Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: octobre 17, 2011

Nième emprunt obligataire sous Boni Yayi : Les conséquences de la mauvaise gestion des Finances Publiques au Bénin

Pour la troisième fois depuis Avril 2006, les Béninois et les citoyens des autres pays de l’UEMOA sont invités par le gouvernement du Bénin, par le biais des structures d’intermédiation financière, à souscrire à un emprunt obligataire au profit du Bénin.

Officiellement, les ressources collectées serviront à financer des projets d’infrastructures communautaires au profit des populations.  Une telle démarche, du reste normale répondrait à la nécessité de recourir à l’épargne de la sous-région au détriment des ressources purement externes.  C’est aussi un test pour les économies de l’espace UEMOA dont la capacité des populations à générer et mobiliser les ressources financières de l’intérieur serait un gage de la vitalité des économies nationales.

Seulement voilà, cet exercice serait passé inaperçu comme un simple appel à l’épargne publique si on l’isole du contexte économique et socio-politique actuel du Bénin.  Qu’il vous souvienne que depuis son accession à la magistrature suprême du Bénin, le Président de la République, Docteur es Sciences Economiques de son Etat et présenté aux béninois par ses parrains comme le Banquier du développement et celui par qui le Bénin va renouer avec une croissance économique soutenable (à 2 chiffres), s’est lancé dans une manipulation surprenante des finances publiques. Le premier acte de la descente aux enfers de l’économie béninoise a été le limogeage du Ministre des Finances d’alors, Pascal Irénée Koupaki.  A l’étonnement de tous, y compris des partenaires techniques et financiers du Bénin, le Ministre des Finances dont l’action d’assainissement des finances publiques commençait à peine à produire ses fruits, a été débarqué, au profit de Soulé Mana Lawani.  De l’avis des observateurs proches du pouvoir, ce geste répondait à la volonté du Patron de la Marina d’avoir sa main mise sur les caisses du trésor public pour faire des dépenses qu’il voulait et quand il voulait, Monsieur Koupaki étant précédé de la réputation de gestionnaire rigoureux qui souffrirait de manque de flexibilité.

La suite de l’histoire, on la connaît et le Bénin la vit jusqu’à présent. Quelle est la logique qui veut que Pascal Irenée Koupaki quitte les Finances après seize mois malgré sa compétence et ses résultats palpables à ce poste?  Et quelle est la logique qui veut que le Chef de l’Etat garde Mr Kogui N’Douro à la défense depuis 2006 pour faire la cosmétique de l’armée? Est-ce de cela que notre économie a besoin?  Question à qui de droit.  Le Chef de l’Etat s’est lancé dans des dépenses ostentatoires faites de dons, de libéralités à certaines catégories professionnelles, exonération massive notamment dans le cadre des travaux préparatoires du Sommet de la CEN-SAD, pour ne citer que celles-là, qui ont porté un coup fatal à la santé financière de notre pays qui cherchait encore ses marques.  On se souvient de la fameuse expression de “délinquance budgétaire” utilisée par un Député d’alors qui appartenait au G-13. Il ne saurait mieux dire.

Depuis, les choses ne se sont guère améliorées pour les finances publiques de notre pays.  Malgré l’hostilité des Députés de la majorité parlementaire d’alors, opposés aux frasques budgétaires et à la démesure dans les dépenses publiques, le gouvernement et son Chef, ont toujours procédé par la force, en prenant des ordonnances au lieu d’écouter les Députés dits de l’opposition et de dialoguer. Même des Députés FCBE ont participé à la fronde et ont produit des déclarations hostiles à leur partenaire politique.  Mais rien n’y fit.  Le Président de la République voulait un budget astronomique, au dessus de 1000 milliards, répondant plus ainsi à ses besoins de propagande et à sa mégalomanie qu’à la nécessité de doter notre pays d’un budget réaliste, bien élaboré au service d’un programme économique et social lui-même clair,   bien pensé et bien élaboré.  Si le Président n’a pas un programme de développement avec des objectifs clairs, précis et mesurables, comment voulez-vous qu’il fasse adopter un budget réaliste? Malgré les injonctions des institutions de Bretton Woods qui, qu’on le veuille ou non encadrent le budget des pays ancrés dans le déficit budgétaire comme le nôtre, le chiffre astronomique de 1000 milliards et au delà devrait être maintenu.

