée et du Quai d’Orsay. Des affaires récentes ont ainsi rappelé l’existence de conseillers occultes et autres porteurs de valises. Mais il existe aussi, depuis toujours, des acteurs (et actrices) tout à fait officiels, chargé(e)s de missions d’ampleur variable, et de plus ou moins longue durée. Autour du conflit proche-oriental, et des « révolutions arabes », les dernières semaines en ont donné plusieurs exemples, auxquels les étudiants préparant l’épreuve de « Questions internationales » des concours administratifs ont du prêter attention.

Tripoli, 15 septembre 2011. BHL et D.Cameron  (source: site de l’Elysée)

On peut ainsi souligner le  rôle de l’intellectuel Bernard-Henri Lévy, à la manoeuvre depuis mars 2011 pour promouvoir les « rebelles libyens », et amener le président Sarkozy à prendre en urgence les positions radicales que l’on sait lors du soulèvement de Benghazi, puis tout au long de la guerre en Libye. Indépendamment du fond, son activisme (qui n’est pas nouveau: on se souvient de sa présence en Bosnie et à Sarajevo, et une décennie plus tard de son soutien à l’intervention contre l’Irak en 2003) n’a pas manqué d’irriter quelque peu le ministre des Affaires étrangères, M.Alain Juppé, qui a découvert certains épisodes de cet activisme (dont l’un sur le perron de l’Elysée) sur ses écrans de télévision. De notoriété publique, M.Juppé avait posé comme condition à son arrivée au Quai d’Orsay, l’arrêt des interférences de tiers dans la définition et la mise en œuvre de la politique étrangère: c’était principalement M.Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, qui était visé, en tant qu’acteur majeur d’une diplomatie semi-secrète au Maghreb (Algérie, Libye), au Machrek (Syrie) et en Afrique sub-saharienne (Côte d’Ivoire). Sur ces terrains, ses missions avaient largement dépassé la lutte internationale contre le terrorisme, pour court-circuiter à de nombreuses reprises entre 2007 et 2010 un ministre des Affaires étrangères qui en a parfois été fort marri (en particulier sur les dossiers libanais, syrien et ivoirien).

Mme Hoffenberg et le président Sarkozy, lors d’un dîner à la Maison Blanche
(source: site AJC, Mme Hoffenberg- novembre 2007)

Il a été mis fin il y a peu à la mission de Madame Valérie Hoffenberg, qui avait été nommée en août 2009 « représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient »1:: un intitulé qui avait laissé les diplomates de métier osciller entre la perplexité et l’irritation. Mme Hoffenberg était auparavant représentante en France de l’American Jewish Committee, groupe de pression américain pro-israélien 2. Sa  nomination s’est inscrite dans la volonté du président Sarkozy, et du ministre Bernard Kouchner, d’affirmer plus nettement qu’avant 2007 l’amitié franco-israélienne. Ce qui devait permettre à la France de pouvoir prétendre désormais jouer un rôle central dans la relance d’un processus de paix israélo-palestinien totalement bloqué. A plusieurs reprises pendant sa mission, les prises de position de Mme Hoffenberg ont toutefois été critiquées, y compris chez les diplomates, comme trop partisanes, et interférant avec le travail diplomatique dans la région 3. Ses rapports avec ses trois ministres de tutelle successifs (M.Koucher, Mme Alliot-Marie et M.Juppé)  ont, semble-t-il, été houleux.

