Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Mensuelles: octobre 2011

Le Vatican appelle à la création d’ « une autorité supranationale »

Le Vatican s’est, en début de semaine,  – dans une déclaration de 18 pages transmise à Reuters (source) – prononcé sur la crise financière actuelle qui secoue l’Occident.

Dans cette déclaration, le Vatican appelle à des réformes, réformes qui devraient commencer sous les auspices de l’ONU. Le document appelle à la création d’une autorité éthique mondiale pour la régulation des marchés financiers. Cette dernière sera  « une autorité supranationale » de portée mondiale à « juridiction universelle » qui guidera les politiques économiques et des décisions dans le monde.

Une telle autorité devrait commencer par les Nations unies comme son point de référence, mais devenir plus tard indépendante et être doté d’un grand pouvoir de décision.

Nous n’avons pas encore fini avec les incohérences de l’ONU, les deux poids deux mesures et la politique du plus fort qui régit cette institution censée apporter la paix que le Vatican  propose une autorité qui, sera au dessus des Etats. Les Etats devront disparaître au profit du marché alors que nous assistons à une récession européenne et depuis quelques temps un ralentissement de l’économie chinoise. Tout ceci est-il fait à dessein ?

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Campagne de dénigrement : Pourquoi Jeune Afrique diabolise Gbagbo

Même en prison, le Président  Laurent Gbagbo continue de hanter le confrère  françafricain  Jeune  Afrique  qui ne manque  plus d’occasion de le dépeindre faussement en noir. Dis-moi ce que tu lis, et je te dirai qui tu es. On ne dira pas que Jeune Afrique, le porte-voix de la mafia françafricaine qui pille le continent noir est le journal préféré des Africains, surtout de  la jeune génération d’aujourd’hui.

Mais comme il s’appelle «Jeune  Afrique», tout est bon pour ce brulot de  se donner des ambitions en trompe-œil. Plus précisément auprès de l’élite du continent qui rêve de démocratie et de liberté. Le journal ne voudra pas officiellement travailler contre une aspiration continentale, de peur de  se voir coller l’étiquette d’ennemi public numéro un des Africains. Et pourtant, c’est ce qui est vrai.

Aujourd’hui, il est quasiment établi que  Jeune Afrique travaille plus à plaire  à l’Elysée que de traduire les aspirations de la nouvelle Afrique qui se dessine.  Au point de jouer continuellement le jeu de la France et de ses alliés occidentaux sur le continent  africain. Un dictateur décrété depuis les bureaux  douillet  de l’Elysée est  tout de suite répercuté  sur le continent par ce journal. C’est le rôle qui lui a  été confié pour les intérêts de l’Empire.

Sur le terrain,  se trouvent  d’autres africains  prêts  à tout pour le pouvoir, donc répercuter à cœur joie, ces discours rédigés et corrigés de l’occident. Paris peut donc déclencher une guerre en Côte d’Ivoire, sous prétexte que le Président Laurent Gbagbo est un dictateur, ce confrère qui traine pourtant plusieurs dizaines d’années d’existence, se met dans la danse ave un mercenariat digne des grands maîtres chanteurs. « Connaissant ses  chiffres de ventes, on se demande  comment  ce journal fait-il pour survivre ? », s’est un jour  interrogé un confrère français  d’un grand  magazine parisien. La question est vient à propos. Mieux, elle permet de comprendre pourquoi ce canard hait tant Gbagbo, et tous les Présidents africains qui se veulent plus proches de leurs peuples. Cette publication qui excelle plus dans les publi-reportages que dans la pratique du journalisme vrai, aime bien la compagnie des dictateurs comme Wade, Compaoré, Ouattara  que Paris porte à bout de bras contre la volonté  populaire. Ce qui lui ouvre grandement les portes de ces palais  qui ont visiblement  beaucoup de choses à cacher. Ne cachent-ils pas des choses sombres dans leurs placards ?

Un article très laudateur à l’endroit de ces présidents est payé cash. C’est pourquoi le Président Laurent Gbagbo a beau dire «jugez-moi sur mes actes», que cela reste sans importance pour ce journal, préférant se mettre à la mode française pour haïr et combattre brutalement toute démarche souverainiste sur le continent. C’est donc ce que le Président Laurent Gbagbo donne qui  détermine tout.

On se souvient qu’au sommet de l’Ua ce journal avait dépeint totalement en noir le ministre Essy Amara, qui pour son second mandat à la tête de cette institution, était opposé à Alpha Konaré, l’ex-président malien. La vérité étant que la Côte d’Ivoire a refusé de céder au chantage des dirigeants de ce journal. Une véritable campagne de dénigrement avait donc été déclenchée contre les institutions ivoiriennes à l’échelle continentale. Et cela avec la bénédiction de l’Elysée qui  voyait d’un mauvais œil, l’émergence d’un cadre ivoirien de surcroit proche de Gbagbo dans une institution internationale. L’objectif étant de faire obstacle à la Côte d’Ivoire par tous les moyens. Et il n’y a pas que le Président Laurent Gbagbo qui subit les pages noires de  ce canard.

