Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: novembre 8, 2011

Socialistes Français : Le bonheur est toujours dans le Pré…carré (africain)

Pour comprendre la politique du Parti socialiste français vis-àvis des anciennes colonies, il faut remonter loin dans le temps, au début du XXè siècle, précisément en Août 1914. A cette époque la concurrence inter-impérialiste ne cesse de s’accroître allant jusqu’à des conflits armés en Afrique. La puissance industrielle de l’Allemagne exige un contrôle des matières premières et des débouchés.

Cette tension entre les possédants des pays capitalistes s’exacerbe au point que la guerre éclate. Jaurès qui déclarait que : « Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage » est assassiné. Ce qui paraissait improbable, quelques jours auparavant, se réalise : les partis socialistes des pays impliqués se rangent, chacun, derrière leur bourgeoisie et votent les crédits de guerre. La ligne de partage de classe est abandonnée au profit d’une ligne d’union nationale. Par ce vote les partis socialistes vont envoyer les travailleurs et leurs adhérents tirer sur d’autres travailleurs, d’autres socialistes ! Ce carnage, de neuf millions de morts et vingt millions de blessés, se fit au nom de la Patrie. Comme disait Anatole France : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels ». Le PS abandonne l’internationalisme au profit d’un nationalisme qui milite pour la puissance de la France. A l’époque de l’impérialisme cela équivaudra à défendre une politique colonialiste.

Mitterrand précurseur de la Françafrique

C’est ainsi qu’on vit les débuts politiques d’un certain François Mitterrand manifester en janvier 1936, contre Gaston Jèze, défenseur de la cause Ethiopienne, qui acceptait d’être au côté du Négus face à l’agression de Mussolini contre ce pays. Il sera surtout une pièce maîtresse dans la politique colonialiste de la France lors de son passage au Ministère de l’Outre-Mer en 1950, en manoeuvrant afin que le Rassemblement Démocratique Africain (RDA) accepte le projet néocolonial de la France. En ce sens Mitterrand a posé la première pierre de la Françafrique. Plus récemment l’espoir d’un changement politique vis-à-vis de l’Afrique, lors de l’arrivée au pouvoir du PS et du PCF en 1981, s’envolera aussi brutalement que la démission de JP Cot, Ministre de la Coopération, qui avait eu la naïveté de croire à de nouvelles relations entre la France et l’Afrique.

Restant fidèle à la logique de la 5e République, Mitterrand gardera la mainmise sur les affaires africaines. Il ne détruira pas les réseaux Françafricains de la droite, mais se contentera d’y ajouter le sien. De ce point de vue le témoignage de Loïk Le Floch-Prigent est éclairant quand il rapporte la demande de Mitterrand pour un financement des socialistes sans pour autant arrêter celui de la droite [1]. C’est ensuite une longue descente aux enfers du PS entre le détournement d’argent, dans l’affaire du Carrefour du Développement à l’Angolagate, où Jean Christophe Mitterrand, ancien Monsieur Afrique de son père, sera impliqué dans le trafic d’armes avec les réseaux de Pasqua.

PS et l’Afrique : parole…parole…toujours des paroles [2]

De forts soupçons continuent de peser sur le financement du PS par la filière africaine. Aziz Miled, ancien Ministre de Ben Ali (bien connu pour avoir prêté son avion personnel à Mme Alliot Marie) a financé un Think Tank : l’IPEM, fondé par Mme Guigou et son mari.[3] Fabius quant à lui, a bénéficié pour sa tournée africaine des services d’un biznessman béninois, fondateur d’un Think tank aux orientations très libérales. Wikileaks a révélé qu’Omar Bongo avait financé la campagne de l’UMP et celle du PS par le biais de détournements de fonds de la BEAC (Banque des Etats d’Afrique centrale). Si le PS, comme l’UMP, ont nié, certains comme le député André Vallini ont été plus prudent : « Nous savons tous précisément qu’Omar Bongo a financé de nombreuses campagnes électorales à droite, mais aussi à gauche parfois, peut-être ». On l’a entendu dire. « Je crains hélas que cela soit un peu vrai, y compris concernant la gauche »[4] »

