Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

Archives de Tag: abidjan

Bloqué à la Cpi, Sarkozy veut envoyer Gbagbo en Europe de l’Est

Bloqué à la Cpi, Sarkozy veut envoyer Gbagbo en Europe de l’Est : Les Présidents de l’Afrique digne disent niet

Le confrère «L’expression», très proche du pouvoir d’Abidjan ne sait pas gêner pour barrer à sa Une du samedi dernier ce que tout le monde sait déjà dans la crise ivoirienne. «Si Ouattara libère Gbagbo, il tombe.» Ce journal rapporte, en fait, les propos d’un baron du régime qui traduit en même temps, toute la peur du pouvoir de voir Gbagbo en liberté. Si tant est que c’est Ouattara qui a été le choix du peuple ivoirien, pourquoi il tomberait après la libération de Gbagbo. C’est bien là que se trouve toute la question de la crise que traverse la Côte d’Ivoire.

On se rappelle qu’au plus fort de ce conflit postélectoral, la France et les Usa avaient proposé un exil doré à Gbagbo s’il acceptait sa «défaite» contre Ouattara. Des propositions qui ont été logiquement rejetées, car si Gbagbo avait vraiment perdu les élections comme ont veut le faire croire, sa place ne se trouverait nulle part ailleurs qu’en Côte d’Ivoire. La vérité est que Gbagbo gêne beaucoup la mafia françafricaine qui attaque la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi Sarkozy fait mains et pieds pour obtenir le transfert de Gbagbo à la Cpi. Il en fait même un chantage honteux en pensant tuer ainsi dans l’œuf, toute volonté de soulèvement populaire. Sur cette question, la France avec son armée en Côte d’Ivoire, est prête à aller jusqu’au bout, quitte à jeter après la faute sur Soro et ses hommes. Sarkozy sait en plus que Gbagbo n’est pas Taylor, l’ex-Président libérien. Gbagbo est bien le seul Président d’un pays du sud dont le transfert à la CPI divise toute l’opinion mondiale y compris la CPI au plus haut niveau. Parce que visiblement, l’accusation de crime de guerre ne résiste pas à la moindre analyse. Mais sur le terrain, Gbagbo même en prison continue de gêner l’action de Ouattara. On dira tout clairement que son ombre plane toujours sur la Côte d’Ivoire, malgré le discours purement publicitaire du pouvoir actuel. Ce qui n’est pas fait pour arranger l’action de la France sur le terrain. Surtout qu’elle est quotidiennement hantée par un soulèvement du peuple ivoirien, qui porte le Président Gbagbo dans son cœur. A défaut d’avoir  immédiatement la Cpi, Paris veut éloigner Gbagbo des ivoiriens. En l’envoyant très loin d’ici, en Europe de l’est. C’est en tous cas ce qui se trame dans les milieux diplomatiques. Et  dans ce bourbier qui est finalement devenu une patate chaude pour Sarkozy, le rôle qui a été confié au poulain d’Abidjan est de sonder l’opinion des chefs d’Etat du continent, sans exception. Ce qui justifie les différents voyages de Ouattara dans les pays africains.

Dans la sous région, l’option qui se dégage est qu’il n’y a que trois chefs d’Etats qui ne verraient aucun inconvénient à un éventuel transfert du Président Gbagbo devant la Cpi ou dans un autre Etat européen. On parle de Faure Yassimgbé du Togo, Wade du Sénégal et bien entendu, Blaise Compaoré du Burkina. Même Goodluck du Nigeria qui a été partie prenante et un soutien fort à Ouattara pendant la crise postélectorale a dit niet sur cette question.  Au niveau continental, la majorité des pays sont évidemment opposés à un transfert de Gbagbo dans un autre pays étranger. Car, ils sont tous convaincus que cette décision embrasera la Côte d’Ivoire. Mais cela n’est pas le problème de la France officielle qui compte sur son armée. Ouattara ainsi donc poussé dans le dos par son parrain Sarkozy, se rendra très bientôt en Afrique du sud pour avoir la position du Président Jacob Zuma. Même s’il semble qu’il connait déjà la réponse de Zuma sur la question du transfèrement de Gbagbo hors de la Côte d’Ivoire. Il n’est ni Compaoré, ni Wade, encore moins Faure Gnassingbé. C’est un Président de la République.

Guehi Brence

Publicités

Côte d’Ivoire : ils vont manger le totem qu’ils offraient aux autres !

Ils l’ont enfin compris. L’argent a peur du bruit. Du bruit de déstabilisation politique, du bruit d’émeute, du bruit de guerre. Ce n’est point qu’ils ne le savaient pas. Ils le savaient tous. C’est pourquoi ils ont servi à Laurent GBAGBO tous ces bruits : bruits d’attaques armées, bruits de rébellions, bruits de coup d’Etat, bruits de guerre, bruits de meurtres, bruits de charniers, bruits de révoltes ; révoltes des frères du Nord, révolte des Musulmans, révolte des étrangers burkinabés. Oui des Burkinabés, car seuls eux ont un problème avec leur nationalité en Côte d’Ivoire. La leur dire, leur dire qu’ils sont Burkinabés est une injure. Mais fermons cette parenthèse. Et venons-en aux bruits, ces bruits malsains que l’argent n’aime pas mais qu’ils servaient aux autres comme un totem qu’ils les forçaient à manger.

Donc ils l’ont compris. Pour lever des financements publics ou privés, les Etats se prévalent de la stabilité politique et sociale comme indicateur de confiance. C’est pourquoi ils sont notés : AAA : pays très sûr et stable au plan économique et sociopolitique avec un risque très faible de non remboursement des dettes ; AA : pays stable au plan économique et sociopolitique avec risque de retard de remboursement ; ainsi de suite jusqu’à arriver au classement actuel de la Côte d’Ivoire qui serait au niveau des Agences S&P, Moody’s, et Fitch’s : C- (lisez C moins) pays à très haut risque avec risque très élevé de non remboursement. Après le C, la descente vers la note D signifie pays en faillite.

Alors comme par enchantement, ils se rendent compte que lancer une rébellion n’est pas une bonne chose, diaboliser le pouvoir en place n’est pas une bonne chose, ternir l’image du pays n’est pas une bonne chose, car pour gérer un pays, pour attirer des investisseurs, améliorer la Notation du pays par les Agences spécialisées, il faut éviter de tirer des coups de feu contre les Institutions de la République, il faut avoir une opposition participative et non déconstructive.

Mais ne vous laissez pas distraire. Ils ont toujours su cela. Mais ils l’ont fait contre la Côte d’Ivoire.

Ils savaient que soigner l’image du pays par un bon comportement politique et citoyen est une exigence capitale mais ils ont préféré multiplier contre GBAGBO Laurent, les attaques armées de corridors, de la RTI, de la ville d’Abidjan, tout en commanditant les grèves de Gbaka (mini cars urbains), les actes de défiance à l’Autorité de l’Etat, les appels à la haine, les interviews de diabolisation du pouvoir en place dans la presse internationale sans oublier les appels aux émeutes et aux insurrections ethniques pour aboutir à une rébellion qui consacra la partition du pays en 2002.

Ils savaient qu’en se comportant comme ils l’ont fait, ils rendraient la Côte d’Ivoire non fréquentable, pays mal noté par les Agences de Notation et que cela empêcherait le financement du développement avec les concours financiers extérieurs. $

Et ils l’ont tout de même fait ! Quel cynisme, quelle haine, quelle méchanceté !

Bien. Aujourd’hui avec les 10 000 morts dans leur besace, avec un dernier show de 3000 morts, ils sont les hommes « forts » du pays. Mais ils ne se contentent pas de gérer leur business de la mort. Ils veulent se la couler douce. Sans aucun bruit.

Ils veulent vous voir les applaudir, faire leurs éloges, créer les conditions de mobilisation de ressources extérieures, pour financer leur projet de corruption morale et provoquer un syndrome de Stockholm, cette histoire bizarre où les otages tombent amoureux du preneur d’otage.

Quelle foutaise !? Nous sommes en situation de guerre. Et chaque protagoniste a le droit d’affûter ses armes et apporter la riposte qui sied. En respectant les règles de la guerre. Car après notre victoire, il n’y aura aucune vengeance. Mais à la guerre, nous ne devons pas lésiner sur les moyens.

Oui, en guerre, nous le sommes. Car les exécutions sommaires ciblées se poursuivent. Chaque jour, il y a au moins une exécution extra judiciaire commise par les FRCI, la bande armée d’illettrés et de mercenaires créée par Ouattara pour lancer son assaut contre Laurent GBAGBO.

Chaque jour, des efforts sont faits pour tuer physiquement Laurent GBAGBO ou le faire mourir par suite de tortures. Et comme l’homme a la peau dure, ils veulent l’accuser de leurs propres crimes et le faire condamner à la prison à vie. Depuis le 11 avril 2011, date de la fin de l’indépendance politique de la Côte d’Ivoire, des centaines de milliers d’Ivoiriens sont obligés de fuir la mort distribuée comme des cacahuètes par le régime en place et les avoirs de centaines de familles sont confisqués sous de fallacieux prétextes.

Alors pour en rajouter à l’ambiance funeste présentée comme un « vrai processus démocratique » par les députés français, les bruits, nous allons en faire !

S’il le faut, s’ils ne comprennent pas que leur folie nous oblige à une posture de riposte légitime, s’ils veulent continuer à nous museler et donner la mort aux Ivoiriens en douceur, nous allons faire du bruit, du très grand bruit et advienne que pourra !

Le Développement de la Côte d’Ivoire est notre challenge à tous. Mais nous ne laisserons personne tenter un faux projet de développement séparé contre une partie des fils de ce pays. L’épuration politique, la haine ethnique, la promotion des contre-valeurs, l’humiliation des cadres LMP, leur appauvrissement programmé avec à la clé, le projet de dissoudre le Front Populaire Ivoirien (FPI), sont autant de raisons qui nous galvanisent.

L’argent n’aime pas le bruit. C’est vrai. Vous nous le dites si bien. C’est pourquoi vous empêchez toute action politique du FPI/CNRD.

Mais l’argent n’aime non plus l’injustice, l’imposture, le faux, la ségrégation politique, l’ethnisme, le népotisme, le régionalisme révoltant avec des illettrés à la place des hauts cadres pour organiser un pillage familial et xénophile de la Côte d’Ivoire.

Car tant qu’il y aura l’injustice, le mensonge, le faux, la haine, la ségrégation politique et ethnique, la chasse aux pro-GBAGBO, la mise en œuvre du projet d’appauvrissement des cadres LMP en réduisant systématiquement leurs salaires ou en les rétrogradant dans la hiérarchie administrative sans oublier les licenciements abusifs, le gèle des avoirs et les crimes de sang ciblés, il y aura du bruit et bientôt du très grand bruit ! Et ce bruit effroyable sera couronné par le bruit assourdissant qui accompagnera votre chute inévitable !