Depuis la fin de son mandat diplomatique,  Mme Hoffenberg est candidate UMP à l’élection des représentants des Francais de l’étranger, dans la 8e circonscription méditerranéenne qui va de Malte à Israël, via la Grèce, Chypre et la Turquie (tout un programme géopolitique !). C’est l’occasion incidente de souligner que le président de la République vient de confirmer l’existence du « secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger », innovation dans la structure gouvernementale, dont le premier titulaire a été le judoka David Douillet, nommé en juin dernier; et dont le titulaire depuis ce 28 septembre est M. Edouard Courtial, jeune député UMP de l’Oise. Responsable national des fédérations UMP, Courtial est membre de la « cellule de riposte à la gauche » mise en place par M.Brice Hortefeux dans le cadre de la préparation des élections présidentielles. Le parti socialiste a dénoncé le maintien de ce secrétariat d’Etat, estimant que sa raison d’être principale était l’approche des échéances électorales de 2012 4.

M.Balladur et le ministre saoudien des Affaires étrangères, Djeddah, 12 septembre 2011
(source: Consulat de France à Djeddah)

Autre acteur plus récemment missionné, l’ancien premier ministre Edouard Balladur. On sait que les compétences acquises par les anciens premiers ministres font qu’ils sont souvent chargés de missions diplomatiques particulières. On se souvient ainsi que M.Jean-Pierre Raffarin, très apprécié en Chine depuis son voyage officiel pendant l’épidémie de SRAS, a été chargé par l’Elysée de restaurer les relations franco-chinoises en 2008-2009 5. M.Raffarin avait, plus tard, décliné le poste d’ambassadeur de France à Pékin qui lui était proposé par le président de la République. M.Edouard Balladur avait été nommé, le 5 juillet dernier, « envoyé spécial du G8, pour la mise en œuvre du partenariat de Deauville », « consacré au soutien aux pays arabes, dans leur transition vers des sociétés libres et démocratiques« . Sa mission a pris la forme, pour l’essentiel, d’une tournée dans les pays du Golfe persique, dont l’Arabie saoudite, principalement pour lever des fonds destinés à la relance des économies de trois pays arabes en voie de démocratisation, et réduire leur dette: la Tunisie, l’Égypte, et la Libye. M.Balladur a rendu compte de l’avancement d’étape de sa mission au président lundi 26 septembre. L’attention des journalistes étant,ce jour-là, monopolisée par le contexte politique intérieur -« Affaire Karachi », Affaire Sawari II » (rétrocommissions supposées lors de la vente de sous-marins au Pakistan, et de frégates à l’Arabie saoudite) et résultats des élections sénatoriales- on ne dispose pas encore, à l’heure où nous écrivons, d’un compte-rendu circonstancié de la mission de levée de fonds de M. Balladur.

Jean-Paul Burdy

Maître de conférences d’histoire à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble

NOTES:

1 La lettre de mission de Mme Hoffenberg est sur son site: http://valeriehoffenberg.wordpress.com/ma-mission/

2 Le site de l’AJC: http://ajc-france.blogspot.com/search/label/Photos

3 Le 27 juillet 2011, l’hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné a consacré un article très sévère à Mme Hoffenberg, sous la plume de Dominique Simmonot, et sous le titre « Beaucoup de moyens, peu d’Orient« .

La création de ce secrétariat d’Etat a été critiquée par le prof. Casasus, de Lausanne: http://www.marianne2.fr/Le-secretariat-d-Etat-aux-Francais-de-l-etranger-un-calcul-politicien_a207989.html# . Et, plus récemment: http://www.liberation.fr/politiques/01012362509-pour-le-ps-david-douillet-ne-doit-pas-etre-remplace

5 Les relations franco-chinoises étaient très dégradées au moment des JO de Pékin de 2008, sur la question des droits de l’homme; suite aux incidents ayant accompagné la tournée parisienne de la torche olympique; et suite au déplacement du dalaï-lama en France

RCI : Banny confirme la libération prochaine du Président GBAGBO !

L’autre nom de Dieu, c’est le temps. Laurent GBAGBO le leur a dit. Plus d’une fois. Mais ils n’y ont rien compris. Parce que les histoires de Dieu, ils s’en moquent. Or comme le temps, Dieu s’impose à nous. Mort ou vivant, notre destinée est liée au temps. Un temps pour naître et pour grandir. Un temps pour vivre. Un temps pour mourir. Un temps. En toute chose. Il y a un temps. Et le temps de libérer le Président GBAGBO Laurent est arrivé.

