Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: novembre 3, 2011

Libye : La tombe de la mère de Kadhafi profanée

Pour ceux qui doutaient de la bestialité de ces « rats », pseudo rebelles libyens, ils sont servis. Les Salafistes ont encore frappé en Libye. Après les meurtres et assassinats ciblés de noirs sous supervision de l’OTAN, cette fois-ci, ils s’en sont pris aux morts comme l’a rapporté le quotidien algérien d’information « Réflexion ».

Un groupe de combattants Libyens fanatiques appartenant au courant djihadiste proche d’al Qaida a profané des tombes dans le cimetière de la tribu Kadhafa. Ils ont profané le caveau familial des Kadhafi dans la région de WadiJaraf proche de la ville de Sirte.

Ils ont entre autres, saccagé les tombes, déterré les défunts dont le corps de la mère du colonel Kadhafi, ainsi que celui de son oncle et deux autres membres de sa famille. Ces corps ont été tout simplement brûlés. La tombe de la mère de Kadhafi est celle qui a été la plus visée par ces extrémistes qui l’ont complètement détruite et dont ils ont extrait la terre avant de brûler les ossements.

Cet acte s’ajoute à d’autres actes commis par les éléments de cette secte qui ne se comptent plus parmi lesquels faire manger aux prisonniers pros Kadhafi de la viande de chien, assassiner froidement des personnes au motif que ce sont des noirs, exécuter des centaines de prisonniers, piller les maisons et brûler des zaouias. Dans l’histoire récente, seuls les GIA en Algérie avaient commis de telles profanations de sépultures, destruction des épitaphes et saccage des mausolées des saints.

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Côte d’Ivoire : les jours attendus nous réserve des surprises !

On aura tout vu dans ce pays. Auto proclamation, auto investiture, auto naturalisation, « décrets » appliqués et validés a posteriori, rupture de la continuité de l’Etat en annulant les actes administratifs et concours passés depuis 2009, dissolution de l’Assemblée Nationale, nominations de maires, épuration politique et ethnique dans l’Administration publique et que sais-je encore.

Franchement, certains Ivoiriens l’ont cherché, tout le peuple en a eu et en aura encore pour son compte. Le comble, c’est qu’ils veulent créer un parlement de l’imposture et il est pressé le Moro Naba, croyant que ce serait la panacée. Mais bien des surprises l’attendent, si par extraordinaire, cela arrivait. De quoi s’agira-t-il ?

Pendant que le pays vit la tragédie politique et sociale la plus terrifiante de sa jeune histoire, le Moro Naba importé, criminel de son état et maladroitement dictateur, est en quête de légitimité. Après les tentatives vaines d’anéantir le FPI avec des poids plume comme Koulibaly et consorts, les intimidations, la tentative de bâillonnement de la presse jugée pro-GBAGO, les exécutions extrajudiciaires, la chasse à l’homme ambiante, il veut un Parlement illégitime pour légitimer une imposture des plus viles.

Ce qu’il feint d’oublier, c’est que même avec des fraudes sauvages faites de bourrages d’urnes, de multiplication par deux du nombre d’électeurs et de votes multiples, il ne pèse qu’environ 25% des électeurs en Côte d’Ivoire quand ses alliés de la haine et du faux, se situent au même niveau que lui.

Avec les décisions impopulaires, la prise de conscience d’une partie de la population qui leur était favorable, la désillusion des femmes mortes et ressuscitées d’Abobo et consorts, sans oublier les ménages appauvris par ces vendeurs d’illusion, il faut s’attendre à un taux de participation qui se situerait autour de 30% des électeurs, car aucun militant ou sympathisant de la Majorité Présidentielle ne mettra les pieds dans un bureau de vote tout comme la population affligée et désabusée.

Alors, la plus grosse surprise, c’est qu’au lieu d’être légitimé, il va connaître le plus gros désaveu de l’histoire tordue de sa vie de faussaire.

Mais un faussaire reste un faussaire. Donc il va arranger le taux de participation avec des chiffres proposés par les stratèges français et faiseurs d’opinion.

