Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives Journalières: janvier 17, 2012

Livre « L’improvisation économique en Afrique de l’Ouest. Du coton au franc CFA »

La croissance et le développement de l’Afrique subsaharienne constituent un véritable mythe : ils sont évoqués dans tous les discours, mais tardent à se concrétiser. L’évidente contradiction entre les objectifs volontaristes affichés par les pouvoirs publics africains et la faiblesse des moyens dont ils se dotent conduit à s’interroger sur les ressorts de ce paradoxe et à mobiliser comme facteur explicatif l’extraversion qui caractérise les liens qu’entretient l’Afrique avec le reste du monde, en particulier les liens économiques.

Vu de loin, le comportement des pouvoirs publics africains paraît incohérent et parfois suicidaire, en tout cas en contradiction avec les impératifs du développement. A y regarder de plus près, ce comportement semble toutefois parfaitement rationnel pour des individus dont la principale préoccupation est, au mieux, de s’adapter à un contexte décisionnel fluctuant et, au pire, d’instrumentaliser les contraintes externes pour s’octroyer une légitimité interne d’autant plus impérative qu’elle peut rarement s’appuyer sur des élections libres et transparentes. Il en résulte un jeu permanent entre les individus et les institutions dont l’issue est incertaine.

Cet ouvrage s’attache à démontrer que l’improvisation, tendance lourde du pilotage des économies africaines, est la réponse des pouvoirs publics africains à des événements perçus comme aléatoires. L’absence de maîtrise des instruments de souveraineté économique (la monnaie, le budget) se traduit concrètement par une obligation de réagir au lieu d’agir. Après avoir mis en évidence la faible efficacité des politiques économiques menées sur le continent africain, cet ouvrage entend ainsi expliquer une partie de l’échec des politiques suivies, résultat pour l’essentiel de l’incertitude et de l’extraversion de la gouvernance en Afrique subsaharienne.

Son auteur, Kako Nubukpo est un économiste togolais, il est titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’université Lumière Lyon 2 et lauréat du concours d’agrégation des facultés de sciences économiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur et un ex- fonctionnaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il est depuis 2010, chef du Pôle « Analyse économique et recherche » de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à Ouagadougou.

Je vous invite à le lire.

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Le Nigeria au bord du chaos : Soyinka appelle à une conférence nationale

Ouestafnews – Le dramaturge et prix Nobel de littérature nigérian, Wole Soyinka, a appelé à la tenue d’une conférence nationale pour sauver son pays, « géant » de la région ouest africaine, aujourd’hui pratiquement au bord du chaos.

Depuis des mois le pays vit une situation explosive, marquée par des attentats meurtriers dans le nord du pays qui sont attribués à un groupe islamique radical dénommé Boko Haram. A cette violence de type « terroriste » s’est ajoutés de graves troubles sociaux sur l’ensemble du territoire, causés par des manifestations organisées pour protester contre la levée d’une vieille subvention gouvernementale sur les prix des produits pétroliers.

« Depuis des années nous le disons, ‘retrouvons nous, organisons une conférence nationale en toute liberté’ », a affirmé le poète dans un entretien accordé au service anglais de la BBC (chaine de radio publique britannique) avant de rappeler que son pays n’en a jamais connu et que les différentes constitutions adoptées au Nigeria n’ont jamais reflété la volonté de la majorité des Nigérians.

« Le problème réside dans le fait que nous n’avons jamais tenu une conférence nationale pour décider du futur de ce pays (le Nigeria) », a poursuivi le dramaturge et poète tout en précisant ne nourrir un quelconque « sentimentalisme » vis-à-vis du concept de « nation ».

En dépit de tout, il estime que le « projet de nation nigériane» tel qu’il existe aujourd’hui « mérite d’être poursuivi ». Et selon lui, seule une conférence nationale permettrait de trouver une solution au dysfonctionnement du système qui s’appuie sur « une constitution qui a tout d’abord été élaborée par des pouvoir coloniaux ».

Ces propositions sont faites alors que le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec ses plus de 120 millions d’habitants, vit depuis début des semaines de graves troubles que le président Goodluck Jonathan a décrit comme étant « pires » que ceux de la guerre civile au Biafra, dans les années 60.