Pour se justifier, les dirigeants socialistes brandissent le discours de la Baule, comme les sarkosystes brandissent celui de Cotonou où il était question de rupture avec la Françafrique. Le responsable Afrique du PS n’hésite pas à écrire : « Le discours de la Baule, quoique tardif, fut donc néanmoins symbolique d’un basculement théorique, l’autocratie étant clairement rejetée et l’ouverture politique saluée avec la promesse d’une aide « tiède » pour les pays adeptes de la première et d’une coopération plus «  enthousiaste » avec ceux mettant en œuvre la seconde. »[5] On cherche encore le « basculement théorique » dans le soutien de Mitterrand aux pires extrémistes Hutu du Rwanda qui conduira la France à être complice du dernier génocide du 20è siècle. Le discours de la Baule était, avant tout, une réponse aux luttes pour les libertés démocratiques qui se déroulaient sur le continent Africain et qui faisaient écho à la chute du mur de Berlin, comme au Gabon, en Côte d’Ivoire, à Madagascar ou en Afrique australe où l’apartheid vacillait après la chute du mur de Berlin.

Les propositions du PS sont bien loin de répondre aux attentes des peuples africains. Le PS parle bien de fermer les bases de l’armée française en Afrique…tout en maintenant les dispositifs pour sauver les ressortissants français, mais surtout, il est loin de condamner les interventions militaires, notamment en Côte d’ivoire ou en Libye. L’idée porte plus sur le remplacement des interventions de la France par celles de l’Union Européenne. L’impérialisme ne serait plus tricolore, mais étoilé ; voilà un progrès tout à fait remarquable !

De son côté, François Hollande déclarait, dans une interview à Jeune Afrique[6] : « que les dirigeants n’ont rien à craindre de lui » « Nous ne cherchons pas à déstabiliser des pays africains et leurs dirigeants », ajoutant qu’il serait vigilant concernant le respect de la démocratie ; dans ce cadre, ce que propose le PS est tout simplement que l’UE aide aux processus électoraux des pays africains. On a vu avec quels résultats au Togo où l’UE a avalisé les fraudes électorales sous l’injonction du grand démocrate européen, Louis Michel.

Au sujet de la domination économique de la France vis-à-vis des pays africains, même la position de Montebourg, pourtant la plus à gauche sur l’échiquier des primaires du PS, se refuse à rompre avec la logique de la division internationale du travail : « Je suis favorable à ce que, dans une nouvelle approche des relations Europe-Afrique, on retrouve l’esprit des accords de Lomé dans lesquels, au nom du développement et de la coopération, la production des pays africains bénéficiait d’accords préférentiels [7] ». Certes les accords de Lomé sont mieux que les Accords de Partenariat Economique mis en place par l’OMC (dirigé par le socialiste Lamy) qui étouffe l’activité économique des pays Africain. Cependant ces accords de Lomé ne font que renforcer la dépendance des pays africains aux pays riches en les confinant dans leur rôle d’exportateur de matières premières, même si ces dernières peuvent être payées un peu plus chères que sur le marché mondial. C’est ce système qu’il faut briser. Pour cela le courage politique, contre les diktats des industriels et des financiers, est indispensable et c’est précisément ce qui manque dans la politique intérieure, ou extérieure, du PS.

Paul Martial

[1] Documentaire Françafrique, 50 années sous le sceau du secret. Produit par la compagnie des phares et balises

[2] Un beau résumé d’une supportrice socialiste … Dalida !

[3] Voir le canard Enchainé du 16 février 2011

[4] http://www.lemonde.fr/afrique/artic…

[5] Quelle politique africaine pour la France en 2012 ? de Thomas Mélonio édition Jean Jaurès Fondation

[6] Jeune Afrique n° 2639 du 7 au 13 août

[7] http://www.arnaudmontebourg.fr/la-f…

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La CIA vous espionne sur Facebook et Twitter

Les services de renseignement s’intéressent aussi aux réseaux sociaux, mais pas pour y retrouver des amis. La CIA s’en sert pour suivre les tendances mondiales et prendre le pouls de l’opinion publique. Elle observe ainsi en particulier à Facebook et Twitter, deux plates-formes très fréquentées par les internautes.

