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Archives Journalières: décembre 1, 2011

Le Parti Communiste du Bénin (PCB) proteste contre la déportation de Laurent Gbagbo à la Haye

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. :21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : www.la-flamme.org

LE PCB PROTESTE CONTRE LA DEPORTATION DE LAURENT GBAGBO A LA HAYE

Selon le quotidien « La Nation » en date de ce jour 30 novembre 2011 rapportant l’AFP, « Le procureur a notifié un mandat d’arrêt international au Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. Il va s’agir de le transférer à la Haye, je ne sais pas quand, ça peut être aujourd’hui, demain au plus tard » (sic). Ainsi, ce jour mercredi, deux jours après l’audition qui a débuté le lundi 28 novembre et dix jours avant les élections législatives auxquelles le parti de Laurent Gbagbo, le FPI a décidé de ne pas participer, les puissances étrangères qui ont agressé la Côte d’Ivoire, bombardé le Palais présidentiel et ont réduit le pays en un protectorat, sous mandat de l’ONU, transformée en agence de couverture des agressions et de recolonisation des pays pauvres, notamment ceux d’Afrique, les puissances étrangères déportent l’ex chef d’Etat avec la complicité de celui qu’on ne peut pas ne pas qualifier de pantin des puissances étrangères, Alassane Ouattara.

Ainsi, sous nos yeux, se répète le scénario de déportation des rois et chefs de communautés qui ont, pour une raison ou une autre, résisté à la volonté des colons. Que les auteurs des crimes qui ont endeuillé la Côte-d’Ivoire et semé la mort dans les populations doivent être jugés, il n’y a aucun doute là-dessus. Et le PCB qui en appelle au jugement et au châtiment des criminels politiques l’a toujours exigé dans notre pays et partout. Mais cela doit l’être dans chaque pays, et en occurrence ici, en Côte-d’Ivoire avec la législation ivoirienne afin qu’un terme soit mis à l’impunité par le peuple ivoirien et non par des puissances étrangères. Il y va de la souveraineté, de la dignité et de l’honneur de chaque peuple et de l’Afrique.

C’est sur la base de ces principes que les Etats-Unis refusent le jugement de leurs citoyens en dehors de leur territoire et ont refusé de ratifier jusqu’aujourd’hui le traité de la CPI. La France également joue des pieds et des mains pour ramener sur son territoire ses citoyens accusés de crimes comme on l’a vu dans la ténébreuse affaire Arche de Zoé au Tchad. Ainsi les grandes puissances défendent leur dignité et s’acharnent à humilier les peuples africains et leurs dirigeants, à les traiter comme des esclaves.

C’est inadmissible, inhumain. Le PCB élève une vive protestation contre l’humiliation de l’Afrique, de ses fils et dirigeants. Il répète qu’il n’appartient à aucune puissance étrangère de juger les criminels politiques d’un autre pays. Il invite toutes les organisations démocratiques à protester contre les puissances étrangères et leur complice, Alassane Ouattara au pouvoir en Côte-d’Ivoire. Gbagbo doit être ramené en Côte-d’Ivoire pour y être jugé pour ses crimes.

Cotonou, le 30 novembre 2011

Le Parti Communiste du Bénin

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Comprendre l’inculpation du Président Laurent Gbagbo par la CPI

Comment comprendre l’inculpation du Président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire par la Cour Pénale Internationale ? Je vous mets ce petit passage extrait du nouveau livre en préparation qui reprend tous les articles et Editoriaux que je publie régulièrement et qui sera dans vos librairies en Français et en Anglais dès le début d’année :

« Dans l’empire Romain, le mot « Dictateur » désignait un Magistrat souverain qu’on nommait dans des circonstances critiques pour rétablir la paix. Aujourd’hui, ce mot désigne un chef qui exerce un pouvoir absolu et de façon arbitraire. Dans les deux cas, que ce soit dans la période de l’empire romain que de nos jours, il y a une condition commune, c’est que le « dictateur » a un pouvoir souverain et ensuite qu’il a la liberté de l’exercer. Le vrai dictateur a un cahier de charges, il a une vision qu’on peut partager ou non, mais il a un idéal de société et c’est pour atteindre cet idéal qu’il est certainement obligé de passer par des raccourcis détestables. On l’a vu en Russie avec Staline, en Chine avec Mao.

Ceux qu’on désigne pour « dictateur » en Afrique ne correspondent jamais à ce cas de figure, puisqu’il ne bénéficie de cette dénomination que le jour où il décide finalement de cesser de s’occuper des lobbys occidentaux pour s’occuper de son peuple; que lorsqu’il décide de remettre en question le statu quo des contrats injustes d’exploitation des ressources minières de son pays.