Le pays a connu en effet une fin d’année particulièrement meurtrière. Le 25 décembre 2011, plusieurs attentats à la bombe devant divers lieux de cultes chrétiens ont fait plus de 80 morts. Ces attentats ont été attribués au groupe Boko Haram qui réclame l’adoption de la loi islamique (Charria) dans le nord du pays, peuplé majoritairement de musulmans.

Suite à la récurrence de ces attaques, des organisations religieuses chrétiennes ont fustigé l’incapacité du gouvernement central a assurer leur sécurité et ont donc appelé ouvertement à la vengeance. Résultat : l’attaque et le saccage aussitôt après de lieux de culte musulman, notamment dans le sud du pays. Certains analystes n’hésitent plus d’ailleurs à prédire une guerre civile à caractère interconfessionnelle, qui opposerait musulmans et chrétiens.

Face à un tel niveau de violence, les critiques fusent de partout contre le président Jonathan, accusé de « mollesse ». Certains citoyens n’hésitent plus à réclamer sa démission à travers les médias.

Dans un discours à la nation diffusé le 8 janvier 2012, le président a de son côté accusé les membres de Boko Haram, d’avoir infiltré l’ensemble de l’appareil d’Etat, du gouvernement au parlement en passant par les institutions judiciaires et les services de sécurité. Sans aller aussi loin dans l’accusation, le prix Nobel de littérature a lui aussi laissé entendre que Boko Haram a « toujours » été là, depuis longtemps déjà, sous diverses formes ou appellations sans que personne ne réagisse.

C’est sur ce fond de violence interreligieuse que le gouvernement a décidé d’appliquer sa décision de supprimer la subvention sur les produits pétroliers qui a provoqué une montée en flèche des prix du carburant, dont le litre à la pompe, est passé du jour au lendemain de 65 à 140 nairas (206 à 460 FCFA) dans un pays où le taux de pauvreté concerne plus de la moitié de la population.

Les syndicats qui ont pendant des mois tenté de dissuader le gouvernement de surseoir à sa décision, ont lancé depuis le 09 janvier 2012 un appel à la « grève illimitée » alors que les populations manifestent dans les rues. Le refus du gouvernement de revenir en arrière a été à l’origine de violents heurts dans plusieurs parties du pays, entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait cinq morts, dès le premier jour.

Pour le gouvernement central, l’arrêt de la subvention permettrait d’économiser 6 milliards de dollars qui se seront affectés à la remise à niveau des infrastructures, dont quelques raffineries actuellement peu productives qui obligent le pays à importer des produits pétroliers finis.

Mais pour la plupart des personnalités à la tête de la contestation, cette subvention constitue « la seule » retombée positive que les citoyens ordinaires tirent de la manne pétrolière de leur pays, pourtant considéré comme le plus grand producteur de pétrole en Afrique.

Dernières nouvelles : Le Président nigérian Jonathan Goodluck  vient de faire réduire le prix du carburant. Le prix à la pompe est désormais de 97 nairas contre 140 nairas prix fixé et qui faisait objet de crise.

Le Ministre Bohoun Bouabré s’en est allé. Qu’allez-vous faire maintenant ?

Paul Antoine Bohoun Bouabré, Ancien ministre des Finances sous Gbagbo

Je m’incline respectueusement devant la dépouille de ce grand-frère, serviteur de la Nation Ivoirienne et présente mes condoléances les plus attristées à sa famille biologique, politique comme professionnelle.

Et je profite pour vous poser la question de savoir: Qu’allez-vous faire maintenant, vous???
Vous qui avez divisé les Ivoiriens pour vous sentir au pouvoir!

Vous qui avez organisé les coups d’Etat (méthode inconnue des ivoiriens) pour vous voir au commande d’un peuple qui pleure rien qu’à vous voir!

Vous qui avez fait le tour du monde pour promouvoir le mensonge qui vous a portés au pouvoir afin de gouverner plus de cadavres que de survivants!

Vous qui avez choisi de tuer les ivoiriens parce qu’il vous fallait le pouvoir par tous les moyens!

Vous pour qui des Ivoiriens ont été jetés dans le feu jusqu’à être calcinés!

Vous par qui l’Occident est passé pour nous réduire à la soumission comme un bon peuple sans droit, sans loi ni souveraineté!