Dadis  Camara, l’ex-Président de la Guinée a aussi essuyé  la colère de cette publication. Il s’est tout de suite vu coller une étiquette de pire des dictateurs, simplement parce que cet officier de l’armée guinéenne  a refusé de céder au chantage honteux des «mercenaires de la plume» de Jeune Afrique. Qui avaient proposé à l’ex-président guinéen des services de conseillers en communication, contre forte rémunération. Alors qu’à côté, le peuple guinéen croupit dans la misère. Evidemment, l’homme a dit niet à ce journalisme d’un autre genre. On connaît la suite… Le Président Laurent Gbagbo, aujourd’hui dans les geôles d’Alassane Dramane Ouattara, reste une cible pour ce journal qui ne fait qu’amplifier sa diabolisation. Jeune Afrique a décidé de le livrer sans jugement à la justice internationale. Il ne mérite même pas d’être un présumé coupable, comme cela se fait dans les pays dits de Droit.

Pour le confrère, Gbagbo doit être comptable des actes posés par les ex-Fds, même s’il ne lui reconnaît pas le statut de chef d’Etat durant la période postélectorale. Ce qui n’est pas le cas pour Ouattara qui est exempte de tout reproche devant les crimes de masse commit par les Frci, une armée hétéroclite qu’il a pourtant créée par décret depuis son refuge doré du Golf hôtel. Ainsi va la vie dans cette grande «piscine» qu’est Jeune Afrique où ne nage pas qui veut. Surtout ceux qui croient en l’Afrique. Ce journal a vu un grand nombre de ses journalistes partir rien que pour  l’honneur, et surtout au nom de l’Afrique qu’on leur demande de piétiner pour  hisser au pinacle, des Présidents d’Opérette. Francis Kpatindé  a eu raison de plier bagages. Théophile Kouamouo a fini, lui aussi, par claquer la porte. Ce digne fils de l’Afrique refusait tout simplement de polir la dictature d’Alassane Dramane Ouattara, tel qu’on lui demandait. Une vraie aberration, surtout que  la presse parisienne se force  quand même aujourd’hui de dénoncer  les horreurs de ce pouvoir.

Guehi  Brence

Après la série « New York Unité Spéciale », le film « DXK »

L’affaire DSK inspire les scénaristes américains. Après la série « New York Unité Spéciale », c’est dans un porno intitulé « DXK » que la descente aux enfers du patron du FMI sera mise en scène. Le réalisateur, Christopher Clark, compte sur les dons d’internautes pour financer son film.

Rédaction en ligne lameuse.be

L’affaire DSK va être adaptée par l’industrie pornographique sous le nom « DXK ». Le film retracera, selon le synopsis, la chute de « David Sex King, patron d’une grande institution financière, qui ne résiste pas aux charmes de la femme de chambre venue faire son travail. Dommage ! C’est l’occasion rêvée pour elle de sortir de l’anonymat et d’utiliser tous les moyens pour faire payer ce très chaud lapin. Il va lui aussi tout faire pour séduire ses juges et sa superbe femme va bien sûr l’y aider à sa manière… »

Le projet n’est pas encore très avancé car c’est une petite société de production inconnue « MypornProduction » propose, à l’image de MyMajorCompagny qui a lancé le chanteur Grégoire, aux internautes de financer 50% du budget, estimé à 200 000 euros.

Le poisseux sera jeté hors des murs de Jéricho !

Les accidents avec les nombres de morts record, c’est devenu une coutume, donc personne ne s’en émeut encore en Côte d’Ivoire depuis que le nouvel empereur a été installé contre la volonté du peuple qui a valeur de volonté de Dieu.

Hier ce bonhomme, pour vendre ses recettes de Solutions au peuple, n’a pas hésité à défier cette volonté de Dieu. Il était sûr de son affaire. Avec la détermination et l’arrogance qu’il affichait, il était hors de question pour nous autres, sortis des écoles de villages, des universités de banlieues africaines, des champs, des chantiers et faubourgs pour petits métiers, que l’on nous vendait des chimères.

Mais le « Temps, c’est l’autre nom de Dieu » dixit Laurent GBAGBO. Donc le temps a tranché. Et voici le verdict implacable.

Le prix des denrées de première nécessité a augmenté de 100 pour 100 depuis le 11 avril 2011. Ça, ce n’est pas à Laurent GBAGBO de rendre compte au peuple. Il est en prison. Mais comme notre « mendiant importé » est un irresponsable notoire, il n’osera pas avouer qu’il a échoué avant même d’avoir commencé. Donc mettons ça sur le compte de la malchance. Oui, les Ivoiriens n’ont pas de chance. C’est pourquoi le prix du sac de riz, du litre d’huile, des arômes et du sel, de la viande, du poisson, bref, tout est passé du simple au triple. Du coup, les pattes et côtelettes de porcs importées se retrouvent dans la bouche de tout le monde sans distinction de religion ni… de religion. Comprenez ma gêne. Les temps sont trop durs, donc les interdits religieux, n’y prêtons pas trop d’attention.

