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Archives Journalières: décembre 12, 2011

BENIN : Déclaration de constitution du Groupe Parlementaire PRD / UNION FAIT LA NATION

Le Groupe parlementaire PRD/ Union fait la Nation a vu le jour, sa présidence est assurée par l’Honorable Augustin Ahouanvoébla ; Atao Mohamed Hinouho en est le vice-Président. Les membres de ce nouveau groupe parlementaire sont les députés du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbedji. Ils quittent ainsi le grand groupe « Union fait la Nation » pour faire bande à part. Le groupe revendique toujours son appartenance à l’Union fait la Nation.

DECLARATION DE CONSTITUTION DU GROUPE PARLEMENTAIRE PRD/UNION FAIT LA NATION

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Chers collègues,

Depuis la Conférence Nationale des forces vives de la Nation, notre peuple a affirmé solennellement sa détermination à créer un état de droit et de démocratie pluraliste dans lequel les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus. Pour y parvenir, plusieurs institutions ont été prévues dont l’Assemblée Nationale. Celle –ci a pour mission de légiférer et de contrôler l’action du gouvernement.

En dépit des légitimes contestations qui ont caractérisé la préparation et l’organisation des dernières élections présidentielles et législatives, les Béninois continuent d’exprimer avec insistance leur désir de voir le Bénin accéder au progrès et au mieux-être dans un environnement de paix. Le peuple tout entier aspire à voir ses élus au Parlement se consacrer davantage aux questions liées à son développement. Le peuple souhaite voir le Parlement exercer ses attributions de contre-pouvoir conformément au texte et à l’esprit de la Constitution du 10 décembre 1991, en vue de la satisfaction de ses aspirations.

Réaffirmant sa totale appartenance à l’Union fait la Nation, le Parti du Renouveau Démocratique(PRD) s’engage aux côtés des différentes entités constitutives de l’Union fait la Nation, en faveur de la paix et du développement ; il adresse ses félicitations au groupe parlementaire UN et à son Président pour leur ardeur et leur dévouement à soutenir les points de vue du groupe.

Cependant soucieux d’une meilleure implication et d’une plus grande efficacité dans l’accomplissement de la mission qu’ils ont reçue du peuple, les députés signataires de la présente déclaration ont formé un groupe parlementaire dénommé « PRD-UNION FAIT LA NATION «.

Le groupe parlementaire PRD/UNION FAIT LA NATION composé des députés dont la liste est annexée, a pour :

– Président l’Honorable Augustin AHOUANVOEBLA

-Vice-président l’Honorable Atao HINOUHO

 Vive la démocratie

Vive le Bénin

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Jean-Paul Pougala à propos du Président Diouf : « voilà le genre d’Africain qu’aime l’Occident »

En Réponse à Aly D. Diop non content de mon commentaire sur l’ancien Président Diouf du Sénégal. En parlant du Président Diouf, J’avais dit sur mon mur facebook ceci : « voilà le genre d’Africain qu’aime l’Occident« 

Jean-Paul Pougala

Mon cher Diop, bonjour et bon dimanche. Pour moi, la fonction de Chef d’Etat est sacrée.

C’est pour cela que je prétends qu’on respecte nos chefs d’Etat (quoi qu’ils aient fait) exactement comme on le fait ailleurs en Europe, aux Etats-Unis, en Russie, en Chine etc… Mais en revanche, ce sont nos chefs d’Etats qui doivent arrêter de nous humilier en acceptant de présider des associations et institutions bidon.

De la même manière que je dis que la place d’un chef d’Etat Africain n’est pas à la Haye et me bats même contre les Africains qui acceptent d’y siéger comme procureurs ou juges, de la même manière je dis que la place d’un chef d’Etat africain n’est pas à défendre les intérêts de la France à travers une institution à saveur coloniale qu’est la Francophonie dont j’ai demandé l’abolition en 2010, à travers ma lettre ouverte au chef d’Etat Français et au peuple français (voir la copie sur mon blog : www.pougala.org).

