Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives de Catégorie: Actualités Béninoises

Ellissa Group et Yamen expulsés du Bénin pour trafic de drogue et blanchiment d’argent

Le gouvernement béninois a décidé d’expulser du Bénin le mercredi 18 Janvier 2012, Ellissa Group et Yamen, suspectés d’activités illicites.

Selon les investigations de la Drug enforcement administration (Dea), sous le couvert de la vente des voitures d’occasion, la société Ellissa de Ali Kharroubi, mène des activités illicites, dont le blanchiment d’argent pour financer le Hezbollah libanais, parti qui figure, aux Etats-Unis, sur la liste des groupements terroristes.

L’agence anti-drogue américaine a ciblé plusieurs autres personnes pour leur rôle dans les transferts illicites d’argent vers le Liban. Il s’agit de la Lebanese Canadian Bank, Hassan Ayash Exchange Company, Cybamar Swiss GMBH, Nomeco SARL, Marco SARL et Salhab Travel Agency.

Plainte du JUDGE HOLWELL

JUDGE HOLWELL

-x

PREET BHARARA

united States Attorney for the Southern District of New York

By: SHARON COHEN LEVIN
MICHAEL D. LOCKARD
JASON H. COWLEY
ALEXANDER J. WILSON
One St. Andrew’s Plaza
New York, New York 10007

UNITED STATES DISTRICT COURT
SOUTHERN DISTRICT OF NEW YORK
UNITED STATES OF AMERICA,

Plaintiff,
– v. –

LEBANESE CANADIAN BANK SAL, ELLISSA
HOLDING COMPANY, HASSAN AYASH EXCHANGE
COMPANY, CYBAMAR SWISS GMBH, LLC, STE

In addition, Ellissa Group SA, Ellissa Holding, Ellissa Megastore, Ellissa Parc Cotonou, and Ellissa Shipping, the latter three of which are located in Benin, were designated (the Ellissa companies collectively, « Ellis sa Holding »).

c. Narcotics Trafficking in West Africa

During the last decade, drug trafficking organizations have increasingly used countries along or near the West African coast as trans-shipment hubs for importing massive quantities of narcotics, particularly cocaine from South America, to be later distributed in Europe or elsewhere within Africa.

Through a combination of privately owned aircraft and maritime vessels, these organizations, predominantly based in Venezuela and Colombia, have transported hundreds of tons of cocaine, worth billions of dollars, to West African nations such as Benin,
Sierra Leone, and Togo.

F. The Ellissa Exchange, Ellissa Shipping Company, and Ellissa Car Parc in Cotonou

50. The Ellissa Holding Company owns or controls approximately nine companies in Lebanon, Benin and the DRC, including the Ellissa Exchange, a money exchange based in
Sarafand, Lebanon; Ellissa Group SA, which owns a car park in Cotonou, Benin, for receiving and selling used cars imported to the Cotonou port; and Ellissa Shipping, which is principally engaged in shipping used cars to Benin through the Cotonou port.

The Ellissa Holding Company is principally owned and controlled by Jamal Mohamad Kharoubi and Ali Mohammed Kharroubi.

51. Wire transfers originating from the Ellissa

Exchange totaling approximately $61,747,524 were sent to United States accounts for the purpose of purchasing or shipping cars between in or about January 2007 and in or about January 2011.

G. Transfers from Ayash, Ellissa and Others to the United States to Buy and Ship Used Cars

52. Between in or about January 2007 and in or about January 2011, the Ayash Exchange and the Ellissa Exchange originated approximately $203,269,615 or more in wire transfers (the nExchange Funds ») from’accounts held at LCB, Federal Bank, BLOM, and MEAB (collectively, the nLebanese Banks ») to bank accounts in the United States for the purchase or shipping of used cars.

53. Account holders other than Hassan Ayash Exchange and Ellissa Exchange initiated wire transfers totaling at least approximately $126,281,969 (the nNon-Exchange Funds ») to bank accounts in the United States for the purchase or shipping of used cars. Some of the originators for these Non-Exchange. Funds are discussed below, see ~ 77.

55. Between 2008 and 2010, used cars valued collectively at over $1 billion were shipped from the United States to Benin, including hundreds of millions’ worth of used cars purchased with funds from the Lebanese Banks.

65. Money couriers also transport millions of dollars from Benin on commercial air flights.

Couriers travel on these flights and carry the undeclared cash with them in order to evade detection. For example, on December 9, 2010, three individuals who had traveled on a flight from Benin were arrested at Charles De Gaulle International Airport in Paris, France. The three were en route to Beirut, Lebanon. They were discovered to be carrying over $6.5 million in United States currency and €48,500. These funds were not declared. One of the individuals was carrying a business card for Ellissa Megastore, Ellissa’s car lot in
Cotonou, Benin.

