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Le Franc Cfa menacé : La dévaluation, bel et bien à nos portes

Comme il fallait s’y attendre, le scoop livré par Notre Voie, dans son édition n°3988 du lundi 21 novembre 2011 relativement à la dévaluation du franc Cfa, annoncée pour janvier 2012, suscite des réactions divergentes. Pendant que des économistes africains trouvent cette triste réalité inévitable au regard de la rude crise économique qui frappe l’Europe, les gouverneurs des banques centrales africaines concernées (Bceao et Beac) tentent de nier l’éventualité. Et pourtant, le franc Cfa se situe à un micron de sa deuxième profonde dévaluation.

«Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans moins de 40 jours, le Fcfa sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro = 655,59 Fcfa passera à 1 euro=1000fcfa. Selon une source diplomatique occidentale, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région, la semaine dernière. Il a été mandaté, selon la source, par le Président français, Nicolas Sarkozy. En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou N’Guesso que la mission a été confiée par Paris d’informer ses homologues de la Cemac mais aussi des Comores. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin bissau-guinéen». Cette exclusivité publiée par le quotidien Notre Voie n°3988 du lundi 21 novembre 2011 a visiblement créé un séisme à la rencontre annuelle de concertation entre la Bceao et la Beac qui se tient à Abidjan, depuis mardi 22 pour prendre fin aujourd’hui 24 novembre 2011. Au point où, au sortir d’une audience avec le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, le mardi 22 novembre, lendemain de la publication de l’article de Notre Voie, le gouverneur de la Beac, Lucas Abaga, a déclaré : «La dévaluation n’est pas d’actualité. La croissance reste rigoureuse en 2011 ; le taux de couverture monétaire est presque de 100% alors qu’il faut un minimum de 20%, tous les indicateurs sont dans le bon sens». Le nouveau gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, qui se tenait à ses côtés, a partagé la même vision que son homologue.

Le prêteur en difficultés financières

Ces propos du gouverneur de la Beac sont plus du registre de la politique, qui vise à amadouer les populations afin de prévenir toute manifestation de rue, que celui de l’économie, où la démagogie ne prospère pas face aux clignotants rouges. Si une timide croissance est constatée en Afrique depuis quelques années, ce n’est pas le cas en Europe où sévit une crise économique rude qui menace même les fondements de l’euro, la monnaie commune à 27 pays européens. Dont la France, ex-pays colonisateur de la majorité des pays, membres de la Bceao et de la Beac. Mais surtout «parrain» du Fcfa et principal pourvoyeur de «l’aide» au développement des Etats de la zone monétaire.

Frappée par la crise économique qui touche l’Europe, la France se trouve profondément dans l’incapacité de jouer son rôle comme par le passé. De son côté, l’Allemagne, la première puissance économique européenne, se refuse à servir de «parapluie» à la France en Afrique au risque de mettre en péril tout l’édifice européen. D’autant qu’en Europe, les conséquences de la crise se font durement ressentir. L’exemple de la Grèce est bien récent. «Le prêteur est en difficulté, c’est cela la réalité. Pour prêter de l’argent aux pays de la zone Cfa dans le cadre de l’aide au développement, la France empruntait, avant la crise, sur le marché européen à un taux de 2%. Elle prêtait ensuite aux pays africains à un taux de 4%. Avec la crise, le taux d’emprunt de la France sur le marché européen s’est accru. La France ne peut plus continuer puisqu’elle est frappée de plein fouet par la crise. Elle a donc décidé de dévaluer le Fcfa pour ne pas porter les pays de la zone Bceao et Beac comme un boulet au pied», soutient une source informée.

Ancien gouverneur de la Bceao, Alassane Dramane Ouattara que la France a activement contribué à installer au pouvoir a été chargé par Paris d’expliquer la pilule amère de la dévaluation du Fcfa aux autres chefs d’Etat de la zone. Quant aux gouverneurs de la Bceao et de Beac réunis à Abidjan avec les autres partenaires dont la France, il s’agit de réfléchir sur comment appliquer cette mesure sans faire sombrer les économies sous-régionales.

Comme avant le 11 janvier 1994

La tâche est ardue comme ce fut le cas en 1993, quelques mois avant la dévaluation du Fcfa survenue en janvier 1994. En effet, à partir de septembre 1993, le soutien financier de la France était conditionné à l’adoption par les pays de la zone Cfa de programmes économiques et financiers crédibles soutenus par le Fmi. Ce changement d’attitude préfigurait de la dévaluation du franc Cfa. Aujourd’hui encore, le schéma est identique. Pendant que le Fmi est sollicité par l’Europe pour appuyer les économies de certains pays de la zone euro en grande difficulté, il soumet les pays africains à des conditionnalités socio-économiques qui ne seront pas sans conséquences pour la stabilité de certains Etats. Des sources parlent, par exemple, de réduction du personnel de la Fonction publique et d’une privatisation totale de tous les secteurs des économies des pays africains. La dévaluation va renchérir le coût de la vie déjà intenable dans certains pays comme la Côte d’Ivoire. C’est à juste titre que Houphouët s’opposait vigoureusement à la dévaluation. Quelques semaines après sa mort, le 7 décembre 1993, la France et le Fmi ont décidé, le 11 janvier 1994, la dévaluation de 50% du franc Cfa pour les 13 pays africains du continent et 33% pour les îles Comores. Pour janvier 2012, des sources parlent d’une dévaluation de plus de 60% du franc Cfa. C’est dire que la catastrophe est à nos portes. Et les pluies de milliards Fcfa dévalués n’y pourront rien. Comme en 1994…

Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

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Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012

Les malheurs continuent sous Ouattara : Le Franc CFA dévalué le 1er janvier 2012

Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso… le quotidien ivoirien Notre voie dévoile l’objet de la tournée ouest-africaine de Ouattara

C’est une information exclusive. Les pays membres de la zone CFA n’ont pas fini de souffrir. Cette fois, c’est le noir qu’ils vont commencer à broyer. Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans 40 jours, le FCFA sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro=655,59 FCFA, passera à 1 euro=1000FCFA. Selon un diplomate européen, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région la semaine dernière. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy.

«En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la CEMAC mais aussi des Comores», ajoute notre source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.

Comme on peut s’en douter, cette mesure de dévaluation du FCFA est venue de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit tard. Mais si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone.

