Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: décembre 9, 2011

Des démocraties sans démocrates

L’Afrique a mal à ses élections. Parce que, sans nul doute, elle a mal à sa démocratie. Des élections vécues comme une mobilisation armée. Comme en République démocratique du Congo, avant la conflagration générale tant redoutée. Des élections qui s’étaient achevées non dans la paix des urnes, mais dans le sang et dans d’inqualifiables atrocités, comme en Côte d’Ivoire. Des élections qui ont fragmenté le peuple de la Guinée Conakry. Comme si celui-ci n’avait pas déjà assez souffert d’être réduit au silence depuis plusieurs décennies, sous la chape de plomb de régimes despotiques et autocratiques. C’est à croire que les expériences démocratiques en cours, ici et là en Afrique, seraient des succès, seulement si on les soulageait de leur charge risquée d’élections. Ce qui ferait de l’Afrique la patrie des démocraties sans élections. Ce qui ferait des Africains une race de démocrates qui accèdent au pouvoir et exercent le pouvoir sans l’aval de leur peuple. Une démocratie sans élections. Des démocrates sans l’onction du peuple. Qui accepterait de cautionner une telle absurdité ?

La quasi-totalité des élections qui s’organisent sur le continent africain, tous pays confondus et à quelques exceptions près, posent plus de problèmes qu’elles n’apportent de réponses à nos interrogations angoissées. L’Afrique serait-elle peuplée de gens à part ? L’Afrique n’aurait-elle pas pleine capacité pour s’inscrire dans un vrai processus démocratique ? Trois questions qui appellent trois réponses, aussi brutales que sincères, pour nous libérer de ce qui commence à prendre les allures d’une tare.

Pourquoi, les élections, dans nos pays, provoquent-elles une panne générale, une sorte de délestage qui met à mal le développement, dans toute l’acception du mot ? Parce que tout gravite, en nos pays, autour d’une seule donnée essentielle, le pouvoir. Le pouvoir à conquérir à tout prix et à n’importe quel prix. Le pouvoir pour s’assurer d’être dans la proximité de la plus grande source de puissance et d’enrichissement : l’Etat. Le pouvoir pour se sentir en situation de transcender sa condition humaine et de se hisser au rang d’un demi-dieu parmi les créatures de Dieu. Ce n’est pas pour rien que le pouvoir rend plus fou en Afrique qu’ailleurs.

Aussi ne va-t-on pas aux élections, dans nos pays, pour proposer une vision, affirmer une ambition, partager avec les siens ses quelques idées et certitudes d’espérance. Aussi ne va-t-on pas aux élections avec l’idée de servir le pays, de se sacrifier pour le pays, de donner un peu de soi au pays. Aller au pouvoir pour prendre sa part, c’est se déterminer à ne rien lâcher.

Pourquoi la violence s’invite-t-elle dans nos élections, occasion, bien souvent, d’un débat sans idées ? Parce que la violence, c’est l’arme privilégiée des faibles. Parce que la violence, c’est l’argument premier de ceux qui n’ont pas d’idées. La démocratie est une culture. Elle induit une culture politique. Ce qui place les citoyens d’un pays dans l’obligation d’aller à l’école de l’écoute. Elle disqualifie toute forme d’intolérance. A l’école du débat à plusieurs voix. Elle célèbre la participation de tous à la recherche d’une voie de salut pour chacun. A l’école de l’action publique citoyenne pour construire en chacun la volonté d’être à la fois acteur et comptable dans la construction de la maison commune.

Pourquoi cet aveuglément collectif à faire l’option de ce qui nous retarde et à nous contenter d’être, sinon les damnés de la terre, mais les derniers de classe ? Parce que nous n’avons pas confiance en nous mêmes. Parce que nous avons décrété que la démocratie, c’est pour les autres. A nous, la pagaille, le désordre, un retour permanent à l’âge de la pierre, l’idée que notre contribution est négligeable au progrès de l’humanité. Ce qui est faux. La croyance, par conséquent, que c’est dans les étages inférieurs de l’édifice humain, voire au sous-sol que notre destin s’accomplira.

