Le Blog de Aymard

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BENIN : Touche pas à ma Constitution

Tout a commencé un matin du 15 Janvier 2006 ; jour où Boni Yayi déclarait sa candidature à l’élection présidentielle de Mars 2006. Vint le 05 mars 2006 et, le peuple béninois préféra à 35 % Boni Yayi aux autres candidats à l’élection présidentielle, il eut le 19 mars où le peuple le porta définitivement au pouvoir avec 74,51%.

Son programme d’action était articulé autour du mot « changement » à travers le slogan « Ça peut changer ! Ça doit changer ! Ça va changer ! » ; Slogan dont lui seul connaissait bien évidemment le sens. Tout le peuple rêvait d’une meilleure gestion des affaires de la cité, d’un mieux vivre et d’un mieux être. Ses promesses ont donc été prises comme des paroles d’évangile et le peuple le plébiscita.

Et alors, vinrent les scandales ; les uns, plus calamiteux que les autres. Des promesses électorales de 2006 et du taux de croissance qui devait passer de 01 chiffre à 02 chiffres, rien n’y fit. Ces promesses et le fameux projet de société qui ferait du Bénin « un pays émergent » se sont noyés dans le flot des scandales politiques (les débauchages, l’achat de députés à coup de milliards), économiques et financiers de tous ordres (dossier CENSAD, des micro–crédits aux plus pauvres, des machines agricoles, ICC services,…), faisant du sommet de l’Etat un endroit où la morale et l’éthique ont déserté le forum. Les profondes aspirations du peuple ont été mises sous le boisseau par Boni YAYI pour qui seul comptait sa réélection en 2011 même si, pour cela il fallait passer par quelques mesures de gratuité et quelques constructions en bambou et gonfler inutilement le budget au-delà des 1.000 milliards. Le taux de croissance de deux (02) chiffres promis n’a jamais été atteint. Pis, on a régressé ; de 5,1 sous kérékou, le taux de croissance est passé à 2,7 sous Boni YAYI, docteur en économie et président pendant plus d’une dizaine d’années d’une banque régionale, entouré d’une pléiade de conseillers en finance.

Un chroniqueur de la télévision brésilienne disait il y a peu : « Plus un dirigeant est médiocre, plus il méprise l’intelligence et la culture et se transforme en une île entourée de médiocres ». Malgré son doctorat en économie et la pléiade d’économistes qui l’entourent, le bilan fut chaotique mais, Boni Yayi parvint à obtenir de la manière dont on sait ce second mandat pour lequel il s’est défoncé jour et nuit jusqu’à perdre selon ses dires, 45 kilos.  Elections organisées sans liste électorale, des bulletins de vote pré-estampillés Yayi, des bulletins de vote héliportés de manière unilatérale le jour du scrutin dans certains fiefs de Boni Yayi, des cantines parvenues à la Cena hors délai et non scellées,…bref, tout un imbroglio observé au Bénin pour la première fois depuis 91. Des élections dont, les résultats sont carrément en contraste avec la volonté populaire or c’est le peuple qui vote.

Le changement est mort sans bilan, vive la refondation ! Encore un fallacieux slogan ; slogan dont l’explication est très explicite pour le Parti Communiste du Bénin (PCB).

· Boni YAYI tue-t-il à Natitingou ou à Dogbo? Refondation !

· Vend-il Bénin-Télécoms pour une bouchée de pain ? Refondation !

· Brade t-il les reliquats du patrimoine national à ses amis BOUYGUES, BOLLORE, France TELECOMS, etc., bref aux intérêts financiers français comme reconnaissance de leur soutien au hold-up électoral ? Refondation !

· Prend-il des lois liberticides ? Refondation !

· Laisse-t-il des dizaines de malades mourir au CNHU faute de bonnes conditions de travail des médecins? Refondation !

· Condamne-t-il des millions d’enfants à l’échec scolaire? Refondation !

Refondation ! Refondation ! Refondation ! Depuis 2006, il s’est évertué à violer allègrement la Constitution et à faire cautionner toutes ces violations par les garants de cette même constitution avec en tête Robert Dossou, Président de la cour constitutionnelle et président d’une certaine « Alliance pour la social-démocratie » dont le siège a été celui qui a abrité la direction de campagne de Boni Yayi en 2006.