A propos de la langue, c’est depuis 1975 que le Swahili a été reconnu à l’ONU est inscrit à l’UNICEF comme la langue officielle Africaine et c’est à ce titre qu’un autre ex-Président : Konaré alors président de la Commission de l’UA (présidant l’institution juste à mes yeux) s’est battu afin que ce Swahili soit très vite adopté comme la langue commune Africaine. Je me serais attendu que le Président Diouf lui donne un coup de main pour la continuité de sa bataille et non aller défendre une langue qui empêche l’émergence de la culture africaine.

S’il contestait le Swahili, il aurait pu défendre le Wolof, pas le français.

Par ailleurs, l’Afrique est un si grand chantier pour réécrire notre histoire, même en formant nos jeunes, en leur faisant partager son expérience, que je me demande si le Président Diouf n’a pas trouvé l’utilité de donner lui aussi ce précieux coup de main à nos jeunes.

C’est ce que beaucoup font déjà, car pour le faire, on n’a pas besoin d’être en poste ou d’être Ministre ou Président.

Il a déjà un salaire d’ancien Chef d’Etat qui le protège du besoin, et lui laisse suffisamment d’espace pour qu’il fasse plein de choses au Sénégal, en Afrique. Au lieu de cela, il a préféré comme son prédécesseur de s’exiler en France.

Au fond, à quoi sert cette francophonie ? Si les étudiants africains, les chanteurs africains ne peuvent pas voyager librement vers la France, la Suisse, le canada ou la Belgique alors que les pays de l’Amérique du Sud qui ne sont pas dans la francophonie peuvent le faire ?

Les Africains doivent copier l’exemple des pays Scandinaves où tous les jeunes doivent bien parler au moins 3 langues internationales et non s’engouffrer dans une seule langue qui limite leur vision du monde.

Le Président Diouf en présidant la Francophonie, n’a-t-il pas compris que S’exprimer uniquement dans la langue de l’autre est symbole de soumission ? Tous les dirigeants Nord-africains parlent français, mais aux Nations-Unies, ils ne prononcent jamais un discours en français, mais plutôt en Arabe. C’est aussi le cas des dirigeants Chinois qui même si c’est eux qui impriment tous les dictionnaires anglais, dès lors qu’ils sont aux Nations-Unies, font semblant de ne connaitre aucun mot d’anglais et se font traduire de leur chinois. Le Président Diouf peut-il nous aider à faire que très bientôt, aux Nations-Unies, un Président Africain se fasse traduire du Wollof, du Lingala ou du Malgache, en attendant que le Swahili remplace toutes ces langues ?

PS : S’opposer au PAS est juste la fumée aux yeux, à mon avis ; car ne pas mettre en cause le Franc CFA est la preuve d’un certain alignement récompensé justement par cette présidence de la Francophonie.

« L’Europe, en proie à la crise de la dette, n’est plus un modèle à suivre pour le reste du monde et refuse de l’admettre » l’a déclaré le 9/12/2011 le président tchèque Vaclav Klaus. Les Présidents Africains et les anciens ont-ils compris que la page de la gloire européenne est en train d’être tournée ? voudront-ils faire partie du nouveau monde qui se redessine ou de l’ancien déjà obsolète ?

Jean-Paul Pougala

www.pougala.org

pougala@gmail.com

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Entretien avec Patrick Bond

Evelyune Huytebroeck

Pour vous, quels sont les principaux enjeux de la prochaine conférence internationale sur le climat à Durban ?

Patrick Bond : La COP-17 a une tâche impossible : faire semblant que le processus de négociation de l’ONU puisse mener à une véritable solution face à la crise climatique. Cela est pourtant impossible. L’équilibre des forces en présence est défavorable et il ne va pas s’améliorer. Les Etats-Unis, avec leurs alliés comme le Canada, vont même saboter les objectifs limités de réduction des émissions, en particulier en empêchant une nouvelle période d’engagements contraignants dans le cadre du protocole de Kyoto. Avec d’autres pays riches, les Etats-Unis vont faire obstacle à ce que le Fonds Vert pour le Climat soit suffisamment pourvu. Des fonds qui, dans un monde plus juste, permettraient au Nord de payer la dette climatique contractée auprès du Sud. Au lieu de cela, le deal qui devrait se faire à Durban aura pour objectif de stimuler les marchés du carbone, pourtant en crise, afin qu’ils servent de source de revenus, et de jeter les bases du financement des fausses solutions, sans qu’aucun des maigres financements existants ne parviennent aux populations les plus durement touchées par les dérèglements climatiques. C’est pourquoi nous décrivons la COP comme une « Conférence des Pollueurs ».