Il m’a suffit d’écouter Monsieur Charles Banny pour m’en convaincre. L’homme a parlé pendant plus d’une heure. Il n’a rien dit d’autre que de démontrer que la clé pour sortir de la crise ivoirienne, se trouve dans les geôles du Président GBAGBO.
Entre autres confessions de foi, il a dit qu’il irait voir le Président GBAGBO pour le convaincre de donner des instructions à ses partisans pour que la réconciliation se fasse. Cela veut dire que si le Président GBAGBO ne donne pas ces instructions, il n’y aura pas de réconciliation.

Monsieur Banny a aussi dit qu’il ne fallait exclure personne du processus de réconciliation. Cela veut dire que le Président GBAGBO sera impliqué. Mais en tant que prisonnier ou homme libre ?

Bien entendu, il sera impliqué en tant qu’homme libre. Car depuis son lieu de déportation, comment compte faire Monsieur Banny pour lui permettre de s’adresser à ses partisans ? Et une adresse du Président GBAGBO à la Nation ivoirienne dans le contexte actuel devra passer par une consultation préalable avec les instances dirigeantes du FPI/CNRD. Donc l’isolement du Président GBAGBO prendra fin. Il sera en contact avec les dirigeants en Côte d’Ivoire mais aussi les dirigeants en exil. Cela s’impose et va de soi.

Monsieur Banny a aussi reconnu que sa commission ne comporte aucune personne originaire de l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Cela veut dire que la réconciliation qu’il envisage de conduire exclut pour l’instant les populations de l’Ouest. Et il l’a si bien dit : comment voulez-vous que des gens se réconcilient avec d’autres s’ils n’ont plus de villages, si leurs villages ont été brûlés ?

Oui, la plupart des villages de l’Ouest ont été brûlés et continuent d’être brûlés par les FRCI et leurs alliés Burkinabés. Donc en attendant de trouver une solution à la question des villages brûlés, Monsieur Banny pense que les populations de l’Ouest ne peuvent pas être impliquées dans le processus de réconciliation.

Alors monsieur Banny réconcilie qui en attendant ? Il l’a lui-même dit. Il doit voir le Président Laurent GBAGBO. Certainement, que les deux hommes vont faire leur réconciliation à deux. Après quoi, le Président GBAGBO va lui donner les conditions pour qu’il puisse réunir autour de lui, ses camarades du parti et leur parler.

Mais tout cela passe par une liberté de mouvements et d’action. Donc par la Libération sans condition du Président GBAGBO.

Cependant, il faut le reconnaître, nous sommes dans un environnement de paradoxe. Donc ils peuvent décider de torturer le Président GBAGBO un peu plus encore pour lui extorquer une adresse à ses partisans, leur demandant d’aller à la réconciliation sans condition.

Raisonnablement, est-ce que vous pensez que Monsieur Banny oserait franchir ce pas de la torture ? Quelle image restera-t-il de lui ? Lui qui rêve tant de se faire appeler un jour Monsieur le Président de la République.

C’est pourquoi il faut s’en convaincre. Le Président GBAGBO sera libéré sous peu. S’il y a réellement une volonté de sortir la Côte d’Ivoire de la guerre.

Si sa libération n’est pas possible, Monsieur Banny démissionnera et se lavera les mains, comme Ponce Pilate l’a fait, car ce Monsieur que j’ai écouté le samedi 8 octobre dernier explique clairement qu’il ne voudra jamais mourir politiquement à cause des errements haineux de Dramane Ouattara.

A très bientôt.

Hassane Magued

Soro, Bédié, Ouattara, un pouvoir qui se cherche à la tête d’un pays qui coule !