66. Cash is also commonly transported out of Benin through the airport in Accra, Ghana, approximately 210 miles from Cotonou, Benin. The route from Cotonou to Accra passes through Togo and its capital, Lome, on the Ghana border. The Ghanaian Customs, Excise, and Preventive Services recorded approximately $1.2 billion in declared United States currency imported across the Lome border crossing in 2007 and 2008. Approximately $845 million of this was declared by Lebanese nationals.

67. From Accra, the cash is often flown to Beirut.

Hizballah security facilitates the receipt of cash flown into the Beirut International Airport. For example, money couriers are sometimes instructed over the public address system to deplane first, and are escorted to private rooms in the airport where the cash would be received.

Dated: New York, New York
December 15, 2011

PREET BHARARA
United States Attorney for the Southern District of New York

By:
Michael D. Lockard
Jason H. Cowley
Alexander J. Wilson
Assistant United States Attorneys
One St. Andrew’s Plaza
New York, New York 10007
(212) 637-1060/2193/2479/2453

http://www.justice.gov/dea/pubs/pressrel/pr121511_filed-complaint.pdf

Publicités

BENIN : Déclaration de constitution du Groupe Parlementaire PRD / UNION FAIT LA NATION

Le Groupe parlementaire PRD/ Union fait la Nation a vu le jour, sa présidence est assurée par l’Honorable Augustin Ahouanvoébla ; Atao Mohamed Hinouho en est le vice-Président. Les membres de ce nouveau groupe parlementaire sont les députés du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbedji. Ils quittent ainsi le grand groupe « Union fait la Nation » pour faire bande à part. Le groupe revendique toujours son appartenance à l’Union fait la Nation.

DECLARATION DE CONSTITUTION DU GROUPE PARLEMENTAIRE PRD/UNION FAIT LA NATION

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Chers collègues,

Depuis la Conférence Nationale des forces vives de la Nation, notre peuple a affirmé solennellement sa détermination à créer un état de droit et de démocratie pluraliste dans lequel les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus. Pour y parvenir, plusieurs institutions ont été prévues dont l’Assemblée Nationale. Celle –ci a pour mission de légiférer et de contrôler l’action du gouvernement.

En dépit des légitimes contestations qui ont caractérisé la préparation et l’organisation des dernières élections présidentielles et législatives, les Béninois continuent d’exprimer avec insistance leur désir de voir le Bénin accéder au progrès et au mieux-être dans un environnement de paix. Le peuple tout entier aspire à voir ses élus au Parlement se consacrer davantage aux questions liées à son développement. Le peuple souhaite voir le Parlement exercer ses attributions de contre-pouvoir conformément au texte et à l’esprit de la Constitution du 10 décembre 1991, en vue de la satisfaction de ses aspirations.

Réaffirmant sa totale appartenance à l’Union fait la Nation, le Parti du Renouveau Démocratique(PRD) s’engage aux côtés des différentes entités constitutives de l’Union fait la Nation, en faveur de la paix et du développement ; il adresse ses félicitations au groupe parlementaire UN et à son Président pour leur ardeur et leur dévouement à soutenir les points de vue du groupe.

Cependant soucieux d’une meilleure implication et d’une plus grande efficacité dans l’accomplissement de la mission qu’ils ont reçue du peuple, les députés signataires de la présente déclaration ont formé un groupe parlementaire dénommé « PRD-UNION FAIT LA NATION «.

Le groupe parlementaire PRD/UNION FAIT LA NATION composé des députés dont la liste est annexée, a pour :

– Président l’Honorable Augustin AHOUANVOEBLA

-Vice-président l’Honorable Atao HINOUHO

 Vive la démocratie

Vive le Bénin

Dans les coulisses du Conseil de l’Entente

A un journaliste qui lui demandait à quoi sert encore le Conseil de l’entente, un ministre des affaires étrangères venu au sommet de Cotonou lundi dernier, a eu une réponse curieuse : « Sans vous mentir, c’est la question que moi-même je me pose », a-t-il confié. Dans un environnement ouest-africain déjà jonché d’institutions à visée intégrationniste, l’embarras du ministre est loin d’être un épiphénomène.

Les assises de Cotonou ont été en apparence une grand-mess pour rien, sentiment largement corroboré par le communiqué final désespérément pompeux et désespérément vide. Au total, on aura simplement retenu que Boni Yayi a été reconduit pour un autre mandat d’un an et qu’il bénéficie du soutien de ses pairs franchement ravis de voir son enthousiasme communicatif sur une institution donnée pour morte depuis plus de dix ans. Et c’est tout.

