Le Blog de Aymard

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Archives Journalières: novembre 19, 2011

Le Discours de Bienvenue du Pape Benoit XVI au Bénin

Monsieur le Président de la République, Messieurs les Cardinaux, Monsieur le Président de la Conférence Épiscopale du Bénin, Autorités civiles, ecclésiales et religieuses présentes, Chers amis,

Je vous remercie, Monsieur le Président, pour vos chaleureuses paroles d’accueil. Vous savez l’affection que je porte à votre continent et à votre pays. Je désirais revenir en Afrique, et une triple motivation m’a été fournie pour réaliser ce voyage apostolique. Il y a tout d’abord, Monsieur le Président, votre aimable invitation à visiter votre pays. Votre initiative est allée de pair avec celle de la Conférence épiscopale du Bénin. Elles sont heureuses, car elles se situent dans l’année où le Bénin célèbre le 40ème anniversaire de l’établissement de ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège, ainsi que le 150ème anniversaire de son évangélisation. Étant parmi vous, j’aurai l’occasion de faire d’innombrables rencontres. Je m’en réjouis.

Elles seront toutes différentes et elles culmineront dans l’Eucharistie que je célébrerai avant mon départ.

Se réalise également mon désir de remettre sur le sol africain l’Exhortation apostolique post-synodale Africaemunus. Ses réflexions guideront l’action pastorale de nombreuses communautés chrétiennes durant les prochaines années.

Ce document pourra y germer, y grandir et y porter du fruit « à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un », comme le dit Jésus-Christ (Mt 13, 23).

Enfin, il existe une troisième raison qui est plus personnelle ou plus sentimentale. J’ai toujours tenu en haute estime un fils de ce pays, le Cardinal Bernardin Gantin. Durant d’innombrables années, nous avons tous les deux oeuvré, chacun selon ses compétences propres, au service de la même Vigne. Nous avons aidé au mieux mon prédécesseur, le bienheureux

Jean-Paul II, à exercer son ministère pétrinien. Nous avons eu l’occasion de nous rencontrer bien des fois, de discuter profondément et de prier ensemble. Le Cardinal Gantin s’était gagné le respect et l’affection de beaucoup. Il m’a donc semblé juste de venir dans son pays natal pour prier sur sa tombe et pour remercier le Bénin d’avoir donné à l’Église ce fils éminent.

Le Bénin est une terre d’anciennes et de nobles traditions. Son histoire est prestigieuse. Je voudrais profiter de cette occasion pour saluer les Chefs traditionnels. Leur contribution est importante pour construire le futur de ce pays. Je désire les encourager à contribuer par leur sagesse et leur intelligence des coutumes, au délicat passage qui s’opère actuellement entre la tradition et la modernité.

La modernité ne doit pas faire peur, mais elle ne peut se construire sur l’oubli du passé. Elle doit être accompagnée avec prudence pour le bien de tous en évitant les écueils qui existent sur le continent africain et ailleurs, par exemple la soumission inconditionnelle aux lois du marché ou de la finance, le nationalisme ou le tribalisme exacerbé et stérile qui peuvent devenir meurtriers, la politisation extrême des tensions interreligieuses au détriment du bien commun, ou enfin l’effritement des valeurs humaines, culturelles, éthiques et religieuses. Le passage à la modernité doit être guidé par des critères sûrs qui se basent sur des vertus reconnues, celles qu’énumère votre devise nationale, mais également celles qui s’ancrent dans la dignité de la personne, la grandeur de la famille et le respect de la vie. Toutes ces valeurs sont en vue du bien commun qui seul doit primer, et qui seul doit constituer la préoccupation majeure de tout responsable. Dieu fait confiance à l’homme et il désire son bien. C’est à nous de Lui répondre avec honnêteté et justice à la hauteur de sa confiance.

L’Église, pour sa part, apporte sa contribution spécifique. Par sa présence, sa prière et ses différentes œuvres de miséricorde, spécialement dans le domaine éducatif et sanitaire, elle souhaite donner ce qu’elle a de meilleur. Elle veut se montrer proche de celui qui est dans le besoin, de celui qui cherche Dieu. Elle désire faire comprendre que Dieu n’est pas inexistant ou inutile comme on cherche à le faire croire, mais qu’Il est l’ami de l’homme. C’est dans cet esprit d’amitié et de fraternité que je viens dans votre pays, Monsieur le Président.

(en fon) ACe MAWU T]N NI K]N DO BENIN TO ] BI JI (Que Dieu bénisse le Bénin !)

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Le Discours de Bienvenue de Boni YAYI au pape Bénoit XVI en visite au Bénin

Il sonnait exactement 14 heures 55 minutes heures béninoises ce vendredi 18 novembre 2011, quand l’aéronef Alitalia transportant la première autorité de l’Eglise catholique romaine s’est atterri sur le tarmac de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou. Quelques minutes après, c’est le pape Benoît XVI qui y est sorti sous les ovations des fidèles catholiques et accueilli par le président de la République Boni Yayi accompagné de son épouse et des membres de son gouvernement.

Discours de Boni Yayi

Très Saint-Père, C’est un immense privilège pour l’Afrique, en général, et pour le Bénin, en particulier de vous accueillir sur son sol hospitalier ce jour, vendredi 18 novembre 2011.

