Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: novembre 2, 2011

Wabi FAGBEMI à propos de la gouvernance de Boni Yayi : « La refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations »

BENIN – Wabi FAGBEMI, Secrétaire général du Parti du renouveau démocratique (PRD), invité de « Sous l’arbre à palabre », organisé par « l’événement précis » : « La refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations »

Wabi FAGBEMI, Secrétaire général du Parti du renouveau démocratique (PRD)

Statutairement propulsé au Secrétariat général du Parti du Renouveau démocratique (PRD) après la démission de Moukaram Badarou, Wabi Fagbémi, très peu médiatisé a accepté se soumettre aux préoccupations de la conférence de rédaction de L’Evénement Précis dans sa rubrique atypique « Sous l’Arbre à palabre ». L’exercice a permis d’explorer la vie de ce parti politique à la lumière des dernières actualités politiques et socioéconomiques mais aussi les supposées crises de fonctionnement et d’existence. Le Prd au sein de l’Union fait la Nation… Mais au cœur des débats, il y a une bonne place pour la personne-même du Secrétaire Général Fagbémi. Depuis le primaire à la dernière année de sa carrière d’enseignant passant par ses amours de syndicaliste, on se rend compte que l’ascension à la tête du secrétariat du Prd n’est pas un hasard.

Et si on en parlait

Comment se porte le PRD ?

Le PRD se porte très bien. Au lendemain des élections présidentielles de 2011 et même des législatives, beaucoup de langues ont fait croire que c’est fini pour ce parti, parce que, évidemment, depuis fort longtemps, c’est la bête à abattre. Mais il se relève chaque fois. Vous avez constaté avec l’université de vacances, que malgré tout, le parti a su se reprendre et se relever très tôt, si bien qu’aujourd’hui, je pense que vous le constatez, le parti vit bien.

Le silence de HOUNGBEDJI à l’université de vacances

Est-ce qu’il est dit tout le temps que le président Adrien Houngbédji doit parler ? Le secrétaire général a parlé, le président de l’université de vacances aussi. Je pense quand même que c’est suffisant. Le moment viendra où il va parler. Et vous le connaissez bien. Il ne parle que lorsque c’est vraiment utile, lorsque c’est vraiment urgent.

Adrien Houngbédji et le K.O de la présidentielle

Je pense qu’aujourd’hui, les hommes politiques de notre pays doivent dire la vérité. De 1990 à ce jour, je pense que le leader politique qui a marqué la vie de notre nation, c’est bel et bien Adrien Houngbédji. Vous l’avez vu à l’université de vacances, tout rayonnant. D’aucuns ont même dit qu’il est devenu encore plus jeune. Souriant.

C’est la preuve que le président est déjà habitué à ces épreuves. Ce n’est pas pour la première fois. Le K.O en question était annoncé avant même les élections ! 53%, c’était déjà annoncé avant les élections ! Et c’est ce que nous contestons ! Ce K.O forcé, c’est un hold-up. Et tout le monde le sait. Même les auteurs en sont conscients. Ils en sont tellement conscients qu’à tout moment, ils se réclament être l’élu du peuple.

La reconnaissance du K.O par la communauté internationale

Selon vous, la communauté internationale a reconnu. Evidemment, lorsque tous les observateurs qui arrivent dans le pays sont chambrés, nourris, correctement entretenus, ils ne peuvent dire que ce qu’ils ont dit.Mais en vérité, sur le plan international, il n’y a pas à se cacher la figure, notre pays à des problèmes. Notre démocratie n’est plus crédible. Lorsqu’on cite les pays qui ont conduit les élections de façon transparente, on ne cite plus le Bénin.

Le mutisme de l’opposition

Vous avez parlé de l’opposition. Est-ce qu’il y a une loi dans ce pays qui permet à la classe politique de jouer un rôle de l’opposition ? Prenez la loi sur le statut de l’opposition et son décret d’application. Il y a trop de choses qui clochent. Partout où il y a opposition et que c’est réglementé, non seulement il y a la loi sur le statut de l’opposition, mais il y a également la loi sur le financement de l’opposition. Est-ce qu’on a réglé cette question dans notre pays ?

 Est-ce qu’on permet aux partis politiques de jouer le rôle de l’opposition ? C’est ça la question. D’abord la loi elle-même donne des limites. C’est seulement l’opposition parlementaire qui est concernée par cette loi. En dehors du Parlement, n’ y a-t –il pas d’autres partis qui peuvent être de l’opposition ? Ceux qui vont se déclarer opposants, ils seront quoi ? Leur sécurité est-elle garantie ? Ont-ils accès à l’information sur l’administration, sur la gouvernance du pays ? Et les médias, y-ont-ils équitablement accès ?

Ce n’est pas comme dans les autres pays où il ya vraiment un statut de l’opposition et que ceux-là ont tous les moyens pour jouer ce rôle. Or, en démocratie cela est nécessaire, sinon vous allez tendre vers la dérive. Je pense que nous sommes sur cette pente actuellement, lorsque toutes les institutions de la république sont caporalisées, celles qui doivent jouer le rôle de contre-pouvoir ne l’exercent plus, et bien, le chemin est balisé pour la dictature. Le peuple est pris en otage à partir de ce moment. Vous voulez que dans ces conditions-là, qu’on aille plus loin que ce que nous avions fait.

Qui a gagné les dernières élections ?

Vous savez très bien que, nous n’avons pas perdu les élections. Mais nous, nous n’en sommes plus là ; nous sommes plus que jamais dans la logique de notre slogan ‘’avançons maintenant’’

Les démissions après les élections

Nous avons déjà fait plusieurs présidentielles dans notre pays et nous savons comment les gens observent la direction du vent pour se loger auprès des candidats et après les résultats chacun rejoint sa maison. C’est évident qu’il faudra faire une évaluation de la participation du PRD aux dernières élections. On est entrain de faire une analyse critique de ces élections et le moment venu vous aurez donc les résultats.

Le slogan« Réagissons maintenant »adopté par l’UN pour les législatives a bien porté ses fruits mais on lui a tordu le cou. Pour les législatives, vous avez estimé que c’est la débâcle. Non ce n’est pas vrai. C’est le même système. C’est la Lepi contestée qui a toujours jouée. Quand le Secrétaire général part, selon ce que les textes disent, en attendant le congrès c’est l’adjoint qui le remplace et c’est ce qui a été fait. Le congrès c’est pour bientôt en décembre. Ça nous fera cinq ans donc on va au congrès en décembre, nous n’avons pas encore pris une date. La date d’anniversaire c’est le 18 décembre.

Je pense que la suite va éclairer tout le monde. Vous voyez lors de notre conseil national à Calavi, nous avons pris des résolutions entre autres : l’ouverture et le dialogue. C’est grâce à cela que beaucoup de jeunes sont rentrés au PRD et aujourd’hui si nous faisons le point, c’est que cet engagement qu’on a pris à Calavi est très avantageux pour le parti ;lorsque dix (10) jeunes entrent au parti et que deux (02) quittent, le rendement est bon.

Le rendement est bon en matière de mobilisation politique. Est-ce que aujourd’hui vous pensez ou constatez que le PRD est affecté ? Au plan moral, je ne pense pas. Jusque-là encore, vous n’avez pas vu l’enthousiasme qui a entouré les dernières manifestations de notre université de vacances ? Comment les militants se sont déplacés massivement ?