Mais qu’est-ce que la dévaluation du FCFA peut bien apporter à la France au plan financier et budgétaire ? Beaucoup, beaucoup trop même. Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, la France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise (euro), nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la zone CFA qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français. Si l’on ajoute à cela l’exploitation honteuse de nos ressources à laquelle se livre en toute impunité la France, on peut dire que le pari est gagné pour Paris de trouver les milliards d’euro qu’elle cherche partout pour combler son déficit. De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français.

Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de FCFA. Parions ! Les hagiographes des différents palais présidentiels chanteront à l’unisson la fameuse chanson qui ne leur réussit pourtant pas : «Pluie de milliards !!!». Oubliant que cet argent est à rembourser non seulement avec des intérêts mais en devise. Conséquence, la dette des pays africains toujours sous la coupole de Paris va accroître de façon vertigineuse. Sacrifiant ainsi les futures générations africaines qui, une fois aux affaires, passeront le clair de leur temps à rembourser des dettes.

Depuis que Ouattara est parvenu au pouvoir, les prix des produits alimentaires de première nécessité ne font qu’augmenter à la vitesse grand V. A partir du 1er janvier prochain, ça va être plus grave. La dévaluation ne peut nous servir que si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro. Au moment de servir le marché intérieur, les commerçants revendeurs devront tenir compte de cette nouvelle parité fixe. Les prix vont donc gonfler et ça va chauffer dans les marmites ! Le prix du carburant va suivre la flèche dans le sens verticale. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines !

Abdoulaye Villard Sanogo

Bloqué à la Cpi, Sarkozy veut envoyer Gbagbo en Europe de l’Est

Bloqué à la Cpi, Sarkozy veut envoyer Gbagbo en Europe de l’Est : Les Présidents de l’Afrique digne disent niet

Le confrère «L’expression», très proche du pouvoir d’Abidjan ne sait pas gêner pour barrer à sa Une du samedi dernier ce que tout le monde sait déjà dans la crise ivoirienne. «Si Ouattara libère Gbagbo, il tombe.» Ce journal rapporte, en fait, les propos d’un baron du régime qui traduit en même temps, toute la peur du pouvoir de voir Gbagbo en liberté. Si tant est que c’est Ouattara qui a été le choix du peuple ivoirien, pourquoi il tomberait après la libération de Gbagbo. C’est bien là que se trouve toute la question de la crise que traverse la Côte d’Ivoire.

On se rappelle qu’au plus fort de ce conflit postélectoral, la France et les Usa avaient proposé un exil doré à Gbagbo s’il acceptait sa «défaite» contre Ouattara. Des propositions qui ont été logiquement rejetées, car si Gbagbo avait vraiment perdu les élections comme ont veut le faire croire, sa place ne se trouverait nulle part ailleurs qu’en Côte d’Ivoire. La vérité est que Gbagbo gêne beaucoup la mafia françafricaine qui attaque la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi Sarkozy fait mains et pieds pour obtenir le transfert de Gbagbo à la Cpi. Il en fait même un chantage honteux en pensant tuer ainsi dans l’œuf, toute volonté de soulèvement populaire. Sur cette question, la France avec son armée en Côte d’Ivoire, est prête à aller jusqu’au bout, quitte à jeter après la faute sur Soro et ses hommes. Sarkozy sait en plus que Gbagbo n’est pas Taylor, l’ex-Président libérien. Gbagbo est bien le seul Président d’un pays du sud dont le transfert à la CPI divise toute l’opinion mondiale y compris la CPI au plus haut niveau. Parce que visiblement, l’accusation de crime de guerre ne résiste pas à la moindre analyse. Mais sur le terrain, Gbagbo même en prison continue de gêner l’action de Ouattara. On dira tout clairement que son ombre plane toujours sur la Côte d’Ivoire, malgré le discours purement publicitaire du pouvoir actuel. Ce qui n’est pas fait pour arranger l’action de la France sur le terrain. Surtout qu’elle est quotidiennement hantée par un soulèvement du peuple ivoirien, qui porte le Président Gbagbo dans son cœur. A défaut d’avoir  immédiatement la Cpi, Paris veut éloigner Gbagbo des ivoiriens. En l’envoyant très loin d’ici, en Europe de l’est. C’est en tous cas ce qui se trame dans les milieux diplomatiques. Et  dans ce bourbier qui est finalement devenu une patate chaude pour Sarkozy, le rôle qui a été confié au poulain d’Abidjan est de sonder l’opinion des chefs d’Etat du continent, sans exception. Ce qui justifie les différents voyages de Ouattara dans les pays africains.

Dans la sous région, l’option qui se dégage est qu’il n’y a que trois chefs d’Etats qui ne verraient aucun inconvénient à un éventuel transfert du Président Gbagbo devant la Cpi ou dans un autre Etat européen. On parle de Faure Yassimgbé du Togo, Wade du Sénégal et bien entendu, Blaise Compaoré du Burkina. Même Goodluck du Nigeria qui a été partie prenante et un soutien fort à Ouattara pendant la crise postélectorale a dit niet sur cette question.  Au niveau continental, la majorité des pays sont évidemment opposés à un transfert de Gbagbo dans un autre pays étranger. Car, ils sont tous convaincus que cette décision embrasera la Côte d’Ivoire. Mais cela n’est pas le problème de la France officielle qui compte sur son armée. Ouattara ainsi donc poussé dans le dos par son parrain Sarkozy, se rendra très bientôt en Afrique du sud pour avoir la position du Président Jacob Zuma. Même s’il semble qu’il connait déjà la réponse de Zuma sur la question du transfèrement de Gbagbo hors de la Côte d’Ivoire. Il n’est ni Compaoré, ni Wade, encore moins Faure Gnassingbé. C’est un Président de la République.

Guehi Brence

Kadhafi : la mort d’un grand homme

Kadhafi : la mort d’un grand homme ? Est-ce que l’OTAN a voulu aussi tuer le panafricanisme ?

En décembre 2010, à Dakar, au Sénégal, le colonel Mouammar Kadhafi participait au Festival Mondial des Arts Nègres. Il y inaugura, en grande pompe, le monument de « La Renaissance Africaine », une statue monumentale qui pointe son doigt vers le lointain pour, dans l’esprit du concepteur de la statue, faire un signe à celle de la liberté à New-York.

