Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

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Monsieur Sarkozy, nous acceptons votre provocation en duel !

Comme vous, contre vous et pour l’Afrique, je m’en vais en mission de civilisation, dans cet Article 163ème de la Révolution Permanente. Une mission comme celles qui mettent en spectacles vos valeurs sacrées autour desquelles vous avez fini par bâtir votre réputation actuelle. Une des bien sinistres d’ailleurs.

Alors, permettez-moi de parler de vos valeurs pour que l’histoire retienne cela de vous, cher Monsieur Sarkozy.

Parce que les valeurs qui sont vôtres et que je note au passage, en scrutant vos exploits les plus glorieux du moment, me font froid dans le dos.

Car en Libye, je viens de vous contempler en spectacle. En mission pour imposer la démocratie sarkozienne et lutter contre la longévité au pouvoir et la longévité tout court de Monsieur Kadhafi et ses fils qui vous reprochaient votre ingratitude et vous demandaient de rembourser l’argent qu’ils vous auraient donné, vous avez fait bombarder des écoles primaires, des hôpitaux et réduit en champ de ruine plus de la moitié de la Libye ; ce qui donne en termes de nouveau palmarès personnel, pas moins de 100 000 civils tués que vous enregistrez à votre compteur pour la seule Libye.

Ici, les valeurs sarkoziennes, c’est lutter contre la longévité au pouvoir, lutter contre l’espérance de vie de ceux qui ne font pas votre affaire, tuer les enfants, petits enfants et membres de la tribu de quiconque est considéré par vous comme un ennemi ayant trop duré sur la terre et à la tête de son pays.

Je vous voie également en route vers la Syrie, l’Iran, la République Démocratique du Congo et bien d’autres destinations dans votre agenda secret, pour diffuser dans une puanteur de nouveaux cadavres de civils, vos valeurs.

Mais avant ces nouveaux théâtres de vos missions d’implantation de la démocratie sarkozienne, je vous ai vu en activité et en mission civilisatrice en Côte d’Ivoire. Ne faisant pas les choses dans la dentelle, vous y êtes allé sans état d’âme. Un génocide primaire du peuple Wê dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire avec au moins 2000 civils tués, plus de 3000 civils tués pour la seule ville d’Abidjan et, quelques exploits privés des mercenaires et bandits que vous avez armés en rajoutent à votre macabre palmarès.

Ici également, vos valeurs, c’était la mise en place d’un « véritable processus démocratique » qui n’a de chance d’aboutir qu’avec Laurent GBAGBO en déportation, un appauvrissement de tous les cadres jugés pro-GBAGBO Laurent, un emprisonnement systématique de tous les cadres du parti du même Laurent GBAGBO, un exil forcé pour tous ceux d’entre les Ivoiriens qui ont pu échapper à votre mission de domestication démocratique dans une Côte d’Ivoire en pleine déconfiture aujourd’hui.

Je ne vous en veux pas, je vous prie d’assumer !

Personnellement, je n’ai rien contre vous. Je ne vous en veux pas. Chaque être humain a ses valeurs. J’ai les miennes, vous avez les vôtres. Donc, je n’ai point à me plaindre de vous pour le simple fait que vos valeurs sont différentes des miennes. Sauf que voilà : votre liberté d’imposer la démocratie sarkozienne à traversé les frontières de la France pour venir causer le deuil chez les miens ; alors, je me permets de traverser par ma plume, le territoire français afin de vous imposer mon opinion sur vos valeurs. Et pour être honnête, j’ai réellement pitié de vous.

Je vous ai vu heureux à vous fendre la bouche d’un sourire large jusqu’aux oreilles, lorsque vous avez eu, à votre âge, je veux dire, à quelques pas de la retraite, un bébé, qui devra grandir, aller à l’école et bénéficier de la sécurité sociale, au moment où vous-même serez à la charge du contribuable français. Du point de vue de mes valeurs africaines, ce comportement est celui d’un homme qui manque de dignité. Vivre au crochet des autres avec un bébé à la main, c’est être indigne.

Toujours en regard de mes valeurs africaines, humilier moins violent que soi ou si vous voulez, maltraiter et donner la mort à moins fort que soi, c’est adopter une attitude de lâche et faire la preuve d’un simple instinct criminel. C’est pourquoi vos exploits criminels en Libye et en Côte d’Ivoire ont été vécus par ma modeste personne, comme l’expression d’un complexe de personnalité, qui consisterait pour vous à jouer le brave, le mâle qui crache le feu, le raciste qui tue sans état d’âme l’inutile africain, même quand cela est totalement inutile, juste pour prouver à qui vous savez que vous en avez plein le « coffre » pour faire perpétuer une tradition raciste vieille de plusieurs siècles.

C’est ainsi que je vous voie et je vous prie d’assumer celui que vous êtes à mes yeux.

Mais que devriez-vous assumer de plus que fondamental ?

La mort des civils dont j’ai parlé ? Votre conception toute particulière de la démocratie ? Ou votre mépris racial qui est le langage le plus universel de vos crimes de sang en Afrique ?

Je ne pense pas qu’il s’agisse de cela.

En Côte d’Ivoire, il y a une expression qui dit : « si tu ne m’arranges pas, ne me dérange pas ».

Non seulement votre mentalité et votre regard de l’Africain dûment exprimé à Dakar ne nous arrangent pas, mais vous vous êtes permis d’aller au-delà, pour déranger mon peuple et son destin.

Alors, il va falloir assumer. Assumer notre droit à une légitime défense. Assumer notre droit à une colère proportionnelle et proportionnée à l’humiliation et au deuil que vous avez infligés et continuez à infliger à l’Afrique. Assumer votre destin uni au nôtre pour relever tous les défis du duel à mort dans lequel vous venez de provoquer par votre haine raciale et votre mépris de nos peuples, toute l’Afrique digne.

Alors, vaincre ou périr, tel est notre unique challenge dans ce duel que vous nous imposez à une époque de notre histoire où nous ne vous avons fait aucun mal.

Et pour être honnête avec vous, cher Monsieur, vous, vos supporters et vos alliés allez souffrir jusqu’à ce que la France soit réduite à sa plus simple expression en Afrique.

Car de ce duel, un seul vainqueur devra sortira. Et j’ai la conviction inébranlable que vous et votre suite serez vaincus pour toujours. Cela ne fait l’ombre d’aucun doute pour l’Afrique digne. Vous serez vaincus. Tous autant que vous êtes !

A Très bientôt !

Hassane Magued

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En finir avec le Conseil de l’Entente !

«Le Conseil de l’Entente», vous connaissez ? A cette question banale, on peut être sûr qu’il n’y aura pas beaucoup de gens de la génération des vingt à trente ans pour répondre par l’affirmative. Tellement «la vieille dame» s’est assoupie jusqu’à l’oubli de sa propre existence! «Tiens! Ce machin existe-il toujours?» Si on poursuit le sondage pour demander combien de pays il regroupe et à quoi il sert, très peu de sondés peuvent donner une réponse satisfaisante. Pourtant, ce regroupement d’Etats dont les présidents se sont réunis pour une dizaine d’heures, y compris le temps de route, celui de la cérémonie d’ouverture et de clôture des travaux, a déjà 52 ans d’existence.

Son dernier conclave avant celui de Cotonou s’est tenu déjà à Yamoussoukro en 2009 sous le régime de Laurent Gbagbo, l’ennemi intime du vieux Houphouët Boigny qui a dû se retourner dans sa tombe ce jour–là de voir Gbagbo, le pourfendeur du pacte colonial français, célébrer sa descendance. Parce que le Conseil de l’entente est une vraie créature d’Houphouët Boigny, en complicité avec l’ex-colonisateur qui l’a fortement encouragé à maintenir ce conclave des «pays du champ», ceux qu’on classait dans le pré-carré. L’objectif assigné en ce moment était d’empêcher les partisans de la grande fédération de l’Aof (l’Afrique occidentale française) d’atteindre leur but. Et il a réussi! La grande fédération de l’Aof a éclaté, la petite fédération du Mali avec le Dahomey et la Haute Volta, le Sénégal et l’ancien Soudan français aussi.