L’actualité récente de la Côte d’Ivoire, à travers les activités, les discours et les comportements des trois principaux responsables de l’attelage hétéroclite, mais cependant fortement associé en incohérences et en orgueil jamais observé dans notre histoire politique (même le «grand Houphouët savait se garder d’une trop grande arrogance, malgré une mainmise sans contexte ni partage sur la Côte d’Ivoire pendant plus de 30 ans!), n’augure assurément de rien d’apaisant pour le futur immédiat de notre pays. Soro, Bédié, Ouattara, trois associés en crime contre la Côte d’Ivoire, trois personnes si dissemblables et pourtant associées, pour qui la Côte d’Ivoire ne doit servir qu’à leurs intérêts et ceux de leurs amis ou de personnes qu’ils auraient choisis sans aucun fondement objectifs. Faut-il attendre qu’ils nous conduisent vers l’abîme de plus en plus perceptible ? Comment évoluera et se terminera le jeu de dupes qui les réunit et qu’adviendra-t-il de notre pays à la fin, que nous espérons très prochaine, de cette mascarade honteuse pour notre pays et ses dignes populations.

«Le temps est un autre nom de Dieu», disait régulièrement le Président Laurent Gbagbo, comme pour nous enseigner non seulement une grande patience et une foi profonde en Dieu, mais aussi pour nous dire combien il était difficile de faire vivre ensemble des frère antagonistes pour «le père» qu’il était et restera pour beaucoup d’entre nous, soulignant ainsi l’extrême délicatesse de construire l’union et inspirer la tolérance dans notre communauté. Nous nous en souviendrons jusqu’au bout, et pour autant, notre pays restera certainement meurtri pour longtemps par nos actes de mensonges, de lâcheté, de trahison contre la nation fragilisée et haï par beaucoup, pour des raisons que nombre d’entre nous ignorent encore. Depuis l’avènement du trio iconoclaste et hétéroclite à la tête de notre pays, chaque jour qui passe vient fragiliser encore plus les minces espoirs que certains naïfs avaient placés dans les illusions qu’il est arrivé à faire prospérer au sein que quelques-unes de nos populations. Nombre de motifs aussi fallacieux que contradictoires ont été avancés pour préparer et défendre leur forfaiture. Ils se partagent aujourd’hui le pouvoir en Côte d’Ivoire et entendent faire la justice sur des faits issus d’une crise dont ils sont les principaux responsables et réconcilier des Ivoiriens qu’ils ont passé tout leur temps et énergies à diviser pendant 18 ans, certes avec l’apparition d’un élément opportuniste, comme dans le cas de maladies sournoises et impossibles à soigner !

C’est cette Côte d’Ivoire que Charles Konan Banny a la responsabilité de réconcilier, face aux torpilles systématiques d’un trio iconoclastes et dans une incertitude croissante, approfondissant le désarroi des Ivoiriens et leur pessimisme en un futur qui se dessine sous la brutalité d’une force grégaire et où le mensonge et la haine sont les piliers d’une démarche sans but, autre que celui de se venger et d’empêcher la Vérité d’émerger pour dire la véritable histoire récente de notre pays. Comme le disait l’écrivain George Orwell «en des temps de supercherie universelle, dire la vérité sera un acte révolutionnaire» ! Ckb est donc le révolutionnaire en qui la Côte d’Ivoire espère, accompagné d’une des «10 personnalités les plus influentes du monde» en 2010 (voir «Times Magazine»), Notre unanime Didier Drogba, seul parmi des commissaires contestables, car de lui au moins, on peut espérer une sincérité, face aux exactions qu’il a personnellement subies et aux nombreuses menaces que sa famille a rencontrées, au point qu’il se soit vu obligé d’exiler tous ces membres auprès de lui à Londres ou à Paris, pour les mettre à l’abri de la haine et de la grégarité ambiante.

