Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: novembre 15, 2011

Libye : cas d’école de la lutte idéologique

Libye : cas d’école de la lutte idéologique par, Omar Mazri sur libération-opprimés

Dans « Libye : cas d’école de la lutte idéologique » nous avons vu quelques aspects de la lutte idéologique : guerre psychologique,  guerre médiatique, instrumentalisation des appareils bureaucratiques onusiens, faux témoignages des droits de l’homme et caution des rentiers de l’Islam qui tous ont donné la caution idéologique, politique, morale et religieuse à l’agression d’un pays souverain par la coalition néo colonialiste et islamophobe. Lutte idéologique ou les idées de la Jamahiriya libyenne ont été matraquées au profit d’une lecture ethnocentriste de la démocratie et des droits de l’homme contre la démocratie directe, décentralisée et participative, au profit d’un mode de vie occidental au détriment du progrès social atteint par les Libyens, au profit d’une illusion de Charia islamique par des cœurs qui ne connaissent ni la miséricorde ni la loyauté ni la vision géostratégique au profit d’une caricature épouvantail de l’Islam qui sert les intérêts des néo Croisades et dessert les intérêts des Musulmans.

La lutte idéologique vise à imposer les idées de l’Occident colonisateur et à faire taire toute voix et toute idée qui lui sont hostiles, différentes ou indépendantes. La lutte idéologique fait taire par différents moyens : diaboliser et criminaliser le porteur de l’idée sinon l’éliminer physiquement, faire porter ses idées par ceux qui ont la vocation de les falsifier ou mal les représenter, donner la parole à ses détracteurs et isoler le porteur de l’idée, pousser ses auditeurs (peuple, lecteurs, partisans) à douter de lui ou à s’occuper d’autre choses grâce au mensonge, à la diversion, au sensationnel, à la manipulation.

Nous avons vu que cette lutte une fois qu’elle a atteint son objectif, assassiner Mouammar Kadhafi elle s’est appuyé ensuite à faire de la diversion en faisant circuler l’idée que Seif-al- Islam allait se rendre à la cour pénale internationale. La lutte idéologique visait trois objectifs : Accréditer l’idée que Kadhafi aurait des révélations et que sa mort est un soulagement pour tout le monde et que Seif-al-Islam en se livrant allait faire la lumière sur ses révélations et rendre justice à son père. La lutte idéologique consiste à nous faire croire que la CPI est un tribunal de justice et non un instrument juridico politique de la lutte idéologique. En accréditant cette thèse par la force de persuasion nous faisons oublier l’essentiel : l’agression de la Libye par l’OTAN et son soutien par des savants religieux musulmans est une agression pure et simple, une transgression flagrante du droit international et une transgression de la Charia islamique dont les savants musulmans et les prédicateurs inféodés n’ont jusqu’à présent fournis aucunes justifications religieuses et ne pourront jamais donner au monde musulman une explication pouvant répondre à la question si tuer un prétendu tyran doit passer par la destruction d’un pays, la mort de milliers d’innocents et sa mise sur la voie d’une guerre civile de 100 ans allumée par une forteresse militaire et pétrolière américano sioniste.

Mettre la lumière sur Seif-Al-Islam est un objectif de la lutte idéologique pour faire de la Libye non plus une affaire du peuple libyen mais une affaire de famille dont il faut éradiquer tous les membres pour faire diversion le temps de mettre les tribus libyennes dans une guerre de mille ans et le temps de voir comment le FMI, la Banque mondiale et l’armée Égyptienne allaient mettre au pas cadencé la révolution égyptienne. Si en Tunisie les vainqueurs islamistes ou laïcs sont prêts à composer avec l’armée tunisienne, le département d’état américain et prendre pour modèle la Turquie hybride et pragmatique d’Erdogan les choses ne se dessinent pas nettement en Égypte avec ses 80 millions d’habitants, l’éclatement des frères Musulmans en cinq parties ingérables, les Nassériens, le mouvement Kifaya, les jeunes révolutionnaires qui continuent de remettre en cause le maréchal et les généraux égyptiens, un rapprochement d’une partie des révolutionnaires avec l’Iran, la frontière avec Israël…

Mettre la lumière sur Seif-al-Islam c’est bien entendu organiser une traque à l’homme comme du temps des cow-boys et des indiens et faire oublier l’assassinat d’un chef d’état dans des conditions justiciables.