Ceci n’est pas anecdotique ! Car, en regardant au-dessus de notre tête, juste le toit de notre pays, le Niger avec ses quinze millions d’habitants traînait un budget de 500 et quelques milliards en 2008, puis 700 et quelques milliards en 2009 et affiche une prévision 2012, à plus 1.400 milliards, soit le double de celui de 2009 !

Force est de rappeler que, en dehors des parlementaires de l’opposition d’alors accusés de vouloir bloquer les actions de développement du Chef de l’Etat au profit des populations, de nombreux cadres béninois, Experts dans le domaine économique et financier  ont tiré la sonnette d’alarme pour montrer le danger à confectionner de faux budgets pour faire sensation.  Ils ne seront jamais écoutés; surtout pas par les grands Docteurs en Economie et Finances qui peuplent les couloirs du régime dit du changement.  Le Chef de l’Etat a poursuivi sa course effrénée vers l’illusion, en route disait-il vers l’émergence pour aller finalement vers un budget en decrescendo, rattrapé par l’état de santé réel de notre économie.  Dans la foulée de cette obstination et de cette boulimie des grands chiffres induits plus par le populisme que par ces réalités économiques et sociales de notre pays, l’argent du contribuable a été distrait pour financer des marches de soutien aux actions du Président-Docteur qui délivrera des ordonnances pour la survie des plus pauvres.  Des conférences de presse et des tournées ministérielles ont été aussi financées pour aller expliquer aux béninois du pays profond comment les Députés qui n’aimaient pas leur pays, avaient tenté de bloquer le Chef de l’Etat et les remèdes utilisés par lui pour satisfaire aux besoins des populations.

Comme les réalités économiques sont têtues tout comme les réalités sociales ont la vie dure, ces budgets n’ont jamais été bouclés, ni exécutés à plus de 70% de leur prévision. On se souvient encore de la décision de nos Princes de réduire considérablement le budget du programme d’investissement  public  (PIP) au cours de l’année 2010.  Pour l’année 2012, les informations rapportées par la presse et non démenties par le gouvernement indiquent une réduction de 25% sur les dépenses de chaque Ministère.  Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit, si les prévisions budgétaires épousent le même esprit de réalisme et de pragmatisme.  L’autre volet qui a plombé les finances publiques, c’est le recrutement massif d’agents dans la fonction publique.  Ces recrutements dont une partie importante ont été faits pour satisfaire des besoins d’ordre régionaliste constituent un poids lourd pour le budget et des bois morts pour l’administration, parce que réalisés sans aucune rationalité et contre les normes prudentielles en matière de finances publiques.  Passons sur les primes instituées et consenties aux agents de l’Etat sous la pression des syndicats, suite à des mouvements de grèves intempestifs, face à l’incapacité du gouvernement à réfléchir pour concevoir une politique salariale conséquente,  en adéquation avec les réalités économiques du pays.  Cela nécessite un dialogue permanent et surtout un dialogue de qualité dont l’absence constitue malheureusement notre péché mignon!

Le financement à pas forcés de la LEPI, malgré l’apport non négligeable des partenaires techniques et financiers dont certains sont complices de la mascarade du 13 Mars 2011, a également contribué à la déstabilisation des finances publiques étant donné que le niveau de prévision des recettes budgétaires n’a jamais été atteint et qu’on a tenu à faire des dépenses pour faire aboutir la LEPI pour s’en servir à des fins que tout le monde sait désormais.

De 2005 à 2010, le taux de croissance économique du Bénin n’a cessé de dégringoler passant de 5% à 3%, une contre performance dans un pays côtier qui n’a pas connu la guerre; bref une contre-performance largement en dessous des taux auxquels les régimes  successifs des Présidents Soglo et Kérékou ont conduit l’économie de notre pays.  Il est à noter que, même un pays confronté aux convulsions politiques et économiques avait un taux de croissance de 3,8 contre 2,7 % pour le Bénin en 2009, et 2,6 contre 2,5 en 2010 (http://www.statistiques-mondiales.com/taux_de_croissance.htm). Malgré le nombre impressionnant de banquiers anciens ou actuels fonctionnaires de la BECEAO présents à des postes stratégiques du régime, l’émergence tant prônée tarde à montrer le nez.  Pire, l’économie béninoise est entrée dans la tourmente avec l’exacerbation de la pauvreté.