Alors ne vous fatiguez plus. Préparez vos baluchons et soyez prêts à foutre le camp. Car du bruit, il va en avoir ! Pour la Côte d’Ivoire ! Pour la vérité ! Pour l’Indépendance reconquise !

Je vous ai prévenu !

A très bientôt.

Hassane Magued

Côte d’Ivoire : Bédié Konan, le chef devenu un chiffon !

« Tant que tu n’es pas mort, tu ne peux pas savoir comment tu vas terminer ta vie ». Cet adage a désormais un sens chez l’homme. Konan Bédié. Le fils de Daoukro. Cet homme dont on dit qu’il a eu des rapports peu recommandables avec les caisses de l’Etat.

Imposé Chef à tour de bras par Houphouët-Boigny, l’homme donnait l’impression d’incarner quelque chose de noble que le vieux voyait en lui. Il disait de lui qu’il avait « un cerveau électronique ». C’est Bédié lui-même qui nous l’a répété. Mais Houphouët ne s’est pas trompé. L’homme avait effectivement un cerveau électronique. Car du rôle de chef qui lui avait été confié, il a décidé d’exceller dans celui de chiffon comme s’il avait subi un court-circuit.

Sur ce coup, c’est la Côte d’Ivoire tout entière qui s’est plantée. Dans ce pays, un adage argotique dit qu’ »un chef n’est pas un chiffon ». Un groupe de chanteur le dit mieux que moi ; juste pour expliquer qu’un chef, même déchu, reste un chef car il conserve sa carrure, une partie de son aura de chef et l’expérience qui donne un contenu à sa carrière passée.

Mais le cerveau électronique de Bédié semble avoir reçu la visite de virus informatiques. Il donne l’air d’avoir été formaté de sorte que même son propre passé, il l’attribue à Laurent GBAGBO : réflexe ethnique, répression des étudiants, bastonnade d’hommes politiques, chasse à l’homme contre Dramane Ouattara et ses affidés, dénonciation de l’origine voltaïque de Dramane Ouattara, détournement de deniers publics, péchés d’orgueil avec des festivités organisées pour fêter plus d’une fois les milliards pompés des caisses de l’Etat, Ivoirité, etc.

Aujourd’hui, l’homme fait figure de sage au RHDP, le projet de parti unique géré par Dramane Ouattara. Mais « il y a sage et puis sage ». Le dirait l’autre.

Car l’avantage de l’âge ne fait pas le sage. Cela se dit en pays baoulé dont il est originaire. On naît sage. Sage pour diriger. Sage pour réconcilier. Sage pour développer. Sage pour la parole dite en publique. On ne devient pas sage parce qu’on est riche, gros, grand, vieux ou vieillard.

Et le « sage » du RHDP met tout le monde mal à l’aise. Du rôle de patriarche lucide qui devait être le sien, il est devenu le valet de service des causes viles et vaines de Dramane Ouattara. De celui de Porte-parole pour tenter de clouer au pilori Laurent GBAGBO à celui du perroquet répétant les instructions du petit Sarkozy, Bédié se sent bien dans la peau de celui qui met à l’écart tous les cadres du PDCI qui n’approuvent pas la croisade haineuse de Dramane Ouattara contre leurs frères du FPI/CNRD.

Il soutient mordicus que Laurent GBAGBO doit terminer ses jours en prison après un passage à la CPI. Il pense que la justice doit punir sévèrement les crimes économiques. Lui. Bédié. Il ose dire cela !?

Puis il s’adresse au monde entier pour demander que les élans génocidaires de Ouattara soient sous bonne protection des armées étrangères.

Finalement, tout est clair que l’homme a trouvé de quoi occuper son temps entre deux verres. C’est aussi cela, les revers de l’âge et de la retraite. On s’ennuie. On est oisif. Or l’oisiveté est la mère de tous les vices. Donc il s’y adonne. Vice de la haine. Vice de l’intolérance. Vice de la calomnie. Vice de la division. Vice de l’épuration politique. Vice du tribalisme. Vice de l’arrogance.

Or, un chef, un vrai chef Akan, pour ce qu’il m’en a été dit, reste sobre, stratège et d’un charisme intelligent. Il unit. Il évite de créer des précédents fâcheux. Car il sait que la vie est une roue qui tourne. Il consulte toujours ses proches et ses notables avant de parler. Il n’est pas porté sur le gain matériel qui rend esclave. Et il évite de se faire acheter par qui que ce soit, afin de garder son autonomie de pensée et de parole. Ces traits du chef Akan, sont aussi les traits nobles de tous les vrais chefs Africains. Mais Bédié n’a plus ou peut-être n’a jamais eu un seul de ses traits.

Alors posons-nous la question. Pourquoi Houphouët l’a-t-il choisi ? Le vieux voulait-il punir son peuple après son départ ? Parce qu’en ajoutant à Bédié, Dramane Ouattara qu’houphouët a importé en Côte d’Ivoire comme une marchandise prohibée, on est tenté de s’interroger sur les intentions du vieux.

Aujourd’hui, c’est le Voltaïque qui est dans le rôle du chef. Et Bédié, s’occupe bien du côté chiffon. Nettoyer, polir, tenter de valoriser, puis nettoyer, et encore nettoyer. Car chaque instant, le voltaïque souille l’image de la Côte d’Ivoire, par la haine, l’incompétence, le faux, la confusion à tous égards, les meurtres, les sacrifices humains, qui sont autant de déchets qui demandent un service de chiffonnier 24H/24.

Mais Bédié est dans la place. Les mallettes de billets CFA soustraits des caisses perforées de l’Etat à son attention, les champagnes long cou, la calomnie contre Laurent GBAGBO, voilà autant de passe-temps qui meublent bien ses vieux jours.

Et pour les chemins tortueux de sa vie, ne vous en faites pas. Il comprendra le moment venu, qu’il crèvera sans funérailles pour le rôle de chef chiffon qu’il s’est donné désormais. Car ce rôle qu’il s’est choisi, il doit être le seul à en payer le prix.

A très bientôt.

Hassane Magued

Alassane Ouattara et la République avariée – Essai sur l’ivoiro-pessimisme

Alassane Ouattara et la République avariée – Essai sur l’ivoiro-pessimisme

Par Dr. SERGE NICOLAS NZI

Il nous arrive dans ces jours sombres pour la Côte d’Ivoire, d’avoir de la compassion pour notre frère le Dr Allassane Ouattara. Nous nous empressions de dire ici que la compassion, en ce qui nous concerne n’a rien à voir avec la pitié.

Le Dr Allassane Ouattara, avec ses costumes taillés sur mesure, ses molaires en or, ses cravates en soie pure, et ses boutons de manchettes en or est un homme habitué aux mondanités de son temps, il ne fait donc pas du tout pitié. Nous voulons être sincère dans l’usage de ce mot, afin de bien nous faire comprendre.

La compassion dans notre esprit, c’est le sentiment indéfinissable de désolation et de tristesse qu’on éprouve face au malheur de son semblable. Car c’est en tenue de deuil qu’il a franchi les portes du palais présidentiel d’Abidjan Plateau, pour prendre en main le destin des ivoiriens, dans une ville d’Abidjan jonchée de cadavres, dont beaucoup étaient encore en état de décompositions avancées.

Il a certainement voulu être le président de la Côte d’Ivoire, mais pas dans des conditions aussi sanglantes. C’est cela qui justifie notre compassion à son endroit. Cela dit, nous sommes pessimistes sur sa capacité à instaurer la confiance entre les ivoiriens et à jeter les bases d’une paix juste et durable dans ce pays.

La Côte d’Ivoire est pris au piège d’une réalité qui ne fait que la broyer tous les jours dans une sorte de fatalité sans fin. Certains disent que la crise ivoirienne était militaire, d’autres disent qu’elle est économique et institutionnelle car c’est la faillite des hommes qui a provoqué la faillite de l’Etat et du pays. En réalité il s’agit d’une crise politique.

Le politique étant le sens et l’essence de l’existence de l’Etat, il ne doit plus devenir un tabou à l’heure des comptes pour nettoyer les plaies, panser les blessures et permettre à la nation de se relever progressivement de cette immense déchirure qui risque durablement de la rendre impotente.

II – L’avarie de la république

Les marins utilisent le terme avarie, pour désigner les dommages subits par un navire en mer. Si nous devons transposer ce terme en politique nous n’hésiterons pas à dire ici que lorsqu’un Etat est incapable d’assurer ses fonctions régaliennes, il est dans la situation d’un navire avarié.

– Il ne faut pas se le cacher, la Côte d’ivoire a de la peine à payer ses fonctionnaires.
– Personne ne peut dire aujourd’hui avec exactitude quand les universités ouvriront leurs portes pour la prochaine rentrée.

– Personne ne peut vous dire si vous pouvez quitter Abidjan pour aller à Abengourou sans que des coupeurs de routes ne s’en prennent à vous pour vous rançonner et violer votre femme et vos filles sous vos yeux.

– La police et la gendarmerie n’interviendront pas en Côte d’Ivoire pour vous protéger contre les bandits devant votre porte.

– En ce qui concerne les FRCI, on est tenté de se demander s’ils sont là pour protéger les ivoiriens ou pour soumettre les ivoiriens au régime politique dirigé par le Dr Allassane Ouattara ?

L’image de l’Etat déliquescent et de la république avariée est apparue dans toute sa clarté au matin du 5 août 2011, quand un accident de la circulation s’était produit sur le Pont Houphouët-Boigny et qu’un chauffeur de bus perdant totalement le contrôle de son véhicule, plonge dans la Lagune Ebrié, avec ses passagers.

La réaction naturelle des ivoiriens fut naturellement d’appeler la marine nationale du pays à deux pas des lieux pour porter secours aux passagers du bus. Ils furent tous abasourdis de savoir que la Côte d’Ivoire n’a plus de marine car tout le matériel de la caserne fut pillé dans l’immense ivresse et la kermesse sanglante qui avait accompagné la chute du président Laurent Gbagbo.

Dans ce cas il faut appeler les pompiers. Ils arrivent sur les lieux eux aussi avec leurs sirènes hurlantes, pour constater qu’ils n’ont plus le moindre matériel de plonger. Quel est donc ce pays bizarre qui dans une sorte de cécité sans fin se dote d’une marine qui n’a aucun matériel de plongée ? La réponse est simple, il ne faut plus croire en la Côte d’Ivoire, ce n’est qu’une république cacaoyère en état d’avarie très prononcée.