C’est aussi faire écran à l’assassinat de l’autre fils de Kadhafi, Mou’tassim billah, qu’on veut montrer comme le fils d’un tyran qui a des privilèges alors qu’il est un général d’armée, issu des écoles militaires et qui a servi son pays en résistant contre l’agression de l’OTAN comme le lui commande son honneur d’officier. Fait prisonnier par l’OTAN il avait droit aux traitements dus à son rangs d’officier de haut rang et à aux respects de la convention de Genève. C’est un crime de guerre que de porter atteinte à la vie, à la dignité et au rang d’un soldat capturé sur le terrain de la bataille. Si l’OTAN peut se permettre de trafiquer les images, les réalités, le Musulman sait qu’il y a le regard d’Allah qui voit et que l’excuse irresponsable des lâches et des inconscients qui nous ont amené à cette nouvelle Nakba «  Il n’a eu que ce qu’il mérite » est la pire transgression envers un prisonnier de guerre de surcroit musulman, fils de musulman, car il s’agit bel et bien d’une guerre où se réjouir et jouir de la défaite même de son ennemi mécréant est tragique. L’Islam est par définition l’Honorificat de l’homme et la Justice. Les Musulmans n’ont pas vocation à humilier les gens ni à se réjouir de leur malheur. La biographie de Mohamed (saws) est là pour témoigner. Salah Eddine libérant Jérusalem est un exemple parmi tant d’autres.

La lutte idéologique continue prenant pour cible Seif-Al-Islam pour en faire l’arbre qui cache la forêt. Le tragico comique est que les « défenseurs de la résistance libyenne » tombent dans le jeu en se faisant les colporteurs des idées nocives et mortifères de la lutte idéologique. Ainsi Seif-Al-Islam est au courant des transactions que Kadhafi faisait pour le transfert de l’uranium dont on a trouvé des futs jetés dans le désert. Bien entendu personne ne viendra nous dire que la Libye « libérée » sera bientôt le plus grand dépotoir de déchets nucléaires et toxiques de l’Occident. Ainsi Seif-Al-Islam est destinataire d’une feuille de route terroriste que Kadhafi lui a léguée pour le venger après sa mort et bien entendu Seif-al-Islam est dépositaire des clés et des codes de la fortune colossale que Kadhafi a détourné à son profit. On continue de salir la mémoire d’un homme assassiné, de se donner bonne conscience en faisant des révélations, de restreindre les libertés individuelles et collectives au nom de Ben Laden ou de Kadhafi qui sont les produits d’un Occident belliqueux et prédateur condamnés à générer sa propre contradiction. Pour son bonheur, face à lui il n’y a ni idéologues ni politiciens, ni intellectuels ni gouvernants qui gèrent ou qui dévoilent ses contradictions structurelles le laissant ainsi lui-même toute la latitude de les gérer, de les maquiller et de nous les revendre à son avantage.