En quoi les luttes actuelles menées en Afrique du Sud par les mouvements pour la justice climatique s’articulent avec celles menées dans les négociations internationales ?

Patrick Bond : En plus d’exiger un million d’emplois verts et une transition juste pour sortir d’une économie dépendante des combustibles fossiles, la principale question liée au climat portée par les militants sud-africains est l’accès à l’électricité et l’approvisionnement en eau. Ces trois dernières années, le prix de l’électricité a augmenté de 130 % en raison de la décision prise par la société sud-africaine Eskom de construire les troisième et quatrième plus importantes centrales au charbon de la planète. Les systèmes d’approvisionnement en eau sont déjà en train de s’effondrer, même à Durban, réputé pour avoir le meilleur système d’Afrique. Bientôt nous verrons également des événements météorologiques plus extrêmes, une montée du niveau des mers, des famines et des réfugiés climatiques qui vont mettre à l’épreuve les capacités de réaction des populations. Ce sont par ces indicateurs, révélateurs de contraintes nouvelles, que les personnes vont se rendre compte que lutter pour un climat stabilisé relève d’un processus unificateur permettant d’améliorer leur vie immédiate, si nous relions tous ces enjeux de manière adéquate.

La France vient d’accueillir le sommet du G20. Quel bilan en tirez-vous et quels sont les liens avec la Conférence sur le climat de Durban ?

Patrick Bond : La Banque Mondiale a présenté à Cannes une stratégie pour sauver le commerce du carbone, basé sur de nouvelles subventions. Les pays du Nord et leurs politiques d’austérité ont été secoués par la puissance de la résistance populaire grecque et ont considéré, par l’intermédiaire de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qu’il n’y avait pas d’option démocratique. Le G20 a confié au FMI le pouvoir d’exiger des coupes encore plus brutales dans les niveaux de vie. Et ce avec l’aval de Pravin Gordhan, ministre des Finances d’Afrique du Sud, qui a appelé Christine Lagarde à être « dure » (nasty) envers les peuples d’Europe du Sud. Tout cela indique une volonté assez désespérée d’imposer des solutions néolibérales pour tenter de régler les problèmes. Une résistance bien plus forte sera donc nécessaire, d’autant que les crises économiques et environnementales sont forcément liées.

Les dérèglements climatiques actuels sont principalement dus aux émissions de GES des pays du Nord. Qu’attendez-vous des mouvements pour la justice climatique de ces pays, et, plus globalement, des populations, afin d’agir contre les dérèglements climatiques ?

Le Nord doit payer sa dette climatique, complètement. De sorte que celles et ceux qui sont touchés dans le Sud perçoivent une compensation directe, et pas par l’intermédiaire des tyrans locaux. Je pense que les élites des pays comme l’Afrique du Sud qui se trouvent parmi les 1 % plus gros émetteurs de carbone, moi y compris, devraient supporter un fardeau plus lourd. Les pays du Nord doivent également s’engager à des réductions d’émissions de GES spectaculaires et s’engager dans un urgent projet de transformation, semblable en portée, mais pas en direction, que celui entrepris sous Roosevelt lorsque les Américains sont entrés dans la Seconde Guerre mondiale. Pour ceux qui ne s’impliqueraient pas, comme les politiciens et les agences à Washington, New York, Ottawa, Londres, Bruxelles, Moscou, Pékin et ailleurs, le mandat de la Cour pénale internationale devrait alors être élargi pour y inclure un tribunal climatique. Nous aurons aussi besoin d’une stratégie à long terme pour imposer des sanctions sur les marchandises provenant de pays comme les États-Unis. En attendant, il fait sens pour les activistes de protester contre leurs délégués, soit ici à Durban lors de la COP, ou même avant qu’ils ne quittent leur pays. Pourquoi ne pas bloquer leur route fin novembre afin de marquer le coup et affirmer clairement que le monde en a marre de la Conférence des Pollueurs ? Il est temps pour la mouvance s’activant pour la justice climatique de reprendre la main et de montrer la voie possible pour de véritables réductions d’émissions, la reconnaissance de la dette climatique, une transition juste et toutes les autres exigences si bien définies à Cochabamba en avril 2010.

