Le Blog de Aymard

La liberté d'expression dans sa quintessence

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Pourquoi les quatre à la fois chez Obama ???

Le Bénin, honoré de voir son président-refondateur, en audience officielle à la Maison Blanche. Le graal de la reconnaissance du monde libre et démocratique. Seul coin d’ombre, l’obligation de partager ce bonheur avec d’autres chefs d’Etat : l’Ivoirien, le Nigérien et le Guinéen. Le Gabonais y est bien allé tout seul ; de même que le Camerounais, le Nigérian et bien d’autres. Pourquoi alors ces quatre en une seule fois ? S’agit-il d’un sommet, d’une réunion statutaire, d’un sujet d’intérêt commun ou d’un conclave entre vieux amis. Ce n’est pas à la prestigieuse diplomatie américaine qu’on apprendrait qu’il existe de profonds abysses entre les défis respectifs des différents invités de Washington : reconstruction en Côte d’Ivoire, restauration de la démocratie au Niger, démocratisation en Guinée et « refondation » au Bénin. Tous ces programmes, divergents, à tout point de vue, par leur genèse, leurs applications, leurs objectifs et leurs motivations.

En l’absence de tout agenda crédible de la « diplomatie de mendicité », la moindre condescendance de la super puissance mondiale apparait comme une félicité. Qu’on « convoque » le chef d’Etat béninois à la Maison Blanche au même moment que 3 autres de ses collègues francophones de l’Afrique de l’Ouest serait donc un honneur. Un honneur si Georges Walker Bush vient passer quelques heures à l’aéroport de Cotonou. Avis que ne partagerait certainement pas le journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi qui avait estimé que le seul moyen de faire honneur à son pays c’est d’envoyer ses chaussures à la figure de ce Bush-là. Ce qu’il a d’ailleurs fait avec fougue en décembre 2008 quand bien même le plus puissant des chefs d’Etat de la planète ne s’était pas contenté d’un pied de nez à tout un peuple depuis l’aéroport mais s’était rendu au quartier général du gouvernement pour y tenir une conférence de presse en compagnie du chef du gouvernement irakien de l’époque, Nouri El Maliki.

Yayi brûle d’envie de rencontrer Obama, très certainement. Mais il n’a pas forcément envie d’évoquer, devant les autres invités, comment il se débat face à la grève des fonctionnaires, aux victimes des faux placeurs d’argent, à la corruption rampante, au trafic de drogue en pleine expansion, aux difficultés dans la mise en œuvre de la politique de « doigt tendu », à la refondation, etc… On se demande si le président-refondateur est vraiment intéressé par les déboires de son homologue guinéen face au désordre, à l’indiscipline, à la conspiration et à la combine en vogue au sein de son armée depuis des décennies. Pas évident que les récits de Ouattarra sur sa stratégie de restauration de la démocratie par maquisards interposés puisse être d’une quelconque utilité pour le locataire de la Marina. Ce dernier n’a pas la même trajectoire que son voisin de Niamey sorti des urnes après une transition précédé d’un coup d’Etat. Et puis, les perspectives de Mahamadou Issifou s’identifient à de nouveaux gisements d’uranium voire de pétrole. De quoi faire pâlir d’envie les refondateurs dont le sous-sol demeure étrangement muet malgré tous les efforts. Bref, plutôt que de faire partir d’un groupe de vedette, chacun aurait voulu être la vedette tout court. Surtout que l’opportunité d’être reçu en ces lieux ne se présente pas beaucoup pour un africain francophone en un mandat de 5 ans.

Peut-il arriver qu’un président des Etats-Unis d’Amérique accorde, simultanément, une audience conjointe à des chefs de gouvernement français, allemand, italien ou russe ? Je veux bien voir le président chinois en compagnie des premiers ministres japonais, indien et pakistanais dans la posture des 4 africains de la Cedeao se congratulant au sortir d’une audience commune à la Maison Blanche. Peut-être une atténuation du sentiment de frustration du fait des origines de l’hôte de luxe à savoir Obama, fils d’un émigré africain.

Frustration quand même…

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com

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La Guinée sombrera…………….bon débarras

C’est une certitude mathématique, la Guinée sombrera, ce n’est plus qu’une question de temps, en raison non pas de la difficile équation posée aux guinéens, à savoir les défis contre l’injustice et la pauvreté, mais de la façon dont l’autorité en place propose sa résolution.

Ce titre volontairement provocateur, faisant référence au pamphlet d’Yves PACCALET, Ecologiste français et ami de la planète, « la planète disparaîtra…. » n’est ni une prémonition ni une prédication ; mais le constat d’une collision de multiples bêtises, dont l’addition aboutit à un cocktail explosif dont les détonateurs se mettent progressivement en place de façon insidieuse.

Dans l’équation tribale aux arômes suffocants X, Y, Z, et T, l’idée consistant à exclure la « saboteuse » variable Y correspondant aux ressortissants d’une région naturelle désignés par quelques incendiaires en arc comme étant venus d’ailleurs il y a quelques siècles (…), donc « étrangers » en Guinée (!) est un dangereux goulot d’étranglement qui asphyxiera notre nation.

Et comme on a changé de siècle, les hommes résisteront et la guinée sombrera

Dans son délire mathémati(éthni)que, les données politiques modernes d’un monde devenu complexe et globalisé, combinées de cinquante ans de casses économique et sociale ont semblé donner le tournis à Monsieur Alpha CONDE, déjà en déséquilibre, lui révélant des lendemains incertains, en raison du creux de ses compétences en tant qu’hommes d’Etat rassembleur..

Ces nouvelles autorités, face au mur de l’Atlantique, découvrant subitement qu’il ne sert de grimper car la solution n’étant pas de l’autre côté du mur, concèdent leur usurpation du titre de professeur, docteur, expert, honorable, éminence et trempent dans une cynique médiocrité: diviser les guinéens.

Faire croire à certains que les autres sont les ennemis de la nation.