Mais ce faux sera très vite démenti. Car une vie politique avec un Parlement, c’est une vie politique où le peuple a le droit d’exprimer son opinion. Donc cette vie politique impose la réouverture des Universités, le droit de mener des revendications syndicales, le droit de faire entendre la voix du parti au pouvoir transformé en parti d’opposition avec des coups de canons et des bombes.

La suite logique de cet environnement éventuel, c’est un soulèvement populaire pour chasser l’Imposteur faussaire et sa suite. D’un coup de pied très violent dans le postérieur.

Du coup, ce qu’il pense être la panacée pour légitimer l’imposture, va lui compliquer dangereusement la vie déjà très tourmentée.

Mais heureusement que la vie de tous les jours nous réserve des surprises que les dates fixées par les hommes ignorent. Alors attendons de voir. Car qui vivra comprendra !

A Très bientôt.

Hassane Magued

La France commet des génocides en Afrique et se présente après, comme pays des droits de l’homme et contre la peine capitale

Africains, créons notre propre COURS DE JUSTICE CONTINENTALE.

Déchirons et jetons à la poubelle les livres de codes pénal et civil français ! Créons les nôtres !

Revenons aux règlements de nos différends par les SAGES de nos ethnies ; nous irons vraiment beaucoup mieux !

La saloperie de cours pénale internationale n’est réservée qu’aux dirigeants Africains indisciplinés aux yeux de ces occidentaux.

Méfions-nous de l’image d’ange que la France veut nous faire voir d’elle. C’est un pays hautement corrompu, où les dirigeants, parlementaires et autres personnalités sont tous complices des génocides perpétrés en Afrique.

Pour accéder aux vidéos que tu peux télécharger, clique ici :

ftp://guy78-7-88-174-188-32.fbx.proxad.net/

Une identification te sera demandée.  Dans le champ : User Name, rentre « userExterne » Exactement ainsi en respectant les majuscule et minuscule.

Dans le champ Password, rentre « !==330 » (en détail, on a  !,=,=, 3, 3,0)

(Ne mets pas les « »  bien sûr !)

Horaire de disponibilité du téléchargement: 8h-0h /France ou 7h-23h/Bénin.

Cher Africain,

Cher Béninois,

Ceci est pour ta mémoire. Pour que tu ne dises pas… « Je ne le savais pas »

Sache et fais savoir partout autour de toi. Attention certaines images sont dures à supporter. Enseignez cela dans toutes nos écoles. Tous nos enfants doivent savoir.

Sache que la France a tué et continue de tuer tes frères Africains à travers de nombreux coups d’état ou empoisonnement qu’elle orchestre soigneusement.

La France a une stratégie ; un mot d’ordre. Ses hommes d’ombre peuvent semer le désordre en Afrique dans l’intérêt de la France. Ces hommes suivent un seul principe : « Si l’opération échoue, la France ne les couvrira pas. Si elle réussit, la France enfonce gloutonnement ses dents dans le gâteau imbibé de sang d’Africains. »

Mais à toi Africain de ne pas te laisser corrompre par leur argent. Reste digne. Ne baisse pas ta culotte. Ne te crois pas incapable. AIE CONFIANCE EN TOI. FAISONS-NOUS CONFIANCE ENTRE AFRICAINS !

Nous saluons le courage, la vaillance, l’héroïse de son Excellence, le Général Mathieu KEREKOU d’avoir déjoué l’agression militaire au Bénin perpétrée par Bob CONNARD…pardon pour la faute : Bob DENARD.

Aujourd’hui, c’est le Colonel KADHAFI. Il a été assassiné par les Français et les Britanniques entre autre. Au vu et au su de tout le monde.

Seuls le Président Sud Africains et certains ont soutenu jusqu’au bout le Colonel KADHAFI. Ce Monsieur, certes qui n’a pas fait que du bien à tout le monde ; mais en a fait beaucoup pour l’Afrique. La plupart des Présidents, l’ont regardé se faire assassiner. Ils l’ont regardé mourir comme une vache qui voit un train passer. Minables Présidents Africains…incapables de soutenir votre frère !

