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BENIN : Lettre ouverte au chef de l’Etat, le père de Dangnivo répond à Boni Yayi

Dans une lettre ouverte rendue publique hier, mercredi 05 octobre 2011, le père Dangnivo, s’est adressé au chef de l’Etat suite aux déclarations qu’il a tenues sur la gestion de la disparition de son fils, l’ancien fonctionnaire Pierre Urbain Dangnivo. Il a demandé au président Yayi Boni d’arrêter de « traumatiser sa famille » en l’accusant d’avoir reçu de l’argent des politiciens pour refuser le test d’Adn réalisé sur le macchabée découvert à Whomey en septembre 2010. Lire la teneur de la lettre.

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement.

Au cours de votre adresse aux agents retraités de la Douane le Mercredi 28 septembre 2011, parlant de la disparition non encore élucidée de mon fils Pierre Urbain DANGNIVO, vous avez pour la enième fois traumatisé ma famille et mes proches en déclarant comme au cours de votre campagne électorale que les politiciens (sans les nommer) m’auraient donné de l’argent pour refuser le test d’ADN sur le maccabée de Whomey.

 «………..les politiciens ont refusé. Ils sont allés donner de l’argent à la famille pour dire de refuser parce qu’ils voulaient confronter l’ADN pour voir à qui appartient le corps qui a été exhumé à Whomey ».

Monsieur le Président de la République, faut- il vous le rappeler ?

J’ai été fonctionnaire des Nations Unies au Bureau International du Travail où j’ai servi dignement et loyalement pendant plus de 30 ans.

Depuis près de 21 ans je jouis d’une pension de retraite confortable qui me met à l’abri des prébendes des Présidents et hommes politiques.

Votre collaborateur, Son Excellence, Monsieur Albert TEVOEDJRE, Médiateur de la République pourra vous confirmer ma moralité.

J’ai consacré toute ma vie à éduquer et instruire mes enfants, petits-enfants, arrières- enfants et à éviter le gain facile. Je me plais dans ma modeste maison de Cotonou et celle de mon village Sè.

A 88 ans, je ne pense pas être si démuni au point de monnayer la vie de mon enfant.

Vos déclarations jettent l’opprobre sur ma famille qui est devenue la cible de toutes les attaques infamantes du genre :

• dans ma famille, on a l’habitude de disparaître

• des opposants auraient caché mon fils à des fins électoralistes

• dans mon village, certains membres de ma famille auraient reçu de l’argent de vous pour se taire sur la disparition de mon fils Pierre Urbain DANGNIVO etc.

Nous n’avions pas réagi en son temps, à cause de la période sensible.

J’avais pensé que cette déclaration était une réponse électoraliste à vos challengers.

Mais je constate qu’en réitérant ces propos contre toute attente à la face du monde que la famille DANGNIVO a reçu de l’argent de l’opposition pour refuser le test ADN, je me suis dit que trop c’est trop et que ne pas réagir aujourd’hui donnerait du crédit à ces diffamations de ma famille déjà trop affectée et traumatisée.

J’ai l’intime conviction que l’affaire Pierre Urbain DANGNIVO rattrapera tous ses auteurs, co-auteurs et commanditaires.

Monsieur le Président, ma famille et moi sommes enfin impatients de savoir qui a réellement reçu de l’argent, combien et de qui ?

Oui, nous avions refusé le test ADN et continuerons de le refuser.

Le scénario de Whomey, pour nous, n’était qu’un montage maladroit qui n’avait convaincu ni la population, ni les journalistes présents sur les lieux. Tout le monde sait que même des mois après, on peut identifier le cadavre en décomposition d’un membre de sa famille.

Mes enfants présents sur les lieux de Whomey ne pouvaient-ils pas reconnaître le cadavre de leur frère disparu, juste un mois avant ? ne serait-ce que par des signes distinctifs comme la taille, les doigts, les orteils et autres ?

Monsieur le Président, je vous supplie de bien vouloir arrêter de traumatiser davantage la famille DANGNIVO.

COTONOU, le 5 octobre 2011

DANGNIVO Togbé Urbain

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Affaire Dangnivo : La cour d’assises révèle les dessous le 18 janvier prochain

Le dénouement de l’Affaire ‘’Disparition d’Urbain Pierre Dangnivo’’ est proche ou du moins, un coin de voile sera levé, le 18 janvier prochain. Ce sera à l’occasion des assises qui vont se tenir au Palais de Justice. Déjà, la CSTB de Gaston Azoua et ses pairs ont sonné la mobilisation des travailleurs.