Nous souhaitons tous la justice, la réconciliation et la paix durable dans notre pays, nul ne doit en douter, dans l’ordre ou le désordre. Nous souhaitons tous, comme le dit un certain mouvement nouveau que «plus jamais» ceci ne se produise dans notre pays et qu’enfin, nous sachions construire les bases d’une véritable unité, d’une nation forte au service d’un pays ambitieux, plein de talents et de ressources, dont le rôle et la position dans la sous-région et sur le continent ne peuvent être ni anodins ni insignifiants, il caractérise plus que n’importe quel autre pays africain la vraie nature de l’Homme africain, à savoir la solidarité, l’ouverture à l’autre et vers l’autre, le partage et la terre d’accueil pour, qui des exilés exclus de chez eux, qui ces pauvres qui ne trouvent pas de travail chez eux, ou qui encore ces ambitieux qui peuvent loin de chez eux, aisément s’enrichir et prospérer sans aucune contrainte ni limite !

La Côte d’Ivoire, notre Côte d’Ivoire, et non celle que le trio nous offre actuellement, n’est pas un pays ordinaire et ne saura accepter que ses enfants, soient les sacrifices d’une logique qui ne la privilégie pas et qui aurait même tendance à l’exclure, tant en niant ses qualités intrinsèques, qu’en obérant son avenir et celui de ses enfants !

Trop de contradictions actuelles inquiètent, pour espérer tirer de la logique de réconciliation et de recherche de justice actuelle un quelconque optimisme, à moins de vouloir être aveugle ou de nier l’évidence ! La capacité à établir les responsabilités ne se mesure pas à la force de celui qui est au pouvoir, ni à sa volonté de promouvoir une justice injustice. Bien au contraire ! Car, au minimum, il faudrait déjà admettre que la responsabilité de toute cette crise que notre pays traverse depuis près de deux décennies, ne peut être imputée à une seule personne, un seul camp, un seul groupe ethnique ou une seule partie de la population. Or, le constat déplorable que nous observons est que, pendant que nous en appelons tous à la justice pour faire la réconciliation et planter les racines d’une paix unificatrice, que constatons-nous ?

Un camp accablé et déjà condamné, avant même toute enquête ! Un homme voué aux gémonies, annoncé d’emblée comme seul coupable de tous de tous ! Une exclusion systématique et bien organisée d’une partie significative, si pas majoritaire de la population nationale ! Une méprise du droit le plus élémentaire ! Une violation systématique des règles qui fondent le fonctionnement de notre pays ! De nombreux exilés intérieurs et extérieurs, dont on tend à faire peu cas, sauf pour les soupçonner de volonté de déstabilisations ! Un pays où l’insécurité devient une habitude ! Un pays où l’on tend à imposer la pensée unique et où on menace la contradiction et la critique pour l’étouffer ! Un pays où les droits de l’Homme sont valables pour certains et pas d’autres ! Un pays qui veut aller à des élections législatives sans avoir soldé le contentieux de l’élection présidentielle encore traumatisante ! Un pays où, un individu seul, parce qu’aillant tenu un armée rebelle pendant plus de neuf ans, est le seul capable d’aller partout sur le territoire national ! Un pays dont le prétendu président a plus le souci d’aller à l’étranger que de tourner dans son pays pour se rendre compte de l’état de celui-ci et de ses populations ! Un pays où, seule, une clique minoritaire décide et gère toutes les activités qui génèrent de l’argent ! Un pays où les épouses de quelques responsables se promènent dans les paradis fiscaux et prétendent être seules capables à offrir à qui le veut tout ce qu’il souhaite ! Enfin, un pays dont les responsables préparent la vente tous les actifs viables à des prête-noms qui viendront récupérer à vils prix ces actifs pour le compte de ceux qui nous dirigent en ce moment ! En somme, un qui va à vau-l’eau, inexorablement, sous les yeux effarés de ses enfants, mais avec l’approbation de soutiens extérieurs alléchés ! Au fait, pendant ce temps, la «blanche colombe» fait ses affaires tranquillement !