La Constitution n’est pas un texte intouchable, immuable comme l’ont clamé les constituants français de 1793 : « un peuple a toujours le droit de réformer et de changer sa Constitution… ». Pour autant, c’est incontestablement la Loi fondamentale de l’Etat car résultant en principe de la manifestation du pouvoir constituant. Dans cette perspective, cette Loi particulière ne devrait pas faire l’objet de modifications de circonstance, de retouches conjoncturelles et opportunistes au risque de participer d’un phénomène de désacralisation de la Constitution.

Même si, le principe de la réforme constitutionnelle et ses aspects les plus importants ne font l’objet d’aucun doute fondamental, quelques questions devront être posées face à la qualité des hommes qui sont garants de cette constitution ; ces mêmes hommes qui ont fait de l’utile, l’inutile et de l’inutile, l’utile en certifiant le hold-up électoral de Mars 2011.

Le gouvernement de Boni Yayi a perdu toute confiance et il serait illusoire de croire en ses bonnes intentions.

A quoi bon organiser un référendum alors que nous savons tous que le pouvoir de Boni Yayi le fera voter par K.O ?

A quoi bon réviser une constitution pour la mettre dans les mains des mêmes qui l’avaient royalement violée ?

Boni Yayi veut-il dribbler le peuple béninois en procédant à un changement de constitution pour nous imposer encore pour des années sa tête et toute la mauvaise gestion qui va avec ? Nous ne pouvons que répondre par l’affirmative parcequ’à la manœuvre nous avons encore l’obscur Tévoédjrè qui s’est donné depuis une vingtaine d’années le droit et le privilège d’écrire pour les Béninois le destin de leur pays. Certains en mal de sensation nous diront qu’une révision de notre loi fondamentale est opportune mais nous leur répondons tout simplement qu’elle est inopportune.

La révision de la constitution n’est pas plus préoccupant que les routes dégradées ; nous avons depuis une économie déliquescente, une industrialisation au point mort, l’analphabétisme, le chômage massif et systématique au niveau de la jeunesse, la misère et la précarité galopante,… ce sont là autant de situations sociales et économiques qui devraient préoccuper Boni Yayi.

Non aux révisionnistes inutiles et aux « idiots utiles » !

« Yayi » retro satanas !

Et comme, pour reprendre Madougou devenue depuis peu Ministre pour avoir chanté sur les plateaux et faire des affiches géantes avec les sous de Yayi pour Yayi en 2006, je dirai :

« TOUCHE PAS MA CONSTITUTION ! ».

aymard

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BENIN : Forum national de vérité et de sursaut patriotique – Le Forum de la farce, de la ruse et de la honte du renard de Djrègbé

On a beau lui attribuer tous les qualificatifs ou tous les noms, on se surprendra toujours par l’intelligence pernicieuse et la ruse destructrice du « renard de Djrègbé ». Par malheur pour notre pays et encore par ruse, il est actuellement affublé du titre de Médiateur de la République, ce qui, de toute évidence, lui confère depuis quelques temps les attributs et le place au rang de Président d’institution constitutionnelle.

S’il y a des citoyens qui depuis 1960 ont, par leurs actions, causé beaucoup de torts à l’avancée politique et au progrès économique de notre pays, l’actuel Médiateur de la République en fait partie et serait probablement l’un des maux dont le Bénin souffre en ce moment difficile de son histoire. A l’analyse du fonctionnement et de la démarche de ce Monsieur, on se rend compte que toutes les entreprises qu’il met en chantier convergent vers la satisfaction exclusive de ses intérêts personnels au détriment de ceux du peuple béninois au bonheur duquel il donne pourtant l’impression de travailler. Et l’histoire retiendra le nom de ce Monsieur comme celui de la ruse et de la farce faites par cet homme pour détruire notre patrie commune.

Mon propos n’est pas de revenir sur les faits que tout le monde connait déjà puisqu’il est coutumier des coups de poker et des règlements de compte sur fond de ruse et de farce. Mais il est important que les personnes de notre génération et surtout les jeunes se convainquent du rôle destructeur que ce Monsieur a joué et continue de jouer depuis l’avènement du Renouveau Démocratique dans notre cher pays.