La visite de votre Sainteté est un insigne honneur pour notre pays.

Votre présence parmi nous raffermit la foi des croyants du Bénin et de ceux venus de divers horizons d’Afrique.

La République du Bénin, anciennement appelée Dahomey, est un Etat côtier du golfe de Guinée, en Afrique de l’Ouest. Elle a la forme d’une main jaillie de l’Océan Atlantique qui s’ouvre au cœur de l’Afrique Occidentale entre les Etats frontaliers frères du Nigeria, du Togo, du Niger et du Burkina Faso.

A la suite de la Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990, la Constitution béninoise du 11 décembre de la même année, qui régit le fonctionnement de la République, crée les conditions du dialogue interreligieux, de la démocratie, de la stabilité politique et institutionnelle, de la sécurité et du développement harmonieux de la personne humaine dans toutes ses dimensions.

En effet, le Bénin est un pays laïc, de tolérance religieuse, où cohabitent, en parfaite intelligence et en toute harmonie, différentes croyances et confessions religieuses. Cette occasion me paraît appropriée pour souligner le rôle déterminant que jouent les religions dans l’édification progressive d’une Nation digne et prospère.

Très Saint-Père,

Le Bénin, mon pays, a accueilli les premiers missionnaires catholiques, les pères de la Société des Missions Africaines de Lyon, le 18 avril 1861.

Tous les Béninois, les fidèles de l’Eglise catholique en particulier, sont heureux de Vous accueillir dans le cadre du Jubilé des 150 ans d’Evangélisation au Bénin.

La célébration de ce Jubilé a permis certainement à l’Eglise de se donner de nouvelles missions pastorales.

La Conférence Episcopale du Bénin a voulu faire de ce jubilé un recours aux sources qui permette un rebondissement vers l’avenir en le mettant sous le thème évocateur : « Héritiers et bâtisseurs d’avenir, chrétien, rends compte de ton espérance ».

Au cours des cent cinquante dernières années, l’Eglise catholique a apporté aux populations de notre pays, sans aucune distinction, une assistance multiforme unanimement reconnue.

Ainsi, à peine installés à Ouidah, les premiers missionnaires y ont-ils ouvert une école primaire dans laquelle furent accueillis de nombreux enfants en âge d’être scolarisés et plus tard, sur l’ensemble du territoire national, d’autres écoles primaires et des collèges de renom.

Dans le domaine de la santé, c’est l’Eglise catholique qui a créé et géré à Ouidah, la toute première pouponnière de notre pays pour la prise en charge des orphelins et une léproserie dans la même ville bien des années avant que l’Etat ne commence à dispenser des soins aux lépreux.

Aujourd’hui encore, l’Eglise accueille de nombreux malades à moindre coût dans les centres de santé qui lui appartiennent dans toutes les régions du Bénin.

Très Saint Père,

La terre béninoise que vos pieds foulent maintenant a accueilli la semence de l’amour et du sacrifice de nombreux missionnaires à qui de nombreuses religieuses, des prêtres dévoués et des prélats prestigieux béninois ont emboîté le pas. Parmi eux, avec tout le peuple béninois, je voudrais rendre à nouveau un hommage exceptionnel bien mérité à notre bien-aimé patriarche, le regretté Cardinal Bernardin GANTIN.

Bien qu’il ait exercé au sein de la hiérarchie vaticane les plus éminentes fonctions, nous retenons d’abord de lui sa grande humilité et son sens élevé du service.

Dans votre discours du 28 mai 2010 au premier Ambassadeur du Bénin avec résidence à Rome, Vous aviez souligné que, je cite : « cet homme d’Eglise remarquable n’a pas été uniquement un noble fils de votre Nation, mais également un authentique constructeur de ponts entre les cultures et les continents ». fin de citation.

C’est d’ailleurs pour pérenniser sa mémoire que le Gouvernement du Bénin a décidé de baptiser l’aéroport où nous nous trouvons actuellement : « Aéroport International Cardinal Bernardin GANTIN de Cadjèhoun ».

Très Saint-Père,

Vous avez décidé de faire de cette visite l’occasion de la signature et de la remise de l’Exhortation Apostolique post synodale, fruit de la deuxième Assemblée du synode des Evêques de 2009 pour l’Afrique, sur le thème je cite : « l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix », « Vous êtes le sel de la terre ; Vous êtes la lumière du monde ». fin de citation.

En cela, Votre visite est principalement pastorale et elle offre l’opportunité pour le renforcement de la paix, de la laïcité et du dialogue interreligieux au Bénin et en Afrique.

Votre présence au Bénin honore particulièrement notre patrie qui reçoit un Souverain Pontife pour la troisième fois de son histoire, après les visites du Bienheureux Pape Jean Paul II en 1982 et en 1993.

Au nom du Peuple et du Gouvernement béninois et en mon nom personnel, je voudrais à nouveau souhaiter à Vous-même, à Votre délégation et à toutes les délégations d’Afrique venues Vous rencontrer la bienvenue et un très bon séjour sur cette terre africaine du Bénin. Très Saint Père,

Que le Seigneur Vous bénisse et Vous accorde une robuste santé.

Je Vous remercie.