Le prix du carburant à la pompe (essence : 774 FCFA le litre, gasoil : 615 FCFA le litre, pétrole lampant : 553 FCFA le litre) était un slogan de campagne contre Laurent GBAGBO. On lui demandait sur des panneaux géants, si ces prix étaient dus à leur rébellion. Aujourd’hui, eux-mêmes nous répondent. D’abord ils disent que les prix pratiqués alors par l’Administration Laurent GBAGBO étaient les justes prix. Ensuite, depuis le début de cette semaine, ils avouent que les prix de Laurent GBAGBO sont trop bas. Donc ils doivent augmenter le prix du carburant. Mais allez-y leur demander pourquoi les prix doivent augmenter alors qu’ils avaient promis leur réduction pour attirer la racaille de conducteurs et apprentis de mini cars urbains appelés Gbaka : ils vont vous répondre que cette augmentation est due à un concours de circonstance, à la malchance internationale. La Communauté Internationale à travers la Banque Mondiale dit qu’il n’y pas d’autre solution que d’augmenter les prix. Avec les poches trouées de l’Etat, il est impossible de subventionner une partie du prix. Donc…vous comprenez ?

L’insécurité affolante dans une ambiance de jungle, les exécutions sommaires, l’incapacité de payer les salaires dans les sociétés d’Etat, la destruction des commerces, la Notation de la Côte d’Ivoire par les Agences spécialisées passée de BBB à C-, tout ça, ce n’est pas parce que les Solutions sont dépassées par les événements. C’est tout simplement parce que tout va mal. C’est la malchance. Donc ne leur en voulez pas. Ne lui demandez pas des comptes.

Mais la malchance n’est pas un argument scientifique encore moins une thèse économique. Donc on en rie quand on nous parle de cela.

La vérité ontologique, c’est qu’il n’y a aucune solution bonne qui puisse sortir d’un homme mauvais qui a mené un faux combat pour défendre une mauvaise cause.

La vérité scientifique et économique, c’est que tout ce qui se conçoit mal s’exécute dans une dynamique d’erreur et donc, d’échec. Sans tenir compte des indicateurs économiques et des hypothèses les plus défavorables, cet incompétent inqualifiable a organisé une propagande éhontée autour de solutions farfelues pour opposer les Ivoiriens et les diviser, croyant pour certains qu’il allait faire leur bonheur.

Aujourd’hui, il ne fait que jeter la poudre aux yeux du peuple avec les anciens projets dont l’exécution a été retardée ou inachevée à cause des coups de feu qu’il faisait tirer contre les Institutions de la République afin de créer un climat de déconfiture.

Mais tout ça n’est que la manifestation visible d’une lente agonie. Après l’inauguration des projets de GBAGBO Laurent et de certains vieux projets de Konan Bédié, il faut passer, si le temps existe encore pour lui et en lui, à l’aveu d’impuissance et confesser la confusion qui s’est emparée de l’homme au point qu’il n’excelle que dans les décisions impopulaires.

Mieux, en tant qu’Africains, nous savons que cet homme traîne un cortège de poisse derrière lui. Et il entraîne avec lui, un pays auquel il s’est attaché comme pour le contaminer avec son destin de luciférien.

Alors dans les jours à venir, le prix du transport de masse va flamber. Le prix du transport des denrées alimentaires va décupler. Et le prix des denrées de première nécessité va être doublé ou triplé de nouveau en l’espace de 5 mois d’imposture. Tout ça, parce qu’un incompétent notoire, un frimeur incontinent, un menteur sans vergogne s’est invité dans le destin de la Côte d’Ivoire comme un cancer, pour ronger ce pays jusqu’à sa ruine.

C’est pourquoi cela ne fait l’ombre d’aucun doute. Cet homme qui porte la poisse en lui, sera jeté hors des murs de « Jéricho » et, la porte sera refermée sur lui et sa suite afin que la prospérité et la paix reviennent. Ce n’est qu’une question de temps, un temps qui a commencé depuis quelques mois maintenant.

Ainsi, personne dans ce pays n’évoquera son nom encore, lorsqu’on abordera les problématiques du développement et de la reconstruction de la Côte d’Ivoire exorcisée. Comme le dirait l’autre, les voies de Dieu sont insondables ! Il a fallu permettre cette imposture pour que les yeux s’ouvrent et que les bouches se ferment sur une note très amère de désillusion.

A très bientôt.

Hassane Magued

L’Italie résiste à la faillite en émettant des obligations

Le Gouvernement Italien a émis mercredi 8,5 milliards d’euros d’obligations à six mois avec des taux d’intérêt de 3,535 % alors qu’il en avait déjà émis en Septembre dernier.

On peut donc dire sans exagérer que l’Italie se rapproche petit à petit d’un défaut de paiement.