La douce mélodie écrite à la résurrection a été composée en sol majeur, éclatante de visée diplomatique, riche de lendemains qui chantent. « Much ado about nothing » (beaucoup de bruit pour rien) disait la fameuse pièce de Shakespeare. Comme toutes les assises panafricaines qui réunissent nos chefs d’Etats et de gouvernement, celles de Cotonou auront été marquées par un déploiement médiatique préfigurant de grandes résolutions sans lendemain.

Pas d’actions fortes en vue sur l’agriculture, la pêche ou l’élevage, rien sur l’industrie et l’artisanat, et rien encore sur le commerce, le transport ou le tourisme. On se dit tout au moins que les pauvres deniers de l’Etat béninois n’ont pas servi à financer du vent, et que, certainement, le Chef de l’Etat a des raisons suffisantes pour ressusciter la plus vieille institution de l’Afrique de l’Ouest enterrée depuis longtemps sous les scories du temps.

Pratiquement à l’abandon depuis une décennie, c’est dans la morosité qu’elle a célébré ses cinquante ans d’existence en 2009. Son siège situé à Cotonou a été évacué, malgré les contorsions rhétoriques employées pour montrer qu’il a été transféré ailleurs. Réellement, il y a un malaise Conseil de l’Entente. L’institution a été conçue au départ par Félix Houphouët-Boigny pour servir de creuset aux Etats en marche vers la souveraineté internationale.

 A n’en point douter, c’était le premier outil d’intégration sous-régionale, même s’il a pu être utilisé à des fins diplomatiques par le vieux sage de l’Afrique (comme on appelait Houphouët à l’époque). Dans la réalité, le seul instrument de coopération qui appelle encore son nom reste l’Organisation des loteries nationales du Conseil de l’Entente qui tient des réunions régulières. Tous les programmes de développement qui maintenaient la flamme (hydraulique villageoise, l’assistance aux entreprises, électrification rurale, etc.) sont au ralenti depuis pratiquement 1990.

Ce long sommeil provient, on s’en doute, du regain d’activité au sein des autres institutions ayant pratiquement le même objet. Que ce soit l’Union africaine, la CEDEAO ou encore et surtout l’UEMOA, elles ont réussi à éclipser le Conseil de l’Entente qui n’avait plus de rôle à jouer. Mais cela ne voudrait nullement dire que l’éveil actuel correspond à une quelconque léthargie de ces institutions. Et c’est là où la curiosité perce vers la clarté.

En réalité, le sommet de Cotonou a tout l’air d’une manœuvre diplomatique du Bénin. L’agenda de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) peut expliquer le curieux enthousiasme du gouvernement. Désireux de placer son candidat à la tête de la CEDEAO, Boni Yayi ne compte pas rester les bras croisés face au Burkina-Faso qui ne ménage pas non plus ses efforts.

Toutes les occasions sont bonnes pour rehausser l’image de marque du pays et le présenter ainsi aux yeux des autres membres de la CEDEAO comme un pays panafricaniste, rassembleur et soucieux d’intégration. D’autant d’ailleurs que le sommet devant décider (enfin !) en dernier ressort se tient samedi prochain.

Rendez-vous crucial pour le Bénin qui attend impatiemment que la CEDEAO lui fasse justice, puisque notre pays n’a jamais occupé un poste de décision au sein de la Commission depuis 36 ans. Et le Conseil pourrait apparaître comme un espace permettant aux challengers de la CEDEAO de se retrouver pour négocier avec l’intermédiation de leurs pairs.

Inutile en réalité mais utile en fin de compte, le Conseil de l’Entente est donc une ressource diplomatique dont Boni Yayi s’est habilement servi, sans y paraître. Samedi nous dira s’il a réussi son jeu ou si au contraire Blaise Compaoré était plus futé que lui.

Olivier ALLOCHEME

Lutte contre la corruption : Le Bénin reste un mauvais élève

L’ONG Transparency International a publié le 2 décembre dernier le classement 2011, des pays en vertu de son Indice de perception de la corruption (IPC) qui évalue 183 pays en fonction de la perception du niveau de corruption affectant leur administration publique et classe politique. Le Bénin occupe la 100ème place (96è en 2010) et reste un mauvais élève.

Elle a donné une note de 0 (haut niveau de corruption perçu) à 10 (haut niveau d’intégrité perçu). Sur les 183 pays concernés par ce classement, l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2011 montre que certains gouvernements échouent à protéger leurs citoyens de la corruption. Il s’agit ici de détournements de ressources publiques, de pots-de-vin ou de prises de décisions tenues secrètes. L’indice utilise les données de 17 enquêtes portant sur des facteurs tels que l’application des lois anti-corruption, l’accès à l’information et les conflits d’intérêts.