En réalité, Alpha CONDE n’aime personne. Il a entre ses mains un gros jouet au sein duquel croupissent dix millions d’âmes. Il ne maîtrise pas le mode d’emploi. Il l’a su dès janvier 2011 mais il a honte d’avouer ses carences. Alors il accusera les autres camarades de récré de casser son jouet pour l’empêcher de marcher. Il ira jusqu’à tuer s’il le faut.

Et comme on a changé de siècle, les hommes résisteront et la guinée sombrera.

Monsieur Alpha CONDE le sait, la partie est jouée. Il ne laissera pas son nom dans l’Histoire des Grands hommes. Désormais, il s’emploiera à durer. Les réunions de travail, les stratégies, les taxes et impôts des guinéens ne serviront plus qu’à cela.

Et comme on a changé de siècle, les hommes résisteront et la guinée sombrera.

Dès lors, plus facile aura été d’exclure, de calomnier, de manipuler, d’orchestrer, de monter les uns contre les autres, en prônant une solution simpliste du genre X, Z, et T sont symétriques, seul Y est courbé pour ne pas dire tordu, puisqu’ intrus, donc sources de tous les problèmes pour la construction de la maison Guinée : CQFD.

Ainsi, sans résoudre l’équation de façon académique, on nous sert une solution n’obéissant qu’à des principes déviants, qu’à des théorèmes sombres et populistes, qu’à des formules dissoutes dans des discours rappelant l’ambiance qui régnait à Kigali, au début des années « 90 ».

Tiens, parlons de Rwanda. Les Tutsi, d’un teint clair, « beaux » selon les colons Wallons, s’étaient vu propulser au-devant de l’administration en défaveur des Hutus, brave peuple pastoral au teint plus foncé d’origine bantoue, par les colonisateurs qui érigent un système clanique hiérarchisé et discriminatoire.

Quand l’influence des Tutsis (maintenant plus instruits) a grandi, ils revendiquèrent l’indépendance du pays en 1959. Les Belges, mécontents de cette « ingratitude », changent de fusil d’épaule et favorisent dès lors l’émergence d’un président Hutu. La répression contre les Tutsis fut érigée en mode de gouvernance par les extrémistes Hutus. Plusieurs milliers de Tutsis traversèrent la frontière vers l’Ouganda notamment l’élite. C’est à partir de ce pays qu’ils organisèrent leur résistance sous la direction de Paul Kagamé. La suite on la connaît. 800.000 Rwandais massacrés selon l’ONU, 1 million de victimes selon les autorités Rwandaises.

Je ne vais pas faire ici le rappel de la crise Ivoirienne mais l’on doit se poser la question desquels des deux scénarios est plus probable en guinée, car la marmite est bouillante. Les ingrédients d’une guerre civile génocidaire sont réunis. Il ne manque plus que l’élément déclencheur.

Certains de ces éléments déclencheurs se mettent en place peu à peu sans qu’on ne s’en rende compte vraiment :

La « tentative d’assassinat » d’Alpha CONDE :

Tout délit ou crime cache nécessairement un mobile, un but, un objectif. Nous sommes ainsi en droit de se demander quel fut le mobile de cette agression ?

Supposons un moment que ce ne fut pas une pseudo agression. La prise du pouvoir par les assaillants étant exclue vu leur faible nombre, un autre but jusque là non évoqué, pourrait être celui de la déstabilisation du pays afin de déclencher une guerre civile pour exécuter le fantasme de certains extrémistes qui n’arrêtent pas d’inviter une partie des guinéens, étrangers à leurs yeux, dont Monsieur Alassane CONDE, d’aller en Somalie, ou ailleurs….

Dans cette hypothèse, la communauté qui tire le plus de bénéfice du dénouement heureux de Kipé est bien celle des peuls.

Essayons d’imaginer que Monsieur Alpha CONDE mourut dans cette attaque. La chasse aux peuls aurait commencé dès l’aube. Militaires, milice de parti, policiers, militants et sympathisants de CONDE se seraient déployés partout à Conakry ainsi que dans les villes où ils ont une représentation majoritaire, ériger des barrages pour empêcher toute fuite,  investir les maisons, violer, tuer, saccager.

Et comme on a changé de siècle, les hommes résisteront et la guinée sombrera.

Un militaire se serait déclaré président. Vu la configuration actuelle de l’armée, aucun espoir vers un Etat stable et protecteur n’aurait été possible.

On a donc frôlé le pire. Pour cette raison, il serait sage d’arrêter de spéculer sur la participation d’éléments appartenant à une « certaine communauté », mais plutôt de faire la lumière sur la disparition de Monsieur BAH Oury et de tous les autres.

La grandissante injustice :

Nos élites se sont toujours moquées de nous. La vérité est que chacun veut le pouvoir, rien de plus.

Dans le cheminement démocratique qui nous a conduits dans cette impasse, des étapes essentielles ont été bâclées, et cela nous perdra.

Le modèle démocratique occidentale contemporain transplanté en pleine savane africaine ne peut que laisser des dégâts à catastrophe majeure.

Nous devons partir de nos modèles de Société pour concevoir des institutions qui nous ressemblent. La démocratie n’a pas été inventée en Europe. Les anciens empires et Royaumes africains ont connu un mode de gouvernance qui laissait place à l’alternance dans la paix : le Futah théocratique en est l’exemple.

La démocratie n’est pas qu’une affaire d’élection, c’est avant tout un modèle du comment vivre ensemble au quotidien, comment les droits et les obligations des citoyens sont répartis, quels sont les verrous pour empêcher l’arbitraire, quelles institutions fiables pour garantir le principe d’égalité.

Or, le manque de maturité politique de nos dirigeants doublé d’un cadeau institutionnel octroyant tous les pouvoirs au Président de la république, fait que celui-ci fait la pluie et le beau temps, au détriment du principe fondateur de la démocratie : la séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu, et à tout peuple aspirant à la paix.

La présidentialisation à outrance des régimes en Afrique est une tare qu’il faut tarir. Tout le charivari au tour du recensement ou du calendrier électorale n’est qu’une farce. Une perte de temps. Nous préférons professer des mensonges, et cultivons des guinéens malhonnêtes. Cultivons le vent, on récoltera une tempête de sable.

