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Le Franc Cfa menacé : La dévaluation, bel et bien à nos portes

Comme il fallait s’y attendre, le scoop livré par Notre Voie, dans son édition n°3988 du lundi 21 novembre 2011 relativement à la dévaluation du franc Cfa, annoncée pour janvier 2012, suscite des réactions divergentes. Pendant que des économistes africains trouvent cette triste réalité inévitable au regard de la rude crise économique qui frappe l’Europe, les gouverneurs des banques centrales africaines concernées (Bceao et Beac) tentent de nier l’éventualité. Et pourtant, le franc Cfa se situe à un micron de sa deuxième profonde dévaluation.

«Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans moins de 40 jours, le Fcfa sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro = 655,59 Fcfa passera à 1 euro=1000fcfa. Selon une source diplomatique occidentale, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région, la semaine dernière. Il a été mandaté, selon la source, par le Président français, Nicolas Sarkozy. En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou N’Guesso que la mission a été confiée par Paris d’informer ses homologues de la Cemac mais aussi des Comores. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin bissau-guinéen». Cette exclusivité publiée par le quotidien Notre Voie n°3988 du lundi 21 novembre 2011 a visiblement créé un séisme à la rencontre annuelle de concertation entre la Bceao et la Beac qui se tient à Abidjan, depuis mardi 22 pour prendre fin aujourd’hui 24 novembre 2011. Au point où, au sortir d’une audience avec le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, le mardi 22 novembre, lendemain de la publication de l’article de Notre Voie, le gouverneur de la Beac, Lucas Abaga, a déclaré : «La dévaluation n’est pas d’actualité. La croissance reste rigoureuse en 2011 ; le taux de couverture monétaire est presque de 100% alors qu’il faut un minimum de 20%, tous les indicateurs sont dans le bon sens». Le nouveau gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, qui se tenait à ses côtés, a partagé la même vision que son homologue.

Le prêteur en difficultés financières

Ces propos du gouverneur de la Beac sont plus du registre de la politique, qui vise à amadouer les populations afin de prévenir toute manifestation de rue, que celui de l’économie, où la démagogie ne prospère pas face aux clignotants rouges. Si une timide croissance est constatée en Afrique depuis quelques années, ce n’est pas le cas en Europe où sévit une crise économique rude qui menace même les fondements de l’euro, la monnaie commune à 27 pays européens. Dont la France, ex-pays colonisateur de la majorité des pays, membres de la Bceao et de la Beac. Mais surtout «parrain» du Fcfa et principal pourvoyeur de «l’aide» au développement des Etats de la zone monétaire.

Frappée par la crise économique qui touche l’Europe, la France se trouve profondément dans l’incapacité de jouer son rôle comme par le passé. De son côté, l’Allemagne, la première puissance économique européenne, se refuse à servir de «parapluie» à la France en Afrique au risque de mettre en péril tout l’édifice européen. D’autant qu’en Europe, les conséquences de la crise se font durement ressentir. L’exemple de la Grèce est bien récent. «Le prêteur est en difficulté, c’est cela la réalité. Pour prêter de l’argent aux pays de la zone Cfa dans le cadre de l’aide au développement, la France empruntait, avant la crise, sur le marché européen à un taux de 2%. Elle prêtait ensuite aux pays africains à un taux de 4%. Avec la crise, le taux d’emprunt de la France sur le marché européen s’est accru. La France ne peut plus continuer puisqu’elle est frappée de plein fouet par la crise. Elle a donc décidé de dévaluer le Fcfa pour ne pas porter les pays de la zone Bceao et Beac comme un boulet au pied», soutient une source informée.

Ancien gouverneur de la Bceao, Alassane Dramane Ouattara que la France a activement contribué à installer au pouvoir a été chargé par Paris d’expliquer la pilule amère de la dévaluation du Fcfa aux autres chefs d’Etat de la zone. Quant aux gouverneurs de la Bceao et de Beac réunis à Abidjan avec les autres partenaires dont la France, il s’agit de réfléchir sur comment appliquer cette mesure sans faire sombrer les économies sous-régionales.

Comme avant le 11 janvier 1994

La tâche est ardue comme ce fut le cas en 1993, quelques mois avant la dévaluation du Fcfa survenue en janvier 1994. En effet, à partir de septembre 1993, le soutien financier de la France était conditionné à l’adoption par les pays de la zone Cfa de programmes économiques et financiers crédibles soutenus par le Fmi. Ce changement d’attitude préfigurait de la dévaluation du franc Cfa. Aujourd’hui encore, le schéma est identique. Pendant que le Fmi est sollicité par l’Europe pour appuyer les économies de certains pays de la zone euro en grande difficulté, il soumet les pays africains à des conditionnalités socio-économiques qui ne seront pas sans conséquences pour la stabilité de certains Etats. Des sources parlent, par exemple, de réduction du personnel de la Fonction publique et d’une privatisation totale de tous les secteurs des économies des pays africains. La dévaluation va renchérir le coût de la vie déjà intenable dans certains pays comme la Côte d’Ivoire. C’est à juste titre que Houphouët s’opposait vigoureusement à la dévaluation. Quelques semaines après sa mort, le 7 décembre 1993, la France et le Fmi ont décidé, le 11 janvier 1994, la dévaluation de 50% du franc Cfa pour les 13 pays africains du continent et 33% pour les îles Comores. Pour janvier 2012, des sources parlent d’une dévaluation de plus de 60% du franc Cfa. C’est dire que la catastrophe est à nos portes. Et les pluies de milliards Fcfa dévalués n’y pourront rien. Comme en 1994…

Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

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4 réponses à “Le Franc Cfa menacé : La dévaluation, bel et bien à nos portes

  1. joetke novembre 24, 2011 à 7:40

    Nul besoin de scroller la page pour deviner de qui ce pseudo-article qui se voudrait pédagogue et qui n’apprend RIEN DE PLUS que l’original, pourrait venir. C’est un européen, ou du moins un qui a les oeillères de la vision « européenne ». Du tchatch.
    L’auteur sous-entend d’entrée que finalement c’est la france qui RISQUE d’être sanctionnée pour sa médiation aimable ET DÉSINTÉRESSÉE (elle ne prend que 4%, à peine 2% de commissions, mais sur quel volume? Quel volume?) entre le minable FCFA qu’elle a institué sur des fondements de captation de richesses, et le reste du monde, en l’occurence le marché Européen des devises. Tu parles! La france a joué son rôle d’USURIER VÉREUX qui veut se faire passer pour l’indispensable commis voyageur INCONTOURNABLE de l’Africain francophone!

    IL NE FAUT PAS INVERSER les rôles! Et si l’on parlait de ce marché européen des devises? À l’instant, ce jeudi 24/11 à 19:17, il est si pitoyable avec une france dans son meilleur rôle ENFIN DÉVOILÉ, celui de MENDIANTE jouant le chantage des eurobonds contre l’Allemagne! Petitesse quand tu nous prends…

    Elle est belle la france de sarkozy:
    1) gros muscles et GONFLETTE de pédé chez les arabes,
    2) PILLONNEUSE DE NÈGRES en Côte d’Ivoire,
    3) AFFAMEUSE méprisante de petits morveux Malgaches,
    4) installeuse de SERVITEURS toujours en courbette permanente, en Côte d’Ivoire, en Guinée, Gabon et Niger,
    mais, mais…
    PETIT caniche – l’expression venant du député européen GB Farage – pitoyable à côté de sa cousine germaine, une géante à ses côtés!

    Encore une fois, le cordon ombilical qui s’appelle FCFA qui relie l’Afrique Occidentale au trésor français est UN TUYAU D’EMPOISONNEMENT DU SANG de l’économie Africaine et non le contraire! C’est un CONDUIT qui N’ALIMENTE PAS mais POMPE l’énergie de l’AFrique!

    Faut ARRÊTER D’INVERSER LES RÔLES! En plus à l’aide de petits chiffres qui se veulent technocratiquement objectifs. Mais c’est quoi un technocrate sinon un col bleu des vrais SEIGNEURS du système, un petit bras, un pauvre sbyre!

    La réalité a toujours été simple à décrire, sans abreuver les lecteurs de pourcentages et autres artifices. J’ai à travers un ami Camerounais qui faisait négoce de matériel, gros matériels electriques pour la Sonel en 1993, sur Strasbourg, lequel s’est retrouvé avec un lot valant plus d’un million de francs français, qui à force de traîner dans les entrepôts, lui est revenu à 1.500.000F, juste par le biais de la dévaluation! C’est du vécu et l’on sait qui a réellement gagné dans l’histoire!

    Le VRAI BOULET de l’Afrique s’appelle, et ce n’est un secret pour personne, la petite france, petite racketeuse DÉVOILÉE par la réalité d’un monde global SANS PITIÉ pour les FAIBLES, donc sans pitié pour la france! Voilà la réalité!
    Il est plus qu’urgent de se détacher d’un tel enfermement au risque de sombrer avec le policier qui est attaché à vous par des menottes!

    Grand temps et sans discours nouveau pour l’apprendre! TOUT CELA ON LE SAIT DÉJÀ!