Qu’allez-vous faire maintenant du Ministre Bohoun Bouabré? Oui, je demande cela parce qu’ici encore, votre choix rencontre mon indignation.

Votre choix de célébrer la victoire de votre guerre par le mépris de la valeur humaine!

Même dans l’adversité, on peut rester humain, si jamais on l’a déjà été! Si non, on peut apprendre à devenir humain lorsque l’on a atteint ses objectifs qui ont semé la mort pendant plus d’une décennie dans un pays (voisin).

Qu’allez-vous faire maintenant du Ministre Bohoun Bouabré?

Vous avez refusé de dégeler ses avoirs afin qu’il puisse se soigner!? Vous avez voulu qu’il vous face allégeance avant de lui donner cette possibilité de se soigner !?

Maintenant que sa conviction, même irréaliste pour une Côte d’Ivoire digne et souveraine l’a emporté, faut-il dire que votre objectif est atteint en ce qui le concerne?

Allez-vous attendre qu’il fasse allégeance à titre posthume avant d’accepter qu’il soit enterré?

Allez-vous dégeler ses avoir afin que sa famille puisse organiser ses funérailles?

Qu’allez-vous faire maintenant des reste d’un serviteur de la Nation Ivoirienne que vous avez conduit à la mort en lui refusant le droit à la santé !?

Allez-vous maintenant vous réjouir en lui offrant un cercueil si cher où c’est écrit « ca fait un en moins, on attend le prochain » ?

Allez-vous attendre que d’autres meurent avant de dégeler leurs avoirs?

Oh oui, allez-vous attendre que AWA EHOURA et ELOI OULAÏ meurent avant d’envoyer une délégation soi-disant gouvernementale se pavaner dans leurs familles respectives ?

Ah, le pouvoir, je prie Dieu qu’il ne m’en donne pas, si c’est pour m’en servir à des fins criminelles ou devenir co-auteur direct ou indirect de crime!

On dit que c’est Dieu qui donne le pouvoir ou alors c’est Dieu qui permet à ce que quelqu’un accède au pouvoir. On dit aussi que Dieu peut même laisser l’agent du diable accéder au pouvoir s’il juge cela nécessaire… Mais on oublie d’ajouter que beaucoup se servent du pouvoir pour servir le diable et oublie Dieu! Ce diable qui veut qu’on refuse à un serviteur de la Nation Ivoirienne le droit à la santé parce qu’il a refusé de faire allégeance. Ce diable qui veut qu’on laisse un serviteur de la Nation mourir dans l’indifférence parce qu’il est un adversaire politique. Ce diable qui veut qu’Obama et Sarkozy soient chez eux et puissent décider de ce qu’on doit faire des serviteurs déchus de la Nation Ivoirienne. Ce diable qui veut qu’on continue de faire le mal pour se sentir important parce qu’on porte une étiquette obtenue dans le sang des innocents.

C’est une grande curiosité de savoir ce que vous allez faire de cette autre victime de votre victoire guerrière et de votre pouvoir, le Ministre Bohoun Bouabré. C’est aussi une grande curiosité de savoir ce que vous allez faire pour sauver la vie de cette valeur féminine si rare qu’est AWA EHOURA et celle de ELOI OULAÏ…

Soyez réconciliés avec votre conscience et que l’âme du Ministre Bohoun Bouabré repose en paix!

Yako à tous!

Dieu bénisse, délivre et restore la Côte d’Ivoire!

Rosalie Kouamé «Roska»

Ingénieur en Management, Leadership & Strategy Development

Activiste de la Paix, des Droits de l’Homme, de l’Education, de la Culture, de Jésus et des lois Divines

Présidente Fondatrice – Fondation Roska

roska_net@hotmail.com roska_net@yahoo.com

Pourquoi les recettes tirées des minerais par les pays africains sont-elles encore faibles ?

Une politique minière inadéquate et un régime fiscal statique expliquent en partie le fait que l’Etat africain tire peu profit de l’industrie minière, contrairement à l’Australie.