Lorsque les Présidents Africains arrivent en France, ils se courbent devant le plus court bonhomme de l’Elysée. Comme si ce dernier était leur Grand oncle. Lorsqu’ils retournent chez eux…ils arborent de prestigieux costumes et se la joue « présidents » Mais incapables de résister à l’injustice perpétrée par la France… La honte ! LA HONTE CONTINENTALE !

Ce qui est arrivé à la Lybie, peut encore arriver à n’importe quel autre pays africain. La France tuera encore. Encore et encore des dirigeants régulièrement aux affaires. France méconnaissable ! France tueuse ! France assassine.

Ces tueurs, sont différents des Français ordinaires. Des Français dignes. Respectables et adorables. Car beaucoup de Français ne savent pas que le pétrole qu’ils utilisent fait couler d’abondants sangs d’Africains. Pour eux, l’Afrique est pauvre et leur pays est riche.

Nous saluons la bravoure de Sékou TOURE.

Nous saluons la mise en place par le Président Sassou N’GUESSO de nouvelles règles de gestion dans son pays. Et surtout une nouvelle forme de coopération avec ces occidentaux.

Nous saluons la bravoure de l’Officier Nigérian alias Scorpion Noir qui a su repousser les Français lors de l’agression contre le Nigéria via les BIAFRA.

VIVE SANKARA. Thomas SANKARA !

Nous saluons le courage de la Juge Eva JOLY. Elle est en plus candidate à la  présidence française de 2012. La seule qui évoque des affaires de mallettes bourrées d’argent et venant d’Afrique pour alimenter les campagnes françaises.

Gérard GANDJI

gerardarm@yahoo.fr

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Versatilité d’une presse française manicheenne…

L’actualité africaine n’a jamais été l’exutoire des médias français que lorsque celle-ci est faite de guerres, de crises institutionnelles, de maladies, de famine, de sous-développement, bref de tous les maux dont souffre le continent africain. Cette presse hexagonale, manichéenne à souhait, et dont l’inclination congénitale à la versatilité et la manipulation sont connues, reste malgré tout, celle dont l’audimat est le plus grand, notamment dans l’espace francophone. Sacré paradoxe pour tous ces Africains qui ont toujours maudit « les méfaits de la colonisation française et les crimes de la France en Afrique». Le Cameroun, bien qu’à proprement parler, n’ait jamais été une colonie, fut sans doute le pays qui paya le plus lourd tribut de l’impérialisme français, avec non seulement la décapitation de la crème des principaux leaders nationalistes, mais aussi et surtout, des massacres perpétrés par l’armée française avant et après l’indépendance du Cameroun.

Des médias qui sont davantage des instruments de propagande et d’espionnage au service du gouvernement et des lobbies économiques français que des organes classiques d’information, de véritables cache-sexes au service d’une politique néocolonialiste en vigueur dans les ex-colonies françaises. Conséquence, cinquante ans après une indépendance politique octroyée par l’ancienne métropole à ses colonies d’Afrique, les médias français sont justes après les gouvernants et les milieux d’affaires, le principal instrument d’aliénation et d’assujettissement de l’Afrique. La situation est déplorable, surtout dans le pré-carré, lorsque sous le couvert d’une couverture médiatique ou d’enquête journalistique, et nonobstant l’image du professionnalisme qu’ils laissent transparaitre, les médias français se positionnent davantage comme le porte-parole de leurs dirigeants. Des exemples sont légions : que ce soit en Côte d’Ivoire avec l’éviction du président Laurent Gbagbo au profit d’Alassane Dramane Ouattara en avril dernier, ou encore en Libye, où les pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), avec comme chefs de file la France et les Etats-Unis, ont renversé du pouvoir, puis tué la semaine dernière, le « Guide » de la révolution libyenne Mouammar Kadhafi.