Au milieu du trio se trouve, un homme ! Jeune, ambitieux, qui se veut mystérieux et homme d’Etat précoce ! Un jeune homme qui a tué pendant neuf ans, aux vus et sus du monde entier, et qui l’assume avec fierté arrogante ! Un jeune homme qui tient les deux autres membres du trio, pour avoir été le constructeur du pouvoir actuel, mais que peu d’entre nous attendait là !

Un jeune homme qui se prévaut d’avoir «rouler le boulanger d’Abidjan», selon ses propres termes ! Un jeune homme qui dicte tout, décide de tout, influence tout et détermine finalement la logique en cours, envers contre tout bon sens et surtout, envers et contre la Côte d’Ivoire !

Un jeune homme enfin qui n’a de souci que d’être au pouvoir pour éviter d’être rattrapé pour ces vrais faits et actes, pour tous les crimes qu’il a commis, initiés, ordonnés ou coordonnés !

Un Jeune homme qui est devenu un gros os dans la gorge de la Côte d’Ivoire actuelle et de la Côte d’Ivoire tout court, car tant qu’il tient ce pouvoir, c’est l’avenir de la Côte d’Ivoire qui est en otage, sous hypothèque ! C’est une Côte d’Ivoire psychopathe, profondément malade, méfiante envers elle-même qui en résulte, donc fatalement fragile ! Et ce jeune homme se ment, leur ment, nous ment ! Mais, peu s’en rende compte ! Ses discours sont toujours en contradiction avec les annonces faites par «son président» ! Quand quelque chose ne lui plait pas, il boude et met en difficulté tout l’attelage ! Son humeur domine et détermine toutes tendances ! Il n’a pas d’ami et seul ses ambitions comptent ! Alors, comment va se terminer ?

Ouattara est-il finalement le vrai président qu’il croit être ? Bédié joue quel rôle dans tout cela ? Et, en réalité, après avoir «eu Gbagbo», quel sort le jeune homme réverse-t-il à ces deux vieux chevaux qui pensent être les patrons du trio ?

Ouattara dans sa volonté farouche de prendre la tête de la Côte d’Ivoire, s’est acheté toutes sortes de soutiens, parfois contradictoires les uns des autres ! Dans sa démarche, il ne semble pas avoir prévu l’émergence d’une force opportuniste et maintenant qu’il est confronté à ce jeune homme, qui prétend ne plus avoir peur de rien, pour avoir «dirigé une rébellion pendant neuf ans» ? Soro est-il utile ou nuisible à Ouattara et Bédié (en fait, ce dernier ne compte rien, sauf à faire croire à un report de ses voix vers Ouattara au second tour) et si oui, pourquoi et pour combien de temps ? Objectivement, la réponse serait que Soro est nuisible, tant pour le régime actuel que pour la Côte d’Ivoire toute entière.

Soro fait montre de toutes les caractéristiques d’un apprenti dictateur : impulsif, toujours menaçant, rétif à la contradiction, incapable d’accepter la contradiction au point de faire éliminer physiquement et systématiquement toute opposition, toutes contradictions ou résistance contre ses opinions et sa volonté ! Il se croit un destin supérieur tel, qu’il s’autorise à marcher sur tout, sans états d’âmes. Il force des alliés à remettre en cause leurs accords, pour imposer ses intérêts ! Il est froid et se croit d’un courage unique !