Le tout dernier rapport du groupe d’études internationales sur les investissements miniers en Afrique apporte beaucoup d’éclaircissements. Parmi les chapitres qui jalonnent cette recherche fouillée, nous nous sommes concentrés sur celui relatif au partage des recettes entre les Etats et les groupes miniers. Ainsi, en 2010, année phare pour l’industrie extractive, le bénéfice global net a atteint 110 milliards de dollars, en progression de 156% pour des actifs évalués à 1000 milliards de dollars.

D’une part, les pays africains n’ont pas imposé une taxe sur les gros bénéfices de l’industrie extractive et, d’autre part, ils ne participent pas, en général, aux activités d’extraction.
Pour sa part, le revenu global des activités minières était de 400 milliards de dollars durant la même année, en hausse de 32%.

En Afrique, les parts revenant à l’Etat sont moindres comparées à celles d’autres régions et pays comme l’Australie. Les raisons sont claires aux yeux des auteurs de l’étude. D’une part, les pays africains n’ont pas imposé une taxe sur les gros bénéfices de l’industrie extractive et, d’autre part, ils ne participent pas, en général, aux activités d’extraction, à l’exception notable du Botswana et de la Namibie et contrairement à l’Amérique latine. Pour inverser la tendance, les Etats africains ont tout intérêt à changer d’approche en participant à l’extraction eten dépoussiérant leurs régimes fiscaux.

En la matière, « le consensus veut que les régimes fiscaux des opérations minières soient conçus de façon à répartir la rente entre l’investisseur et le pays dans lequel se trouvent les minerais », souligne l’étude. L’investisseur doit être indemnisé grâce à un taux de rendement pour le risque lié à l’investissement, et le gouvernement hôte doit être indemnisé pour l’exploitation de ses ressources non renouvelables. Cette orthodoxie à part, il convient de rappeler que les Etats africains n’ont pas bénéficié du boom des minerais qui a gonflé les recettes des compagnies entre 2002 et 2007. Les avantages revenant aux gouvernants étaient minorés dans les réformes minières des années 80 et 90 prescrites par la Banque mondiale en pleine phase de stagnation de la demande mondiale. « Un aspect crucial de la plupart des régimes est que la pression fiscale pendant la durée de vie utile des actifs miniers est répartie de façon à ce qu’une taxe peu élevée est payée jusqu’à ce que le capital investi soit récupéré », note l’étude qui estime que cette situation reporte les versements d’impôts et que durant les périodes de flambées de cours, les avantages reviennent principalement à l’investisseur. « Cela accentue inévitablement le sentiment d’iniquité dans la répartition de ces avantages et entraîne un mécontentement généralisé. »
Aujourd’hui, préconisent les auteurs de l’étude, les pays africains doivent revisiter leurs codes miniers afin de conditionner l’exploitation des ressources à la maximisation par les investisseurs de l’impact d’investissement.

MBF

Source : Rapport du groupe d’études internationales sur les régimes miniers en Afrique (Commission économique pour l’Afrique, Union africaine, décembre 2011)

Le générique de fin a commencé : La France vient de perdre son triple A

La malédiction de Kadhafi et des morts de Duekoué a encore frappé : La France perd son triple A

En Afrique les morts ne sont pas morts. Ils sont là et punissent les méchants. Sarko n’a encore rien vu.

Le générique (musique) de fin a commencé. La France vient de perdre son Triple A. Comme m’écris Claire, une amie de Paris : « Ils n’ont perdu qu’un A et pourtant….Tremblements et relative stupeur: ça pleure de tous les côtés, gémissements et grincements de dents. Se souviennent-ils de ce qu’ils ont imposé à l’Afrique noire en général et au Cameroun en particulier depuis 30 ans? A force de brasser la m…, on finit par tomber dedans ».