Comme dans la plupart des régimes qui perdent les pédales, le Chef de l’Etat durcit le ton et s’en prend aux libertés fondamentales garanties par la constitution du 11 Décembre 1990.  Boni Yayi et ses thuriféraires cherchent des boucs émissaires pour justifier leur forfait et leur échec cuisants au plan économique.  Il s’en prend aux douaniers qu’il rend responsables de sa contre-performance et de l’incurie de son gouvernement.

Depuis Washington, le Fonds Monétaire International observe  Boni Yayi et son équipe se débattre dans leur incapacité à contenir les déséquilibres qu’ils ont créés dans les finances publiques.  Dans l’histoire du FMI, Boni Yayi est certainement l’un des Chefs d’Etat qui a le plus arpenté les murs du FMI.  Les nombreux rappels au respect des normes prudentielles en matière de gestion des finances publiques n’ayant jamais été respectées par nos dirigeants, le Fonds aurait fermé le robinet.  D’un autre coté, comme l’a dit le Ministre des finances dans son allocution à la cérémonie de lancement de l’emprunt obligataire, les ressources extérieures se raréfient. Elle ne peut pas mieux dire. Surtout lorsque les partenaires techniques et financiers observant la légèreté avec laquelle les finances publiques de notre pays sont gérées, ils ont mal pour les Béninois et pour les contribuables de leur pays.

Dès sa prise de fonction en Avril 2006, le Chef de l’Etat avait entrepris une vaste tournée en Europe, en Asie et en Amérique pour mobiliser, a-t-on dit, les ressources nécessaires à la mise en œuvre de sa politique d’émergence.  Quelques années après et en dehors des investissements de la Chine (Echangeur de Godomey), on a de la peine à appréhender les retombées de ce long périple de plus d’une année sur l’économie et sur la vie quotidienne des béninois.  C’est comme des centaines de millions dépensés et qui n’ont pas produit l’impact attendu.  Le Président et son équipe peuvent –ils avoir le courage de faire le point aux Béninois des sommes englouties dans ses voyages et des retombées engrangées par l’économie de notre pays?  C’est aussi cela l’obligation de rendre compte chantée comme incantation à longueur de discours.

Comment s’étonner que les concours extérieurs en direction du Bénin tarissent?  Aujourd’hui, les pays donateurs ont aussi leurs problèmes intérieurs auxquels ils doivent faire face.  La crise financière internationale qui s’est emparée du monde depuis Juin 2008 a contribué à un changement de paradigmes  quant à l’accès à l’aide publique au développement.  Aujourd’hui l’accès aussi bien aux concours financiers qu’à l’aide publique au développement dépend largement des pratiques de bonne gouvernance.

En réalité, le nième emprunt obligataire qui vient d’être lance à un taux de 6,5% alors que le Fonds Monétaire International et d’autres mécanismes du marché financier international offrent de meilleures conditions, est la preuve de la perte de crédibilité du régime en place dont la gestion des finances publiques est catastrophique. En cinq ans de gestion des affaires publiques, le gouvernement vient de recourir trois fois à ce mode de financement dont le produit va en réalité servir à payer les salaires et des dépenses de souveraineté.  Des sources proches des milieux financiers, des informations persistantes indiquent que depuis l’avènement du régime en place, la dette du Bénin a plus que doublé.  Sent-on l’impact sur la vie quotidienne des populations?

Au lieu de se consacrer à une gestion responsable, ordonnée et saine de l’économie, Boni Yayi, ses proches collaborateurs et des parrains abonnés à émarger aux frais des contribuables béninois, préfèrent distraire le peuple en parlant de refondation.  Un concept flou, jamais expliqué, qui cache mal l’incapacité du Prince à concevoir un programme cohérent de développement qui met au centre de sa mise en œuvre, des hommes et des femmes compétents qui savent comment faire bouger un pays vers la performance économique et le mieux être. En lieu et place, c’est des cadres médiocres qui sont nommés parce que partisans politiques, coreligionnaires et surtout des corégionnaires.  Peut-on dans ces conditions,  s’étonner de la contre-performance de notre économie et de l’amenuisement des finances publiques?

Pendant ce temps, les pays comme le Danemark réduisent leur aide publique au développement du Bénin.  D’autres pays, pas des moindres, ferment les programmes d’éducation pendant que règne dans le secteur de l’éducation, toute une confusion, ce qui n’augure rien de bon pour un pays qui aspire à la modernité et un avenir radieux pour ses filles et ses fils.

Silence!!!! On refonde!

Pierre Dagbédji Zinsou (Coll.)