Les Russes experts en pragmatisme capitaliste, en réalisme géopolitique mais aussi en dialectique léniniste nous envoie ce message : « Le fils de Kadhafi Seif-al-Islam qui était jusqu’à présent chef du service spécial « Mukhabarat » (police secrète) jure de venger son père en luttant jusqu’au bout. Donc, le défunt colonel a «bien» légué son plan de «vengeance après l’écroulement du régime». La presse égyptienne, travaillant encore sous ordre des « Mukhabarat », écrit que « l’ex-leader de la Jamahiriya a été l’idéologue et le sponsor du plan secret de «vengeance après la chute du régime». Il a formé un groupe de terroristes internationaux à qui il a légué 28 millions de dollars. Le plan suppose des attentats en Libye, dans les pays arabes et européens. » Les journalistes arabes écrivant en arabe ou langue étrangère ne connaissent pas le conditionnel ou bien continuent d’écrire en lisant les flashes des agences y compris celle du Mossad sans discernement car la culture du bureaucrate et du vassal est enracinée. Il y a eu un début de révolution mais le temps semble s’arrêter entre un passé qui n’est pas révolu et un avenir qui ne veut pas naitre présageant d’une implosion ou d’un avortement de morts nés.

Au-delà du futur hypothétique ou du conditionnel la vérité est tout autre.

Seif-Al-Islam était préparé à jouer un autre destin dans la Libye que celui de venger son père et d’être le chef des terroristes internationaux à la place de Ben Laden. Il semble que la France, sa diplomatie, son armée et son BHL avec leur brutalité traditionnelle ont détruit le plan anglais plein de finesse mais plus nocif, et cela explique sans doute les fuites sur les désaccords entre anglo-saxons et latins avant et après l’assassinat de Kadhafi. Si j’ai écrit près de 300 pages d’analyse sur la Lybie c’est que j’ai probablement lu au moins dix fois plus pour tenter de comprendre et me positionner avec plus de justesse et de justice depuis le début dans une posture d’opposant à Qaradhawi, aux pantins du CNT et aux apprentis révolutionnaires algériens qui font abstraction des processus objectifs socio historiques ou des conditions subjectives psycho spirituelles d’une révolte ou d’une révolution qui ne s’importe pas comme on importe une voiture ou un métro.

La vérité, vraie ou rendue vraisemblable par la lutte idéologique est implacable. Elle est surtout impitoyable quand elle est aux mais des dominants et de leurs vassaux. Seif-al-islam, n’est qu’un simple instrument dans la lutte idéologique qui rappelons-le peut prendre des formes de guerre psychologique, médiatique ou militaire. Si cela convient aux maîtres du jeu, ceux qui nous livrent la lutte idéologique, ils vont le garder vivant, traqué, ou caché oublié sinon ils vont le liquider, le lyncher ou le livrer aux caméras dans un box des accusés ne comprenant toujours pas avec son air naïf ce qui lui arrive car le jeu dépasse sa propre personne et nos propres individualités. Nous sommes face à un empire en perte de puissance et en voie de déclin qui doit montrer sa cruauté et sa capacité de nuisance face à des dominés qui ne voient pas que le dominant est vulnérable malgré son armada sophistiqué. Le plus grand reproche que je fais à Qaradhawi et à ses prédicateurs c’est de ne pas voir la vulnérabilité de l’empire et ses instincts de prédation et de se focaliser sur un homme et sur un pays comme s’ils étaient les maitres du monde ou les maitres du jeu.

Je reprends mot-à-mot l’analyse d’un Algérien censurée car elle pointe dans le mille : « Seif-el- islam a fait ses études en Angleterre, et sur le plan idéologique il a été bien pris en charge par l’empire et la Cité de Londres, la cité du Griffon. Le griffon (la bête qui fait son nid avec des pépites d’or) veille depuis cinq siècles sur les trésors de cette cité. Ce n’était pas dans l’intention de Mouammar el Kadhafi de faire son héritier mais c’était dans celui de la cité de Londres… En 2005 et 2006, leurs relations s’étaient vraiment envenimées. Seif El Islam s’était éloigné de son père et partit pour une tournée occidentale exposée ses peintures. De passage au Canada, à voir la faune qui se précipitait au vernissage de ses peintures, on ne pouvait que rester perplexe pour qui ne connaissait pas les vrais raisons de cet engouement. À sa défense, on pouvait ajouter qu’il était naïf, très naïf, une naïveté qui perçait à travers ses tableaux en hommage à la cause palestinienne. Il faut être naïf pour dénoncer la bête en mettant sa tête dans sa gueule. D’ailleurs en mars 2011, il avait récidivé à Londres. Voici une critique du Gardian sur sa peinture : «Le fils du colonel Kadhafi est sans doute un ambassadeur culturel compétent, mais comme peintre, il n’est même pas un amateur doué : son sentimentalisme n’a d’égal que son incompétence technique.» Cette critique acerbe est faite par une crypto-sioniste Jonathan Jones qui ne voit le beau que dans son minois. ».

