Le Blog de Aymard

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Les suites de la Guerre en Côte d’Ivoire, le plus dur reste à venir !

Comment ne pas encore parler de la Côte d’Ivoire puisque deux semaines après la chute du président légal, les choses sont loin de se tasser et que les armes crépitent toujours ? Pendant que les médias occidentaux mettent le paquet pour parler de la normalisation en voie, le nouveau régime, après avoir incarcéré sans base légale Laurent Gbagbo, son épouse et de nombreux responsables du FPI, se livre  à une véritable chasse aux sorcières indigne d’un régime qui se dit favorable à la réconciliation. Il tente également de casser le FPI pour avoir le soutien de ceux à qui on peut pardonner, tels Mamadou Koulibaly, Alcide Djedje, et de ceux dont on a besoin, en particulier le président du Conseil constitutionnel, Paul Yao N’Dré.


A la Résidence de Laurent Gbagbo 11-04-2011
Un carnage qu’on voudrait passer sous silence

C’est de bonne guerre pourrait-on dire et beaucoup de gens du camp Gbagbo, fatigués, apeurés, affamés ou qui ont peur de perdre leur job, ont bien envie de dire « Pouce » ! Evidemment, la base du parti créé par Laurent Gbagbo éructe à la trahison. Et dans tout ce méli-mélo où le camp gagnant détruit à la Bolchévique tous les symboles de l’ancien régime comme la « Sorbonne » (célèbre lieu de dialogue) et où les médias sont mis au pas, voici que le redoutable Sergent Ibrahim Coulibaly dit « IB » semble vouloir avoir sa part du « butin » dans cette sale guerre et attaquerait même des éléments de l’ex-rebelle Soro. Eh oui !, on ne passe pas de rebelles à simples citoyens aussi facilement ! Le chef de l’Etat propulsé par l’étranger et les siens risquent de l’apprendre à leurs dépens. Il y aurait aussi des tensions entre les gens de Guillaume Soro et le PDCI-RDA tant au niveau de la primature que de l’affectation des ministères ! Et au moment de boucler, on apprend que la conférence d’Affi N’Guessan, qui voulait s’adresser à la presse pour donner l’avis du parti du Président Laurent GBAGBO sur des points de l’actualité politique, a tourné court, des soldats de Ouattara s’invitant malencontreusement et arrêtant tout,  confisquant le matériel de travail des médias invités avant de conduire manu militari le président du FPI au Golf Hôtel. Le patron du FPI aurait même été molesté devant des forces onusiennes qui n’ont pas bougé devant cette scène de violence inacceptable, et à qui incombe pourtant la protection des lieux ! Mais bon, ce comportement, on le sait, n’est pas nouveau.

Vous lirez donc, outre les articles ci-après, la Déclaration du FPI, pour mieux vous éclairer sur les suites de ce conflit au moment où Alassane Ouattara promet que les deux mois de salaires dus seront payés dès la semaine prochaine grâce à un prêt de… la France contracté sans l’aval de l’Assemblée nationale.

CE FUT L’HORREUR AU PALAIS PRESIDENTIEL

Les journaux occidentaux ont tous préféré les images de la capture du « vilain » Laurent Gbagbo (président élu de Côte d’Ivoire), hagard et le cocard à l’œil Dieu seul sait par quoi, et celle  de son épouse, jetée à terre, frappée au sang par des miliciens pro-Ouattara. « Ah ces dictateurs, c’est bien fait pour eux, tout de même : on ne gère pas un pays comme son bien propre ; il faut respecter le vote de la majorité ! », etc… Voilà ce qu’on pouvait lire entre les lignes de ces journaux pro-Sarkozy. Et la France a fait son boulot, évidemment, rajoutent-ils ! Pas un mot sur le non-désarmement au Nord et le vol des voix dans une dizaine de départements en zone rebelle qui ont permis qu’Alassane Ouattara obtienne plus de 100 % de voix par endroits, sans même les deux voix du représentant du FPI ; rien sur le fait que le chef de l’Etat parvenu au pouvoir par la guerre soit notoirement connu pour être le patron de la rébellion qui a fait plus de 10.000 morts en Côte d’Ivoire ; «Nada » sur le fait que Laurent Gbagbo est un opposant qui n’a jamais voulu faire couler  le sang dans son pays, qui a fait de la prison pour ses idées, qui est le père de la démocratie et de la liberté de presse ! Motus sur  le fait qu’il ait demandé le recomptage de voix, qu’il ait toujours traité ses opposants avec dignité…Bref, il faut justifier le crime !