Enseignant-Chercheur en Economie Appliquée

Nice, FRANCE

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Côte d’Ivoire : No pitié !

Personne n’a pitié de toi. Car tu ne mérites pas de compassion. Ni celle de ceux qui t’utilisent comme un dromadaire pour porter leur fardeau de l’imposture. Ni celle de nous autres, combattants pour la dignité de l’Afrique. Car victime de ton goût prononcé pour le faux, ton humiliation et ta descente aux enfers qui font leur petit bonhomme de chemin, ne peuvent émouvoir personne.

Je le dis parce que beaucoup comme moi ont été émus de te voir au Ghana. En train de trimbaler un cortège honteux et faux. Parce que tu es en mal de popularité. Parce que tu sais que tout le monde connaît ton histoire. Et que seul, tu étais au Ghana, malgré les convois de la honte que tu as organisés à partir d’Abidjan et de Lomé, pour trouver des « applaudisseurs ». Cela ta coûté la somme de 10 millions de francs CFA. Soustraits de la poche du contribuable ivoirien.

Tout comme pour obtenir que les populations du Nord de la Côte d’Ivoire disent que tu es originaire de Kong sans que tu ne sois capable d’y montrer ton village, tu as été obligé de voler l’argent des caisses de l’Etat de Côte d’Ivoire, en enjambant le corps agonisant de Félix Houphouët-Boigny, afin de le distribuer dans les mosquées et aux cadres du Nord.

Le faux, c’est comme l’oxygène pour toi. Si tu n’en as pas, si tu en manques, tu piques une crise.

Sinon pourquoi t’es tu mis dans une situation aussi ridicule que celle d’aller payer des personnes peu scrupuleuses, convoyées à partir de Lomé et Abidjan, pour aller se faire filmer au Ghana en se faisant passer pour des réfugiés pro-GBAGBO qui t’attendaient avec enthousiasme.

Tu sais, un mensonge en appelle toujours un autre. Pour sortir de ce cycle dans lequel tu t’es enfermé, seule une confession publique peut te libérer.

Car de confusion en confusion, tu vogueras, en mentant à tous, partout, au point de passer aujourd’hui et demain, aux yeux de tous, pour un personnage totalement faux.

Alors dis-moi. De quoi avais-tu besoin au point de t’embarquer dans cette aventure luciférienne en Côte d’Ivoire ?

Avais-tu besoin d’honneur ? Tu l’as perdu pour toujours. Et ne te fie pas à ceux qui se plient en deux pour te saluer ou faire tes éloges. Ils sont des escrocs. Après ta chute, ils iront se plier en deux ailleurs. Ils trouvent leur pain quotidien en faisant cela. Depuis toujours.

Cherchais-tu la gloire ? Tu as triomphé sans honneur en Côte d’Ivoire pour un court instant. Alors quelle gloire peux-tu tirer d’un triomphe qui pue le vice moral ?

Tu veux entrer dans l’histoire ? Mais tu me surprends ! Tu es sorti de l’histoire en forçant un destin en Côte d’Ivoire à partir du faux, du crime, du sang humain. Personne n’entre dans l’histoire en enjambant des corps d’êtres humains en nombre aussi important. Personne n’entre non plus dans l’histoire en conduisant un projet de haine et d’auto flagellation.

C’est pourquoi ta confusion sera encore et encore plus grande. Car un mensonge en appelle toujours un autre. Un faux, en appelle toujours au autre. Un crime en appelle toujours un autre.

Ainsi en sera-t-il de tout ce qui te reste de temps à passer en Côte d’Ivoire. Et chaque jour en rajoutera.

En principe, avec ce sombre tableau, ta vie si tourmentée, ton avenir si compromis, tu devrais nous émouvoir. Tu devrais susciter de la pitié. Mais personne n’a pitié de toi.

Les sentiments qui nous animent te concernant, tu les connais. C’est pourquoi nous prions pour toi. Que les jours qui te restent te soient légers ! Et que la tempête te trouve debout. Car tu ne t’en sortiras jamais vivant de cette vie que tu t’es imposée par pure vanité.

A très bientôt.