En effet l’impérialisme investit ses pépites sur les naïfs ou sur les ambitieux sans scrupules mais jamais sur des hommes avisés, doués et d’un caractère trempé. Cela ne veut pas dire que Seif-al-Islam était un traitre mais qu’il était malléable et qu’il pouvait à son insu être projeté au devant de la scène et mis sous les feux de la rampe comme successeur de Kadhafi. Ils sont sur tous les plans des oppositions de caractère et de vision du monde. Le père est anti occidental, bédouin, africaniste, machiavélique. Le fils est angélique, naïf, occidentalisé, « civilisé ». Là où le père est sous pression internationale, le fils apparait comme l’homme de la situation en faveur de l’ouverture vers l’Occident. L’Occident dans sa lutte idéologique met plusieurs feux et ouvre plusieurs fronts de lutte il a investit sur la ligue des droits de l’homme, sur les représentants à l’ONU, sur la bourgeoisie libyenne, sur les mécontents, sur les opposants. Seif-al-Islam dans l’équilibre tribal et la vénération des libyens pour leur guide pouvait apparaitre comme un successeur potentiel dans une transition suite à une révolution colorée dont l’intéressé lui-même n’aurait jamais compris comment il s’est trouvé à la tête d’une République « démocratique » ou d’une Monarchie « constitutionnelle » écartant son père selon les vielles traditions de l’empire britannique dans ses anciennes colonies.

Plusieurs éléments sont intervenus pour fausser ce scénario : la Révolution en Égypte qui a fait tomber un pilier du nouvel ordre mondial dans l’espace arabo musulman, les appétits et les empressements des vassaux du CNT, l’intervention de BHL qui intervient pour répondre aux empressés et apporter secours au Président Sarkozy en lui donnant un marchepied international, une guerre à la mesure de ses ambitions bonapartistes. Il doit y avoir d’autres raisons que le temps va dévoiler.

La stupidité française, la Fatwa de Qaradhawi incitant au meurtre, la conjoncture de la crise mondiale ont épargné au naïf d’être un Brutus, un Judas ou un Khalifat Thani. C’est sans doute dans ce genre de situation où on comprend que le Décret divin qui fixe le destin d’un homme sans lui ôter son libre arbitre intervient pour l’accomplissement du Dessein divin Sage, Juste mais échappant à notre entendement humain limité. Seif-al-Islam se trouverait à la pointe du combat conduisant la résistance libyenne ou une partie de la résistance libyenne et cette posture est un échec cuisant à la politique impériale anglo-saxonne dont les répercussions ne vont pas tarder à se manifester au sein de l’OTAN ou lors de la distribution du butin de guerre entre pays alliés de la coalition. Les Cocoricos sur les télévisions françaises sont en réalité des couacs dans les chancelleries impériales. Allah fera dévoiler la vérité de la manière la plus inattendue et la plus surprenante…

La plus grande stupidité pour les empires latins et anglo-saxons est de lire l’histoire des autres à travers leurs prismes idéologiques et culturels et ainsi une partie des jeux d’ombres et de lumières leur échappe et ainsi ils sont comme le dit le général Giap de mauvais élèves de l’histoire. Un cancre normal redouble sans porter préjudice aux autres. Les cancres impérialistes laissent derrière eux des pays en deuil de milliers de morts, d’estropiés à vie, en sinistres sanitaires, économiques et sociaux…

Comme le souligne l’anonyme algérien « Ce n’était pas dans l’intention de Mouammar el Kadhafi de faire Seif-al-Islam son héritier mais c’était dans celui de la cité de Londres. Si el Kadhafi avait une quelconque intention à sa succession, c’était plutôt en sa fille Aicha. ».