Ce bref rappel historique que les historiens professionnels sont appelés à affiner en situant les responsabilités des uns et des autres, pour dire que le Conseil de l’Entente n’a pas été créé dans le but d’unir véritablement les peuples de cette région de l’Afrique, loin s’en faut! C’est une création des anciens colonisateurs français pour maintenir les Etats actuels dans leur configuration lilliputienne pour que prospère la domination française. Et le Conseil a admirablement joué son rôle de frein à l’émancipation de notre sous région ouest-africaine. Ainsi, malgré la création de l’Ocam qui a regroupé en son temps toutes les ex-colonies françaises jusqu’à Madagascar, «la vieille dame» a été maintenue. Plus tard, lorsque l’ensemble ouest-africain a compris la nécessité de se replier sur lui-même en créant l’Umoa puis l’Uemoa, le Conseil de l’Entente a survécu. Et il survivra à la naissance de la grande Cedeao regroupant toutes les ex-colonies françaises britanniques et portugaises. Le magicien Houphouët, malgré toutes les vicissitudes traversées par nos pays, retombaient sur ses jambes, pour la remettre en selle, pour bloquer toutes les tentatives de regroupement où l’enfant chéri du pré-carré se retrouvait en minorité. Conséquence: le Conseil dit de l’entente a survécu à tout, sans vraiment vivre.

Alors aujourd’hui, on peut se demander à quoi sert ce «machin», s’il doit faire la même chose que l’Uemoa, quand cette dernière fait déjà la même chose que la Cedeao qui piétine depuis des lustres sur le chemin de l’intégration. Le constat est fait que si aucun grand projet de la sous région n’avance, c’est parce que, entre deux réunions de la Cedeao, il y a en toujours trois autres de l’Uemoa autour d’une monnaie appelée le franc Cfa, ex-sous multiple du franc français et aujourd’hui de l’Euro garanti, hier comme aujourd’hui, par le Trésor français. Pendant ce temps, la monnaie commune de la Cedeao est devenue un serpent de mer qu’on exhibe à chaque grand’messe annuel de l’organisation pour le fondre dans la paperasse des débats byzantins sur le sexe des anges. Pendant ce temps, l’Union Européenne sous la houlette de ses deux locomotives que sont la France et l’Allemagne ne cesse de resserrer les rangs, en attendant la création dans un futur qui ne semble plus trop lointain, la grande fédération qui ne fait peur qu’aux politiciens chauvins de l’Extrême droite et autres attardés mentaux de la droite française. Alors, à quoi sert le Conseil de l’entente aujourd’hui au 21è me siècle, dans une Afrique happée par la bourrasque de la mondialisation néolibérale? A rien! Sinon à nous faire reculer sur le chemin de l’intégration véritable qui va sortir nos pays de l’économie de rente et de la consommation imbécile des biens produits d’ailleurs.

A preuve, la réunion de Cotonou n’a débouché sur aucune grande décision applicable hic et nunc. Etait-ce utile de convoquer une grand’messe à grands frais pour le contribuable pour se répartir les postes de grands commis de l’institution destinés à récompenser des clients politiques et éloigner les indésirables? Le communiqué final est à cet égard un exercice de haute voltige digne d’un club de vieux copains, où il y a à boire et à manger pour tout le monde. Le premier tiers du communiqué a été consacré aux congratulations réciproques pour des élections dites démocratiques et tout le monde a été servi: le Bénin, le Niger le Burkina Faso et la Côte-d’Ivoire débarrassée de l’Intrus Gbagbo. Puis, dans le second tiers, on parle d’audit et de restructuration de «la vielle dame» et le dernier tiers, encore et encore des congratulations et les bla bla bla de remerciements à l‘hôte. Rien sur la récente déportation de Gbagbo ni des mesures concrètes à prendre pour aider ce pays à se réconcilier avec lui-même. Ni des marches hebdomadaires de Lomé pour l’intégration des députés togolais expulsés du parlement. Tout comme hier, il n’avait rien dit de Tanja tripatouilleur de Constitution. Alors, finissons chers amis Africains avec ce machin de la Françafrique et pensons à «l’heure de nous-mêmes» qui a sonné depuis longtemps!

Vincent Foly

Côte d’Ivoire : selon son Oncle adoptif, Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien !

Abou Cissé : Ce nom vous est désormais familier. Est-ce un anticonformiste comme il en existe dans toutes les familles ou un idéaliste ; un homme qui croit encore à la valeur de la Vérité et qui a son cœur attaché à la Justice ?

Je peux peut-être me tromper. Mais cet homme a son cœur attaché à la Justice et à la Vérité. C’est le genre de personnes quand vous les avez comme amis, votre foyer ne connaît jamais de crise, votre famille est toujours en paix et s’ils dirigent un village, il se développe parce qu’ils créent un environnement de justice pour le faible et protègent la veuve et l’orphelin. Je te salue cher Aîné, si tu lis cet Article 160ème de la Révolution Permanente.

Alors l’Aîné Abou Cissé excédé par l’ingratitude, la méchanceté sans borne, la couardise de ce faux neveu s’est senti le devoir de lâcher le mot :

« Quels commentaires faites-vous sur la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale?

Abou Cissé : C’est une honte pour la Côte d’Ivoire. Un vrai ivoirien ne peut faire cela à un autre ivoirien. Ce n’est pas possible. Quel que soient nos problèmes, on peut s’asseoir autour d’une table pour trouver une solution. En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale, Alassane Ouattara​ vient de signer l’arrêt de mort de la Côte d’Ivoire. C’est la destruction du pays à petit feu. Et nous avons peur pour demain. Ce qu’Alassane vient de faire au Président Laurent Gbagbo n’est pas digne de lui. Dans tous les cas, il va le payer très cher. C’est son totem qu’il vient de manger. Il s’est tiré une balle dans le pied. Nous avons des inquiétudes.»

« Malgré l’appel de certains chefs d’Etat, d’hommes religieux, de la société civile de libérer le Président Laurent Gbagbo, Alassane l’a transféré à la Cour pénale internationale…

Abou Cissé : Quand dieu veut te perdre, il endurcit ton cœur. Un vrai ivoirien n’aurait pas fait ce qu’Alassane a fait au Président Laurent Gbagbo. Il n’est pas reconnaissant. Il doit beaucoup au Président Laurent Gbagbo. Ce sont les conseils de certains chefs d’Etat, d’hommes religieux qui ont poussé Gbagbo à accepter l’inacceptable. Et cela au nom de la paix pour son pays. C’est lui qui a réparé tous les torts à lui causés par Henri Konan Bédié qui est devenu subitement son allié. »

Par deux fois dans la même interview réalisée par le confrère Yacouba Gbané du Quotidien le Temps, l’Aîné Abou Cissé persiste et signe : Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien !

Voilà qui est clair. Si Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien, c’est qu’il est un faux Ivoirien. Donc un Ivoirien avec une citoyenneté usurpée, qui ne comprend rien à la vraie Fraternité ivoirienne et qui se comporte comme on le ferait dans son vrai pays.

Alors question au Tonton Abou Cissé : quel est le vrai pays et la vraie citoyenneté de celui que vous décrivez comme « le problème de la Côte d’Ivoire » ?

Je ne vais pas vous embarrasser davantage mon Aîné. Ouattara est un Voltaïque de l’ethnie GOUIN dans la région du Banfora où vivent majoritairement les ethnies Karaboro, Gouin, Turka et Sénoufo en grande partie agriculteurs. Il est né jumeau dans le Banfora mais son frère jumeau est mort à la naissance ainsi que sa mère. Alors orphelin, il fut recueilli par son oncle expatrié en Côte d’Ivoire et marié à Dame Nabintou Cissé votre sœur. L’oncle de Ouattara était polygame et avait une femme de sa région natale. C’est à cette femme que la garde de Ouattara avait été confiée. Mais elle était si paresseuse, selon des témoins encore vivants, que ce fut Dame Nabintou Cissé qui s’occupa du petit Dramane jusqu’à l’âge de sept (7) ans où devenu un peu plus grand, il fut retourné à son Père dans le Banfora et fut scolarisé. A cette époque, Ouattara était appelé Mossi Dramane par les petits Sénoufo ivoiriens qui vivaient dans la même cour que lui. L’attachement de Ouattara à Dame Nabintou Cissé viendrait de ce que cette femme aimante l’aurait toujours traité comme l’un quelconque de ses enfants. La vérité, c’est que Ouattara n’est pas un Cissé, il n’a aucun sang Cissé. Il est un imposteur quand il dit qu’il est le fils biologique de Dame Nabintou Cissé.

Ces informations sont connues de toutes les chancelleries sérieuses qui ont cherché à comprendre l’histoire de ce faussaire qui est le « vrai problème de la Côte d’Ivoire ».

La Vérité est enfin sortie de la bouche d’un proche : « Ouattara n’est pas un vrai Ivoirien ». Il est un usurpateur de citoyenneté. C’est pourquoi il fait du mal aux Ivoiriens et détruit la Côte d’Ivoire.

A Très bientôt.

Hassane Magued

Le Cfa, plus fort que l’Euro ???