Avec une note de 9.5, la Nouvelle Zélande arrive en tête du classement. Elle est suivie de trois pays scandinaves (Finlande, Danemark, Suède) et du Singapour. C’est en somme des pays qui prônent la transparence et la bonne gouvernance. Second constat, les pays africains sont toujours les mauvais élèves de la classe : aucun pays africain ne figure parmi les dix (10) premiers. Le Botswana qui occupe le 32ème rang avec une note de 6,1 est le meilleur africain. Il est suivi du Cap Vert (41ème), de l’Ile Maurice (46ème) et du Rwanda (49ème). Ce dernier pays connaît l’un des plus grands progrès avec un score de 5.0 en 2011 contre 4.0 en 2010. Le Bénin occupe la 100ème place (96è en 2010) et reste un mauvais élève, malgré les mesures mises en œuvre dans le cadre de la Refondation et dont les effets restent encore à évaluer.

Conférence des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente à Cotonou, l’ombre de Gbagbo a plané

Les chefs d’Etat du Conseil de l’Entente ont célébré la messe de la refondation du Conseil de l’Entente. Yayi, Ouattara, Faure, Issifou, Compaoré ont, semble-t-il, réfléchi sur les voies et moyens pour ressusciter l’organisation. Pendant qu’ils se rassemblaient, le plus panafricaniste des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente, Laurent Koudou Gbagbo comparût devant la Cour Pénale Internationale.

L’actualité, c’est bien Laurent Gbagbo et non les élucubrations de seigneurs de guerre imposés comme Chefs d’Etat dans le Conseil de l’Entente. Derrière le sourire narquois du banquier rebelle, se révèle un mensonge. Ce banquier rebelle avait déclaré que son prédécesseur était bien traité à Korhogo. Faux ! Voici comment Laurent Gbagbo était traité : « … il n’avait droit qu’à un lit, une moustiquaire, une douche et deux repas par jour et n’a pu voir la lumière du jour ». C’est dans cet océan de mensonges que s’est ouvert le conclave des Chefs d’Etat du Conseil de l’Entente. A part les journalistes de service, les travaux n’ont intéressé personne.

A Abidjan, Ouagadougou, Lomé, Niamey et Cotonou, ce qui a fait l’actualité, ce sont les propos de Laurent Gbagbo : « Je ne suis plus un jeune homme, j’ai 66 ans. Mon épaule me fait mal, mes poignets me font mal. ».

Comme on peut le constater, la réunion de Cotonou a été une messe inutilement dépensière. Que peut-on construire de durable et de solide sur un sable mouvant de mensonges ? Rien, absolument rien.

La réunion de Cotonou prouve une fois encore que nos Etats sont dirigés par des lettrés et non des intellectuels.

Tout le long de la cérémonie, il n’y avait rien d’africain. Nos roitelets de chefs, ils étaient en costume sous ce chaud soleil, tels les nègres de la période coloniale. Pour développer le conseil de l’entente, il est impérieux que nous soyons nous mêmes, culturellement, philosophiquement et politiquement. Ce n’est pas le cas. Culturellement, extravertis, les nouveaux chefs ont trahi la pensée des pères fondateurs. Ils ont bavardé, pris du vin et ne pourront mettre en œuvre que ce qui est bon pour l’Elysée. Cette génération de Chefs d’Etat est l’ennui du développement de l’espace de  « mésentente ».

La valorisation de la richesse endogène devrait être une préoccupation, un symbole, une exhortation. Il y a de quoi, regretter le Ghana. Philosophiquement, le conseil de l’entente n’a pas une pensée dominante. Il veut naviguer à vue. Ce qui importe, c’est d’abord l’idée. Sans elle, rien n’est possible. Le développement, c’est un comportement, c’est le respect du sacré. Lorsqu’on fragilise les institutions en les sabordant à l’extérieur, on ne fait que le lit de la fragilisation. Regardez, un peu là -haut, la Présidence est une institution. Lorsqu’un ancien Président de la République est livré à la justice dite internationale, aussi bêtement qu’un vulgaire voleur de  « Placali », il n’y a rien de respectable pour ce pays-là. Dans un monde aussi globalisé que le nôtre, ce qui compte, c’est moins le discours long et ennuyeux de la refondation que la capacité à montrer une force de caractère qui permette d’imposer le respect.

La refondation du conseil de l’Entente aurait été une bonne chose si la base a été l’éducation et la mise en commun des programmes de formation. Il faudra bâtir l’avenir. Comment former des magistrats de qualité dans l’espace, des philosophes de haut niveau capables d’insuffler dans le subconscient collectif qu’être marionnette de quelqu’un, fût-il riche, est une honte, une déshumanisation et une injure à la vie sur terre. L’Afrique partout a le même problème. L’homme noir est un ennemi pour lui-même. Lorsqu’apparaît une lumière, on cherche rapidement à l’éteindre par tous les moyens.