Parlant des leaders politiques, ils n’ont pas pesé de leur poids pour nous offrir les fondements solides d’une nation à guérir de ses démons. En filant du coton moisi, le tissu social ne pouvait que se déchirer.

Sachant que nous avons toujours souffert de l’omnipotence du chef suprême, seul maître à bord, pourquoi n’ont-ils pas modéré ses prérogatives constitutionnelles  en octroyant le véritable pouvoir au peuple exercé par ses représentants ?

– Si la démocratie est le pouvoir du peuple, pourquoi n’ont-il pas plébiscité les législatives avant la présidentielle, afin de parer à toute idée d’un Etat d’exception, comme c’est le cas aujourd’hui en Guinée ?

– Sachant que Hadja Rabiatou avait des lacunes de personnalité doublée d’un déficit technique dans la gestion législative de la transition, pourquoi n’ont-ils pas choisi une femme ou un homme calibré pour ce poste ?  Pourquoi ?

A bien réfléchir, je crois comprendre que la réponse à ces questions se trouve dans un calcul politicien.

Concernant Monsieur DALEIN et Monsieur Sidya TOURE, chacun pensait pouvoir être élu, donc bénéficier de ces largesses institutionnelles, sauf que là, les prévisions ne sont pas tombées. C’est l’autre qui est président.

Bien que je ne soupçonne pas ces deux leaders de couver un dictateur en eux, je me suis permis quand  même de penser qu’ils n’ont pas voulu renoncer à cet éventuel confort. Juste au cas où. Mais je n’accablerai pas longtemps mes frères de l’opposition par ces temps difficiles où la solidarité doit primer. Je dénonce juste le sacrifice de l’intérêt général.

La concentration des pouvoirs aux seules mains du président, décoré d’une Justice fantoche et d’un parlement de troubadour est source d’injustice sociale et génèrera tôt ou tard de frustration. Abdoulaye WADE a été un bon Président, à mon avis, mais il a trop duré. La seule preuve de démocratie réussie réside dans l’alternance, guère dans les discours.

Peuple de Guinée, je suis désolé,   la Guinée sombrera……………je le crains.

Boubacar BARRY

Valence-France

Débats sur le fichier électoral en Guinée, jusqu’où ira Alpha Condé ?

Les vieux démons semblent être de retour en Guinée Conakry à la faveur des préparatifs des élections législatives prévues pour la fin de l’année. L’inimitié mal contenue que se vouent mutuellement le chef de l’Etat Alpha Condé et son challenger de la présidentielle de novembre 2010, Cellou Dalein Diallo, devenu son principal opposant, refait surface. En effet, les deux hommes s’étripent par rapport au fichier électoral. Le candidat malheureux de la dernière présidentielle s’oppose à la volonté de l’opposant historique devenu chef de l’Etat, de faire un nouveau recensement en vue de disposer d’un nouveau fichier électoral. Il est aussi farouchement contre la volonté du président de la république de donner l’organisation des législatives à venir au ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD). Les esprits s’échauffent à l’orée des législatives comme ce fut le cas pendant l’entre-deux tours. A l’époque, les débats avaient fait rage avec la proposition du Premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré, de réviser la Constitution pour faire jouer un rôle de premier plan au ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques (MATAP) d’alors dans l’organisation du second tour au détriment de la CENI qui n’avait pas bien organisé la première manche du scrutin. On croyait la question définitivement tranchée mais elle resurgit avec l’intention prêtée au professeur Alpha Condé de mettre sur la touche la CENI dans le pilotage des prochaines législatives. Par contre, concernant la révision du fichier électoral, le chef de l’Etat ne fait pas mystère de ses intentions. Chaque fois qu’il en a l’occasion, il ne cesse de marteler que le fichier en question comporte des anomalies dont la correction passe par un nouveau recensement du corps électoral. A ce niveau, on a du mal à suivre le professeur de droit. Le fichier en question n’a pas encore une année d’existence et n’a donc pas pris des rides au point qu’il faille le substituer à un autre. Tout ce qu’il demande, c’est juste une réactualisation consistant d’une part à y faire entrer les jeunes qui n’avaient pas l’âge requis pour voter (18 ans) au moment de sa confection et d’autre part, à l’expurger des morts et éventuellement de tous ceux qui ont perdu leurs droits civiques. Pour cela, on n’a pas besoin de tout chambouler, de tout reprendre à zéro. La révision partielle qu’il faut faire ici permet de gagner en temps et en ressources financières. En effet, ce serait un pari difficile à relever que de vouloir effectuer un nouveau recensement pour disposer à temps d’un fichier pour les législatives en fin d’année. En outre, le nouveau recensement nécessitera un financement pour lequel la Guinée pourrait être amenée à se tourner vers des bailleurs de fonds extérieurs. Il est permis de douter que les bailleurs délient les cordons de la bourse au regard de la tournée effectuée par Cellou Dalein Diallo dont l’objectif est de convaincre les pays occidentaux de ne pas favoriser le projet de son challenger. Alpha Condé s’acharne contre un fichier sur la base duquel il a été élu, il y a à peine une année, sans l’avoir jamais ouvertement remis en cause. Aujourd’hui, avec son attitude, on se demande s’il n’est pas lui-même intimement convaincu qu’il n’a pas été bien élu, auquel cas il veut changer le fichier après coup pour se donner bonne conscience. A vrai dire, Condé doit souvent savoir mettre de l’eau dans son vin et voir les intérêts du pays plutôt que ceux de son seul camp. Il a intérêt à signer un pacte de non-agression avec Dalein Diallo qui peut bien nuire à son mandat s’il estime être payé en monnaie de singe après avoir renoncé, au nom de la paix sociale, à contester les résultats de la présidentielle dont il continue à se considérer comme le véritable vainqueur.

Séni DABO, le pays

Sommet du G8 : Trois chefs d’État africains en « invités exceptionnels »

Les présidents de la Côte d’Ivoire, du Niger et de la Guinée, récemment élus, seront à Deauville (France) les 26 et 27 mai en leur qualité « d’invités exceptionnels » du G8.

Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Alpha Condé (Guinée) et Mahamadou Issoufou (Niger) seront les  » invités exceptionnels  » de la présidence française du G8. Un évènement qui a son importance puisqu’il s’agit de leur première participation à un tel sommet depuis leur élection.

Les trois chefs d’État africains auront un programme chargé : outre la négociation de partenariats avec les pays du G8, ils retrouveront d’autres dirigeants africains à l’origine de la création du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). Un accord qui comprend déjà l’Algérie, l’Égypte, l’Éthiopie, le Nigeria, le Sénégal et l’Afrique du Sud.

La deuxième journée du sommet sera consacrée à un hommage  » des pays du G8 aux démocraties émergentes, dans le monde arabe comme en Afrique « , a précisé la présidence française qui s’est félicitée du fait qu’ils aient réussi  » à négocier ensemble entre pays africains et pays du G8 la déclaration  » qui sera publiée à l’issue de la rencontre.

Dirigeants africains et occidentaux évoqueront aussi les crises les plus graves du continent, dont celle du Soudan, de la Somalie et du Zimbabwe.

 « Parcours démocratiques exemplaires »

Alassane Ouattara, Alpha Condé et Mahamadou Issoufou, arrivés au pouvoir dans des circonstances délicates voire douloureuses, dirigent désormais des pays  » aux parcours démocratiques exemplaires « , a jugé la présidence française.

Le premier n’a pu accéder à la présidence de la Côte d’Ivoire que grâce au soutien militaire décisif de la France et de l’ONU, qui a abouti à l’arrestation de son prédécesseur Laurent Gbagbo, le 11 avril à Abidjan. Son pays a vécu une crise postélectorale aux allures de guerre civile depuis novembre, Laurent Gbagbo refusant de céder sa place à son successeur qui avait gagné les élections présidentielles.

En Guinée voisine, marquée par cinquante ans de dictatures civiles et militaires, Alpha Condé est le premier président élu démocratiquement après des élections marquées par des violences politico-ethniques. Son adversaire qui avait reconnu sa défaite, dénonce aujourd’hui une dérive autoritaire du pouvoir de Condé.

Adjinakou

Quatre mois après la prise de pouvoir de Alpha Condé : Entre illusions et réalités

Excès de zèle, inflation, corruption, tracasseries administratives, climat de peur, ethnicisation des secteurs économiques,  mesures hasardeuses, désordre… Le nouveau Président guinéen, Alpha Condé, a du pain sur la planche pour assainir une Administration moribonde et mettre son pays sur les rails du développement. Mais aussi pour inculquer une nouvelle mentalité chez ses concitoyens et changer leurs habitudes. En partance de Kolda vers la Guinée, à traver les montagnes du Fouta-Djallon, on se rend compte de l’énormité du chantier du Président Condé.

«Ta carte de visite !» Sur un ton autoritaire et d’une voix rauque, la jeune femme en treillis demande un document justifiant notre état de santé. Se sentant incomprise, elle ap­­pelle un collègue à la rescousse. «Bangoura, fabéba ! (Bangoura, viens)», lance-t-elle alors en langue soussou, l’air un peu désemparée. Et ce dernier de se précipiter en bom­bant le torse. «Expliques-lui», dit-elle. «Elle vous demande de présenter votre carnet de santé parce que vous lui avez montré une Carte d’identité sénégalaise», précise l’agent. On comprend alors que la policière demande le carnet de santé. Et faute de ce document, elle demande 5 000 francs guinéens (Fg) (entre 400 et 500 francs Cfa). N’ayant pas cette devise, un emprunt chez un pas­sager permet de régler le problème.

Cinquante mètres plus tard, tous les passagers se présentent cette fois au poste de Gendarmerie. Re­belote : 5 000 Fg à payer cash ! Nous sommes à Bhoundou Four­dou, premier poste frontalier dans le territoire guinéen, et déjà les signes annonciateurs d’un pays qui se cherche encore, d’un Etat déstructuré, sont là. D’ailleurs, à mesure qu’on s’approchait de ce premier barrage en Guinée, l’inquiétude gagnait les voyageurs. Chacun se demandait quel sort allait être le sien.

En effet, depuis que le nouveau Président, Alpha Condé, a fini de prendre ses marques, la peur et la méfiance sont de retour chez certaines populations. Comme du temps de Sékou Touré. Les centaines de migrants, à majorité peulh, ne sont guère épargnés par les contrôles draconiens à toutes les frontières du pays. Policiers et gendarmes se sont lancés dans une véritable chasse au trésor. La raison ? Il se susurre dans les loumas, gares routières et autres lieux publics que les commerçants peulh ont entamé une fuite de leurs capitaux vers les pays voisins. Une façon pour eux de ne pas voir leur fortune «confisquée» par Alpha Condé qui, pendant la campagne électorale, avait déclaré la guerre à la «mafia peulh».

HALTE POLICE

Alors pour empêcher cette migration des capitaux, la sévérité des contrôles est monté d’un cran. Déjà à la gare routière de Kolda, l’on apprend que plusieurs voyageurs ont été dépouillés de leur argent à Mis­sira, l’autre point de passage entre les deux pays, et plus proche pour les usagers venant de la Mo­yenne-Casamance. On raconte qu’ici les passagers sont souvent fouillés, les bagages détachés et passés au peigne fin, et de façon arrogante. On prévient de bien garder son argent et, si possible, de ne pas en emporter beaucoup. Mais on ne passera pas par Missira, parce que le con­ducteur, comme la plupart de ses collègues, préfère désormais faire le grand tour pour entrer en Guinée, c’est-à-dire en passant par Bhoun­dou Fourdou, un itinéraire plus pratique pour les voyageurs en provenance de Dakar. Là-bas, les passagers ont eu plus de peur que de mal : ils n’ont pas été fouillés. Tout comme à Sambailo, 2e poste frontalier, situé à une cinquantaine de kilomètres.

Toutefois, les voyageurs sénégalais ne sont pas au bout de leur pei­ne. Une vingtaine de mètres plus loin, ils vont casquer à nouveau 5 000 Fg. Au premier poste de la Police, on balance directement un billet de banque à l’agent en faction. Ce qui déclenche son ire : «Hey, ce n’est pas comme ça qu’on fait, ici on est dehors.» Il conduit tout le groupe à l’intérieur. Discrétion oblige, même si ici, pour y mettre un peu de forme, les noms des passagers sénégalais sont con­signés dans un registre de fortune.