En Afrique, les présidents décrits comme démocrates et aimés par l’Occident sont ceux qui baissent leur culotte à cet Occident, comme l’a dit l’ancien Président Lula aux Chefs d’Etat Africains lors du sommet de l’Union Africaine a Malabo, en Guinée équatoriale en Juillet 2011. Tant qu’un Président Africain baisse son pantalon et laisse l’occident faire tout ce qu’il veut, il peut faire 100 ans de pouvoir, jusqu’à ce que l’Alzheimer l’immobilise et ensuite il cède sa place à son fils, l’Occident continuera à applaudir à dix doigts.

A sa mort, il aura des chefs d’état occidentaux à ses funérailles, pour avoir bien servi les intérêts autres que ceux de son pays. Celui-là, qu’il soit issu d’un coup d’état bien préparé et financé par Paris ou Londres, peu importe, il est un « démocrate », sa pléthore de conseillers occidentaux qui l’entourent sont là pour l’acclamer dans le monde entier, pourvue qu’il tienne la culotte toujours baissée. Et si par malchance il quitte le pouvoir avant, il peut toujours se réfugier en Occident, dans sa « Normandie Natale » ou présider une organisation bidon dans tous les cas, il sera toujours très bien remercié pour services rendus.

A l’inverse, dès lors qu’il remet en cause les accords qui lient son pays à un certain nombre de sujets avec l’Occident, c’est son arrêt de mort. Le système a préparé pour lui toute une armada d’options qui ne lui laisse aucune porte de sortie honorable : d’abord des Africains pour le combattre et lorsque cela ne suffira pas, il y a la Cour Pénale Internationale et le Tribunal Pénal International pour finir le travail, quand ce ne sont pas les bombes de l’OTAN pour le tuer (…)

« La Suite dans le « Manuel de Géostratégie pour l’Afrique« 

Sortie : Février 2012 – Edité par l’Institut d’Etudes Géostratégiques » Genève
(Suisse).

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

Fcfa : Dévalué, il sera dévalué

La Présidence (du Bénin) a souhaité que les nouveaux agrégés éclairent l’action gouvernementale par le contenu de leur savoir et leur capacité à décrypter. C’est une nouvelle agréable. A propos, pourrions – nous savoir si le franc Cfa sera dévalué dans cinq semaines ? Agrégés en Sciences Economiques et de gestion, à vos marques. A défaut d’éclairage public, la raison nous suggère des pistes de réflexion.

Les flux monétaires au niveau des banques sont de nature à présager d’une éventuelle dévaluation. Les comptes se vident lentement au profit des contrées européennes. On peut chercher à savoir. En fait, les titulaires de compte ont l’information. Ils sont dans la logique du profit. Deux déclarations confirment sans l’affirmer la thèse d’une dévaluation. Il est vrai que nous aurions préféré les avis de nos éminents agrégés, mais à défaut, contentons-nous des avis des experts étrangers. L’économiste Abdourahmane Sarr, ancien représentant du Fonds monétaire international (Fmi) au Togo et au Bénin se fait le point de vue que voici : « le franc Cfa n’est pas à son niveau d’équilibre ; il est surévalué ». Cela veut dire ce que cela veut dire, une monnaie faible devant l’euro. En ce temps de crise financière européenne, comment affaiblir le franc Cfa pour sortir l’euro version française du fond de l’eau des déficits publics ? Une solution unique s’impose : « 1 Euro = 1000f Cfa ». Et comme, l’indiscrétion est la règle en Côte d’Ivoire, disons que le secret africain reste ce qu’il est, le ministre d’Etat du Plan et du Développement a affirmé : « la dévaluation n’est pas une catastrophe et elle pourrait même générer des milliards de francs Cfa  » (Source SlateAfrique).

Comme en 1994, les dirigeants continuent de nous rassurer. Mais le cas du Bénin est compréhensible. Il n’y a de culture monétaire assez solide pour émettre un point de vue sur la situation de la monnaie. La preuve en est que nous sommes obligés de nous tourner vers l’extérieur pour rechercher la matière première qui servira de réflexions pour la question. Les propositions de l’économiste Sarr sont compliquées.

Qu’il vous souvienne que Mamadou Coulibaly, l’ex ami de Laurent Gbagbo avait écrit un livre merveilleux sur les servitudes du pacte colonial. Il est proposé que les pays de l’Uemoa et de la Cemac finissent avec la convertibilité du trésor français. La question de l’indépendance monétaire est ainsi posée. Pas d’illusion, on ne pourra pas s’en sortir parce que culturellement, nous sommes résolus à tirer vers le bas tout ce qui pourrait nous tirer vers le haut. Politiquement, les Chefs d’Etat et de gouvernement préfèrent les horreurs à l’honneur. Ils sont prêts à organiser la déportation de ceux qui pensent au rassemblement.

Comment s’en sortir ? Trois voies sont explorables. La production intense, la maîtrise de la science et la réorganisation politique.

Herbert Houngnibo