Propos recueillis par Alter-Echos

* Patrick Bond est économiste et professeur à l’université de KwaZulu-Natal. Il est impliqué dans le mouvement pour la justice climatique et est récent co-auteur de Climate Change, Carbon Trading and Civil Society.

Samedi à la Haye, Manifestation de soutien à Gbagbo

Ils étaient environ deux mille cinq cents (2500) ces Africains, ces Européens venus par autobus (15 de Paris à raison de 70 places chacun), du Royaume-Uni ( 2 de 60 places chacun), par train, par avion, par covoiturage de France, d’Espagne, d’Italie, de la Belgique, d’Allemagne, de la Suède, d’Amsterdam, de Rotterdam etc. à l’appel des représentations du Front populaire ivoirien (FPI) en Europe et des associations de résistance pour participer ce samedi 10 décembre, à un meeting géant aux abords du siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, en Hollande. Les organisateurs de cette manifestation voulaient, par ce rassemblement, dénoncer l’arrestation irrégulière par les nouvelles autorités ivoiriennes et la remise dans la précipitation de Laurent Gbagbo à la CPI le 29 novembre 2011.

Les premiers groupes de manifestants partis la veille de Paris sont arrivés au petit matin de samedi, au lieu du rendez-vous, habillés pour certains aux couleurs nationales et pour d’autres de blousons noirs frappés au dos par des inscriptions : «NO GBAGBO NO PEACE». Ils fredonnaient en refrain: «Libérez Gbagbo! Gbagbo président ! Soro et Ouattara à la CPI !».

Esquissant quelques pas de dance aux percussions d’un tambour d’un autre manifestant, cette dame venue de Hambourg, dans le nord d’Allemagne, m’explique le sens du message que véhiculent les inscriptions «NO GBAGBO ! NO PEACE » sur son habit. Selon elle, «ces inscriptions sont à l’adresse de tous ceux qui se disent préoccupés par la recherche d’une paix durable en Côte d’Ivoire, au premier rang la Commission de réconciliation nationale et la communauté internationale qui devraient retenir que la solution passe par la libération immédiate du président Gbagbo». Avec qui «Soro et Ouattara voudraient-ils se réconcilier si Gbagbo, le vrai président, devait rester en prison ?», s’interroge-t-elle. Survient un autre manifestant, celui-là venu d’Italie, qui renchérit : «Gbagbo n’a jamais choisi la prison pour régler ses différends avec ses opposants ; il a toujours et toujours privilégié la discussion, non et non il ne mérite pas d’être trainé dans la boue, d’être humilié».

Il s’arrête un moment, comme s’il allait éclater en sanglots, puis se ressaisit et ajoute : «Si Gbagbo était un criminel, comme on veut nous le faire croire, en l’emmenant ici, à la CPI, il aurait déjà tué mille fois Soro, Ouattara et qui sais-je encore. Au lieu de les tuer, tout le monde le sait, Gbagbo, le président Gbagbo a envoyé Désiré Tagro pour inviter Soro et son parrain Blaise Compaoré du Burkina Faso à la table discussion. Il a dit à Soro, alors qu’il pouvait le donner à la CPI pour tous ses crimes, jeune frère, asseyons-nous et discutons. Et, contre l’avis de ses proches collaborateurs et amis, je cite par exemple Mamadou Koulibaly, le président Gbagbo a choisi de nommer Soro au poste de Premier ministre et de partager le pouvoir avec lui. Au lieu de dire merci président, il réclame justice contre lui. C’est ça la politique ? Je ne crois pas, c’est l’ingratitude. Mais que veut donc cette justice de Luis Ocampo, qui s’acharne après les victimes et protège les coupables ?»