Nous aurons besoin de nous décomplexer. Nous aurons surtout besoin de nous construire un mental de gagneur. C’est clair, ce ne sont pas nos élections qui sont contre le développement. Bien au contraire. Mais c’est nous-mêmes qui nous inscrivons dans l’absurde logique de refuser le développement et de chérir notre sous-développement.

Jérôme Carlos

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Du printemps arabe au printemps russe ou comment on manipule la jeunesse

A la faveur des élections législatives du 04 décembre dernier en Russie, des mouvements de contestation ont vu le jour et en l’espace de quelques heures se sont radicalisés ; ce qui a fait les choux gras des médias à sensation. Les événements des 5 et 6 décembre sur Tchistye Prudy et sur la place Triumfalnaïa ont été relayés avec plaisir. Les médias s’empressaient de nous annoncer qu’il y a eu fraudes électorales organisées par « Russie Unie », le parti représenté par le tandem Poutine-Medevdev et que tout ce beau monde était descendu dans les rues pour affirmer leur mécontentement. Un groupe baptisé «Manifestation pour des élections honnêtes» appelait mercredi sur plusieurs réseaux sociaux à un nouveau rassemblement samedi après-midi en plein centre de Moscou. Un autre groupe, dénommé «Contre le parti des escrocs et des voleurs pour désigner le parti au pouvoir Russie unie, appelait de son côté à se rassembler tous les jours à 19H00 (15H00 GMT). «Puisque le pouvoir a volé les élections au peuple, nous ne pouvons défendre nos droits que dans la rue!», proclame le groupe sur Internet.

Et quand on entend quelques figures de l’opposition russe ; telle que Ekaterina Alexeïeva, représentante de l’Union démocratique de St Pétersbourg dire : « Les gens qui manifestent aujourd’hui à St Pétersbourg sont de nouveaux militants, des jeunes que l’on n’avait jamais vus avant. …Le reste se fera dans la rue. » et,  Iaroslav Nikitenko, activiste écologiste de compléter : « Dès le 4 décembre il y a eu des manifestations anarchistes. Pour eux, le seul choix est un vote « contre tous ». Ce n’est qu’en sortant dans la rue que nous pourrons changer le système : il ne faut plus émettre de demandes pour telle ou telle protestation. Désormais, il faut simplement envahir les rues », on se demande qui veut déstabiliser la Russie et qui a bien intérêt à la voir se désagréger ? précisément en ce moment.

Les manifestants ont redoublé d’ardeur après les propos d’Hilarry Clinton qui, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE, tenue le 6 décembre à Vilnius, a affirmé que ces élections n’étaient « ni libres ni justes ». Le 29 novembre dernier, Vladimir Titorenko, l’ambassadeur de Russie à Doha et les employés de l’ambassade russe au Qatar ont été brutalisés par des douaniers et des policiers qataris qui, ont également tenté de s’emparer de la valise diplomatique de l’ambassadeur à sa descente d’avion.

Au delà des visées électoralistes, la suite accélérée d’incidents reflète bien un plan conçu et exécuté par étapes.

Les raisons sous-jacentes qui poussent les États-Unis et ses alliés occidentaux à mener une guerre totale ont été récemment détaillées par Greg Hunter, célèbre journaliste d’investigation américain dans un document, Pourquoi « Le monde est-il devenu hors de contrôle ?« . Il révèle que la totalité de l’édifice des systèmes économiques occidentaux s’effrite sous le poids de plus de $ 100 mille milliards de dollars de dette et qu’ils ne sont pas en mesure de les rembourser : « Jamais dans l’histoire le monde n’a été aussi proche d’un chaos financier total et la guerre nucléaire dans le même temps. « 

Pour Lyndon Larouche – qui, après l’assassinat extra-judiciaire de Mouammar Kadhafi avait mis en garde contre une escalade vers un conflit mondial opposant l’axe transatlantique aux puissances du monde Asie-Pacifique –  le monde n’a jamais été aussi proche d’une nouvelle guerre. Aussi, la volonté de Barack Obama d’occuper une place militaire centrale en Asie Pacifique amène la Chine à prendre des mesures de protection. Le président Hu Jintao a appelé la marine chinoise à « accélérer résolument sa modernisation » et à « mener des préparatifs intensifs pour le combat militaire », afin de « sauvegarder la sécurité nationale et la paix mondiale ». La Chine il faut le dire, dispose de l’armée la plus importante au monde. Cet appel à la guerre du Président Hu est rejoint par le contre-amiral Zhang Zhaozhong qui, de même, a averti la semaine dernière que « la Chine n’hésitera pas à protéger l’Iran, même avec une troisième guerre mondiale ».