Le journal économique et financier espagnol « El Economista » a fait ses calculs. Selon lui, pour sauver l’Italie de la faillite, il faudrait 1000 milliards d’euros. En Juillet dernier, le sénat italien avait approuvé un plan de rigueur renforcé de 40 milliards d’euros d’ici 2014 proposé par le gouvernement de Berlusconi, plan qui devrait tenter de juguler la crise de la dette qui s’est abattue sur les pays de la zone euro. Néanmoins, l’Italie a quand même trouvé les ressources pour aller attaquer la Libye alors que son lendemain est sombre.

Après la faillite de la Grèce, celle de l’Italie, de l’Angleterre, de la France, …puis de toute l’Europe, en agonie.

Le scalp du Guide …

Le morbide trophée d’un Kadhafi ensanglanté avec tout autour la danse funeste de ses propres compatriotes exhibé sur tous les écrans de télévision du monde. Une sorte de rituel de la coalition Onu-Otan-Ue-Cnt afin d’exorciser l’occident engluée dans l’une des pires crises de son odyssée ; au prix d’une traque dantesque sur le Guide bédouin. Un effroi déshumanisant pour guérir une crise de l’humanité. Peut-être la prescription d’une obscure secte apocalyptique planétaire ? Parce que jusque là les motivations de cette barbarie subite (plus de 60.000 morts en 6 mois) ne sont toujours pas perceptibles pour les faibles d’esprit comme nous. Longévité au pouvoir ? Omar Bongo a fait exactement 42 ans au pouvoir et serait très certainement encore bien calé dans son fauteuil si la mort ne l’avait fauché. Son fils prolonge d’ailleurs à merveille la légende sans que Sarkozy ne soit inspiré par une mission de sauvetage mystique du peuple gabonais. Fidèle Castro a bien bouclé son demi-siècle au trône sans que les bombardiers des plus grandes puissances militaires ne viennent le déloger. Là encore c’est un successeur pré-identifié qui a pris la relève sans que la Havane ne reçoivent des bombes bénies par l’Onu.

Déficit démocratique ? Il parait qu’il n’y a jamais eu d’élection en Libye. On connait la signification des élections au Cameroun, au Togo, au Gabon, au Tchad, au Burkina Faso : des scrutins à l’issue desquels ce sont toujours les mêmes (ou leurs progénitures) qui gagnent. En d’autres termes, le Guide libyen aurait dû faire semblant comme la plupart de ses collègues du continent en organisant des simulacres de scrutin dont les résultats sont connus d’avance, et il serait peut-être encore en vie. Le classique des scrutins en Afrique est suffisamment rôdé depuis plusieurs décennies : urnes bourrées, trucage des listes électorales, manipulations des résultats, falsifications des documents des bureaux de vote, inféodation des structures organisatrice des élections. Lorsqu’en plus de tout cela, on dispose d’un sous-sol aussi enchanteur que celui de la Libye (gaz, pétrole), on est sûr de figurer parmi les dirigeants les plus fréquentables et les plus adulés.

Il parait que c’est pour rétablir la justice et la liberté que Sarkozy et Obama ont distrait de considérables moyens pour écraser Kadhafi et son régime dans le sang. Qu’on nous donne alors l’échelle des grandeurs en matière de liberté et de justice. Des innocents croupissent dans des geôles en terre américaine à Guantanamo sans que l’Otan ne sente la nécessité d’agir. Des résistants Tchétchènes et Ingouches se font massacrer quotidiennement sans que personne n’ose inquiéter la Russie. A l’interne au Bénin, des milliers d’électeurs en âge de voter ont été privés de leur droit de vote sans que les auteurs ne deviennent des cibles des faiseurs de justice et de liberté dans le monde. Ne parlons pas des accusations à propos des disparités réelles ou supposées en ce qui concerne l’accès aux médias publics ou d’autres questions liées au défaut de justice et de liberté. Mais jusque là, aucun Béninois n’a pensé sérieusement à une intervention du genre de celle diligentée en Libye.

Et pourquoi la liberté, la démocratie et la justice doivent couter autant en vies humaines en Libye ? Kadhafi ensanglanté ; il était une fois Saddam Hussein déterré comme un rat puis pendu. Décalage troublant en comparaison avec le traitement des criminels de guerre nazies après la deuxième guerre mondiale. Idem pour leurs auteurs des massacres et des nettoyages ethniques en ex-Yougoslavie, traités avec beaucoup d’humanité. Lorsqu’un gars tue une centaine d’individus en Suède, il est un militant d’extrême droite protégé par une armée d’avocat, de psychologues, d’experts en tout genre. Mais un enfant palestinien qui lance un caillou à un soldat israélien est un terroriste, cible de drones ou de tir à balles réelles de l’occupant. C’est une évidence que la rébellion du Conseil national de transition (Cnt) a provoqué, en l’espace de 6 mois, 10 fois plus de morts libyens, 20 fois plus de blessés, 100 fois plus de réfugiés que le règne de Kadhafi en 42 ans. Une pensée également pour les dizaines de négro-libyens et émigrés africains noirs en voie d’extermination et objets des pires atrocités pour leur proximité supposée au Guide.