Rien de mieux qu’une bouffonnerie des Africains (une de plus) autour du Cfa, pour amuser la galerie, en pleine tempête, là-bas, chez le parrain présumé en zone Euro. Des « nés avant la honte » comme dirait l’autre ; démentant tous azimuts l’imminence d’une dévaluation du Cfa. Gouverneurs de banque régionale (Beac et Bceao), ministres, diplomates et autres officiels de la zone franc devraient savoir que, moins que la rumeur de dévaluation, c’est l’absence d’initiative africaine face à la crise des marchés qui inquiètent leurs concitoyens. Et surtout du poids de ce qui leur tient lieu de monnaie sur le marché international. L’exercice attendu des dirigeants africains n’a donc rien à voir avec des allégeances renouvelées à la monnaie empruntée à l’ancien colon. Un démenti d’un ministre ouest africain ou de l’Afrique central vis-à-vis de questions monétaires dont eux-mêmes ne comprennent pas grand-chose ? Je préfère encore la parole d’un simple ambassadeur français puisqu’il est le représentant du parrain. En la matière, la chansonnette n’a perdu le moindre refrain depuis plus d’un demi-siècle : « le Cfa se porte très bien ».

Il y a un point sur lequel on peut qu’être d’accord avec les 14 Etats sous tutelle monétaire (unique au monde) : il n’y a pas de crise de marché chez eux parce que leurs pays respectifs ne représentent presque rien (ou plutôt ne savent pas eux-mêmes ce qu’ils représentent) sur le marché international. Pour agir sur le Bénin, le Cameroun, le Gabon, la Côte d’Ivoire et compagnie, les traders ne peuvent que s’adresser directement au tuteur à Paris. Ce qui donne un aperçu sur l’approximation des informations distillées par la Bceao ou la Beac sur la santé financière et monétaire de leur propre zone. On voit d’ailleurs pourquoi leurs responsables respectifs préfèrent s’arcbouter à une rumeur (plus ou moins fondée) qu’à un discours responsable sur la crise. Car, ce dont il s’agit c’est le devenir de la monnaie unique européenne, l’Euro. Pendant que les experts se posent la question de savoir si l’Euro dispose des capacités de survivre au-delà de l’horizon 25 décembre 2011 et après, les fanfaronnades se multiplient dans la zone franc au sud du Sahara. Plutôt que de s’égosiller sur la prétendue bonne santé du Cfa, nos grands banquiers tropicaux feraient mieux de nous parler des futures conditions d’arrimage monétaire en cas d’implosion de l’Euro.

Les pathétiques rengaines des limiers du Cfa font presque penser que c’est l’Euro qui est arrimée à leur monnaie et non le contraire. On parle des menaces sur leur protecteur, l’Euro pendant qu’eux-mêmes ne pensent qu’à chanter : « tout va bien ». Comme si la décision de dévaluation pouvait venir de Dakar, Bamako, Bangui ou N’djamena. De quoi devenir dingue. L’évidence montre très clairement que la solution à la crise des marchés se trouve à Bruxelles via l’axe Berlin-Paris. A ce jeu, l’Allemagne que l’on dit être la locomotive de l’Euro-groupe se refuse à tout sacrifice en solidarité à la Grèce, l’Espagne, l’Italie ou tout autre Etat frère de l’Europe. Jusque là, personne n’a encore entendu la Chancelière allemande ou aucun autre protagoniste de la crise actuelle prononcée une seule fois le mot : « Cfa ». Le dévaluer, le surévaluer ou le dissoudre ne semblent donc n’avoir aucune espèce d’importance aux yeux des marchés mondiaux. L’évidence que cette monnaie n’existe pas par elle-même. Sa trajectoire dépend exclusivement de son véritable propriétaire, la France. S’il devrait exister une problématique pour les Africains sur le sujet, cela porterait sur les conséquences d’un retour d’arrimage sur une monnaie française et non sur des rumeurs de dévaluation d’une monnaie insignifiante à tout point de vue. Ce n’est donc pas de l’avenir du Cfa qu’il s’agit mais de celui de l’Euro, son tuteur.

Juste un changement de dénomination du tuteur…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

Libération de la Côte d’Ivoire : prières, lutte démocratique ou action ?

Que voulons-nous au-dessus de tout ? Que rêvons-nous par ces heures ténébreuses pour la Côte d’Ivoire ?

Pour que nous nous comprenions assez facilement, je vais utiliser une technique de communication préconisée par Dale Carnegie en matière de négociation. D’abord, relevons nos points d’accord. Ensuite, mettons en évidence nos points de désaccord. Et ensemble, faisons des concessions pour trouver un consensus.
Alors on y va. Quels sont nos points d’accord pour la Côte d’Ivoire ?

Très simple. Nous voulons que la Côte d’Ivoire soit :

– libérée du joug colonial français instauré à travers une imposture voltaïque ;

– libérée de l’insécurité endémique créée par la rébellion armée de Ouattara baptisée FRCI ;

– libérée du faux servi quotidiennement aux Ivoiriens ;

– libérée des manœuvres d’appauvrissement du pays par un surendettement pour rembourser le coût des efforts de guerre de la France et non pour financer l’Economie nationale ;

– libérée de l’insulte faite à l’intelligence des Ivoiriens avec les vieux retraités français qui pullulent dans les Administrations de la Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011 ;

– libérée de l’exil forcé de centaines de milliers de cadres et jeunes de la Majorité Présidentielle ;

– et chose toute aussi fondamentale, nous voulons la libération du Président GBAGBO et de tous les cadres, sympathisants et militants du FPI (Front Populaire Ivoirien) faits prisonniers à partir d’accusations imaginaires pendant que les criminels qui devraient se trouver en prison se la coulent douce avec les avoirs de leurs victimes.

Voici ce que nous voulons. Tous, sympathisants, militants, amis de la Majorité Présidentielle.

Quels sont alors nos points de désaccord ?

Pas compliqué non plus. Le point essentiel qui donne lieu à une divergence d’opinion concerne les moyens et les méthodes pour obtenir ce que nous voulons tous.

Certains préconisent la prière de combat adressée au Dieu Tout Puissant à l’effet d’obtenir son intervention spectaculaire dans le malheur qui s’abat sur la Côte d’Ivoire pour qu’enfin ce pays soit restauré. Je ne sais pas trop en quoi consistera cette intervention spectaculaire car les voies de Dieu sont insondables. Les Serviteurs de Dieu pourraient nous éclairer davantage.

D’autres pensent qu’il faut mener la lutte sur le terrain démocratique enseigné par le Président GBAGBO. Une lutte aux mains nues comme Charles Blé Goudé en parle assez souvent. Cela passerait par des meetings, des mouvements sociaux (grèves syndicales, manifestation de colère d’étudiants et élèves, marches de protestation), actions en Justice, dénonciation des dérives auprès de la Communauté Internationale pour récolter des condamnations et des pressions diplomatiques et à la clé, un soulèvement populaire ou des élections sanction pour débarrasser le pays de la gangrène. Bien évidemment, il y a parmi ceux qui se font chantres de la Démocratie par la lutte aux mains nues, des personnes qui ont recours à la prière adressée au Dieu Tout Puissant comme source d’énergie pour atteindre les résultats recherchés.

Enfin, il y a cet autre groupe-là qui pense que les conditions ne sont pas réunies pour mener une lutte démocratique avec les mains nues. Ce groupe pense que Ouattara est un objecteur de loi et de libertés démocratiques. Chez cet homme, la fin justifie les moyens. Aussi, face à un tel individu, il faut sortir des doctrines d’écoles pour adapter la lutte aux circonstances. La Révolution Permanente fait partie de ce groupe. Elle croit ce qui suit : la prière au Dieu Tout Puissant doit être la base, le pilier qui porte le combat révolutionnaire afin que les forces occultes qui ont permis à l’imposture de s’installer soient vaincues dans le spirituel. Mais une fois ces forces occultes vaincues dans le spirituel, avec l’aide de Dieu, il faut mener l’action pour vaincre l’imposture dictatoriale par un combat physique. Ce combat physique doit être compris comme celui mené par Josué (Josué Chapitre 6) lorsqu’il prenait possession de Jéricho. Après avoir prié et fait chuter les murs de Jéricho, Dieu ordonna à Josué d’entrer dans la ville avec son armée et de tuer tout ceux qui se sont faits ennemis de Dieu y compris leurs animaux.
Peut-être que cet extrême ne sera pas forcément le cas de la Côte d’Ivoire en termes de combats et d’effets collatéraux. Mais nous restons convaincus que la prière sans l’action de terrain ou la lutte dite démocratique aux mains nues ne sont pas adaptées à la situation que nous vivons en Côte d’Ivoire.