Le plus ridicule est que se sont les petites embarcations de pécheurs et surtout les pinasses qui agissent dans la navigation urbaine informelle qui ont été les premiers à porter secours aux victimes. Du côté des autorités il a fallu attendre vers 11h30 pour voir le bus sortir de l’eau grâce à une grue de circonstance. Quand dans un pays qui prétend se respecter, c’est l’informel qui vient au secours du formel, il faut s’interroger sur la nature de l’Etat.

Les USA, le Canada et tous les pays de l’union européenne y compris la France qui embrassent Ouattara sur la bouche, déconseillent à leurs ressortissants de mettre les pieds en Côte d’Ivoire. Cela est vérifiable sur tous les sites des ambassades accréditées à Abidjan. En déclarant à l’étranger qu’il n’était pas au courant des exactions des FRCI, le président Ouattara, à sembler soutenir ses troupes dans le mal contre d’autres ivoiriens, cela n’a fait que raviver les vieux instincts de méfiances entre ivoiriens.

La république avariée c’est l’incapacité du gouvernement de redéployer l’administration dans le nord du pays. Car les pays voisins des frontières nord envers qui Ouattara, est redevable veulent continuer à exporter du bois, du diamant, du coton, du cacao et du café de Côte d’ivoire.

L’Etat avarié ne peut pas protéger ses propres habitants contre son insuffisance et sa propre malfaisance, il entraîne ainsi l’ensemble de la nation dans un précipice. C’est l’image de la Côte d’ivoire Moribonde et grabataire dans un constat douloureux car tous ceux qui aiment ce pays, doivent se taire pour éviter les représailles du régime très démocratique des FRCI.

III – Revoilà le tribalisme

Nous fumes de ceux qui ont dénoncé le venin de l’ivoirité dans la vie politique ivoirienne. Tout le mépris que nous éprouvons pour Henri Konan Bédié et ses apôtres vient de ce maudit concept qui a fait beaucoup de mal à la Côte d’Ivoire. Un pays ne peut pas marginaliser, renier et rejeter une partie de ses propres citoyens sans se renier lui-même.

C’est pourquoi nous pensons que le Dr Allassane Ouattara, ayant été la première victime de cette doctrine, est le mieux placé pour travailler avec tous les ivoiriens sans revenir aux basses manœuvres d’exclusions, de clanisme et de tribalisme qui ont fait tant de mal à la Côte d’Ivoire.

Nous constatons avec regret que sous le gouvernement ivoirien actuel, la haute administration et les entreprises publiques sont aux mains des ressortissants du nord. C’est à peine si le conseil des ministres ne se tient pas en malinké. Les ministres ne portent pas encore les grands boubous, mais cela ne tardera pas. Nous disons ici sans démagogie que si dans un pays pluriethniques on recherche l’ethnie et non la compétence, l’ensemble de la nation ne retirera aucun profit, ni aucun bienfait des nominations à des postes de responsabilités.

Car une étiquette ethnique ne suffit pas à assurer à l’heureux élut la valeur d’un serviteur de l’Etat. L’une des bases essentielles des réformes qu’il faut exiger pour l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire, réside dans l’élimination des considérations ethno religieuses, qui sont des obstacles au progrès national, nuisent à la réputation de la Côte d’Ivoire et enveniment les rapports entre ivoiriens.

Nous n’avons pas l’intelligence, ni le courage politique de notre frère le Dr Allassane Ouattara. Ce que nous combattons ici en tant qu’homme libre non assujettie aux combinaisons politiques, c’est l’esprit et la lettre de l’ethnie comme un projet sectaire de société. C’est un danger qui à terme deviendra la principale source de faiblesse du pays.

L’Etat Kabyè de la compagnie Eyadema et fils au Togo, est l’ombre de lui-même, l’Etat Hutu d’Habyarimana avait entraîné le Rwanda dans l’immense génocide dont les plaies ne sont pas encore cicatrisées. La faillite de l’Etat Krahn de Samuel Doe, au Liberia voisin.

La déconfiture de l’Etat ngbandi de Joseph Désiré Mobutu au Zaïre. Tous ces exemples sont sous nos yeux pour nous indiquer que c’est la voie d’un immense fiasco pour ceux qui ont eu l’immense privilège de l’expérimenter en Grandeur nature. L’Etat Akan sous le régime Félix Houphouët-Boigny, en Côte d’Ivoire doit nous servir de leçons.

La plupart des directeurs qui ont conduit nos sociétés d’Etat en faillite n’ont jamais été poursuivis en Justice parce qu’ils étaient en Grande majorité des Akans. Tous les ministères de souveraineté étaient occupés par des Akans. La plupart des Ambassadeurs et des préfets étaient du même groupe Akan.

C’est finalement l’Akanité qui a conduit les ivoiriens à l’ivoirité. Celui qui écrit ces lignes est un akan qui souhaite vivement la fin de telles pratiques qui ne peuvent que nous conduire à la ruine de la nation. Car le tribalisme conduit toujours l’ethnie au pouvoir à aller jusqu’au crime pour conserver son emprise sur les institutions de l’Etat. Henri Konan Bédié, fut-il désigné successeur constitutionnel d’Houphouët-boigny, à cause de son appartenance ethnique et non à cause des compétences qu’il pouvait mettre au service de la nation.

Il est possible aujourd’hui que les supporters du Dr Allassane Ouattara, nous traitent de nom d’oiseaux et tombent dans l’insultent, les menaces ou la barbouzerie. Nous leur disons ici que mourir pour une Côte d’Ivoire libre et juste envers tous ses enfants serait franchement une belle mort. Celle qui consiste à quitter cette terre au nom de ses convictions démocratiques.

Nous leur rappelons ici que nous fumes de ceux qui avaient averti Henri Konan Bédié des dangers de l’ivoirité. Nous étions de ceux qui sans être dans les partis politiques avaient dit au général Robert Guei, de ne pas se présenter aux élections présidentielles, pour respecter la parole donnée aux ivoiriens. Aucun d’eux n’a voulu nous écouter. Où sont-ils aujourd’hui ?

La finalité d’un parti politique et cela est admis partout, consiste notamment à assurer la sélection des hommes et des femmes capables d’exercer le pouvoir, à servir de repère idéologique pour les choix politiques et surtout à rétablir la liaison entre les électeurs et ceux qui sont chargés des destinées de l’Etat.

Nous voulons aujourd’hui, que ceux qui sont au pouvoir à Abidjan se souviennent que selon les résultats qui ont fait de lui le président de la Côte d’Ivoire, près de 46 % des ivoiriens n’ont pas voté pour le Dr Allassane Ouattara. Donc pour être le président de tous les ivoiriens, ils doit gagner les cœurs de ceux qui n’étaient pas avec lui, c’est la meilleure façon de conduire l’ensemble des ivoiriens à se reconnaître en lui.

IV – La situation sécuritaire dans le pays

Les ivoiriens sont perplexes. Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, sont-ils des ivoiriens au service de la défense et de la sécurité de la Côte d’Ivoire et des ivoiriens ? Pourquoi le Dr Allassane Ouattara, que l’on dit intelligent ne fait-il rien pour rassurer les ivoiriens en les réconciliant avec la chose militaire qui les traumatise depuis l’usage de la force dans leur vie publique par la soldatesque du général Robert GUEI le jeudi 24 décembre 1999?

Croire aussi qu’en Côte d’Ivoire, une armée de violeurs, de racketteurs, de trafiquants de drogue, de cambrioleurs de banques, de pillards et de vulgaires criminels à la petite semaine, qu’une armée de Dozos et de Zozos, peut assurer la défense nationale et protéger les vies humaines, c’est tout simplement se leurrer. Qui ira investir dans un pays ou les Dozos et les FRCI, illettrés font la loi ?

Nous pensons que le risque existe en cote d’ivoire de voir les mécontents d’aujourd’hui, ceux que l’Etat a abandonnés. Ceux que l’Etat ne protège plus et ne défend pas à cause de leur appartenance régionale ou ethnique, se constituent en force de rébellion armée comme les mouvements de guérilla en Amérique latine. En vue de se défendre contre un régime oppressif à leur encontre.

La Côte d’Ivoire d’aujourd’hui est ébranlée dans ces racines les plus profondes et dans les valeurs les plus nobles qui ont forgé son histoire. Les hommes sont obligés d’aliéner corps, biens et esprit pour subsister. Les institutions sont en crise et se contentent d’exister : elles ont perdu leur capacité de création, de décision, de contrôle et d’orientation. Cela réduit la capacité du pays et des ivoiriens à décider par eux-mêmes et pour eux-mêmes de l’orientation de leur devenir.

C’est une société qui cultive la dépendance à l’égard de l’extérieur : valeur des importations, volume de l’aide externe, agriculture en régression, chômage en progression, système éducatif en plein délabrement, hôpitaux en piteux état, routes impraticables, dirigeants corrompus, ethnisme et tribalisme rampant, etc. cette dépendance se répète à l’intérieur à différents niveaux, jusqu’à provoquer un puissant blocage de la pensée et de l’action.

Cette société se tient debout difficilement sur des béquilles d’une pseudo Républiques sans dignité, dans laquelle l’espoir ne pousse plus. La vérité ayant perdue sa substance, la communication entre les hommes devient impossible ou artificielle.

La pensée alors s’arrête puisqu’elle n’est plus fécondée par l’échange et la contradiction. Quand l’intelligence déserte le forum, la médiocrité s’installe et tout peut finir en dictature. La transition militaire chaotique du général Gueï, ainsi que la refondation frontiste et gbagboïste, furent des grandes désillusions et des illustrations de cette descente aux enfers de la Côte d’Ivoire.

Les solutions que proposent le Dr Allassane Ouattara doivent prendre en compte la soif de justice, de vérité et de liberté des ivoiriens ainsi que leurs désires de vivre dignement dans un pays qui est le leur. C’est un minimum faisable que nous attendons tous de l’Etat FRCI.

Sur ce plan nous doutons que l’actuel gouvernement puisse faire quoi que ce soit. Pour illustrer notre pensée prenons un exemple concret. Suite à la guerre, de nombreuses maisons sont aujourd’hui encore occupées par des personnes appartenants au groupe ethnique au pouvoir, malinké, Koyaga et sénoufo, à ce jour avec tous les titres de propriétés en main aucune police, ni aucune gendarmerie ne pourra vous restituer votre maison.

Votre maison a été pillée, vous connaissez les pilleurs, ils portent vos habits et passent devant vous. Il est pratiquement impossible pour vous de demander la restitutions de vos biens, vous risquez l’égorgement en pleine rue par les forces de l’Etat FRCI. Les victimes dépouillées de leurs biens sont perplexes et médusées devant l’absence de l’Etat de droit promis aux ivoiriens par l’Etat FRCI de notre frère le Dr Allassane Ouattara.