L’art de la manipulation et de la désinformation

S’agissant de l’élection présidentielle du 9 octobre 2011 au Cameroun, la presse française, comme c’est le cas pour tous les pays du pré-carré qui vit cet événement politique majeur, s’est fortement mobilisée pour couvrir cette importante actualité politique. Ce qui est frappant dans les rendus des confrères hexagonaux, c’est parfois la distance entre les suppositions, les supputations, les procès d’intention et la réalité, basée en principe sur les faits.

Du coup, les reportages, commentaires, analyses et chroniques se situent généralement dans le sens du vent, c’est-à-dire, là où se trouvent les intérêts de la France. Sinon, comment comprendre que ce sont ces mêmes médias français, qui, pour peu qu’ils passent à la caisse, disent tout le grand bien du Cameroun et de ses dirigeants. Le président Paul Biya est alors présenté comme un « sphinx », qui a su préserver la paix au Cameroun dans « une Afrique centrale minée par les guerres fratricides et une instabilité institutionnelle chronique». Le Cameroun est alors présenté comme un pays où « la presse est libre plus qu’en France », un pays où « on n’est pas inquiété pour ses opinions politiques », Paul Biya étant présenté comme un « sage Africain »…

Comme on peut le constater, cette peinture blanche des gouvernants est généralement assujettie à la mobilisation de fortes sommes d’argent, la plupart de ces publi-informations étant prises en charge par le contribuable camerounais, sauf dans le cas du marché des dupes, où des magnats de l’économie française acceptent de payer la note. L’un des exemples en date remonte à juillet 2009 lors de la toute première visite officielle de Paul Biya en France sous la présidence de Nicolas Sarkozy, où Vincent Bolloré dont l’étendue de l’empire au Cameroun se passe de tout commentaire, avait pris en charge, la « promotion de l’image de marque du Cameroun et de son président dans les médias français », d’où de « bons articles » sur le pays de Paul Biya, aussi bien dans la presse audiovisuelle, écrite que cybernétique.

A contrario, quand cette presse française ne passe pas à la caisse, ce sont des articles au vitriol qu’on lit sur le Cameroun. Aussi, Paul Biya est présenté comme un « sanguinaire », un « tyran », un « roi fainéant », un « absentéiste notoire qui gouverne par procuration », et son régime présenté comme très corrompu, sinon le plus corrompu au monde, un pays où le chômage est endémique, où les gens meurent de famine, où la justice n’existe pas, où la démocratie va plutôt à reculons, où la presse est bâillonnée. Dans leur volonté de tout noircir, des médias français ne manquent pas de tenter d’opposer les Camerounais entre eux, dénigrent la campagne d’assainissement des mœurs dans la haute administration connue sous le vocable de « l’opération Epervier », décrivent une économie exsangue malgré d’incommensurables potentialités, avant de conclure sur un pays dans l’impasse. En début de ce mois d’octobre, alors que le pays était en plaine campagne électorale, le célèbre journal Le Monde dont les lecteurs n’ignorent pas les gros plans sur le Cameroun, « un pays dans la voie de l’émergence » quand cela participe à renflouer les caisses de la boite, ont découvert « un reportage » d’un autre style, où tout ou presque, est peint en noir.

Le Cameroun n’est ni un paradis, ni un enfer

Dans sa volonté d’en découdre avec le régime en place, le journal ne manqua pas d’écrire noir sur blanc que depuis vingt ans, Paul Biya n’avait plus mis les pieds à Douala. Mensonge. Certes, si on ne connaît pas particulièrement au locataire d’Etoudi des qualités de grand voyageur dans son pays, même ses pourfendeurs les plus acerbes qui connaissent les réalités du pays ne pourraient être d’accord avec ce mensonge du journal Le Monde. Oui chers confrères de la presse française, sans être un paradis, le Cameroun n’est pas non plus un enfer. C’est un pays qui a ses tares : corruption, clanisme, sectarisme, favoritisme, inertie, détournements de deniers publics, roublardise des dirigeants, laxisme de l’administration, mauvaise répartition du patrimoine national, insuffisance des écoles et des hôpitaux, adduction d’eau et électrification insuffisantes, mauvais réseau routier, chômage…, mais c’est un pays qui bouge, et poursuit sa voie vers le développement et ses millions de citoyens croient en son avenir, et mettent toutes leurs forces, toutes leurs énergies et tout leur savoir-faire pour son essor et pour le bien-être de ses populations.