Voici donc exposé nos points d’accords et notre divergence d’opinion sur les moyens et méthodes pour obtenir la libération de la Côte d’Ivoire.

Il nous appartient de trouver à présent un consensus et de dégager une ligne claire pour obtenir la libération de la Côte d’Ivoire.

Mais en attendant, chacun de nous se donne les moyens pour obtenir la libération du pays avec les méthodes et les moyens qui fondent sa conviction.

Après tout, l’essentiel, n’est-ce pas libérer la Côte d’Ivoire avec la volonté de Dieu ?

A Très bientôt.

Hassane Magued

Laurent Gbagbo : Un homme, un parcours,…une histoire

« Laurent Gbagbo : Un homme, un parcours,…une histoire » par aymard

Un combat pour la liberté

Laurent Koudou Gbagbo est né le 31 mai 1945 à Mama, près de Gagnoa dans l’ouest de la Côte d’ivoire.

Le 16 juillet 1964, il assiste à l’arrestation de son père, Koudou Paul au motif que ce dernier voulait attaquer le convoi présidentiel avec des flèches empoisonnées. Cette humiliation des premières années d’adolescence a trempé son caractère, a forgé son destin au feu des épreuves et a été pour Laurent Gbagbo une douleur fondatrice.

Pour la lutte, il a interrompu sa carrière universitaire au grade de maître-assistant. Il a soutenu sa thèse de doctorat de 3ème cycle sur « La vie politique en Côte d’Ivoire de 1940 à 1960 », en 1979, à Paris VII. Il avait programmé sa thèse d’Etat pour être soutenue fin 1983 ou début 1984, au plus tard. Mais il est allé en exil. C’est le militantisme syndical qui a conduit Laurent Gbagbo à la politique. Il voulait accéder au pouvoir parce qu’il pensait qu’il avait les atouts pour donner à la Côte d’Ivoire un visage nouveau, celui de la démocratie.

Alors qu’en 1971, Laurent Gbagbo venait d’être arrêté et incarcéré au camp militaire d’Akouedo, sa première épouse Jacqueline Chamois a été expulsée, avec son fils aîné Michel Gbagbo âgé d’un an et six mois. Les motifs de l’expulsion ? Ecoutons le ministre M’Bahia Blé, ministre de la Défense, arrivé à Akouédo pour annoncer la nouvelle : « Monsieur Gbagbo Laurent, votre épouse est une communiste de Lyon. Nous venons de la renvoyer ». Comme si communiste de Lyon était plus dangereux que communiste de Moscou ou de Pékin ! (Laurent Gbagbo, Duparc, p. 15).

Contraint à l’exil le 25 mars 1982, Laurent Gbagbo part en France, laissant seule sa compagne Simone Ehivet qui, en juin 1981, venait d’accoucher de jumelles. En l’absence de son mari et de son apport financier, elle a assumé l’éducation de ses filles en jouant à la fois les rôles de père et de mère. Après le congrès constitutif du FPI les 19 et 20 novembre 1988, Simone Ehivet va coiffer à la fois trois casquettes qui feront d’elle « la femme à abattre » du PDCI et de son chef.

1 – Elle est la Secrétaire générale du SYNARES, c’est-à-dire du syndicat, qui aux yeux du pouvoir conduit la contestation en milieu universitaire.

2 – Elle est également la Secrétaire générale du FPI, parti quasi clandestin créé en vue de prendre le pouvoir d’Etat et l’exercer.

3 – Elle est la compagne de Laurent Gbagbo, unique opposant déclaré au régime du parti unique. ». (Intervention du ministre Tagro au baptême de la promotion 2007-2009 des élèves commissaires et officiers de police avec pour marraine Simone Gbagbo).

Il revient en Côte d’Ivoire en 1988. En février 1992, son épouse Simone, son fils aîné Michel Gbagbo et lui-même ont été arrêtés et mis en prison au cours d’une marche de protestation organisée pour réclamer justice pour les étudiants sauvagement réprimés par les forces de l’ordre, à la Cité universitaire de Yopougon, en 1991. Sa femme fût battue à sang. Elle a été battue jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Dans une conférence de presse, le mardi 18 février 1992, le Premier Ministre d’alors, Alassane Dramane Ouattara prétendait avoir vu Laurent Gbagbo briser les vitres avec un gourdin à la main et incendier des voitures.

En Octobre 2000, il sortit vainqueur des élections organisées par le général Robert Gueï, autoproclamé chef d’Etat suite au coup d’état du 24 décembre 1999. Le peuple, mobilisé, était dans la rue pour s’opposer à la confiscation du pouvoir et au « hold up électoral » que tentait de faire le général Gueï.

Devoir de Mémoire…l’origine des troubles

Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, alors qu’il était en visite officielle en Italie où il devrait être reçu le 20 septembre 2002 par le Pape Jean-Paul II pour réclamer l’argent du pays placé à la banque du Vatican par Houphouët, un coup d’état est annoncé se produire contre lui. Il prend aussitôt l’avion et rentre à Abidjan où une horde d’assaillants venus du Burkina Faso, du Liberia et d’autres pays de la sous-région était entrée en Côte d’Ivoire dans l’ultime but de faire tomber son régime qui n’aura totalisé qu’à peine deux (02) années de gestion. Le coup d’état échoua puisque les agresseurs avaient sous estimé la capacité de défense de la garde républicaine qui a défendu la souveraineté du pays.

D’après le Dr Gary K. Busch, il y avait à peu près 650 rebelles qui avaient occupé la seconde grande ville, Bouaké. Ces rebelles étaient les recrues de Guei qui n’avaient pas été retenues dans l’armée. Ils avaient peu d’équipements et peu de munitions, car ils s’attendaient à un conflit qui durerait moins de cinq jours. Le président Gbagbo était à Rome pour rencontrer le Pape, et les rebelles, profitant de l’occasion, étaient sûrs qu’ils pouvaient réussir le coup en l’absence du Président. Mais quand l’attaque a été déclenchée, les troupes loyalistes ont répliqué. Elles avaient même réussi à encercler les rebelles en les piégeant dans toute la ville et avaient tué à peu près 320 d’entre eux. Elles s’apprêtaient à lancer l’assaut final sur les 320 rebelles restants quand elles ont été brusquement freinées dans leur élan par le commandant français qui dirigeait les troupes françaises stationnées en Côte d’Ivoire. Ce dernier a demandé 48 heures de cessez-le-feu afin d’évacuer les ressortissants français et les quelques fonctionnaires des Etats-Unis de la ville.

Les troupes loyalistes ont demandé d’attendre qu’elles reprennent d’abord Bouaké des mains des rebelles, mais les Français ont fermement insisté et obtenu le délai de 48 heures. Durant tout ce temps, des soldats français descendaient sur Bouaké à l’aide de parachutes pour prêter main forte aux rebelles. Il était alors devenu impossible pour les loyalistes d’éviter l’affrontement avec les troupes françaises s’ils devaient lancer l’assaut sur les rebelles.

Profitant de ces 48 heures, l’armée française avait commandé trois avions Antonov-12 affrétés qui se trouvaient à Franceville au Gabon. Ceux-ci contenaient tout le nécessaire militaire fourni par la France à partir de l’Afrique Centrale. Des chargements supplémentaires ont été acquis à Durban. Les avions affrétés survolaient la région du Nimba, au Liberia (vers la frontière ivoirienne) et aussi les zones assiégées par les rebelles en Côte d’Ivoire (Bouaké et Korhogo) où ils donnaient un coup de main aux rebelles. Des camions de transport de marchandises déversaient des combattants civils rebelles en provenance du Burkina Faso à destination de Korhogo. Une fois à destination, ces combattants recevaient les équipements que les français avaient fait venir d’Afrique centrale et d’Ukraine.

A partir de ce moment, il y eut 2500 soldats armés du côté des rebelles essentiellement des mercenaires venus du Liberia et de la Sierra Léone, qui étaient aussi embarqués dans les mêmes avions. Ils étaient armés de kalachnikovs et autres armements qui n’avaient jamais fait partie de l’arsenal militaire ivoirien. Par la suite, la France leur a fourni un équipement de communication très sophistiqué. (Dr Gary K. Busch sur ocnus.net le 13 mars 2003).