Les grèves perlées qui continuent de secouer le Ministère de l’Economie et des Finances et les marches de protestation qui secouent le monde syndical depuis la disparition d’Urbain Pierre Dangnivo, le 17 août 2010, prendront certainement une autre tournure à partir du 18 janvier prochain. Vont-elles cesser ou prendre de l’ampleur ? Chacun sera fixé au cours des assises qui vont se tenir le 18 janvier 2011 au Palais de Justice de Cotonou. Dans cette affaire dite ‘’Disparition d’Urbain Pierre Dangnivo’’, beaucoup d’encre et de salive ont coulé. En effet, la Fédération des syndicats du Ministère de l’Economie et des Finances (Fesyntra-finances) dont le Secrétaire général est Laurent Métongnon, a pris, au lendemain de la disparition d’Urbain Dangnivo, la résolution d’organiser des sit-ins et marches de protestation pour réclamer Urbain Pierre Dangnivo, cadre du Ministère, vivant et sain. Ainsi, le mardi, mercredi et jeudi de chaque semaine, les travailleurs du Ministère réclamaient, à cor et à cri, leur collègue Urbain Pierre Dangnivo.

Vu les impacts négatifs de ces mouvements sur les usagers du Ministère, ces grèves perlées ont été allégées. Aujourd’hui, les travailleurs font un sit-in le mardi matin et font le débrayage le jeudi. Les syndicats du Ministère sont soutenus par les centrales syndicales à savoir la CSTB de Gaston Azoua, la CGTB de Pascal Todjinou, la COSI de Georges Glélé Kakaï. Une radicalisation qui a amené le Ministre de l’intérieur, Martial Sounton à prendre une décision d’interdiction des marches de protestation concernant le dossier Dangnivo afin de laisser travailler dans la quiétude la Justice. La non observance de cette décision d’interdiction des syndicats a amené les autorités à barricader la Bourse du travail qui est le siège des centrales syndicales. Lors des assises du 18 janvier prochain au Palais de la Justice, les circonvolutions de l’enquête judiciaire seront connues, les mis en cause écoutés, les médecins légistes livreront les résultats de leur travail sur le macchabée découvert à Womey. Ainsi, un coin de voile sera levé sur le dossier Dangnivo. Parallèlement, la CSTB de Gaston Azoua et ses pairs ont sonné l’alerte pour mobiliser les travailleurs ce 18 janvier 2011. Pour les syndicalistes, il leur faut Urbain Pierre Dangnivo sain et sauf ou rien. Pourvu que chacun sache raison gardée.

L’aube nouvelle

BENIN : Affaire Pierre Urbain Dangnivo, Grèves généralisées dès janvier 2011

Les premiers jours du mois de janvier 2011 promettent d’être particulièrement mouvementés. L’affaire Dangnivo dans laquelle, parents et collègues du disparu tiennent à voir clair serait le détonateur de mouvements de grèves généralisés. Au cours d’un sit-in le mardi dernier à la Direction du trésor, des syndicalistes ont en effet réitéré leur volonté d’observer un mouvement de grève ce jeudi 23 décembre 2010 et projettent d’autres actions radicales dès les premières semaines de l’année prochaine.

Une énième grève de 24 heures décrétée hier jeudi 23 décembre 2010 pour exiger du gouvernement toute la vérité sur la mystérieuse disparition de leur collègue, Pierre Urbain Dangnivo. Cet arrêt de travail observé hier constitue l’une des recommandations du sit-in du mardi dernier par la Fesyntra-Finances à la Direction du trésor. A en croire les manifestants, l’arrêt de travail du jeudi sera l’avant-dernier de la série de 24 heures de grève par semaine, enclenchée depuis plus de trois mois déjà, pour retrouver leur collègue. Par ailleurs, ils projettent de généraliser ces mouvements dès les premières semaines de l’année 2011. C’est à travers chants et slogans hostiles au gouvernement que les collègues de Dangnivo ont exprimé leur désarroi face à la tournure que prend ce dossier. « Ce sera un débrayage des syndicats du secteur des finances et qui auront à leurs côtés toutes les Confédérations et Centrales syndicales en vue de faire le maximum de bruit », a confié le secrétaire général de la Fesyntra-Finances, Laurent Mêtongnon. Dès lors, a ajouté celui-ci, des dispositions sont prises pour que toutes les manifestations prévues soient réglementairement observées sur l’ensemble du territoire national. Ceci pour un ultime objectif : amener l’Exécutif à élucider cette affaire qui n’a que trop duré. Confiants que Urbain Pierre Dangnivo leur reviendra sain et en possession de ses facultés physiques et mentales.Nombreux sont ses collègues qui accusent le gouvernement d’être à l’origine de sa disparition. Ils considèrent d’ailleurs, nombre de faits et gestes de l’Exécutif comme des manœuvres pour étouffer le dossier. « Dans quelques jours, il n’en sera plus question », a martelé le Secrétaire général de la Fésyntra-Finances prêt à engager le bras de fer.