De grands médias comme Paris Match n’ont pas hésité à mettre les photos les plus choquantes où l’on voit des jeunes rebelles arracher les nattes de la présidente plus ou moins dévêtue et jetée au sol, hébétée ! Avec de telles images, sûr que le canard va bien se vendre ! D’aucuns se sont permis de  critiquer l’air hagard du couple présidentiel, estimant qu’il eût fallu un peu de dignité mais quand on sait  ce qui s’est passé à l’intérieur du Palais, on comprend. Voyez plutôt  la photo ci-dessous qui résume une partie de l’horreur qui s’est déroulée dans la résidence du quatrième président de Côte d’Ivoire. Et quand on sait qu’en plus des bombes, des coups de feu, il y a  eu également des gens torturés et tués, des femmes violées, le tout dans des actions de pillage  frénétique de tous les biens (argent, effets personnels…) et d’énormes beuveries  comme à l’époque des pirates, on frémit à la pensée de ce qu’ont dû endurer ceux des responsables de l’ancien régime !   Pourtant, dès lors que le président Gbagbo avait été capturé par les forces étrangères et remis aux forces d’Alassane Ouattara, plus rien ne justifiait cette barbarie à la résidence présidentielle. Pourquoi avoir laissé faire ? Et ce qui est révoltant, c’est  que quinze jours  après la chute de Laurent Gbagbo,  les tueries de ses partisans et  de nombre de ceux de son ethnie, à ce qu’on dit, continuent.

Voilà ce qu’ont permis les forces onusiennes dans ce beau pays d’Houphouët pour régler un conflit postélectoral monté de toutes pièces et sous le fallacieux prétexte de sauver des…. civils ! A méditer.

 CY

San Finna N°613 du 25 Avril au 01 Mai 2011

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Réunion de l’UA à Addis-Abeba : Laurent Gbagbo représenté par Pascal Affi N’Guessan et Alcide Djédjé

C’est désormais certain ! Le président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan et le ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, sont les deux personnalités qui représenteront le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo à Addis-Abeba. Où se tiendra, aujourd’hui mercredi, la 4e réunion du panel des cinq Chefs d’Etat mandatés par l’Union africaine pour trouver des solutions à la crise ivoirienne. Réunion qui sera suivie, demain jeudi 10 mars, de celle du Conseil de paix et de sécurité de ladite organisation régionale.  La délégation du président ivoirien a embarqué hier matin à 9 heures 30 à l’Aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan Port-Bouët à bord d’un vol commercial.

Sans le président du Conseil économique et social, Laurent Dona-Fologo, comme l’annonçaient certaines sources. Concernant les raisons du choix des membres de la délégation, elles reposent sur leur connaissance du dossier.

S’agissant de Pascal Affi N’Guessan, il dirige le Fpi, parti de Laurent Gbagbo, depuis l’élection de ce dernier à la magistrature suprême en octobre 2000 et il a été son unique Premier ministre librement nommé jusqu’à l’éclatement de la crise militaro-politique, le 19 septembre 2002. a Linas-Marcoussis en janvier 2003 où il était pour le camp présidentiel, Laurent Gbagbo sera contraint de le remercier pour nommer Seydou Elimane Diarra au poste de Premier ministre, chef du gouvernement de réconciliation nationale. Marqué par le partage du pouvoir et l’entrée de la rébellion dans le gouvernement en plus de l’opposition.

Durant la campagne pour la présidentielle du 31 octobre et du 28 novembre 2010, le président du Fpi a joué le rôle de porte-parole du candidat de La majorité présidentielle (Lmp), Laurent Gbagbo. Cette coalition compte, outre le Fpi, neuf autres partis politiques alliés. Quant au ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, il est rompu aux affaires diplomatique et politique. Puisqu’il a été auparavant conseiller diplomatique et Représentant permanent de la Côte d’Ivoire à l’Onu jusqu’au lendemain de la présidentielle. Il faisait, en outre, partie de la délégation présidentielle lors des négociations de Ouagadougou en février 2007 et qui ont donné naissance à l’Accord de paix de Ouaga signé le 4 mars de la même année. Ainsi, que ce soit la crise post-électorale, la crise militaro-politique, l’implication de la France, de l’Union européenne, des Etats-Unis, de la Cedeao et de l’Onu, ce sont de véritables personnes-ressources qui représenteront le Président Laurent Gbagbo à Addis-Abeba.

Outre la délégation présidentielle et le Dr Alassane Ouattara, président du Rassemblement des républicains qui a annoncé samedi dernier qu’il effectuerait le déplacement du 10 mars, le président du Conseil constitutionnel y est également attendu. Cependant, nos sources indiquent que le Pr Paul Yao N’Dré, juge des élections et qui a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur face à Alassane Ouattara, ne devrait pas répondre à l’invitation de l’Union africaine. Le panel mandaté depuis le 16e sommet de l’Ua fin janvier n’ayant pu dire, après évaluation de la situation, ce qu’il en est ni proposé de solution consensuelle, les parties vont donc poursuivre les discussions qui devront, on l’espère, aboutir à une décision acceptée par tous et «contraignante pour toutes les parties».

PAULIN N. ZOBO, Fraternité matin d’Abidjan