Hassane Magued

Retour d’ascenceur, Une rebellion armée contre Alassane Ouattara voit le jour

Une rebellion armée contre Alassane Ouattara voit le jour. Communique du (MSD-CI), Major Bamba « Nous frapperons très bientôt ce régime moribond et tribaliste, et il tombera »

Le 15 octobre 2011 par IvoireBusiness – COMMUNIQUE DU MOUVEMENT POUR LA SOUVERAINETE ET LA DEMOCRATIE EN CÔTE D’IVOIRE (MSD-CI)

Nous militaires ivoiriens exilés partout en Afrique, en Europe et aux Etats unis, avons décidé de la création du Mouvement pour la

Souveraineté et la Défense de la Côte d’Ivoire (MSD-CI), pour engager la lutte armée contre le régime moribond et tribaliste d’Alassane Ouattara, représentant des intérêts impérialistes français en Côte d’Ivoire.

Les armes se sont imposées à nous car Alassane Ouattara ne comprend que le langage des armes et de la violence.

Depuis son arrivée au pouvoir dans les fourgons blindés de la France et de l’Onuci, il ne pratique que la politique de la vengeance et de la chasse aux sorcières contre tous les pro-Gbagbo, et contre tous ceux qui ne l’ont pas voté. Par son attitude belliqueuse de chasse aux sorcières et d’épuration ethnique systématique, il montre qu’il n’est pas un chef d’Etat, mais un chef de Bande, mis en place uniquement pour la satisfaction des intérêts des nordistes au détriment de ceux des autres peuples ivoiriens.

Nous militaires ivoiriens exilés déclarons que par sa politique de division et d’arrestations arbitraires, Alassane Ouattara n’est pas apte à diriger la Côte d’Ivoire.

Nous MSD-CI, soucieux du dialogue et de la paix nécessaires à tout développement avons pourtant tendu la main à Alassane Ouattara. C’est la raison pour laquelle nous avons accepté que le Colonel Major Konan Boniface, Commandant de l’unité d’élite des fusiliers marins commandos (FUMACO) et une dizaine d’officiers signent le 29 juillet dernier à Accra, un accord avec les envoyés d’Alassane Ouattara, accord ayant abouti au retour de ces militaires au pays.

Mais ces frères d’armes ont été bernés par Alassane Ouattara qui est resté sourd au dialogue.
Toutes les promesses faites n’ont pas été tenues. Konan Boniface et ses camarades n’ont pas reçus à ce jour leurs salaires de militaires.

Alassane Ouattara ne les jamais reçus en audience pour entamer le dialogue direct.
Ces frères d’armes sont même interdits de sortie du territoire national. Ils sont de fait en résidence surveillée.

Nous militaires du MSD avons condamné les propos tenus par Alassane Ouattara lors de sa récente visite au Ghana, chez le Président Atta Mills. Propos dans lesquels il demandait au Président ghanéen d’exécuter les mandats d’arrêt internationaux lancés par lui contre tous les pro-Gbagbo en exil dans ce pays frère et ami.

Le Président Mills, en chef d’Etat digne, a opposé une fin de non-recevoir à la demande d’Alassane Ouattara.

Nous militaires du MSD-CI, pensons que la réconciliation prônée par ce dernier est un leurre pour lui permettre d’asseoir son pouvoir, et tuer définitivement la démocratie et la souveraineté de la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi, nous militaires du MSD-CI, avons décidé de prendre les armes contre ce régime moribond et tribaliste d’Alassane Ouattara qui n’est pas apte à apporter le développement au peuple ivoirien.

Nous frapperons très bientôt le régime moribond et corrompu de Ouattara, et il tombera à coup sûr.

Nous MSD-CI, revendiquons l’attaque du 15-16 septembre dernier à Taï, ville frontalière du Liberia, attaque au cours de laquelle 200 FRCI de Ouattara ont été tués. Cette attaque avait pour nous valeur de test, avant les opérations militaires de grandes envergures.

Notre armement militaire est déjà présent et disposé sur tout le territoire ivoirien, du Nord au Sud, et de l’Est à l’Ouest.

Notre arsenal aérien est aussi en état d’alerte maximal.

C’est pourquoi nous, MSD-CI, lançons un appel à tous les militaires progressistes, afin qu’ils nous rejoignent dans notre combat.

Peuple de Côte d’Ivoire, l’heure de ta libération a sonné. Les jours du régime moribond d’Alassane Ouattara sont comptés.