Ils sont finalement nombreux les ivoiriens qui ont fait le pari de ne plus retrouver leurs maisons. Dans une sorte de résignation absolue, ils ont fait le deuil de leurs biens. Des paysans qui ont perdu leurs plantations occupées du jour au lendemain par les manœuvres qui étaient hier encore à leur service.

Ils sont convaincus que dans l’Etat FRCI, le Dr Ouattara et son gouvernement ne lèveront pas le petit doigt pour les aider à récupérer leurs biens. Car ils ont pour nom KOFFI, YAO, YAPO, ZADY, SERY, ZOKOU, DION, MAMBEA, LEVRY et non KONE, SANGARET, DOSSO, SORO, NAMOGO, KANDIA, BAKAYOKO ou OUATTARA.

Encore une fois comme dans l’Italie fasciste de Benito Mussolini, il faut le dire clairement que l’Etat partisan, Partial et parcellaire n’a jamais fait le bonheur d’aucun peuple sur la terre. En initiant l’exercice du pouvoir politique par un sectarisme affiché, notre frère le Dr Allassane Ouattara, est entrain de scier lui-même la branche sur laquelle il est assis. C’est l’ensemble de toutes ces observations qui nous rend septique sur sa capacité à gouverner au-delà des clivages ethniques et à faire du pouvoir politique un service au bénéfice de tous les ivoiriens.

V – De la réconciliation nationale, parlons en !

Il est souvent difficile à la sortie d’une situation conflictuelle de gommer aussi facilement les actes criminels, les meurtres inutiles, les tortures, les violes des femmes, les pillages des domiciles et des biens publics. Dans certaines administrations ivoiriennes aujourd’hui, il n’y a même plus de chaises, ni d’ordinateurs encore moins les archives. 80% des véhicules de service ont été emporté et circulent librement aujourd’hui dans les pays voisins, comme la Guinée le Mali et surtout le Burkina Faso.

Les partisans de Laurent Gbagbo, n’ont plus de domicile, leurs maisons ont été pillées ou incendiés. Beaucoup d’entre eux ont fait le choix de l’exil pour survivre. Comment reconstruire des relations sociales entre des ivoiriens qui se regardent en chien de faïence dans l’attente de la prochaine explosion ?

Que faut-il faire quand le meurtrier de votre père habite juste en face de votre maison ? Que faire quand vous voyez votre voiture dans la cour du voisin et qu’aucune police ne peut la récupérer pour vous ? Comment réparer les relations brisées à l’intérieure de la communauté nationale sans prendre en en Compte la souffrance humaine légitimes des victimes ?

Comment se réconcilier avec celui qui habite la maison que vous avez construite avec un crédit bancaire que vous n’avez même pas fini de payer ?

Pour une fois il faut sortir des slogans et du verbiage et du verbalisme creux dont les gouvernants ivoiriens et leurs presses sont si friands.

Nous constatons tout de suite avec regret que la commission chargée de la réconciliation nationale est présidée par un homme qui a toujours été copté. Il n’a jamais obtenu quelque chose sur la terre par son propre mérite. Charles Konan Bany, appartient à la race des gens qui ont eu la chance extraordinaire dans la vie, de n’avoir jamais eu l’occasion de chercher du travail comme la plupart d’entre nous sur la terre.

C’est toujours la fonction qui est venue comme par enchantement se coucher à leurs pieds. Copté pour entrer à la BCEAO après ses études, Copté pour être le directeur national de cette institution, copté pour être le gouverneur de la BCEAO, copté pour être le premier ministre de la Côte d’Ivoire dans des conditions que l’on sait. Et enfin à la retraite, copté pour présider la commission ivoirienne de réconciliation nationale.

Il n’a jamais acheté l’essence pour sa voiture, il ne connaît pas le prix d’un Kg de riz, d’un litre d’huile, il ne connaît pas l’état de nos hôpitaux, ni le coût de sa facture d’eau et d’électricité. Depuis qu’il a commencé à travailler, jusqu’à sa retraite de la BCEAO, il a toujours été logé et blanchi par le contribuable africain.

Il n’a pas eu sa maison pillée, sa voiture n’a pas été emportée au Burkina Faso, il est joufflu et affiche depuis plus de trente ans un embonpoint qui l’éloigne du quotidien des ivoiriens. Car il n’a connu que les lambris et les ors de l’Etat durant toute sa vie.

Charles Konan Bany, pour ceux qui ont la mémoire courte, c’est l’homme qui siégeant dans le GTI, le groupe de travail international sur la crise ivoirienne, avait approuvé à la demande de la France, la dissolution de l’Assemblée nationale ivoirienne une institution ivoirienne dans laquelle siégeait les membres de son propre parti.

Avec lui la réconciliation nationale est déjà bâclée avant de commencer. Il ne connaît pas la soif d’aujourd’hui et la faim du lendemain. En vérité il n’a aucune autorité morale pour concilier et réconcilier les cœurs en pleure, les visages en sang et les souffrances des ivoiriens.

Cela nous amène à nous interroger sur la volonté réelle du pouvoir en place à Abidjan, de réconcilier les ivoiriens ? Nous sommes de ceux qui affichent leurs doutes et leur pessimisme sur la volonté du Dr Allassane Ouattara, d’aller vers l’édification d’une vraie harmonie entre ivoirien et pourtant il aurait tout à y gagner, mais il n’a pas les mains libres.

Ceux qui le connaissent disent déjà qu’il est revanchard et qu’il veut faire payer au prix fort les tenants de l’Ivoirité et pourtant il a fait d’Henri Konan Bédié le pape de l’Ivoirité son meilleur allié. Quel danger Danielle Boni Claverie, Geneviève Bro Gregbé, Béchio Jean-Jacques, Pascal Affi Nguessan ou Michel Gbagbo représentent-ils contre le régime d’Allassane Ouattara, au point de recourir à des prisons concentrationnaires contre eux?

Etait-il nécessaire devant les cameras du monde entier de dénuder les collaborateurs du président Gbagbo, de bastonner et de brutaliser des gens qui après tout étaient libres de choisir leur camp dans une complétion électorale. Ne pas répondre à ces questionnements, c’est s’embarquer dans la négation des évidences qui nous indiquent le chemin pour ne pas sortir de l’impasse douloureuse dans laquelle la Côte d’Ivoire s’est profondément embourbé.

Si Charles Konan Bany et cette commission voulait vraiment faire du bon travail, ils seraient depuis longtemps aller chercher les membres de la famille Gbagbo en exil pour les mettre sous la protection du président de la république de Côte d’Ivoire. C’est une des clés qui justifie notre pessimiste et la confiance que nous retirons à la Côte d’ivoire car c’est un pays à risques. Cela justifie pleinement notre incrédulité face à ce slogan creux qu’est : « La réconciliation nationale ».

S’il y a des gens qui pensent que c’est par des concerts de musique ou des matchs de football qu’on arrivera à faire en sorte que le Lobi, le Koulango, le sénoufo et le malinké se reconnaissent dans un Attié, un Bété, un Dida un Yacouba ou un Guéré. C’est en réalité aller au devant du ridicule comme les slogans d’hier sur l’autosuffisance alimentaire, le pays de la tolérance, le pays du dialogue, le pays de l’éléphant d’Afrique. Ou bien le pays de la fraternité. Nous demandons à tout ce petit monde de descendre sur terre pour ouvrir les yeux.

C’est alors qu’ils verront la réalité dans toute sa grandeur. Alors ils comprendront tardivement peut être ce que nous savons déjà. Que tout cela n’était que des babioles et des pacotilles et rien de sérieux. Car le gouvernement de notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara n’a aucune envie d’évoluer dans une côte d’Ivoire loin des rancœurs et du tuer pour exister.

Il ne faut pas se tromper de sujet. C’est une volonté politique véritable qui rendra la réconciliation nationale possible et effective en Côte d’Ivoire. en d’autres termes, notre frère le Dr Allassane Ouattara et son gouvernement doivent poser des actes qui rassurent les ivoiriens et surtout des actes forts qui favorisent le rapprochement et le pardon entre ivoiriens, d’une part ainsi qu’entre gouvernants et gouvernés.

La théorie ne suffit plus il faut aller plus loin que le bout de son nez. Pour le moment il n’y a que les FRCI, l’intimidation et la coercition qui alimentent le quotidien des ivoiriens éberlués dans l’attente d’un nouveau messie. Car les frustrations sont très profondes.

Nous restons septique car notre connaissance des hommes et de la classe politique ivoirienne dont le monde entier connait la versatilité, nous invite à ne pas croire à la surface mais au fond, à nous fier au contenu et non au contenant. Au réel et non au virtuel. Les bourreaux, les fautifs, les meurtriers incrustés au cœur de l’Etat et les partisans de Laurent Gbagbo, qui ont posé des actes criminels doivent payer pour ce qu’ils ont fait.

Dans cette praxis, c’est au président de la république d’ouvrir la porte du droit, de rassurer les ivoiriens, d’aller vers les victimes, de demander pardon au nom de la nation qu’il veut gouverner, pour sortir le pays du non droit, pour conduire ses concitoyens dans la cité des droits pour tous.

De sortir aussi des pages sombres de la discrimination ethno religieuse, ethno régionale, de la ségrégation tribale et de l’ethnicité pour amener les ivoiriens dans la grande plaine de la vérité, de la raison, du vivre ensemble et surtout de la grande fraternité humaine dont nous voulons tous être les acteurs.

Nous n’avons que des doutes qui renforcent notre pessimisme, que notre frère le Dr Allassane Ouattara, nous rassure s’il en est capable, Car il y a des millions d’ivoiriens dans le même état d’esprit que nous. Il doit remercier ceux de ses compatriotes qui osent lui dire en toute franchise ce qui se passe dans l’immense chaudron que constitue la Côte d’Ivoire en ébullition, parce que pour garder leur indépendance d’esprit. Ils ont fait le choix de ne jamais dîner à la table d’un pouvoir politique ivoirien.

VI – Postulat de conclusion Générale

Il y a chez les hommes politiques africains une sorte de certitude indéracinable qui fini par les noyer. Ainsi Amadou Ahidjo dans le Cameroun où il était tout puissant n’imaginait pas qu’un jour un autre régime allait le condamner par contumace et l’obliger à mourir en exil et enterré au Sénégal.

Dans le même registre, Félix Houphouët-Boigny, n’imaginait pas que son successeur constitutionnel serait renversé par un Coup d’Etat du général Robert Guei et que Laurent Gbagbo deviendrait le président de la Côte d’Ivoire. Le Maréchal de pacotille, Joseph Désiré Mobutu Sese seko, était loin d’imaginer le Zaïre sans lui.