Lors de cet événement majeur, Kadhafi faisait l’unanimité dans la foule et on le vénérait, à la fois, comme le Guide de la Révolution libyenne et l’artisan, le chantre de l’Unité africaine. A l’époque, c’est-à-dire il n’y a même pas un an (!), Kadhafi avait été reçu chaleureusement par le Président du Sénégal, Abdoulaye Wade qui, malgré quelques réticences personnelles, exprima, sur place, l’adhésion de tout un peuple au dit tortionnaire. Le colonel Kadhafi était encensé comme un homme politique porteur d’espoir, l’incontestable leader charismatique de la révolution africaine.

La renaissance africaine

Lors de cette manifestation, en inaugurant la statue monumentale du Festival, Kadhafi prit la parole pour réaffirmer l’urgence de l’unité du continent : « Le monument de la Renaissance Africaine n’est pas un monument du Sénégal mais le monument d’un peuple, le monument pour tout le continent africain… » Puis, il déclara « Il faut que l’Afrique ait une seule armée. Ses armées nationales n’ont pas les moyens de faire face aux forces de l’OTAN et, ce combat, une seule armée c’est un combat pour la vie et la mort ».

Kadhafi reçu par le Président Abdoulaye Wade

A l’époque, Abdoulaye Wade manifestait ouvertement, quand on l’interrogeait, des divergences sur le calendrier de cette unité africaine à construire. Il parlait, contre Kadhafi, de la nécessité d’une transition douce. Aujourd’hui, le leader de la révolution africaine n’est plus et c’est l’Otan qui a imposé son propre calendrier aux velléités africaines d’autonomie. Avec Kadhafi, ce n’est pas seulement un homme qui meurt mais c’est, peut-être aussi, tout un projet, toute une idéologie qu’on enterre : le panafricanisme, l’unité continentale africaine.

Kadhafi n’était pas Frantz Fanon

Ce projet, comme tout projet politique globalisant, uniformateur et quelque peu utopique, était fumeux. L’imagination politique de Kadhafi mûrit dans le désert. Il faut toujours se méfier des idéologies universalisatrices, coupées des réalités politiques, construites dans des déserts géographiques. Le christianisme, comme l’islamisme, en sont aussi.

au Festival Mondial des Arts Nègres

En tout cas, Kadhafi croyait aux chimères nocturnes du désert et il allait, ainsi, de-ci de-là, avec sa djellaba, sa tente bédouine, entourée d’une garde d’amazones officiellement vierges et fusils au bras, parler aux foules, dans des liturgies de balcons. Leader d’un panafricanisme nègre, à partir d’une Libye finalement très « blanche », sa posture ne manquait pas de contradiction. Il était clair que son pays ne pouvait être, en vendant en particulier de l’or noir à bon prix, à la hauteur de l’anticolonialisme africain, celui de l’esprit rebelle des ouvrages de Frantz Fanon que, justement, les éditions de la Découverte viennent de rééditer en un seul volume.

Aux temps « héroïques », le jeune Kadhafi avait, pourtant, financé un grand film, « Le Lion du Désert », où Anthony Queen interprétait le rôle du rebelle, Omar Mojtar, à côté d’Oliver Reed, qui jouait celui du maréchal Graziani. A la fin du film, à côté du cadavre pendu du grand guerrier, le cheik Omar, un jeune homme apparaît, esquissant un geste provoquant : c’était le futur colonel en personne ! Belle époque où les héros de cinéma côtoyaient la grande histoire.

Aujourd’hui, forcément, à l’époque de la 3D et des images de synthèse, celles du lynchage de Kadhafi ont quelque chose de pitoyable, un grand homme dans une conduite d’égout, la peur de la mort, la fragilité de la personne… Nous, en douce, on s’est quand même réjoui de le voir, au moins, posséder un pistolet en or. Chez lui, l’héroïsme de l’anti-occidentalisme n’avait pas tout à fait rendu l’âme.

Avec Nasser : les temps héroïques du panafricanisme

On sent, dans ce pistolet, des appels à la vengeance enflammée, brouillée dans les vapeurs d’alcool et de drogue, au fin fond d’un bunker, avec quelques prières sans conviction à Allah. Dans quelques années, d’autres jeunes, quand ils en auront assez de l’islamisme radical, célèbreront Kadhafi dans leur coin et punaiseront des posters du Colonel dans leurs chambres. Mais, aujourd’hui, le conflit est ailleurs. Il est pour l’uniformisation de la planète sous un nomos global.

Kadhafi, lui-même, l’avait pressenti et, toujours sous la forme de coups de théâtre, il commença, à partir de 2001, à changer de cap, comprenant qu’il lui fallait devenir présentable, s’intégrer, le grand mot, le joli mot, «s’intégrer», du «marche ou crève !» du nouvel ordre mondial. Il sentait bien que cette intégration dans la « communauté internationale » ne lui laisserait pas sa place et que les prédateurs voulaient plus, voulaient faire main basse sur les matières africaines avant que la Chine ne s’en empare. Il comprit qu’il ne pouvait survivre politiquement qu’au prix d’un certain abaissement. Cet abaissement aura été insuffisant.

Emportés dans la tombe des mystères qu’on nous cachera

Pourtant, il en donna des gages mais comme le soulignait le poète Henri Michaux, le problème avec les Occidentaux c’est qu’«ils ne savent pas s’arrêter ». Ils avaient pourtant osé le pardonner pour l’obscur, le toujours obscur, attentat de Lockerbie. On ne saura jamais, non plus, s’il finança réellement la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007. Mais qui croira que le coup médiatique de la libération des Bulgares n’a pu se faire sans réelles compensations et autres petits arrangements ?

Finalement, c’est l’armée française qui localisera son convoi, le bombardera en permettant, de fait, son élimination physique, assuré apparemment sur le terrain par un commando qatari, le Qatar ayant joué un rôle décisif dans la prise de Tripoli et l’exécution des plans « libérateurs » de l’Otan. De leur côté, les mercenaires sud-africains du Colonel se seraient repliés en Algérie pour protéger le restant de la famille, tandis que le cadavre du Colonel, à côté d’un de ses fils, a été jeté sur un vieux matelas dégueulasse, dans la chambre frigorifique d’un supermarché.