Aziz Fondo

Le Matinal

BENIN : Croyant au charlatanisme pour retrouver Pierre Urbain : La famille Dangnivo escroquée

Croyant au charlatanisme pour retrouver Pierre Urbain : La famille Dangnivo escroquée, 02 suspects arrêtés

La disparition de Pierre Urbain Dangnivo donne des idées aux escrocs. Deux individus se faisant passer pour des charlatans ont proposé leur service à la famille Dangnivo pour retrouver le disparu. Mais pas à n’importe quel prix. Ils ont empoché la somme de 400.000 Fcfa contre promesse non tenue. Ayant pris le maquis, Léon Ouéyidjo et son acolyte Alain Boko ont été retrouvés et présentés au Procureur de la République qui les a écroués le 08 novembre 2010.

Alors que l’instruction se poursuit du côté de la Justice pour faire la lumière sur la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, sa famille fait plutôt recours aux pratiques occultes pour retrouver le disparu. L’expérience qu’elle vient de vivre à ce sujet est révélatrice. Selon les informations glanées ici et là, deux individus nommés Léon Ouéyidjo et Alain Boko, ont été conduits au Commissariat central de Cotonou au début du mois de novembre 2010 par un responsable syndical. Comment en est-on arrivé là ? Quelques semaines plus tôt, Léon Ouéyidjo a contacté le responsable syndical, son frère de village en lui demandant de le mettre en contact avec la famille Dangnivo qu’il compte aider à retrouver Pierre Urbain. Il se fait passer pour un féticheur et l’a convaincu de ce que l’homme est toujours en vie et ses parents peuvent le voir. Connaissant l’ampleur du dossier, le syndicaliste ne doute pas de la sincérité de la démarche. Après plusieurs échanges, il aurait rassuré le supposé féticheur de mettre ses relations en jeu pour établir le pont entre la famille Dangivo et lui. Selon les mêmes sources, il informe un autre responsable des travailleurs, qui à son tour s’adresse à un autre leader syndical plus proche du cadre du ministère de l’Economie et des finances. A trois ils estiment que c’est sérieux et auraient décidé de se tourner vers le principal avocat de la famille Dangnivo pour avoir sa position. Et, lui non plus n’a pas d’objection à propos.

Tout le monde est d’avis pour introduire Léon Ouéyidjo auprès des parents du disparu. Informés, ils se déclarent également favorables, ont indiqué nos sources. Le jour de la rencontre a été décidé de commun accord. Le supposé féticheur était au rendez-vous accompagné de Alain Boko. En présence de la famille Dangnivo, de l’avocat et des leaders syndicaux, les deux acolytes se font plus clairs en ajoutant qu’ils sont en contact avec un esprit qui vit dans l’eau sans le concours duquel rien n’est possible. Après avoir expliqué faussement comment, Pierre Urbain Dangnivo a été enlevé, ils affirment qu’il est toujours aux mains de ses ravisseurs, sain et sauf, précisent nos sources. Mais avant de bénéficier de leurs services pour le retrouver, ils exigent la somme de 400.000 Fcfa et promettent d’honorer leur promesse dans les quatre jours suivants. La famille rassemble 300.000 Fcfa et le reste a été débloqué par un tiers. Quatre jours sont passés, et les deux escrocs sont devenus introuvables et injoignables. Si l’interrogation était visible sur tous les visages, l’inquiétude pesait lourd sur le premier responsable syndical qui a été contacté. Etant donné que c’est de file en aiguille, que les deux escrocs ont réussi à se faire introduire dans la famille, la responsabilité devenait collective. L’on commence par évoquer l’hypothèse d’une escroquerie. Le seul moyen pour la personne contactée de se tirer d’affaire, c’est de retrouver son frère de village et l’autre complice. Cette option a porté ses fruits. Après plusieurs semaines de recherches infructueuses, de grands moyens ont été déployés. Ce qui a permis de retrouver Léon Ouéyidjo et Alain Boko. Conduits au Commissariat central de Cotonou, la police les auditionne et les défère devant le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Cotonou. Ecroués, pour association de malfaiteurs, complicité d’assassinat et trafic de charlatanisme, ils risquent gros. Si personne n’a pu déjouer leur plan, c’est du fait des responsables syndicaux. Très engagés dans la bataille pour retrouver le disparu, les escrocs les ont utilisés comme caution morale. A commencer par le premier qui a été contacté.