Après l’échec du coup d’Etat et de sa mutation en rébellion soutenue et organisée par la France, il était devenu impératif pour Paris de faire admettre à tous qu’il n’y avait pas de solutions militaires. Il y eut donc les accords de Linas-Marcoussis où Laurent Gbagbo est invité à négocier avec les agresseurs de la Côte d’Ivoire. Il lui est même demandé de céder une partie de ses pouvoirs à un nouveau Premier ministre dans le cadre de la formation d’un gouvernement d’union nationale ; ce qu’il fît pour promouvoir la paix. Article 3.c de Marcoussis : « Le gouvernement de réconciliation nationale sera dirigé par un Premier ministre de consensus qui restera en place jusqu’à la prochaine élection présidentielle à laquelle il ne pourra se présenter ».

Le 4 février 2003, les Français réussissent (comme ils l’ont fait dernièrement avec la Libye) à obtenir une résolution, par le biais du Conseil de sécurité des Nations-Unies, les autorisant à conduire les opérations pour le maintien de la paix en Côte d’Ivoire, aux côtés des troupes qui devaient être envoyées par la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Et voilà les troupes françaises à Abidjan pour parachever l’œuvre déstabilisatrice entamée en Septembre 2002.

2004, jour de la « crise des chars » à l’Hôtel Ivoire. 35 chars de l’armée française s’étaient garés devant la résidence du Président Gbagbo. Que voulaient-ils faire ? Nul n’a la réponse. En tout cas, le bouclier humain formé par les jeunes patriotes autour de la résidence était bien expressif du sentiment qui animaient ces jeunes ivoiriens venus défendre leur leader qui pour eux étaient en danger. Pour neuf (09) soldats français qui auraient été tués à Bouaké par l’armée ivoirienne, l’armée française détruit systématiquement tous les aéronefs de l’aviation ivoirienne, boucle l’aéroport international et met les points stratégiques du pays sous contrôle au point où le cortège du Président sud-africain (alors à Abidjan) ait été soumis à certains endroits à des fouilles des militaires français. Aberrant !!!

A l’hôtel ivoire d’Abidjan, des soldats français ont fait un carnage en tirant avec des balles réelles sur une foule de jeunes aux mains nues. Bilan 50 morts et 200 blessés. Pathétique !!!

Et depuis, de négociations en négociations, d’accords en compromissions – Marcoussis 1 et 2, rencontre des Chefs d’Etat » de Kléber, Lomé, Accra, Pretoria, accords de Ouagadougou – la Côte d’Ivoire n’a pu avancer vers la stabilité. Il y eut donc les élections de Novembre 2010 qui devraient apporter la paix dans le cœur des ivoiriens, dans le pays et dans la sous région. Ces élections qui devraient apporter aux ivoiriens, un pays, une administration, une justice, une armée et une police unifiée a débouché sur 2 résultats, 2 présidents, 2 gouvernements autoproclamés ; l’un reconnu par la constitution et l’autre (le candidat de l’étranger) reconnu par la communauté internationale qui se résume à la France et aux Etats-Unis et dans une moindre mesure à leurs laquais sous régionaux.

Pour régler ce problème, le premier proposa le recomptage des voix et le second, tout ergot dressé demanda au premier de quitter le pouvoir au risque de « tomber comme un fruit pourri » (Alassane dans une conférence de presse en Janvier 2011). La solution la plus adéquate était pourtant le recomptage des voix ou alors on procède à la reprise des élections ; les fraudes ayant été légion dans les zones CNO où d’ailleurs les rebelles ont refusé de désarmer avant les élections alors que les accords de Ouagadougou stipulaient clairement le désarmement puis les élections. L’objectif  inavoué de ce refus de désarmement d’avant les élections était alors le renversement du Président Laurent Gbagbo pour  imposer Ouattara quelque ce soit le verdict des urnes.

Nous sommes en février 2011, un fameux commando dit « invisible » s’installa à Abobo où il se mit à harceler les forces de défense ivoirienne. Ce commando « invisible » a infligé de lourdes pertes aux forces de défense ivoiriennes ; des jeunes soldats de l’armée ivoirienne étaient kidnappés et égorgés en pleine journée à Abobo au nom de l’arrivée de Ouattara au pouvoir. Le chef de ce commando, c’est Ibrahim Coulibaly dit IB ; ancien garde du corps des enfants de Ouattara. Il fut mis hors d’état de nuire le 27 avril 2011 par les nouvelles forces de celui pour qui il a pris les armes en 1999, en 2002 et qu’il est revenu aider en 2011, celui qu’il appelait « papa »,  Alassane Ouattara.

Avril 2011 : après des semaines d’intenses bombardements de la résidence présidentielle par la force française Licorne, le Président Laurent Gbagbo fût arrêté et remis aux rebelles venus sur les lieux constater la chose. Sans l’Onuci, ces derniers n’auraient d’ailleurs jamais pu venir à Abidjan car la plupart d’entre eux ont été héliportés de Bouaké à Abidjan, Yamoussokro et consorts ; on ne fait pas 100 km en quelques heures alors que les forces de défense ivoirienne tenaient encore bon leurs positions dans le centre du pays.

Mai 2011 : Investiture de Ouattara lors d’une cérémonie théâtrale. Investi sur 3.000 morts comme sous préfet puisque depuis lors, il ne reçoit des ordres que de l’Elysée qui pour lui faciliter la tâche compte tenu de sa silhouette nonchalante qui supporte difficilement ses 20 années d’atrocités et de crimes, a décidé de lui coopter des conseillers français ; au moins ça fera quelques chômeurs de moins en France.

Novembre 2011 : Transfert de Laurent Gbagbo à la CPI

Comme il fallait s’y attendre, dans la nuit du 29 au 30 novembre, Laurent Gbagbo est envoyé à la CPI parcequ’accusé de crimes contre l’humanité commis lors des violences post-électorales de 2010-2011 alors qu’il est celui là même qui a demandé aux forces de défense ivoiriennes qui ripostaient aux attaques de la force française Licorne sur sa résidence et aux rebelles dans Abidjan, de ne plus livrer bataille pour ne pas se faire tuer inutilement par les rebelles et les soldats français de la Licorne qui tiraient sans vergogne sur les jeunes soldats de l’armée ivoirienne. Pour certains pyromanes qui chantent sur tous les toits « réconciliation, réconciliation », c’est une affaire de gros muscles. Elle vient carrément d’être mise sur béquilles. L’histoire est têtue et ces rancœurs ne se tairont guère.

Qui de Ouattara ou de Gbagbo devrait aller à la CPI ?

La crise post-électorale a fait 3.000 morts. Qui en porte la responsabilité ? Pourquoi a-t-il eu crise post-électorale ? Et pourquoi avoir limité la saisine de la Cour pénale internationale aux seuls crimes post électoraux ? Même limitée aux seuls crimes post électoraux, Ouattara, Soro et compagnie ne peuvent être épargnés.

Nous ne serions peut-être pas ici à conjecturer si Ouattara avait laissé Gbagbo finir tranquillement son mandat entamé le 26 Octobre 2000 au lieu de lui pourrir et de pourrir la vie aux ivoiriens par ces coups d’état répétés. Alors que les rebelles de Ouattara dans leur progression sur la capitale ont commis des exactions des plus atroces, leur mentor les a promus. Qui général, qui commandant, qui garde du corps, etc…

La plus spectaculaire de ces exactions et crimes contre l’humanité est l’exemple de Duékoué (1.200 morts). Heureusement que Gbagbo n’était pas à Duékoué sinon on le lui aurait imputé.

Il y a aussi l’exemple du Ministre Tagro, lâchement défiguré puis assassiné par les hommes de Ouattara le 11 avril 2011. Ocampo a décidé de voir ce qui arrangeait ses maîtres et lui. La guerre civile dans un pays ne dépend pas du pouvoir, elle dépend de l’opposition. C’est l’opposition qui est républicaine ou pas. Alassane dans l’opposition, c’est la guerre.

Alpha Blondy, avant qu’il ne change sa veste en 2011 le disait d’ailleurs abondamment.

Alpha Blondy à Notre voie en 2009 : « Je signe et je persiste qu’Alassane Ouattara est à l’origine du coup d’Etat de 1999 qui a entraîné la guerre. Il est à l’origine de tous les problèmes que nous vivons aujourd’hui. Depuis qu’il est venu dans ce pays, nous avons rompu avec la tranquillité et la sérénité… M. Ouattara est largement le commanditaire de la rébellion, you know… Ce que Koné Zakaria (un des chefs rebelles, ndlr) dit est clair – je comprends bien le malinké. Il a dit : «Nous avons pris les armes, pas pour IB, mais pour Alassane Ouattara». Et que c’est lui qui leur envoyait 25 millions de FCFA par mois… Dans la crise ivoirienne, M. Gbagbo, Bédié, Guéi, Soro et Wattao ne sont que des asticots. Et la mort, c’est M. Alassane Ouattara. ».