Il y a quelque chose de tragique et, en même temps, de classique dans le final des hommes forts, « les dictateurs » comme on les appelle : Saddam en Irak, Mouammar en Libye ; certains auraient rêvé de trouver dans la liste Laurent Gbagbo ! Du moins, quand ils meurent ainsi, s’épargne-t-on la comédie grotesque du « crime contre l’humanité » et de la Cour Pénale Internationale, l’exemplarité nouvelle des vainqueurs, exercée au nom des bons sentiments et du juste. Mais on en vient, aussi, à se demander comment finiront, à leur tour, nos leaders démocrates, Prix Nobel de la Paix pour l’un d’entre eux, puisque la roue de l’Histoire, fatalement, tourne et que l’honneur des armes n’est, semble-t-il, réservé qu’aux dictateurs de la vieille école ?

En tout cas, les « démocrates » auront poussé l’hypocrisie jusqu’à exiger des Nations Unies une enquête sur les circonstances de la mort de Kadhafi. Cette enquête devra-t-elle inculper les agents du Kansas qui supervisaient, à distance, le bombardement du drone, entre deux cocas et un paquet de cigarettes ? La résolution de l’ONU du 17 mars établissait un blocus aérien – « no fly zone » – pour la protection de la population civile et les zones peuplées – « to ensure the protection of civilians and civilian populated areas ». Il n’avait jamais été question de bombarder, avec des missiles, le sol libyen !

Quant aux dollars promis pour la tête de Kadhafi, les pauvres types qui l’ont liquidé en ont-ils vu la couleur ? La guerre a de ses mystères et de ses probabilités qu’à la limite, pour gagner des milliers de dollars, il vaut mieux jouer au loto !

Michel Lhomme

Un citoyen sénégalais à Abdoulaye Wade : « Je ne me présenterai pas », 5 mots pour sauver 14 millions de vies

Un citoyen sénégalais à Abdoulaye Wade : « Je ne me présenterai pas », 5 mots pour sauver 14 millions de vies, nous vous en supplions

Je ne cesserai d’écrire, encore et encore. Parce que quelle que soit la région où je me trouve dans ce monde, quelle que soit ma situation actuelle, je n’ai que le Sénégal pour me sentir totalement comblé.

Ce pays, le nôtre, qui s’est toujours vanté de sa stabilité, ce pays que nous vous avions confié en 2000 avec cette même stabilité est entrain de trembler aujourd’hui. La fameuse « Téranga » (hospitalité) connue du Sénégal et des sénégalais est entrain de battre de l’aile, parce qu’elle est devenue totalement fragile. L’insécurité s’est accrue et continue à s’accroitre, les viols et la violence se multiplient, l’honnêteté a laissé place à l’arnaque face à la pauvreté, la sexualité est devenue banalisée, la salubrité ne s’inscrit plus dans le quotidien des sénégalais, etc.

De même, les entreprises nationales se fragilisent de plus en plus conditionnant ainsi l’accroissement du taux de chômage. Des entrepreneurs se trouvent même sacrifiés pour des raisons politiques ; pourtant leur seule ambition, conditionnée par l’amour qu’il porte à notre cher Sénégal, au-delà du profit bien-sûr, est de contribuer au développement du pays, donc à redonner sourire à certains pères de famille qui se sont vus impuissants face aux besoins primaires des êtres sous leur responsabilité.

Abdoulaye, de l’avion, je me vante de la corniche que vous nous avez créée, de l’aéroport LSS que vous nous avez rénové, du fameux Monument de la Renaissance Africaine qui constitue une grande fierté pour vous, etc. Mais aujourd’hui, malgré toutes ces ambitions, les vôtres, que vous avez réalisées, le peuple, la majorité des sénégalais je veux dire, demande autre chose. Le peuple souhaiterait que ses besoins primaires soient satisfaits. Ce même peuple qui reconnait le coté positif de vos réalisations, ce même peuple qui vous a confié le Sénégal, ce même peuple qui constitue la majorité des sénégalais, est entrain aujourd’hui de vous souhaiter au moins la retraite. Parce que ce même peuple juge que vous avez tiré votre révérence et qu’à votre âge, il risquerait de souffrir encore plus en vous voyant encore à la tête du Sénégal.

Abdoulaye, souvenez-vous ! C’est ce même peuple qui a veillé à un Sénégal stable dans lequel vous avez vécu sans craindre d’entendre des coups de feu raisonner au moment ou vous dormez, c’est ce même peuple qui a veillé à cette stabilité qui vous a rendu sain et sauf jusqu’à cet âge de 85 ans que vous avez aujourd’hui, officiellement.

Nous vous prions et nous continuons à vous tendre la main encore et encore de renoncer à votre candidature et de le faire savoir aux sénégalais pour apaiser la tension. Aujourd’hui, il suffit de 5 mots pour apaiser la tension que vit actuellement les sénégalais partout ils peuvent être dans ce monde : « Je ne me présenterai pas ». Ces cinq mots pourraient sauver la vie d’environ 14 millions de sénégalais, s’ils ne seront pas dédits bien-sûr.

Abdoulaye, nous vous supplions encore de faire raisonner ces mots afin que le peuple sénégalais l’entende. Ne soyez ni prisonnier de votre égo, ni des caprices de votre femme, ni celles de vos enfants ni des intérêts de ces « hommes d’affaires » qui vous entourent.

Le Sénégal compte énormément pour nous, alors pensez à notre avenir.

Que Dieu bénisse le Sénégal !

Sénégal : et dire que Wade s’est permis de jouer les moralisateurs face à Gbagbo et Kadhafi !

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a affirmé dans une interview lundi à Dakar qu’il sera « bel et bien candidat » à sa propre succession, en réponse à ses opposants qui lui demandent de ne pas se présenter à la présidentielle de 2012.

« Pour éclairer définitivement la lanterne des Sénégalais, je dis ici, et vous pouvez l’écrire, que je serai bel et bien candidat si Dieu me prête vie », a déclaré le chef de l’Etat dans cet entretien accordé au quotidien sénégalais Le Pays (privé).

« Je vais tous les terrasser dès le premier tour » prévu le 26 février, dit-il en parlant de ses futurs concurrents. « Sans prétention, je crois mordicus que je vais les coiffer au poteau (…) », ajoute-t-il.