Malheureusement, cette presse française, à la fois versatile, manipulatrice, manichéenne, mieux, en mission commandée, est reconnue pour son inclination à donner les leçons de déontologie et de professionnalisme aux autres. Cette catégorie de la presse française, où tout « bon article de presse » se joue par l’épaisseur du chèque ou du virement, est encore la première, sous une forme déformée, à s’ériger en modèle lorsqu’il faut perpétuer la Françafrique. Dommage que les dirigeants africains en général et ceux de l’espace francophone en particulier, par complexe du Blanc ou par souci d’obtenir l’adoubement de Paris, essaient toujours de faire des médias français, leur principal vecteur de communication. Est-ce parce qu’ils sont mal élus ? En tout état de cause, il y a lieu d’espérer pour un affranchissement dans les prochaines années. Les pays comme le Rwanda avec le président Paul Kagamé essaient de montrer la voie, convaincus que « la liberté ne se donne pas, elle s’arrache ». Aux autres de piger la leçon.

Une chronique de A. Mbog Pibasso

RDC: Quand la guerre devient nomade

Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est enlisée dans une spirale de violence.

A l’heure où les manifestations du parti d’Etienne Tshisekedi sont réprimées à Kinshasa et que Jean-Pierre Bemba est empêché de se présenter aux élections par son inculpation à La Haye, il est bien temps de réfléchir aux causes et aux mécanismes de la violence guerrière qui a ensanglanté pendant trop longtemps les Grands Lacs, région d’Afrique de l’Est.

En réfléchissant autour d’un modèle conflictuel développé à l’origine en Afrique de l’Ouest, on pourra voir qu’il n y a pas que la violence de l’autocratie nationale ou la répression symbolique du système de pouvoirs occidentaux: la «guerre nomade» a bien une certaine autonomie et les mêmes causes peuvent reproduire les mêmes effets —justement parce le système électif, perverti, et la politique internationale, plus soumise à la force qu’au droit, ne permettent pas d’autre exutoire.

L’échec de l’État?

Contrairement aux idées reçues, la politologie est unanime à constater non pas un «échec africain de l’État» (si ce n’est dans la duplication d’un modèle occidental idéalisé), mais une réinterprétation permanente de ses structures. Il n’en demeure pas moins que les relations entre les dirigeants et les peuples, la géopolitique interne, les frontières, les relations entre capitale et périphéries sont souvent problématiques et sources de tensions récurrentes, si ce n’est de violences, et bien plus —belligènes, fauteuses de guerre.

Dans un immense pays comme la République démocratique du Congo (RDC), ce n’est pas la porosité des frontières, leur éloignement de Kinshasa, le manque d’infrastructures qui peuvent étonner l’observateur, mais au contraire la persistance d’un nationalisme obstiné, quels que soient les régimes successifs.

Pour autant, cette fameuse question des frontières, si rebattue (la conférence de Berlin et au-delà toute la rationalité étatique tranchant, géométriquement, dans le vif des peuples) est bien instrumentalisée tour à tour par des peuples, des factions, des guérillas, mais aussi par des États antagonistes et par de lointains parrains occidentaux menant une politique de puissance et d’accaparement des ressources naturelles.

Nexus, foco, extension nomade

On pourrait proposer une approche sommaire de l’espace africain, où se dessineraient des «aires conflictuelles», des zones où, dans le temps et l’espace, les conflits semblent se former autour d’un centre, un nœud de violences continues. C’est le cas de l’Afrique de l’Ouest, des Grands Lacs, de la Corne de l’Afrique, et plus récemment du binôme Tchad/Soudan. Mais par quels mécanismes ces conflits s’étendent-ils aussi rapidement?