Avec Laurent Gbagbo dans l’opposition, la Côte d’Ivoire a connu 30 ans d’opposition, 30 ans de paix, 30 ans de vie politique sans prendre les armes. Il demeure que le Président Laurent Gbagbo connaît un cycle de souffrances tous les 10 ans : 1972 (internement dans les camps militaires d’Akouédo, de Séguéla, de Daloa et de l’Ecole des Forces Armées de Bouaké), 1982 (le complot des enseignants bété), 1992 (arrestation suivie de l’emprisonnement), 2002 (guerre suivie d’une crise multiple et multiforme), 2012 ??? La CPI le condamnera peut-être pour avoir défendu vaille que vaille son régime contre une agression néocoloniale. Les criminels, c’est ceux qui se défendent et les agresseurs, eux sont célébrés.

Pour ceux qui ne l’avaient pas reçu, je mets en ligne le document « Massacre de Côte d’Ivoire » afin qu’ils puissent mesurer l’ampleur de l’œuvre de destruction entreprise à Duékoué. Si la CPI était sérieuse, elle se serait occupée du cas Ouattara en premier lieu.

Télécharger MASSACRE EN CÔTE D’IVOIRE

De Laurent Gbagbo, du droit international et de la CPI…

Si Les voies du seigneur sont impénétrables, celles de la justice pénale internationale s’apparentent à une autoroute à sens unique, reliant l’Afrique à la cour pénale de la Haye. Cette voie rapide, balisée par les puissances occidentales, Laurent Gbagbo l’a emprunté le Mardi 29 Novembre. Par voie aérienne en direction de l’aéroport de Rotterdam, à bord d’un avion “gracieusement” affrété par l’armée française, puis par voie terrestre en direction de la prison de Scheveningen.

Les mains propres…

Alassane Ouattara, le Ponce Pilate ivoirien, n’aura pas besoin de se laver les mains, le sale boulot aura été abattu par Guillaume Soro​, mais surtout par l’ami Nicolas Sarkozy​. Un homme attentionné ayant poussé la délicatesse jusqu’à déloger l’ancien chef d’état ivoirien de sa résidence abidjanaise avant de lui offrir un billet d’avion gratuit pour les Pays-Bas. L’épilogue de la crise née à la suite de la contestation des résultats du second tour de l’élection ivoirienne était prévisible et attendu. Dans un ordre juridique international où force fait droit, le transfèrement de Laurent Gbagbo vers la CPI n’était qu’une question de temps d’autant plus que le nouveau contremaitre ivoirien, le préfet-sident Alassane Ouattara​ n’a jamais brillé par sa finesse politique. Alors que les bandits en babouches du CNT, amis du comique troupier BHL, ont tenu à juger le fils Kadhafi eux-mêmes, le chef d’état ivoirien a préféré se débarrasser de l’homme ayant rassemblé il y a un an, la moitié des suffrages ivoiriens, cela deux semaines avant la tenue d’élections législatives qui seront , sans doute aucun, transparentes et démocratiques…

Temps long et perspectives…

Le renvoi de l’ex-président ivoirien dans le box des accusés de la CPI est à analyser non pas à travers le prisme de la politique interne ivoirienne mais l’aune des enjeux géopolitiques internationaux. Cette nouvelle donne ayant consacré une France bras armé des Etats-Unis en Afrique, ayant procédé, au nom de la fameuse « Communauté internationale », à la mise à jour partielle du partage berlinois de 1885. En effet il faut se replacer dans un temps long et adopter une perspective plus large pour contextualiser et redonner tout son sens à la mascarade judiciaire qui va nous être servie par la CPI. Il est également nécessaire de s’écarter de la dialectique imposée par les médias de masse occidentaux en général , français en particulier, qui ont transformé une situation politique interne complexe, modelée par la réalité souterraine des rapports de force internationaux en affrontement binaire et manichéen entre le méchant Laurent Gbagbo, «l’africain», et le gentil, car presque blanc, Alassane «voyez ma femme » Ouattara.

Il faut comprendre l’absence d’objectivité des médias français comme la manifestation involontaire des forces invisibles (non mystiques ou occultes mais œuvrant à l’abri du regard du public) qui permettent à la France et ses entreprises de maintenir une présence intéressée et spoliatrice sur le sol africain.

Par ailleurs, cette présence subie à contrecœur par les dirigeants africains ne peut être l’objet de contestation. La situation économique catastrophique du bloc occidental impose de facto la mise au pas des récalcitrants. Laurent Gbagbo qui s’était manifesté à l’ancien maitre par son insolence et une relative liberté de ton ne pouvait qu’être écarté du pouvoir. Sa volonté de ne pas respecter le diktat élyséen amenât Sarkozy à personnaliser l’affrontement. Dès lors son sort était scellé et le châtiment à venir, exemplaire. Au grand dam d’Alassane Ouattara, une sortie à la Kadhafi lui sera épargnée. Il sera à la place, exposé telle une bête de foire, dans le box d’une cour internationale, émanation d’une justice qui loin d’être aveugle est totalement instrumentalisée.

La sélection naturelle…

Alors que les plus grands criminels internationaux se recrutent majoritairement dans les pays occidentaux : M. Kissinger responsable des bombardements des populations civiles au Laos et au Cambodge, de l’installation de Pinochet et du renversement d’Allende , de la tentative d’assassinat de Mgr Makarios à Chypre entre autre méfaits, messieurs Bush, Cheney et Rumsfeld responsables au bas mot de la mort de 655 000 civils irakiens au cours de la fameuse seconde guerre d’Irak, d’un coup d’état lamentablement manqué en 2002 contre Hugo Chavez, messieurs Obama, Cameron et Sarkozy responsables de la guerre en Libye, ayant coutée la vie à plusieurs dizaines de milliers de civils libyens, Laurent Gbagbo se voit attrait devant la CPI pour les 3000 morts du conflit post-électoral ivoirien. Est-il manquer de respect aux victimes de ce conflit, attisé délibérément par la France et la «Communauté internationale» (refus du recomptage des bulletins de vote au profit d’un bain de sang), que de dire que la qualification de crime contre l’humanité chantée à tue-tête par les thuriféraires de l’ordre juridique international, ne repose sur rien d’autres que des hypothèses non vérifiées et une distorsion de la réalité ?

Honneur à l’Afrique…

Le rapport sur le massacre de Duékué, imputable aux brigands armés ouattaristes (soutenus par une France qui ne peut s’empêcher d’être partie liée aux génocidaires et criminels de tout poil opérant sur le sol africain…), rédigé par l’organisation humanitaire pourtant partisane Human Right Watch, dressait pour ce seul méfait une fourchette de 800 à 1500 civils tués. Alassane Ouattara, autorité suprême de cette soldatesque devrait, selon les règles élémentaires de l’algèbre se trouver aux cotés de Laurent Gbagbo, s’il était réellement question de rendre justice.

Il n’est pas question de deux poids deux mesures, car l’on serait encore dans le cadre d’une justice respectant des règles vérifiables car quantifiables. Non il s’agit d’une justice folle et opportuniste, contextuelle et arbitraire, que Clausewitz aurait pu qualifier de poursuite de la politique par d’autres moyens. Le chef d’état africain était déjà réputé pour sa valeur bon marché sur le plan politique : il ne coutait pas grand-chose de le porter au pouvoir et une fois installé, il n’était pas onéreux de le soudoyer. Il est aujourd’hui de notoriété public qu’il est facilement transférable devant la CPI, et est le seul type de chef d’état qu’on y juge. La CPI devrait penser à s’installer en Afrique, elle réduirait ses frais et n’ayant vocation à juger que les récalcitrants continentaux elle prendrait toute sa dimension…

Un avenir en pointillé…

Jean Ping avait gesticulé il y a quelques mois, menaçant les européens qui financent l’organisation qu’il représente, l’UA, de créer une juridiction pénale propre à l’Afrique. Force est de constater qu’il s’agissait de paroles en l’air qui ne pouvaient être suivies d’effet. L’Afrique et les africains s’apprêtent à boire une pleine coupe de potion amère lors de la tenue des audiences à venir. L’humiliation de la capture de Laurent Gbagbo par les troupes françaises, maquillée en victoire de l’armée d’Alassane Ouattara, ne sera rien face à la mise en scène racoleuse à venir.

La vérité nue et froide s’impose aux peuples africains aujourd’hui et plus que jamais, la liberté et l’indépendance n’ont toujours pas trouvé le chemin devant les mener au continent noir. La configuration des rapports de force, et les affrontements bloc à bloc à venir, incitent au pessimisme. L’Occident et plus particulièrement les Etats-Unis sur le déclin, vont chercher à garantir leurs positions et leurs intérêts, notamment en Afrique où la lutte avec la Chine fera deux victimes déjà désignées : l’Afrique et ses populations.