Enfin ! «Comme l’a dit le président l’autre jour, devant la Cour, nous allons aller jusqu’au bout de cette histoire, et la vérité éclatera et on va savoir qui a fait quoi ; qui a tué, qui a violé, qui a divisé le pays, qui a pillé les ressources de notre pays ? Nous allons laver notre linge sale en public, c’est ça la volonté de Soro et Ouattara», conclut notre interlocuteur sur un ton plein d’émotion.

Vers 13 heures, la place était noire de monde ; le responsable du comité d’organisation prend alors la parole pour situer l’événement. Il entonne l’hymne national et la foule en chœur chante l’Abidjanaise. Puis Serge Kassy, l’infatigable patriote, est appelé au micro pour adoucir l’ambiance.

Il fait grâce à l’auditoire de son prochain single : «C’est vous» qui pointe un doigt accusateur sur qui sont les assassins, les criminels donc justiciables de la CPI. Suivons l’artiste :

«Ils sont partis dans le village de Blé Goudé

Ils ont tiré sur tout âme qui vit.

Ils sont allés dans le village de Didier Drogba,

Ils sont partis dans le village de Didier Drogba,

Ils ont tué tout âme qui y vivait.

Leur seul point commun,

C’est qu’ils viennent de l’ouest du pays,

Et qu’ils appartiennent à l’ethnie de Laurent Gbagbo.

Pour de simples élections,

Ils ont tué dans mon pays.

Egorgé, chassé tous ceux qui suivaient Gbagbo.

Je dis, c’est vous qui avez tué,

C’est vous les assassins.

La foule chauffée à blanc, -le thermomètre indiquait quatre degrés Celcius, le meeting peut débuter. C’est Guy Labertit qui prend la parole. Il remercie les participants et souligne que «c’est la première fois dans l’histoire qu’est organisé un rassemblement populaire pour soutenir un prévenu à la CPI» et d’ajouter que «si vous êtes là, c’est parce qu’il n’est pas normal que Laurent Gbagbo soit à la CPI». Il va ensuite s’appesantir sur la mission véritable de la CPI. La CPI, soutient-il, «ne dit pas le droit ; elle est là pour exécuter les volontés des grandes puissances occidentales». S’agissant de Laurent Gbagbo, dira l’orateur, «depuis qu’il a été élu en 2000 par le peuple de Côte d’Ivoire, et plus précisément depuis 2002, les puissances occidentales et la France en particulier n’ont eu d’autre dessein que de l’écarter de la présidence de la République de Côte d’Ivoire». Pour charger l’ancienne puissance tutélaire, l’orateur citera les coups d’Etat foireux de janvier 2001, de septembre 2002, les bombardements de Bouaké dans lesquels elle serait impliquée. Ces basses manœuvres ayant échoué, connaissant l’attachement de Laurent Gbagbo au suffrage universel, c’est au piège d’une élection truquée qu’ils réussiront, avec la complicité de l’ONU, à le prendre comme l’expliquera Guy Labertit.

Il soulignera que «pour relever le défi de l’élection, Laurent Gbagbo a «remis en jeu celui qui vient, aujourd’hui de façon odieuse, de le déporter de son pays, Alassane Ouattara. Si Alassane Ouattara a pu être candidat à l’élection présidentielle, il le doit à Laurent Gbagbo». Sur le truquage des élections de 2010, l’orateur qui dit avoir été témoin oculaire de leur déroulement donne quelque chiffres éloquents : «Sur 14 régions du pays qui représentaient 83% de l’électorat, Laurent Gbagbo avait plus de 7 points d’avance ; il avait 53,86% et Alassane Ouattara 46, 14%. Et sur les 5 régions du Nord qui représentent seulement 17% de l’électorat, le président Gbagbo qui avaient 7 points d’avance, s’est retrouvé avec 8 points de retard. Qui peut croire à la vérité de ce résultat ? M. Ouattara est à la tête de la Côte d’Ivoire à la base de résultats frauduleux qui ont été appuyés par la communauté internationale». Enfin, expliquera l’orateur, les élections de 2010 étaient une imposture qui justifie la précipitation avec laquelle Alassane Ouattara «a voulu se débarrasser de Laurent Gbagbo du territoire national parce que sa présence en Côte d’Ivoire est une gêne pour lui. ça lui rappelle en quelque sorte que ce pouvoir n’est pas pour lui».