La RB et la main tendue de Yayi

Permettez que je ne me prononce pas sur cet aspect de comportement de la RB. Chacun fait son choix, il paraitrait que le Président Yayi Boni a tendu ses mains. A qui veut de choisir la main où ne pas la prendre. Nous, nous sommes dans une alliance, l’union fait la nation, qui est ouverte à tout le monde ; on n’a pas vu la main ; certainement qu’il a voulu tendre la main à l’UN et il l’a tendu à d’autres personnes.

Il a confondu peut être les personnes. Pensez-vous que la meilleure manière de tendre la main est de saisir au sein d’un ensemble n’importe quel membre surtout lorsqu’on veut réellement former un gouvernement d’union nationale ? Vous pensez que c’est la meilleure manière ? La bonne manière c’est le dialogue sincère avec les chefs de parti. C’est le dialogue qui a été l’un des piliers même des recommandations de la conférence nationale de notre pays.

L’université de vacances

Nous avons les résultats qui encouragent à continuer. Nous avons pris trois résolutions : une résolution qui concerne le parti et qui donnera au parti plus de visibilité et permettra donc au parti de s’enraciner plus et de se maintenir sur l’échiquier politique national, nous avons pris une résolution par rapport à l’UN pour dire que c’est un creuset idéal qu’il faut fortifier parce que vous constatez aujourd’hui que c’est ici que les partis que vous appelez partis opposants se sont retrouvés ensemble et encore ils sont allés plus loin pour choisir un seul candidat.

Dans la sous région et même dans toute l’Afrique aujourd’hui l’exemple est suivi un peu partout. Et la troisième résolution, c’est par rapport à la gouvernance dans notre pays. Ainsi avons-nous analysé l’actualité nationale dominée par des tensions. En ce qui concerne le programme de vérification des importations, nous avons déploré la non prise en compte des acteurs concernés et l’absence de mesures d’accompagnement en vue d’amoindrir les effets induits.

Quant à la proposition de loi relative au droit de grève, nous avons dénoncé le caractère liberticide de cette loi. Aussi, avons-nous recommandé la revue de ce programme et le retrait définitif de cette proposition de loi, afin d’apaiser la tension politique, économique et sociale dans le pays

Houngbédji toujours Président du PRD ?

Jusqu’à l’heure actuelle vous avez constaté que quelque part on a dit qu’il n’est plus le président ? Il demeure et reste le président du parti. Certes un parti politique n’est pas lié à un homme. Non, un parti politique c’est pour toujours. Le leader charismatique du PRD est peut-être au soir de pouvoir participer à une échéance électorale présidentielle aujourd’hui , mais il n’est pas au soir de sa vie politique. Vous parlez de guerre de succession. Non parce qu’avec le fonctionnement du PRD, la structuration même du PRD, je ne pense pas que ça puisse laisser place à une guerre comme vous le pensez.

Gaston Zossou présumé dauphin de Houngbédji !

Je n’en sais rien mais ce que je puis dire est qu’Il est au PRD. Moi je vous confirme qu’il travaille avec le PRD. Et puis,ce n’est pas n’importe qui, qui peut être dans la cellule de communication du Président Adrien Houngbédji !

La Lépi, instrument de vol des élections

Nous l’avons réaffirmé encore à l’Université vacances (UV) que la Lépi c’est l’instrument par lequel on a opéré le hold-up électoral. C’est ça et s’il faut insister encore sur l’audit de cet instrument. On l’a dit et on continue de le dire. Nous, nous n’attendons jamais la veille des élections pour soulever les grands problèmes mais jamais le gouvernement n’a pensé les régler au plus tôt. Le peuple Béninois n’est pas ce qu’on pense et il semble qu’on tend vers une situation critique.

La refondation emaillée par la précipitation

Comme le changement, la refondation est émaillée de précipitations et d’improvisations. La preuve, quelle consultation il y a eu au préalable pour savoir si le peuple adhère aux lois que l’on sort la nuit et fait voter à 04h du matin ? C’est vrai que les députés sont les représentants du peuple et c’est eux qui votent les lois.

 Mais comment ils les votent ? Les députés de la mouvance se retirent et concoctent des choses qu’ils cachent a leurs collègues et c’est la nuit qu’on les sort sur la table et demande de voter avant le matin. Bien sûr qu’une plénière est convoquée avec l’annonce de l’ordre du jour, mais quand cela est fait et vous n’avez pas le support des lois et c’est arrivé a l’Assemblée nationale qu’on prend connaissance d’une loi qu’on doit voter.

Je pense que la démocratie prend des coups. Il faut investiguer et aller constater si le processus normal pour convoquer les plénières est respecté. Vous pouvez attendre pour comparer le contenu de la loi portant révision de la constitution qui a été publiée à ce qui sera sortir à l’assemblée. Je pense qu’aujourd’hui il est nécessaire pour tout béninois de prendre conscience du contexte que nous sommes en train de vivre.

 C’est un contexte marqué par une dérive totale. La démocratie est sérieusement menacée, sinon on ne peut pas agir de la manière qu’on est entrain de constater où on ne veut pas de dialogue. On fait ce qu’on veut et ça doit se faire. Si la démocratie est la dictature de la majorité sur la minorité qui ne doit pas parler c’est bon.

 Le dialogue est très important pour se comprendre, pour éviter les frustrations or c’est des frustrations que naissent la guerre.Le peuple béninois est frustré aujourd’hui, ne soyez pas étonné qu’un jour les medias annoncent que vous êtes dans une autre république, puisque c’est à 04h du matin qu’on vote les lois. C’est vers cela que nous évoluons.

Et alors les réalisations sous Yayi

Il y a bien sûr des réalisations. Je ne connais pas un gouvernement qui est arrivé dans notre pays et qui n’a pas réalisé quelque chose. Il y a beaucoup de reformes, mais tout ce que nous constatons est marqué par la précipitation. Quel résultat positif peut-on obtenir dans une telle précipitation ?

Il y a un conseiller du président de la République qui a dit quelque chose, il y a longtemps. Il demande d’enclencher d’abord avant de penser à réparer. Après on va colmater les brèches. Voilà comment on gouverne le pays. Si vous retourner sur vos bandes, vous allez retrouver ce que je viens de dire, peut être que ce n’est pas avec les mêmes termes. C’est ce qui se passe au port actuellement.

PVI, mauvais instrument ?

C’est un bon instrument pour renflouer la caisse de l’Etat normalement. Mais il aurait fallu qu’à l’avance qu’on discute avec les acteurs et qu’on trouve un terrain d’entente et prévenir. Aujourd’hui on a effectué un rentrée scolaire, voyez ce qu’on a installé au bord des voix pour vendre des fournitures, c’est-à-dire les « RAL ». Combien de personnes vont vers ces installations pour acheter. Comprenez que l’économie se porte mal.

C’est un indice. Or tout cela transite par le port. Cela veut dire que les opérateurs économiques ont des problèmes, il ne faut pas faire des reformes pour gêner la nation. Si on veut construire et développer, c’est ensemble que c’est possible. Ce n’est pas tout seul, tout le monde doit jouer sa partition avant, pendant et après.

Le PRD exclu de la prise de décisions ?

Moi, je ne dirai pas qu’est ce que le gouvernement ne permet pas au PRD de faire. Mais est ce qu’il tient compte des réactions du PRD, c’est tout le problème.

On a déjà trop parlé du problème de gratuité. Et pour ce qui concerne le paludisme, C’est heureux et nous remercions au passage tous ces partenaires ; mais est-ce que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour que la population soit vraiment satisfaite? Regarder l’exemple des moustiquaires distribuées ! Avant de lancer un processus, il faut l’essayer et voir tous les contours. C’est tout ce que nous reprochons.