Le CNT AVEC SES LAïcs et ses islamistes semblent faire l’impasse de l’assassinat d’Allendé et l’installation de Pinochet par la CIA avec une différence fondamentale : Pinochet se représente comme l’allié légitime des Etats-Unis et  offre la garantie de représenter le cadre idéologique de la droite chilienne pro américaine. Sur le plan idéologique, religieux et sociologique nous sommes dans une configuration totalement différente qui laissent entrevoir des surprises, des retournements, des contre synergies, de l’entropie nulle part égalée.

Les proches de Kadhafi qui ont rejoint le CNT et ceux qui ont initialement formé le CNT trop focalisés sur Seif-Al-Islam n’ont pas vu que Kadhafi donnait plus d’importance à sa fille Aicha. Aveuglés par leur complot ils ne voyaient les  raisons  qui pouvaient faire de Aicha la légataire politique de Kadhafi : la politique d’émancipation de la femme que Kadhafi a menée, sa garde prétorienne féminine comme une insulte aux monarchies du Golfe qui ont confié leur sécurité aux troupes spéciales françaises, anglaises et américaines, les compétences d’avocate de Aïcha, sa conscience politique et son évacuation en Algérie dès les bombardements de l’OTAN. Kadhafi et ses proches collaborateurs, les volontaires libyens qui lui sont resté loyaux et son fils général d’armée ont livré bataille comme Hannibal protégeant en vain Carthage contre Scipion l’Africain. Aicha est sur la terre de Jugurtha celui qui a livré bataille contre Rome et son puissant empire.

Aicha est sur la même terre foulée par Okba Ibnou Nafa’â et Moussa Ibnou Nosayr fondateurs des villes nouvelles de l’Islam en Égypte, en Libye, en Tunisie, en Algérie, au Maroc et en Mauritanie fédérant les anciens empires pharaoniques, libyques et numides sous la bannière de l’Islam libérateur des peuples de l’oppression des Romains.

Le peuple algérien aura le courage et la détermination de dire non à ceux qui veulent exiler Aicha de la terre natale de son fils l’Algérie et de sa résistance aux colonisateurs. Ils diront au colonialisme, aux savants courtisans, aux prédicateurs en eaux troubles et aux revanchards ce qu’ont dit les Constantinois arabo berbères au Khalife ottoman qui voulait exiler et assassiner le bey turc qui a gouverné Constantine en s’insurgeant insurgé contre le despotisme de l’empire ottoman le Dey d’Alger :

Les Arabes ont dit

Nous ne livrerons pas Salah bey

Ni ne livrerons ses biens

Dussions-nous tous mourir

Et voir s’accumuler les cadavres

[…]

Le peuple s’est rué, affolé?

Ô mon Dieu, quelle journée!

Quand la ville fut encerclée et les portes

Refermées

Salah est sorti, désemparé, tête nue

On a pénétré dans sa demeure

[…]

Si j’avais su que cela m’arriverait

Je serais allé dans la campagne

J’aurais planté une tente à mes fils

Et j’aurais vécu parmi les campagnards.

[…]

Ô Hamûda mon fils!

Prends soin de la famille

Ainsi est la vie!

On ne peut lui faire confiance.

[…]

Montrez-moi sa tombe, ô mes Seigneurs

Afin que je soulage ma peine

Des vents et des vents pourront souffler

Mais qui remplacera Salah.

Dans la ville de Constantine!

Pleurez-le, ô assemblées!

Salah a été sacrifié !

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Côte d’Ivoire : Quelle place pour Laurent GBAGBO après la libération ?