Plein succès aux chasseurs de scalp de dirigeants insoumis au nouvel ordre mondial !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Le Colonel a été assassiné, et alors ?

Il était en guerre contre la haine raciale, l’arrogance fasciste, le négationnisme occidental. Il est tombé au Champ d’honneur. Dans la pure dignité qui caractérise un guerrier moudjahiddine. Que Allah l’accueille auprès de lui ! Et fortifie les guerriers qui lui succèdent pour mener la lutte jusqu’à la victoire finale ! Amin !

Après les honneurs que nous venons de rendre au Guide de la Révolution libyenne, que nous reste-t-il à faire ?

Pleurer et nous rouler dans le sable comme des frères et sœurs affectés par le meurtre gratuit, méchant et raciste d’un des leurs ou juste jouer les veuves et les veufs en portant le deuil, cloîtrés entre 4 murs pour recevoir la visite des amis et parents qui nous soutiennent dans la douleur ?

J’ai jusqu’ici pensé que tous ceux qui menaient le combat, qui par leur plume qui par leur voix ou encore par leur engament politique, étaient sur la même longueur d’onde. Parce que moi, je me considère en guerre et au front.

Et lorsqu’au front, un guerrier tombe, on lui rend hommage et on reprend le combat fût-il un guerrier de premier rang.

Alors quel est ce spectacle de pleurnichards qui se roulent dans la boue à travers tout le Continent africain pendant que l’ennemi prépare un nouvel assaut plus sanglant et plus destructeur ?

Qui sont ces guerriers qui n’ont pas compris que dans une guerre, ce sont des hommes qu’on tue et non des personnages de jeu vidéo ?

Qui sont ces guerriers qui veulent porter le deuil en restant cloîtrés entre 4 murs pour recevoir la compassion du monde ?

Qui sont ces guerriers qui veulent pleurer sur les toits du monde pour dénoncer une bataille gagnée par l’ennemi comme s’il avait faussé les règles du jeu ?

La guerre qu’ils ont déclarée à l’Afrique n’est pas un jeu ! C’est une guerre de destruction, de meurtres, d’assassinats, d’appauvrissement, de pillage où aucune règle, aucune loi de la guerre n’est respectée !

Alors que dénoncez-vous ? Et à l’attention de qui ? Comme si vous attendiez qu’un législateur multinational, qu’un censeur suprême viendrait pour sanctionner ceux qui ont tué le Colonel en leur appliquant les sanctions prévues dans un certain Code de la guerre !

Vous m’avez attristé par votre abattement car je m’attendais à autre chose que des pleurs.
Je m’attendais à vous voir prendre l’engagement de poursuivre la lutte et redoubler d’ardeur au combat, jusqu’à la victoire finale ou jusqu’à ce que l’ennemi abdique après avoir été contraint de prendre conscience qu’on ne transforme pas des peuples avec des bombes et le massacre de civils.

Mieux, jusqu’à ce que l’ennemi comprenne que les peuples d’Afrique n’ont point besoin et ne rêvent pas de vivre comme ses enfants : déshumanisés, faisant le culte de l’argent roi, n’accordant aucune valeur à l’être humain et résolument, follement, stupidement tournés vers le gain matériel au mépris de la Morale qui devrait sous-tendre les relations humaines.

C’est cela qui devrait être notre posture, notre engagement, notre conviction après l’assassinat du Colonel. Non le contraire. Encore moins des pleurs de défaitistes.

Alors la lutte se poursuit en Libye et bien d’autres fronts s’ouvriront bientôt.

Cameroun, je t’ai prévenu ! C’est pourquoi j’ai dit à l’aîné de ne pas leur donner le prétexte de ton agression. Mais il ne m’a pas compris parce qu’il n’a plus d’oreille pour écouter.

Guinée Equatoriale, Angola, Soudan du « Nord », ils vous ont dans leur viseur avec le doigt sur la gâchette.

Dans une telle ambiance, dans un tel décor, en attendant qu’ils lancent leur « Machin » appelé Conseil de sécurité de l’ONU contre vous, contre vos frères, contre nos peuples, je ne veux plus entendre quelqu’un d’autre pleurer !

C’est pourquoi, âmes sensibles, je vous prie de vous abstenir de vous rendre au front. Car lorsque vous y serez, lorsque vous y êtes, c’est pour tenir tête, pour gagner à chaque épreuve, en rage de vaincre. Toute autre posture ne fera que saper le moral des troupes. Alors soyez forts, car ils nous ont imposé une guerre que nous sommes obligés de gagner au risque de périr et laisser la postérité sans héritage !

A très bientôt.

Hassane Magued

Adame Ba Konaré sur RFI : “Kadhafi, un héros qui s’est battu contre l’ingérence étrangère”

L’historienne et ex-Première dame du Mali, Adame Ba Konaré, répond aux questions de RFI.

Rfi : La mort de Kadhafi a été vécue comme une libération par les libyens. Elle a été saluée à quelques rares exceptions près par de nombreux Etats de la planète. Est-ce que vous vous en félicitez ou vous déplorez cette mort ?