Il est vrai que nous sommes des hommes et personne n’est parfait même moi qui suis ici. Mais l’éducation que nous avons reçue devrait nous permettre de dire je veux faire telle chose, est-ce-que c’est possible et quelles sont les dispositions que je dois prendre. Je veux qu’on voie ensemble les réformes et réalisations, c’est emmailler d’erreurs parce que c’est dans la précipitation.

La loi sur la grève !

Par exemple celle sur la réglementation des grèves et vous le savez, si nous sommes en démocratie aujourd’hui, c’est grâce à la grève. Souvenez-vous des souffrances des années 1980 et ce n’est qu’en 1989 que la craie est tombée de la main des enseignants par inanition, au CEG Davié. J’étais acteur et c’était des risques énormes, le gouvernement de Mathieu Kérékou avait dépêché une forte délégation sur les lieux, mais une fois qu’ils nous ont écoutés, ils ont coulé des larmes et la rencontre prit fin.

Et c’était le tournant décisif ; mais aussi avec d’autres actions de l’intérieur comme de l’extérieur nous sommes parvenus à la conférence nationale. Est-ce qu’aujourd’hui, les conclusions de cette conférence ne sont pas menacées ? Il faut se demander pourquoi il y a beaucoup de grèves.

Comparaison des régimes Soglo-Kérékou-Yayi

Je veux faire une comparaison des grèves sous le régime de Soglo, de Kérékou et de Yayi, c’est le régime de Yayi qui bat le recors. Et c’est dans tous les domaines. C’est Yayi qui a fait la pléthore dans la fonction publique et il doit le régler ? C’est plutôt un problème de gouvernance au Bénin. Sous Kérékou, il y a moins de grèves et quand il y en a, il y a négociation. Vous avez les archives, je veux prendre l’exemple de la période de 1996 à 1998 avec le premier ministre Adrien Houngbédji.

 Son arme dans ce domaine est la négociation et dès qu’il s’engage, les problèmes sont réglés à telle point que certains partis politiques de la mouvance de Kérékou pensent que c’est lui qui les crée et apaise, c’est qu’il a de la méthode. Est-ce que c’est par la loi qu’on limite les grèves ? La loi réglemente les activités syndicales. Mais la loi n’interdit pas la grève, on ne doit pas aller jusqu’à ce niveau-là, c’est la dérive. Moi je ne suis plus responsable syndicale aujourd’hui, mais je dis à mes responsables syndicaux, qu’ils ne doivent pas faillir.Concernant la refondation des valeurs morales je pense que nos coutumes et traditions sont déjà très riches en la matière, est-ce que les parents ne sensibilisent pas les enfants sur un certain nombre de choses ?

 Le limogeage du Haut-commissaire au pèlerinage

Le Haut commissaire au pèlerinage, Rafiou Toukourou qui est sanctionné et suivez moi. J’ai suivi à la télévision le secrétaire de Rafiou Toukourou. Il a situé les responsables ; pour dire que c’est la Direction du transport du ministère qui est chargée de choisir l’aviateur. C’est déjà là le problème. Pour engendrer la situation, la responsabilité est déjà située; alors pourquoi on n’a pas agi dans ce sens là.

C’est ce que je constate et cela a été toujours comme cela. Vous l’avez suivi, « on laisse le serpent pour taper dans la brousse » bien sûr est-ce que c’est même dans la brousse parce que si on tape dans la brousse on va réveiller d’autres choses. On a tapé sur le sol nu.

Une vision critique du processus de la révision de la constitution enclenché

Les sages de la Cour Constitutionnelle sont entrain d’endormir le peuple en relevant l’article 6 de la loi référendaire de ce qui leur a été envoyé pour montrer qu’ils ont réagi contrairement à ce qu’ils ont l’habitude de faire. Et effectivement, certains ont acclamé comme ils le souhaitent et c’est pourquoi je dis « ne soyez pas surpris quand un beau matin vous vous réveillez pour entendre que vous êtes dans une autre République ».

 Puisque l’Assemblée Nationale peut le faire et ils ont la majorité qu’il faut pour le faire. C’est parce qu’ils ont la majorité qu’il faut pour le faire qu’ils ont déplacé le débat là en retirant les prérogatives du peuple en la matière. Et que c’est la majorité de l’Assemblée qui peut statuer là-dessus. C’est ce que la constitution dit ? C’est ce que la Cour a dit. Il y a deux voies pour réviser la constitution.

Il y a la voie du peuple ou voie référendaire et il y a la voie des députés de l’Assemblée Nationale. Lorsqu’on exclut l’une des voies il reste quoi ? Il reste la deuxième voie. Nous sommes des intellectuels, et il ne faut pas qu’on triche avec le peuple. Je suis d’accord avec la révision de la constitution mais je ne suis pas d’accord avec une révision opportuniste. Même aujourd’hui est-ce que c’est si urgent que ça de réviser cette constitution ?

Est-ce que sans réviser la constitution; la Nation ne vit pas ? Moi, je pense que ce qui est urgent ? C’est l’outil qu’est la LEPI, l’instrument fondamental pour la survie de notre démocratie ; c’est plutôt ça. Il faut d’abord régler ce problème là avant toute consultation électorale.

Des affectations politiques qui frustrent.

J’ai suivi tout récemment le front des enseignants qui rejette les affectations qui ont été faites à l’enseignement secondaire et ils disent que c’est des affectations politiques. Si tu n’es pas avec moi, je vais te déranger, je vais te gêner. C’est ce qui se dit au quotidien maintenant. Si toi opérateur économique tu n’es pas eux, tes affaires ne vont pas prospérer, tu ne gagneras pas de marchés.

 Est-ce que les affectations à l’enseignement tiennent compte des listes d’aptitude ? Il faut écrire je veux ; on examine et on mène l’enquête pour savoir est-ce qu’il est avec nous ou non, c’est tout. Moi ça ne me dit plus rien car je suis dedans il y a longtemps. D’ici quelques mois je vais à la retraite. Je ne parle pas seulement de mes militants, mais de tout le monde; parce que même dans leur rang il y a de frustrations.

L’avis de l’opposant sur la loi sur la corruption

Très bien ! La marche contre la corruption depuis 2007 et nous sommes en 2011 aujourd’hui. Dites-moi franchement avec tous les chapelets de mauvaise gestion qu’on a révélée après cette marche si quelque chose a changé. La loi sur la corruption vient d’être votée et les spécialistes en ont déjà parlé suffisamment.

Mais le seul point que je relève est-ce que c’est le Chef de l’Etat qui va délibérer, puisque c’est lui qui est à la tête de la commission qui va décider. Si réellement on est conscient qu’on veut lutter contre la corruption ; revoyez bien votre justice, c’est la justice qui règle ces cas-là. Revoyez la justice pour qu’elle réponde correctement aux besoins de la Nation.

Enseignement et dévotion

Moi, j’enseigne les SVT, Sciences de la Vie et de la Terre, au CEG Djassin. Allez voir mon Directeur pour savoir si je ne suis pas au cours. Mes élèves sont très chers pour moi et chaque fois que j’en rencontre, je me sens très heureux pare ce que de ces anciens élèves que je n’arrive plus à reconnaitre et qui me rendent d’énormes services, qui m’honorent.

Elu communal à Pobè

Je pense que la population de Pobè peut témoigner, je suis président de la commission éducation ; aujourd’hui à Pobè le système éducatif a reculé ? Mais, on est parti de deux ou trois collèges à Pobè, pendant que les autres communes d’à côté sont à neuf, dix collèges. Aujourd’hui chaque arrondissement de Pobè à son CEG et l’arrondissement de Pobè même a déjà trois CEG. Un quatrième CEG est prévu. Quand les fruits seront murs, vous saurez qu’il y avait des travaux en cours.