Aujourd’hui, la Révolution Permanente a décidé de soulever une question de la plus haute importance : la place de Laurent GBAGBO après la libération de la Côte d’Ivoire. Qui doit-il être ? Un Chef d’Etat réhabilité, un Garant Moral de la Révolution, un citoyen ordinaire ?

La réponse à cette question suscite une diversité de réactions. Les plus clairement exprimées et les plus dominantes se résument ainsi qu’il suit.

Le premier groupe d’opinions recueillies nous dit ceci. Laurent GBAGBO et Dramane Ouattara sont les deux acteurs de la vie politique ivoirienne qui cristallisent les passions les plus folles. Soit ils sont soutenus passionnément soit ils sont haïs excessivement. Vus sous cet angle, ces deux pôles de cristallisation de la haine et de la passion doivent sortir de la vie politique ivoirienne pour qu’il y ait une baisse de tension, une disparition des passions. Suivant la logique de leur raisonnement, ces tenants de la thèse de la retraite politique de Laurent GBAGBO après la chute brutale de Dramane Ouattara, soutiennent que cette retraite permettra d’éloigner toute idée d’une victoire de Laurent GBAGBO sur Dramane Ouattara et mettra fin aux velléités de revanche des pro-Ouattara, enfin, s’ils osent se présenter encore comme tel. Cela apportera un apaisement général et ouvrira la voie à l’avènement d’un homme nouveau, susceptible de conduire la Révolution d’une main de fer, tout en créant un consensus national autour d’un idéal commun : la prospérité dans la paix et la liberté.

Une autre thèse, fondamentalement pro-GBAGBO, soutient que proposer à Laurent GBAGBO de prendre sa retraite après la libération de la Côte d’Ivoire du joug de l’imposture reviendrait à parachever le coup d’Etat dont ce digne fils de la Côte d’Ivoire a été victime. Pour réparer l’injustice dont il a souffert, Laurent GABGBO mérite d’être réhabilité, c’est-à-dire, réinvesti Président de Côte d’Ivoire pour poursuivre et achever le mandat dont il a été évincé le 11 avril 2011 par la France.

De ces deux thèses, une constante se dégage : la volonté inébranlable des Ivoiriens de ne plus voir roder l’ombre de Dramane Ouattara autour des frontières terrestres, maritimes et aériennes de la Côte d’Ivoire. Sur ce point, le consensus reste total.

Dès lors, ce qui reste, c’est la participation ou non de Laurent GBAGBO à la vie politique nationale.

Pour dépassionner le débat, je suggère que nous examinions avec beaucoup d’ouverture d’esprit, les questionnements suivants :

– comment voyez-vous la libération de la Côte d’Ivoire ? Croyez-vous qu’elle interviendra après négociation avec la France et ses affidés ou à la suite d’un combat sans merci dont tous les défis seront relevés par des dignes fils de ce pays, au prix de leur sang ?

– au regard de l’environnement dans lequel la Côte d’Ivoire sera libéré et des actions révolutionnaires qui s’imposeront pour un nettoyage total du pays, pensez-vous que Laurent GBAGBO peut être l’homme de la situation ?

– qu’entendez-vous par participer à la vie politique ivoirienne ? Est-ce un rôle comme celui de l’ancien leader du FPI animant des meetings et essuyant les critiques offensantes d’une presse dont il s’est battu pour lui garantir une liberté d’expression ou un rôle comme celui de Nelson Mandela, intervenant modérément dans la vie politique et travaillant en arrière plan comme garant moral du combat pour la liberté ?

La Révolution Permanente ne vous impose aucune réponse. Mais elle tient à souligner que pour la nécessité de la Révolution, aucun sacrifice ne sera de trop. Cependant, nous entendons nous incliner devant la Volonté de Dieu qui se manifestera à travers les événements qui suivront la libération de la Côte d’Ivoire, une libération réalisée de mains d’hommes mais sous l’action de Dieu.

C’est pourquoi je vous invite à préparer votre esprit au changement, à tous égards.