Même si elle recouvre une réalité spatiale, l’expression «régionalisation de la guerre» semble insuffisante: il y manque dynamique et mécanismes guerriers. Qu’y a-t-il donc de commun avec, par exemple, le «système de conflit» ouest-africain et la zone des Grands Lacs? Sans doute son accélération entropique, d’un chaos au début localisé à une extension étonnante: plus de 17 pays en conflit en Afrique centrale; première «guerre africaine», qui autrefois (avant la chute du mur de Berlin) aurait été limitée par des interventions occidentales et des incursions soviétiques. Ce qui, au-delà de la violence spontanée, aurait limité l’extension de la guerre.

Mais l’originalité première est justement ce qu’il se passe durant la transformation d’un «nexus» de violence autochtone en foyer de guerre transfrontalière, qui réinterprète spontanément les théories de la guérilla sud-américaine.

Le terme de «foco», que l’écrivain Régis Debray a conceptualisé dans les années 60 pour qualifier les foyers de guérillas latino-américains, pourrait s’appliquer en RDC dans ses deux caractéristiques fondamentales: des frontières poreuses et perméables, ainsi que la proximité d’un pays ami, capable d’accueillir et soutenir, voire renforcer le mouvement guerrier qui se lève; d’un coté de la frontière une «base arrière» de repli, de l’autre un foyer insurrectionnel. Du nexus au foco, la dynamique se joue bien autour de cette ligne imaginaire, présente/absente, invisible et porteuse d’effet: la frontière étatique; inexistante pour les peuples, et pourtant subvertie par les guérillas.

Bien entendu, le Kivu est pour cette zone, l’archétype d’un de ces nœuds conflictuels, entre problèmes fonciers, enjeux miniers, affrontement interethniques et rivalité entre les deux pays limitrophes- RDC/Rwanda, mais il est bien d’autres foyers, d’autres enjeux, d’autres peuples migrants et transfrontaliers que les Banyamulenge du Kivu- ce qui à l’échelle de ce «pays continent» et de l’Afrique centrale créée un extraordinaire imbroglio conflictuel.

Nulle logique politique- au sens d’idéologies constituées, dans la prolifération des factions et des jeux d’alliance: c’est bien du coté de la segmentarité sociale, qui oppose à des niveaux différents des groupes antagonistes: clans contre clans , villages contre villages, peuples contre peuples…ou en termes plus contemporains factions contre factions , guérillas contre guérillas…- sous l’influence de parrains régionaux ou plus lointains, en luttes constantes dont les ressources ne sont pas des fins mais des moyens, sans cesse instrumentalisés par des maîtres de guerres ou des entrepreneurs de la violence.

Ces guerres segmentaires seraient donc, pour paraphraser Clausewitz «la continuation des sociétés par d’autres moyens»– les formes de la violence correspondant à la structure segmentaire des organisations autochtones.

Par quels mécanismes passe t-on par la suite à un embrasement généralisé? L’entropie guerrière atteint le niveau des Etats, qui ont les moyens de faire jouer à leur profit le «différentiel des frontières» – et les niveaux locaux, nationaux et internationaux s’imbriquent inextricablement: les ethnies transfrontalières en sont le vecteur privilégié, tandis qu’en mosaïque, et dans une ethnicité en recomposition permanente, alliés et antagonistes s’opposent pour le contrôle des richesses et de hommes. Le stade ultime, à l’opposé, est celui d’une déterritorialisation totale, et d’une inversion des valeurs et des structures sociétales: enfants et femmes soldats, technicals et carnaval sadique en sont les extrêmes dont le jeune anti- héros d’Ahmadou Kourouma (Allah n’est pas obligé) en est le triste emblème.