La caractéristique de Pobè c’est son sol. Pobè a un sol hydro morphe. Je vous ai dit quelques chose tout à l’heure, on ne peut pas mettre des engins sur ce sol maintenant, il faut attendre. Et le conseil qui est là est en train de bousculer beaucoup de choses. Si vous connaissez Pobè, et que vous connaissez la place mythique de Pobè, un véritable dépotoir, aujourd’hui le conseil a négocié avec les sages et nous voulons en faire une place touristique.

La crise du football vue par l’opposant

Je souhaite que tout le monde ramène la balle à terre. Il faut repenser autrement le football. Il faut que tous les acteurs se retrouvent et que chacun oublie ces querelles et laisse un peu de soi.

Conclusion

Je vous remercie une fois de plus, je souhaite que vous continuiez, car je trouve l’ambiance aussi magnifique que je ne l’aurais imaginé. Je vous félicite sincèrement et vous encourage à continuer ainsi, parce que vous constituez un maillon très important dans l’arène médiatique du Bénin.

Carte d’identité

Enseignant par vocation

Plutôt costaud, 1,72 mètre environ sur une silhouette de lutteur, le Secrétaire Général du PRD a le profil du poste. Originaire de Pobè dans le Plateau, c’est là qu’il débute le cours primaire en 1959 à l’école de la mission catholique de la localité. « Mon père est charpentier, rappelle-t-il. Il fendait des madriers. Les prêtres venaient s’approvisionner chez lui, et c’est comme ça qu’un matin la sœur Berth venue prendre quelques planches dit à mon père : « Mais Karim, l’enfant ne va pas à l’école ? » Mon père a dit : « Non, son grand frère va déjà à l’école, lui, il est avec moi. » Finalement, la religieuse finit par amener Wabi à l’école catholique, lui qui était issu d’une famille musulmane fervente.

 « Je voyais mes maîtres très élégants et quand ils viennent en classe on leur voue du respect, » se souvient-il encore. De là, est née chez lui la vocation de l’enseignement qui s’est accentuée au collège. « J’ai été marqué par un directeur, M. SOGLOBOSSOU Jules, au collège en 1967. Là c’était la rigueur, la discipline. Tu dois te mettre à jour. C’était bon, c’était beau. Et je suis rentré au lycée BEHANZIN en 1973 et là, j’étais dans un monde où les professeurs qui venaient avaient du talent ». Il cite alors un certain Jérôme Carlos, aujourd’hui directeur de la radio CAPP FM et chroniqueur reconnu qui a créé en lui cette envie d’être du corps enseignant.

« Quand il rentre dans la classe, mais vous avez envie d’être comme lui. Vous avez envie de parler comme lui. » Sur insistance de son grand-frère alors à l’extérieur, Wabi choisit une branche scientifique. Après son Bac obtenu en 1976, il entame des études scientifiques à l’Université nationale du Bénin. La Faculté des sciences et techniques (FAST) où il s’est inscrit, lui impose encore de passer par l’école normale, après le premier cycle universitaire. Devenu professeur certifié de Biologie (aujourd’hui nommée Sciences de la Vie et de la Terre, SVT), il est définitivement enseignant et fier de l’être. Le premier poste d’affectation a été le CEG Savalou.

Wabi Fagbémi y fait cinq ans de travail acharné avant d’être affecté en 1987 au CEG Davié, à Porto-novo. Le CEG Djassin, toujours à Porto-Novo, l’accueille en 1997. « Je ne suis pas fatigué de la craie malgré mes trente ans de service que je vais boucler l’année prochaine. C’est avec plaisir que j’exerce ce métier. On m’a proposé d’être directeur et j’ai décliné l’offre », dit-il. Pour cet enseignant, le contact avec la classe est primordial. « J’aime être en contact avec les élèves. Et je suis heureux lorsque mes élèves réussissent. »

 Sa vocation politique, il la doit à la crise qui a secoué le régime révolutionnaire en 1989. Au fond de la crise marquée par des mois d’impayés, il mène une action dans son collège, le CEG Davié. Il refuse de continuer les cours, aussitôt suivi par d’autres collègues. La nouvelle se répand très vite dans la ville et paralyse les activités scolaires à Porto-Novo. Au soir, ce sont les établissements de Cotonou qui sont touchés à leur tour. C’est le début d’une grande action de résistance dont l’aboutissement est la conférence des forces vives de la nation de février 1990.

De cette expérience, Wabi Fagbémi et ses collègues vont tirer des leçons qui vont leur permettre de créer leur propre mouvement politique, le MDR. Et plus tard, il entre au Parti du Renouveau Démocratique (PRD) où son admiration pour Maître Houngbédji a fini par faire de lui le secrétaire général du Parti suite à la démission de l’ancien titulaire du poste. Mais avant d’accéder à ce niveau de responsabilité, Wabi a su d’abord démontrer son dévouement pour le parti.

En sa qualité d’enseignant, il a pris le gouvernail du Prd, section des enseignants en 2000. Pour avoir assumé avec rigueur et ténacité ce poste de responsabilité, il gagnera l’estime des militants du parti qui ont fini par le propulser au poste du secrétariat général adjoint du PRD à la faveur de leur congrès tenu en 2006. Il doit surtout ce militantisme politique à son militantisme syndical.

Membre fondateur du Syndicat national des enseignements secondaires, techniques et professionnels (Synestp), du fait de son engagement pour la justice, il en a été fait Secrétaire général en 1996. Démocrate, Wabi refuse de s’éterniser à ce poste. Après 5 années accomplies donc, il quitte le poste alors qu’il était toujours aimé par les siens.

Désormais déchargé, Wabi se consacre à fonds aux activités politiques de son parti, le PRD qu’il sert aujourd’hui avec abnégation, mais sans jamais négliger pour autant, son activité professionnelle originelle qu’est l’enseignement. Il est actuellement professeur de Sciences de la vie et de la terre au Ceg Pobè.

Intimité

Wabi, un sportif endurci

Marié et père de cinq enfants (trois filles et deux garçons), wabi Fagbémi est un grand sportif. Il est passionné de football. Il a créé son propre club avant de participer à la mise en place de l’équipe phare de Pobè, la Jeunesse sportive de Pobè (JSP) en 1992. Lorsqu’on lui demande ce qu’il aime le plus chez l’homme, il répond sans détour : « Moi, j’aime la franchise ». Au plan de l’alimentation, les préférences du secrétaire général du PRD sont vraiment sélectives.

« Mon plat préféré, c’est le Lafou (pâte de cossettes de manioc, NDLR) mais je ne peux plus en prendre aujourd’hui comme ça, parce que j’ai un début de diabète et je dois veiller à cela, donc éviter certains aliments, » dit-il.

Publicités

7, 8 ou 9 millions de Béninois parmi 7 milliards d’hommes ???

Comment se fait-il que l’évolution démographique ne fait presque pas partie du débat public au Bénin ? Impossible d’avoir une idée assez claire de combien sommes-nous directement vivant sur le territoire national ou à l’extérieur. Mépris quasi-pathologique pour tout ce qui est statistique, prévision, simulation ou anticipation. A l’Institut national des statistiques et de l’analyse économique (Insae) d’en faire les frais. Sa splendeur en prend un sérieux coup avec la multiplication des structures ad-hoc inexpérimentées voire incompétentes lors de la réalisation des études prévisionnelles et statistiques sur le pays. L’exemple en est la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) sensée être un instrument de prévision démographique révolutionnaire. Mais à l’arrivée, le pays hérite d’une base de données objet de toutes les controverses aussi bien auprès des acteurs sociaux que des partenaires techniques et financiers en passant par la classe politique et les populations. Ce fut un retentissant méli-mélo à l’occasion des différentes étapes du processus après la mise en rade des spécialistes de l’Insae.