Quand je l’ai observé au cours de l’émission de près de deux heures que lui a consacrée notre Office de Radiodiffusion et Télévision (ORTB) où seuls les thuriféraires du régime ont eu droit à la parole, à propos de la crise post -électorale en Côte d’Ivoire et ses leçons supposées pour le Bénin, j’ai compris et je l’espère avec la plupart des béninois qui l’ont suivi, son rôle et son poids dans les nombreux dysfonctionnements que connait le système politique actuel ainsi que le discrédit dont sont couvertes la quasi-totalité des institutions républicaines. Lui-même se positionne d’ailleurs comme une institution et ne s’en cache guère. Il aurait déclaré jadis qu’un homme politique, dont la formation l’a anéanti politiquement sur le terrain au début du Renouveau Démocratique et dans son propre terroir, ne parviendrait jamais au pouvoir au Bénin, de son vivant. Tout un programme n’est-ce pas? Et de façon méthodique, combinant ruse, fraude et farce, il y a travaillé, au vu, au su de tous et à la satisfaction de ses admirateurs. Peut-être ignore t-il qu’il n’est pas Dieu, ni le peuple béninois pour décider ou décréter qui va gouverner le Bénin. Son attitude depuis 2006 inspire honte et dégoût. Malheureusement, il ne connait ni la honte ni le scrupule. Il avance, il produit et vend des idées, mais aussi surtout du vent, du cynisme et cela semble lui réussir pour le moment. De fait, il multiplie les pratiques qui font reculer inexorablement le pays. Il veut produire des idées pour régenter le pays et apprivoiser l’exécutif, d’où l’idée qu’il faut un Premier Ministre pour pallier les insuffisances insurmontables de qui vous savez. Il trace aussi avec patience le chemin irréversible de la Cour Constitutionnelle vers l’imposture en philosophant sur sa prétendue « performance » et ses mérites dans l’accaparement des prérogatives des autres institutions.

La 6ème législature de l’Assemblée Nationale offrira peut-être l’opportunité à notre «savant» de faire goûter au peuple béninois la sauce qui se prépare et dont le fameux forum servira de cuisine et d’ingrédients. Une sauce à laquelle la démocratie béninoise sera mangée. Soyez rassurés, le peuple béninois disposera toujours des ressorts et des ressources pour ne pas avaler cette sauce, et mieux pour réagir un jour, s’il plait à l’Eternel. Il n’est jamais trop tard pour réagir et des exemples sont proches de nous.

Monsieur l’intellectuel tombe parfois dans le ridicule sans le savoir, tellement obnubilé par la soif de régler ses comptes à ses adversaires politiques sur le dos des béninois. Comme récemment cette attitude qui a consisté à claquer la porte à la veille de l’élection présidentielle, lorsque les anciens Présidents Émile Derlin Zinsou et Nicéphore Soglo s’échinaient à négocier avec les acteurs politiques pour trouver une porte de sortie à la crise pré-électorale engendrée par la LEPI. Comme surtout ses propositions bancales pour régler les mêmes errements et incongruités du fameux monstre de la LEPI, consistant à ouvrir des cahiers sur une table dans chaque bureau de vote pour y recueillir les laissés-pour-compte et à transmettre les informations les concernant à la Cour Constitutionnelle qui leur réservera le sort qu’on connait.

Les béninois ont peut-être été surpris d’apercevoir à la télévision nationale, le Médiateur de leur République au salon d’honneur de l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin, lors de la visite éclair de Monsieur Goodluck Jonathan, venu préparer l’esprit des béninois à avaler le hold-up électoral du 13 Mars 2011. A quel titre était-il présent au salon d’honneur? Médiateur? Consultant? Président d’institution? Le mélange des genres et les amalgames font aussi partie de son arsenal avec, en coin, beaucoup de cynisme.

Qu’il vous souvienne qu’en Mars 1996, après avoir réussi à mobiliser Bruno Amoussou et Adrien Houngbedji pour faire revenir Mathieu Kérékou, il avait déclaré, parlant du candidat Nicéphore Soglo: « la bête est atteinte, l’agonie est difficile, mais la mort est certaine« . Si cela n’est pas du cynisme, il y ressemble fort bien. Cela inspire surtout la médiocrité et démontre à souhait le complot permanent d’un homme et de ses commanditaires contre l’édifice démocratique que les béninois ont mis en chantier dans notre pays au prix de lourds sacrifices y compris de privation des libertés depuis Février 1990.

Le forum dont l’idée est actuellement agitée est une étape supplémentaire dans la chaîne hideuse des réalisations du programme de Monsieur Tévoédjrè dont l’ambition est de toujours peser sur le destin du peuple béninois qui semble lui avoir définitivement refusé et mandat présidentiel et mandat législatif. Un éminent et jeune Avocat béninois avait, à raison, semblé indiquer dans un récent article publié sur internet, que ce qui arrive actuellement au peuple béninois, n’est que la résultante des faits et gestes d’un certain nombre de personnalités qui n’ayant pu réaliser leur ambition de diriger le pays par le pouvoir acquis dans les urnes, ont trouvé l’astuce auprès du Prince actuel, pour assouvir leur rêve, que dis-je, leur vengeance sur l’histoire et contre le peuple aux moyens de la ruse et des manipulations de toutes sortes. Cela les arrange et arrange le Prince lui-même.