Adame Ba Konaré : Permettez-moi avant de répondre à votre question de formuler des vœux en tant que croyante pour le repos de l’âme du colonel Kadhafi et d’avoir une pensée pour sa veuve éprouvée. De la même façon, je présente mes condoléances à toutes les familles endeuillées par la tragédie libyenne. L’assassinat d’un chef d’Etat en exercice, de surcroît par le biais de puissances étrangères, n’est pas une affaire banale. On ne peut pas se réjouir de la mort d’une personne même s’il s’agit de son ennemi. Toute vie est sacrée. Moi, mon jugement d’historienne est qu’à cet égard, les évènements qui se sont succédé rappellent la pénétration coloniale européenne de la fin du 19ème siècle. En ce qui concerne la France que je connais particulièrement, c’est le même scénario. Au nom de la civilisation, de convoitise des richesses, des interventions militaires se sont toujours soldées par l’assassinat soit des grands résistants à la pénétration coloniale, soit des rois régnants. C’est la façon dont se sont passé les évènements qui nous laissent augurer que partout où il y aura des contestations, c’est le sentiment qu’on a ici, les vertus de généreuses nations entre guillemets voleront au secours comme par le passé, au nom de la démocratie cette fois-ci, pour sauver les pauvres africains de leurs méchants dirigeants. Dans les évènements qui viennent de se passer en Libye, je vois les prémices de la partition de la Libye, la désintégration de l’Afrique et de sa division en Afrique blanche et noire avec le risque de nouveaux tracés de frontières africaines. Mais aussi de la liquidation de l’Union africaine.

Rfi : Mais est-ce vous ne voyez pas dans l’intervention des puissances étrangère à travers l’Otan, le fait d’avoir prévenu probablement des massacres de civiles. C’est ce que Kadhafi avait annoncé sur Benghazi…

Adame Ba Konaré : C’est facile à dire. Malheureusement, cette intervention des forces de l’Otan n’était pas faite non plus de façon ordonnée. Ça été vraiment un acharnement contre des villes qui ont été pilonnées à longueur de journée. Je pense que les responsabilités sont absolument partagées.

Rfi : Si par exemple, l’Union africaine avait les mêmes moyens et intervenait, est-ce que ça vous choquerait de la même façon ?

Adame Ba Konaré : L’intervention des puissances étrangères et puis la façon dont le Colonel kadhafi est mort a choqué l’opinion africaine dans sa très grande majorité…

Rfi : Mais lorsque l’Union africaine et donc des pays africains interviennent de façon unilatérale, en Somalie par exemple, est-ce que cela vous choque ?

Adame Ba Konaré : Ce n’est pas le même cas de figure. On a déploré dans cette affaire, l’instrumentalisation des institutions internationales notamment par les anciennes puissances coloniales avec la complicité des Etats-Unis d’Amérique comme si ces puissances coloniales voulaient régler des comptes à Kadhafi. Donc, l’opinion africaine et moi avons, bien entendu, déploré également le dépassement du mandat de l’Otan. L’Otan est allé bien au-delà de la protection des civiles.

Rfi : Est-ce qu’il n’est pas finalement étrange pour certains de pleurer les conditions dans lesquelles est mort Kadhafi, quand on pense que pendant plusieurs décennies, il a lui-même exécuté tout ce qui pouvait s’opposer à lui. Il y a eu le massacre de plus de 1200 personnes dans la prison d’Abou Slim en 1996. Des gens pendus publiquement…

Adame Ba Konaré : Vous avez tout à fait raison de dénoncer tout ce que vous venez de dire. Ce visage du personnage qui a perpétré des actes répréhensibles, tel que le soutien aux mouvements terroristes, le manque d’ouverture démocratique, la personnalisation outrancière du régime. Mais, il y a l’autre visage de Kadhafi qui est quand même le nationaliste. C’est lui qui a mis à l’ordre du jour avec d’autres, bien sûr, le projet panafricaniste conduit par beaucoup de moyens même si ses méthodes étaient discutables. Mais avec la façon dont il a été fauché sous les balles des occidentaux, je crains qu’il ne soit devenu plus qu’une victime, un héros qui s’est battu contre l’ingérence étrangère jusqu’au bout comme il l’avait annoncé en martyr. Je ne crois pas du tout que l’Afrique va l’oublier.

L’imposture Libyenne

D’un bout à l’autre, la guerre menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d’Obama en Libye a été une imposture.

Après un soulèvement à Benghazi, très vite, Nicolas Sarkozy s’est, comme on sait, mis en tête de « protéger les civils » libyens alors qu’il n’a pas eu la moindre préoccupation pour les civils de Syrie, d’Iran ou des régions kurdes de Turquie, et pour protéger les civils, il s’est arrangé pour faire voter une motion de l’ONU, soutenue par les Etats-Unis, et présentée par la France en partenariat avec le Liban du Hezbollah, et avec le soutien du Qatar et de l’Organisation de la Coopération Islamique. Cohorte étrange.