Impensable qu’on puisse donc sortir d’élections majeures comme les législatives et la présidentielle sans que les campagnes électorales ne fassent échos des prévisions sur le Bénin du futur. Même pas sur des questions basiques de tout développement autour du nombre de fonctionnaire, d’étudiant, de paysan, de routes bitumées, d’aéroport, de port ou d’université, à l’orée des 20 prochaines années. Des données qui devraient normalement inspirées tous les projets soumis à l’électorat. Impossible de mettre tout le monde d’accord sur le chiffre exact de la population béninoise à la date d’aujourd’hui même après la réalisation de la Lépi. Qui détient la vérité des chiffres et la crédibilité des procédés entre les spécialistes de l’Insae d’une part et les agents de la Lépi cooptés, manipulés, mal payés et traumatisés ?

De toute évidence, alors que toutes les études redoutent une explosion démographique dans toute l’Afrique et donc au Bénin dans les années à venir, l’heure n’est toujours pas à la moindre mobilisation sur le sujet. Le label chinois ou indien aurait dû pourtant inspirer nos princes au sud du Sahara. Surtout la Chine qui a su transformer un péril en un atout indispensable. Alors que tout le monde se demandait comme allait-elle gérer son milliard et plus de citoyen, elle a très bien réagi, tout d’abord, en adoptant une politique stricte de maitrise des naissances puis en essayant de transformer sa population en une redoutable machine de consommation des produits locaux ; son industrie pouvait ainsi compter sur un marché interne considéré comme le plus grand du monde. Le fameux miracle chinois tient à cette maitrise bien pensée de son propre destin.

Il ne viendrait à l’esprit de personne de croire que le Bénin ne dispose par d’experts capables de proposer des solutions sur le devenir de 7,8 ou 9 millions d’âmes en fonction des mutations endogènes à venir. Sauf qu’on ne peut éluder la conception personnifiée du développement au détriment de celle liée à toute une communauté. En Chine, la hantise du parti communiste c’est d’éviter une implosion interne à l’échelle du milliard et demie d’individus. En total déphasage avec la norme admise sous les tropiques à propos de l’ancien colon qui aurait pensé à tout ; il ne reste aux dirigeants qu’à jouir du pouvoir. La monnaie, la politique agricole, les choix économiques, la diplomatie, la défense, l’éducation sont du domaine de la coopération internationale ou plutôt de la compétence des partenaires étrangers. Et puis, il ne faut jamais négliger la propension des princes qui nous ont gouverné à la magouille, à la triche, aux tripatouillages ; toute chose incompatible avec l’existence de statistiques précises, fiables et scientifiques. Avoir des fichiers électoraux tronqués, des estimations de population biaisées et des statistiques falsifiées permet de mieux voler des suffrages ; tripatouiller les scrutins ; détourner des subventions et des financements de projets sociocommunautaires sans laisser des traces.

En attendant : « chacun s’assoit ; Dieu le pousse » !!!

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

S’unir ou périr ensemble : quel choix pour l’Afrique ?

Les conditions de la mort de Kadhafi auront fait de lui un héros aux yeux de la grande majorité des peuples africains, n’en déplaise aux maîtres du monde qui ont droit de vie et de mort sur les dirigeants des pays faibles. Il repose désormais, dans nos mémoires, au Panthéon des combattants pour la dignité de l’Afrique à côté de Patrice Lumumba, Barthélémy Boganda, Kwamé Nkrumah et Thomas Sankara et son sang fertilisera cette terre d’Afrique pour que germent une conscience et une résistance à toute épreuve. Son assassinat résulte du croisement de deux objectifs parallèles, l’un interne et l’autre externe, qui ont fini par fusionner pour être offerts au monde sous des aspects digestes.

Le premier objectif de sa mort programmé est dévoilé dans le premier discours du chef du CNT au lendemain de son assassinat : le rejet de la charia par Kadhafi et son refus de s’en servir comme boussole à la constitution Libyenne. Kadhafi a lutté pour une Lybie aux valeurs républicaines, une Lybie moderne libérée des corsets de la religion. Il a été un rempart inébranlable contre la contagion de l’intégrisme religieux qui frappe bruyamment
aux portes des pays arabes et les dérives idéologiques subséquentes. Le rempart a fini par céder face au déferlement torrentiel de l’incontinence religieuse qui peut à présent faire tranquillement son lit avec la bénédiction des parrains occidentaux.

Le deuxième objectif est à rechercher dans son refus d’être un esclave docile qui se satisfait de sa condition et dont l’esprit n’est effleuré par quelque idée d’affranchissement. Le tort de Kadhafi c’est d’avoir voulu rompre les chaines de la servitude en poussant l’outrecuidance à contester l’hégémonie des maitres du monde. Les bases de l’Unité Africaine qu’il a jetées, le premier satellite africain RASCOM financé à concurrence de 300 Millions de Dollar sur un total de 377 Millions, le projet de création d’un Fonds Monétaire Africain qui accélérerait la Fédération des Etats africains pour les libérer des dicktats du FMI sont autant de crimes de lèse-majesté qui ont signé son arrêt de mort depuis les bureaux de Washington et de l’Union Européenne.

Loin de moi l’idée d’épiloguer sur les fondements internes et externes de la  déstabilisation de l’Afrique, fondements sur lesquels je suis amplement revenu déjà et auxquels la presse digne a d’ailleurs consacré de nombreux papiers. Je voudrais plutôt faire remarquer, dans une analyse diachronique, la similitude de la fin tragique réservée aux combattants pour la liberté de l’Afrique.

Le 30 juin 1960, à la cérémonie de célébration de l’indépendance du Congo, après le discours paternaliste et condescendant à l’égard du peuple congolais prononcé par le Représentant du Roi Belge auquel répondait en écho celui d’allégeance du président Kasavubu, Patrice Lumumba, dont l’intervention n’était pas prévue, prit la parole pour restaurer la Dignité de son peuple.

« […] Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop  douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire ».

En effet, là où le représentant du roi Léopold II infantilisait les dirigeants du peuple congolais en leur demandant de ne pas remplacer par des reformes hâtives les organismes que leur remettait la Belgique et qui rencontrait l’adhésion de Kasavubu, Lumumba répondit par un discours révolutionnaire rythmé par les maîtres- mots Indépendance, Egalité, Lutte, Humiliant esclavage. Son intervention,  loin d’être belliqueuse, s’inscrivait dans une perspective de recadrage du sens d’une cérémonie qui était en train d’être vidée de sa « substantifique moelle ». Il rappela simplement que le Congo, devenu désormais indépendant, se refuse de continuer avec « des paradigmes » de la colonisation par le maintien des lois iniques qui assurent la pérennité du pacte colonial. Dès lors, il a toute la latitude d’initier des reformes institutionnelles et de tracer des perspectives d’avenir pour ses concitoyens. De plus, fort de son indépendance acquise dans la lutte et en vertu des lois internationales, le Congo n’est plus un Etat vassal, mais un Etat à part entière comme la Belgique avec laquelle il entend entretenir des relations d’amitié.

Le refus à la Christophe d’un « pouvoir sans croûte ni mie » ne pouvait que sonner le glas aux ambitions révolutionnaires d’un homme. La suite, nous la connaissons. Lumumba a été arrêté par les Américains et les Belges puis livré au sécessionniste Tchombé qui n’a eu aucun mal à le tuer et à dissoudre son corps dans de l’acide. Ce fut le même scénario en Lybie.