Dehors, des agents en civil veillent au grain. Un passager d’expliquer que cette histoire d’argent contre carte d’identité étrangère n’est pas l’apanage de la Guinée. La réciprocité est appliquée côté sénégalais. Sauf que là un Guinéen ne paye qu’une seule fois (500 Cfa) et non quatre fois. Et qu’en est-il de l’intégration africaine ? Un rêve ! Ce qui est une réalité, en revanche, c’est cette part importante de Soussous et de Malinkés dans les corps militaire et paramilitaire en Guinée. A l’aller comme au retour, tous les agents rencontrés sont de ces ethnies. Alors que le secteur marchand, lui, est dominé par les peulh. Dans ce pays, l’ethnicisation de l’économie n’est pas seulement en marche, c’est une valeur.

Les voyageurs ne sont pas les seuls à remuer les cordons de leur bourse. Le conducteur aussi, à cha­que poste, est obligé de glisser quelques billets aux agents. C’est tellement ancré dans les mœurs qu’avant même de stationner il avait déjà fait l’appoint. Pour ne pas perdre du temps ! Et à aucun moment, ni les policiers ni les gendarmes ne sont venus s’assurer de l’état du véhicule et de la sécurité des passagers. Pourtant, il y avait de quoi ! Puisque dans notre véhicule de sept places, il y avait neuf personnes. Et personne ne conteste. De toute façon, on s’en accommode, ou on ne voyage pas. «On est obligés de faire de la surcharge, sinon il ne va rien nous rester avec tout ce que nous prennent les policiers et les gendarmes, sans compter les frais de carburant et d’éventuels pannes», souligne le conducteur. Les agents ferment les yeux, et cela a toujours été ainsi. «Ils ont intérêt à ne rien dire parce que sinon ils n’auront plus rien à bouffer. C’est grâce à cet argent qu’ils survivent parce qu’ils ont un salaire insignifiant», poursuit notre interlocuteur.

LA GUERRE AUX CAMBISTES

Entre les deux postes, on entre dans une gargote à la recherche de devise guinéenne. A peine le besoin exprimé, la restauratrice, un brin paniquée, pria à voix basse de ne pas «parler de ça ici». C’est devenu un tabou,  alors qu’il y a seulement deux mois, les voyageurs, aussitôt leur véhicule stationné, étaient envahis par des cambistes proposant du franc guinéen. Le change se faisait à l’œil nu, et tout le monde y trouvait son compte. Aujourd’hui, le nouveau gouvernement a interdit cette activité qui se pratiquait dans les coins de rue, dans les loumas et les gares routières. Ces bureaux de change fictifs et ambulants sont accusés d’avoir fait chuter la devise guinéenne. Dr El-hadj Bah, professeur assistant en Economie à l’Université d’Au­ckland (Nouvelle- Zélande) n’en est pas convaincu. Dans la presse guinéenne, il explique : «Le Président (Condé, Ndlr) pense que c’est la faute aux bureaux de change fictifs. Cette accusation facile ignore les principes économiques. Dans un système où la monnaie est libre de fluctuer, le taux de change dépend de l’offre et de la demande. Si la masse monétaire augmente par une émission de la Banque centrale, l’inflation augmente et entraîne une chute proportionnelle du franc guinéen. D’un autre côté, si la rentrée de devises (à travers les exportations ou les envois des expatriés) diminue, la monnaie nationale chu­te. Si le taux de change est fixe, la banque centrale doit avoir suffisamment de réserves en devises pour soutenir la devise. Car la banque doit être en mesure de satisfaire la demande en devises. Ce qui est loin d’être le cas de la Banque centrale.» Toujours est-il que cette mesure très décriée par les cambistes et les consommateurs a renforcé la clandestinité. Méfiants, les cambistes ne font plus le troc avec des inconnus.

Il est 8 heures ce matin lorsqu’on est arrivé à Labé après 24 heures de trajet. Et toujours pas moyen d’acheter du Fg. A chaque fois, c’est la même réponse : «On ne connaît pas de cambistes» dans le secteur. On passe alors par un familier des marchands de devise. Ce jour-là, 5 000 Cfa valait 75 000 Fg, signe de la fluctualité du change, le même montant valait 7 000 Fg de plus une semaine plus tôt. Le dimanche suivant, jour de Louma à Timbi Madina, à une trentaine de kilomètres de là, permet d’en savoir davantage sur les conditions de travail des cambistes. Sur les lieux, des éléments de la Gen­darmerie sont en train d’embarquer des cambistes prix en flagrant délit. On apprendra plus tard, qu’ils ont été relâchés et que leur argent n’a pas été confisqué (?). Amadou Sirifou n’en faisait pas partie, il continue le troc en regardant à gauche et à droite. Si un client «sûr» (c’est-à-dire pas un policier en civil) arrive, il s’éclipse avec lui dans un endroit sûr. «On ne sait plus quoi faire, car c’est de cela que nous vivons. Il (Alpha Condé, Ndlr) a détruit le pays alors qu’il vient de s’installer», se lamente le cambiste.