Premier réseau social au monde avec plus de 800 millions de membres revendiqués, Facebook est incontestablement l’un des sites web les plus fréquentés et les plus populaires sur Internet. Le site communautaire, né aux États-Unis, n’est pas uniquement apprécié par les compatriotes de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. Il rencontre également un succès important à l’étranger. 75 % des utilisateurs vivent d’ailleurs en dehors des États-Unis.

L’importance qu’a pris Facebook au cours de ces sept dernières années n’a bien évidemment pas attiré uniquement l’attention des internautes désireux de retrouver leurs amis. Elle a également poussé les services de renseignement de nombreux pays à s’interroger sur l’exploitation potentielle des données qui y transitent. C’est notamment le cas de la CIA, en témoigne un reportage effectué par l’Associated Press.

Prendre le pouls de l’opinion mondiale

Nous y apprenons que la plus célèbre des agences de renseignement des États-Unis a ouvert un centre en Virginie afin de suivre l’activité globale sur les réseaux sociaux, les sites communautaires, les forums de discussion et les salons de messagerie instantanée. Tout ce qui est libre d’accès. D’où son nom. Baptisé Open Source Center, le service doit en quelque sorte prendre le pouls de l’opinion mondiale sur le web.

Les moyens engagés pour effectuer ce suivi ne sont pas détaillés, mais l’Associated Press indique que la CIA est capable de suivre pas moins de 5 millions de messages sur Twitter par jour. À ce chiffre s’ajoute la surveillance des réseaux sociaux – en premier lieu Facebook – mais aussi de façon plus générale la presse écrite, les médias télévisés ou encore les stations de radio.

Une veille en ligne en réponse au 11 septembre

La création de l’Open Source Center vise à corriger l’aveuglement des agences de renseignement américaines, très critiquées pour ne pas avoir pu anticiper les attentats du 11 septembre 2001. La création de ce centre était d’ailleurs une recommandation de la commission sur le 11 septembre. Celle-ci voulait améliorer la lutte anti-terroriste en développant des stratégies de contre-information.

Depuis l’élection présidentielle en Iran, qui a eu lieu en 2009, la CIA a mis l’accent sur les contenus en ligne. En effet, des accusations de fraude ont conduit de nombreux Iraniens à protester très vivement contre le régime du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide suprême Ali Khamenei. Nombre de manifestants ont ainsi utilisé Twitter pour se coordonner et accentuer la pression sur le pouvoir en place.

Le printemps arabe anticipé par l’Open Source Center

Plusieurs centaines d’analystes, capables de parler dans différentes langues, participent à ce travail quotidien. Les pulsations en provenance de nombreuses régions du monde sont ainsi analysées. Cela va du printemps arabe, qui a permis à la Tunisie, à l’Égypte et à la Libye d’éjecter des despotes, à l’assaut des SEAL contre la planque d’Oussama Ben Laden au Pakistan. Des synthèses sont ensuite communiquées pratiquement chaque jour au président américain Barack Obama.

Selon les responsables de l’Open Source Center, le travail effectué par les nombreux analystes a permis de prédire les changements politiques en Égypte. La seule chose qu’ils n’ont pas pu mesurer avec précision était la date où la révolution allait conduire ce pays à un nouveau départ. Mais ils ont pu affirmer que le rôle des médias et des réseaux sociaux allait être essentiel pour alimenter le printemps arabe.

Les réseaux sociaux, un enjeu pour les États-Unis

Les réseaux sociaux sont devenus avec le temps un enjeu de pouvoir pour les États-Unis. Hormis la veille constante de la CIA sur ces espaces, plusieurs autres projets ont été rapportés par la presse. Ainsi, l’armée américaine est suspectée de plancher sur un système permettant de générer et contrôler des faux profils sur Internet pour influencer l’opinion d’une population donnée.