Avait-on besoin d’être un magicien pour déclarer comme je l’ai fait dans mon article sur les guerres de l’Occident en Afrique que ce tripatouillage au nom de la guerre humanitaire pour tuer 60.000 personnes en Libye, y compris son Chef d’Etat et Kidappé un autre en Côte d’Ivoire pour être exposé à la Haye, tel un lion en cage au cirque dénomé CPI, ne les aurait pas sauvé de leur apnée financière ? Comme cela semble lointain le jour où M Sarkozy accompagné de M. Cameron est allé fêté sa victoire à Benghazi. Au fond, que fêtaient vraiment ces deux là? Alors qu’au même moment les banques françaises perdaient jusqu’à 65% de leur valeur boursière, les régions sombraient dans l’endettement sans qu’on sache comment elles allaient s’en sortir, le Groupe publique Areva (supposé, fierté du nucléaire français) creusait un trou historique de 3,5 milliards d’Euros de pertes etc. Lisez plutôt : Source: AFP 13/01/2012 17: 40’ L’agence S&P dégrade la note souveraine de la France

La note de la France a été dégradée, vendredi 13 janvier, par l’agence de notation Standard & Poor’s selon une source gouvernementale française citée anonymement par l’AFP. Une source européenne citée par Reuters confirme cette information. L’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg auraient été épargnés par cette dégradation. Deux autres pays de la zone euro bénéficient jusqu’ici de la meilleure note possible : l’Autriche et la Finlande. Mais la source citée par l’AFP n’a pu donner immédiatement de précisions les concernant. L’agence S&P, tout comme l’Elysée et Bercy, se sont refusés à tout commentaire.

« Plusieurs » pays verraient leur note souveraine abaissée ce vendredi. L’Autriche pourrait également être dégradée de AAA à AA+ selon le Financial Times. Selon une source de la zone euro, la Slovaquie serait aussi concernée par un abaissement de la note.

« Ce serait une difficulté de plus », avait déclaré Nicolas Sarkozy lundi 12 décembre. Mais « pas un cataclysme », a poursuivi le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé mercredi 14 décembre.

Les commentaires des responsables politiques sur la dégradation de la note de la France par Standard and Poor’s évoluent au rythme de la crise européenne. Nicolas Sarkozy n’avait-il pas glissé il y a quelques temps : « Si on perd le triple A, je suis mort » ?

Ainsi, après avoir fait de la préservation de la note souveraine l’indicateur sacré de la réussite de sa politique, la majorité tente d’en minimiser l’impact auprès de l’opinion. Mais quelles seront les conséquences réelles de la perte du AAA en France ?

Les 10 conséquences de la perte du triple A

Créé le 16-12-2011 à 13h19 – Mis à jour le 13-01-2012 à 17h30 Par Donald Hebert

1. Une hausse des taux d’intérêts

C’est un avertissement pour les créanciers de la France. Le triple A, décerné par les agences de notation comme Standard and Poor’s, indiquait que le risque de non-remboursement de la dette française était quasi nul. Rassurant pour les investisseurs à la recherche de placements sûrs, qui acceptaient de lui prêter à taux bas. Vont-ils désormais réclamer des taux supérieurs pour couvrir ce risque ?

2. Une confirmation de la crise

Se basant sur les analyses du Fonds monétaire international, sur les notes des deux autres grandes agences (Moody’s et Fitch) et surtout, sur les analyses des banques, les investisseurs n’ont pas attendu la perte du triple A pour paniquer.

La preuve de cette anticipation ? Avant sa dégradation, les taux d’intérêts des emprunts réalisés par l’Agence France Trésor n’ont cessé de monter ces dernières semaines, notamment par rapport à l’Allemagne. Et d’ailleurs, l’annonce, en décembre, de la mise sous surveillance par S&P de la note française a à peine fait ciller les marchés.

Cela dit, bien qu’anticipée, une dégradation n’arrange rien à la situation, car la France n’est pas le premier marché de la dette. Contrairement aux Etats-Unis qui, de ce fait, paient moins chers leurs emprunts aujourd’hui, bien qu’ils aient perdu leur triple A l’été dernier.

3. La fuite des investisseurs

En décembre, Standard and Poor’s avait mis sous surveillance quinze pays européens, mais elle avait ciblé plus particulièrement la France, en menaçant de lui retirer deux crans. « Si tous les pays de la zone sont dégradés d’un cran, c’est moins grave pour la France : les investisseurs ne la délaisseront pas au profit de ses voisins », expliquait Pascal Canfin, eurodéputé Verts et fondateur de Finance Watch, le Greenpeace de la finance.

Les fonds de pension, qui gèrent les actifs des retraités, ne prendront aucun risque : ils se tourneront mécaniquement vers les pays les mieux notés.