Vive la Côte d’Ivoire

Vive le MSD-CI

Le président du MSD-CI

Major Bamba depuis la Gambie

Dire adieu aux armes nucléaires, par Mikhaïl Gorbatchev

MOSCOU – Il y a vingt-cinq ans ce mois-ci, j’étais assis en face du président américain Ronald Reagan à Reykjavik, en Islande, pour négocier un plan qui visait à réduire, et à éliminer totalement à l’horizon 2000, les terrifiants arsenaux d’armes nucléaires détenus par les Etats-Unis et l’Union soviétique.

Malgré nos divergences, Ronald Reagan et moi partagions la ferme conviction que les pays civilisés ne devaient pas faire d’armes aussi barbares le pivot de leur sécurité. Même si nous ne sommes pas parvenus à concrétiser nos aspirations les plus élevées à Reykjavik, le sommet fut néanmoins, selon les termes de mon ancien homologue, « un tournant fondamental dans la quête d’un monde plus stable et plus sûr ».

Les années qui viennent risquent de déterminer si notre rêve partagé de débarrasser le monde des armes nucléaires se réalisera ou non.

Les critiques du désarmement nucléaire le présentent comme irréaliste au mieux, et au pire comme un rêve utopiste et dangereux. Ils avancent la « longue paix » de la Guerre froide comme preuve du fait que seule la dissuasion nucléaire est en mesure d’éviter une nouvelle guerre majeure.

En tant que personne ayant eu la maîtrise de ces armes, je ne suis absolument pas d’accord avec ce point de vue. La dissuasion nucléaire a toujours été un garant brutal et fragile de la paix. En ne parvenant pas à proposer un plan convaincant de désarmement nucléaire, les Etats-Unis, la Russie et les autres puissances nucléaires dessinent par leur inaction un avenir dans lequel les armes nucléaires seront fatalement utilisées. Nous devons prévenir cette catastrophe.

Comme moi-même, George P. Shultz, William J. Perry, Henry A. Kissinger, Sam Nunn et d’autres le disions il y a cinq ans, la dissuasion nucléaire devient de moins en moins fiable et de plus en plus dangereuse à mesure qu’augmente le nombre d’États dotés de l’arme nucléaire. A moins de guerres préventives (qui se sont révélées contreproductives) ou de sanctions efficaces (qui se sont jusqu’à présent révélées insuffisantes) seules des mesures sincères tendant à un désarmement nucléaire peuvent nous donner la sécurité mutuelle nécessaire à l’acceptation de compromis difficiles sur le contrôle des armements et les questions de non-prolifération.

La confiance et l’entente mutuelles établies à Reykjavik ont ouvert la voie à deux traités historiques. Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire de 1987 a éliminé les inquiétants missiles de frappe rapide qui menaçaient alors la sécurité de l’Europe. Et le Traité de réduction des armes stratégiques (START I), signé en 1991, a réduit les énormes arsenaux nucléaires américain et soviétique de plus de 80 pour cent en une décennie.

Mais les perspectives actuelles de progrès sur le contrôle des armements et la non-prolifération se sont assombries en l’absence d’une volonté crédible de désarmement nucléaire. J’ai appris durant ces deux longues journées de négociations à Reykjavik qu’elles peuvent être aussi constructives que difficiles. En liant un éventail de questions interconnectées, le président Reagan et moi-même avons bâti la confiance et la compréhension nécessaires à la modération d’une course aux armements nucléaires sur laquelle nous avions perdu tout contrôle.

En rétrospective, la fin de la Guerre froide a annoncé l’émergence de capacités de persuasion et d’un nouvel ordre mondial plus troublés. Les puissances nucléaires doivent à présent se conformer aux exigences du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de 1968 et reprendre des discussions de « bonne foi » sur le désarmement. Ce retour à la table des négociations permettrait d’augmenter le capital moral et diplomatique dont disposeraient les négociateurs cherchant à limiter la prolifération nucléaire dans un monde où plus de pays que jamais ont les moyens de se doter de l’arme nucléaire.

Seul un programme sérieux de désarmement nucléaire universel peut apporter l’assurance et la crédibilité nécessaires à l’établissement d’un consensus global sur le fait que la dissuasion nucléaire est une doctrine qui a fait son temps. Nous ne pouvons plus nous permettre, que ce soit politiquement ou financièrement, de continuer avec ce système actuel discriminatoire de pays dotés et de pays non-dotés de l’arme nucléaire.

Reykjavik a prouvé que l’audace est payante. En 1986, les conditions étaient loin d’être favorables à un traité de désarmement. Avant que je devienne le dirigeant de l’Union soviétique en 1985, les relations entre les deux superpuissances de la Guerre froide étaient au plus bas. Ronald Reagan et moi sommes pourtant parvenus à créer un réservoir d’esprit constructif grâce à des échanges constants et des entretiens face à face.