La présence de Laurent Gbagbo à la CPI concerne toute l’Afrique c’est pourquoi Guy Labertit s’est réjoui de la présence dans la foule de plusieurs amis africains. Au rang de ces militants, on peut citer pêle-mêle Gatien Zoumako du Togo, Sessou Roger Kouassi du Bénin, résidant en Italie, représentant le conseil mondial du panafricanisme et Olivier Dossou, président du Cercle de réflexions sur les questions africaines et internationales (MORAF), résidant en Belgique. Sur le sens de leur présence, Olivier Dossou : «On parle de la Côte d’Ivoire, on parle du Bénin, on parle de nous Africains. Ils doivent donc se mobiliser et soutenir la cause ivoirienne qui est une cause commune, en tant qu’elle concerne la dignité de l’Africain qui doit se dresser contre la colonisation sous toutes ses formes, contre le racisme et contre la soumission».

Il était 16 heures (15 h TU) quand le meeting s’est terminé. Rendez-vous a été pris pour le 24 décembre 2011, cette fois devant la prison de Scheveningen, faubourg de La Haye, qui abrite le quartier pénitentiaire de La Haye où est détenu le président Gbagbo pour passer la fête de Noël avec lui.

James Cénach envoyé spécial de Notre voie à La Haye

Monsieur Sarkozy, nous acceptons votre provocation en duel !

Comme vous, contre vous et pour l’Afrique, je m’en vais en mission de civilisation, dans cet Article 163ème de la Révolution Permanente. Une mission comme celles qui mettent en spectacles vos valeurs sacrées autour desquelles vous avez fini par bâtir votre réputation actuelle. Une des bien sinistres d’ailleurs.

Alors, permettez-moi de parler de vos valeurs pour que l’histoire retienne cela de vous, cher Monsieur Sarkozy.

Parce que les valeurs qui sont vôtres et que je note au passage, en scrutant vos exploits les plus glorieux du moment, me font froid dans le dos.

Car en Libye, je viens de vous contempler en spectacle. En mission pour imposer la démocratie sarkozienne et lutter contre la longévité au pouvoir et la longévité tout court de Monsieur Kadhafi et ses fils qui vous reprochaient votre ingratitude et vous demandaient de rembourser l’argent qu’ils vous auraient donné, vous avez fait bombarder des écoles primaires, des hôpitaux et réduit en champ de ruine plus de la moitié de la Libye ; ce qui donne en termes de nouveau palmarès personnel, pas moins de 100 000 civils tués que vous enregistrez à votre compteur pour la seule Libye.

Ici, les valeurs sarkoziennes, c’est lutter contre la longévité au pouvoir, lutter contre l’espérance de vie de ceux qui ne font pas votre affaire, tuer les enfants, petits enfants et membres de la tribu de quiconque est considéré par vous comme un ennemi ayant trop duré sur la terre et à la tête de son pays.

Je vous voie également en route vers la Syrie, l’Iran, la République Démocratique du Congo et bien d’autres destinations dans votre agenda secret, pour diffuser dans une puanteur de nouveaux cadavres de civils, vos valeurs.

Mais avant ces nouveaux théâtres de vos missions d’implantation de la démocratie sarkozienne, je vous ai vu en activité et en mission civilisatrice en Côte d’Ivoire. Ne faisant pas les choses dans la dentelle, vous y êtes allé sans état d’âme. Un génocide primaire du peuple Wê dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire avec au moins 2000 civils tués, plus de 3000 civils tués pour la seule ville d’Abidjan et, quelques exploits privés des mercenaires et bandits que vous avez armés en rajoutent à votre macabre palmarès.