La « protection des civils » a commencé et a duré jusqu’à ces jours derniers. Elle s’est déroulée elle-même de manière étrange : sous forme de bombardements intensifs.

Elle a débouché, selon les plus récentes estimations, sur plus de cinquante mille morts, qui n’étaient sans doute pas les civils à protéger, sur la destruction quasiment complète de plusieurs villes qu’il faudra des années à reconstruire, sur l’anéantissement d’infrastructures, sur des livraisons d’armes à des bandes rivales plus ou moins liées à des mouvements islamistes, et souvent d’obédience tribale, sur l’assassinat de milliers d’Africains coupables d’avoir la peau noire et victimes de véritables pogroms.

Elle n’a pas offert à Kadhafi la moindre possibilité de reddition, et sa fin a été ignominieuse et barbare. Des arsenaux contenant du gaz moutarde, des entrepôts renfermant du yellow cake, et d’autres renfermant vingt mille missiles sol air ont été pillés.

Elle a été une guerre qui n’a jamais dit son nom et n’a jamais été déclarée officiellement.

La guerre a été inutile et arbitraire : Kadhafi ne représentait aucune menace pour quiconque, et coopérait maintenant depuis huit ans avec les services secrets occidentaux. La population libyenne n’était pas plus menacée que d’autres populations de la région, et Kadhafi n’a pas été plus barbare qu’Assad, les Saoudiens qui ont fait tirer dans la foule à Bahrein, ou Ahmadinejad : il l’a été moins, bien moins qu’Assad, qui, lui, est un ennemi de l’Occident.

La guerre a coûté très cher : trois cents millions d’euros pour la France, deux milliards de dollars pour les Etats-Unis.

Plus grave encore, la guerre a été menée pour satisfaire les islamistes, qui considéraient Kadhafi comme un traître depuis qu’il s’était tourné vers la CIA en 2003, et elle a reçu la bénédiction d’al Qaida, des Frères musulmans, du Hamas et de l’Iran. Les armées françaises, britanniques et américaines ont été placées au service d’intérêts islamiques.

La France et le Royaume Uni auront peut-être du pétrole libyen, mais il n’était pas utile de faire la guerre pour cela.

Obama aura fait un pas de plus dans la direction de ce qu’il souhaite : un Proche-Orient plus sûr pour l’islam radical.

Dans les semaines à venir, en Libye, la chasse aux noirs d’Afrique sub-saharienne va rester ouverte, la chasse aux femmes ne portant pas le hijab va l’être aussi. Les armes resteront aux mains de milices proches d’al Qaida, des armes dangereuses continueront à se vendre et se retrouveront jusqu’à Gaza. Un antisémitisme frénétique va continuer à monter à Tripoli. On en voit des traces sur les murs encore debout, mais, bien sûr, ces images ne sont pas montrées en France.

Au mieux, une république islamique où tous les clans seront représentés verra le jour.

Au pire, les factions se combattront, et la Libye deviendra une Somalie sur Méditerranée.

Je ne serais pas étonné si commence maintenant la vraie guerre civile entre factions. Je serais étonné si un gouvernement effectivement démocratique émerge.

La façon dont Kadhafi a été tué, et dont son corps a été exposé ensuite (dans une boucherie !) à Misrata montre que nous sommes très loin, vraiment très loin de mœurs démocratiques.

Je n’ai vu aucun de ceux qui se sont dit choqués de la condamnation à mort de Saddam Hussein, se déclarer choqués par les images du cadavre de Kadhafi. Il y a pourtant une différence : Saddam a été arrêté, jugé, condamné à mort et exécuté. Quels qu’aient été les crimes passés de Kadhafi, le traitement qu’il a subi relève de la bestialité.

Je n’ai vu aucun manifestant dire qu’on assassinait et qu’on bombardait les Libyens. Je n’ai vu aucun antiraciste défendre les africains noirs assassinés en masse. Je n’ai vu aucun ennemi de l’antisémitisme donner l’alerte sur l’antisémitisme féroce des « rebelles » libyens.

Je n’ai vu à l’œuvre aucun des pseudo « pacifistes » si prompts à réagir en général contre « l’impérialisme » occidental.

Est-ce parce qu’ils savaient que, cette fois, les forces « impérialistes » étaient au service de l’islamisme ?

Est-ce parce qu’ils savaient que, à la différence de Saddam, Kadhafi n’était plus un ennemi de l’Occident et était devenu un « traître » à la cause islamique et se trouvait traité de « sale porc Juif » par les « rebelles » ?

Je n’ai pas les réponses. Je les devine aisément.

Trois dictateurs sont tombés depuis le début de l’hiver islamique indûment appelé printemps arabe : trois alliés de l’Occident. Les dictateurs hostiles à l’Occident, eux, sont toujours là.

La doctrine Obama avance. Nicolas Sarkozy et David Cameron sont les idiots utiles de l’imposteur de la Maison Blanche, et sont regardés à Téhéran comme des crétins vendant la corde qui servira pour les pendre.