Il n’y a rien à espérer de bon et de bien du Conseil de l’Entente. Ils ont déjà tout partagé, plus rien ne devrait étonner. Des chefs sous-tutelle, se réunissent pour s’affranchir !!! Il vaut mieux en rire pour suivre plutôt l’actualité honteuse de la Cpi. La réunion de Cotonou n’a fait que montrer des Chefs d’Etat fatigués, déprimés, abattus, accablés et préoccupés par la fragilité de leurs régimes.

Herbert Houngnibo

BENIN : Nouveau Programme d’Etude – L’argent est terminé

Ceux qui ont des enfants au primaire et surveillent leurs cahiers ont dû se rendre compte de profonds changements dans les leçons. Les anciennes appellations, autrefois proscrites, sont revenues en force. Morale, civisme, histoire, géographie ont été remises au goût du jour. Pourquoi ces curieux changements ? En attendant que la rédaction de votre journal n’achève une enquête qu’elle mène à cet effet, il est certain qu’il s’agit d’un revirement sémantique important au regard des options opérées par l’approche dite par compétence en usage depuis plus d’une décennie.

Pour y parvenir, les enseignants ont été recyclés aux nouvelles normes durant tout le mois de novembre. Avec interdiction formelle d’évoquer un quelconque retour à l’ancien programme. Sinon, les inspecteurs et autres conseillers pédagogiques piquent une vigoureuse colère. Pour eux effectivement, c’est une intolérable injure que de laisser supposer même qu’ils se sont fourvoyés durant une longue décennie.

Mais pour les instituteurs eux-mêmes, inutile de se voiler la face, l’argent est terminé. Quel argent ? Celui qui a servi à engraisser pendant tout ce temps les cadres de l’éducation primaire et secondaire, adeptes de ce nouveau programme devenu approche par compétence, contre l’avis de la grande majorité des enseignants. Sous cape et souvent avec une étonnante constance, ils ne manquent jamais d’attirer (en privé) l’attention des parents sur les dangers de cette approche suicidaire pour les enfants.

Chacun d’eux a peur de son CP ou de son inspecteur qui exerce ici une tutelle intellectuelle implacable, rendue possible par l’obséquiosité naturelle des personnels enseignants. Aucun d’eux ne pouvait réellement refuser d’appliquer l’hideux programme, sous peine de recevoir les notes minables que tout le monde redoute. L’administration scolaire elle-même, formatée pour défendre ses intérêts, s’était toute entière parée au profit des juteux émoluments provenant des bailleurs de fonds.

L’USAID et le FNUAP y ont investi leurs milliards, miel d’autant plus intéressant qu’il ne coûtait que le prix d’un ajustement des programmes nationaux sur les pratiques provenant des Etats-Unis ou du Canada. Exigence facile à satisfaire. Et nous voilà lancés à marche forcée dans une transformation en profondeur de la pédagogie et des contenus notionnels, avec les heurs et les malheurs que l’on sait.

Si les pratiques anciennes peuvent être critiquables, elles ne méritaient pas vraiment d’être « rasées » comme elles ont pu l’être. Conséquence, les résultats du CEP truqués au vu et au su de tout le monde, ont affiché des records de réussite tandis que parents et enseignants constatent au fil des années l’inquiétante dégradation du niveau de leurs enfants.

De grossiers montages docimologiques ont permis de gonfler les notes pour donner l’illusion que les enfants travaillent mieux qu’avant. Le temps a permis de les découvrir, même si les mécanismes de leur mise en œuvre se révèlent impossibles à enrayer d’un coup. C’est ainsi que nos enfants sont devenus des génies en classe, alors que tout le monde a pu constater la baisse généralisée des niveaux. Les plus avisés ont eu la bonne idée de solliciter les services de répétiteurs grassement rémunérés. La douce insistance des enseignants ne pouvait pas passer inaperçue non plus. Et la grande masse des parents pauvres est restée impuissante à arrêter le carrousel.

Au long de ces années d’incurie pédagogique et de démission de l’intelligence, quelques-uns ont poussé de véritables cris d’alarme. Comme toujours, ils n’ont pas été entendus, mais plutôt voués aux gémonies, ridiculisés. La CNSTB de Gaston Azoua ainsi que le parti communiste du Bénin y sont allés de leur verve et de leur énergie. Certains professeurs d’université comme le professeur Félix Iroko ont mené des travaux de terrain qui ont révélé des drames réels et le désarroi de la plupart des acteurs.