Le 24 Mai 1963 au sommet de l’OUA à Addis Abeba dans un discours à valeur de supplique, Kwamé Nkrumah lance un appel de pied à ses pairs face à l’urgence de réalisation de la fédération des états africains avant que les occidentaux n’exploitent leurs divergences pour éloigner par des manœuvres mesquines la réalisation d’un tel projet qui sortirait l’Afrique de l’ornière. Dans cet extrait que je vous propose, il fait une lecture lucide des indépendances africaines : « Sur notre continent, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir que la lutte contre le colonialisme ne prend pas fin lorsqu’on a réalisé l’indépendance nationale. Cette indépendance n’est que le prélude d’un combat nouveau et plus complexe pour la conquête du droit de diriger nous-mêmes nos questions économiques et sociales, en dehors des entraves écrasantes et humiliantes de la domination et de l’intervention néocoloniale ». Dès lors, des manœuvres souterraines vont être menées en vue d’amener certains chefs d’Etat à se désolidariser du projet, mais aussi pour déstabiliser le régime de Kwame Nkrumah.

Le 24 Février 1966, alors qu’il était en visite en Chine, un coup d’Etat est perpétré au Ghana qui le pousse à l’exil en Guinée et il meurt le 27 Avril 1972 à Bucarest. Vous y voyez vous une différence notable avec Kadhafi ?

Le 17 Novembre 1986, lors du dîner offert au président français François Mitterrand à l’occasion de sa première visite au Burkina Faso, Thomas Sankara prononça un discours dont les revendications provoquèrent l’ire de son hôte et donnèrent le prétexte à la machine à tuer de se mettre en branle. Lisez plutôt :

« […] C’est dans ce contexte, Monsieur François Mitterrand, que nous n’avons pas compris comment des bandits, comme Jonas Savimbi, des tueurs comme Pieter Botha, ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l’ont tâchée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en porteront l’entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours ».

Thomas Sankara n’aurait pas dû dénoncer si vertement le parrainage de la France dont bénéficiaient Jonas Savimbi et Pieter Botha qui ont plongé, pour l’un, son pays dans une guerre qui a duré 25 ans, et pour l’autre, maintenu les noirs d’Afrique du sud dans la politique d’Apartheid. Il n’aurait pas dû interpeller avec « grand mépris » le président français dans une formule d’appel si peu apparentée à l’orthodoxie françafricaine.

Le 15 Octobre 1987, par un coup d’état dirigé par celui qu’il appelait son frère, Thomas Sankara est assassiné froidement jetant ainsi aux calendes grecques les espoirs d’une révolution prégnante. Le schéma burkinabè est-il fondamentalement différent de celui de la Lybie ? , la France se proposa de recevoir tous les chefs d’Etat africains autour d’une grande manifestation avec défilé de toutes les armées nationales. La farce de Nicolas Sarkozy qui consistait à se faire passer pour le président d’un continent qui est entouré de ses sous-préfets était tout trouvée.

Laurent Gbagbo décline l’invitation et toute la classe politique française ainsi que la presse hexagonale ruent dans les brancards. Bien avant cela, il décide de créer des usines de transformation du café et du cacao ce qui à terme constitue une menace pour les industries Suisse, Française et Américaine de chocolat. Des années avant, il proposa à ses pairs à un sommet de l’OUA le prélèvement d’un montant sur le revenu à l’exportation de nos matières premières. C’en était trop pour le président d’un pays à partir duquel la France boucle son budget et qui veut ainsi assécher le marigot par des reformes « hâtives ».

Une rébellion est créée le 19 Septembre 2002 qui peine à assouvir l’attente de la Métropole. Lasse d’attendre, elle se jette elle-même dans l’arène avec ses forces spéciales dans une union de corps avec l’ONU et l’infortuné Gbagbo est renversé le 11 Avril 2011.Au contraire des autres, Gbagbo n’a pas été tué parce que Dieu l’a préservé pour des raisons qu’il est le seul à savoir.

Toutes ces tragédies que nous venons de passer en revue posent la problématique du contenu réel de nos indépendances aujourd’hui, mais en même temps elles rendent impérieux l’avènement d’une solidarité africaine agissante, d’une unité et ce n’est pas utopique d’y croire. Mieux cela actualise plus que jamais l’interpellation de Kwame Nkrumah dans son discours du 24 Mai 1963 à Addis Abeba : « Notre objectif, c’est, maintenant, l’unité
africaine. Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons maintenant nous unir ou périr. Je suis certain que par des efforts concertés et notre ferme propos, nous allons jeter ici même les fondations sur lesquelles s’élèvera une union continentale des Etats africains ».

Si des présidents comme Wade pouvaient cesser de torpiller la solidarité africaine en arrêtant de pousser le ridicule jusqu’à aller rencontrer les rebelles du CNT à Benghazi dès le déclenchement de la crise Libyenne et à affirmer à la Cassandre que la bataille d’Abidjan aura lieu alors que le groupe de contact de l’Union Africaine était au travail. Si des chefs d’Etat comme Blaise Comparé pouvaient cesser de s’illustrer négativement en affirmant sur le perron de l’Elysée qu’il s’occuperait personnellement de la crise ivoirienne. Si des chefs d’états comme Good Luck Jonathan pouvaient cesser d’être des pyromanes chaque fois qu’ils agitent leur armée exterminateur appelée Ecomog. Hélas ! Mille fois hélas !

Quand on regarde les agissements de ces personnalités et qu’on mesure la grande traîtrise des fils d’Afrique qui sacrifient des vies humaines sur l’autel des ambitions politiques, on ne peut que joindre notre voix à celle d’Edem Kodjo pour dire : «…Honte de devoir, une fois de plus, assumer le sang d’un innocent comme le passage obligé d’un transfert chaotique du pouvoir dans une Afrique qui se goberge et se prélasse dans les voies de fait et dont la pratique politique paraît souvent si éloignée de ses traditions ancestrales d’humanisme et de solidarité…». (Mort, où est ta victoire ? J.A n° 1400 du 04 Novembre 1987 sur la mort de Sankara).

Gottha Yves Otché

Professeur de lettres

gotthayvesotche@yahoo.fr

Kadhafi : la mort d’un grand homme

Kadhafi : la mort d’un grand homme ? Est-ce que l’OTAN a voulu aussi tuer le panafricanisme ?

En décembre 2010, à Dakar, au Sénégal, le colonel Mouammar Kadhafi participait au Festival Mondial des Arts Nègres. Il y inaugura, en grande pompe, le monument de « La Renaissance Africaine », une statue monumentale qui pointe son doigt vers le lointain pour, dans l’esprit du concepteur de la statue, faire un signe à celle de la liberté à New-York.

Lors de cet événement majeur, Kadhafi faisait l’unanimité dans la foule et on le vénérait, à la fois, comme le Guide de la Révolution libyenne et l’artisan, le chantre de l’Unité africaine. A l’époque, c’est-à-dire il n’y a même pas un an (!), Kadhafi avait été reçu chaleureusement par le Président du Sénégal, Abdoulaye Wade qui, malgré quelques réticences personnelles, exprima, sur place, l’adhésion de tout un peuple au dit tortionnaire. Le colonel Kadhafi était encensé comme un homme politique porteur d’espoir, l’incontestable leader charismatique de la révolution africaine.