La réforme du Homeland Security Advisory System, l’équivalent américain du Plan Vigipirate, prévoit pour sa part la participation occasionnelle de Facebook et Twitter dans la chaîne d’alerte en cas d’attaque terroriste signalée par le gouvernement américain. Les réseaux sociaux étant massivement utilisés outre-Atlantique, une alerte diffusée via ces canaux toucherait très rapidement un maximum de personnes.

En somme, les informations de l’Associated Press ne sont pas véritablement surprenantes. Le contraire aurait été en revanche très surprenant. Croire que les services de renseignement ne s’intéressent pas de près aux réseaux sociaux est très naïf. Toute la question est de savoir jusqu’à quel niveau ils s’y intéressent.

Par Julien L sur Numérama

Côte d’Ivoire : des pneus de bicyclette pour porter un grumier !

Quand on est désespéré, c’est qu’on est désespéré. C’est que l’espoir a foutu le camp. Et qu’on a perdu la raison d’être raisonnable. Alors depuis quelques jours, des montages les plus exotiques pour porter à bout de bras une imposture agonisante se mettent en spectacle. 20 pneumatiques de bicyclette pour porter le grumier de l’imposture, 20 candidatures soi-disant CNRD pour légaliser un putsch qui a viré au chaos, quelle déraison honteuse !

Mais quand vont-ils se rendre compte que leur aventure a déjà atteint sa fin inéluctable ? Je ne savais pas que l’ivresse du pouvoir associée à la rage d’avoir échoué pouvaient autant rendre des gens déraisonnable ! Franchement.

Mais la Côte d’Ivoire du temps de l’imposture, c’est beaucoup plus un grand cirque comique, qu’un Etat. Donc nous allons nous contenter de regarder le spectacle en rigolant. Et par ces temps d’amertume, toute raison de rigoler un peu, ne peut que nous faire du bien.

Malgré la gratuité du spectacle, il est bon de signaler aux personnages de ce cirque grotesque, qu’ils sont les acteurs d’une tragédie comique en situation réelle. Alors vendre leurs âmes pour retrouver les avantages perdus momentanément, obtenir le dégèle de leurs avoirs ou se soustraire de la chasse à l’homme, ne leur apportera qu’une fin terrifiante, un destin partagé avec la cabale des imposteurs. Car qui s’assemblent se ressemblent.Nous avons pris du temps pour attirer l’attention de tous les Ivoiriens sur le sens de l’honneur, sur la nécessité d’avoir le sens de la Justice et de la Vérité comme gage d’une paix réelle et durable.

Mais certains cadres, parfois jeunes, ayant encore le temps de se bâtir une carrière sans aucune compromission, se sont invités à la foire de la sorcellerie. Et sans ouvrir les yeux, ils troquent tout pour retrouver ou conserver les avantages que Laurent GBAGBO leur avait offerts en bon père de famille.

Du coup, chacun d’eux crée son parti, rame à contre-courant du combat révolutionnaire, se fait passer pour un leader politique croyant que la trahison de la Nation, la trahison de Laurent GBAGBO et des camarades de lutte avec qui ils riaient et mangeaient dans les mêmes assiettes hier, est devenue l’opportunité de leur vie.

Du coup, sans aucun poids politique, conscient que l’imposteur en phase de noyade est prêt, contre forte récompense, à s’accrocher même à un verre de terre ou à une plume mouillée comme une bouée de sauvetage, ils font la queue pour se jeter à l’eau.

Mais le grumier de l’imposture a déraillé depuis longtemps. Si les pneus de grumier n’ont pas pu lui éviter l’embourbement sans issue dans lequel il se trouve en Côte d’Ivoire, ce ne sont pas des pneus de bicyclette ou de jouet d’enfant qui vont le sauver.
Espérons alors qu’ils vont entendre la voix de la raison et qu’ils vont se ressaisir. Mais on me signale qu’il est déjà trop tard. Quel gâchis !

A Très bientôt.

Hassane Magued