Et pourtant, face aux attentes de justice, de réconciliation et de paix, il est le principal et l’unique point d’achoppement ! Il est celui que les Ivoiriens tolèrent certainement le plus malgré eux, par la crainte qu’il leur inspire ! Sa méchanceté et sa détermination n’ont pas de limites ! La liste des crimes en tous genres est abyssale et ses forfaits divers sont tous passibles de la Cpi ou des plus hautes condamnations prévues par nos lois ! Et Pourtant, c’est lui qui prédit le plus de condamnations aux autres ! Il accepte la Cpi, comme tous les Ivoiriens, au demeurant, et promis d’y extrader toute personne de groupement de rebelles qui serait reconnu coupable ! Mais, il fait mine d’oublier que chacun de ceux-ci ne sont que des exécutants de ses ordres, ou en tout cas, que lui aussi devrait «bénéficier» de la «présomption de culpabilité» dont il use pour détenir illégalement le président Gbagbo ! «Présomption de culpabilité» qui est tout autant valable d’ailleurs pour Ouattara lui-même, si c’est bien la justice qu’on recherche ! Soro est passible de la Cpi bien plus que Ouattara lui-même et bien encore plus que Gbagbo ! Alors, pour lui, seul le pouvoir d’Abidjan doit déterminer les conditions d’accusations et d’inculpations des personnes à traduire ici et là en justice ! Soro est plus conscient que n’importe qui de ce que la vérité coûterait à une quelconque de personnes visées par des enquêtes pénales ou civiles devant être conduites en Côte d’Ivoire pour solder totalement et véritablement la crise que le pays traverse depuis 1994 en réalité et sait donc pertinemment que, si la justice devait se conduire dans les règles de l’art, il serait le tout premier à être extradé vers la Cpi, puis ensuite, emprisonné pour avoir littéralement piller la Côte d’Ivoire pendant près de 10 ans, en toute impunité et pour aucun autre intérêt que le sien et celui de quelques personnes sous la protection desquelles il est arrivé à se mettre pour arriver à s’imposer à la tête de la Côte d’Ivoire. Car c’est bien lui et non Ouattara qui dirige ce pays depuis quelques mois ! Pire, si selon la jurisprudence de la Cpi, les crimes commis au-delà de sa saisine par le régime de Ouattara devaient être pris en compte, Soro devrait se faire encore plus de souci, au lieu de plastronner sans vergogne, tant son orgueil l’étouffe et l’aveugle !

Mais le plus grave, c’est l’hypothèque que cela fait peser sur la Côte d’Ivoire, sur l’éventualité d’une réconciliation et sur un retour véritable à la paix, car tout cela finira bien par le rattraper, que cela lui plaise ou non ! Banny, dont la détermination à conduire avec succès le processus de réconciliation doit le savoir et s’il en doute, devrait prendre quelques reculs afin de bien réévaluer la situation avant de relancer sa machine ! Car sa tâche ne sera d’aucun repos et nous lui souhaitons sincère succès, car nous avons tous intérêt dans son succès !

Mais, pour autant, nous doutons de sa capacité à trouver les équilibres qui puissent à la fois satisfaire Soro, arranger Ouattara dans la nécessité pour lui de prendre le contrôle de «son pouvoir» et surtout, de convaincre la population dans son ensemble, mais surtout les partisans de Laurent Gbagbo qu’une justice sincère puisse se réaliser sans que Soro ne soit inquiété et qu’une réconciliation puisse se construire sans que les rebelles et leurs méfaits ne soient admis et condamner, pour être éventuellement pardonnés par les autres !

Cela rend l’ascension de l’Himalaya bien plus aisée, même pour quelqu’un d’un âge aussi avancé que M. Banny ! Pour faire la justice, nul d’entre nous ne doute qu’il faut la vérité ! Pour arriver à la vérité, il faut, au minimum que tous les protagonistes soient traités sur un pied d’égalité, ce qui contredit totalement la déclaration de Soro selon laquelle, «quand on a perdu (la guerre et les élections ?), il faut se taire» et subir la loi du vainqueur (remarquons bien qu’il n’a pas dit «des vainqueurs», car pour lui il n’y en a bien qu’un et ce ne peut être que lui !) ! Pour arriver à mettre tout le monde sur un pied d’égalité, il faut œuvrer avec courage et dire les choses telles qu’elles sont, ou ont été, ce qui n’est pas le cas pour l’instant ! Enfin, pour arriver de la justice à la vérité, de la vérité à la réconciliation et de la réconciliation à la paix, il faut que personne ne se sente ni exclue, ni particulièrement stigmatisée !