Le Général d’opérette Juvénal Habyarimana se souviendra du fond de sa tombe des avertissements de bon sens de tous ses voisins qui lui conseillait d’ouvrir un dialogue avec les exilés rwandais éparpillés depuis des décennies dans les pays voisins. Tous cela nous invite à faire observer à notre frère le Dr Allassane Ouattara que :

– L’instauration de la paix et son maintien dans un pays, relève de la responsabilité des autorités politiques et administratives ;

– Par la reconnaissance de l’égalité et de la dignité de tous les citoyens :

– Par l’élimination de la peur, de la méfiance, de la violence, de la haine ;

– Par le renforcement de la solidarité nationale, de la tolérance et par le recours à un dialogue constructif pour aplanir et résoudre les différents découlant du vivre ensemble.

Nous aimerons être contredit par les faits qui fondent notre pessimisme sur l’avenir de la Côte d’Ivoire et sur la capacité de notre frère le Dr Allassane Ouattara et son gouvernement à rassurer les ivoiriens et à faire de l’exercice du pouvoir politique un service au profit du bien être de tous les ivoiriens.

L’attribution de la quasi-totalité des marchés d’état aux grands groupes industriels et financiers français sans aucun appel d’offre est-elle une bonne chose ? L’assujettissement à la France est-elle une bonne chose au plan politique et diplomatique quand on connaît la capacité de nuisance de l’ancien colonisateur qui n’a que son profit comme finalité de sa coopération avec l’Afrique ?

Il est fort possible que la guerre a engendré des crimes crapuleux, des meurtres sans raison et du banditisme gratuit. Mais de tels faits, dans leur atroce simplicité, invitent chacun à juger sans complaisance ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Pourquoi le Dr Allassane Ouattara, qui est un homme intelligent éprouvent-il le besoin d’aller à l’étranger pour dire qu’il n’est pas au courant des exactions des FRCI ?

Des fonctionnaires compétents pourchassés au nom de leur appartenance politique. Des syndicalistes enlevés et tenus au secret. Des femmes violées. L’administration vidée de son énergie pour faire le lit d’un clanisme institutionnalisé. On a l’impression qu’on est entrain de mettre en place méthodiquement la poudre et tous les éléments de l’explosion future y compris la mèche de mise à feu.

Le plus grave est cette habitude ivoirienne qui consiste à toujours être en érection dans l’espace public, pour s’en prendre avec cruauté à celui qui dénonce les faits qui portent préjudices à la nation et au vivre ensemble, sans s’en prendre aux causes réelles de la décadence de l’Etat nation dont nous sommes les fils. Nous sommes loin de ceux qui disait hier encore et à haute voix que :

« Le moment venu, nous frapperons ce gouvernement moribond pour le faire tomber». Nous demandons à notre frère le Dr Alassane Ouattara, de faire preuve de courage en politique s’il veut diriger la Côte d’Ivoire et conduire les ivoirien à la paix ainsi qu’au progrès économique, social et démocratique.

– Le courage en politique, C’est d’abord une attitude, celle qui consiste à couper court à un enthousiasme démesuré, à rompre avec des peurs collectives, à s’opposer à des rumeurs, à ramener les sujets au niveau qui doit être le leur, en calmant les ardeurs des excités de son propre camp. Car on ne remporte pas une victoire contre la nation, mais avec la nation qu’on veut gouverner.

– Comme vous le constatez les conditions d’émergence et de stabilisation de la paix et de la démocratie en Côte d’Ivoire sont donc loin d’être remplies. Il s’agit de les explorer, de les expérimenter dans le mouvement même qui porte les ivoiriens à s’initier à la citoyenneté ; à se délivrer des catégories politiques du bien et du mal.

– À se défaire des opinions définitives et des oppositions tranchées ; à faire l’apprentissage de la diversité et de la tolérance, de la nuance et du compromis sur quelques valeurs essentielles entre ivoiriens ; à vivre en respectant les différences, en acceptant les divergences, en recherchant le consensus sur les équilibres du vivre ensemble et en s’accommodant pour le reste de vérités contraires, d’incertitudes partagées, de majorités et de minorités provisoires, de victoire partielles et de défaites surmontables.

Malheureusement nous sommes très pessimistes sur la capacité de notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara, à regarder dans cette direction. Il est prisonnier de ses alliés français, Sarkozy, Bouygues, Bolloré et consorts, qui le tiennent en laisse, du PDCI-RDA avec lequel il doit composer et offrir quelques strapontins et surtout de la géopolitique sous régionale dans laquelle il est castré et encastré au nom des combinaisons du moment.

Il propose aux ivoiriens, La paix des vainqueurs, comme dans le Zaïre de Mobutu où les Lumumbistes vaincus, avaient la tête basse pour tout le restant de leur vie. Nous disons simplement que ce n’est pas le meilleur exemple pour notre frère le Dr Allassane Ouattara et la Côte d’Ivoire qu’il veut reconstruire.

A tous ceux qui sont autour de lui et qui l’encourage à user de la force contre le bon sens. À tous ceux qui mangent goulûment à sa table en sirotant le champagne rosé ou le whisky avec glaçons, sans penser au lendemain. Nous leur rappelons ces mots terribles du pasteur et théologien protestant, Martin Niemöller.

Arrêté en 1937 et envoyé aux camps de concentration de Sachenhausen et de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime criminel nazi, il est mort le 6 mars 1984, à Wiesbaden. Il nous a laissé en héritage ce poème qui est, plus que d’actualité pour tous ceux qui côtoient et tutoient les allées du pouvoir politique dans l’Afrique contemporaine en oubliant qu’ils se donnent un destin de feuilles mortes.

« Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai pas protesté, je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai pas protesté, je n’étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait plus personne pour protester ».

Merci de votre aimable attention et que la paix du très haut soit durablement sur la Côte d’Ivoire.

Dr Serge-Nicolas NZI

Chercheur en Communication

Lugano (Suisse)

E-mail : nzinicolas@yahoo.fr

Côte d’Ivoire : Ouattara passera bel et bien à la casserole !

Un proverbe africain dit « quand tu te baisses pour regarder le derrière de ton ami, c’est que quelqu’un d’autre regarde le tient ». Ouattara le sait. Donc il tremble de tout son corps de zombi.

Mais on s’en fout de ses états d’âme. Ce qu’il craint arrivera. Non par ma volonté. Non pas par celle des troupes d’élites qui ne lui feront jamais allégeance. Mais par l’effet conjugué de la haine bestiale contre les uns et de la désillusion des autres, qui ont fini par créer plus vite que prévu, les conditions pour que cela arrive.

D’abord parce que l’  » Ivoirien » créé par la France, n’a aucune légitimité en Côte d’Ivoire. Il le sait. La France le sait. L’ONUCI le sait. Donc cinq mois après l’Imposture la plus vile de l’histoire de l’Afrique, ce menteur né, faussaire par vocation, qui prétendait avoir été voté à 80% dans les casernes, ne peut pas réarmer et laisser les Gendarmes ou les policiers patrouiller seuls pour assurer leur mission régalienne de sécurité.

Mieux, ils sont toujours privés d’armes et tous leurs mouvements sont encadrés par des soldats de l’ONUCI ou de la Licorne qui gardent des mitrailleurs lourds pointés sur eux quand bien même ils savent qu’ils n’ont pas d’arme.

Cela suffit par convaincre le simple observateur que Ouattara a menti comme d’ordinaire au Monde entier et que le jour où ceux qui l’ont « voté à 80% » reçoivent des armes et des munitions, ils le font sauter dans les minutes qui suivent.

Mais la crainte ne réside pas que du côté de la Gendarmerie. Les Marins Commandos font dégainer les hommes de Ouattara et la Licorne même quand ils éternuent. Et pourtant le Commandant Konan est rentré comme on le dit, dans la « République ». Mais le Commandant est calme. Il est trop calme. Il est trop rassurant. Donc il ne rassure personne. Ah la peur quand tu nous fais pisser dans les frocs !

Et pourtant Ouattara sera balayé. Ni sa frousse, ni celle de son association de malfaiteurs, ni l’acharnement de la France ne pourront le sauver. D’abord parce que le fait de soupçonner tous les Ivoiriens de vouloir lui faire la peau a fini par créer des chasseurs partout comme d’ailleurs il les voit du Ghana en Côte d’Ivoire en passant par le Libéria. Ensuite parce que les Ivoiriens ne peuvent pas laisser ce faux Ivoirien poursuivre le génocide des Wès (peuples de l’Ouest), la destruction de leurs emplois de cadres au profit de vieux retraités français, le massacre de la jeunesse supposée pro-GBAGBO par les FRCI et au-dessus de tout, la recolonisation de la Côte d’Ivoire par la France.

Alors, les signes des temps se multiplient. La déconfiture sociale, la mort qui est servie par ses mercenaires burkinabés à Taï, et tout le long de la frontière dont il veut la sécurisation rapide en faisant tuer des dizaines de civils chaque semaine, ne font que nous confirmer cela.

Mais tous ces malheurs confortent aussi et surtout Dieu dans Sa volonté de prendre en mains d’hommes, la situation de malédiction que ce zombi répand dans toute la Côte d’Ivoire.

Ces derniers jours, Ouattara a repris l’épuration ethnique en masse en tuant systématiquement tous les autochtones de la zone de Taï. Il croit qu’en organisant ce Génocide, les combattants n’auront pas une eau paisible où résider. Donc il est en train de vider l’eau. Je vous ai déjà parlé de cette théorie française. En situation d’attaque ou de soupçon d’attaque asymétrique, il faut vider l’eau et le poisson meurt seul. Le drame, c’est que dans le cas de Taï, il n’y a aucun poisson dans l’eau. Ce n’est qu’un génocide gratuit qui a cours.

C’est pourquoi Ouattara ne pourra pas échapper à son destin de putschiste. Car finalement, le sort qu’il a réservé à Konan Bédié et Laurent GBAGBO est devenu son destin naturel.

A ses partisans notamment qui lisent les Articles de la Révolution Permanente, je voudrais les encourager à poursuivre la mise en place des ingrédients de la tempête. Car ni les bœufs enterrés vivants, ni les sacrifices humains, encore moins l’invocation des esprits du mal à travers des versets sataniques, ne pourront constituer un frein à cette énergie qui s’empare rapidement de tous, même des plus modérés.

Alors, Ouattara sera balayé dans un mouvement élitiste qui a commencé et qui se transforme ces derniers jours, en mouvements populaires. Aujourd’hui, en mettant sous presse cet Article de la Révolution Permanente, mes nombreux yeux et oreilles m’ont donné des raisons d’en être convaincu plus que jamais, surtout que tout est accompli depuis plus d’un mois pour la délivrance totale.