Face aux menaces d’invasion de la Syrie par les exportateurs de démocratie, la Syrie mobilise elle aussi ses capacités militaires ; les Etats-Unis étant à la manœuvre pour créer une zone d’exclusion aérienne en Syrie, comme ils l’ont fait en Libye, et une zone tampon entre la Turquie et la Syrie. Selon le quotidien syrien Al Thawra, La Syrie a organisé le 5 décembre des exercices militaires à armes réelles destinés à tester la force de frappe de ses missiles à longue portée, de ses véhicules blindés et de ses divisions d’hélicoptères, en cas d‘agression militaire étrangère. Elle a déployé des missiles « Scud », tout au long de sa frontière avec la Turquie et l’Irak, et les a dirigés vers la Turquie, principal allié circonstanciel de l’OTAN dans la région . Bachar el-Assad a par ailleurs promis de tirer des « centaines de missiles » sur le territoire israélien si l’Otan attaque son pays.

L’Iran n’est pas du reste. Elle aussi, face aux menaces de frappes aériennes contre ses installations nucléaires a décrété la mobilisation générale. Le général Massoud Jazayeri, chef d’état-major adjoint des forces iraniennes, averti de « détruire Israël » et d’ajouter « Notre réponse à une attaque ne sera pas limitée au Proche-Orient, nous avons des plans prêts pour réagir ». Mohammad Ali Jaafari, commandant des Gardiens de la Révolution a procédé à la mobilisation des forces. La décision aurait même été prise de disperser les missiles Shahab de longue portée, les explosifs sophistiqués, l’artillerie et les unités des Gardiens vers des lieux secrets, pour éviter les actes de sabotage.

Le monde avance t-il petit à petit vers un conflit majeur ? La suite nous le dira.

Bulgarie : Le Premier ministre Boïko Borissov, favori de l’élection du « Footballeur de l’année »

Le Monde – Le Premier ministre bulgare Boïko Borissov est annoncé comme favori de l’élection du « Footballeur de l’année » dans son pays, à l’issue du vote des supporters, lassés de la piètre qualité du football national.

M. Borissov, avant-centre dans l’équipe de 3e division de Vitocha Bistritsa, a recueilli 44% des voix, contre 24% pour l’attaquant du club anglais de Manchester United Dimitar Berbatov, Footballeur de l’année 2010, ont annoncé les organisateurs lundi.

Le classement définitif sera annoncé le 23 décembre et prendra également en compte le vote des journalistes sportifs, qui n’a pas encore commencé.

Le Premier ministre, ancien karatéka, a proposé l’annulation de ce « vote de protestation », qui vise à souligner la médiocrité du football bulgare: faute de mieux, les supporters ont voté pour M. Borissov, qui vante volontiers ses exploits sur le terrain.

« Ce vote montre, non pas que Borissov est le meilleur footballeur, mais que le football bulgare a besoin de réformes et d’une nouvelle politique », a écrit le Premier ministre dans une lettre aux organisateurs, diffusée par son parti GERB.

« Le football et le sport bulgare sont confrontés à de sérieux défis, dont une pénurie de financement », a-t-il reconnu.

La Bulgarie n’a pas réussi à se qualifier pour l’Euro-2012.

La désignation de M. Borissov par les supporters coïncide avec des tensions sociales dans le pays. Les chemins de fer ont entamé lundi leur 12ème jour de grève, alors que des agriculteurs bloquent des routes pour protester contre une réduction des subventions.

Le regard de Plantu – Standard & Poor’s