Les opposants au chef de l’Etat, 85 ans et au pouvoir depuis 2000, ont exigé qu’il annonce fin octobre le retrait de sa candidature qu’ils jugent anticonstitutionnelle, menaçant de multiplier les manifestations de rue pour le forcer à ne pas se représenter. Abdoulaye Wade, Sénégal, présidentielles Sénégal, présidentielles Sénégalaises, politique Afrique, Afrique

Ce sera au Conseil constitutionnel de décider en janvier de la validité des candidatures et M. Wade a affirmé qu’il respectera sa décision: « Si ma candidature est invalidée, je ne sourcillerai pas à partir, je me retirerai ».

Il a vivement condamné les critiques liées à son âge, qui, selon lui, n’intéressent que « les Occidentaux ». « Nous, en Afrique, on ne s’attarde pas sur ces détails. Aucun Africain ne demande à l’autre son âge, parce que les Africains s’occupent seulement de la santé, de la vie et de la mort », a-t-il assuré.  Afrique de l’Ouest, Laurent Gbagbo, Kadhafi, international

Selon M. Wade, « ce débat doit être tranché par les seuls Sénégalais qui connaissent, à peu près, mon âge. Voilà un sujet qui, pour vous dire la vérité, me révulse », a-t-il déclaré, ajoutant: « Si le peuple (…) s’aperçoit que je ne suis pas apte pour le diriger, il ne m’élira pas. Mais, qui va mourir, qui va vivre? Laissons de côté cette question qui ne tient pas la route ».

Lu sur africa news

Les WADE : 11 ans de règne, 11 ans de scandales

Les onze ans de règne des libéraux ont été ponctués par une série de scandales. Les uns plus spectaculaires que les autres.Le 7 août 2010, lors d’un dîner-débat organisé par l’association des jeunes avocats du Sénégal (Ajas) Abdou Latif Coulibaly affirmaient que si l’on totalise l’argent de l’ensemble des scandales financiers connus depuis l’avènement de l’alternance en 2000, on atteindra les mille milliards de francs Cfa.Ce qui équivaut à plus de 26 000 kilomètres de route bitumée, selon lui.

Les 13 milliards du Qatar

Le dernier scandale financier, pour l’instant, c’est Saïf Al Islam, le fils du guide libyen, qui nous l’apprend. Selon lui, Me Wade aurait reçu la bagatelle de treize (13) milliards de francs Cfa du Qatar pour son fils. Pourquoi ? Pour réclamer urbi et orbi, depuis Benghazi, le fief des rebelles libyens, le départ de Kadhafi.

Mais d’autres scandales financiers ont précédé celui-ci. Lors d’un meeting le 22 mai à Zinguinchor, le Premier Souleymane Ndéné Ndiaye affirmait : ‘Pendant presque 10 ans, Landing Savané a reçu de mes mains ou des autres collaborateurs du président de la République, 30 millions de francs Cfa tous les mois, et jamais il n’a partagé cet argent avec ses camarades.’

Fesman: Plus de 45 milliards de francs Cfa dépensés par la fille et un déficit de 26 milliards pour chanter et danser

Le 3e Fesman aura été un véritable gouffre financier. Cette manifestation, dont Wade a confié l’organisation à sa fille, aura coûté au trésor public plus de 45 milliards de francs Cfa et engendré un déficit de 26 milliards de francs. Le chef de l’Etat soutenait que le Sénégal n’aurait dépensé de son budget que 5 milliards. Le reste du budget étant supporté par les autres pays. On sait ce qu’il en a été.

L’autre scandale qui noircit le tableau du Fesman, le financement de la construction du monument de la Renaissance africaine. En effet, pour le construire, l’Etat du Sénégal a bradé les terres de la zone aéroportuaire. Des terres pourtant estimées à 75 milliards de francs par des spécialistes. Pourtant, dans une brochure remise aux journalistes lors de l’inauguration, l’on pouvait lire que le monument de la renaissance africaine a coûté zéro F Cfa à l’Etat du Sénégal. Qui pour y croire ?

Plus de 205 milliards dépensés par le fils pour l’Oci

Autre gouffre financier, l’Organisation de la conférence islamique (Oci), confiée à l’autre fils Wade, Karim.Dans son livre intitulé Contes et mécomptes de l’Anoci, le journaliste Abdoulatif Coulibaly affirme que contrairement aux affirmations de ses dirigeants, l’Agence nationale pour l’organisation de conférence islamique (Anoci), n’a pas dépensé 72 milliards de FCfa, pour réaliser les travaux nécessaires à l’accueil du sommet qui a eu lieu en mars 2008 dans la capitale sénégalaise. Elle en a dépensé plus du double. ‘Nous sommes à même de dire que l’Anoci a dépensé pour l’organisation de la conférence islamique une somme totale de 205 milliards 211 millions de FCfa’, renseigne-t-il. ‘Les 205 milliards 211 millions de FCfa de dépenses effectives et réelles de l’Anoci comportent un chapitre ou une composante nommée: ‘Aménagement des bureaux du siège de l’Anoci’. Ce poste a englouti la somme de 750 millions de FCfa. Celle-ci a servi à l’aménagement des bureaux du président du Conseil de surveillance, M. Karim Wade, et à l’équipement des bureaux de ses collaborateurs. Ils ont été logés aux 1er, 2e et 3e et 10e étages de l’immeuble Tamaro’, poursuit-il, affirmant que c’est aussi mentir que de tenter de faire croire au peuple que la réalisation des chantiers ouverts à la veille de la Conférence islamique a coûté 101 milliards de FCfa. Selon lui, l’Oci a saigné le Trésor public et a accéléré la crise financière dans laquelle se débat aujourd’hui le Sénégal.

Perturbations sur la ligne : 20 milliards de Sudatel distraits

Si ce n’est pas le fils ou la fille de Wade qui sont impliqués, ce sont les fils de ses amis. Ainsi, lors de la vente de la troisième licence de téléphonie à Sudatel, Abdou Latif Coulibaly affirme que Thierno Ousmane Sy, fils du ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, aurait été impliqué dans le scandale d’une commission qui aurait été versée dans le cadre de la vente de la licence de Sudatel. Se fondant sur une enquête du journaliste, l’entrepreneur Bara Tall avait alors initié une pétition pour réclamer la vérité sur les vingt milliards de francs Cfa. Mais le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, avait déclaré, dans un communiqué, que ‘Sudatel a réglé la totalité du prix de la licence par deux virements sur un compte du Trésorier général du Sénégal à l’Agence nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), pour un montant total de 200 millions de dollars’.