Le plus important, ce qui devra sous-tendre notre union sacrée, c’est que la Côte d’Ivoire et chacun de ses enfants recevront dans la justice et la vérité, ce qu’il leur est dû : dignité, prospérité, paix, unité nationale, liberté et élévation.

A Très bientôt.

Hassane Magued

La famille Bongo et les « Biens mal acquis »

L’ancien président du Gabon et sa famille ont dépensé des centaines de milliers d’euros en espèces pour l’achat de costumes, selon une enquête judiciaire à Paris pour détournement de fonds publics révélée par le Canard enchaîné.

Cette instruction déclenchée contre l’avis du parquet par un arrêt en 2009 de la plus haute juridiction française vise les biens détenus en France et les dépenses de plusieurs chefs d’Etat de pays africains stratégiques pour la France.

Le président gabonais Omar Bongo, mort en juin 2009 après 41 ans à la tête de cette ancienne colonie française, a dépensé 344.000 euros en espèces le 30 octobre 2007 pour l’achat de costumes de marque dans une boutique de luxe parisienne, montre une note de Tracfin, cellule anti-blanchiment de Bercy, versée aux dossiers des juges, selon l’hebdomadaire.

Son fils Ali Bongo, qui lui a succédé, a acheté en 2010 pour 88.000 euros de costumes à Pape N’Diaye, couturier renommé, et les factures ont été réglées par un tiers, selon une autre note de Tracfin.

Une troisième note de Tracfin montre que Pascaline Bongo, fille aînée d’Omar Bongo, a acheté en mars 2009 pour plus de 158.000 euros d’Armagnac. Sa demi-sœur Flore a dépensé 1.037.500 euros entre avril 2010 et avril 2011, relève aussi Tracfin.

Les juges ont obtenu au total la transmission de 11 notes dans lesquelles cet organisme officiel que les banques doivent obligatoirement informer faisait la liste des dépenses suspectes.

L’hypothèse de l’instruction française est que les fonds proviennent de détournement de fonds publics de ces Etats africains. Les responsables concernés le nient et voient l’enquête comme une atteinte à la souveraineté de leurs pays.

Une première phase de l’enquête en 2007 avait recensé 39 propriétés immobilières de luxe et 70 comptes bancaires détenus par la famille Bongo et ses proches, 24 propriétés et 112 comptes bancaires pour la famille Sassou N’Guesso, président du Congo-Brazaville.

L’instruction s’alimente régulièrement de nouveaux éléments, comme dernièrement une note des Douanes de mars 2011 montrant que Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, a affrété en 2009 un avion ayant fait escale en France avec à son bord 26 voitures de luxe, dont sept Ferrari et cinq Bentley.

Il a aussi été découvert qu’il avait dépensé 18 millions d’euros lors de la vente aux enchères de la collection d’Yves Saint-Laurent et de Pierre Bergé en mars 2009.

Thierry Lévêque

Article un peu modifié

Voir l’article original sur lexpress.fr

L’Inutilité des guerres de l’Occident avec la Chine qui, soutire le magot

De 2007 à 2010, 325 banques aux USA sont tombées en faillite. Le modèle économique et financier que la Chine est en train d’imposer à la planète parle très clair : Si l’Etat n’entre pas au capital d’une banque, attendez-vous que tôt ou tard, cette banque va déposer le bilan. Ceci est valable pour les entreprises multinationales qui ne pourront pas faire le poids devant la déferlante force de frappe des colosses publiques de l’empire du milieu. Il faudra que quelqu’un explique à l’Occident que toutes les guerres en Irak, en Libye pour trouver des affaires aux entreprises privées occidentales, servent en définitive les intérêts de la Chine, parce que tôt ou tard ces entreprises reviendront à la Chine, soit parce qu’elle les aura contraintes à la faillite, soit parce qu’elle les aura achetées pour une bouchée de pain.