Il semble qu’il manque aujourd’hui des dirigeants ayant l’audace et la vision pour établir la confiance permettant de replacer le désarmement nucléaire au centre d’un ordre mondial pacifique. Les difficultés économiques et la catastrophe de Tchernobyl nous ont poussés à agir. Comment se fait-il que la « Grande récession » et la catastrophe de Fukushima n’aient pas entraîné la même réponse aujourd’hui ?

Une première étape serait que les Etats-Unis ratifient enfin le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBT) de 1996. Le président Barack Obama a approuvé ce traité comme instrument essentiel pour limiter la prolifération et empêcher une guerre nucléaire. Il est temps que Barack Obama honore les engagements qu’il a pris à Prague en 2009, qu’il endosse le rôle de Grand communicateur de Ronald Reagan et persuade le Sénat américain de formaliser l’adhésion des Etats-Unis au CTBT.

Cette évolution inciterait les autres irréductibles – la Chine, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, Israël, la Corée du Nord et le Pakistan – à réviser leur position par rapport au CTBT. Nous serions alors un peu plus près d’une interdiction totale d’essais nucléaires dans quelque environnement que ce soit – atmosphérique, sous-marin, extra-atmosphèrique ou souterrain.

Une seconde étape nécessaire serait pour les Etats-Unis et la Russie de donner suite à l’accord New START et d’entreprendre des réductions plus importantes des têtes nucléaires, en particulier des armes tactiques et de réserve qui n’ont aucune utilité, qui gaspillent des fonds et menacent la sécurité. Cette étape doit être liée à l’imposition de limites sur les boucliers de défense antimissile, l’un des principaux points d’achoppement du sommet de Reykjavik.

Un Traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles (FMCT), sur lequel les discussions multilatérales ont longtemps été bloquées à Genève, et la réussite d’un second Sommet sur la sécurité nucléaire en 2012 à Séoul, devraient permettre de contrôler les matières nucléaires dangereuses. Cela signifie aussi que le Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive – nucléaires, chimiques et biologiques – soit reconduit et étendu lors de la prochaine réunion des pays participants l’an prochain aux Etats-Unis.

Notre planète reste trop militarisée. Dans le contexte économique actuel, les armes nucléaires représentent un gouffre financier sans fond. Si, comme il le semble, les difficultés économiques persistent, les Etats-Unis, la Russie, et les autres puissances nucléaires doivent saisir l’occasion pour lancer des réductions multilatérales des armements par le biais de nouveaux circuits ou de circuits existants comme la Conférence du désarmement des Nations unies. Ces délibérations devraient déboucher sur plus de sécurité, pour un coût moindre.

Dans le même temps, l’accroissement des forces militaires conventionnelles – dû en grande partie au déploiement par les Etats-Unis de leur énorme puissance militaire dans le monde – doit également être abordé. Alors que nous nous apprêtons à progresser sur la question du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), il est temps de sérieusement envisager une réduction de la charge que représentent les budgets et les forces militaires dans le monde entier.

Le président américain John F. Kennedy a dit un jour que « chaque homme, chaque femme et chaque enfant vit sous la menace d’une épée de Damoclès nucléaire, qui tient par un fil ténu, capable de se rompre à tout moment ». Depuis plus de 50 ans, l’humanité regarde ce pendule mortel avec crainte, tandis que les chefs d’État débattent de la manière de renforcer ce fil qui s’effiloche. L’exemple de Reykjavik doit nous rappeler que des mesures palliatives ne sont pas suffisantes. Nos efforts passés ne seront justifiés que lorsque la bombe atomique se retrouvera aux côtés de l’esclavagiste et du gaz moutarde de la Première guerre mondiale dans le musée de la sauvagerie d’une époque révolue.

Mikhaïl Gorbatchev

*Mikhaïl Gorbatchev, ancien président de l’Union soviétique, est le fondateur de Green Cross International, une organisation non gouvernementale indépendante à but non lucratif dont les objectifs sont de répondre aux défis mondiaux interconnectés que sont la sécurité, l’éradication de la pauvreté et la dégradation de l’environnement.

Copyright: Project Syndicate, 2011.

http://www.project-syndicate.org

Traduit de l’anglais par Julia Gallin