Ces conditions minimales ne semblent pas encore garanties dans le cas de notre pays ! Nous souhaitons que Banny arrive à les créer, pas uniquement par son discours, certes courageux, il faut le lui concéder ! Et la condition sine qua non ou minimum à remplir, c’est de régler le cas de Soro, qui est le centre et l’épicentre de la crise dont notre pays sort difficilement ! Si la Côte d’Ivoire veut la paix durable, si Ouattara veut se constituer une crédibilité qui le maintienne à la tête de notre pays, si Bédié veut rentrer dans notre Histoire aussi dignement que cela peut lui être encore autorisé, si Banny veut être le saveur qu’il souhaite, si Drogba ne va pas se voir descendre de son piédestal, le cas de Soro est le premier sujet à l’ordre du jour et la priorité des priorités ! Car, tant que ce jeune homme n’aura eu l’assurance certaine de s’en sortir, il ne libèrera pas notre pays et n’autorisera certainement pas une vraie réconciliation ! A moins que nous parlions d’autre chose, Soro est le danger public et général numéro 1 de tous les enjeux de notre pays et de tous les acteurs politiques actuels de notre pays…

Correspondance particulière de F. Lefaman, Quotidien Le Temps

Sénégal : et dire que Wade s’est permis de jouer les moralisateurs face à Gbagbo et Kadhafi !

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a affirmé dans une interview lundi à Dakar qu’il sera « bel et bien candidat » à sa propre succession, en réponse à ses opposants qui lui demandent de ne pas se présenter à la présidentielle de 2012.

« Pour éclairer définitivement la lanterne des Sénégalais, je dis ici, et vous pouvez l’écrire, que je serai bel et bien candidat si Dieu me prête vie », a déclaré le chef de l’Etat dans cet entretien accordé au quotidien sénégalais Le Pays (privé).

« Je vais tous les terrasser dès le premier tour » prévu le 26 février, dit-il en parlant de ses futurs concurrents. « Sans prétention, je crois mordicus que je vais les coiffer au poteau (…) », ajoute-t-il.

Les opposants au chef de l’Etat, 85 ans et au pouvoir depuis 2000, ont exigé qu’il annonce fin octobre le retrait de sa candidature qu’ils jugent anticonstitutionnelle, menaçant de multiplier les manifestations de rue pour le forcer à ne pas se représenter. Abdoulaye Wade, Sénégal, présidentielles Sénégal, présidentielles Sénégalaises, politique Afrique, Afrique

Ce sera au Conseil constitutionnel de décider en janvier de la validité des candidatures et M. Wade a affirmé qu’il respectera sa décision: « Si ma candidature est invalidée, je ne sourcillerai pas à partir, je me retirerai ».

Il a vivement condamné les critiques liées à son âge, qui, selon lui, n’intéressent que « les Occidentaux ». « Nous, en Afrique, on ne s’attarde pas sur ces détails. Aucun Africain ne demande à l’autre son âge, parce que les Africains s’occupent seulement de la santé, de la vie et de la mort », a-t-il assuré.  Afrique de l’Ouest, Laurent Gbagbo, Kadhafi, international

Selon M. Wade, « ce débat doit être tranché par les seuls Sénégalais qui connaissent, à peu près, mon âge. Voilà un sujet qui, pour vous dire la vérité, me révulse », a-t-il déclaré, ajoutant: « Si le peuple (…) s’aperçoit que je ne suis pas apte pour le diriger, il ne m’élira pas. Mais, qui va mourir, qui va vivre? Laissons de côté cette question qui ne tient pas la route ».

Lu sur africa news