Le plan américain de recolonisation de l’Afrique, ébauché avec l’AFRICOM, a pris forme avec le renversement de Laurent Gbagbo et l’assassinat de Mouammar Kadhafi. Dans la foulée, le prix Nobel de la guerre, Barack Obama a annoncé le 14 octobre dernier l’envoi de troupes spéciales en Ouganda. Bien évidemment les raisons invoquées pour justifier le déploiement d’hommes et l’acheminement de drones, afin de lutter contre une LRA* qui ne compte que 400 hommes, sont d’ordre humanitaire.

Ce mensonge peu discuté dans les grands médias n’est qu’une étape qui verra le déploiement de troupes américaines en RDC et au Sud-Soudan. La lutte avec la Chine promettant d’être rude, il est impératif pour l’Oncle Sam de disposer de forces sur places. A terme les Etats-Unis prévoient d’installer plus de 120 000 hommes en Afrique, pour lutter disent-ils, contre le terrorisme…

La force ne fait ni droit ni justice…

Le contexte international indique que l’Afrique sera, pour les décennies à venir, le continent-trophée que se disputeront occidentaux et chinois. L’Afrique récoltera mécaniquement ce qu’elle sème aujourd’hui, notamment les effets secondaires du lâchage en règle de Laurent Gbagbo par ses pairs africains. Aux yeux de l’Occident, il ne s’agit aucunement de justice, mais de l’imposition d’un rapport de force et d’une mise en garde. Au-delà de la tragédie personnelle pour Laurent Gbagbo et ses proches, au-delà des troubles inter-ivoiriens que risque de déclencher cette forfaiture, c’est une certaine image de l’Afrique qui se dessine en creux. Celle d’une Afrique inféodé aux multinationales occidentales, sous tutelle et qui fait peu de cas de sa fierté. Les dégâts causés par cette énième humiliation dans l’inconscient collectif africain, ne se mesureront qu’avec le temps, mais une chose est certaine, il n’y a pas matière à se réjouir pour l’Afrique. Il faut ici le répéter, il ne s’agit pas de justice, mais de rapports de force internationaux.

Il faudrait être tombé bien bas pour reconnaitre à l’Occident la moindre parcelle d’une légitimité lui permettant d’assurer le respect de la justice et des droits humains, lui qui sait si bien les bafouer lorsqu’il est question de sa survie et de la défense ses intérêts…

Ahouansou Séyivé

Ancien militant du Parti socialiste français

Animateur du blog (Alternatives et Cohérence)

*LRA : Lord’s Resistance Army

Comment la spoliation de l’Afrique a causé le déclin de l’occident

En 22 mois, les pays de l’Union Européenne qui utilisent l’Euro ont fait 17 rencontres au sommet pour sauver la monnaie unique, l’Euro, sans y parvenir. On s’attendrait naturellement que le magot de la longue spoliation de l’Afrique par l’Occident lui permette aujourd’hui de payer ses dettes et de se mettre hors de portée des spéculations boursières. Il n’en est rien.

Il est incontestable que la déportation des Noirs d’Afrique pour aller travailler comme esclavages en Europe et en Amérique a beaucoup aidé pour l’édification de la structure économique de l’occident. Et c’est là le paradoxe.  Parce que c’est aussi cette pratique qui a contribué à miner et fragiliser son envol industriel. Si l’occident s’était développé sans recourir à cette main d’œuvre gratuite elle serait plus forte aujourd’hui. C’est justement cette pratique qui l’a fragilisé, surtout lorsqu’on sait qu’elle n’en avait pas besoin.

Avec ou sans les esclaves venus d’Afrique, les Etats-Unis d’Amérique se seraient développés de la même manière. Avec ou sans esclaves africains, l’Europe se serait développée de la même manière et peut-être même plus. Elle se serait passée du Cacao, du café etc… mais le fait de se passer d’une tablette de chocolat ou d’une tasse de café ne change rien sur le devenir d’une civilisation.

Le père de la science économique moderne, l’Ecossais  Adam Smith écrivait que « l’expérience de tous les temps et de tous les pays s’accorde, pour démontrer que l’ouvrage fait par des mains libres revient définitivement à meilleur compte que celui qui est fait par des esclaves. »

Il disait ainsi qu’au-delà de l’immoralité de l’esclavage, il y trouvait aussi une stupidité économique. En effet, à bien y regarder, on peut dire avec précision que l’esclavage et la colonisation ont fragilisé économiquement l’occident plutôt que le rendre fort ; le recours à une position de rente a faussé les règles de jeu du marché parce qu’il y avait un acteur (l’occident) qui est arrivé déjà avantagé puisqu’il pouvait recourir à une main d’œuvre gratuite.

L’esclavage et la colonisation des Africains a affaibli l’Occident

Imaginez d’avoir dans votre château, 20 employés de maison pour assurer le jardinage, la cuisine, le pressing, la vaisselle, la propreté des locaux, le repassage etc… et tout cela gratuitement, sans que vous payiez le moindre centime. Grâce à ces esclaves, vous aurez un très haut niveau de vie, mais qui au fond n’est qu’artificiel, parce qu’il vient du fait que ces esclaves ne sont pas en mesure de se rebeller et de revendiquer leurs droits, leur paie pour les services qu’ils vous rendent.

Le jour où, ils commenceront à fréquenter les voisins, à communiquer avec d’autres semblables, ils prendront conscience de leur état et lorsqu’ils auront la force et le courage de mettre fin à cet état de subordination, pour maintenir le même niveau de vie, vous serez obligé d’emprunter de l’argent pour payer les esclaves d’hier et le processus de surendettement et donc de faillite est enclenché. C’est la situation de l’Europe aujourd’hui et qui vient en partie aussi d’Afrique, au fur et à mesure que l’Afrique se libère grâce surtout aux immenses investissements des capitaux chinois, qui permettent aux Africains de prendre conscience de l’ampleur des conséquences même mentales de leur esclavage passé et présent qu’ils ont subi.

Il y a eu certes cette longue avance technologique de l’Occident sur toute la planète, avance purement virtuelle ne reposant sur aucun fondement concret solide. Et comme on pouvait s’y attendre, cette position de rente, c’est-à-dire d’avantage non mérité, a poussé leurs bénéficiaires à dormir sur leurs lauriers, convaincus que le monde était immuable, statique. Ils étaient convaincus que l’Asie serait toujours comme ils l’ont défini eux-mêmes, que ce soit la Chine ou l’Inde, un « géant endormi », que l’Afrique resterait pour toujours uniquement un réservoir de matières premières.

Grave erreur de calcul, puisque toutes les autres régions du monde qui ont été victimes de ce marché truqué d’avance par le premier arrivé, ont eu une double rage pour rivaliser en imagination afin de corriger cette distorsion. Et lorsqu’ils y parviennent, ils sont mis sur une rampe de lancement que rien ne semble arrêter.

Et c’est ce qui justifie qu’ils se développent plus vite, sur des bases plus solides que le premier arrivé qui, habitué à ne tenir debout que grâce aux artifices, est balayé très vite au premier vent contraire.  C’est ce qui explique que c’est l’économie occidentale qui a été minée depuis l’origine et pour 400 ans d’une rente qui ayant trop duré lui a fait bâtir sa fortune sur une sorte de sable mouvant. Et au premier vrai vent venu d’Asie en attendant celui qui arrivera d’Amérique du Sud et d’Afrique, c’est tout l’édifice qui est en train de basculer.

Conclusion :

L’esclavage et la colonisation de l’Afrique ont été incontestablement des éléments perturbateurs dans la vision que les occidentaux se font du monde. Ces deux faits graves ont été comme une lentille déformante qui ont privé presque tout l’occident de la  perception réelle d’un monde qui était en train de changer autour d’eux, à leur insu. Pour l’histoire, les pays Européens qui avaient bénéficié du Plan Marshall du président Américain Truman en 1948, consistant en un prêt de 100 milliards de dollars américains, n’ont jamais pu rembourser que 20 milliards, c’est-à-dire 20% seulement.