Un psychopédagogue comme le Professeur Jean-Claude Hounmènou, par ailleurs directeur adjoint de l’Ecole normale supérieure de Porto-Novo, ne rate aucune occasion pour dire sa désapprobation. Pour lui, l’APC est le résultat d’une mauvaise compréhension de la pédagogie participative.

Les corrections apportées d’année en année pour sauver les meubles ont permis d’endiguer quelque peu la descente aux enfers de l’éducation nationale. Nous nous rendons simplement compte que les fondamentaux de l’éducation se remettent en place, progressivement. Comme une parenthèse malheureuse, le « nouveau programme » rebaptisé APC a sacrifié des générations entières d’élèves, des générations entières de Béninois et finalement un pan de l’avenir de ce pays se trouve en point d’interrogation.

Olivier ALLOCHEME

Le Parti Communiste du Bénin (PCB) proteste contre la déportation de Laurent Gbagbo à la Haye

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. :21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : www.la-flamme.org

LE PCB PROTESTE CONTRE LA DEPORTATION DE LAURENT GBAGBO A LA HAYE

Selon le quotidien « La Nation » en date de ce jour 30 novembre 2011 rapportant l’AFP, « Le procureur a notifié un mandat d’arrêt international au Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. Il va s’agir de le transférer à la Haye, je ne sais pas quand, ça peut être aujourd’hui, demain au plus tard » (sic). Ainsi, ce jour mercredi, deux jours après l’audition qui a débuté le lundi 28 novembre et dix jours avant les élections législatives auxquelles le parti de Laurent Gbagbo, le FPI a décidé de ne pas participer, les puissances étrangères qui ont agressé la Côte d’Ivoire, bombardé le Palais présidentiel et ont réduit le pays en un protectorat, sous mandat de l’ONU, transformée en agence de couverture des agressions et de recolonisation des pays pauvres, notamment ceux d’Afrique, les puissances étrangères déportent l’ex chef d’Etat avec la complicité de celui qu’on ne peut pas ne pas qualifier de pantin des puissances étrangères, Alassane Ouattara.

Ainsi, sous nos yeux, se répète le scénario de déportation des rois et chefs de communautés qui ont, pour une raison ou une autre, résisté à la volonté des colons. Que les auteurs des crimes qui ont endeuillé la Côte-d’Ivoire et semé la mort dans les populations doivent être jugés, il n’y a aucun doute là-dessus. Et le PCB qui en appelle au jugement et au châtiment des criminels politiques l’a toujours exigé dans notre pays et partout. Mais cela doit l’être dans chaque pays, et en occurrence ici, en Côte-d’Ivoire avec la législation ivoirienne afin qu’un terme soit mis à l’impunité par le peuple ivoirien et non par des puissances étrangères. Il y va de la souveraineté, de la dignité et de l’honneur de chaque peuple et de l’Afrique.

C’est sur la base de ces principes que les Etats-Unis refusent le jugement de leurs citoyens en dehors de leur territoire et ont refusé de ratifier jusqu’aujourd’hui le traité de la CPI. La France également joue des pieds et des mains pour ramener sur son territoire ses citoyens accusés de crimes comme on l’a vu dans la ténébreuse affaire Arche de Zoé au Tchad. Ainsi les grandes puissances défendent leur dignité et s’acharnent à humilier les peuples africains et leurs dirigeants, à les traiter comme des esclaves.

C’est inadmissible, inhumain. Le PCB élève une vive protestation contre l’humiliation de l’Afrique, de ses fils et dirigeants. Il répète qu’il n’appartient à aucune puissance étrangère de juger les criminels politiques d’un autre pays. Il invite toutes les organisations démocratiques à protester contre les puissances étrangères et leur complice, Alassane Ouattara au pouvoir en Côte-d’Ivoire. Gbagbo doit être ramené en Côte-d’Ivoire pour y être jugé pour ses crimes.

Cotonou, le 30 novembre 2011

Le Parti Communiste du Bénin

Fcfa : Dévalué, il sera dévalué

La Présidence (du Bénin) a souhaité que les nouveaux agrégés éclairent l’action gouvernementale par le contenu de leur savoir et leur capacité à décrypter. C’est une nouvelle agréable. A propos, pourrions – nous savoir si le franc Cfa sera dévalué dans cinq semaines ? Agrégés en Sciences Economiques et de gestion, à vos marques. A défaut d’éclairage public, la raison nous suggère des pistes de réflexion.