UN SAC DE RIZ A 350 MILLE Fg

En Guinée, avec la chute vertigineuse de la devise, le panier de la ménagère, est de plus en plus vide, avec cette inflation galopante. Par endroits, le prix du sac de riz de 50 kg a grimpé jusqu’à 350 000 Fg (environ 25 000 Cfa). Avant l’élection de Alpha Condé à la Présidence, en octobre dernier, il s’échangeait autour de 250 000 Fg. Le litre de miel qui oscillait entre 10 000 et 12 000 Fg se paye aujourd’hui à 20 000 (environ 2 000 Cfa). En gros, toutes les denrées de première nécessité ont connu une hausse de parfois 90%. Parmi les multiples raisons évoquées, les caisses de l’Etat qui sont vides. Dans les médias comme dans la rue, on entend que «les caisses de l’Etat ont été dilapidées pendant le règne du Cnd (Conseil national pour la démocratie et le développement)», que le nouveau gouvernement n’aurait trouvé que «400 Us dollars» dans les coffres de la Banque centrale de Guinée, que «beaucoup d’opérateurs économiques ont retiré leurs avoirs de la banque», parce que «les banquiers avaient prévenu leurs clients que s’ils ne retiraient pas leur argent, ils risquaient de tout perdre parce que les autorités de la transition étaient en train de vider les banques».
Une autre explication est qu’au niveau du Port de Conakry, le prix ac­tuel du dédouanement d’un con­teneur est de 100 millions Fg, alors qu’il était de moitié il y a moins de quatre mois. Une hausse qui a obligé certains opérateurs à livrer leurs conteneurs au Port d’Abidjan ou de Dakar, avant de les acheminer à Conakry par voie terrestre.  En répercutant ainsi tous ces frais dans le prix de vente, c’est le consommateur qui trinque. Hormis les interminables décrets de Alpha Condé qui donnent lieu à des moqueries, l’inflation est l’actualité dominante.

«JOUR DE PAGAILLE»

En Guinée, on dit que malgré «l’absence d’un Etat fiable, les populations ont toujours de l’imagination pour s’en sortir toutes seules». De l’imagination certes, mais parfois dans le désordre et l’excès, comme à la gare routière de Dakar-Labé. Ce lundi, jour de notre retour, comme tous les autres, est «jour de pa­gail­le», tel que baptisé par les transporteurs : cacophonie, insécurité, dé­sordre y règnent. Les lundis où pres­que 90% des voyageurs à destination du Sénégal prennent congé de leurs proches, il n’y a pas de tour de rôle chez les transporteurs comme les autres jours de la semaine. A chacun de se démerder pour remplir son véhicule. Chacun pour soi, les coxeurs pour tous ! Et le spectacle est insoutenable pour les voyageurs, «agressés» dés l’entrée de la gare routière, par une dizaine d’individus cherchant à vous embarquer dans tel ou tel autre véhicule.

Ouf de soulagement de se voir tirer de force vers un véhicule pres­que rempli. Plus qu’un passager pour partir. Ce dernier ne tardera pas à venir, mais il nous retardera : le jeune homme n’ayant  pas de carte d’identité obtient du très jeune conducteur la permission d’aller en confectionner une à la mairie, le temps qu’il finisse d’attacher les bagages. Il suffit de s’y rendre -pas même besoin d’un acte de naissance-  et de patienter quelques minutes, pour ressortir avec votre pièce, moyennant 40 000 Fg (environ 4 000 Cfa). Le comble ! Pis encore, les gens semblaient surpris de notre surprise. Qu’à cela ne tienne, l’intéressé ne reviendra pas au bout d’une heure, et le conducteur descend ses bagages, sur la pression des passagers et des rabatteurs.
A 14 heures, le «sept places» quitte le garage avec 11 passagers à bord, dont deux qui ont pris place… dans le coffre. Une cinquantaine de kilomètres après, un barrage improvisé. Le conducteur feint de s’arrêter, avant de prendre la poudre d’escampette. Les gendarmes qui ne l’ont pas poursuivi, ont dû relever l’immatriculation. Le voyage se poursuivra sans encombre. Une à une, le jeunot au volant «avalera» les montagnes du Fouta Djallon, jalonnées de pistes déjà boueuses par endroits et des 20 000 Fg (environ 2 000 Cfa) à payer, du fait d’être Sénégalais et de ne pas détenir un carnet de santé.

Là-bas, en Guinée,  tels les ravins en contre-bas des immenses montagnes de Sita et de Kouncitel, le fossé qui sépare la réalité des promesses d’un lendemain meilleur est plus qu’abyssal. Et pourtant, depuis des décennies, on répète que ce pays regorge de ressources naturelles insoupçonnables qui pourraient en faire le poumon économique de la sous-région…

Thierno DIALLO

Envoyé spécial de Le Quotidien à Labé thdiallo@lequotidien.sn

GUINEE : Cellou Dalein Diallo se prononce sur les 100 jours de pouvoir du Professeur Alpha Condé

Le jeudi dernier, le président de l’UFDG a fait une conférence de presse. Une occasion pour Cellou Dalein Diallo de revenir sur la répression contre les militants et sympathisants de son parti lors de son retour le dimanche dernier et aussi faire un bilan de 100 premiers jours du Président Alpha Condé au pouvoir. Voici le discours préliminaire qu’il a eu à prononcer avant de se prêter aux questions des journalistes.

« Messieurs les Journalistes,

Mes Chers amis,

Je vous remercie de votre présence à cette conférence de presse que je voudrais dédier à la défense de nos libertés. C’est dans cet esprit que je salue tous les guinéens qui sont conscients que l’on ne défend pas la liberté dans le renoncement.

Au premier rang, les militants de mon parti qui, au nom de cette liberté, ont tenu à me réserver ce majestueux accueil de Dimanche dernier. Comment ne pas être heureux et fier de l’ampleur de cette mobilisation, de la chaleur fraternelle qui l’a entouré et de la détermination qu’elle a démontrée face aux forces de la répression. Elle a, sans aucun doute, ébranlé ceux qui sont là où ils ne devraient pas être et qui croyaient que leur besogne avait réussi à nous affaiblir.
Oui, nous restons debout, avec la même foi en Dieu et en ses décisions mais aussi avec la volonté inébranlable d’atteindre nos objectifs politiques. Permettez-moi de saluer ce courage et cet engagement de nos militants, d’exprimer ma profonde reconnaissance pour leur fidélité en ma personne et de rassurer que je ne ménagerais aucun effort pour continuer à être à la hauteur de leur confiance et de la responsabilité qui l’accompagne.