FN

L’impasse Dangnivo ?

L’impasse Dangnivo ?

L’inoxydable affaire Dangnivo bouge inlassablement la République et soulève les cendres de nos espoirs. Le feuilleton macabre du porté disparu enchaîne ses épisodes et provoque une vague d’incertitudes. La succession des jours et celle des nuits semblent impuissantes à ouvrir le dossier au chapitre de nos espérances. Et l’affaire de porté disparu répand sans répit son impact dans un Bénin toujours en état de choc.

La disparition mystérieuse du cadre du ministère des finances a naturellement semé la révolte de la Fédération des syndicats des travailleurs des finances (Fésyntra-finances). Le recours à l’arme de la grève s’est révélé dévastateur. Le venin de la paralysie sécrété par le débrayage laisse une saignée économique. Des milliards sont partis en fumée. Le trésor est grippé, la douane enrhumée et du coup, les recettes fiscales chutent et plongent dans les rigoles de la catastrophe. Les sociétés ploient sous le poids de la grève. Le blocage tend insidieusement les filets de l’impasse. La nation exposée à la déprime subit les effets de l’enlisement. Le renouvellement hebdomadaire de la grève jette le coup de froid social et glace les efforts collectifs dans la marche vers le progrès. Ainsi, la légitime colère enfantée par l’enlèvement du cadre émérite tourne progressivement au chaos.

Politiquement, l’affaire du porté disparu amplifie ses propres effets. Marches et contre marches font hurler la rue. On s’accuse mutuellement. Mouvance et opposition se mettent en action pour exhiber les élans politiciens dans la galère Dangnivo. La crise politique a trouvé de l’huile pour s’enflammer et brûler les tissus du dégel. On n’a concrètement pas progressé dans la gestion du dossier depuis plus de deux mois. L’exhumation du vrai-faux macchabée, les condoléances précoces de la justice, le refus de prélèvement de sang…l’hypothétique test d’Adn, ont juste accentué le scepticisme et pollué le climat déjà empoisonné.

A quand l’épilogue Dangnivo ? Sans doute que la fin de cette sinistre affaire libèrera le peuple des affres de la psychose. Le piétinement doublé d’atermoiement au sommet et le bafouillage encombrant assèchent la confiance et les bonnes certitudes. « La fatalité, disait Oscar Wilde, veut que l’on prenne toujours les bonnes résolutions trop tard ». Le chef de l’Etat est à l’extérieur alors que brûle la maison Bénin. Il faut régler l’équation du porté disparu et ne pas opter pour le pourrissement. Car beaucoup ne sont pas prêts à consommer ce malheur auquel, on semble emprunter la résignation.

Le gouvernement Yayi a l’obligation de trouver la bonne solution dans l’affaire de porté disparu. Les fantasmes, rêveries contingentes enfouies dans ses fibres les plus secrètes de choses non exprimées ne peuvent ramener la sérénité. La grève au ministère des finances, forme de pression sur le pouvoir, en appelle à une concentration sur Dangnivo. La passion pour la victime cherche le support d’une sublime volonté de décanter la situation par l’exploitation des canaux de la transparence. Boni Yayi a les clés en mains et peut par une présence remarquée dans les épisodes de la gestion du feuilleton du porté disparu se laver à l’eau de javel de cette saleté à l’ère du changement. Le chef de l’Etat ne doit pas se lasser d’entretenir le pont de dialogue avec les syndicalistes. L’enquête pour rechercher aussi bien Dangnivo que les possibles assassins du porté disparu nécessite des soins pour guérir les anomalies porteuses des germes de suspicion et du doute. La bonne foi est ici précieuse.

Il est temps de gérer à la perfection l’affaire Dangnivo pour qu’elle ne se condamne pas à être une affaire d’Etat avec pour conséquence, la rouille de la crédibilité du pouvoir du changement. Ça fera bientôt trois mois que le compatriote est contraint au silence infini. Le spectacle de Womè et le développement vicieux de la situation brisent la patience nationale et nous conduisent dans les tuyaux minés.

Le porté disparu s’affiche désormais comme l’os dans la gorge du pouvoir cauri. Reste à Yayi de jouer pour que ne soit définitivement affectée la santé du changement.

26-10-2010, Sulpice O. GBAGUIDI

Fraternité