Les résultats du forum ainsi que l’attente que le paisible peuple béninois pourrait en avoir dépendent largement de la crédibilité de ceux qui en sont les commanditaires et les concepteurs. Avant et pendant la Conférence Nationale de Février 1990, les béninois ont combattu l’arbitraire, la privation des libertés et la mauvaise gouvernance de notre pays. Les béninois qui savent faire des analyses, ceux qui ont la capacité de comprendre la manœuvre et les manipulations qui sont en cours dans notre pays doivent dire NON et rejeter ce projet et cette comédie qui mettront davantage à mal la démocratie béninoise, sans compter la tension qu’ils créeront sur les caisses déjà vides de l’Etat. En somme, c’est un autre marché de dupes, dont les bénéficiaires sont connus pour leur cupidité. Si le peuple leur laisse la main, ils lui prendront bientôt tout le bras et après ils vont le berner pour bien le contrôler sous tous ses ressorts avant de chanter le requiem de la refondation dans cinq ans, comme ils viennent de faire les funérailles du changement.

Si le «produit» proposé au béninois de 2006 à 2011 pour les conduire vers le développement n’a pas comblé leurs attentes, faut-il s’attendre à un miracle de 2011 à 2016? Nous devons en toute légitimité, en douter. C’est de l’hypocrisie et ceux qui proposent ce marché de dupes devraient avoir honte de gaspiller les ressources (temps, finances, ressources humaines, etc.) de notre pays pour satisfaire leur envie de laver leur souillure dans une marre au verbiage après leur forfaiture du 13 Mars 2011. On en a assez des grandes réunions pour tromper le peuple. Il faut une gouvernance de qualité qui rejette définitivement les mauvaises pratiques du régime en place. En observant le silence assourdissant sur les nombreux scandales ayant parsemé les cinq années du système dit de changement et en cautionnant le maintien du même système, l’initiateur du forum se retrouve, de fait, dans un mauvais rôle et dans une entreprise de farce, de ruse et inspire donc aux citoyens ordinaires, la honte.

La chance de ce Monsieur et de ses acolytes, c’est que les béninois sont un peuple épris de paix. S’est-il déjà interrogé de savoir pourquoi malgré les actes anti-démocratiques d’intimidation, de prédation sur les libertés et de bâillonnement de la presse qui sont insidieusement posés tous les jours, les béninois gardent toujours leur calme? S’est-il déjà interrogé de savoir pourquoi malgré le refus du régime, dont il est le consultant, d’admettre la contradiction, sève de tout progrès, «l’interdiction» de l’opposition sur les antennes de l’ORTB, il n’y ait pas eu d’actes de violences, ni le moindre geste de protestation de la part de ses leaders?

Le forum qui est projeté, s’il a l’avantage de réunir des personnes triées sur le volet pour remplir une salle besogne et philosopher sur la gouvernance du Bénin et son avenir supposé, ne comblera pas les attentes des béninois, plongés dans une frustration sans pareille depuis le braquage électoral du 13 Mars 2011, étape cruciale dans la volonté de plomber la démocratie béninoise. Le projet de forum comporte, néanmoins, pour ses commanditaires et ses concepteurs, tous les motifs de continuer à penser que les béninois accepteront toujours tout, y compris les produits de leur rêve.

Vingt et un ans après la conférence nationale des forces vives, il s’est trouvé que son fameux Rapporteur Général court encore et toujours vers la réalisation de son objectif sacré :

VAINCRE LA FATALITE!

Alors que le Mali et d’autres pays qui nous ont emboîté le pas, affinent et polissent leur processus démocratique, les béninois demeurent, depuis plusieurs années, l’otage de la ruse, de la rouerie politique et autres stratagèmes montés pour servir des intérêts bassement égoïstes.

« La paix n’est pas un vain mot. C’est un comportement » a dit l’ancien Président Ivoirien, feu Félix Houphouët-Boigny.

Pendant combien de temps encore la ruse, la fraude et la tricherie présideront-elles à la destinée et à la gouvernance de notre pays? Pourquoi et pendant combien de temps encore leurs auteurs prendront-ils les béninois pour ce qu’ils ne sont pas ?

Questions à qui de droit !

Apollinaire METOGBE

Politologue

Ontario, Canada