Les flux monétaires au niveau des banques sont de nature à présager d’une éventuelle dévaluation. Les comptes se vident lentement au profit des contrées européennes. On peut chercher à savoir. En fait, les titulaires de compte ont l’information. Ils sont dans la logique du profit. Deux déclarations confirment sans l’affirmer la thèse d’une dévaluation. Il est vrai que nous aurions préféré les avis de nos éminents agrégés, mais à défaut, contentons-nous des avis des experts étrangers. L’économiste Abdourahmane Sarr, ancien représentant du Fonds monétaire international (Fmi) au Togo et au Bénin se fait le point de vue que voici : « le franc Cfa n’est pas à son niveau d’équilibre ; il est surévalué ». Cela veut dire ce que cela veut dire, une monnaie faible devant l’euro. En ce temps de crise financière européenne, comment affaiblir le franc Cfa pour sortir l’euro version française du fond de l’eau des déficits publics ? Une solution unique s’impose : « 1 Euro = 1000f Cfa ». Et comme, l’indiscrétion est la règle en Côte d’Ivoire, disons que le secret africain reste ce qu’il est, le ministre d’Etat du Plan et du Développement a affirmé : « la dévaluation n’est pas une catastrophe et elle pourrait même générer des milliards de francs Cfa  » (Source SlateAfrique).

Comme en 1994, les dirigeants continuent de nous rassurer. Mais le cas du Bénin est compréhensible. Il n’y a de culture monétaire assez solide pour émettre un point de vue sur la situation de la monnaie. La preuve en est que nous sommes obligés de nous tourner vers l’extérieur pour rechercher la matière première qui servira de réflexions pour la question. Les propositions de l’économiste Sarr sont compliquées.

Qu’il vous souvienne que Mamadou Coulibaly, l’ex ami de Laurent Gbagbo avait écrit un livre merveilleux sur les servitudes du pacte colonial. Il est proposé que les pays de l’Uemoa et de la Cemac finissent avec la convertibilité du trésor français. La question de l’indépendance monétaire est ainsi posée. Pas d’illusion, on ne pourra pas s’en sortir parce que culturellement, nous sommes résolus à tirer vers le bas tout ce qui pourrait nous tirer vers le haut. Politiquement, les Chefs d’Etat et de gouvernement préfèrent les horreurs à l’honneur. Ils sont prêts à organiser la déportation de ceux qui pensent au rassemblement.

Comment s’en sortir ? Trois voies sont explorables. La production intense, la maîtrise de la science et la réorganisation politique.

Herbert Houngnibo

Port sec de Parakou : Sarkozy impose Bolloré à Boni Yayi

Port sec de Parakou : Les raisons de son blocage Duel à mort entre Paris et Cotonou (Sarkozy impose Bolloré, les membres du cabinet de Yayi le poussent à rouler pour Samuel Dossou)

Dans le souci de désengorger le port autonome de Cotonou et de rapprocher les services portuaires des populations de l’hinterland, Niger, Burkina Faso, Tchad etc.…, depuis quelques mois a été mis en chantier la construction d’un port sec à Parakou la citée carrefour du Septentrion. Une fois achevée, cette infrastructure devrait permettre aux usagers du port de Cotonou, venu de l’hinterland, d’avoir une première opportunité d’accès à une plateforme sur laquelle, ils peuvent recevoir leurs marchandises sans engager les même frais que s’ils étaient venus à Cotonou. Ainsi de la mise en place du port sec de Parakou à son inauguration et à sa mise en service, le chef de l’Etat a toujours travaillé en bonne intelligence avec des opérateurs économiques béninois. C’est probablement ce qui l’a conduit à attribuer le port sec de Parakou au richissime homme d’affaires Béninois, Samuel Dossou-Aworet. Un Béninois possédant au sein de son groupe l’expertise et les moyens financiers nécessaires pour relever un tel défi.

Tout allait bien jusqu’à ce que le groupe Français Bolloré pointe du nez. Ainsi, malgré son accord scellé avec l’investisseur béninois, au lieu de protéger ce dernier, Yayi semble avoir fait de nouvelles options qui ne prennent plus Samuel Dossou-Aworet en compte. Désormais, la nouvelle trouvaille est le groupe Français Bolloré qui est déjà présent au port de Cotonou et qu’on cite comme transporteur de l’uranium nigérien qui devrait transiter par le Bénin. Manifestement c’est le groupe français qui plait le plus au chef de l’Etat du moins depuis quelques temps.

Des sources généralement crédibles informent que ce revirement spectaculaire vient de ce que le chef de l’Etat aurait reçu de Nicolas Sarkozy des instructions fermes afin que le géant français soit l’adjudicataire de ce port sec de Parakou, pourtant déjà gagné par le groupe Béninois de notre compatriote Samuel Dossou-Aworet. Une attitude colonialiste qui se justifie par le fait que Boni Yayi en quête de soutien est prêt à toutes les concessions pour ne pas mécontenter l’allier français. Mais alors, que devient le partenariat déjà établi entre Yayi et Samuel Dossou-Aworet ?