La renaissance africaine

Lors de cette manifestation, en inaugurant la statue monumentale du Festival, Kadhafi prit la parole pour réaffirmer l’urgence de l’unité du continent : « Le monument de la Renaissance Africaine n’est pas un monument du Sénégal mais le monument d’un peuple, le monument pour tout le continent africain… » Puis, il déclara « Il faut que l’Afrique ait une seule armée. Ses armées nationales n’ont pas les moyens de faire face aux forces de l’OTAN et, ce combat, une seule armée c’est un combat pour la vie et la mort ».

Kadhafi reçu par le Président Abdoulaye Wade

A l’époque, Abdoulaye Wade manifestait ouvertement, quand on l’interrogeait, des divergences sur le calendrier de cette unité africaine à construire. Il parlait, contre Kadhafi, de la nécessité d’une transition douce. Aujourd’hui, le leader de la révolution africaine n’est plus et c’est l’Otan qui a imposé son propre calendrier aux velléités africaines d’autonomie. Avec Kadhafi, ce n’est pas seulement un homme qui meurt mais c’est, peut-être aussi, tout un projet, toute une idéologie qu’on enterre : le panafricanisme, l’unité continentale africaine.

Kadhafi n’était pas Frantz Fanon

Ce projet, comme tout projet politique globalisant, uniformateur et quelque peu utopique, était fumeux. L’imagination politique de Kadhafi mûrit dans le désert. Il faut toujours se méfier des idéologies universalisatrices, coupées des réalités politiques, construites dans des déserts géographiques. Le christianisme, comme l’islamisme, en sont aussi.

au Festival Mondial des Arts Nègres

En tout cas, Kadhafi croyait aux chimères nocturnes du désert et il allait, ainsi, de-ci de-là, avec sa djellaba, sa tente bédouine, entourée d’une garde d’amazones officiellement vierges et fusils au bras, parler aux foules, dans des liturgies de balcons. Leader d’un panafricanisme nègre, à partir d’une Libye finalement très « blanche », sa posture ne manquait pas de contradiction. Il était clair que son pays ne pouvait être, en vendant en particulier de l’or noir à bon prix, à la hauteur de l’anticolonialisme africain, celui de l’esprit rebelle des ouvrages de Frantz Fanon que, justement, les éditions de la Découverte viennent de rééditer en un seul volume.

Aux temps « héroïques », le jeune Kadhafi avait, pourtant, financé un grand film, « Le Lion du Désert », où Anthony Queen interprétait le rôle du rebelle, Omar Mojtar, à côté d’Oliver Reed, qui jouait celui du maréchal Graziani. A la fin du film, à côté du cadavre pendu du grand guerrier, le cheik Omar, un jeune homme apparaît, esquissant un geste provoquant : c’était le futur colonel en personne ! Belle époque où les héros de cinéma côtoyaient la grande histoire.

Aujourd’hui, forcément, à l’époque de la 3D et des images de synthèse, celles du lynchage de Kadhafi ont quelque chose de pitoyable, un grand homme dans une conduite d’égout, la peur de la mort, la fragilité de la personne… Nous, en douce, on s’est quand même réjoui de le voir, au moins, posséder un pistolet en or. Chez lui, l’héroïsme de l’anti-occidentalisme n’avait pas tout à fait rendu l’âme.

Avec Nasser : les temps héroïques du panafricanisme

On sent, dans ce pistolet, des appels à la vengeance enflammée, brouillée dans les vapeurs d’alcool et de drogue, au fin fond d’un bunker, avec quelques prières sans conviction à Allah. Dans quelques années, d’autres jeunes, quand ils en auront assez de l’islamisme radical, célèbreront Kadhafi dans leur coin et punaiseront des posters du Colonel dans leurs chambres. Mais, aujourd’hui, le conflit est ailleurs. Il est pour l’uniformisation de la planète sous un nomos global.

Kadhafi, lui-même, l’avait pressenti et, toujours sous la forme de coups de théâtre, il commença, à partir de 2001, à changer de cap, comprenant qu’il lui fallait devenir présentable, s’intégrer, le grand mot, le joli mot, «s’intégrer», du «marche ou crève !» du nouvel ordre mondial. Il sentait bien que cette intégration dans la « communauté internationale » ne lui laisserait pas sa place et que les prédateurs voulaient plus, voulaient faire main basse sur les matières africaines avant que la Chine ne s’en empare. Il comprit qu’il ne pouvait survivre politiquement qu’au prix d’un certain abaissement. Cet abaissement aura été insuffisant.

Emportés dans la tombe des mystères qu’on nous cachera

Pourtant, il en donna des gages mais comme le soulignait le poète Henri Michaux, le problème avec les Occidentaux c’est qu’«ils ne savent pas s’arrêter ». Ils avaient pourtant osé le pardonner pour l’obscur, le toujours obscur, attentat de Lockerbie. On ne saura jamais, non plus, s’il finança réellement la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007. Mais qui croira que le coup médiatique de la libération des Bulgares n’a pu se faire sans réelles compensations et autres petits arrangements ?

Finalement, c’est l’armée française qui localisera son convoi, le bombardera en permettant, de fait, son élimination physique, assuré apparemment sur le terrain par un commando qatari, le Qatar ayant joué un rôle décisif dans la prise de Tripoli et l’exécution des plans « libérateurs » de l’Otan. De leur côté, les mercenaires sud-africains du Colonel se seraient repliés en Algérie pour protéger le restant de la famille, tandis que le cadavre du Colonel, à côté d’un de ses fils, a été jeté sur un vieux matelas dégueulasse, dans la chambre frigorifique d’un supermarché.

Il y a quelque chose de tragique et, en même temps, de classique dans le final des hommes forts, « les dictateurs » comme on les appelle : Saddam en Irak, Mouammar en Libye ; certains auraient rêvé de trouver dans la liste Laurent Gbagbo ! Du moins, quand ils meurent ainsi, s’épargne-t-on la comédie grotesque du « crime contre l’humanité » et de la Cour Pénale Internationale, l’exemplarité nouvelle des vainqueurs, exercée au nom des bons sentiments et du juste. Mais on en vient, aussi, à se demander comment finiront, à leur tour, nos leaders démocrates, Prix Nobel de la Paix pour l’un d’entre eux, puisque la roue de l’Histoire, fatalement, tourne et que l’honneur des armes n’est, semble-t-il, réservé qu’aux dictateurs de la vieille école ?

En tout cas, les « démocrates » auront poussé l’hypocrisie jusqu’à exiger des Nations Unies une enquête sur les circonstances de la mort de Kadhafi. Cette enquête devra-t-elle inculper les agents du Kansas qui supervisaient, à distance, le bombardement du drone, entre deux cocas et un paquet de cigarettes ? La résolution de l’ONU du 17 mars établissait un blocus aérien – « no fly zone » – pour la protection de la population civile et les zones peuplées – « to ensure the protection of civilians and civilian populated areas ». Il n’avait jamais été question de bombarder, avec des missiles, le sol libyen !

Quant aux dollars promis pour la tête de Kadhafi, les pauvres types qui l’ont liquidé en ont-ils vu la couleur ? La guerre a de ses mystères et de ses probabilités qu’à la limite, pour gagner des milliers de dollars, il vaut mieux jouer au loto !

Michel Lhomme

Côte d’Ivoire: préparez-vous au pire !

Prendre en compte la réalité du terrain et disposer son esprit pour encaisser le choc ; ce n’est qu’une question de bon sens. C’est pourquoi je vous invite à vous préparer au pire.

La Révolution Permanente a déjà attiré votre attention sur le fait que, ce qui se joue en Côte d’Ivoire n’a rien à avoir avec le Droit, la Justice ou la Morale. C’est une question de rapport de force. Alors laissons de côté le droit et regardons les yeux ouverts à ce qui va se passer dans quelques jours.