Mon rôle est d’être au milieu d’eux et de montrer le chemin. Et je vais le faire.Mes Chers amis,Dans notre mémoire collective, 2010 sera à jamais une année d’une profonde déception pour le revers de notre espérance politique et d’une grande colère pour les injustices et les violences dont nous avons été l’objet. Toutes nos pensées de compassion et de solidarité aux victimes, à ceux qui ont perdu des proches et des biens, aux femmes violées, aux déplacés de Siguiri et Kouroussa et aux personnes arrêtées, emprisonnées et parfois torturées. A nos morts, je voudrais vous demander une minute de silence. Merci.Mes Chers amis,Vous les journalistes, vous savez mieux que personne combien aurions nous été fondé de refuser le scénario de l’élection présidentielle écrit d’avance, sans nous !

Que les coupables de cette forfaiture ne se trompent pas en croyant que nous avons accepté l’inacceptable par fatalisme ou par résignation.Notre choix de la paix et de la stabilité pour notre pays et pour la sous région tient de notre ses des responsabilités que le monde entier a d’ailleurs reconnu et salué. Ce parti pris au lieu d’inspirer, à ceux qui en ont tiré profit, un discours rassembleur pour que la nation se retrouve avec elle-même, après les profondes blessures causées par l’arme électoraliste et démagogique de l’empoisonnement bidon, c’est plutôt l’arrogance, la haine l’intolérance et l’affrontement qu’ils exacerbent.

Mais nous mettons en garde toute gouvernance qui ne respecterait pas les droits des guinéens, de tous les guinéens ou qui essaierait de dresser les guinéens les uns contre les autres. Il ne faut jamais oublier que le sentiment d’exclusion et de discrimination crée le besoin de violence.C’est pourquoi nous conseillons ceux qui ont utilisé, avec cynisme, tous les moyens pour atteindre leur objectif de pouvoir, de retrouver la sagesse nécessaire à la préservation du tissu social et à la sauvegarde de la cohésion nationale.

Mes Chers amis,D’autres occasions me seront offertes pour montrer combien ce nouveau pouvoir est inefficace t illusoire par son impréparation à gouverner et son impuissance face aux nombreux défis socio-économique qui confrontent le quotidien des guinéens.Ces décisions et contre décisions qui ont fait du changement tant déclamé objet de raillerie populaire !

Ce gouvernement aussi pléthorique que pusillanime dont l’expertise laisse à désirer alors que l’amateurisme n’est plus de raison dans la conduite des affaires publiques ! Cette gestion clanique et ces dons à des copains sur le patrimoine de l’Etat pour services rendus dans le passé ! Que n’aurait-on à dire sur ces 100 jours et ces 1000 serments violés ! Mes Chers amis,

Mais aujourd’hui, il y a plus important : les 100 jours ont démarré dans le sang et finissent dans le sang, c’est-à-dire dans la négation de nos libertés. C’est la défense des principes de notre démocratie qui contient tous les combats y compris celui du pain. C’est le respect scrupuleux de notre constitution, dogme sur lequel il ne nous est pas possible de transiger.

Cette intransigeance nous est imposée par nos morts pour nos libertés, car celles-ci ne sont ni un don de la nature, ni un privilège du destin.Oui nos libertés chèrement acquises sont aujourd’hui menacées, le texte sacré qui les contient est bafoué par son gardien. Je m’adresse à tous les guinéens, sans exclusive, pour qu’on se rassemble et qu’on se retrouve. Pour la démocratie. Et contre tout ce qui la menace. A ceux qui sont subitement devenus amnésiques des luttes qui leur ont permis d’être au lieu de pouvoir om ils font montre d’un autoritarisme d’une autre époque, nous devons leur rendre à tous ce qui touche à nos libertés.

Mes Chers amis,pour cette lutte pour notre démocratie, je sais que beaucoup d’entre vous les journalistes, je ne pense pas aux opportunistes qui ont le destin des feuilles mortes, seront au premier rang du combat. En tout cas, moi, pour reprendre le mot de Léon BLUM, je serais un homme dans un homme et avec les guinéens rassemblés et debout nous refuserons que de nouveau, la nuit de la dictature tombe sur notre pays.

Je vous remercie. »

Le Jour

+224 60 26 96 04

lejourgn02@yahoo.fr

Le « printemps africain » de Alpha Condé pourrait être mis à mal par quelques gelées tardives (1/3)

« Moi, je fais confiance aux peuples africains. On parle du printemps arabe, mais, comme le démontre mon élection, nous vivons actuellement un printemps africain ». Cet homme qui fait le « printemps de l’Afrique » à lui tout seul s’appelle Alpha Condé. Il préside la République de Guinée ; enfin, ce qu’il en reste après quelques décennies de dictature. Il en a été désigné le président (cf. LDD Guinée 026/Mercredi 17 novembre 2010) à la suite d’une campagne au cours de laquelle « l’ex-marxiste » devenu « social-démocrate », « opposant historique » à la dictature guinéenne, leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), n’a pas ménagé sa peine pour stigmatiser les peuls « mafieux qui pillent le pays », « le voleur qui crie au voleur », « des commerçants qui n’ont aucune expérience du pouvoir d’Etat et ont acheté un parti à Diallo » (Cellou Dalein Diallo arrivé en tête au premier tour avec 43 % des voix contre 18 % à Condé mais battu au deuxième tour !).

Christophe Châtelot dans Le Monde avait évoqué « l’ethno-stratégie opportuniste » de celui qui disait vouloir être « à la fois le Mandela et le Obama de la Guinée ». Je crains que Condé ne soit que l’autre façon de dire « Gbagbo » en malinké !

J’ai évoqué, déjà, les exactions et les viols perpétrés en pays peul par des éléments de « l’armée » guinéenne afin de terroriser cette population pendant la période électorale (cf. LDD Guinée 027/Mardi 14 décembre 2010). J’avais reçu le témoignage de victimes, à Dakar, et je n’étais pas confiant quant à la façon d’être de Condé qui me semblait alterner la posture politique et l’imposture idéologique. Les hommes politiques tout comme les hommes d’affaires ont tendance à se construire une légende. A 72 ans, Condé a eu le temps de peaufiner la sienne. Sans, pour autant, faire illusion dès qu’on gratte un peu (cf. LDD Guinée 026/Mercredi 17 novembre 2010). L’opposition radicale, la prison, le socialisme… « Mandela et Obama » permettent, dans les médias, de faire l’impasse sur le monde des affaires et les… affaires de tout ce beau monde. Le problème, c’est que les « opposants » ont une vie politique à éclipses : un jour, ils sont sur le devant de la scène ; le lendemain dans l’ombre (plus souvent encore dans le brouillard). Tandis que président de la République, c’est un job à plein temps. On est sous les projecteurs en permanence. Plus encore quand on a attendu longtemps, très longtemps, ce moment-là et qu’enfin il arrive avec les limousines, les motards, les drapeaux qui claquent au vent, les tapis rouges, les regards concupiscents des uns et des autres qui veulent se faire remarquer du chef.