Penser la guerre: Les chances d’un constructivisme à l’Africaine

Il faut bien sûr arrêter de représenter l’Afrique en termes «réalistes», c’est-à-dire comme agrégat d’Etats, mais bien plutôt penser et observer l’Afrique et ses conflits d’abord en terme de sociétés pour, enfin, pouvoir y déceler les dynamiques autochtones et tenter de les décoder. Ce qui fait l’ordinaire des anthropologues n’est évidemment pas exclusif d’une analyse «par le Haut» et surtout d’une prise en compte des jeux étatiques régionaux – ou occidentaux. Et cette interprétation, elle aussi, peut-elle muter aussi vite que le font la violence et la guerre?

Cinquante ans après les Indépendances, l’exemple de la Côte d’Ivoire montre bien qu’il n’y a pas d’Indépendance réelle et que les décideurs coloniaux sont toujours actifs. La RDC, entre élections truquées et guerre latente aux frontières, rompra t-elle avec sa propre histoire et la domination renouvelée de l’Occident sur le reste de l’Afrique subsaharienne? On peut en douter, surtout si les analystes politiques locaux ou extérieurs ne changent pas de paradigme d’analyse…

Africanistes et polémologues, journalistes et militaires, encore un effort pour devenir constructivistes: toutes les sociétés africaines y invitent!

Michel Galy et Sarah Heitz

Les BRICS se défilent pour aider l’Europe

La Russie est prête à donner à l’Europe jusqu’à 10 milliards de dollars pour la lutte contre la crise de la dette, a déclaré Arkady Dvorkovitch en prévision du sommet du G20 à Cannes. L’aide pourra être adressée non seulement par le biais des mécanismes du FMI, mais aussi de manière plus directe. Les partenaires de la Russie au sein du BRICS ont, plus tôt, soit refusé d’aider la zone euro, soit ne se sont pas prononcés. La taille de l’apport russe, cependant, est moindre : il s’agit d’une réponse au soutien de l’UE pour l’entrée de la Russie à l’OMC.

La Russie est prête à aider l’Union européenne dans la lutte contre la crise de la dette et à offrir jusqu’à 10 milliards de dollars, a déclaré l’assistant du président russe Arkady Dvorkovitch. « L’annonce de chiffres est préliminaire : nous prévoyons pour l’instant d’injecter notre argent par le biais des mécanismes du Fonds monétaire international », a précisé l’assistant du président. Le Fonds concourt au soutien à la Grèce (à hauteur de 30 milliards d’euros), à l’Irlande (22,5 milliards d’euros) et au Portugal (à hauteur de 26 milliards d’euros).

Une aide complémentaire directe à l’Union européenne est également envisageable, a noté Dvorkovitch.

« Formellement, il n’y a eu aucune demande de l’UE. S’ils adressent une telle demande, alors les organismes compétents -le ministère des finances, la Banque centrale et le gouvernement, l’approbation du président étant également nécessaire- étudieront sérieusement la possibilité d’accorder un soutien », a précisé l’assistant du président.

Avec cette proposition, la Russie s’apprête à siéger au sommet des « 20 », qui se tiendra à Cannes les 3 et 4 novembre. Le thème principal en sera la crise de la dette européenne, dont l’aggravation implique une menace de récession mondiale.

La Russie est la première des économies en voie de développement, faisant partie du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), à avoir proposé son aide hors des cadres du FMI. Le Brésil a déjà opposé un refus à la proposition des leaders européens d’acquérir des obligations européennes, autant du côté des pays problématiques que du Fonds européen de stabilité financière (EFSF).

« Je pense que les pays européens n’ont pas besoin des ressources du Brésil. Le Brésil ne soutient pas  cette idée », a déclaré le ministre des finances du pays Guido Mantega, ajoutant que la solution aux problèmes européens devait être trouvée à l’intérieur même de l’Europe. Début octobre, Dvorkovitch annonçait que la Russie débattait de la question de l’achat d’obligations de la dette espagnole.

L’Inde, comme le Brésil, a refusé d’acheter des obligations de l’EFSF. Mais c’est à la Chine que L’Europe relie ses principaux espoirs de comblement du Fonds.