Réparation de l’avion présidentiel : 28 millions de dollars en l’air

En avril 2007, la Pointe de Sangomar, l’avion de commandement du président de la République est en panne. L’avion présidentiel a été obligé de faire un atterrissage à Palma de Majorque dans les Iles Canaries en Espagne. L’incident s’est passé un samedi dans les airs vers 5 heures du matin. C’est le cockpit de l’appareil qui a eu des problèmes techniques. Il se trouvait dans l’espace aérien espagnol alors que le Président Wade se rendait dans les pays du Golfe. Déjà au lendemain de l’alternance, les moteurs de Sangomar ont été à Perpignan, car disait-on à l’époque qu’ils n’étaient pas dans un meilleur état. D’ailleurs, le président avait affirmé qu’aucun sou du contribuable sénégalais n’a été dépensé pour la réfection de la Pointe de Sangomar.

Mais le journaliste Abdou Latif Coulibaly avait affirmé tout à fait le contraire. Dans son retentissant brûlot ‘Wade, un opposant au pouvoir, l’Alternance piégée? ’, il affirmait que le ‘montant global et final’ de l’ensemble des opérations de la révision de l’avion s’élève à 28 millions de dollars. Prenant le contre-pied de Wade, le journaliste écrivain a révélé que la ‘facture salée’ a été payée à partir du fonds routier sénégalais. Un montant de 10 milliards de Fcfa aurait été transféré par l’État, explique Latif. Selon lui, cette somme n’a pas fait l’objet d’enregistrement au Secrétariat général du gouvernement, ni publié au journal officiel. Ce qui est considéré comme une violation flagrante des règles de la bonne gouvernance et de la transparence.

Mais quelques années après cet incident voilà Wade qui paie un ancien avion, celui du président français Nicolas Sarkoky vieux de 8 ans à 20,9 milliards de francs Cfa. Il s’agit d’un moyen-courrier A319 CJ entré en service en 2002, d’une capacité d’une trentaine de places.

La planque chypriote de 7,5 milliards de francs Cfa du fonds taiwanais

En 2006, 15 millions de dollars, soit 7,5 milliards de francs Cfa alloués par la Chine Taiwan à l’Etat du Sénégal ont été détournés et planqués à Chypre. Selon le journal Le Témoin, ce sont 15 millions de dollars Us, soit 7,5 milliards de nos francs ‘destinés à la construction de projets à caractère social dans notre pays’ que Taïwan a décaissés. Une somme qui n’avait pas atterri dans les comptes de l’Etat, jusqu’à la rupture des relations diplomatiques entre le Sénégal et Chine Taïwan. Selon l’hebdomadiare Le Témoin, ‘cet argent s’est retrouvé dans le compte bancaire d’une société créée par Emmanuel Aïm, la Fitem Entreprises Limited’ précisément, ‘ouvert dans les livres de la Société générale de Nicosie, à Chypre’.Ce dernier étant le fils de Pierre Aïm, conseiller spécial du président de la République et propriétaire de la Nouvelle Brasserie devenue ‘Africa investissement Sénégal Brasserie’ gérée par le même Emmanuel Aïm.

La mallette de Segura : 90 millions en cash

En fin de mission au Sénégal, le représentant du Fmi au Sénégal, pour son départ du pays, s’est fait remettre une mallette contenant 100 000 euros et 50 000 dollars en cash et a voyagé avec jusqu’à Barcelone… Après découverte du contenu du ‘cadeau’, l’ancienne bête noire des autorités avertit sa hiérarchie à Washington. Ordre lui fut intimé de retourner le paquet à l’envoyeur. Ce qui fut fait, via l’ambassadeur du Sénégal à Barcelone.

Dans cette énumération des scandales et gouffres financiers qui est très loin d’être exhaustive, nous n’avons pas pris en compte les fameux fonds politiques. Des fonds, dont l’utilisation et la gestion, paraît-il, sont laissés à l’appréciation exclusive du président de la République et peut-être de ses proches, dont un a avoué s’être servi et avoir donné à qui il veut. Récemment, d’ailleurs, le porte-parole du président de la République a cru bon de déclarer que ces fonds ont pu servir à Me Wade pour l’acquisition d’un terrain acheté à plus d’un milliard aux Almadies.

Des milliards de francs en surfacturation et en marchés de gré à gré

Mais c’est sans conteste l’affaire dite des Chantiers de Thiès qui fut le premier scandale financier du régime de l’alternance. Dans un discours sur les chantiers de Thiés, le mardi 26 juillet 2005 au Méridien Président, suite à la déclassification du rapport de (Ige) sur les chantiers. Macky Sall, qui a succédé à Idrissa Seck à la primature, se demande comment a-t-on pu passer, sans en informer le président de la République, de l’enveloppe des 20 milliards F Cfa fixée par lui-même, au montant global de 46 217 166 908 francs Fca. Il en conclut alors à des surfacturations. Se fondant sur ce rapport, il débusque aussi des marchés contractés dans le cadre de cette enveloppe de 46 217 166 908 francs Cfa, par entente directe. ‘Dans leur rapport, les experts ont relevé des surfacturations sur la presque totalité des marchés, c’est-à-dire, des écarts significatifs entre les coûts réels des travaux et les montants facturés à l’Etat. Sur la première phase correspondant aux travaux devant intervenir avant le 4 avril 2004, pour des engagements d’un montant global de 40 618 568 848 FCFA, le coût réel des travaux a été évalué par les experts à 22 633 730 608 FCFA, soit une surfacturation de 17.984.838.241 F Cfa’, disait-il devant les diplomates accrédités au Sénégal.‘Selon les vérificateurs de l’Ige, ce marché, d’un montant de 14 847 280 358 FCFA, a été conclu de gré à gré et approuvé irrégulièrement, le 3 octobre 2003, par l’ancien Premier ministre, en violation des dispositions du Code des marchés publics et du Règlement général sur la comptabilité publique. (…)

Sur la première phase correspondant aux travaux devant intervenir avant le 4 avril 2004, pour des engagements d’un montant global de 40 618 568 848 F Cfa, le coût réel des travaux a été évalué par les experts à 22 633 730 608 FCFA, soit une surfacturation de 17 984 838 241 F Cfa’, poursuivait-il, expliquant que sur le marché spécifique de 14 847 280 358 FCFA, les experts ont évalué la surfacturation à 8 099 337 207 F Cfa.