Condé est en France, en visite officielle. L’occasion de répondre aux questions de Etienne Mougeotte (le « patron » en personne) et de Pierre Prier pour Le Figaro (23 mars 2011). Par les temps qui courent où les « révolutions arabes » sont soutenues et encensées par la droite française, rien de mieux que Le Figaro pour exprimer son tempérament « révolutionnaire ». Condé est l’homme du « printemps africain ». Mais à l’âge qu’il a, il faut reconnaître que ça ne bourgeonne plus guère. « L’opposant historique » a pris ses distances avec l’Histoire. Il a laissé mourir de mort naturelle Ahmed Sékou Touré puis Lansana Conté et a attendu qu’un militaire tire une balle dans la tête de Moussa Dadis Camara et que celui-ci soit exfiltré au Burkina Faso pour qu’une présidentielle (laborieuse) puisse être organisée en Guinée.

A la mort de Conté et après que Dadis Camara se soit emparé du pouvoir, Condé avait proclamé que les « Guinéens n’ont plus peur » et que le « rapport de force » était en faveur de « la population et [de] la communauté internationale » (La Croix, mardi 6 janvier 2009). Conté était mort mais Camara était bien vivant. Et l’on vivra le massacre du lundi 28 septembre 2009 au lendemain des manifestations anti-Camara de Labé, capitale du pays peul, deuxième ville de Guinée et fief de l’opposition. Avant que Camara ne prenne un peu de plomb dans la tête, Condé comptait sur la « communauté internationale » et sa détestation des massacres de civils et des viols des femmes par les militaires. Aujourd’hui, il est pour « les solutions pacifiques en Afrique » et affirme que « si on laissait les Africains régler leurs problèmes, on y arriverait plus facilement ».

La meilleure preuve en est qu’il a fallu plus d’un demi-siècle, la mort naturelle de deux dictateurs et l’assassinat d’un troisième pour que l’on parvienne, enfin, à organiser une élection présidentielle en Guinée et que Condé en soit déclaré vainqueur !

Aujourd’hui, la politique n’est plus sa tasse de thé ; et les relations internationales encore moins. Il est chef d’Etat et son grand souci c’est de remettre de l’ordre dans l’économie guinéenne ; pas l’économie des entreprises, celle des fonctionnaires. « Le système était tellement gangrené que, sur dix fonctionnaires, huit ou neuf sont concernés ». Dans un pays où rien, jamais, n’a fonctionné dans le secteur public, qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation nationale, des transports, des infrastructures, etc. et où les salaires étaient payés « à l’occasion », je m’étonne qu’il y ait eu des fonctionnaires « honnêtes » ; sans doute ceux qui, morts de faim, sont au cimetière.

Mais, précise Condé, « comme me l’a demandé l’imam de la grande mosquée, nous allons nous concentrer sur les grands voleurs plutôt que sur les petits ». Espérons que ce ne sera pas qu’une « chasse aux peuls » ! Condé veut « geler tous les contrats passés en 2009-2010 », c’est-à-dire depuis la mort de Conté ; sans doute pour n’être pas désagréable avec les « hommes politiques » qui ont géré la Guinée sous Conté et sont, aujourd’hui, nécessairement, ses alliés.

Condé veut aussi « désarmer » la Guinée : 4.200 militaires vont être mis à la retraite. Et les autres vont « participer à la vie économique. [L’armée] va construire des routes, rénover des usines, et nous sommes en train de créer une brigade agricole ». Mais il ne dit rien de la hiérarchie militaire qui, pendant des décennies, à mis la Guinée en coupe réglée, exploitant les sociétés d’Etat, encaissant les « commissions » sur les contrats, assurant la « sécurité » des sites de production minière, organisant le racket des populations et participant à tous les trafics y compris ceux de la drogue et des êtres humains.

Condé en « Monsieur Propre » ? Avec le « printemps africain », il nous promet un grand nettoyage. Sauf que ce qui nous tombe dessus en ce moment c’est un grand déballage : celui de « l’affaire Getma-Bolloré ». Mauvais calendrier. Jamais personne ne parle de la Guinée mais voilà que Condé débarque à Paris alors que cette affaire passionne la presse française.

Pour la bonne raison que Bolloré est, incontestablement, le groupe privé français le plus ancré au « sarkozysme » et que celui-ci n’est pas au mieux de sa forme à un an de la présidentielle française. « L’affaire Getma-Bolloré », c’est la version guinéenne de « l’affaire Progosa-Bolloré » qui, voici pas loin de deux ans, a fait les beaux jours des médias (cf. LDD Progosa 010 à 014/Lundi 1er à Vendredi 5 juin 2009). Progosa, c’était à Lomé, Getma, c’est à Conakry. Le schéma est le même : manu militari les autorités en place balancent à la mer les gestionnaires du port pour les remplacer par le groupe Bolloré. « J’ai pris une décision souveraine pour les intérêts de la Guinée », commente Condé dans Le Figaro (cf. supra). Mais dans le même temps, les journalistes révèlent le déroulement de l’affaire qui n’a rien à envier (dans le fond, la forme est plus soft : il n’y a pas encore de morts) aux méthodes de Sékou Touré et de Conté. Il faut lire à ce sujet ce que Sylvain Courage dit dans Le Nouvel Observateur (24 mars 2011) de la collusion entre Condé et Bolloré et du rôle de Bernard Kouchner (qui a repris du service comme consultant depuis qu’il a été viré du gouvernement).

Jean-Pierre Béjot

La Dépêche Diplomatique