Ici également, vos valeurs, c’était la mise en place d’un « véritable processus démocratique » qui n’a de chance d’aboutir qu’avec Laurent GBAGBO en déportation, un appauvrissement de tous les cadres jugés pro-GBAGBO Laurent, un emprisonnement systématique de tous les cadres du parti du même Laurent GBAGBO, un exil forcé pour tous ceux d’entre les Ivoiriens qui ont pu échapper à votre mission de domestication démocratique dans une Côte d’Ivoire en pleine déconfiture aujourd’hui.

Je ne vous en veux pas, je vous prie d’assumer !

Personnellement, je n’ai rien contre vous. Je ne vous en veux pas. Chaque être humain a ses valeurs. J’ai les miennes, vous avez les vôtres. Donc, je n’ai point à me plaindre de vous pour le simple fait que vos valeurs sont différentes des miennes. Sauf que voilà : votre liberté d’imposer la démocratie sarkozienne à traversé les frontières de la France pour venir causer le deuil chez les miens ; alors, je me permets de traverser par ma plume, le territoire français afin de vous imposer mon opinion sur vos valeurs. Et pour être honnête, j’ai réellement pitié de vous.

Je vous ai vu heureux à vous fendre la bouche d’un sourire large jusqu’aux oreilles, lorsque vous avez eu, à votre âge, je veux dire, à quelques pas de la retraite, un bébé, qui devra grandir, aller à l’école et bénéficier de la sécurité sociale, au moment où vous-même serez à la charge du contribuable français. Du point de vue de mes valeurs africaines, ce comportement est celui d’un homme qui manque de dignité. Vivre au crochet des autres avec un bébé à la main, c’est être indigne.

Toujours en regard de mes valeurs africaines, humilier moins violent que soi ou si vous voulez, maltraiter et donner la mort à moins fort que soi, c’est adopter une attitude de lâche et faire la preuve d’un simple instinct criminel. C’est pourquoi vos exploits criminels en Libye et en Côte d’Ivoire ont été vécus par ma modeste personne, comme l’expression d’un complexe de personnalité, qui consisterait pour vous à jouer le brave, le mâle qui crache le feu, le raciste qui tue sans état d’âme l’inutile africain, même quand cela est totalement inutile, juste pour prouver à qui vous savez que vous en avez plein le « coffre » pour faire perpétuer une tradition raciste vieille de plusieurs siècles.

C’est ainsi que je vous voie et je vous prie d’assumer celui que vous êtes à mes yeux.

Mais que devriez-vous assumer de plus que fondamental ?

La mort des civils dont j’ai parlé ? Votre conception toute particulière de la démocratie ? Ou votre mépris racial qui est le langage le plus universel de vos crimes de sang en Afrique ?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de cela.

En Côte d’Ivoire, il y a une expression qui dit : « si tu ne m’arranges pas, ne me dérange pas ».

Non seulement votre mentalité et votre regard de l’Africain dûment exprimé à Dakar ne nous arrangent pas, mais vous vous êtes permis d’aller au-delà, pour déranger mon peuple et son destin.

Alors, il va falloir assumer. Assumer notre droit à une légitime défense. Assumer notre droit à une colère proportionnelle et proportionnée à l’humiliation et au deuil que vous avez infligés et continuez à infliger à l’Afrique. Assumer votre destin uni au nôtre pour relever tous les défis du duel à mort dans lequel vous venez de provoquer par votre haine raciale et votre mépris de nos peuples, toute l’Afrique digne.

Alors, vaincre ou périr, tel est notre unique challenge dans ce duel que vous nous imposez à une époque de notre histoire où nous ne vous avons fait aucun mal.

Et pour être honnête avec vous, cher Monsieur, vous, vos supporters et vos alliés allez souffrir jusqu’à ce que la France soit réduite à sa plus simple expression en Afrique.

Car de ce duel, un seul vainqueur devra sortira. Et j’ai la conviction inébranlable que vous et votre suite serez vaincus pour toujours. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute pour l’Afrique digne. Vous serez vaincus. Tous autant que vous êtes !

A Très bientôt !

Hassane Magued

L’ambassadeur du Gabon à Washington agressé par un de ses compatriotes