Mais ce passage à la casserole sera d’autant plus brutal que la haine qui en a créé les conditions se trouve à son paroxysme chez Ouattara. La volonté de faire mal, de causer du tort et de nuire, est devenue un critère d’évaluation des hommes qui forment l’administration de l’Imposture. Celui qui ne licencie pas les cadres FPI ou qui ne les vilipende pas, court le risque d’avoir une note éliminatoire attribuée par le Moro Naba en personne.

Or dans cet environnement où chacun a besoin de vivre et de préparer l’avenir de ses enfants par son travail honnête, cette privation constitue un catalyseur pour le combattant.

Mais avec l’Imposteur, il ne s’agira pas d’un coup d’Etat comme il veut le faire croire, mais plutôt, d’un bon débarras comme une dent cariée qu’il faut ôter pour retrouver la santé et la paix, puis un sommeil douillet. En langage technique, nous parlerons de Révolution contre l’occupation étrangère.

Mais peu importe la terminologie. Ce qui arrivera dans quelques jours ou semaines et que tous le savent désormais à Abidjan, c’est que Ouattara va connaître une fin terrifiante. Pour cela, la Licorne a reçu l’ordre de détruire tous les symboles de richesse de la Côte d’Ivoire dès qu’elle sentira que la situation de terrain lui échappe.

Alors Patriotes, ceux à qui Dieu a parlé ne vous ont pas menti. Il faut prendre les photos de Plateau et des lieux que vous aimez. Cela arrivera même si notre volonté ou notre souhait sont d’espérer autre chose. Ce n’est pas une affaire de souhait ou de volonté. C’est une affaire de destin. Et Ouattara n’échappera pas à ce destin dont tous les ingrédients sont réunis.

C’est pourquoi il faut essuyer vos larmes et préparer vos parures pour célébrer le beau temps qui viendra après la tempête inimaginable qui va s’abattre sur la Côte d’Ivoire. Bienvenue en zone de turbulence ! Bienvenue dans la Côte d’Ivoire de l’Alliance Nouvelle.

A très bientôt.

Hassane Magued

Est-ce que ce monde est sérieux ?

Le nouveau courrier

Les taureaux qui sont «sacrifiés» au cours des moments de sadisme collectif que sont les corridas philosophent-ils au moment de s’éteindre ? Oui, si l’on en croit un texte de Francis Cabrel, qui s’est mis pour les besoins de la cause poétique, dans la peau de l’un d’entre eux. Subissant la folie des hommes, qu’il entend rire lorsqu’il «râle», danser lorsqu’il «succombe », s’amuser «autour d’une tombe», il s’interroge, au sujet de la civilisation violente qui le met à mort : «Est-ce que ce monde est sérieux ?»

Ces derniers mois, alors que l’actualité internationale s’emballe et que la recolonisation violente de larges pans de la planète se masque derrière un storytelling qui abêtit une opinion occidentale encore plus anesthésiée en cette période estivale, les Africains devraient-ils avoir honte de s’identifier à des bovins ployant sous les lances d’impitoyables toreros ? A bien y réfléchir, pas forcément. En tout cas, il est légitime, en observant les différents épisodes de la guerre «au nom de la démocratie» lancée par un Occident quasi-ruiné en Afrique et dans le monde arabe, de se poser mille et une fois la question : est-ce que ce monde est sérieux ?

La démocratie, ça signifie que le parti au pouvoir organise les élections ou il est juge et parti

De manière générale, les observateurs africains et occidentaux ont considéré, au fil du processus de démocratisation, que les administrations nationales étaient trop liées aux pouvoirs en place sur le continent et étaient disqualifiées pour organiser des élections. On a donc conçu les Commissions électorales indépendantes (CEI) pour en finir avec l’emprise de régimes tricheurs «par nature». En Côte d’Ivoire, une CEI mêlant  représentants de l’administration, de la société civile, du gouvernement et des partis politiques existait avant les accords de Linas-Marcoussis.  La «très très démocratique» communauté internationale a estimé qu’elle n’était pas assez équilibrée.

L’opposition et son bras armé, soutenus par leurs alliés internationaux, ont exigé le contrôle de cette institution, notamment à travers une farce qui a consisté à créer trois sigles, donc trois «organisations», pour désigner un seul et même mouvement armé. Il n’était pas bon, disait-on, que le président d’alors – un vrai boulanger, n’est-ce pas ? – ait la haute main sur le processus électoral.

Etre ami des pays les plus puissants du monde est-il un brevet de sainteté ? En tout cas, il y a mille et une raisons de se poser la question du taureau de Cabrel: Est-ce que ce monde est sérieux ?

Au Cameroun, les Etats-Unis mettent la pression sur Elecam, l’instance chargée des élections, et exigent la mise en place d’un «organe vraiment indépendant ». Matthew Miller, ambassadeur des Etats-Unis, a refusé d’honorer de sa présence la cérémonie de prestation de serment des membres d’Elecam. «Nous sommes déçus par la composition de Elecam. Elle n’est pas représentative de la société camerounaise dans son ensemble», a-t-il affirmé. Pendant ce temps, son «collègue» en service en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, apporte son soutien enthousiaste à une CEI totalement monopolisée, aujourd’hui, par les partis et les mouvements rebelles faisant partie de la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Ni l’opposition, ni la société civile n’y ont le moindre pouvoir décisionnel. En «dictature», c’est l’administration «corrompue» qui organise les élections. Après la «guerre pour l’installation de la démocratie» en Côte d’Ivoire, c’est la coalition au pouvoir, qui présentera bien entendu des candidats, qui est appelée à arbitrer entre ses poulains et «le reste du monde». Formidable, non ?

La déstabilisation des  états faibles : la doctrine d’Abidjan apliquée en Libye et en Syrie

Les officiers français ont toujours aimé théoriser, modéliser, expérimenter des schémas de belligérance susceptibles d’être mis en oeuvre sur plusieurs fronts, en sacrifiant à quelques adaptations locales. C’est ainsi que la théorie de la «guerre révolutionnaire», conçue en Indochine, va être «exportée» (pour le pire) en Algérie, en Amérique latine et au Rwanda. A bien y réfléchir, un «logiciel» d’un nouveau type n’a-t-il pas été expérimenté au cours de ces dernières années en Côte d’Ivoire ? En tout cas, en Libye comme en Syrie, le début des événements s’apparentent en certains points au 19 septembre 2002 d’Abidjan. Les concepts de rébellion armée et de révolution populaire sont ainsi amalgamés au profit des guerilleros pro-occidentaux, dont la cause improbable est «vendue» par les médias dominants, qui passent relativement sous silence les sources de leur approvisionnement militaire. Qui font comme si une «colère» plus ou moins partagée est capable «d’accoucher» toute seule d’armes provenant d’opportunes  basearrières, de camions de transport de troupes…

Les parallèles sont plus que troublants. En Libye, le CNT utilise des techniques expérimentées en Côte d’Ivoire pour saper les bases de l’Etat et créer ce que le philosophe Léo Strauss appelait avec cynisme «le chaos constructeur». En 2002 à Bouaké et en 2011 à Abidjan, les combattants pro-occidentaux ont ouvert les portes des prisons dans leur avancée, enrôlé les occupants des lieux et accentué l’insécurité. Les rebelles libyens ont fait de même à la prison de Maya, à 25 kilomètres de Tripoli. Les reporters qui font des analyses alternatives à celles des médias dominants expliquent également que des armes ont été larguées depuis plusieurs jours à Tripoli, à des membres de «cellules dormantes» de la rébellion et à des commandos des Forces spéciales étrangères infiltrés dans la capitale libyenne. On voit que les méthodes de la rébellion et du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, assassiné à la grande satisfaction des services spéciaux étrangers qui l’ont aidé à faire ce qu’il a fait d’Abobo avant d’y mourir, ont été reproduites de manière quasiment parfaite. Après-demain, la «doctrine d’Abidjan» sera étudiée dans les écoles de guerre !

De qui  le Bahreïn se moque t il ?

Avez-vous, vous aussi, ri aux éclats après avoir lu ou entendu que le Bahreïn, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Koweit, a rappelé son ambassadeur en Syrie pour «protester» contre la «répression» du mouvement de contestation du régime de Bachar El-Assad ? Avez-vous voulu rappeler au rédacteur de la dépêche évoquant la question ou au présentateur du bulletin d’information annonçant la nouvelle que le Bahreïn lui-même avait violemment maté ses contestataires, avec l’appui militaire de l’Arabie Saoudite et la complicité des Occidentaux, qui se sont gardé de demander «le départ imm&eacurvant les différents épisodes de la guerre «au nom de la démocratie» lancée par un Occident quasi-ruiné en Afrique et dans le monde arabe, de se poser mille et une fois la question : est-ce que ce monde est sérieux ?

Théophile Kouamouo

Interview de Koné Katinan, porte parole de Gbagbo

Porte-parole officiel du président Laurent Gbagbo, Koné Katinan revient sur les propos d’Alassane Ouattara le 6 août dernier, notamment au sujet de son appel au retour des exilés et de ses allusions à la souveraineté de la Côte d’Ivoire, maltraitée ces derniers mois. Il évoque également la question de la santé du FPI.

Vous avez suivi, sans doute avec beaucoup d’attention, le discours du 6 Août d’Alassane Ouattara. En tant que porte parole du président Gbagbo, en contact par divers moyens avec lui, quelles sont vos observations à la suite de cette allocution ?

Ma première observation, c’est que je me rends compte qu’après plusieurs hésitations, le président Ouattara se rend compte que la Côte d’Ivoire a vraiment besoin de réconciliation. Il rejoint en cela le président Gbagbo qui a dit, dès lors qu’il a été arrêté par l’armée française, que nous abordions désormais la partie civile de la résolution de la crise ivoirienne. En demandant aux exilés de revenir, M. Ouattara admet qu’en dépit de tout ce qu’on peut dire, le problème ivoirien n’est pas réglé. Et il faut le régler.

On constate toutefois qu’entre ce que le président Ouattara dit et ce qui a cours dans les faits, il y a un vrai décalage. Et c’est ce décalage qui brouille la lecture de ses propos et qui fait qu’on peut être amené à douter de leur sincérité. Je n’irai pas jusque là mais je constate tout simplement que la veille de la diffusion de son discours, c’est-à-dire le 6 août, les personnes qui étaient détenues à Katiola et à Bouna ont été formellement inculpées.

Dont le président du parti, Pascal Affi N’Guessan. Quand le président du parti est inculpé, le président Gbagbo qui a assumé les fonctions de chef d’Etat est lui-même arrêté, au moment où l’on s’attendait à des actes forts de réconciliation de la part des nouvelles autorités, admettez qu’on est en droit d’avoir des  inquiétudes sur les discours d’Alassane Ouattara.

Je remarque aussi qu’on fait des efforts inutiles, des dépenses d’énergie énorme, à vouloir réconcilier les Ivoiriens sans Laurent Gbagbo. Pourtant, pour moi, c’est un préalable absolu. Il y a eu une élection en Côte d’Ivoire, et deux personnes qui ont été proclamées élues, des investitures de part et d’autre. Il y a eu une énorme cassure.