Lorsqu’en Octobre 2010 la France s’est félicitée d’avoir remporté le contrat de liquéfaction du gaz à Kribi au Cameroun par Gaz de France (GDF-Suez). Ce qu’elle ignorait est que si la Chine avait laissé la France libre de faire cette opération dans sa « ville-vitrine » qu’est Kribi, c’est tout simplement parce que 1 an après, jour pour jour (31/10/2011), cette Chine à travers son fond souverain dénommé CIC devait entrer à hauteur de 30% dans le capital de Gaz de France, division Exploration-Production. C’est-à-dire que lorsque le Président Français Nicolas Sarkozy joue au VRP des entreprises françaises à l’étranger, il sera désormais probable que ce soit en définitive pour le compte d’une entreprise chinoise ou à capitaux chinois, dont le siège est resté à Paris juste pour l’honneur. Le vrai patron c’est la Chine. Encore aujourd’hui, l’entrée au capital de GDF-SUEZ est un sujet tabou en France, parce qu’il s’agit d’une véritable humiliation du pays qui pompeusement peut faire croire de commander l’Europe.

Le président Chinois du CIC vient de donner les couleurs de ce qu’il entend faire en France à travers une interview donnée à Al-jazeera, comme le rapporte le communiqué du syndicat CGT-Gdf-Suez, publié sur le quotidien français l’Humanité du 7/11/2011 :

« les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d’acquis sociaux  » (..)  » Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse et à l’indolence plutôt qu’à travailler dur. Le système d’incitation est complètement détraqué. » (…)  » Pourquoi est-ce que les habitants de certains pays de l’euro-zone devraient travailler jusqu’à 65 ans ou plus alors que dans d’autres pays, ils prennent aisément leur retraite à 55 ans et se prélassent sur la plage ? «  Le vrai patron a parlé, qui dit mieux ?

En d’autre termes, toutes les guerres que l’Occident fait en Afrique sont des guerres inutiles, Obama a beau revitaliser son AFRICOM et envoyer des Marines en Ouganda ou ailleurs en Afrique dans l’espoir de contrôler les ressources, c’est peine perdue, parce que toutes leurs entreprises qu’ils croient favoriser par ces manœuvres honteuses finiront comme la propriété de la Chine. En Irak aujourd’hui, 50% de l’argent de la reconstruction du pays va à la Chine, parce que cette dernière a tout simplement acheté les entreprises américaines chargées de cette reconstruction. Du coup l’Occident se trouve elle-même prise au piège du jeu truqué auquel il nous avait conviés depuis 5 siècles. Cette fois-ci, il n’est plus le « Katika » (banco), mais il a pris la place de l’Afrique autour de la table pour continuer ce jeu que l’Afrique jouait sans avoir la moindre possibilité de gagner.

Quelqu’un veut-il expliquer qu’ils ont beau se réfugier dans une consolation jubilatoire pour une prétendue victoire en Libye, mais désormais sur cette planète, aucun peuple, aucun pays ne pourra plus déclarer la moindre guerre à un autre sans augmenter les impôts de ses citoyens ? Parce que les entreprises privées qu’on croit favoriser avec les guerres, risquent d’être déjà dans le collimateur de l’un de nombreux fonds souverains chinois comme le China Investment Corporation (CIC) qui a lui tout seul dispose d’une caisse de 410 milliards de dollars de cash, d’argent liquide avec pour objectif, de mettre un peu de justice dans le jeu truqué que l’occident avait institué depuis des siècles, avec à la clé, une arnaque dénommée DEMOCRATIE.

Le pire c’est que tout l’occident est assis sur une dette qui croit tous les jours et personne ne sait comment ils en viendront à bout. La Chine qui à ce jour, se fait toujours appeler : PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT détient pour 1.440 milliards de dollars USD de bons de trésors américains et 700 milliards d’Euros de bons de trésors de différents pays de l’Union Européenne qui eux se font appeler : « pays riches ». Voici pour exemple l’état de ces dettes à travers compteur numérique qui trace la situation en temps réel. http://www.usdebtclock.org/

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.