4. Le début d’un cercle vicieux

La dette de la France est de plus de 1.600 milliards d’euros. Le montant des intérêts est supérieur au plus gros budget de l’Etat. Et ce n’est pas fini : la France devra emprunter près de 180 milliards d’euros pour son financement public en 2012.

La poursuite de la hausse des taux d’intérêts signifierait une nouvelle réduction des marges de manœuvre du gouvernement. Notamment pour réformer l’Etat, relancer l’investissement et mettre en place une économie compétitive. Sans quoi il est impossible pour la France de retrouver une croissance suffisante pour réduire sa dette !

5. Une action de la banque centrale

La BCE n’est pas censée acheter des obligations souveraines. Son indépendance, gravée dans le marbre par les traités européens, lui interdit de financer un pays. Cependant, face au risque d’écroulement du système, elle a tout de même racheté des obligations grecques, irlandaises, portugaises, espagnoles et italiennes ces derniers mois.

Son but ? Restaurer la confiance sur les marchés obligataires et enrayer la hausse des taux, afin de sortir ces pays du cercle vicieux. En cas de déclenchement d’un tel phénomène en France, la BCE interviendra-t-elle ?

6. Une menace sur le système bancaire

Quelques jours après la menace de déclassement de la France, Standard and Poor’s a placé les banques françaises sous surveillance. Son exécution entrainera-t-elle une nouvelle dégradation du système bancaire ?

Là encore, les marchés ont sûrement anticipé. Les règles prudentielles européennes obligent les banques à détenir une proportion minimum de dette souveraine dans leur bilan, considérée il y a peu de temps comme un actif sûr.

Mais « elles vont avoir besoin de financement au premier trimestre 2012 », expliquait récemment Moritz Krämer, analyste chez S&P. Il estime à 200 milliards d’euros le montant des crédits arrivant à maturité pour une cinquantaine de banques européennes au premier trimestre 2012. Les banques françaises vont devoir vendre des actifs qu’elles avaient gardés jusqu’ici. Les prix étant bas sur les marchés, elles vont afficher des pertes dans leurs comptes. D’où les milliers de suppressions de postes annoncées cette année.

Conséquence de cette menace sur les banques : une hausse probable des taux d’intérêts pour les crédits aux entreprises et aux particuliers.

7. Une dégradation des institutions publiques

Certaines entités, disposant de la même signature que l’Etat pour leurs emprunts, devraient être dégradées. L’Unedic, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Réseau ferré de France (RFF), perdraient tous leur AAA. Même chose pour La Poste dont le coût de financement augmenterait.

Quelle conséquence pour la CDC, qui doit justement venir en aide à l’assureur Groupama et à la banque Dexia ? Ou pour la banque de financement des PME Oseo ? « Bénéficiant d’autres sources de financement que les marchés, elle ne sera pas nécessairement contrainte d’augmenter les taux pour ses clients dans un premier temps », explique un de ses cadres. Mais à plus long terme, il est possible qu’elle doive le faire dans certains cas. Reste à savoir lesquels, et quand.

8. Une augmentation des prix pour les particuliers

L’Etat participe au capital d’EDF, la SNCF, GDF-Suez, Air France-KLM, EADS, France Telecom, Renault, etc. A leur tour, ces grosses entreprises pourront voir leurs coûts de financement augmenter. Cela posera notamment problème aux filiales les moins solides, pour lesquelles la garantie de l’Etat est précieuse.

« Difficile de savoir quand se matérialiseront les conséquences de la perte du triple A pour les clients. L’impact sera probablement inégal et réparti sur plusieurs années », affirme Karine Berger, conseillère de François Hollande pour l’économie.

9. Un nouveau risque pour les collectivités locales

Leur système de financement par les banques est « en train d’exploser » affirme une analyste chez S&P. Leur budget dépend pour moitié des subventions de l’Etat, et elles utilisent sa garantie pour se financer ailleurs à des prix raisonnables. Et « parmi elles, il y a des centaines de petite Grèce », affirme Karine Berger.

10. Un tournant dans l’élection présidentielle

A qui profite la pression des agences ? Pour le président socialiste de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, « en acceptant par avance une dégradation et en refusant de mener une politique de redressement juste et efficace qui permettrait de l’éviter, Nicolas Sarkozy privilégie son intérêt électoral de court terme plutôt que l’intérêt de moyen et de long terme des Français ».