Bien malin qui pourra le savoir.

Le Béninois Libéré

Le Discours de Bienvenue du Pape Benoit XVI au Bénin

Monsieur le Président de la République, Messieurs les Cardinaux, Monsieur le Président de la Conférence Épiscopale du Bénin, Autorités civiles, ecclésiales et religieuses présentes, Chers amis,

Je vous remercie, Monsieur le Président, pour vos chaleureuses paroles d’accueil. Vous savez l’affection que je porte à votre continent et à votre pays. Je désirais revenir en Afrique, et une triple motivation m’a été fournie pour réaliser ce voyage apostolique. Il y a tout d’abord, Monsieur le Président, votre aimable invitation à visiter votre pays. Votre initiative est allée de pair avec celle de la Conférence épiscopale du Bénin. Elles sont heureuses, car elles se situent dans l’année où le Bénin célèbre le 40ème anniversaire de l’établissement de ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège, ainsi que le 150ème anniversaire de son évangélisation. Étant parmi vous, j’aurai l’occasion de faire d’innombrables rencontres. Je m’en réjouis.

Elles seront toutes différentes et elles culmineront dans l’Eucharistie que je célébrerai avant mon départ.

Se réalise également mon désir de remettre sur le sol africain l’Exhortation apostolique post-synodale Africaemunus. Ses réflexions guideront l’action pastorale de nombreuses communautés chrétiennes durant les prochaines années.

Ce document pourra y germer, y grandir et y porter du fruit « à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un », comme le dit Jésus-Christ (Mt 13, 23).

Enfin, il existe une troisième raison qui est plus personnelle ou plus sentimentale. J’ai toujours tenu en haute estime un fils de ce pays, le Cardinal Bernardin Gantin. Durant d’innombrables années, nous avons tous les deux oeuvré, chacun selon ses compétences propres, au service de la même Vigne. Nous avons aidé au mieux mon prédécesseur, le bienheureux

Jean-Paul II, à exercer son ministère pétrinien. Nous avons eu l’occasion de nous rencontrer bien des fois, de discuter profondément et de prier ensemble. Le Cardinal Gantin s’était gagné le respect et l’affection de beaucoup. Il m’a donc semblé juste de venir dans son pays natal pour prier sur sa tombe et pour remercier le Bénin d’avoir donné à l’Église ce fils éminent.

Le Bénin est une terre d’anciennes et de nobles traditions. Son histoire est prestigieuse. Je voudrais profiter de cette occasion pour saluer les Chefs traditionnels. Leur contribution est importante pour construire le futur de ce pays. Je désire les encourager à contribuer par leur sagesse et leur intelligence des coutumes, au délicat passage qui s’opère actuellement entre la tradition et la modernité.

La modernité ne doit pas faire peur, mais elle ne peut se construire sur l’oubli du passé. Elle doit être accompagnée avec prudence pour le bien de tous en évitant les écueils qui existent sur le continent africain et ailleurs, par exemple la soumission inconditionnelle aux lois du marché ou de la finance, le nationalisme ou le tribalisme exacerbé et stérile qui peuvent devenir meurtriers, la politisation extrême des tensions interreligieuses au détriment du bien commun, ou enfin l’effritement des valeurs humaines, culturelles, éthiques et religieuses. Le passage à la modernité doit être guidé par des critères sûrs qui se basent sur des vertus reconnues, celles qu’énumère votre devise nationale, mais également celles qui s’ancrent dans la dignité de la personne, la grandeur de la famille et le respect de la vie. Toutes ces valeurs sont en vue du bien commun qui seul doit primer, et qui seul doit constituer la préoccupation majeure de tout responsable. Dieu fait confiance à l’homme et il désire son bien. C’est à nous de Lui répondre avec honnêteté et justice à la hauteur de sa confiance.

L’Église, pour sa part, apporte sa contribution spécifique. Par sa présence, sa prière et ses différentes œuvres de miséricorde, spécialement dans le domaine éducatif et sanitaire, elle souhaite donner ce qu’elle a de meilleur. Elle veut se montrer proche de celui qui est dans le besoin, de celui qui cherche Dieu. Elle désire faire comprendre que Dieu n’est pas inexistant ou inutile comme on cherche à le faire croire, mais qu’Il est l’ami de l’homme. C’est dans cet esprit d’amitié et de fraternité que je viens dans votre pays, Monsieur le Président.

(en fon) ACe MAWU T]N NI K]N DO BENIN TO ] BI JI (Que Dieu bénisse le Bénin !)