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

Comprendre l’inculpation du Président Laurent Gbagbo par la CPI

Comment comprendre l’inculpation du Président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire par la Cour Pénale Internationale ? Je vous mets ce petit passage extrait du nouveau livre en préparation qui reprend tous les articles et Editoriaux que je publie régulièrement et qui sera dans vos librairies en Français et en Anglais dès le début d’année :

« Dans l’empire Romain, le mot « Dictateur » désignait un Magistrat souverain qu’on nommait dans des circonstances critiques pour rétablir la paix. Aujourd’hui, ce mot désigne un chef qui exerce un pouvoir absolu et de façon arbitraire. Dans les deux cas, que ce soit dans la période de l’empire romain que de nos jours, il y a une condition commune, c’est que le « dictateur » a un pouvoir souverain et ensuite qu’il a la liberté de l’exercer. Le vrai dictateur a un cahier de charges, il a une vision qu’on peut partager ou non, mais il a un idéal de société et c’est pour atteindre cet idéal qu’il est certainement obligé de passer par des raccourcis détestables. On l’a vu en Russie avec Staline, en Chine avec Mao.

Ceux qu’on désigne pour « dictateur » en Afrique ne correspondent jamais à ce cas de figure, puisqu’il ne bénéficie de cette dénomination que le jour où il décide finalement de cesser de s’occuper des lobbys occidentaux pour s’occuper de son peuple; que lorsqu’il décide de remettre en question le statu quo des contrats injustes d’exploitation des ressources minières de son pays.

En Afrique, les présidents décrits comme démocrates et aimés par l’Occident sont ceux qui baissent leur culotte à cet Occident, comme l’a dit l’ancien Président Lula aux Chefs d’Etat Africains lors du sommet de l’Union Africaine a Malabo, en Guinée équatoriale en Juillet 2011. Tant qu’un Président Africain baisse son pantalon et laisse l’occident faire tout ce qu’il veut, il peut faire 100 ans de pouvoir, jusqu’à ce que l’Alzheimer l’immobilise et ensuite il cède sa place à son fils, l’Occident continuera à applaudir à dix doigts.

A sa mort, il aura des chefs d’état occidentaux à ses funérailles, pour avoir bien servi les intérêts autres que ceux de son pays. Celui-là, qu’il soit issu d’un coup d’état bien préparé et financé par Paris ou Londres, peu importe, il est un « démocrate », sa pléthore de conseillers occidentaux qui l’entourent sont là pour l’acclamer dans le monde entier, pourvue qu’il tienne la culotte toujours baissée. Et si par malchance il quitte le pouvoir avant, il peut toujours se réfugier en Occident, dans sa « Normandie Natale » ou présider une organisation bidon dans tous les cas, il sera toujours très bien remercié pour services rendus.

A l’inverse, dès lors qu’il remet en cause les accords qui lient son pays à un certain nombre de sujets avec l’Occident, c’est son arrêt de mort. Le système a préparé pour lui toute une armada d’options qui ne lui laisse aucune porte de sortie honorable : d’abord des Africains pour le combattre et lorsque cela ne suffira pas, il y a la Cour Pénale Internationale et le Tribunal Pénal International pour finir le travail, quand ce ne sont pas les bombes de l’OTAN pour le tuer (…)

« La Suite dans le « Manuel de Géostratégie pour l’Afrique« 

Sortie : Février 2012 – Edité par l’Institut d’Etudes Géostratégiques » Genève
(Suisse).

Jean-Paul Pougala

pougala@gmail.com 

www.pougala.org

(*) Jean-Paul Pougala est un Ecrivain Camerounais, Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégique et Professeur de Sociologie et Géopolitique à la Geneva School of Diplomacy de Genève en Suisse.

Côte d’Ivoire : Transfèrement de Laurent GBAGBO à la Haye – J’avais prévenu !

Ne provoquons pas une tempête dans un verre d’eau. Je veux bien me faire comprendre. Ne créons pas une fausse guerre juridique. Le droit a foutu le camp depuis le 11 avril 2011 de la Côte d’Ivoire. La Justice l’a suivi en prenant de son côté, la poudre d’escampette. Ce qui se joue sous nos yeux, est une affaire de muscles. Alors arrêtons de jouer le jeu de l’ennemi !

Je suis de très près comme vous, la situation du Président Laurent GBAGBO et de ses camarades de lutte. Des détentions sans accusation ou sur la base d’accusations complètement insensées, nous en sommes aujourd’hui à une affaire d’inculpation. Soi-disant pour crimes économiques. Cette farce grotesque ne m’a point surpris. Et je lui accorde très peu d’intérêt.

Mais je reste surtout préoccupé par le réveil et la levée de bouclier des Juristes de la Majorité Présidentielle. Cela est une excellente chose. Mais croyez-moi, ce qui se joue n’est pas une affaire de droit. C’est pourquoi je vous prie de me permettre d’insister : ni le droit encore moins les avocats ne sortiront le Président GBAGBO de prison.

La raison

Vous la connaissez tous. D’abord, Dramane OUATTARA ne croit pas en l’existence du droit comme il ne croit pas non plus en l’existence de Dieu. Il croit au Pouvoir. Il croit en l’énergie de domination, de conquête, d’élévation métaphysique. D’une part parce qu’il est bouddhiste. D’autre part, et presque fondamentalement, parce qu’il est un mystique membre des sectes qui enseignent la théorie des Maîtres du Monde.

Ensuite, et cela est une démonstration de ce que j’ai déjà affirmé, Dramane OUATTARA a toujours évolué en marge du droit en Côte d’Ivoire. Alors Voltaïque, il s’est décrété Ivoirien en se faisant fabriquer un Certificat de Nationalité par le juge Zoro Bi de la Section de Tribunal de Dimbokro. Il a utilisé là une tactique qu’il va rééditer en 2010 en demandant à Youssouf Bakayoko d’aller annoncer un résultat imaginaire à l’Hôtel du Golf. Une fois que OUATTARA a trouvé quelqu’un d’apparence crédible pour lui produire du faux, il est en mesure de mettre en œuvre sa machine mafieuse internationale composée de journalistes véreux, d’hommes politiques de premier rang, de nationaux ivoiriens à l’âme corrompue.

Alors suivez-moi bien, ce qu’il faut à OUATTARA pour évoluer dans la vie, pour atteindre ses objectifs, c’est créer l’événement sur la base du faux. Une fois qu’il tient un bout de papier contenant du faux dans la main, il s’occupe du reste. Dans cette entreprise, tout se passe comme si les lois sont inexistantes. Mieux, OUATTARA ne cherche jamais à prouver ce qu’il brandit pour consolider son imposture car la preuve relève du domaine du droit et donc des lois.

Alors pour son Certificat de Nationalité grossièrement faux, son résultat électoral imaginaire, sa citoyenneté ivoirienne conçue à coup de millions et de pots de vins versés aux Politiques et aux hommes des média, OUATTARA nous a démontré qu’il est un objecteur de Loi et de Justice.

Il voulait un chef d’inculpation. Il en a un : le crime économique. Le reste est entre les mains de son réseau mafieux. Vous verrez bientôt le faux débat, complètement ahurissant, dénué de tout bon sens pour dire du faux droit destinés aux analphabètes qui le suivent. Du faux droit également, destiné à ceux qui regardent la Côte d’Ivoire de loin, parfois de très loin.

Les résultats

En marge des lois nationales et internationales, le Président GBAGBO sera jugé à guichet fermé. Pas de présence de journalistes ni de membres de sa famille. Il sera condamné sur le seul fondement de la volonté de OUATTARA de l’humilier, de lui ôter la vie, de souiller sa mémoire. Je touche du bois. Mais c’est cela le premier objectif de OUATTARA.

Le second objectif, c’est qu’il ne peut pas garder Laurent GBAGBO en Côte d’Ivoire comme prisonnier. L’homme politique est trop populaire et en passe de devenir une icône africaine de la lutte anticoloniale. Alors comme du temps de la traite des Noirs, il faut lui trouver une terre de déportation. C’est la Haye.

Pour gérer ce volet de la forfaiture hors-la-loi, il y a un certain Luis Moreno-Ocampo. Il est de la trempe du Sud Coréen Young-Jin Choi. Ils déforment la vérité. Ils déforment le droit. Ils mentent sans cligner de l’œil. Parce qu’ils ont été dressés pour faire ce genre de sales boulots. Dans leur méthode, il y a beaucoup de racisme. Ne regardez pas seulement la couleur de peau. Quiconque adhère à un projet qui vise à rabaisser une race différente de la sienne se fait raciste.

Alors Moreno-Ocampo, Procureur formé pour emprisonner les Noirs d’Afrique, en marge du droit international, sur la foi de faux témoignages de témoins choisis parmi les hommes de OUATTARA pour témoigner contre GAGBO ou pour enfoncer GBAGBO en jouant les repentis d’un certain régime GBAGBO, fera condamner le Président des Ivoiriens, tout juste pour créer un cadre judiciaire pour sa déportation, loin des terres ivoiriennes.

A très bientôt

Hassane Magued