  2. Guy-Bertin Hounkponou novembre 25, 2011 à 1:28

    Moi je me permettrai de dire que la france joue bien son rôle par rapport aux africains. Dites-moi, vous tous qui parlez et accusez la france de tous les mots. Si vous êtiez dans des difficultés et que vous avez à faire avec des gens qui sont riches mais niais, naïfs, bêtes, des écervelés qui n’ont aucune notion du bon sens. La france a à faire avec des imbéciles heureux de l’Afrique qui ne savent pas d’où ils viennent avant de cherher où ils vont. Ils veulent seulement le pouvoir pour l’honneur et pour se satisfaire un point c’est tout. Les quelques uns qui mettent de côté leurs propres intérêts et qui parlent franchement du développement de leur pays ou de l’Afrique sont qualifiés de tous les noms: meneur, troubleur, ennemis du peuple, élément à suivre… et puis, ça y est…on leur crée tous les problèmes, on les coince partout, on les chasse et les pourchasse partout jusqu’à les anéanti ou les liquider physiquement et tout ceci avec la complicité et la main de maître des africains imbéciles heureux. Je dis, je répète, je persiste et je signe que ce sont ces africains imbéciles heureux qui représentent les traitres et les malheurs premiers de l’Afrique, ce n’est pas en premier lieu l’europe encore moins la france car, comme je le disais, ils ne sont que des profiteurs. Mais si nos frères imbéciles heureux ne sont pas dans les coups montés, ces profiteurs ne pourront pas réussir leurs forfaits c’est là la réalité et c’est pourquoi il nous faut changer de mentalité et combatre les imbéciles heureux par tous les moyens. Aussi, je me demande pouquoi l’africain tient-il toujours à son « moi » au détriment de tout un peuple et des générations à venir? c’est bête; C’est méchant et c’est péché. Pour ce qu’ils vont perdre personnellement, les pseudos chefs-d’état préfèrent se taire et soutenir le faux contre leur pays ou leur contient, c’est bête; C’est méchant et c’est péché…Pourquoi l’Afrique ne peut elle pas couper le cordon ombilical qui s’appelle FCFA qui relie l’Afrique au trésor français? Lorque certains pays comme le Nigéria l’a fait n’est-il pas plus indépendant et heureux?
    La vraie cause du malheur qui s’est abattu sur notre héro continental, le colonel KADDAFI ( que je pleurs encore), paix à son âme, est d’être en passe de réussir le pari de tirer l’Afrique du malheur en réussissant à réunir ses collègues africains autour d’une monaie commune pour l’Afrique (le Dina d’or) dont la première émission était prévue pour fin 2011. Donc il était urgent de le renverser et de le tuer pour tuer cette oeuvre d’une grande portée pour l’Afrique qui signera la perte de la france. Mais hélas!!! Certains africains sont bêtes et mauvais; ils se sont rangés du côté de la france pour qu’elle réussisse sa forfaitue contre l’Afrique;C’est méchant; ‘est bête et c’est péché. Il n’est jamais tard de se réveiller et de se prendre au sérieux. Puisque la voie qui doit mener à la création d’une monaie africaine est déjà balisée, alors, profitons de la crise européenne qui doit rudement compromettre l’Afrique pour nous débarqués en laissant tomber le F CFA. Mais je pari par dessus tout que ces pseudos chefs d’Etat africains imbéciles heureux qui manque de courage n’oseront jamais franchir le moindre pas dans ce sens au risque de se voit destabiliser par le vautour français.

    • D. D. TAKPARA novembre 28, 2011 à 6:03

      Mon Frere GUY, je suis entièrement d’accord avec toi. Sinon pourquoi s’est on acharné à tuer khadafi si ce n’est pas parce qu’il est futuriste. Il sait et tentait de faire comprendre que l’avenir de l’Afrique se trouve dans unité. Ne pronait il pas un gouvernement africain? Il faisait peur à nos dits patrons et même à nos chefs d’Etat. Voyez comment une pierre dans les mêmes conditions de température et pression a eu 2 poids différents. Pourquoi en Egypte, au Yémen ou en Syrie aucune force étrangère n’est intervenue jusqu’ici malgré les carnages au quotidien auxquels nos assistons. Khadafi méritait il vraiment ce sort? Je dis non! Il fallait le tuer pour endormir davantage les Africains.
      Qui de nos chefs d’Etats ne sait pas que unis nous serons plus forts. Khadafi ne prônait rien de si compliqué. Oui, « Khadafi le dangereux », il fallait profiter pour l’éliminer; et il l’ont réussi. Aiiiiiii, l’Afrique fait pitié. Qd allons nous sortir de ce bourbier? Je réfléchis sans trouver d’issue dans l’immédiat car nous africains nous sommes accrochés à nos intérêts égoïstes.
      L’africain prend plaisir à descendre de son bulding et se retrouver dans la boue car il est fier de constater qu’il est le seul nanti même si son pays et les 99% de la population de son pays croupissent dans la pire des pauvretés oubliant que quelque soit leur richesses ils n’achèteront jamais la vie; ils mourront comme les pauvres et même peut-être plus tôt que le pauvre.
      Réveillons nous au risque d être maudits par nos enfants dans nos tombes.
      J’ai les larmes aux yeux pendant que j’écris ces quelques mots; que faire mes chers frères ? Nous résigner ou agir, agir comment?

  3. Complaisant novembre 28, 2011 à 12:08

    En réponse à Joetke:

    Ton continent ne tiendrais pas 6 mois sans éclater en guerres tribales, en boucheries, en génocides et j’en passe si la France ou tout autre partenaire économique (Chine, Brésil etc…) retire ses fonds, ses investissements et ses achats.

    Réfléchis à 2 fois avant d’écrire des absurdités pareil;

    Si tu rejettes si amèrement le Franc CFA, mais ce n’est pas 17 ans après 1994 qu’il fallait se réveiller… mais bien sur quand ca va mal, mieux vaut accuser l’étranger et l’extérieur au lieu de se regarder dans le miroir et assumer.

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