Le sort du Président GBAGBO a déjà été scellé par la France. Ils veulent le maintenir en détention jusqu’à ce qu’il attrape une maladie qu’ils vont lui injecter dans le corps. Après quoi, il sera libéré et il en mourra. Ça, c’est leur schéma. Que cela se passe à la CPI ou en Côte d’Ivoire, voilà ce qu’ils entendent faire. Car ils savent qu’ils n’auront jamais le droit contre Laurent GBAGBO et qu’ils ne pourront jamais le condamner.

Mais ce transfèrement, s’ils ont le temps de le faire, pourrait ouvrir la voie à un désespoir chez certains qui n’hésiteront pas à vendre leur âme pour obtenir le dégèle de leurs avoirs ou l’annulation des mandats d’arrêts internationaux émis contre eux. Ça, c’est la conséquence attendue du transfèrement de Laurent GBAGBO.

Du coup, ils espèrent qu’ils vont casser la résistance révolutionnaire parce qu’ils sont convaincus que notre combat, est un combat pour un homme comme cela est le cas au RDR et pour la France.

Pour les Patriotes, Combattants et Dignes fils d’Afrique, je voudrais que cet état d’esprit soit désormais le vôtre : quoiqu’il advienne, le chaos est irréversible !

Dites-leur, comme ils prévoient de le faire, de nous réveiller un matin pour nous dire que le transfèrement de Laurent GBAGBO s’est passé dans la nuit, sans aucune procédure et qu’elle s’est bien déroulée car il est désormais détenu à la Hayes. Ce jour-là, sera le début de l’apocalypse en Côte d’Ivoire ! Je n’en dis pas plus.

Dites-leur de maintenir Laurent GBAGBO en détention et de provoquer une maladie qui l’affectera pour que mort s’en suive. Par nos sources, nous le saurons avant qu’ils ne prennent des dispositions pour s’en fuir avec leurs suites. Et alors, ils le paieront jusqu’à la 20ème génération après eux ou jusqu’à la 20ème ascendance avant eux.

Pour l’instant, nous sommes dans le statu quo. Alors, ils poursuivent leur croisade meurtrière. Mais gardez cette recommandation fondamentale : préparez votre esprit et ceux de vos enfants à un choc inimaginable !

Ce choc ne sera pas conduit pour Laurent GBAGBO. Comme vous, il n’en sera que bénéficiaire car son rêve pour une Côte d’Ivoire libre sera réalisé et le rétablissement des institutions de la République qui s’en suivra, réhabilitera l’homme.

Mais notre Révolution n’est pas pour un homme. Elle n’est pas pour un parti politique. Elle n’est pas contre une partie des Ivoiriens. Notre Révolution est la révolution pour la Dignité, l’Indépendance économique et politique, la Souveraineté non négociable ! Alors ensemble, tous les Ivoiriens et ceux qui leur font l’amitié d’habiter avec eux recevront, chacun selon ce qu’il lui est dû, dans la Justice et la Vérité.

C’est pourquoi, chaque jour, préparez votre esprit au pire, car ils sont dans une logique suicidaire. Et comme ils tiennent à être des martyrs dans l’Imposture, ils vont connaître l’apocalypse.

Mais, vous, préparez votre esprit. S’ils ont des plans A et B, soyez rassurés que nous en avons jusqu’à Z. Soyez dans la foi et restez en prière. Pour vous, pour nous et pour la Côte d’Ivoire.

A Très bientôt.

Hassane Magued

Opération Exodus – L’Afrique fait rêver les Européens et, la diaspora ?

Comme il semble loin, le temps où pour consoler les Européens de leur misère, les journaux télévisés européens aimaient mettre à la une les photos des enfants Noirs dénutris. Aujourd’hui, des pays comme l’Ethiopie ont atteint en 2010 un taux de croissance à 2 chiffres. Tout le monde l’a compris, seuls peut-être les Africains de la diaspora qui sont pour la plupart dans une posture de catastrophisme, qui fait qu’on a souvent envie de leur demander sur quelle planète ils vivent.

Il est temps que nous abandonnions nos petits privilèges en Occident et la position facile de la critique et de la dénonciation pour rentrer former nos jeunes. C’est notre opération EXODUS. L’Afrique a besoin de tous ses fils et toutes ses filles pour consolider la forte croissance en cours.

C’est dans cette logique que je viens d’accepter de rentrer mettre mon savoir au service de la formation et de la conscientisation de nos jeunes.

Pays de destination : Cameroun

Matière à enseigner : Géostratégie

C’est la première fois que je vais enseigner en Afrique. Le but est de contribuer à la dés-infantilisation de nos jeunes pour les amener à comprendre le monde et les différentes stratégies qui le gouvernent, pour qu’ils soient capables de prendre en main leur propre destin d’abord et celui de notre continent ensuite. Ils doivent être des protagonistes, des acteurs et non des sujets en attente de l’hypothétique providence. Lorsqu’un jeune quitte les bancs de l’enseignement supérieur, il doit pouvoir créer du travail, son propre travail, créer de la richesse et non plus multiplier des demandes d’emplois ou les concours dans l’administration publique.

La tache est rude, et c’est justement le défi et la mission de chacun de nous : partager nos connaissances avec les nôtres, partager nos expériences avec nos jeunes pour accélérer le processus pour la conquête de la dignité humaine dans notre chère Afrique.

N.B. Il ne s’agit pas d’imaginer toute la diaspora de retour comme des enseignants de profession, non ! Le transfert à la jeunesse africaine de connaissances muries sur d’autres continents, à hauteur de quelques heures de notre temps par semaine aurait des conséquences positives incalculables sur le devenir du continent si chacun de nous s’y met.

Le taux de croissance toujours très soutenu ne va pas toujours de paire avec une disponibilité locale de ressources humaines adéquates. Ce serait dommage que ce vide ne soit pas comblé par nous. Nous avons le choix entre laisser nos places en Afrique occupées par les « Coopérants » non qualifiés, avec les rafistolages et leur médiocrité évidente que nous connaissons, pendant que nous cumulons nos prestigieux diplômes mis au placard, pour laver les chiotes ou tout simplement passer notre vie à subir l’apartheid dans une Europe mourante.

Nous assistons déjà à l’exode des pauvres Européens vers l’Afrique. L’avenir de l’Europe est très sombre. Nul ne sait comment ils viendront à bout de la très grande désertification industrielle en cours. En Espagne par exemple 20% de la population est sans emploi dont 50% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Dans les pays dits « riches » de l’OCDE, on compte aujourd’hui 44 millions de chômeurs. La réaction naturelle est cet assaut de l’Afrique qui vit le début de sa gloire économique. En 2010, l’ambassade d’Angola à Lisbonne a reçu 30.000 demandes de visas des Portugais voulant fuir leur pays pour aller vivre en Afrique, c’est-à-dire 115 demandes par jour ouvrable. Luanda a ainsi été la première capitale africaine à fixer un numerus clausus (quota, nombre maximum) par an d’Européens qui peuvent se rendre en Afrique. Et quelques mois ont suffit pour remplir ce quota. Les contrevenants payent par des peines de prison. C’est ainsi que dans plusieurs pays africains, la première cause d’emprisonnement des Européens est l’immigration clandestine. L’Afrique fait déjà rêver les jeunes Européens. Aux Africains de la diaspora de le comprendre et de prendre leur place dans cette nouvelle Afrique qui voit le jour malgré l’assassinat de nos chefs d’Etat qui osent travailler pour que cette prospérité soit possible et  profite d’abord aux populations africaines.

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com  ( www.pougala.org )

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.