PS. J’y reviendrai : la doctrine Obama avance aussi sur d’autres fronts. Il n’y aura plus un seul soldat américain en Irak à la fin de l’année : Ahmadinejad n’a même pas dit merci. Bientôt, l’Afghanistan sera rendu aux talibans. En Syrie, pour le cas où Assad tomberait quand même, Obama a préparé une équipe de rechange composées de membres des Frères musulmans.

Guy Millière

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© Guy Millière pour www.Drzz.fr

Jacques Dupuydauby à Mediapart : « On est passé de la ‘Françafrique des mallettes’ à la ‘Sarkafrique des concessions »

Jacques Dupuydauby

L’industriel Jacques Dupuydauby dénonce les pressions de l’Elysée sur les chefs d’Etat africains pour assurer des concessions portuaires au groupe Bolloré.

« Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe », déclare Jacques Dupuydauby.

« On est passé des mallettes de Robert Bourgi, qui étaient un secret de Polichinelle, à quelque chose de beaucoup plus fort. On est passé de la ‘Françafrique des mallettes’ à la ‘Sarkafrique des concessions’ « , déclare Jacques Dupuydauby, l’ancien dirigeant du groupe portuaire Progosa, lors d’un entretien accordé au site Mediapart, le 24 octobre. L’homme d’affaires franco-espagnol accuse Nicolas Sarkozy d’exercer des pressions sur plusieurs présidents africains pour implanter et maintenir son ami, l’industriel Vincent Bolloré.

Nicolas Sarkozy sur le Yacht de Vincent Bolloré en mai 2007

Le prêt du yacht Le Paloma, de l’homme d’affaires français, au président fraichement élu, avait révélé les liens étroits entre les deux hommes.

« Chantage d’Etat »

« Quand Vincent Bolloré s’implante quelque part, il utilise le président français comme son VRP de luxe. Nicolas Sarkozy, de son côté, met dans la balance les relations franco-africaines et fait des pressions », affirme le récent retraité qui assure avoir les confidences de plusieurs présidents africains dont Faure Gnassingbé (Togo) et Denis Sassou-NGuesso (Congo). « Je n’avais jamais connu cela auparavant », déclare l’ancien vice-président du groupe Bouygues, proche des réseaux chiraquiens, qui n’hésite pas à parler de « chantage d’Etat ».

Le président congolais, Sassou-NGuesso, aurait confié à l’ancien président de Progosa qu’il ne pouvait plus lui attribuer le port de Pointe Noire suite au veto de Nicolas Sarkozy. La société aurait aussi perdu le port de Douala après que le président français ait déclaré à son homologue camerounais, Paul Biya : « C’est pas Dupuydauby qui viendra vous exfiltrer lorsque vous serez encerclés dans votre palais », selon l’homme d’affaires en conflit depuis plusieurs années avec son rival en Afrique Vincent Bolloré. L’Elysée serait aussi intervenu en Côte d’Ivoire auprès d’Alassane Ouattara pour que la multinationale française conserve son monopole sur le port d’Abidjan. L’industriel franco-espagnol pointe également l’intervention de Claude Guéant en Libye pour que l »intime du président » obtienne le port de Misrata.

« Système Sarkozy en Afrique »

Au Togo, en 2009, Jacques Dupuydauby perd la concession du port de Lomé, que sa société détenait depuis 2001, au profit du groupe Bolloré. Le président, Faure Ganassingbé, aurait prévenu l’homme d’affaires des tractations de l’Elysée dans cette affaire. Condamné en décembre 2010, juste après son éviction, à 20 ans de prison ferme par le tribunal de Lomé pour « abus de confiance », « délit d’escroquerie », « usage de faux », « groupement de malfaiteurs »…, l’ancien président de Progosa dénonce un complot « orchestré par Vincent Bolloré » et soutenu par le controversé Charles Debbasch, conseiller juridique de la présidence togolaise, condamné en France dans l’affaire Vasarely.

L’homme d’affaires réclame « l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le ‘système Sarkozy en Afrique' ». Il rappelle que le député socialiste, Jean Launay, avait déjà posé en octobre 2010 une question au gouvernement sur les pressions de Nicolas Sarkozy en faveur du groupe Bolloré au Togo, sans démenti du ministre des affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner.

Les accusations de l’industriel prononcées contre le chef de l’Etat font suite à celles déjà formulées dans le livre « Sarko m’a tuer »de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publié en août. En 1983, Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, aurait proposé au jeune entrepreneur des prestations fictives de son cabinet d’avocat dans le but de financer son ascension politique. Des confidences qui n’avaient donné lieu à aucune poursuite de l’Elysée.

La politique africaine du président de la République, lourdement remise en question par les affaires Takieddine, Bourgi et Djouhri, est une nouvelle fois entachée par ces nouvelles dénonciations de clientélisme. Et reste bien éloignée de la profession de foi prononcée à Cotonou en 2006, par le candidat de « la rupture », qui promettait pour l’Afrique « une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé. »

Ronan Kerneur – Le Nouvel Observateur