La malette de Segura : 90 millions en cash

En fin de mission au Sénégal, le représentant du Fmi au Sénégal, pour son départ du pays, s’est fait remettre une mallette contenant 100 000 euros et 50 000 dollars en cash et a voyagé avec jusqu’à Barcelone… Après découverte du contenu du ‘cadeau’, l’ancienne bête noire des autorités avertit sa hiérarchie à Washington. Ordre lui fut intimé de retourner le paquet à l’envoyeur. Ce qui fut fait, via l’ambassadeur du Sénégal à Barcelone.

Dans cette énumération des scandales et gouffres financiers qui est très loin d’être exhaustive, nous n’avons pas pris en compte les fameux fonds politiques. Des fonds, dont l’utilisation et la gestion, paraît-il, sont laissés à l’appréciation exclusive du président de la République et peut-être de ses proches, dont un a avoué s’être servi et avoir donné à qui il veut. Récemment, d’ailleurs, le porte-parole du président de la République a cru bon de déclarer que ces fonds ont pu servir à Me Wade pour l’acquisition d’un terrain acheté à plus d’un milliard aux Almadies.

Wade achète un terrain comptant à 1,182 milliard

Wade achète un terrain à 14 milliards à New York

LERAL

France : la République des malettes

Jacques Foccart créa, sous de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d’influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d’Afrique noire.

Les livraisons de malettes bourrées d’argent auraient pris fin en 2005 quand M. Dominique de Villepin lança abruptement, selon M. Bourgi : « l’argent de tous les Africains sent le soufre ».

« Par mon intermédiaire », « cinq chefs d’Etat africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002 », prétend l’Avocat Robert Bourgi.

L’actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n’est pas épargné. « L’argent d’Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années » de son club 89, accuse M. Bourgi.

Pauvres de nous ! et surtout misérables de petits chefs d’Etat qui nous dirigent en Afrique.

En réalité, rien de nouveau sur ce plan, qu’ils soient politiques, hommes d’affaires, militaires, nous savons bien que tous les crapules Français se servent chez nous, à deux mains.

C’est encore plus choquant quand une petite merde comme Robert Bourgi parle à notre place et exprime une certaine pitié pour nous. Vous n’en doutez pas que beaucoup de fonctionnaires Africains encore en service ou à la retraite savent beaucoup de choses sur ce registre mais ne pipent mot, ils préfèrent emporter le secret dans leur tombe. Quelle fidélité !

Robert Bourgi doit se rendre compte que l’Afrique a changé et les Africains ne sont plus dupes. Ils connaissent tous les mécanismes mis en place depuis l’époque colonial pour maintenir l’Afrique dans la servitude et la pauvreté. Oui, pauvre doungourou, il n’y a pas que les malettes livrées pendant les échéances électorales mais bien plus. Transporteur de valises d’hier et d’aujourd’hui, Robert Bourgi n’est qu’un voleur doublé d’un réceleur et rien d’étonnant donc qu’il avoue ne pas être fier de ses actes.

Le 30 novembre 2006, Dominique de Villepin s’est rendu à Ndjaména. Toute la journée, les courtiers du régime MPS parmi lesquels Boukhari Brahim Doudou sillonnaient la ville à la recherche d’euros. Le Premier ministre français d’alors était reparti avec une malette…

Les Libanais d’Afrique ont toujours été au service des Occidentaux et ce depuis la période coloniale où ils assuraient l’approvisionnement en marchandises et autres services mêmes les plus obscures. Ils sont pires que les colonisateurs. Ils ne sont pas Européens ni Africains mais disposent des deux nationalités, parlent nos langues, vivent parmi nous mais en cercle fermé et surtout rapâtrient le moindre sou qu’ils gagnent dans nos marchés vers l’Europe et les Etats unis.

Par Mht Abakar sur AMBENATNA

Wade et les 40 imams, par Malick Noël Seck

La politique réduite à des querelles de personnes, à des déclarations sentimentales qui jouent de l’imaginaire et de l’épistémè panafricaine, où la tradition est fantasmée et les référents du discours présidentiel sont souvent tronqués ; ces ruses apparaissent aujourd’hui comme un moindre mal.

La véritable tragédie sénégalaise sera l’incommensurable médiocrité des pratiques mafieuses que Wade laissera derrière lui. Il aura été dans l’histoire du XXIème siècle l’homme qui a osé dire à son peuple que « tout beau parleur vit au dépend de celui qui l’écoute », autrement dit « Je vous ai trompés parce que vous avez eu la naïveté de me croire, parce que vous êtes crédules et bêtes ». Cette déclaration n’appelle pas l’indignation, elle appelle la révolte et le soulèvement populaire !

C’est une insulte lancée au visage de tous les Sénégalais à commencer par ceux qui le soutiennent, c’est un affront qui a démasqué l’homme ! Il est tour à tour champion de l’unité
Africaine et agent de l’impérialisme Occidental : « Je suis pour le droit d’ingérence des puissances Occidentales en Afrique ». Il vocifère, engage l’honneur des Sénégalais dans des déclarations plus stupides les unes que les autres, et, accablé par la médiocrité de son bilan, dos au mur, le masque tombe et on découvre Tartuffe. Et je me refuse à lui accorder comme certains l’excuse de la sénilité.

On le savait veule, incompétent, on découvre le mépris qu’il a pour son peuple. Je considère aujourd’hui cette déclaration comme l’argument fondamental d’une destitution de Wade au sein de son propre parti. C’est une destitution que j’attends et qui n’arrive pas : le monde nous observe et j’ai peur d’être vu. Les Sénégalais sont devenus bien peu de choses si Wade avec son visage de clown triste peut les insulter sans en souffrir les conséquences. Vous voulez me dire qu’il n’y a au Sénégal aucune autorité morale, juridique, législative, populaire qui puisse interdire à cet homme de s’adresser à ce peuple qui avec lui a découvert la misère ! Or la politique de la misère, c’est à dire appauvrir pour mieux corrompre, prépare la Tyrannie ! Je comprends l’acharnement de Wade à vouloir se faire réélire, et je peux même comprendre les démagogues qui le soutiennent car dans l’hypothèse d’une défaite aux élections de 2012 (auxquelles il va s’en dire, il ne se présentera pas), il devra, ainsi que toute personne ayant servi sous son régime, rendre des comptes ! C’est donc en vue de sauver sa tête en se faisant réélire qu’il envisage d’acheter toute personne susceptible de constituer un obstacle à sa réélection.