François Hollande avait ajouté en décembre : « Je ne sais pas ce qui se passe avec le triple A mais pour l’instant il y a un triple échec de Nicolas Sarkozy: échec par rapport à l’obligation de croissance, nous sommes en récession, échec par rapport à l’objectif de réduire le chômage, échec par rapport à la réduction des déficits ».

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com

http://www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

Triomphe confirmé des islamistes en Egypte : Les USA dans le rôle d’idiots utiles

Le scrutin législatif égyptien s’est traduit par une déroute totale pour les formations libérales, démocratiques et laïques; de même que pour les mouvements issus de la révolte contre Hosni Moubarak, l’an dernier. Cela confirme toutes nos analyses sur la révolution virtuelle des blogueurs et sur la réalité islamique de la société égyptienne. Les USA ont aidé un mouvement qui a été capable de renverser un régime sur sa fin, mais s’avère incapable de le remplacer. Il va falloir composer avec le pouvoir issu non de la rue, mais des urnes : les Islamistes.

Ce basculement de l’Egypte est un événement dont les conséquences sont encore imprévisibles et incalculables. Mais une fois de plus, un certain impérialisme démocratique, tentant d’imposer son modèle partout, semble avoir largement joué les apprentis sorciers.

Cette première élection depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 a été en effet marquée par la victoire écrasante des Islamistes, crédités, toutes formations confondues, d’environ 65% des voix et 70% des sièges… Ils feront ce qu’ils voudront et pourront changer la société égyptienne. Washington, qui ne tire leçon de rien, joue déjà la carte islamist,e malgré les précédentes désillusions et après avoir annoncé le triomphe de la démocratie musulmane. Ben Laden a été un allié, sinon une créature des USA. Faut-il le rappeler?

Les Etats-Unis, avaient repris, ces derniers mois, un dialogue discret avec la confrérie islamiste. En visite au Caire, William Burns, secrétaire d’Etat adjoint, a rencontré des dirigeants du Parti de la liberté et de la justice, issu des Frères musulmans. Son leader a «demandé que les Etats-Unis révisent leur politique (…) en conformité avec (les aspirations) du Printemps arabe», qui a balayé les régimes autocratiques en Egypte, en Libye et en Tunisie. Il a aussi appelé Washington à adopter une «position positive concernant les causes arabes et islamiques».

Le printemps des dupes

William Burns «a félicité le parti pour ses résultats» électoraux et affirmé que son pays était «prêt à aider l’économie égyptienne à surmonter la crise». Les Etats-Unis «respectent le choix du peuple égyptien», a dit William Burns, cité par le communiqué. Washington avait fait savoir, au début janvier, que les Frères musulmans avaient donné des garanties sur le respect du traité de paix conclu, en 1979, entre l’Egypte et Israël, premier allié des Etats-Unis dans la région. Mais, certains signes montrent un durcissement des militaires toujours au pouvoir et certains, en Israël, craignent une surenchère.

Le responsable américain n’a pas, en revanche, rencontré de responsables des partis fondamentalistes salafistes, crédités de plus 25% des voix, dont la percée électorale constitue, de fait, la grande surprise dans la surprise du scrutin.

L’élection des membres de l’Assemblée du peuple doit être suivie, à partir du 29 janvier, de celle des sénateurs de la Chambre haute consultative. Le cycle électoral complet s’achèvera avec une présidentielle, au plus tard fin juin. D’ici là, les Islamistes auront imposés leur marque. Un mouvement électoral est en cours, qui transforme le premier pays arabe, allié des USA et ayant signé un traité de paix avec Israël, en puissance islamique. Ce n’est pas rien.

Washington a cru que quelques jeunes branchés pouvaient imposer leur choix au peuple. Moubarak est tombé parce que, comme Ben Ali, son régime était en hiver et déconnecté du peuple. Mais sa chute ne profite en rien aux forces de la liberté occidentalisées, médiatisées, mais ultra minoritaires. L’Egypte affirme son identité musulmane à travers un vote très net pour un islamisme politique. Il est décidément le grand gagnant de ce qui apparaît, de plus en plus, comme « un printemps des dupes ».

Jean Bonnevey sur METAMAG