Le président du Fonds, Klaus Regling, se trouve actuellement à Pékin, où il tente de persuader les autorités chinoises d’investir dans l’EFSF. Il a même promis que les obligations pourraient être émises en yuans. Mais la Chine ne s’empresse pas de répondre. On considère, en Chine, que l’Union européenne est capable d’assurer elle-même son propre sauvetage : « La question du sauvetage de l’Europe par la Chine est infondée », a déclaré le ministre chinois des affaires étrangères Yang Jiechi, cité par l’agence Xinhua. « L’Europe est la première économie du monde, son potentiel est grand », a-t-il précisé.

Même certains des pays développés ont refusé leur soutien à l’Europe. La Grande-Bretagne ne fournira pas ses ressources propres, même par le biais du FMI.

« Je dis « non » à une nouvelle aide financière à la zone euro de la part de la Grande-Bretagne, et je dis « non » à une aide analogue à la zone euro de la part du FMI », soulignait en fin de semaine dernière le ministre britannique des finances George Osborne, ajoutant que « tout ce que peut faire le FMI, c’est proposer son assistance par la voie de la consultation. »

La Russie reconnaît également les difficultés que soulèvent de tels investissements. Si l’aide ne passe pas par le FMI, il faudra créer un nouveau mécanisme de monitoring de l’attribution des fonds.

D’autre part, ce fonds devra dans un premier temps être mis en place sur le compte des ressources des Européens eux-mêmes, considère-t-on au ministère russe des finances. « Il faudra qu’il se tienne debout, qu’il se transforme en une sorte d’institution : ce n’est pas une simple tirelire – c’est une institution sérieuse, un emprunteur à part entière, dont la documentation doit être au niveau « triple A » », déclarait plus tôt le vice-ministre des finances Sergueï Stortchak.

Mais à la fin de la semaine dernière, la troïka des agences internationales de classement -Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch – ont confirmé le classement élevé de l’EFSF. Les communiqués des agences soulignent que cette décision est basée sur l’entrée en vigueur, le 18 octobre, d’un Accord sur l’élargissement de la capacité du Fonds jusqu’à 440 milliards d’euros, sous garantie à hauteur de 780 milliards d’euros. Dès la semaine dernière, en sommet d’urgence de l’Union européenne, les pays de la zone euro se sont accordés pour porter la capacité du Fonds à 1 trillion d’euros.

Une aide de 10 milliards de dollars est insignifiante pour l’Europe, au vu de ses difficultés, déclarent les experts. « C’est précisément pour cette raison que le président de l’EFSF est allé demander de l’argent en Chine et non en Russie. Ces 10 milliards de dollars font plutôt figure de soutien moral en réponse à la loyauté dont a fait preuve l’Union européenne sur la question de l’OMC », explique le directeur du département d’analyse de la société Alpari, Egor Soussine.

La semaine dernière, en grande partie sous la pression de l‘Union européenne, le dernier obstacle qui s’opposait à l’entrée de la Russie dans l’OMC -la résistance de la Géorgie- a été franchi. L’Europe a fait savoir que, si l’on n’obtenait pas l’accord de Tbilissi, la Russie pourrait être acceptée au sein de l’OMC même malgré cette opposition. Le jour suivant, la Géorgie acceptait la proposition des médiateurs suisses sur une documentation et un monitoring commercial électroniques entre les deux États sur les territoires frontaliers abkhazes et sud-ossètes, alors qu’elle exigeait auparavant la présence d’observateurs.

Pour citer Dvorkovitch, la Russie compte recevoir très prochainement des nouvelles de Tbilissi, où se déroulent les consultations finales sur les questions contestées de l’entrée de la Russie dans l’OMC. « Nous espérons obtenir les résultats de ces consultations dans les délais les plus brefs, a souligné Dvorkovitch. Si aucun changement sérieux ne survient dans ces positions, je pense qu’il y a de sérieuses chances de parvenir à la fin de ce processus très rapidement. » L’assistant du président indique que le processus d’intégration de la Russie à l’OMC pourrait s’achever dès la rencontre interministérielle du 15 décembre prochain.

http://www.gazeta.ru/financial/2011/10/31/3817822.shtml

Traduit par : Julia BREEN