Ce n’est pas le soutien des Imams qu’il cherche mais plutôt à les destituer, les diminuer aux yeux des communautés qu’ils représentent, à jouer de leurs tentations et de leurs vanités, afin de suggérer qu’ils ne valent pas mieux que lui-même. Après tout, ce ne sont que des hommes à la quête de leur soupe, prompts à oublier d’où ils viennent et le désespoir de ceux qui les ont choisis pour guides spirituels et qu’ils ont trahi, pendant le mois saint du ramadan, pour un repas chaud et 250.000 CFA. Il n’y a pas grand-chose à attendre d’un homme qui accepte la pitance que Wade lui offre en échange de son soutien ou du moins de son silence. Il achète tour à tour les manifestants qui l’acclament, les lutteurs, les chefs de village qui l’écoutent et semble t-il le croient, et auxquels il promet un salaire et des voitures de fonctions comme s’ils étaient des fonctionnaires. Wade dont la médiocrité a gagné toutes les couches sociales voudrait nous réduire à sa norme, et quand toutes les âmes seront corrompues, quand il ne restera plus aucune force morale pour s’ériger contre le fléau qu’il représente, et qu’enfin tout le monde, sans exception, aura été réduit à la bassesse présidentielle, alors il sera impossible de le fustiger sans se condamner soi-même !

Et c’est là tout le sens du mot fameux d’Acton: « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument », un pouvoir corrupteur pervertit tout ce qu’il touche, aussi bien l’Imam que le pèlerin qui acceptent l’argent qu’on leur donne tout en feignant d’ignorer son origine douteuse.

Certaines personnes se justifient d’accepter l’argent de Wade en arguant que « puisque c’est de l’argent volé au peuple, ce n’est que justice s’ils le reçoivent » oubliant que c’est le sang des pauvres que Wade distribue au détriment du développement des zones rurales, de la sécurité routière, des infrastructures des écoles publiques, de l’aménagement du territoire et de la formation des élites. Je me demande combien de paludéens, de prématurés, de personnes mortes d’infections bénignes, l’argent de ce festin aurait pu sauver ce soir là !

Ma pensée va vers mon beau frère Cheikh, mort en janvier 2011 d’une crise d’asthme dans le taxi qui l’amenait vers l’hôpital Principal. Il avait 26 ans et a tout fait pour vivre : chez les pompiers de Sicap Liberté comme au Centre de santé Gaspard Camara on lui avait signifié qu’il n’y avait pas d’oxygène. Ma pensée va aux milliers de femmes qui au Sénégal avortent à cause de l’état de nos routes, aux jeunes diplômés qui parce que la fonction publique n’embauche personne au mérite ne trouveront pas de travail. C’est de ce pain-là que les imams de la république mangent et c’est pour cela que l’on souffre et que l’on meurt au Sénégal.

Malick Noël SECK (SG Convergence socialiste Sicap Liberté)

Le Sénégal de 2000 à 2011 : De l’espoir au Désespoir

Le Sénégal emprunte une pente dangereuse qui le plonge dans un sombre passé où il n’y avait ni démocratie ni l’expression des libertés individuelles. Ce retour au passé lointain s’explique par la gestion cahoteuse du Président Wade, la centralisation des pouvoirs entre ses mains, la corruption, le tripatouillage de la Constitution etc. Autant de maux qui font que le Sénégal sous 2000 est méconnaissable. On dirait que nous retournons au Sénégal des années 50 et 60. C’est précisément ce recul de notre démocratie qui fait que Me Wade est désavoué à tous les points de vue.

Au sortir de l’an 2000, le peuple sénégalais avait nourri un immense espoir que plus jamais les choses ne seront comme avant. Les Sénégalais étaient dans leur droit d’avoir de l’espoir placé en la personne de Me Wade présenté comme une providence pour le pays. Hélas, les actes qu’il a posés au fil des années ont suscité plein de désespoir chez les Sénégalais en quête d’un 4ème Président. Le réchauffement du front social et le bouillonnement de la scène politique témoignent du profond malaise qui envahit les Sénégalais. Pratiquement, tout le monde réclame la tête de Wade, coupable de gestion cahoteuse. Parmi plusieurs indicateurs, nous choisissons le mauvais fonctionnement de l’Etat pour justifier le fait que le pays soit à genou.

Dans notre Constitution, la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, telle que théorisée par Montesquieu dans son livre De l’Esprit des Lois, est de rigueur. Mais le Président Wade semble l’ignorer et s’est arrogé le droit d’ingérence sur des pouvoirs qui ne relèvent pas de sa juridiction. Le pouvoir exécutif incombe au Président, et il doit s’en tenir là. Le pouvoir législatif revient au Parlement et celui judiciaire appartient à la Justice. Ne faisant pas la différence entre ce qui relève de ses compétences de ce qui n’en relève pas, le chef de l’Etat a centralisé tous les pouvoirs entre ses mains. Il gouverne comme au Moyen Age où les souverains se prenaient pour les représentants de Dieu sur terre et qui revendiquaient le droit de vie et de mort sur les sujets. Dans l’entendement de Me Wade, il n’y a pas de distinction entre ces trois formes de pouvoir. C’est pourquoi il se permet de s’immiscer dans le Parlement comme dans la Justice. Son parti est majoritaire à l’Assemblée nationale, chose qui lui permet de faire passer toutes sortes de lois comme lettre à la poste. Sauf pour le cas du 23 juin dernier où le peuple s’est vigoureusement opposé au projet de loi portant élection d’un ticket présidentiel. Cet indicateur sur la mauvaise gestion des pouvoirs de l’Etat suffit, à lui seul, pour réclamer à tue-tête le départ de Me Wade. Le peuple, dans son écrasante majorité, ne veut plus de lui. Les observateurs internationaux sont inquiets de la situation politique actuelle et les grandes puissances l’ont désavoué. Ce n’est pas pour rien que Barack Obama ne compte plus le chef de l’Etat parmi ses invités. C’est parce qu’il a déçu toutes les attentes et toute la confiance placée en lui naguère.

Pape Matar NDIAYE/lanalyste.com