On ne peut pas passer tout ça par pertes et profits et faire une réconciliation en dehors du président Gbagbo. Cela me paraît impossible, c’est même contre le bon sens. La main tendue dont il parle doit être tendue vers le président Gbagbo. On aurait été convaincu s’il disait qu’il prenait l’engagement d’entamer le  dialogue avec celui qu’il aime bien appeler « mon frère Laurent » pour trouver des solutions à la crise ivoirienne. J’ai attendu cette annonce en vain. Ce qui fait que je reste sur ma faim. Ceux qui sont en exil le sont parce qu’ils se  reconnaissent en quelqu’un qui est en prison ! S’il est libéré, il sera tout à fait évident que les autres rentrent ! Ne tournons pas autour du pot. L’essentiel est que Ouattara a absolument besoin d’engager un dialogue franc avec Gbagbo.

Dans son adresse à la nation diffusée par voie de presse, Laurent Gbagbo a beaucoup parlé de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara a également évoqué cette notion. Quel sens avez vous donné à cette sorte de “réplique” de Ouattara à Gbagbo?

Sur la souveraineté, Gbagbo a donné la profondeur de ce qu’il entend par ce concept. On ne peut pas dire aujourd’hui qu’on est pour la souveraineté d’un  Etat, lorsque dans la réalité des faits, la présence trop forte de la France apparaît comme dérangeante. Nous sommes tout de même au XXIè siècle, à 51 ans d’indépendance.

On ne peut pas parler de la souveraineté de la Côte d’Ivoire en confiant l’essentiel de sa vie à un autre pays. Si le président Ouattara a repris ce thème, c’est qu’il sait que le débat sur la souveraineté de la Côte d’Ivoire est réel. Mais on ne peut pas le régler en négociant de nouveaux accords de coopération militaire avec la France, quand des conseillers militaires français sont au Palais présidentiel, quand l’armée française assume des missions de police à Abidjan, ce qui est tout de même un des devoirs régaliens de l’Etat ! C’est cela qui  perturbe l’esprit.

Je souhaite que le discours de Ouattara soit suivi d’actes allant dans le sens de la réaffirmation de la souveraineté de notre pays. De l’extérieur, nous sommes mal vus. Comment un pays qui a fait des efforts des années durant pour sortir de la vassalisation puisse aujourd’hui donner tous les signes de ralliement à cette puissance- là ? Ce n’est pas un problème de Gbagbo ou de Ouattara, c’est un problème de la Côte d’Ivoire. Vous trouverez des gens pro-Ouattara qui le  pensent mais qui ne peuvent pas le dire. Comme vous trouverez des pro-Gbagbo qui le pensent.

Très peu d’Ivoiriens admettent que leur pays soit soumis à une nouvelle forme de recolonisation. Je suis heureux que le président Ouattara soit revenu sur la question.

En tant que porte-parole du président Gbagbo, que pensez vous des nominations récentes au sein de l’armée qui ont été critiquées par les organisations de défense des droits de l’homme dans la mesure ou elles faisaient la part belle aux anciens Comzones ?

Cela traduit le paradoxe de la réconciliation dont on parle. J’aurais été à la place de M. Ouattara, qui a une grande responsabilité dans la construction de l’unité nationale, je n’aurais pas fait comme lui. Car l’armée a des règles ! Il y a des officiers anciens, qui ont été formés pour exercer ce métier ! De plus, ces nominations violent les accords de Ouagadougou.

Ces personnes qui ont été nommées sont des Ivoiriens, et je n’ai rien contre elles, mais les accords de Ouaga, qui ont fondé le processus électoral, disaient qu’à la suite des élections, tous ces Comzones devaient être admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Dans la pratique, ce n’est pas cela. Ces Comzones ont été confirmés ! C’est dans ce contexte que le président Gbagbo a dit que les militaires FDS ne doivent pas nourrir le complexe d’une armée vaincue. En effet, ils ont mené des combats difficiles, dans des conditions difficiles, face à une coalition d’armées étrangères. Aujourd’hui, celui qui est chef d’Etat, pour des raisons qui lui sont propres, fait ces nominations. Il a sans doute ses raisons, mais personnellement j’aurais procédé autrement. On peut penser que ces  nominations sont une prime à la violence contre l’Etat.

Le tragique accident du bus 19 a malheureusement été l »occasion d’interprétations politiciennes. La presse proche du nouveau pouvoir accuse le président Gbagbo d’avoir acheté des bus qui n’étaient pas de bonne qualité…

S’il vous plaît… Des personnes, des Ivoiriens sont décédées dans des conditions dramatiques. Il faut avoir la décence de ne pas donner des explications politiciennes à des drames aussi graves. Cela nous discrédite, discrédite la Côte d’Ivoire vis-à-vis de l’extérieur. On peut haïr quelqu’un mais il y a des limites à ne pas franchir. C’est indécent et injurieux pour les personnes décédées. Je préfère ne pas m’attarder là-dessus. Au nom du président Gbagbo, je viens de faire un message de condoléances, de compassion aux populations. Restons humains. Même dans l’adversité, restons humains. Et respectons la mémoire de ceux qui sont décédés.

La presse ivoirienne est touchée en plein coeur. Avec l’incarcération d’Hermann Aboa, qui vient s’ajouter à d’autres confrères comme Frank Anderson Kouassi, Gnahoua Zibrabi, Serge Boguhet et Germain Guézé. Tous incarcérés. Sana oublier l’assassinat de Sylvain Gagnétaud…

Il n’est pas bon qu’un pouvoir politique emprisonne des journalistes. Ces actes ne rassurent pas et ne donnent pas de bons signaux aux Ivoiriens et à la communauté internationale. Toutes ces personnes qui sont arrêtées doivent être libérées. Les Ivoiriens ont besoin de réconciliation.

Dans sa déclaration, le président Gbagbo a demandé de libérer tous les prisonniers politiques. Et affirmé que c’est lui et lui seul qui doit répondre du mandat que les Ivoiriens lui ont confié. Hermann Aboa est un jeune, un père de famille. Il n’a fait que son devoir professionnel…

Le FPI est désormais dirigé par Sylvain Miaka Oureto, président par intérim. Certaines personnes considèrent que les initiatives du parti en Côte d’Ivoire sont assez molles. Le FPI  «de l’intérieur » ne demanderait pas assez clairement la libération des personnes incarcérées et tarderait à reprendre sa place sur l’échiquier national. Qu’en dites vous ?

Nous ne devons pas oublier que nous traversons une période d’exception, une situation difficile. Le parti est en pleine tempête. La violence avec laquelle le parti a été attaqué est extrême : le président du parti est en prison, le fondateur et les deux vice-présidents du parti aussi. L’ancien secrétariat général est en prison ou en exil. Je comprends les difficultés qu’éprouvent les camarades sur le terrain, dans un climat de terreur. Je leur tire mon chapeau. En même temps, je voudrais dire que le FPI est un parti de combat. Quelle que soit l’adversité, nous devrons garder cela à l’esprit. Nous sommes porteurs d’une espérance. Il ne faut pas que nous faiblissions devant l’adversité. Il faut que nous retrouvions le FPI que nous avons connu : un parti de combat, qui ne recule pas devant l’adversité.

La direction du FPI en exil est elle en contact avec les exilés disséminés dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et dont la situation humanitaire semple assez préoccupante ?

Bien sûr. La direction du parti en exil a fait une tournée dans les camps de réfugiés. J’en ferai autant au nom du président Gbagbo. Nous sommes en contact permanent avec ces personnes. Nous devons oeuvrer pour leur apporter notre compassion, notre solidarité, face à la situation humanitaire difficile qu’ils traversent. Quand vous voyez les camps de réfugiés où vivent les Ivoiriens, quelle que soit votre force, vous laissez échapper quelques larmes. Nous essayons de les aider dans la limite de nos moyens. Et de préparer leur retour au pays. La direction du FPI en exil le fait déjà très bien.

En tant que porte-parole du président Gbagbo, comment jugez vous le retour en Côte d’Ivoire d’officiers en exil, notamment le colonel-major Boniface Konan ?

Le président Gbagbo a rendu un vibrant hommage aux militaires lors de sa dernière déclaration. A ces personnes qui ont combattu pour la liberté et la souveraineté de notre pays. Dans des conditions très difficiles. Ils n’ont pas été vaincus par l’ennemi officiel, mais par une coalition de puissances étrangères qui ne s’est pas déclarée officiellement ennemie. Si un militaire estime que les conditions sont réunies pour qu’il rejoigne sa famille, le président Gbagbo, qui était leur chef, n’a rien à lui reprocher. Pourvu que ceux qui rentrent retrouvent leur unité, participent au rétablissement de la cohésion sociale. Ils doivent le faire, mais sans avoir le comportement d’une armée vaincue. Ils doivent participer à la construction de la Côte d’Ivoire la tête haute. Et non le profil bas.

Communiqué de presse

Nous avons pris connaissance de la mise en vente de timbres postaux à l’effigie du Président Laurent GBAGBO et de son épouse qui sont apposés sur des cartes postales pré-imprimées et adressées au Président SARKOZY, émanant d’une association dite Côte d’Ivoire Coalition, Inc., se réclamant proche du Président Laurent GBAGBO et qui militerait pour sa libération.

Le Porte-parole du Président Laurent GBAGBO, Monsieur le Ministre KONE Katinan Justin, tient à rappeler que ni le Président ni son Porte-parole n’ont donné mandat à une quelconque organisation pour collecter des fonds pour sa cause. Le Porte-parole du Président Laurent GBAGBO déplore l’exploitation à des fins mercantiles que certaines personnes tentent de faire du noble combat du Président Laurent GBAGBO. Le Porte-parole fait remarquer que le Président Laurent GBAGBO a été arrêté en qualité de Chef d’Etat. Il invite par conséquent toutes les personnes qui voudraient souscrire à son combat d’observer un grand respect à son égard.

La vente des timbres à son effigie constitue une méprise grave à son endroit. C’est pourquoi le Porte-parole se réserve le droit de traduire les promoteurs de cette honteuse entreprise devant les tribunaux compétents. Le combat du Président Laurent GBAGBO a besoin de l’adhésion d’hommes et de femmes d’honneur.

Le Porte-parole invite l’ensemble des combattants pour la liberté du monde entier, qui se
sont engagés aux côtés du Président Laurent GBAGBO, à demeurer vigilants pour éviter d’être victimes d’actes d’escroquerie et d’abus de confiance.

Fait à Abidjan, le 9 août 2011.

Le ministre Kone Katinan Justin

Porte-parole du Président Laurent Gbagbo

Destruction de monuments de la ville d’Abidjan : Quand la superstition prend le pouvoir en Côte d’Ivoire

Tous les monuments édifiés par le régime Gbagbo dans le district d’Abidjan ne sont plus qu’un souvenir.

Adieu le baiser  des éléphants avec des trompes croisées à l’entrée ou à la sortie (c’est selon) de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouet ! Adieu le barrissement de deux autres éléphants entre le Tribunal de première instance et la Cathédrale Saint-Paul du Plateau ! Ces chefs-d’œuvre emblématiques de l’histoire générale de la Côte d’Ivoire parmi tant d’autres à caractère spécifiquement ethnosociologique ou religieux dont la statue Saint-Jean de Cocody, sont  désormais classés au nombre des les énormes pertes causées par la guerre post-présidentielle du 28 novembre 2010. En effet, ces monuments refondateurs qui contribuaient à faire la fierté d’Abidjan, au-delà de leur symbolique, ont eu le malheur d’avoir été construits dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, de 2000 à 2010, sous les 10 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo émaillés  de plus de 8 années de rébellion armée sans précédent.

Superstition oblige ! Les combattants du nouveau président ivoirien Alassane Ouattara pour qui le diable se cache partout, dans la guerre d’Abidjan ayant atteint son point le plus horrible en avril 2011, y ont vu une citadelle dans leur rage d’arracher le pouvoir à Laurent Gbagbo. Comme dans un mythe ou légende  digne d’Afrique, leurs voyants dont ils sollicitèrent les services, leur ont révélé que ces réalisations cacheraient un des piliers mystiques sur lesquels reposeraient le  pouvoir de Laurent Gbagbo. Et qu’il fallait par tous les moyens les annihiler  pour anéantir l’ancien chef de l’Etat. Ainsi, on a parlé des sarcophages ou cadavres d’êtres humains  ensevelis sous ces réalisations, à l’instar de celle élevée au carrefour grouillant de Yopougon-SIPOREX à laquelle ils ont affecté 18 corps. Mais partout où ces nihilistes déchaînés ont creusé sans battre les paupières avec des Caterpillar et autres engins, ils n’ont jamais sorti du sol le moindre margouillat ni ver de terre. Le problème c’est qu’ils n’ont pas eu le courage de commenter leur grande honte aux yeux des médias de leur camp et du monde qu’ils avaient mis en alerte maximum, a tel point qu’ils bandaient déjà à l’idée de décrocher les  scoops les plus insolites du siècle. Et tous étaient déçus d’eux-mêmes. Alors, tous, ils devraient apprendre à se méfier de toutes leurs certitudes et croyances absurdes dans un pays moderne comme  la Côte d’Ivoire à la recherche d’une voie scientifique de développement durable.

Où sont donc passés les fameux corps des monuments de Gbagbo ? C’est une des questions sans réponse qui demeure sur toutes les lèvres et qui atteste que Laurent Gbagbo reste un mythe contemporain. Car ses détracteurs sont loin d’avoir fini de l’accabler de ce qu’il n’a même jamais eu la force d’imaginer en vue de le faire disparaître de l’Histoire de la Côte d’Ivoire. Imaginez-vous, si l’on allait de nihilisme en nihilisme, que resterait-il de ce pays où aucun président n’a été  presque parfait ?  Mais dont Laurent Gbagbo, durant son mandat, a honoré et sauvé, ce qu’il y avait  à faire dans l’intérêt supérieur de la jeune nation. Et ce n’est pas son plus grand adversaire Houphouët, depuis sa tombe, qui se retournera. Que n’a-t-on pas entendu en effet à propos de ses crocodiles des lacs artificiels  de  sa ville natale de Yamoussoukro et les légendes des plus angoissantes aux plus mystiques qui entourent encore leur existence !

Et pourtant, à sa prise de pouvoir, Laurent Gbagbo n’a jamais songé à massacrer ces animaux. Parce qu’il n’ignore pas leur valeur touristique et historique, ainsi que celle de leur père, il s’est gardé de les offrir à manger et de vendre leur peau prisée sous prétexte que, comme cela se raconte, ils aidaient en réalité à consolider le président Houphouët dans son fauteuil à travers un rituel sacrificiel qu’il leur consacrait.

On croyait cette leçon de Gbagbo à ces successeurs pigée et à suivre. Hélas, la passion de certains a pris le dessus sur la raison. De quoi amener les Ivoiriens à se demander encore ce que les nouveaux dirigeants du pays proposeront à la place de ce qu’ils ont détruit  pour remettre à Abidjan ce qui était Abidjan ces dix dernières années pour un bonheur touristique. Ainsi ce que l’on reprochait à Abidjan de ne pas avoir, comme dans les grandes villes du monde parées de monuments aux sens aussi variés que divers, voilà que le « Petit Manhattan » l’a perdu !

 Requiem pour l’honneur perdu de la deuxième ville la plus peuplée de l’Afrique de l’Ouest, après Lagos, au Nigéria. Que les monuments refondateurs d’Abidjan reposent en paix !

 Schadé Adédé, notre voie

Côte d’Ivoire : « Ils ont regardé sa carte d’Identité et l’ont abattu »

Les victimes ont souvent été tuées en raison de leur appartenance ethnique ou politique

Deux missions d’enquêtes ont été menées par Amnesty International entre janvier et avril 2011.

Le rapport publié le 25 mai 2011 montre clairement que toutes les parties au conflit ont commis des crimes au regard du droit international, y compris des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Des centaines de personnes ont été tuées, souvent sur la base de critères ethniques ou d’affiliations politiques supposés. Des femmes et des fillettes ont été victimes de violences sexuelles. Des centaines de milliers de personnes ont dû fuir leur domicile.

Aujourd’hui encore, dans l’ouest du pays, des milliers de personnes continuent à vivre dans la brousse par crainte de rentrer chez elles. Elles appartiennent à des groupes ethniques considérés comme favorables à l’ancien président Laurent Gbagbo et ne sont que peu ou pas protégées, que ce soit par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire créées par le président Ouattara ou par les forces de maintien de la paix de l’ONU (ONUCI).

Amnesty International a recueilli à Duékoué (situé à près de 500 km à l’ouest d’Abidjan) plus d’une centaine de témoignages de personnes qui ont survécu au massacre commis le 29 mars par les membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire et leurs alliés.

 « Ils ont demandé aux hommes et aux jeunes de s’aligner et leur ont demandé de décliner leurs prénoms et noms et de présenter leurs cartes d’identité. Puis ils les ont exécutés.  » Il y a eu plusieurs centaines de morts.

Une base de l’ONUCI se trouvait à 1 km du lieu principal de ces tueries. Une femme a déclaré à Amnesty International : « Je suis allée voir les gens de l’ONUCI pour leur dire que nos hommes et nos garçons étaient en train de se faire massacrer et qu’il fallait intervenir et ils n’ont rien fait « .

De nombreux autres témoignages ont fait état des violences commises par les forces soutenant Laurent Gbagbo.

Une habitante de la commune d’Abobo à Abidjan a raconté que le 19 décembre 2010, des hommes étaient entrés chez elle en pleine nuit : « Deux ont emmené mon mari dehors et six sont venus vers moi. Ils m’ont tous violés à tour de rôle. Ils ont jeté les enfants par terre. Les enfants pleuraient. Moi je criais. […] Puis ils sont partis et j’ai trouvé mon mari couché dehors sur le ventre. Il était mort. »

En février et mars, ces forces ont aussi bombardé des zones très peuplées d’Abobo. Un témoin a déclaré : « J’ai encore l’image de ces deux femmes dont les jambes ont été coupées quand l’obus est tombé. Elles ont été conduites à l’hôpital mais n’ont pas survécu à leurs blessures« .

Les nouveaux dirigeants du pays, notamment le président Alassane Ouattara et son Premier ministre Guillaume Soro font face à trois impératifs :

mettre immédiatement fin aux violations des droits humains commises actuellement à l’encontre des partisans supposés ou avérés de Laurent Gbagbo ;

rétablir l’état de droit et ordonner aux forces de sécurité de protéger toutes les populations ;

enquêter de façon impartiale sur les violences commises par toutes les parties au conflit depuis décembre 2010.

La crise qui vient de se dérouler trouve son ancrage dans l’impunité totale qui règne depuis une dizaine d’années dans le pays. Pour mettre fin au cycle de violences et de représailles, il est essentiel que justice soit rendue à toutes les victimes.

Lire l’article sur le site d’Amnesty International  Côte d’Ivoire : « Ils ont regardé sa carte d’Identité et l’ont abattu »

Téléchargez le Rapport d’Amnesty « Ils ont regardé sa carte d’Identité et l’ont abattu »

Recolonisation: La France dans le bourbier ivoirien

La crise ivoirienne ressemble à celle de l’Irak. La seule différence c’est que les acteurs ne sont pas les mêmes. En Irak, ce sont les Américains. Ils ont pensé qu’en enlevant Saddam Hussein, tout allait se passer comme sur des roulettes. La vie allait reprendre comme si de rien n’était. Malheureusement, c’est le contraire qui s’est produit. Plus de dix ans que le pays est dans une situation d’instabilité. Aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon. C’est l’incertitude. L’avenir est en pointillé. Jusqu’à ce jour, les Américains n’ont pu ramener la paix. Il ne se passe pas de jour sans qu’il n’y ait des attentats. Le pays est devenu un far-west. Il n’y a aucune loi.

On ne peut pas dénombrer jusqu’à ce jour, les soldats américains tués. Les Français ont le même comportement en Côte d’Ivoire. Après leur coup d’Etat, l’Hexagone a du mal à faire asseoir le pouvoir de son poulain, Alassane Ouattara. Au fur et à mesure que les jours passent, la situation s’enlise. Pas de lisibilité. L’armée française ne maîtrise rien sur le terrain. Elle ne fait que perdre des soldats. Les informations font état de ce que cette armée a perdu plus de 400 hommes dans les affrontements. Sarkozy et ses amis de l’Elysée pensaient que tout allait être facile pour eux. Ils sont confrontés à la réalité du terrain. Ils mordent la poussière face aux jeunes qui font la résistance.

Il se raconte que l’armée de Sarkozy a dû abandonner trois chars dans les combats à Yopougon. En tout cas, la France a tout calculé sauf la côte de popularité du Président Laurent Gbagbo à Abidjan. Il pèse plus de 64% de voix à Abidjan. C’est une donnée non négligeable qui fausse les calculs de la France. On se rappelle qu’en septembre 2002, lors de la tentative de coup d’Etat qui s’est muée en rébellion, Tuo Fozié avait dit qu’il n’avait pas compté avec la mobilisation populaire des Ivoiriens.

Enise Kamagaté

Source : Le Temps